Historique·Philosophie/Réflexion

Ion – Euripide

ion-4416893-264-432.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Euripide
  • Editeur – Belles Lettres
  • Parution – entre 414 et 412 av. JC
  • Pages – 418 (environ 110 pour Ion)
  • ISBN – 978-2251001227

4ème de couverture :

Parmi les tragédies d’Euripide fondées toutes sur un jeu du destin et qui se terminent par une reconnaissance, Ion est certainement la plus habilement construite. La tragédie a pour sujet le destin d’Ion, ancêtre mythique des Ioniens, héros inventé de toutes pièces par des écrivains du VII siècle qui déduisirent ce nom du nom du peuple dont il aurait été l’éponyme. Dans un mythe tel que celui-ci, aussi vague et peu populaire, Euripide eut, plus que de coutume, la liberté de modifier et d’ajouter des éléments qui répondaient à des exigences politiques — le patriotisme athénien — et artistiques.

Mon avis :

Changeons totalement de registre. Je vous emmène dans la Grèce Antique avec Euripide, et une pièce plus que connu : Ion.

J’ai étudié cette oeuvre dans le cadre de mes études (Lettres Classiques), et bien que très intéressante, j’ai eu du mal à vraiment accrocher en dehors des passages clefs.

Tout d’abords, dans mon édition, j’ai eu du mal avec la traduction qui a très mal vieilli je trouve, et donne un caractère bien trop élitiste et alambiquée au texte, alors que dans un langage peut être plus moderne, il aurait pu avoir la puissance d’un Shakespeare ou d’un Molière. Mais cela concerne la traduction.

Pour ce qui est de l’oeuvre en elle-même… On va suivre Ion, jeune homme abandonné à la naissance et recueillit dans le temple d’Apollon à Delphes. Bien des années plus tard, le roi d’Athènes, Xouthos, qui n’a toujours pas eu de fils, vient consulter l’oracle avec sa femme et reine d’Athènes, Créuse. Sauf qu’elle est… et bien la mère biologique d’Ion. Concours de circonstance, mêlé à de la jalousie et un sentiment de trahison, Créuse tentera d’assassiner son fils, sans savoir qu’il est de son sang.

C’est toujours compliqué de résumé un mythe grec sans trop spoiler. En dehors de son intérêt littéraire notable sur le style d’Euripide et son évolution, il est plus intéressant à mon sens d’analyser et concevoir cette oeuvre comme une oeuvre politique. Dans le mythe originel d’Ion, Athènes n’est pas dans la balance. Euripide écrit sa pièce entre 414 et 412 av. JC soit… en pleine guerre du Péloponèse, qui vient mettre la suprématie d’Athènes à rude épreuve. Il était donc primordial d’incorporer cette cité-état dans un mythe, qui plus est un mythe presque entièrement basé sur le droit du sang sur un sol, la filiation et l’importance des natifs Athéniens dans la « pureté Athénienne ».

Autre thématique importante de l’oeuvre : la place de la femme, de manière générale, mais aussi au travers de la littérature.

En bref, une oeuvre agréable à lire, mais qui a un intérêt historio-politique plus intéressant à mon goût.

Citation :

Hélas, bien difficile est notre rôle vis-à-vis des hommes ; car les mauvaises avec les bonnes sont mêlées parmi nous ; c’est pourquoi l’on déteste les femmes. Tant la nature nous a faites pour souffrir !


Une haute fortune ne rend pas plus heureux qu’un modeste bonheur.

Ma note : 13.25/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 2.5/4
• Potentiel d’addiction – 1.75/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 1/1.5

2-5 ans·Album Jeunesse·Comédie·Coup de coeur

La petite grenouille qui avait mal aux oreilles – Voutch

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Caractéristiques : 

  • Auteur – Voutch
  • Illustrateur – Voutch
  • Editeur – Circonflexe
  • Parution – 2006
  • Pages – 30
  • ISBN – 978-2878334913

4ème de couverture :

La petite grenouille a un problème avec ses oreilles. Docteurs et spécialistes
se succèdent mais, houyouyouye, ça ne s’arrange pas tellement, et même pas du tout.

