Comédie·Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Historique

Le Chevalier du Temps Plié (Les aventures de Newton Poppleford 2/2) – Gordon Zola

couv17575953.jpgCaractéristiques :

  • Auteur – Gordon Zola
  • Éditeur – Le Léopard Démasqué
  • Parution – 2014
  • Pages – 428
  • ISBN – 978-2358310581

4ème de couverture :

Les héros du Jeu des 7 terreurs reviennent pour une nouvelle aventure ! Sur la piste du trésor de Richard Coeur de Lion, Lisbeth, Edgar et Farley Winter explorent les fonds marins des côtes siciliennes à la recherche d’une mystérieuse épave templière, La Reine de Tyr, afin de trouver ce qui pourrait sauver le jeune Paul gravement malade. Après un voyage dans le temps, Newton Poppleford se retrouve coincé au coeur de la IIIe Croisade.
Perdu en Terre sainte dans un Moyen Âge en pleine guerre, il usera d’un stratagème des plus ingénieux et étonnants pour s’en sortir.

Mon avis :

Un beau jeu de mot pour un beau roman !

Découvert lors du Livre Paris 2018, je suis très contente d’avoir laisser mon oeil trainer sur ce stand hauts en couleur qu’était celui des éditions du Léopard Démasqués. C’est un tome 2, mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu le 1 pour le comprendre.

Le Chevalier du Temps Plié, en dehors d’un jeu de mot qui ne m’a pas laissé indifférente, c’est un roman fantastique, qui vient mêler à la fois technologie, voyage dans le temps, et bien entendu, histoire.

Nous suivons le jeune Newton, inventeur de génie, qui va se lancer dans une folle aventure. Chasse aux trésors, épave, course poursuite, angoisse… Le tout, sur un fond d’Histoire, avec un grand H, malgré les quelques libertés prises pour le scénario.

Ce roman m’a transporté. J’ai été tout de suite happée par le monde que met en place Gordon Zola. Riche, complet, bien construit, et surtout, qui s’emboîte bien. Rien de pire à mon sens qu’un roman traitant des voyages temporels qui n’arrivent pas à faire s’emboîter parfaitement et de manière fluide les évènements.

Saupoudré d’un humour très british à mon sens, la découverte des personnages est un véritable régal, même si certains sont peut être trop ancrés dans les clichés du genre fantastique.

J’ai eu tout de même quelques petites frayeurs, et même quelques regrets… J’aurais beau avoir eu un coup de coeur sur ce roman, certaines choses m’ont tout de même chiffonnée un peu.
Aussi fantastique soit l’histoire, aussi palpitante soit-elle, et aussi bien écrite soit-elle, j’ai trouvé qu’on mettait vraiment, vraiment beaucoup trop de temps à rentrer dans le vif du sujet, à savoir les voyages temporels. C’est un régal de voir la construction et les murs d’un édifice se construire sous ses yeux, mais je pense vraiment que certains auraient décrochés avant d’arriver dans le vif du sujet.
De même, même si ça reste très bien écrit, j’ai trouvé qu’il manquait peut être un peu de jeu au niveau des rythmes et des variations de style dans l’écriture, afin d’avoir un peu moins cette impression de plat que j’ai pu ressentir parfois.

Malgré ses petites choses, Le Chevalier du Temps Plié est un roman très travaillé dans sa construction, et qui ne peut mérité qu’une révérence.

En bref, un très bon roman fantastique pour petits et grands, un coup de coeur malgré une rythmique hésitante.

Citation :

Aucun relevé !

Ma note : 18,25/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1.25/1.5

Contemporain·Fantasy/Fantastique

Kaleb (Kaleb 1/3) -Myra Eljundir

couv69823009Caractéristiques : 

  • Auteur – Myra Eljundir
  • Editeur – Robert Laffont
  • Parution – 2012
  • Pages – 442
  • ISBN – 978-2221126820

4ème de couverture : 

C’est si bon d’être mauvais.

