Coup de coeur·Drame·Roman/Polar Noir·Thriller

Transe – M.I.A.

cover-748.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – M.I.A.
  • Éditeur – Hélène Jacob
  • Parution – 2017
  • Pages – 490
  • ISBN – 978-2370115720

4ème de couverture :

Vous vous réveillez, le corps couvert de sang et l’esprit confus, dans un bâtiment abandonné, aux fenêtres condamnées et aux issues verrouillées.
Pourquoi vous trouvez-vous ici, quel est cet endroit et comment vous en échapper ?
Un ennemi invisible, qui semble rôder à proximité, vous laisse des messages et des indices mystérieux, en rapport avec votre passé. Pour survivre et comprendre les raisons de votre enlèvement, vous devez franchir les nombreuses zones qui vous séparent de la sortie, tout en élucidant les énigmes placées sur votre chemin.
À la frontière du roman et du jeu de rôle, « Transe » est un thriller où vos décisions influencent le déroulement de l’histoire et sa conclusion.
Parviendrez-vous à atteindre la dernière porte ?

Mon avis :

Vous connaissez mon amour pour les thrillers psychologiques. Vous savez que j’aime me mettre dans la peau des personnages qui rythment les romans. Alors imaginez ma joie quand on m’a proposé à la lecture ce roman dont vous êtes le héros… version adulte, en thriller psychologique. C’est un coup de coeur, et pas des moindres !

J’avoue, j’avais quelques réticences au départ. La seule expérience que j’ai jamais eu avec les livres de ce style était les livres dont on était le héros, mais que je lisais pour l’école en primaire, où pour avancer de chapitre en chapitre, il fallait résoudre des problèmes de maths ou de français… Autant dire que je ne savais pas trop à quelle sauce j’allais être mangée, aussi bien par le concept que par l’auteur.

Dès le départ, on est plongé dans une ambiance quelque peu angoissante : réveil au milieu d’un lieu qui nous est inconnu, délabré, sans se rappeler de rien, les vêtements ensanglantés d’une hémoglobine qui ne nous appartient pas. Joyeux n’est-ce pas ?
Au fil de nos décision, nous découvrons quel est ce lieu, les histoires qui y sont liées, et en quelque sorte aussi, la notre – enfin de Lindsay, notre projection dans le roman -.

Je ne saurais dire ce que j’ai ressenti pendant ma lecture, à part de l’étonnement, et une surprise très agréable. Le départ a été un peu laborieux pour moi qui n’ai pas l’habitude de ce type de roman à choix, mais très vite, j’ai été prise dans une spirale qui m’a littéralement empêchée de détourner mon attention du livre. J’avoue, en commençant ma lecture, je comptais m’arrêter dès ma première mort – me connaissant, je savais que ça risquait d’arriver -. Mais à ma première mort, je n’ai pas pu m’empêcher de rebrousser chemin, et de m’escagasser pendant près d’une heure à trouver la meilleure fin – après deux ou trois morts, certes, mais j’ai quand même réussi ! -.

Et là où le roman m’a surprise, c’est par sa cohérence et sa fluidité. J’avais peur que les raccords entre les chapitres ne soient pas tous parfaitement fluides – oui, selon le choix que l’on fait, cela impliquait une certaine suite, et j’avais peur d’avoir des faux raccords -, et ce ne fut absolument pas le cas : tout coulait de source. J’avais peur d’avoir un style bâclé, ou du moins peu travaillé, et ce ne fut absolument pas le cas, bien au contraire ! Riche, fluide, agréable à lire et très prenant, il nous plonge merveilleusement bien dans l’intrigue et l’ambiance pesante et horrifique de ce monde.

En bref, un roman excellent, qui est une très bonne mise en jambe dans l’univers des livres dont on est le héros, qui saura ravir à la fois les amateurs comme les habitués du genre !

Citations :

La police ne sert à rien. Tout est fait pour que la victime ait l’air coupable. Quand je serai morte, ils diront que c’est dommage, mais qu’ils ne pouvaient rien faire avant. Parce qu’il se débrouille pour ne jamais laisser de marques. Parce qu’il n’y a pas de preuve. Juste ma parole. Et ça ne suffit pas.

