2-5 ans·6-9 ans·Album Jeunesse

Le Voyage d’Anaru – Olivier Mazé

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Caractéristiques : 

  • Auteur – Olivier Mazé
  • Illustrateur – Benjamin Malet
  • Editeur – Les Petits Croqueurs de Livres
  • Parution – 2017
  • Pages – 60
  • ISBN – 9791090958104

4ème de couverture :

Anaru est un petit kiwi des terres Australes. Il a un grand rêve, Voler tout là haut dans le ciel comme le plus grand et le plus bel oiseau de son île. Seulement, les kiwis ne savent pas voler…

Mon avis :

La mignonitude de certains albums jeunesses auront ma peau. Que diriez-vous de partir pour la Nouvelle-Zélande avec… Un kiwi !

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Dans ce mignon album, signé Olivier Mazé et Benjamin Malet, nous partons direction les îles, à la découverte d’animaux hors du commun. Dans cet ouvrage, premier d’une série que j’espère longue, nous trouvons Anaru, un petit kiwi (l’oiseau, pas le fruit, je vous vois venir) qui part à l’aventure : pour la première fois, il sort sans sa maman pour se trouver à manger. S’en suivent quelques péripéties qui nous font découvrir de nouveaux animaux, à travers des paysages enfantins mais féériques, qui nous en mettent plein les yeux.

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En plus d’avoir une histoire d’une mignonitude sans borne – une amie peut attester le « OOOohh c’est trop mignoooonnn !!! » quand j’ai vu le petit kiwi… -, c’est une histoire qui se veut à la fois divertissante et ludique. Car le but est bien là : faire découvrir de nouveaux animaux à nos petits bout’chous. En complément de ce récit, l’ouvrage comporte aussi un petit dossier sur les trois animaux rencontrés dans l’ouvrage, avec les informations les plus basiques : la race, le gabarit, le lieu dont ils sont endémiques, ainsi que s’ils sont en danger d’extinction. Un vrai petit fascicule pour les curieux, petits comme grands !

Capture d’écran 2017-11-22 à 15.09.32.pngLudique, avec de belles illustrations, un personnage principal tout beau tout mignon.. Que demander de plus ?

En bref, un jolie petit album pour les jeunes et moins jeunes, et pour les aventuriers (et aventurières !) en quête de découverte.

Ma note : 18.5/20

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Scénario – 3.5/4
Dessin – 3.5/4
Accessibilité – 2.5/3
Originalité/Créativité – 3/3
Multilecture – 3/3
Apprentissage – 3/3

Coup de coeur·Drame·Historique·Philosophie/Réflexion

Notre Dame de Paris – Victor Hugo

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  • Auteur – Victor Hugo
  • Editeur – Pocket
  • Parution – 1831
  • Pages – 636
  • ISBN – 978-2266240000

4ème de couverture :

Dans le Paris du XVe siècle, une jeune et superbe gitane appelée Esméralda danse sur le parvis de Notre Dame. Sa beauté bouleverse l’archidiacre de Notre-Dame, Claude Frollo, qui tente de l’enlever avec l’aide de son sonneur de cloches, le malformé Quasimodo. Esmeralda est sauvée par une escouade d’archers, commandée par le capitaine de la garde Phoebus de Châteaupers…

Mon avis :

Il faut que je vous recontextualise. Alors que j’étais en pleine insomnie, je trainais sur YouTube, jusqu’aux méandres, et j’ai trouvé une vidéo faisant une comparaison entre la version québécoise et la version française des chansons Disney. Là, le vidéaste fait la comparaison avec une chanson extraite du Bossu de Notre Dame. Forcément, ça m’a donné envie de le revoir. Mais aussi de revoir la comédie musicale (celle de 1999, s’il vous plait)… Et par extension, d’enfin lire le roman d’où tout cela est tiré. Soit, comment lire un classique de la littérature française par l’impulsion d’un Disney.

Plus sérieusement, je me demande encore ce qui a pu me freiner autant de temps. La taille certainement (plus de 630 pages en taille -2… ça refroidit). Mais le résultat est là : je comprends mieux pourquoi Victor Hugo est aussi populaire, et surtout, considéré comme un des plus grands écrivains français. Je préfère prévenir : cette chronique risque d’être longue. Très longue.

Tout d’abord, l’univers. Sans surprise, pas vraiment de fantaisie de ce côté là, nous sommes dans notre univers. Mais l’auteur a réalisé un véritable travail de titan afin de nous offrir la vision du Paris de 1482 la plus précise, mais aussi la plus juste possible, au point que l’on peut élever son texte au rang de roman historique. Nom de rue, description de façade, variante de nom selon la zone et l’époque, courant artistique, modification et reconstruction… Tout y passe. Le détail est notamment apporté aux pièces importantes du puzzle parisien, à savoir la salle du Palais de Justice (utilisée dans les premiers chapitres pour le mystère le jour de la fête des Fous), la cathédrale de Notre Dame, ainsi que la cour des Miracles, et d’autres bâtiments un peu plus annexes. Bien que ce soit les passages que j’ai le moins aimé dans le roman (l’architecture et l’urbanisme surtout, avec moi, ça fait deux), j’ai énormément aimé le souci de l’auteur pour nous plonger le plus justement possible dans ce vieux Paris.