À 19 ans, Kaleb Helgusson se découvre empathe : il se connecte à vos émotions pour vous manipuler. Il vous connaît mieux que vous-mêmes. Et cela le rend irrésistible. Terriblement dangereux. Parce qu’on ne peut s’empêcher de l’aimer. À la folie. À la mort.
Sachez que ce qu’il vous fera, il n’en sera pas désolé. Ce don qu’il tient d’une lignée islandaise millénaire le grise. Même traqué comme une bête, il en veut toujours plus. Jusqu’au jour ou sa propre puissance le dépasse et ou tout bascule… Mais que peut-on contre le volcan qui vient de se réveiller?

Mon avis :

Ce livre est dans quasiment toutes les bibliothèques que je vois, mais les avis sont divers et variés. Adoré par certains et complètement enterré par d’autres, j’étais très curieuse de découvrir cette saga. Alors je me suis lancée, et… Et bah j’ai adoré.

Le style de Myra Eljundir est très particulier, tout simplement parce qu’il arrive à être très moderne, assez oral parfois, et être à la fois extrêmement riche et littéraire, presque poétique parfois. C’est un mélange très agréable, qui m’a plus d’une fois fait penser au style de Pierre Bottero. Très axé sur les sentiments et sur le personnage de Kaleb, on est plongé directement dans ses ressentis, au point de parfois ressentir ses excès de rage et de haine. C’est très puissant, surtout pour quelqu’un comme moi qui s’investi à 300% émotionnellement parlant dans ses lectures.

L’intrigue évolue au fur et à mesure que l’on avance dans le roman, et évolue en bien ! Au départ, on est sur une base de YA avec un ados différent des autres à qui il arrive quelque chose de spécial, à quelque chose de bien plus mature et bien plus adulte : un thriller psychologique, trash et cru, qui n’hésite pas à montrer des scènes de torture parfois, tant physique que psychologique.

L’histoire suit bien entendu l’évolution que lui impose l’intrigue. Un début que je qualifierai de typique pour un roman YA, pour filer sur quelque chose de plus adulte. J’ai personnellement du mal à ranger ce livre (et la saga complète d’ailleurs) dans du YA, étant donné que je le classerai plus dans du adulte, bien que certains passages font plus teen.

Pour ce qui est des personnages, ils sont tous très charismatiques, et ne cessent d’évoluer.

Kaleb, tout d’abords. On le voit passer d’adolescent lamba, à empathe dénué d’humanité. Mais il lutte. Il sombre, mais il lutte. C’est un combat extrêmement intéressant à voir, d’autant plus que le combattant est loin d’être idiot.

Le commandant… Brrrrr j’ai des sueurs froides rien que de repenser à lui ! Vil, méchant, manipulateur… Il a tout pour être un vrai méchant ! Mais il est loin d’être entièrement noir… Certaines choses, que l’on apprend au fur et à mesure, nous montre qu’au final, il n’est qu’un homme qui souffre et qui est aveuglé par sa vengeance.

En bref, un livre explosif qui m’a donné bien plus que ce que je n’attendais de lui ! Une très agréable surprise, très addictive !

Citations :

Peut-être parce que le mal est toujours plus fort que le bien ; parce que la haine est le sentiment le plus pur qui soit, le plus durable… quand l’amour est souvent conditionnel et susceptible de s’éteindre ?


Le plaisir, il ne peut pas se le permettre. Trop dangereux. Le plaisir amorce une forme de relâchement : on baisse la garde quelques instants et tout peut basculer.


On ne lutte pas contre sa nature.


Jusqu’ici, elle avait tendance à idéaliser la mort, à la voir comme un acte héroïque, de sacrifice, d’honneur. La bravoure, c’est facile, tant que ça reste de la théorie. Mais c’est une autre paire de manches quand l’idée de sa propre fin devient concrète. Ça fait peur, c’est révoltant. Personne n’a envie de mourir.


Il hurla, suffoqua, supplia, s’assécha sous mon regard indifférent. Je le fis souffrir longuement, et son agonie me procura un plaisir si intense que je crus que nous allions mourir ensemble. Le Bien et le Mal ne sont pas si différents. Ce sont des frères jumeux qui s’épanouissent différement. Le Bien peut aussi devenir le Mal.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Comédie·Fantasy/Fantastique·Jeunesse

Les frontières de glace (La Quête d’Ewilan 2/3) – Pierre Bottero

couv3848240Caractéristiques : 

  • Auteur – Pierre Bottero 
  • Editeur – Rageot
  • Parution – 2003
  • Pages – 303
  • ISBN – 978-2700249279

4ème de couverture : 

En Gwendalavir, Ewilan et Salim partent avec leurs compagnons aux abords des Frontières de Glace pour libérer les Sentinelles garantes de la paix. Ils repoussent en chemin les attaques de guerriers cochons, d’ogres et de mercenaires du Chaos, résolus avec les Ts’liches à tuer Ewilan, mais se découvrent un peuple allié : les Faëls. Salim se lit d’amitié avec une marchombre aux pouvoirs fascinants, tandis qu’Ewilan assoit son autorité et affermit son Don.