Malheureux, mais vrai…

Ma note : 18.25/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Coup de coeur·Drame·Roman/Polar Noir·Thriller

Les Morsures de l’ombre – Karine Giebel

couv40602255.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Karine Giebel
  • Editeur – Pocket
  • Parution – 2007
  • Pages – 300
  • ISBN – 978-2266181365

4ème de couverture :

Elle est belle, attirante, disponible. Il n’a pas hésité à la suivre pour prendre un dernier verre. A présent il est seul, dans une cave, enfermé dans une cage. Isolé. Sa seule compagnie ? Sa séductrice et son bourreau. Et elle a décidé de faire durer son plaisir très longtemps. De le faire souffrir lentement. Pourquoi lui ? Dans ce bras de fer rien n’est dû au hasard. Et la frontière entre tortionnaire et victime est bien mince…

Mon avis :

Depuis que je suis sur la blogo, vous le savez, je suis une grande fan de Karine Giebel, et des thrillers psychologiques de manière plus générale. Je peux vous dire que c’est un coup de coeur !

Beaucoup plus court que Purgatoire des innocents, on peut se dire – naïfs que nous sommes… – qu’il sera peut être plus soft. Et bien non. Si Purgatoire des innocents tire justement sa force de sa longueur et de ce sentiment d’attente insoutenable, Les Morsures de l’ombre fait de sa brièveté sa clé de voute. Fort de seulement 300 petites pages, Karine Giebel arrive encore une fois à nous glacer le sang, de part à la fois le récit en lui même, mais aussi par son rythme.

En effet, on va suivre tout au long du roman Benoit, policier de métier, subir une séquestration. Son bourreau ? Une femme.
Les personnages, tous très complexes et complet, permettre à l’intrigue et aux sentiments de prendre beaucoup plus de place : on développe une véritable empathie pour la majorité des personnages, au point qu’il est impossible de savoir qui on déteste, qui on aime, et de qui on a pitié.
Entre lutte pour la vie, contre cette femme, mais aussi lutte contre lui-même et contre la folie qui le gagne, on se laisse emporter dans ce tourbillon de noirceur qui se déroule sur les lignes qui noircissent ces pages assassines.

Je parlais du rythme précédemment. À nouveau, Karine Giebel montre son talent en en jouant de manière extrêmement vicieuse. Un début relativement lent, posé, qui stagne même pendant un temps… Avant une brutale accélération : de 0 à 200km en moins d’une ligne. Et là, c’est le rush. Ce thriller déjà monstrueusement addictif se transforme en véritable page-turner, une course contre la montre. Mais la montre gagnera-t-elle ?

En bref, un thriller noir, puissant, captivant et intense qui ravira les adeptes du genre, et sanglera d’effroi les non initiés.

Citations :

– Si je peux… Être amputée de la moitié de soi, c’est bien plus terrible que la mort, crois-moi…


On s’habitue à tout. Ou presque. Benoît s’enfonce lentement dans une sorte de marécage vaseux. Plus on s’agite, plus vite on coule, paraît-il. Alors, il bouge le moins possible. Une technique comme une autre.


Vivre avec la peur chevillée au corps, vingt-quatre heure sur vingt-quatre, tel est son terrible sort, à présent. Le sort de tous ceux qui se retrouvent à la merci d’un autre.


Il ne s’était pas trompé. Mieux qu’une armada de caméras de surveillance : une mamie postée derrière une fenêtre !

Ma note : 18.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Drame·Thriller

La naissance (Extraction 1/2) – Tony Perraut

cover-98Caractéristiques : 

  • Auteur – Tony Perraut
  • Éditeur – Auto-édité
  • Parution – 2017
  • Pages – 312
  • ISBN – 978-1520687100

4ème de couverture : 

Je suis Ugo, j’ai 25 ans. Un soir, je me suis réveillé. Je n’étais pas chez moi, j’étais chez eux. Une pièce de seulement cinq mètres carrés pour vivre, des envies de mourir. Ils me surveillent. Un soir, je gratte le mur, de longues heures. J’entends des bruits ! Ils sont là. Un trou apparaît. Eux, c’est elle. Scarlett, ma sœur. Rien n’est normal, tout est incontrôlable. La drogue, ils nous droguent. Des rêves hallucinatoires… Célia, mon amour, tu es morte il y a des mois. Je vais découvrir que nous avions une petite. Tu vas réapparaître, disparaître. Nous allons devoir sortir si nous ne voulons pas mourir. Mais avant ça, je vais devoir revivre mon passé. Je t’en supplie, aide-moi.

