Fantasy/Fantastique·Philosophie/Réflexion·Thriller

L’internat (Exilium 1/2) – Frédéric Bellec

couv71061402Caractéristiques : 

  • Auteur – Frédéric Bellec 
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2015
  • Pages – 423
  • ISBN – 978-2322044047

4ème de couverture : 

Cette semaine-là, de fortes chutes de neige exigèrent la fermeture du lycée où je travaillais comme ‘pion’, mais le maintien exceptionnel de l’internat permit l’hébergement de la poignée d’élèves bloqués sur place. Par ma proximité avec le lieu de travail, je fus le seul disponible pour assurer les nuitées. La semaine se présentait alors avec un calme insolent : encadrer sept adolescents occupés à compter les flocons au sein d’un établissement vidé de son âme. Sauf que nous n’étions pas seuls ! Au début, j’expliquais aux élèves effrayés que le vent et le froid étaient à l’origine des souffles et des craquements. Jusqu’à ce que leur fréquence nous accule à l’évidence : quelque chose sans aucun lien avec la météo avait infiltré le dortoir ! Alors que je pensais avoir trouvé le calme dans la campagne du Centre France, après mon départ de la Côte d’Azur pour la petite ville de Saint-Amand-Montrond, j’allais découvrir un énigmatique Berry, qu’au XIXe siècle Chateaubriand avait décrit comme une contrée  » où se passaient des choses étranges  » !

Mon avis :

Un livre dont on m’a demandé la chronique, et que je fais avec plaisir… Exilium… Ce livre m’aura vraiment marqué !

Le style de Frédéric Bellec est à double tranchant je trouve. Très fourni, avec une marjorité de phrases longues à la structure relativement complexe et tortueuse, il est complexe, par moment, d’avoir une lecture vraiment fluide, notamment dans les instants un peu plus calmes. Il est cependant très riche, les figures de styles sont courantes et pertinentes. Un gros avantage cependant, c’est que les émotions que l’on ressent ne sont nullement celles que ressentent les personnages, mais nos propres émotions. De ce fait, on a vraiment l’impression d’être dans l’histoire et de vivre avec les personnages leurs aventures… Mais à travers notre propre prisme émotionnel. D’autant plus que cette longueur dans le style créer des effets d’attente très forts.

L’intrigue est à cheval entre l’horreur, et le fantastique. Une trame de fantastique, très bien menée et qui ne traite pas de quelque chose de déjà connu. Bien que les créatures surnaturelles déjà existantes ont fortement inspirées l’auteur, il a créé sa propre créature, et c’est excellent ! Puis, quelle créature !
L’horreur… Je parle ici d’horreur pure et dure, car jamais, en 18 années de vies, ni en 12 années de lecture passionnée, je n’ai aussi peur en lisant un livre. Tremblement, coeur qui tambourine, sueur froide… Et surtout, pleurs. Oui, je n’ai pas honte de le dire, Exilium m’a fait pleuré de peur. Et quand elles ne coulaient pas, les larmes embuaient ma vue. Rien que d’y repenser, j’en ai des frissons.

L’histoire, quant à elle, peut-être divisée en deux parties. La première où on est dans un flou total, à être complètement terrorisé par cette bestiole qui rôde dans le dortoir… Et une seconde où on connait la créature, et que l’on rentre plus profondément dans son monde. Je ne vais pas m’étaler pour ne pas trop spoilier, mais tout est dit sur la couverture : Oubliez tout ! Réapprenez tout !

Au niveau des personnages, je dois dire qu’ils sont assez vraissemblables pour la plupart, même si je ne me suis pas vraiment attachée à eux (pas du tout même…)

Frédéric (deuxième fois que je lis un livre dont le nom de l’autre est aussi celui du personnage principal. C’est fichtrement troublant non de non !) est pion dans un lycée dans une petite ville perdue dans le centre de la France, et se voit attribuer les nuités à l’internat, car tous ses autres collègues sont bloqués par la tempête de neige. On ne peut pas dire qu’il soit un exemple de courage, mais à coup sûr, c’est une personne bonne, prête à tout pour rassurer les autres même si lui même n’est pas rassuré.

Les autres personnages, notamment les internes, sont marrants, mais pas très attachants. Seuls trois le deviennent plus que les autres : Kevin, Guilhem et Lewis. Ceux qui ont lu le livre me comprendront.