Mon avis :

Je pense que vous l’aurez compris, hors partenariat, pour ce qui est des albums jeunesse, je ne vous propose en chronique que ceux qui m’ont vraiment plu, pour ne pas dire uniquement mes coups de coeur. C’est donc tout naturellement que je vous propose l’article de ce best-seller des albums jeunesse : La petite grenouille qui avait mal aux oreilles.

Ce que j’ai pu rire en lisant ce petit album jeunesse ! Ce que j’ai pu rire en écoutant quelqu’un me raconter cette histoire ! Et surtout, ce que j’ai pu rire en lisant moi-même cette histoire à des enfants…

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Dans ce petit ouvrage, on va suivre le périple d’une pauvre petite grenouille qui a mal aux oreilles. Sauf que comme pour nous, pauvre humain, elle est reconduite de spécialistes et spécialistes, tous plus exubérants et aux noms les plus tordus les uns que les autres ! La chute est pour le moins plus qu’inattendu, et donnera à nos petites têtes blondes quelques leçons d’anatomie…

Ce qui est vraiment très intéressant, et qui déclenche le rire, c’est le ridicule de la situation, et la peine que l’on a pour ce petit batracien qui, on suppose, se frappe l’otite du siècle. Fou rire garanti, d’autant que cet album mettra la prononciation et l’articulation du conteur à rude épreuve !

En bref, un petit album jeunesse tout en douceur et en rire, qui ravira les petits et fera sourire les grands !

Citations :

– J’espère que vous au moins, Monsieur le piedratrocioguolologistre*, vous pourrez faire quelque chose pour mes pauvres oreilles parce qu’elles me font mal, houyouyouye !

– Hélas, ma pauvre petite ! Mon oreilloscope à micro-résonnance électro-cabalistique vient juste de tomber en panne et, sans cet appareil, je ne peux rien faire !

*à la place de pédiatrobatraciologiste (ou un truc dans le genre)

Ma note : 16.5/20

  • Scénario – 4/4
  • Dessin – 3/4
  • Accessibilité – 2.5/3
  • Originalité/Créativité – 3/3
  • Multilecture – 1.5/3
  • Apprentissage – 2.5/3
Contemporain·Coup de coeur·Drame·Philosophie/Réflexion·Thriller

Je sais où tu es – Claire Kendal

couv60403836.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Claire Kendal
  • Editeur – France Loisir
  • Parution – 2015
  • Pages – 410
  • ISBN – 978-2226322838

4ème de couverture :

Un matin, Clarissa se réveille dans le lit d’un collègue, sans aucun souvenir de ce qui l’a menée là. Bientôt cet homme fait de sa vie un cauchemar. Espionnée, traquée, harcelée, Clarissa doit faire face à une obsession toujours plus menaçante. Saura-t-elle s’en échapper avant qu’il ne soit trop tard ?

Mon avis : 

Cela fait un moment maintenant que j’ai lu ce roman, et pourtant, quand je revois sa couverture et que les souvenirs remontent, je suis toujours aussi glacée parce la vraisemblance de l’intrigue, et surtout des situations et ressentis dépeints. Un coup de coeur pour un texte féministe qui traite d’un sujet encore tabou, et pourtant bien trop réel.

Ce roman suit une double trame : on suit à la fois Clarissa dans sa vie personnelle de jeune femme harcelée par un homme, ainsi que Clarisse dans son exercice de jury lors d’un procès pour viol et séquestration. Dans les deux cas, on n’en ressort pas indemne. Ça ne réveille pas toujours les mêmes émotions en nous : tantôt la peur, tantôt le dégoût… Ce livre a un réel potentiel d’ouverture, en cela qui peut permettre à un lectorat plutôt masculin de mieux appréhender le harcèlement de rue et le harcèlement sexuel ; mais aussi de faire écho auprès d’un lectorat féminin.

Dans les deux cas de figure (l’aspect procès et l’aspect vie personnelle de l’héroïne), je me suis sentie concernée : ces deux intrigues sont les faces d’une même médaille qu’est le harcèlement et l’objectivation des femmes. Mais le plus dur a été de lire le ressenti que pouvait avoir et que Clarissa avait, mais aussi de voir que les réactions des hommes et des autorités dans ce roman correspondent que trop bien à notre réalité.