Mon avis :

Premier roman reçu via la plateforme SimPlement (que je conseille à tous les auteurs, blogueurs et éditeurs soit dit en passant), j’avoue être assez mitigé pour cette lecture. Il faut savoir que Tony Perraut est un auteur auto-édité (vous savez que je suis favorable à ces derniers).

Que dire de ce premier roman, pour le moins extrêmement spécial ! Tout d’abord, il est assez long, compte-tenu du contenu réel, ce qui peut être un frein pour beaucoup. Le speech de base est assez simple, et typique d’un thriller-psychologique comme on les aime : un homme enfermé depuis un moment pour on-ne-sait-quelle-raison, tente de s’échapper, mais son esprit décline…

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’ai été sur des montagnes russes avec ce roman, mais pas forcément de la bonne manière. Je m’explique. Le début est extrêmement prometteur, avec des phrases assez courte, nous donnant une impression d’enfermement et d’essoufflement assez conséquent : tout ce qu’il faut pour créer une ambiance tendu et oppressante. Toute la première partie est assez prenante, on a envie de savoir pourquoi ce pauvre Ugo se retrouve là. Puis il arrive un moment clef où on commence à en savoir plus et là…

On va dire que je n’ai pas vraiment compris ce qu’il s’est passé, mais la lecture est devenue complètement chaotique, sans queue ni tête. Dès que j’arrivais à trouver un fil conducteur, il disparaissait aussitôt au chapitre suivant. Et ce, durant toute la partie centrale de l’oeuvre. J’ai vraiment eu cette impression de perdition, et de non-sens total, et cela m’a quelque peu dérangé. Mais alors on se souvient de l’avant-propos de l’auteur, nous mettant en garde : « Il est possible pendant votre lecture que vous soyez perdus dans le cours de l’histoire. C’est totalement normal. Moi-même quand j’ai écrit cette histoire j’ai été totalement imprégné par mon personnage au point d’en écrire les moindres faits et gestes de son subconscient. » À partir de là, plusieurs réactions sont possibles : soit on s’enferme dans l’incompréhension, et on passe totalement à côté, soit on essaie de rentrer complètement dans le roman et de comprendre pourquoi Ugo est tellement torturé.

Bien heureusement, tout fini par s’éclairer sur la fin, bien qu’il reste encore quelques petites zones d’ombres.

Ce roman est vraiment spécial et puissant, mais mériterait à mon goût quelques autres relectures afin de le rendre encore mieux. Les personnages sont extrêmement intéressants, mais trop peu exploités et explorés. De fait, on a du mal à s’attacher à eux, malgré ce qu’ils vivent. Les dialogues sont parfois un peu trop enfantin, ou surfait, et s’apparenteraient plus à des discours de théâtre que de roman, ce qui détonne un peu avec l’ambiance générale. Mais le plus gros point négatif selon moi reste encore la partie centre, trop floue et dingue, mais surtout beaucoup trop longue. Quelques passages auraient pu être très facilement supprimés, allégeant alors un peu le tout, et surtout, le rendant très certainement un peu plus compréhensible pour les lecteurs les moins concentrés et assidus.

Mais pour un premier roman, je tire mon chapeau, c’est du bon boulot. Un auteur à surveiller.

En bref, un roman qui reste bon dans le fond, bien qu’il ne sorte pas vraiment de l’ordinaire, tout en manquant un peu de rigueur et de clareté.