Mon avis :

Même si c’est la troisième fois que je le lis, je ne m’en lasse toujours pas !

Le style de Bottero est toujours fidèle à lui-même : à la fois beau, extrêmement travaillé et parfois même poétique, il reste (relativement) accessible à la jeunesse, par le ton employé. Il arrive à être très froid et très dur, mais ici, une pointe d’un petit quelque chose rend l’atmosphère plus souple, et ce n’est pas plus mal.

L’intrigue, elle, est purement fantasy. Une quête, un périble, des ennemis, tout ça, tout ça… Vous voyez le topo ? Même si ça ne transpire pas l’originalité, Bottero arrive à en faire quelque chose de merveilleux, qui nous transporte très loin.

Pour ce qui est l’histoire, on peut dire qu’elle est pleine de rebondissements et de révélations plus ou moins grandes, nous ravissant toujours ! Quelques batailles, des tranches de rires, des leçons… Tout ce qu’on adore !

Les personnages, eux, sont approfondis, et certains se révèlent un peu plus…

Ewilan s’endurcie de plus en plus, et s’affirme, tant elle-même que son don. Même si parfois, elle m’a un peu agacée…

Salim en fait de même. Même s’il a toujours le mot pour rire, il est plus sage, plus posé…

Edwin… Ahhhh Edwin… On découvre que derrière cette carapace de muscle, d’armure et de sabre, se cache un homme sensible. Un peu bourru peut-être, mais sensible.

En bref, un très bon second tome !

Citations :

La vérité est qu’il n’y a pas de sens pour décrire ce qu’on imagine et donc pas de verbe pour en parler…


Sans plus tarder, il se dirigea vers Ellana.
– J’ai gaffé ? demanda Salim.
– Je crains que cela ne devienne une habitude ! commenta Bjorn sans aucune pitié.
– Je ne pouvais pas savoir… se justifia le garçon.
– Peut-être, mais une chose est sûre : si les différentes parties de ton corps faisaient la course, ta langue arriverait loin en tête, et ton cerveau largement en dernier.


L’Amour est une clef qui ouvre la voie à tous les possibles.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 2.75/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 1.5/1.5

Comédie·Fantasy/Fantastique·Jeunesse

D’un monde à l’autre (La Quête d’Ewilan 1/3) – Pierre Bottero

couv19883932Caractéristiques : 

  • Auteur – Pierre Bottero 
  • Editeur – Rageot
  • Parution – 2003
  • Pages – 273
  • ISBN – 978-2700238938

4ème de couverture : 

Quand Camille vit le poids lourd qui fonçait droit sur elle, elle se figea au milieu de la chaussée. Son irrépressible curiosité l’empêcha de fermer les yeux et elle n’eut pas le temps de crier… Non, elle se retrouva couchée à plat ventre dans une forêt inconnue plantée d’arbres immenses. Te voici donc, Ewilan. Nous t’avons longtemps cherchée, mes frères et moi, afin d’achever ce qui avait été commencé, mais tu étais introuvable…

Mon avis :

Je ne pouvais pas concevoir ce blog sans LA saga phare de mon auteur favoris. Rien que pour vous (et pour moi aussi), je l’ai re-re-relu (oui, je l’ai lu trois fois en tout, et je m’amuse toujours autant !).

Le style de Bottero est toujours fidèle à lui même : extrêmement riche, percutant, émouvant, très chatoyant et coloré (tant d’un point de vue visuel qu’émotionnel), il arrive à nous faire voyager d’une manière que je trouve inédite. D’autant qu’ici, bien qu’encore complexe pour de la jeunesse je trouve, le style est beaucoup plus jeunesse que dans d’autre de ses livres, notamment la saga Le Pacte des Marchombres, beaucoup plus adulte.