Je ne vous cache pas que ce roman a été très dur à lire, entre mon hypersensibilité, et le fait de lire des situations que je peux vivre au quotidien…Ce n’a pas été une lecture facile, mais oh combien enrichissante et engagée. Sans le crier sur les toits, ce roman est une pépite qui, vulgairement dit, remet les barres sur les T et les points sur les i.
Effectivement, l’auteur n’hésite pas, à l’aide d’une plume agréable et fluide, de pointer du doigt des choses encore trop peu considérées : le harcèlement de rue, le harcèlement sexuel, l’objectivation des femmes, le sentiment que tout est dû (d’un point de vue sexuel) aux hommes de part leur sexe, la défaillance du système judiciaire dans les affaires d’harcèlement et de viol… Et c’est en ça que c’est un livre excellent : il montre de A, à Z, les cause, les conséquences, et surtout, les répercutions physiques et morales présentes chez les victimes.

En bref, un livre tabou, dur, glaçant, mais nécessaire. Un vrai coup de coeur.

Citations :

Les accusés disent nibards. Rowena dit nichons. Moi, je dis seins. Je ne sais pas ce toi tu dis. Je ne veux pas le savoir. Ce que je sais par contre, c’est ce que ces différences comptent.


Par où commencer pour démontrer la folie de ta lettre ? Tu n’entends donc pas ce que je te répète – non, non, et encore non – encore et encore ? Je crois qu’il t’est impossible de comprendre ; tu es prisonnier d’une forme délirante de raisonnement décalé, de sincérité terrifiante même.
As-tu inspecté mes CD et mes DVD quand tu étais chez moi ? Parce que tu as raison : j’adore ce ballet. Par contre je le détesterais à un point dont tu n’as pas idée si je devais le voir avec toi. De la part d’un autre homme, le geste aurait pu être romantique. Mais pas de ta part à toi. De la part de celui qui a utilisé ma plus vieille amie et l’a retournée contre moi. Venant de toi, ces billets sont une agression, pas un cadeau.


S’il y avait bien une chose que montraient ces peintures et poèmes romantiques, c’était le danger d’un vrai regard direct et décidé.

Ma note : 18.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Contemporain·Philosophie/Réflexion·Poésie

L’espoir de la meute – Philippe Devos

cover-644.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Philippe Devos
  • Editeur – Atramenta
  • Parution – 2017
  • Pages – 108
  • ISBN – 978-9522739636

4ème de couverture :

La meute, c’est vous, c’est moi.

D’autres peut-être, qui oseront cheminer à nos côtés à travers ces pages.

Quelques textes pour faire naître en nos cœurs un ailleurs, sublimer l’habitude, s’enivrer d’amertume, apprivoiser ses chimères…

Des landes de vers pour une échappée belle hors du temps et des cités stériles où l’homme moderne dérive parmi les ombres anonymes.

Des poèmes comme autant d’occasions de se retrouver.

Mon avis :

Changeons d’air. Prenons du recul face aux histoires en prose, avec leurs intrigues et leurs personnages, pour partir dans un monde plus subtil, mais pas pour autant moins accessible : je veux bien entendu parler du monde de la poésie, au travers de cette première chronique de recueil de poème ! Pas de coup de coeur, mais assurément un très bon et très beau moment passé dans cet univers.

L’avantage de la poésie à mon sens, c’est que l’on peut traiter tous les sujets d’une infinité de manière, des sujets les plus doux au plus durs. À travers son recueil L’espoir de la meute, Philippe Devos nous offre un panorama tout en finesse et émotions de notre monde actuel et de la nature humaine. Parfois généraliste, parfois très intimiste, d’autre fois cru et d’autre amant épris, ce recueil est complet et dépeint un tableau aussi sinistre que coloré : cruauté et paradoxe de l’homme, mais aussi expression des sentiments les plus nobles. Il pointe du doigt les sentiments et la douleur humaine, mais aussi les choses les plus abjectes que peut porter notre monde, avec parfois, une sévère critique de ce dernier.