De ce livre, je retiens, en plus du fait que j’ai eu envie de devenir mon matelas tellement j’étais terrorisée, l’énorme et très puissante leçon de tolérance et d’amour. Je m’explique.
Tous, dans l’internat, sont terrorisés par une certaine créature (et je n’emploie sciamment pas le terme de monstre). Mais quand on en apprend plus sur cette créature en question, on découvre tout un autre monde, très proche de la nature, des animaux, et qui n’a pour seul mantra que l’envie de liberté et de s’afficher comme elle est. De suite, j’ai fais le rapprochement avec l’homophobie. À rejetter quelqu’un simplement par peur (et haine, souvent injustifiée) de leur véritable nature. Et on suit Frédéric, qui entre dans ce monde, et fait face à tout ce renouveau… Une véritable leçon de paix, d’amour et de tolérance, que beaucoup ferait mieux de lire et réviser !

Sans compter que tout est monté comme si le livre était non pas le fruit d’une imagination débordante, mais comme un témoignage.

En bref, un livre qui saura vous faire trembler d’effroie pour vous attendrir par la suite. Palpitant et vibrant, malgré les quelques longueurs. Attention aux âmes sensibles cependant, vous aurez de très belles frayeurs !

Citations :

Comme je dis souvent, on ne rencontre le  succès avant le travail que dans le dictionnaire !


– Tant qu’on n’aura pas de preuve, moi je dis que c’est dans la tête que ça se passe.
– Possible, je veux bien te croire, mais l’absence de preuve n’est pas preuve de l’absence.


– On n’a qu’à donner Quentin en sacrifice à la chose, ricana Étienne, comme ça on sera tranquille !
– Mais t’arrêtes avec tes idées de paysans ? T’as qu’à t’y mettre toi, en sacrifice, t’es plus gros que moi, y’a plus à bouffer !


Puis il y a quantité de choses dans la vie qu’on choisit à notre place vous savez, et ce n’est pas toujours pour nous désservir. Les choix consentis ne sont pas mécaniquement meilleurs que les choix qu’on nous impose.


Parce que la science a fait reculer les superstitions qui ont fait le beurre des charlatans pendant des siècles.


La connaissance, voilà la clef ! Seuls les faibles et les crétins prennent leur bain dans le bourbier de l’ignorance.


Il ne fait pas toujours bon afficher publiquement une appartenance ou une aptitude en particulier, surtout dans nos campagnes. Soyez différents, et c’est la mise à l’écart assurée. La différence fait peur à ceux qui ne prennent pas le temps de regarder le monde au travers de ses multiples facettes.


Mathilde m’avait imploré de lire entre les lignes, mais comment faire face à des pages blanches ?


– Qu’est-ce qu’un adulte, interrogea Guilhem, si ce n’est un enfant qui a souffert plus longtemps ?


La nature est bien faite, elle n’agresse pas, tout est réglé pour contribuer au bonheur de l’homme.


C’est joli finalement le bonheur, je ne savais pas que ça faisait ça comme effet.


Il n’existe plus qu’un seul moyen de pression contre les élèves insolents qui se complaisent dans la médiocrité : la peur, alimentée par l’intimidation ! Quel mal y a-t-il à terroriser un gamin si c’est pour l’aider à le remettre dans le droit chemin ?

Discours du Proviseur. Vous sentez l’envie de meurtre ?


Ne pas avoir un gros salaire ne m’empêche pas d’avoir une vie plus riche que ceux qui croient que tout s’achète.


– Pour être honnête, j’ai remarqué que chaque intervention de la religion n’est qu’une publicité pour la division, l’interdit, la condamnation et la peur. Sans compter cette conviction en permanence nourrie d’être meilleur que les autres. J’ai peine à croire que ce soit une façon saine et équilibrée de considérer la vie. Je conçois la religion organisée comme un sous-produit de la méthode Coué où la foi a remplacé la raison et encourage à ne se poser aucune question tout en blâmant ceux qui posent les bonnes ! Pour pratiquer le bien, la religion n’est pas indispensable, un coeur et de l’empathie suffisent.