L’intrigue est fantastique, dans le sens où on se trouve à la fois dans notre monde moderne, en France, et à la fois en le monde parallèle qu’est Gwendalavir. Camille – alias Ewilan – fait un peu le yo-yo entre les deux mondes dans ce premier tome (d’où le titre, D’un monde à l’autre). Sinon, on se trouve face à une trame de base de début de saga fantastique, avec mise en place du monde, les enjeux et problèmes, ainsi qu’une quête donnée aux héros. Du basique, mais qui fonctionne du tonnerre !

L’histoire est véritablement magique. On a l’impression d’être là-bas, en Gwendalavir, avec Camille et Salim. Mais ce qui en fait la force, c’est l’Imagination, cette dimension dans laquelle se fond Ewilan quand elle dessine. On a tellement l’impression d’y être ! D’autant que vu la manière dont notre Bottero national décrit l’Imagination, j’y vois, de manière très personnelle, une sorte de métaphore de l’imagination et du travail d’auteur quand il écrit. Devoir plonger dans l’Imagination pour créer, emprunter ses chemins – les Spires -, et s’y enfoncer de plus en plus loin… Aussi intéressant que féérique !

Les personnes sont tous uniques, complémentaires, et extrêmement attachants.

Ewilan – aka Camille – est extrêmement mature pour l’âge qu’elle est sensée avoir – 13 ans si je ne me trompe pas -. Parfaitement consciente de certaine chose, elle arrive à prendre des décisions plus ou moins difficiles. Mais elle reste tout de même une jeune adolescente, avec sa sensibilité et ses rêves, qui savent nous attendrir et nous donner envie de la câliner.

Salim est un véritable boute-en-train ! Toujours le mot pour rire et détendre un peu l’atmosphère au besoin, il sait cependant être sérieux quand besoin est. Surtout, ce qui le rend attachant, c’est cet humour bon-enfant et son manque d’attache à sa famille : une vie de liberté et d’amour s’ouvre à lui quand il décide de suivre Camille dans son périple.

Edwin peut paraître au départ très froid, mais très vite, on lui découvre, en plus de son âme de guerrier et de leader, une véritable sensibilité…

Bjorn… Le même que Salim, mais version chevalier ! Un véritable régal que d’avoir ces deux là réunis !

Et bien sûr, Ellana, que vous connaissez déjà via mes précédentes chroniques, au plus haut de sa forme, et toujours fidèle à elle-même ! Elle a l’air de s’entendre très bien avec Edwin d’ailleurs… À surveiller !

En bref, vous l’aurez compris, c’est un très bon premier tome qui ravira petits et grands, vous emportant dans un univers fantastique et magique !

Citations :

– […] Il y a des vérités qu’il est impossible de fuir !

Ma note : 18.75/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 1.25/1.5

Jeunesse·SF

Transfert – Rémi Stephani

couv21005991Caractéristiques : 

  • Auteur – Rémi Stephani 
  • Editeur – Syros
  • Parution – 2016
  • Pages – 432
  • ISBN – 978-2748517507

4ème de couverture : 

Victor et Valentin ne se sont jamais rencontrés. Le même jour, à la même minute, ils sont chacun victime d’un accident fatal. À cet instant précis a lieu un transfert inexplicable… Valentin devient Victor et Victor, Valentin. Commence alors l’histoire mouvementée de leur deuxième vie.

Mon avis :

Je tiens à remercier l’équipe de lecteurs.com de m’avoir fait parvenir ce livre qui m’intriguais beaucoup ! Malheureusement, même si ce fut une bonne lecture, je ne suis pas tant emballée que ça, voire même un poil déçue…

Le style d’abords est, contrairement à ce que je pensais, extrêmement impersonnel. Dans les deux premières parties où tout se met en place je peux comprendre, d’autant plus que nos personnages se retrouvent dans une situation particulière. Mais tout au long du roman ? J’ai trouvé que c’était extrêmement plat malgré les rebondissements, et c’est vraiment dommage… Malgré la fluidité et la richesse de vocabulaire, il perd toute saveur…

Pour ce qui est de l’intrigue, j’avoue avoir eu du mal à la cerner, et sauf cas exceptionnel, ce n’est pas vraiment bon signe, car cela implique qu’il n’y a pas de fondement propre et de base. Là, on a un semblant de fantastique, voire paranormal, avec de la contempo’ pas top-top. À revoir.