Citations :

Il n’y a qu’en rêvant que l’on décroche les étoiles…


Tu n’as pas peur de l’avenir… Juste de faire des erreurs…

Ma note : 13/20

• Scénario – 2.75/4
• Ecriture/Style – 2.5/4
• Potentiel d’addiction – 1.5/3
• Personnage – 1/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Fantasy/Fantastique

La mission de l’ambassadeur (Les Chroniques du Magicien Noir 1/3) – Trudi Canavan

couv18025763Caractéristiques : 

  • Auteur – Trudi Canavan
  • Éditeur – Milady
  • Parution – 2011
  • Pages – 572
  • ISBN – 978-2811210199

4ème de couverture : 

La Magicienne Noire Sonéa est confrontée à de sérieux ennuis. Tandis qu’elle ne peut rien pour porter secours à son unique fils en danger, elle doit aider son viel ami Céry dont la famille vient d’être assassinée. Depuis trop longtemps, quelqu’un élimine les Voleurs en utilisant la magie. De deux choses l’une : ou un membre de la Guilde joue les justiciers, ou il y a une fois de plus un renégat en liberté dans les rues d’Imardin. Mais ce renégat-là maîtrise ses pouvoirs à la perfection et surtout, il est prêt à s’en servir pour tuer.

Mon avis :

Cela faisait quelques temps maintenant que j’entendais parler de cette auteure. Alors quand j’ai eu l’occasion de lire un de ses romans, je n’ai pas hésité une seule seconde : on n’est pas passé près du coup de coeur !

Ce qu’il faut savoir avant tout, c’est que la saga des Chroniques du Magicien Noir fait suite à la Trilogie du Magicien Noir d’un point de vue temporel. Au début, j’avais un peu peur que ne pas réussir à rentrer dans l’histoire, ayant raté la première saga… Et bien pas du tout, et c’est vraiment un excellent point : même si on sens qu’il y a eu quelque chose avant et que tout ne nous est pas expliqué, on arrive assez facilement à rentrer dans le monde dépeint ainsi que le contexte de notre intrigue.
La seule chose que j’ai trouvé regrettable ici, a été la lenteur du début : les éléments de l’intrigue de la nouvelle série doivent se mettre en place, et cela a pris un peu trop de temps à mon goût.

S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas retirer à ce roman, c’est bien la richesse de son univers : très richement pourvu, la mythologie et l’histoire de ce monde sont très complètes, en prenant en compte énormément de chose, pouvant aller de l’histoire aux moeurs, en passant par la géo-politique.

Et c’est un aspect d’autant plus important qu’il est un des pivots central de notre intrigue ! Car oui, le résumé de ce roman ne fait pas honneur à son contenu : nous suivons en parallèle deux intrigues. Une première, avec pour personnage principal Lorkin, fils de la sorcière noire Sonéa, avec pour fil conducteur la géo-politique du Sachaka, ainsi que l’Histoire entre cette contrée et Imardin. Dans une seconde, on retrouve Céry, un voleur cherchant à se venger d’un affront. Quête qui tourne vite à la chasse à la renégate, nous poussant alors à voir la Guilde ainsi que la géo-politique d’Imardin de plus près.

D’autant plus qu’il y a, via les intrigues secondaires, tout un discours axé sur la liberté et le féminisme qui sont à prendre en compte, et qui peuvent très facilement nous pousser à nous interroger sur notre société actuelle.

En bref, un très bon premier tome que j’ai beaucoup aimé. Je lirai le tome 2 sans aucune hésitation !

Citations :

Ce n’était pas le pouvoir qu’ils détenaient qui faisait d’eux des barbares, mais le fait qu’ils en usaient pour imposer leur volonté aux plus faibles qu’eux-mêmes.

Ma note : 16.5/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.5/2
• Emotions – 1.25/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1/1.5

Historique·Jeunesse·Policier

Le signe de Dédale – Florence Brémier

couv24769553Caractéristiques : 

  • Auteur – Florence Brémier
  • Éditeur – Oskar
  • Parution – 2013
  • Pages – 213
  • ISBN – 979-1021403420

4ème de couverture : 

Athènes, 438 avant J-C : Nikolidès, jeune orphelin dégourdi, préfère son apprentissage chez Marcidon, le potier, aux cours de Lycomède, son maître d’école. Un jour, Marcidon est enlevé et son atelier dévasté. Que cherchaient ses ravisseurs ? Le dévidoir fabriqué par Dédale des siècles auparavant, qui a servi à Thésée pour dérouler le fil d’Ariane, et qui conduirait au trésor de Dédale… Nikolidès découvre deux fragments du dévidoir, enterrés chez Marcidon.
Convaincu qu’il doit réunir les trois fragments épars du dévidoir pour remonter jusqu’aux ravisseurs du maître potier, le jeune garçon mène l’enquête, assisté de Graséis, sa camarade de classe, et du célèbre sculpteur Phidias.