Ce qui, pour moi, fait la force de ce recueil, c’est avant tout son accessibilité. Bien que certains poèmes soient plus ardus, ou qui méritent une deuxième lecture pour en appréhender totalement le sens et la puissance, la grande majorité des poèmes ici présentés sont d’une beauté sans nom, mais reste accessible. On est bien loin de ces poèmes que l’on a étudié au lycée, et dont il fallait plusieurs heures de travail pour capter une bribe de compréhension.

La force de la poésie réside dans le fait personne ne comprendra un poème de la même manière que son voisin. Personnellement, j’ai beaucoup aimé les poèmes suivants :

  1. Tu n’imagines pas
  2. Comment lui dire
  3. Anesthésié
  4. Cigüe

En bref, une recueil de nouvelles qui vous embarquera dans un monde à part et pourtant bien reconnaissable, qui saura jouer avec vos cordes intérieurs.

Citations :

Tu n’imagines pas
Ma lassitude
Pour ces combats qu’on nous impose
Ces vanités qui nous opposent


Déjà je suis de trop
Et mon coeur s’est enfui…
… je le suivrai bientôt.


Gisant sur mon divan l’esprit anesthésié
Le génie de l’écran s’empare de tout mon être
Tandis qu’autour de moi le temps semble arrêté


Je suis lasse de chagrin et pleine de résignation
Je murmure ton prénom et le vide me renvoie en écho
L’insupportable absence me vidant de mes larmes

Ma note (subjective) : 17/20

 

Contemporain·Coup de coeur·Philosophie/Réflexion

Alter-Ego, Au-delà des apparences – Sélène Derose

cover-372.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Sélène Derose
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2017
  • Pages – 343
  • ISBN – 978-2-956037-51-4

4ème de couverture :

Nous faisons partie de ce monde et ce monde fait partie de nous. Mais tout comme nous ne nous connaissons pas toujours nous-même, nous ne connaissons pas parfaitement le monde. »

Niya Clark, sérieuse et réservée, vient tout juste d’achever ses études supérieures avec une idée précise de son plan de vie. Mais tandis qu’un nouveau pan de celle-ci commence, et pas des moindres à ses yeux, un évènement va bouleverser son équilibre.
Tout au long de son périple pour le retrouver, Niya, en proie au doute, sera amenée malgré elle à remettre en question ses certitudes les plus profondes jusqu’à sa vision d’elle-même.

Déjà vu ou presque, pensez-vous ?
Pas sûr. Apprêtez-vous à progresser avec elle au-delà des apparences et de la vraisemblance…

Mon avis :

De retour avec encore une fois un roman tout droit sorti des entrailles de la plateforme SimPlement. J’avoue que le résumé m’intriguais pas mal, et que je ne savais pas trop à quoi m’attendre… Mais quelle fabuleuse surprise, c’est un coup de coeur, tout en douceur !

Nous suivons donc Niya, une jeune femme qui a tout pour être Madame tout le monde : sur le marché du travail, en collocation avec sa meilleure amie… Un petit accident pour débuter l’intrigue. Rien de bien folichon ou d’exceptionnel. C’est après que l’auteur déploie un univers tout à fait intriguant et différent de ce qu’on peut voir habituellement : la culture des Natifs d’Amériques.

À partir de cela, tout s’enchaîne avec une grâce et une fluidité peu commune, au point où on ne se rend même pas compte que l’on tourne les pages. Si je devais résumer ce roman en seul mot, je dirai douceur, que je pourrais étayer par harmonie. Tout au long de ma lecture, je me suis sentie comme bercée par les mots de Sélène Derose qu’elle manie à la perfection. Tout au long de ma lecture, je me suis sentie dans un petit cocon protecteur et douillet, duquel je ne voulais plus sortir. Comme si vous étiez dans un lieu doux, accueillant, et que le monde réel ne parvenait à vous que par flash flous ou murmure subtils. C’est une véritable impression de paix intérieur qui vient s’installer, au fur et à mesure de la lecture, même durant les passages plus tendus.