Pour ce qui est de l’histoire, je trouve ça assez intéressant comme concept, même s’il est déjà très exploité dans l’industrie du cinéma, et apparemment dans la littérature aussi (je fais confiance à mon ami Treky pour cela). Mais comme c’est le premier que je lis avec une sorte d’échange de pensée à travers un autre corps (tiens, ça me rappelle la philosophie pythagoricienne là, avec la métaphysique et tout ça…). Un concept assez original mais qui, ce que je regrette amèrement, est amoindri par un style trop impersonnel.

Les personnages sont… Bon, on ne va se mentir, ils sont plats. Je ne vais pas plus développer cette partie pour éviter les spoils, mais malgré la gentilesse et autres qualités des personnages, ils sont plats au possible, à la limite du cliché. Très décevant sur ce point.

En bref, un livre avec qui j’ai passé un bon moment, mais que je ne conseillerai pas forcément.

Citations :

Quand vous avez frôlé la mort, vous vous sentez plus vivants que les autres.


Pour lui, le passé est une propriété privée où ne sont autorisés à entrer que ceux qui y sont invités.

Ma note : 9.25/20

• Scénario – 2/4
• Ecriture/Style – 1.5/4
• Potentiel d’addiction – 1.75/3
• Personnage – 0.5/2
• Emotions – 0.75/2
• Originalité/Créativité – 1.25/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Fantasy/Fantastique·Philosophie/Réflexion·Thriller

L’internat (Exilium 1/2) – Frédéric Bellec

couv71061402Caractéristiques : 

  • Auteur – Frédéric Bellec 
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2015
  • Pages – 423
  • ISBN – 978-2322044047

4ème de couverture : 

Cette semaine-là, de fortes chutes de neige exigèrent la fermeture du lycée où je travaillais comme ‘pion’, mais le maintien exceptionnel de l’internat permit l’hébergement de la poignée d’élèves bloqués sur place. Par ma proximité avec le lieu de travail, je fus le seul disponible pour assurer les nuitées. La semaine se présentait alors avec un calme insolent : encadrer sept adolescents occupés à compter les flocons au sein d’un établissement vidé de son âme. Sauf que nous n’étions pas seuls ! Au début, j’expliquais aux élèves effrayés que le vent et le froid étaient à l’origine des souffles et des craquements. Jusqu’à ce que leur fréquence nous accule à l’évidence : quelque chose sans aucun lien avec la météo avait infiltré le dortoir ! Alors que je pensais avoir trouvé le calme dans la campagne du Centre France, après mon départ de la Côte d’Azur pour la petite ville de Saint-Amand-Montrond, j’allais découvrir un énigmatique Berry, qu’au XIXe siècle Chateaubriand avait décrit comme une contrée  » où se passaient des choses étranges  » !

Mon avis :

Un livre dont on m’a demandé la chronique, et que je fais avec plaisir… Exilium… Ce livre m’aura vraiment marqué !

Le style de Frédéric Bellec est à double tranchant je trouve. Très fourni, avec une marjorité de phrases longues à la structure relativement complexe et tortueuse, il est complexe, par moment, d’avoir une lecture vraiment fluide, notamment dans les instants un peu plus calmes. Il est cependant très riche, les figures de styles sont courantes et pertinentes. Un gros avantage cependant, c’est que les émotions que l’on ressent ne sont nullement celles que ressentent les personnages, mais nos propres émotions. De ce fait, on a vraiment l’impression d’être dans l’histoire et de vivre avec les personnages leurs aventures… Mais à travers notre propre prisme émotionnel. D’autant plus que cette longueur dans le style créer des effets d’attente très forts.