Mon avis : 

Si je vous dis antiquité, jeunesse, et aventure, vous pensez à quoi ? Raté, ce n’était pas Percy Jackson, mais Le signe de Dédale, un petit livre jeunesse, très bien mené et renseigné !

J’ai pu rencontrer l’auteure au Salon du Delta Noir (édition 2016) sur Port Saint Louis du Rhône, et la couverture m’a tout de suite accroché l’oeil, et ensuite le titre a attisé ma curiosité. Je me suis laissé tenté et je n’ai vraiment pas été déçue !

Comme dans tout roman jeunesse (et j’entends par jeunesse qui est VRAIMENT dédié à la jeunesse, et non pas un livre classé dans jeunesse pour mieux le vendre), les actions vont vite, et on ne s’attarde pas sur de longue description qui pourrait faire décrocher les lecteurs les plus impatients. Si ça peut déranger certains lecteurs plus âgés, les plus jeunes seront conquis !

S’il y a bien une chose qui est excellente dans ce roman, c’est que l’auteur ne prend pas les jeunes pour des débiles. Je ne compte plus le nombre de roman jeunesse où le style était infantilisant au possible, réduisant les jeunes à de pauvres créatures écervelées et incapables de comprendre ou d’apprécier la moindre beauté littéraire. Ici, ce n’est pas le cas : même si le style est assez simple, Florence Brémier ne lésine pas sur les images et métaphores, sur les procédés littéraires, qui donne à ce roman une dimension bien moins enfantine.

D’autant plus qu’elle n’hésite pas à aborder des thématiques assez dures pour les plus jeunes. Je crois vraiment que c’est la première fois que je lis un roman jeunesse ou il y a autant de morts, autant de corruption, et où on a vraiment l’impression que notre héros Nikolidès n’arrivera jamais à se débarrasser de tous ses assaillants. On va même jusqu’à avoir quelques passages que je pourrais qualifier inspirée de Karine Giebel : de très courts passages, peignant un portrait d’un homme emprisonné on ne sait où, dépérissant.

Le tout bien sur, avec des thématiques plus que basique pour un roman jeunesse : une recherche, de l’amitié, de l’aventure, etc, sur paysage antique ! Nous sommes effectivement placés en plein Athènes du Vème siècle av. JC. Le rapport à la mythologie et aux mythes grecs (et plus particulièrement ici le mythe de Dédale, inventeur de génie et créateur du Labyrinthe dans lequel le roi Minos enferma le Minotaure) est donc omniprésent et exploité sous toutes les coutures possibles.

En bref, un roman jeunesse très agréable et rapide à lire, avec un travail éditorial sur le roman papier absolument remarquable (petit, mignon, agréable, tout jolie-beau), qui ravira petits et moins petits !

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 18.25/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1/1.5

Fantasy/Fantastique·Philosophie/Réflexion·Thriller

L’internat (Exilium 1/2) – Frédéric Bellec

couv71061402Caractéristiques : 

  • Auteur – Frédéric Bellec 
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2015
  • Pages – 423
  • ISBN – 978-2322044047

4ème de couverture : 

Cette semaine-là, de fortes chutes de neige exigèrent la fermeture du lycée où je travaillais comme ‘pion’, mais le maintien exceptionnel de l’internat permit l’hébergement de la poignée d’élèves bloqués sur place. Par ma proximité avec le lieu de travail, je fus le seul disponible pour assurer les nuitées. La semaine se présentait alors avec un calme insolent : encadrer sept adolescents occupés à compter les flocons au sein d’un établissement vidé de son âme. Sauf que nous n’étions pas seuls ! Au début, j’expliquais aux élèves effrayés que le vent et le froid étaient à l’origine des souffles et des craquements. Jusqu’à ce que leur fréquence nous accule à l’évidence : quelque chose sans aucun lien avec la météo avait infiltré le dortoir ! Alors que je pensais avoir trouvé le calme dans la campagne du Centre France, après mon départ de la Côte d’Azur pour la petite ville de Saint-Amand-Montrond, j’allais découvrir un énigmatique Berry, qu’au XIXe siècle Chateaubriand avait décrit comme une contrée  » où se passaient des choses étranges  » !