– À l’avenir, chez ami, osez ! Hésiter est un frein au savoir.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 2.75/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1/1.5
• Bonus « Effroie total » : +0.5pt
• Bonus « Message d’amour et de tolérance » : +1pt

Érotique·Romance

50 Nuances de Grey (50 Shades 1/4) – E.L. James

couv48394656Caractéristiques : 

  • Auteur – E.L. James
  • Éditeur – JC Lattès
  • Parution – 2012
  • Pages – 551
  • ISBN – 978-2253176503
  • LesLibraires Broché – 1
  • LesLibraires Poche – 1 2
  • Les Libraire Numérique – 1

4ème de couverture :

Lorsqu’Anastasia Steele, étudiante en littérature, interviewe le richissime jeune chef d’entreprise Christian Grey, elle le trouve très séduisant mais profondément intimidant. Convaincue que leur rencontre a été désastreuse, elle tente de l’oublier – jusqu’à ce qu’il débarque dans le magasin où elle travaille et l’invite à un rendez-vous en tête-à-tête.

Naïve et innocente, Ana ne se reconnait pas dans son désir pour cet homme. Quand il la prévient de garder ses distances, cela ne fait que raviver son trouble.

Mais Grey est tourmenté par des démons intérieurs, et consumé par le besoin de tout contrôler. Lorsqu’ils entament une liaison passionnée, Ana découvre ses propres désirs, ainsi que les secrets obscurs que Grey tient à dissimuler aux regards indiscrets…

Mon avis :

Face à tout le foin que faisait les médias sur cette série, il fallait que je la lise. Ajoutez à cela ma curiosité maladive et mon péché mignon que sont les livres érotiques, ça donne un livre dévoré en très peu de temps !

Bon. Tout d’abords, le style. Erf. Comment dire… Un livre avec un style aussi… Simple et potache n’aurait jamais été publié. Pas de mon vivant en tout cas. Car, soyons réaliste : bien que la lecture soit fluide, et les propos d’Anastasia assez humoristique et ma foi, naturels, les tournures sont pour la plupart maladroites, assez bateau… Et très très trèèèèèès orale. Un des seuls avantages, est que l’on est plongé dans la tête d’Ana, et on a droit à tout. Et quand je dis tout, c’est vraiment tout : pensées cochonnes, mots crus, incompréhension, et beaucoup de « Oh mon Dieu ». Un langage très oral, parfois vulgaire, mais qui colle parfaitement avec le langage que nous pouvons avoir nous, simples mortels à la libido non sur-exploitée. Mais dans l’ensemble, le style est assez… Pas mauvais, mais… Presque.

Au niveau de l’intrigue, on est dans une intrigue bateau et surexploité de l’aventure fugueuse et ardente entre une fille normale, banale, madame-tout-le-monde, et un sublissime et richissime étalon aux désirs particuliers et à la libido de compet’. Aucune originalité de ce côté là. Et encore une fois, Monsieur a un lourd passé, ce qui explique pourquoi il a des préférences sexuelles particulières, et pourquoi il est si mystérieux… Bateau de nouveau. Aucune originalité donc de ce côté ci.
Mais notons tout de même que le choix d’une relation BDSM (Bondage-Domination-Sado-Masochiste) est un choix osé, surtout que l’auteur ne nous cache rien.

Il faut dire ce qui est : ce livre est plutôt mauvais, et s’est beaucoup vendu pour ses passages hot, et non pour ses qualités littéraires…

Mais tout n’est pas à jeter. On devient très vite addict. La lecture est fluide, les actions normales, les scènes érotiques pas mal (pour ne pas dire plutôt bien), et un développement du personnage de Christian qui apporte à l’ouvrage suspens, rebondissement, palpitation, et des envies des moins catholiques. Car même si ce n’est pas de la grande littérature (pas de la littérature du tout même…), ce livre reste néanmoins très addictif.

Un roman de gare en somme, une lecture à faire si on veut lire quelque chose qui n’est pas prise de tête. (NB : Ne jamais lire un passage hot de ce livre avant un cours de philo sur le désir… C’est fatal, surtout un samedi matin. #vécu). J’ai passé un bon moment à le lire, et la fin promet une bonne suite !

Ma note : 13.25/20

• Scénario – 2/4
• Ecriture/Style – 1.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Créativité – 0.5/2
• Originalité – 1.5/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 1.5/1.5