L’intrigue est à cheval entre l’horreur, et le fantastique. Une trame de fantastique, très bien menée et qui ne traite pas de quelque chose de déjà connu. Bien que les créatures surnaturelles déjà existantes ont fortement inspirées l’auteur, il a créé sa propre créature, et c’est excellent ! Puis, quelle créature !
L’horreur… Je parle ici d’horreur pure et dure, car jamais, en 18 années de vies, ni en 12 années de lecture passionnée, je n’ai aussi peur en lisant un livre. Tremblement, coeur qui tambourine, sueur froide… Et surtout, pleurs. Oui, je n’ai pas honte de le dire, Exilium m’a fait pleuré de peur. Et quand elles ne coulaient pas, les larmes embuaient ma vue. Rien que d’y repenser, j’en ai des frissons.

L’histoire, quant à elle, peut-être divisée en deux parties. La première où on est dans un flou total, à être complètement terrorisé par cette bestiole qui rôde dans le dortoir… Et une seconde où on connait la créature, et que l’on rentre plus profondément dans son monde. Je ne vais pas m’étaler pour ne pas trop spoilier, mais tout est dit sur la couverture : Oubliez tout ! Réapprenez tout !

Au niveau des personnages, je dois dire qu’ils sont assez vraissemblables pour la plupart, même si je ne me suis pas vraiment attachée à eux (pas du tout même…)

Frédéric (deuxième fois que je lis un livre dont le nom de l’autre est aussi celui du personnage principal. C’est fichtrement troublant non de non !) est pion dans un lycée dans une petite ville perdue dans le centre de la France, et se voit attribuer les nuités à l’internat, car tous ses autres collègues sont bloqués par la tempête de neige. On ne peut pas dire qu’il soit un exemple de courage, mais à coup sûr, c’est une personne bonne, prête à tout pour rassurer les autres même si lui même n’est pas rassuré.

Les autres personnages, notamment les internes, sont marrants, mais pas très attachants. Seuls trois le deviennent plus que les autres : Kevin, Guilhem et Lewis. Ceux qui ont lu le livre me comprendront.

De ce livre, je retiens, en plus du fait que j’ai eu envie de devenir mon matelas tellement j’étais terrorisée, l’énorme et très puissante leçon de tolérance et d’amour. Je m’explique.
Tous, dans l’internat, sont terrorisés par une certaine créature (et je n’emploie sciamment pas le terme de monstre). Mais quand on en apprend plus sur cette créature en question, on découvre tout un autre monde, très proche de la nature, des animaux, et qui n’a pour seul mantra que l’envie de liberté et de s’afficher comme elle est. De suite, j’ai fais le rapprochement avec l’homophobie. À rejetter quelqu’un simplement par peur (et haine, souvent injustifiée) de leur véritable nature. Et on suit Frédéric, qui entre dans ce monde, et fait face à tout ce renouveau… Une véritable leçon de paix, d’amour et de tolérance, que beaucoup ferait mieux de lire et réviser !

Sans compter que tout est monté comme si le livre était non pas le fruit d’une imagination débordante, mais comme un témoignage.

En bref, un livre qui saura vous faire trembler d’effroie pour vous attendrir par la suite. Palpitant et vibrant, malgré les quelques longueurs. Attention aux âmes sensibles cependant, vous aurez de très belles frayeurs !

Citations :

Comme je dis souvent, on ne rencontre le  succès avant le travail que dans le dictionnaire !


– Tant qu’on n’aura pas de preuve, moi je dis que c’est dans la tête que ça se passe.
– Possible, je veux bien te croire, mais l’absence de preuve n’est pas preuve de l’absence.


– On n’a qu’à donner Quentin en sacrifice à la chose, ricana Étienne, comme ça on sera tranquille !
– Mais t’arrêtes avec tes idées de paysans ? T’as qu’à t’y mettre toi, en sacrifice, t’es plus gros que moi, y’a plus à bouffer !


Puis il y a quantité de choses dans la vie qu’on choisit à notre place vous savez, et ce n’est pas toujours pour nous désservir. Les choix consentis ne sont pas mécaniquement meilleurs que les choix qu’on nous impose.


Parce que la science a fait reculer les superstitions qui ont fait le beurre des charlatans pendant des siècles.


La connaissance, voilà la clef ! Seuls les faibles et les crétins prennent leur bain dans le bourbier de l’ignorance.


Il ne fait pas toujours bon afficher publiquement une appartenance ou une aptitude en particulier, surtout dans nos campagnes. Soyez différents, et c’est la mise à l’écart assurée. La différence fait peur à ceux qui ne prennent pas le temps de regarder le monde au travers de ses multiples facettes.