Mon avis :

Un livre dont on m’a demandé la chronique, et que je fais avec plaisir… Exilium… Ce livre m’aura vraiment marqué !

Le style de Frédéric Bellec est à double tranchant je trouve. Très fourni, avec une marjorité de phrases longues à la structure relativement complexe et tortueuse, il est complexe, par moment, d’avoir une lecture vraiment fluide, notamment dans les instants un peu plus calmes. Il est cependant très riche, les figures de styles sont courantes et pertinentes. Un gros avantage cependant, c’est que les émotions que l’on ressent ne sont nullement celles que ressentent les personnages, mais nos propres émotions. De ce fait, on a vraiment l’impression d’être dans l’histoire et de vivre avec les personnages leurs aventures… Mais à travers notre propre prisme émotionnel. D’autant plus que cette longueur dans le style créer des effets d’attente très forts.

L’intrigue est à cheval entre l’horreur, et le fantastique. Une trame de fantastique, très bien menée et qui ne traite pas de quelque chose de déjà connu. Bien que les créatures surnaturelles déjà existantes ont fortement inspirées l’auteur, il a créé sa propre créature, et c’est excellent ! Puis, quelle créature !
L’horreur… Je parle ici d’horreur pure et dure, car jamais, en 18 années de vies, ni en 12 années de lecture passionnée, je n’ai aussi peur en lisant un livre. Tremblement, coeur qui tambourine, sueur froide… Et surtout, pleurs. Oui, je n’ai pas honte de le dire, Exilium m’a fait pleuré de peur. Et quand elles ne coulaient pas, les larmes embuaient ma vue. Rien que d’y repenser, j’en ai des frissons.

L’histoire, quant à elle, peut-être divisée en deux parties. La première où on est dans un flou total, à être complètement terrorisé par cette bestiole qui rôde dans le dortoir… Et une seconde où on connait la créature, et que l’on rentre plus profondément dans son monde. Je ne vais pas m’étaler pour ne pas trop spoilier, mais tout est dit sur la couverture : Oubliez tout ! Réapprenez tout !

Au niveau des personnages, je dois dire qu’ils sont assez vraissemblables pour la plupart, même si je ne me suis pas vraiment attachée à eux (pas du tout même…)

Frédéric (deuxième fois que je lis un livre dont le nom de l’autre est aussi celui du personnage principal. C’est fichtrement troublant non de non !) est pion dans un lycée dans une petite ville perdue dans le centre de la France, et se voit attribuer les nuités à l’internat, car tous ses autres collègues sont bloqués par la tempête de neige. On ne peut pas dire qu’il soit un exemple de courage, mais à coup sûr, c’est une personne bonne, prête à tout pour rassurer les autres même si lui même n’est pas rassuré.

Les autres personnages, notamment les internes, sont marrants, mais pas très attachants. Seuls trois le deviennent plus que les autres : Kevin, Guilhem et Lewis. Ceux qui ont lu le livre me comprendront.

De ce livre, je retiens, en plus du fait que j’ai eu envie de devenir mon matelas tellement j’étais terrorisée, l’énorme et très puissante leçon de tolérance et d’amour. Je m’explique.
Tous, dans l’internat, sont terrorisés par une certaine créature (et je n’emploie sciamment pas le terme de monstre). Mais quand on en apprend plus sur cette créature en question, on découvre tout un autre monde, très proche de la nature, des animaux, et qui n’a pour seul mantra que l’envie de liberté et de s’afficher comme elle est. De suite, j’ai fais le rapprochement avec l’homophobie. À rejetter quelqu’un simplement par peur (et haine, souvent injustifiée) de leur véritable nature. Et on suit Frédéric, qui entre dans ce monde, et fait face à tout ce renouveau… Une véritable leçon de paix, d’amour et de tolérance, que beaucoup ferait mieux de lire et réviser !

Sans compter que tout est monté comme si le livre était non pas le fruit d’une imagination débordante, mais comme un témoignage.