Ce qui m’a particulièrement plu, en plus de cette atmosphère feutrée et paisible, c’est cette thématique de la quête de soi, et de sa vérité profonde. Notre héroïne, prise dans ses doutes et les tumultes de sa vie de jeune femme, poursuit son chemin, entre rationalité et croyances anciennes, pour trouver une paix intérieure ainsi que sa vérité.
En plus d’être un coup de coeur, je sais que je relirai ce roman. Tout comme mon auteur favoris Pierre Bottero, ce roman a su faire vibrer les bonnes cordes à l’intérieur de moi, et a su m’apaiser sur certaine question que je me posais… C’est pour cela que je le range, en plus dans la catégorie coup de coeur, celle de ma littérature pansement.

En bref, un roman tout en mystère, en beauté, douceur, paix et harmonie, qui ne vous laissera pas indifférents.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 18.75/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Contemporain·Drame·Roman/Polar Noir·Thriller

ALIENOR, l’origine de toutes les haines – Aurélien Grall

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  • Auteur – Aurélien Grall
  • Éditeur – Autoédité
  • Parution – 2014
  • Pages – 295
  • ISBN – 978-1520121062

4ème de couverture :

Alexia est encore petite fille lorsque des inconnus l’arrachent à sa famille pour la conduire dans une école privée, l’Académie Aliénor d’Aquitaine.

Le pensionnat d’élite est censé lui promettre le plus brillant des avenirs, bien loin de la misère qui l’a vue naître.

Mais les choses ne se passent pas comme prévu et la petite prend progressivement conscience, en compagnie de ses deux amies, Jade et Clarisse, qu’elles sont promises à de beaucoup plus sombres desseins…

Mon avis : 

De retour avec une lecture issue de l’auto-édition, ALIENOR aurait pu être un roman explosif aux intrigues fortes et complexes. Mais c’est un goût de frustration qu’il me laisse sur la langue.

Vous l’aurez compris, je suis assez mitigée sur ce roman. En effet, il y a des choses qui m’ont complètement emballées, et d’autres qui au contraire, m’ont plutôt refroidie.

Le premier défaut que j’y trouve, c’est un résumé qui ne correspond pas au contenu. Un résumé très – trop – évasif, et une mise en bouche dans un premier chapitre qui laisse sous entendre beaucoup de chose bien croustillante. Je n’avais qu’une seule hâte, me plonger à l’intérieur et voir comme l’auteur allait réussir à mener son plan à bien.
Sauf que cet espoir que j’avais est resté, au final, vain : nous avons un premier chapitre qui nous promet une suite toute en finesse, subtilité et manigance… Pour nous retrouver au final avec des explosions, des armes et des coups de feu partout. Je m’attendais à voir des jeunes femmes manipulant les hommes politiques, et grands du monde, afin de ramener la paix… Et au lieu de cela, j’ai eu des soldats assoiffées de sang, de véritable machine à tuer, qui exécutent des missions.
Sur le fond, je n’ai rien contre ce genre de roman. Ce qui me chiffonne plus, c’est d’avoir eu l’espoir d’un certain roman, que le premier chapitre nous vend allègrement, pour au final avoir son opposé. Un mauvais point donc, puisque je ressors frustrée et en quelque sorte, déçue.

Autre point qui m’a dérangé : le style. En plus de ne pas le trouver des plus réguliers – tantôt très voire trop simpliste, tantôt bien trop alambiqué à mon goût -, je l’ai trouvé relativement terne, pour ne pas dire creux. Les émotions que j’ai pu ressentir étaient plus lié à ma sensibilité de lectrice qu’au pouvoir des mots employés. Et je trouve cela d’autant plus dommage que l’histoire était une véritable mine d’or à exploiter.

La dernière chose qui m’a dérangé a été le rythme du roman. Je l’ai trouvé un peu trop linéaire, et sans véritable variations qui auraient pu donner à l’oeuvre une dimension plus angoissante ou plus effréné pour les moments d’actions pures. Certains passages (notamment celui du passage des épreuves de la course d’obstacle) revient bien trop souvent et vient très vite lasser, tout comme je n’ai pas eu l’impression d’avoir eu de pause narrative, ou d’accélération.

Un style peu adapté, un rythme mal maîtrisé, des espoirs non satisfaits… Ce roman aurait pu être un flop total, s’il n’avait pas eu son plus gros point fort : son originalité.