Mathilde m’avait imploré de lire entre les lignes, mais comment faire face à des pages blanches ?


– Qu’est-ce qu’un adulte, interrogea Guilhem, si ce n’est un enfant qui a souffert plus longtemps ?


La nature est bien faite, elle n’agresse pas, tout est réglé pour contribuer au bonheur de l’homme.


C’est joli finalement le bonheur, je ne savais pas que ça faisait ça comme effet.


Il n’existe plus qu’un seul moyen de pression contre les élèves insolents qui se complaisent dans la médiocrité : la peur, alimentée par l’intimidation ! Quel mal y a-t-il à terroriser un gamin si c’est pour l’aider à le remettre dans le droit chemin ?

Discours du Proviseur. Vous sentez l’envie de meurtre ?


Ne pas avoir un gros salaire ne m’empêche pas d’avoir une vie plus riche que ceux qui croient que tout s’achète.


– Pour être honnête, j’ai remarqué que chaque intervention de la religion n’est qu’une publicité pour la division, l’interdit, la condamnation et la peur. Sans compter cette conviction en permanence nourrie d’être meilleur que les autres. J’ai peine à croire que ce soit une façon saine et équilibrée de considérer la vie. Je conçois la religion organisée comme un sous-produit de la méthode Coué où la foi a remplacé la raison et encourage à ne se poser aucune question tout en blâmant ceux qui posent les bonnes ! Pour pratiquer le bien, la religion n’est pas indispensable, un coeur et de l’empathie suffisent.


– À l’avenir, chez ami, osez ! Hésiter est un frein au savoir.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 2.75/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1/1.5
• Bonus « Effroie total » : +0.5pt
• Bonus « Message d’amour et de tolérance » : +1pt

Fantasy/Fantastique

Rouge Rubis (La trilogie des gemmes 1/3) – Kirsten Gier

couv32853865Caractéristiques : 

  • Auteur – Kirsten Gier
  • Editeur – Milan
  • Parution – 2011
  • Pages – 352
  • ISBN – 978-2745971999
  • LesLibraires Broché – 1
  • LesLibraires Poche –1

4ème de couverture : 

Elle est le Rubis, la douzième, l’ultime voyageuse. Avec elle, le Cercle est refermé, le secret est révélé. Un secret qui remonte à la nuit des temps.
Gwendolyn est une lycéenne comme les autres. Bon, d’accord, elle voit des fantômes dans les couloirs de son lycée, mais d’abord elle n’en voit qu’un, et puis personne n’est parfait. Pour le reste, c’est le grand ordinaire, avec des profs barbants, une mère exigeante, des frères et soeurs casse-pieds..
Mais lorsqu’elle se retrouve soudain projetée au début du siècle dernier, Gwendolyn panique. Ça ne dure pas très longtemps, mais quand même! Elle qui se croyait banale s’avère être marquée du sceau des veilleurs du temps. De ceux qui voyagent à travers les âges pour accomplir de mystérieuses missions.
De quoi sortir du train-train quotidien…

Mon avis :

Lu dans le cadre de notre premier Live Show avec Steven du blog Steven’s Books et Marie de chez Lecture Rousse, j’avoue rester un brin sceptique, malgré les bons côtés de l’histoire.

Le style est extrêmement fluide, rapide, addictif, mais cependant assez pauvre niveau fantaisies littéraires, et même plus. Dans les premiers chapitres, je l’ai même trouvé trop enfantin. Bien heureusement, au fur et à mesure que notre personnage principal évolue, il évolue lui aussi. Cependant, sa pauvreté le rend très facile à lire, frais et assez agréable. Mais autant prévenir, si vous chercher un livre un peu dark, ou un peu adulte, passez votre chemin. Cela vous évitera une grande frustration.

L’intrigue est quant à elle géniale ! Il est n’est pas rare de trouver une intrigue basé sur le voyage dans le temps, mais est assez inexploitée pour devenir originale. Une intrigue SF qui raviera les fans de Doctor Who, ou même de Retour vers le futur. Vient se greffer à cette intrigue là, une intrigue amoureuse des plus basiques, qui n’est pas désagréable, mais que l’on aurait très bien pu ne pas mettre.