En bref, un livre qui saura vous faire trembler d’effroie pour vous attendrir par la suite. Palpitant et vibrant, malgré les quelques longueurs. Attention aux âmes sensibles cependant, vous aurez de très belles frayeurs !

Citations :

Comme je dis souvent, on ne rencontre le  succès avant le travail que dans le dictionnaire !


– Tant qu’on n’aura pas de preuve, moi je dis que c’est dans la tête que ça se passe.
– Possible, je veux bien te croire, mais l’absence de preuve n’est pas preuve de l’absence.


– On n’a qu’à donner Quentin en sacrifice à la chose, ricana Étienne, comme ça on sera tranquille !
– Mais t’arrêtes avec tes idées de paysans ? T’as qu’à t’y mettre toi, en sacrifice, t’es plus gros que moi, y’a plus à bouffer !


Puis il y a quantité de choses dans la vie qu’on choisit à notre place vous savez, et ce n’est pas toujours pour nous désservir. Les choix consentis ne sont pas mécaniquement meilleurs que les choix qu’on nous impose.


Parce que la science a fait reculer les superstitions qui ont fait le beurre des charlatans pendant des siècles.


La connaissance, voilà la clef ! Seuls les faibles et les crétins prennent leur bain dans le bourbier de l’ignorance.


Il ne fait pas toujours bon afficher publiquement une appartenance ou une aptitude en particulier, surtout dans nos campagnes. Soyez différents, et c’est la mise à l’écart assurée. La différence fait peur à ceux qui ne prennent pas le temps de regarder le monde au travers de ses multiples facettes.


Mathilde m’avait imploré de lire entre les lignes, mais comment faire face à des pages blanches ?


– Qu’est-ce qu’un adulte, interrogea Guilhem, si ce n’est un enfant qui a souffert plus longtemps ?


La nature est bien faite, elle n’agresse pas, tout est réglé pour contribuer au bonheur de l’homme.


C’est joli finalement le bonheur, je ne savais pas que ça faisait ça comme effet.


Il n’existe plus qu’un seul moyen de pression contre les élèves insolents qui se complaisent dans la médiocrité : la peur, alimentée par l’intimidation ! Quel mal y a-t-il à terroriser un gamin si c’est pour l’aider à le remettre dans le droit chemin ?

Discours du Proviseur. Vous sentez l’envie de meurtre ?


Ne pas avoir un gros salaire ne m’empêche pas d’avoir une vie plus riche que ceux qui croient que tout s’achète.


– Pour être honnête, j’ai remarqué que chaque intervention de la religion n’est qu’une publicité pour la division, l’interdit, la condamnation et la peur. Sans compter cette conviction en permanence nourrie d’être meilleur que les autres. J’ai peine à croire que ce soit une façon saine et équilibrée de considérer la vie. Je conçois la religion organisée comme un sous-produit de la méthode Coué où la foi a remplacé la raison et encourage à ne se poser aucune question tout en blâmant ceux qui posent les bonnes ! Pour pratiquer le bien, la religion n’est pas indispensable, un coeur et de l’empathie suffisent.


– À l’avenir, chez ami, osez ! Hésiter est un frein au savoir.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 2.75/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1/1.5
• Bonus « Effroie total » : +0.5pt
• Bonus « Message d’amour et de tolérance » : +1pt

Érotique·Romance

Dangerous Perfection (Rosemary Beach 5/13 – Perfection 1/2) – Abbi Glines

couv38027707Caractéristiques : 

  • Auteur – Abbi Glines
  • Editeur – JC Lattès 
  • Parution – 2015
  • Pages – 261
  • ISBN – 978-2709647069

4ème de couverture : 

Décidée à se libérer de son douloureux passé et de vivre enfin sa vie, Della entreprend un road-trip en solitaire. De passage en Floride, elle croise sur sa route le beau Woods. S’ensuit une nuit passionnée, une nuit qu’ils avaient prévue sans lendemain.
Mais un coup du destin les réunit de nouveau quelques mois plus tard. Sauf que Woods doit se marier avec une riche héritière et que Della est encore trop fragile pour s’engager dans une relation. Pourtant, face à l’ampleur de leurs sentiments, il leur est difficile de garder leurs distances…

Mon avis :

Ma lecture pour le mois de Février pour le Challenge des Filles de Mrs Bennet, que j’avais un peu laissé de côté pour Décembre et Janvier… Et bien je suis contente d’avoir fait cette découverte !