Même s’il aurait mérité plus de travail de relecture, de ré-écriture et un potentiel suivi éditorial pour le mener au plus haut de son potentiel, je retiens surtout le potentiel qu’il contient, et ce qu’il pourra devenir avec du travail et des années supplémentaires. Parce que les idées sont bonnes, et elles sont là. Il ne manque plus qu’une meilleure mise en page.
J’ai bien une certitude quant à cet auteur et à ce roman : les deux, une fois mûrs et à point, seront de vraies pépites. Le roman est sorti en 2014, et je suis certaine que l’auteur n’a pu que s’améliorer depuis.

En bref, si vous êtes amoureux d’actions et d’intrigue rapides, foncez !

Citations :


Pas de relevé !

Ma note : 12.5/20

• Scénario – 3.25/4
• Ecriture/Style – 2/4
• Potentiel d’addiction – 2/3
• Personnage – 0.75/2
• Emotions – 1/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Contemporain·Philosophie/Réflexion

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA – Romain Puértolas

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  • Auteur – Romain Puértolas
  • Editeur – La Dilettante
  • Parution – 2012
  • Pages – 252
  • ISBN – 978-2253179900

4ème de couverture :

IKEA. Ou comment un banal et innocent mot de quatre lettres, prononcé à mi-voix dans un taxi à Roissy Charles de Gaulle, peut vite devenir le début d’une rocambolesque et hilarante aventure. De la crise européenne au régime post-Kadhafiste libyen, un voyage inattendu, riche en quiproquos et rebondissements, ballotera, dans une armoire, un arnaqueur professionnel sur le chemin de la rédemption et de l’amour.

Mon avis :

On va jouer l’ambivalence aujourd’hui, et les extrêmes. Passé du rire aux larmes, de la joie à la morosité, de la légèreté à la gravité.

Une couverture aux couleurs de la grande marque suédoise, un personnage venant d’Inde, un titre plus que loufoque… Ce roman a tout, de l’extérieur, pour être un livre de détente totale sur le bord de la piscine ou bien à la plage, sans prise de tête. Et pourtant…

On va donc suivre notre héros au nom imprononçable (Ajatashatru, à prononcer Attache-ta-charrue quoi qu’il arrive) qui vient d’Inde sur Paris afin d’acheter le dernier lit à clou de la marque IKEA. Arnaqueur professionnel, par un malencontreux hasard, il se retrouve coincé dans une armoire IKEA… Il va alors enchaîner les embrouilles et les rencontres les plus improbables, jusqu’au dénouement.

Un début hilarant, qui m’a valu plusieurs fou rire, pour au fil des pages, laisser voir en transparence un thème encore tabou actuellement : l’immigration clandestine, et le sort des clandestins arrêtés aux frontières. Le roman a plusieurs lectures possibles. Pendant que notre indien aussi sec qu’un arbre marche, au fil de son voyage, sur le chemin de la rédemption et de l’amour, on suit aussi plusieurs tableaux sociaux-culturels.
La question de l’immigration est omniprésente, et traité de manière parfois subtile, parfois directe… Et parfois cruelle d’une vérité que beaucoup ignore, sciemment ou non.
Le tout, porté par une plume qui sait à la fois être légère et dure.

En bref, un roman agréable, pas si léger qu’il n’y paraît, mais qui fait parti des classiques modernes à lire.

Citations :

« Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie. » Sur le coup, l’enfant n’avait pas compris. « Cela signifie tout simplement, lui avait alors expliqué l’homme, que des choses qui sont banales pour moi peuvent sembler de la magie pour toi, tout dépend du degré de technologie de la société dans laquelle du évolues. »


Et souvent, la nostalgie des siens rendait pauvre et insipide même le plus prodigieux des paysages.


Et puis, ce n’était pas la peur des coups qui tordait les entrailles, non, car sur cette rive-là de la Méditerranée, on ne frappait pas, c’était la peur d’être renvoyé dans le pays d’où l’on venait, ou pire encore, dans un pays que l’on ne connaissait pas, parce que les Blancs s’n foutaient pas mal vers où ils vous balançaient, l’important pour eux étant de ne plus vous avoir chez eux. Un Noir, ça fait vite désordre.

Ma note : 16.75/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.5/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.75/1.5