L’histoire… Comme je l’ai dit durant le Live Show, je reste sur ma faim. On nous sert une intrigue de voyage dans le temps avec un potentiel énorme (difficultée de continuom espace-temps, paradoxe, etc), pour avoir quelque chose qui n’est qu’un support à une chose que j’ai encore du mal à définir. On nous sert de surcroît, une romance assez mal menée, qui passe d’un extrême (je te hais) à l’autre (laisse moi t’aimer) en trop peu de temps pour que cela soit plausible et agréable. Toutefois, une histoire, très peu développée malheureusement ici, est au coeur de la saga et est la clef de tout : celle de Lucy et Paul (si je ne me trompe pas dans le prénom de ce dernier). Une histoire pleine de mystères, de suspens, qui donne au roman toute sa dimension intrigante, le plongeant un peu plus dans un épais brouillard. Dommage qu’elle ne soit pas assez exploitée à mon goût.
Le livre entier est bourré d’humour bon enfant, auquel on rit très facilement.

Les personnages… J’ai eu confirmation qu’ils évoluaient pas mal dans les tomes suivants, et bien heureusement j’ai envie de dire !

Gwendoline est une jeune adolescente de 16 ans, mais qui manque cruellement de maturité et d’esprit. Un peu niaise et naïve sur les bords, j’avoue qu’elle m’a pas mal agacée. Mais ce qui la rend attachante, c’est sa nature même. Elle ne fait pas partie de ces héroïnes parfaites qui en cas de pépin impromptus, sauront exactement comment réagir. Face à sa nouvelle situation, Gwen agit comme nous, nous agirions certainement : peur, angoisse, colère, pour finalement craquer et nous mettre à pleurer. C’est exactement ce qui arrive à Gwen : elle est normale. Mais peut être un peu trop… Je sais que quand je me plonge dans un roman, je veux nécessairement retrouvée une héroïne que je peux croiser tous les jours dans la rue.

Gidéon… Autant le dire, je ne le porte pas dans mon coeur, bien loin de là ! Hautain, odieux, méprisant… Il a tout du parfait salaud, et dans les premières scènes avec lui, il nous montre qu’il est plus un petit con qu’autre chose. Mais une fois de plus, son rapport extrême avec la réalité le rend attachant. Quand ses certitudes sont mises à mal par des preuves, on le sent réellement torturé, à ne plus savoir qui croire : Gwen qui apporte des preuves, ou les Veilleurs ? A-t-il subit un bourrage de crâne ? Cependant, son évolution par rapport à Gwen est bien trop abrupte pour en être agréable et réaliste.

Les autres personnages sont tous presque aussi détestable les uns que les autres, faisant alors un peu plus passer Gwen pour une pauvre petite victime. Cependant, Maddy relève le niveau ! J’adore ce personnage ! Extrêmement attachant, plein d’humour et un peu perché… Elle m’a rappelé Luna Lovegood.

Cete chronique peut parraître négative, mais ce n’est absolument pas le cas. Je suis simplement frustrée, un peu comme avec Possession d’Elena Johnson. J’ai vu une intrigue avec un potentiel énorme, et je l’attendais avec un autre traitement. Je l’attendais avec un peu plus de noirceur, avec des traits un peu plus adulte… Mais non. Frustrée, mais pas dégoûtée.

En bref, un livre qui n’est qu’une préface à des tomes suivants qui, je le sens, doivent être bien meilleurs. J’ai passé un très agréable moment, malgré mes déboires avec les personnages.

Citations :

–  Je sais que tu as peur, mais tout ça m’a plutôt l’air cool. Je veux dire, c’est une véritable aventure, Gwen. Et tu es en plein dedans !
Oui. Je suis en plein dedans.
Quelle merde !


–  Je pense que cette mise en garde est totalement superflue, mon oncle, dit Gideon en se croisant les bras sur la poitrine. Elle n’est définitivement pas mon genre.
« Elle », c’était moi.


C’était quoi déjà ce mot de passe ? Je n’avais dans la tête que Qua nesquick mosquitos. Il fallait absolument que je fasse l’acquisition d’un autre cerveau.

Ma note : 15.25/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 2.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 1.25/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 1/1.5