Le style de l’auteure est extrêmement fluide et simple. Quelques figures de style par-ci par-là, mais rien de bien extraordinaire, mais j’ai envie de dire que ce n’est pas ce qu’on lui demande ! Étant érotico-romantique, on pourrait s’attendre à être complètement transporté par les personnages et leurs émotions… Ça a été le cas, mais bien moins que ce que j’avais pensé au départ.

L’intrigue est quant à elle, un peu plus poussée que pour la plupart des romans de cette trampe. En plus d’avoir une intrigue romantique et érotique, tout ce qu’il y a de plus basique, on a aussi deux intrigues qui sont les réels fondements de l’histoire : le traumatisme de Della, et ton son rapport avec ce dernier, ainsi que la rébellion de Woods contre son père. Deux intrigues qu’on ne voit pas au premier regard, mais qui prennent une place prépondérante par la suite.

L’histoire… Alala… C’est bateau hein, vraiment bateau, mais qu’est-ce que c’est bien mené et touchant ! Fait renforcé par le fait que Della et Woods sont liés par bien plus qu’un lien sexuel. Il y a plus. Même si j’ai trouvé certaines choses bien trop faciles, cela reste tout de même agréable à lire car pas trop tiré par les cheveux non plus.

Les personnages maintenant. Je suis relativement mitigée par rapport à eux, car trop stéréotypés pour la majorité.

Della, jeune femme qui a soif d’aventure après avoir passé sa vie entière enfermée chez elle, rencontre Woods durant le premier jour de son périple. Elle pense qu’il va être un simple coup d’un soir, mais il s’avère qu’il va devenir son patron par la suite… Pour moi, Della est un personnage fort, mais qui a vraiment besoin de se poser pour refaire le point sur elle. Elle essaie de se débrouiller seule pour surmonter ses crises, mais rentre encore trop dans le moule de la pauvre petite fille en détresse pour moi pour être un personnage complet avec de vrais reliefs.

Woods. Même s’il a des pensées dignes d’un homme des cavernes, qui reste extrêmement prévenant et attentionné envers celle qui n’aurait dû être qu’une aventure unique, mais qui au final, emplie ses rêves. Mais qu’est-ce qu’il est long à la détente ! Ceux qui auront lu le livre me comprendront, mais AARRRGGGGG j’en pouvais plus.

Les autres personnages secondaires sont tous attachants et marrants, même si certains sont trop machos à mon goût. Mais je voudrais faire un point sur l’un d’eux : le père de Woods. Une véritable enflure. Préparez-vous à criser.

Cependant, s’il y a bien un endroit sur lequel le livre bat de l’aile, c’est sur les scènes érotiques… Je ne me cache pas, j’aime la littérature érotique, et j’ai été habitué à lire des choses bien mieux ! Même les scènes présentes dans 50 Shades (qui sont sympathiques sans être fabuleuses) étaient mieux. Amoureux du genre, ne vous attendez pas à du grand art !

Je ne peux pas faire cet article sans vous parler de la fin… Un yo-yo émotionnel. Préparez-vous à tomber d’un immeuble de deux étages mes hérissons !

En bref, un roman érotique sympathique à lire, touchant et émouvant, avec une fin qui réserve bien des surprises pour la suite !

Citations :

– On se perçoit toujours différemment. Parfois, nos défauts sont nos points forts.


L’opportunité d’enrouler mes bras autour d’elle pour lui apprendre à manier un club de golf avant de reculer pour contempler ses fesses en plein swing n’était pas ce que j’appellerais une perte de temps. Je m’abstins pourtant de tout commentaire.


– Tu étais déjà ici ?
– Ouais.
– C’est pas toi qui l’as ramenée du boulot il y a deux heures ?
– Si.
– T’es jamais reparti ? dit-il en riant.
– Non.


– Il n’y en a eu que trois, toi compris.
Ça faisait deux de trop.

Ma note : 14.25/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 2.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 0.75/2
• Suspens – 0.75/1.5
• Humour – 1/1.5