Autre passage qui pourrait poser problème mais que j’ai énormément aimé, sont les passages bien plus philosophiques, voire même de commentaire. Je pense notamment à ce chapitre entièrement dédié à la relation entre architecture et littérature, avec une métaphore filée de l’architecture comme phrase d’avant la littérature imprimée, et la révolution sociale profonde qu’a provoqué l’invention de l’imprimerie par Güttenberg. C’est, à vrai dire, dans ce chapitre que j’ai perçu pour la première fois le génie de Victor Hugo.

Chose particulièrement appréciable est le souci apporté aux personnages. Tous les personnages. Du plus insignifiant au plus important, en passant par les personnages secondaires. De fait, on s’attache assez vite à tous, de manière très forte malgré les pulsions qu’il nous font avoir (pitié, dégoût, envie, émerveillement…). De manière générale, ils ont tous au minimum un chapitre – plus ou moins imposant, ils n’ont pas tous des chapitres de 30 pages – afin de bien les introduire et les approfondir par la suite. C’est comme ça que j’ai fini par mépriser Phoebus, avoir envie de baffer Esmeralda, et aimer Claude Frollo, au point d’en faire mon personnage favoris du roman. Tout est en nuance, en évolution… Les personnages ne sont pas figés, ils sont tous en constant mouvement tant physique que psychologique, et c’est un diamant à voir et à lire. Sans compter tous les chapitres descriptifs sur ce qu’ils aiment et les animent, permettant de les rapprocher encore plus de nous.

Et là, je vous entends venir : et l’histoire alors ? Et bien l’histoire n’est pas diamant, mais bien plus que ça. Une pure serendibite (une pierre bien plus précieuse et cher qu’un diamant au charme bien plus complexe). Si je devais la résumé en un seul mot, je ne dirai pas amour, je ne dirai pas tragédie, mais je dirai bien pire que cela : fatalité. Le roman est divisé en deux parties. Une première, plus introductive et narrative qui prépare le terrain à la Fortune et à la Fatalité, et une seconde, qui laisse la Fatalité prendre une forme presque humaine tant elle est cruelle et froide. Dans une première partie, on se focalise sur un personnage et une rumeur qui nous semble inutile, mais qui vient nous arracher le coeur et quelques larmes, quelques chapitres avant la fin. On nous fait un portrait élogieux et irréprochable de notre archidiacre Frollo pour mieux le démonter et le détruire sous tous les aspects possibles durant tout le roman. Du génie. Il n’y a pas d’autres mots pour désigner cela.

Ajoutons à cela la montée en puissance tant du rythme que de la Fatalité au fur et à mesure que les pages se tournent, les envolées lyriques, les discours et monologues enflammés à vous en donner envie de les dire à haute-voix, de non pas les lire, mais les jouer et les vivre… On abouti à un roman complet, complexe, qui est un véritable bijoux malgré les quelques passages plus techniques.

Autre petit détail qui m’a beaucoup surprise : l’humour. Même dans les moments les plus tragiques, à travers certains personnages (notamment celui de Gringoire et de Djali), l’auteur arrive à insérer des doses d’humours succulentes et tordantes, à la limite de l’humour anglais, qui viennent faire du bien et sourire.

Même si j’en meurt d’envie, je vous parlerai pas plus en avant des caractères de Phoebus, Frollo Esmeralda, tout simplement parce que je vous spoilerai, et que je m’en voudrais éternellement de vous spoiler un tel chef-d’oeuvre. Mais je vous ferai – je pense – sur mon blog secondaire (ou bien sur celui-ci je ne sais pas encore) un article comparatif entre le roman, le Disney et la comédie musicale.

En bref, un chef-d’oeuvre, une perle, un diamant, une serendibite à l’état pur, qui mérite d’être lu et apprécié. Un véritable coup de coeur comme on en a rarement.

Citations :

– Cela suffit, reprit Trouillefou sans le laisser achever. Tu vas être pendu. Chose toute simple, messieurs les honnêtes bourgeois ! comme vous traitez les nôtres chez vous, nous traitons les vôtres chez nous. La loi que vous faites aux truands, les truands vous la font. C’est votre faute si elle est méchante.


– Savez-vous ce que c’est que l’amitié ? demanda-t-il.
– Oui, répondit l’égyptienne. C’est être frère et soeur, deux âmes qui se touchent sans se confondre, les deux doigts de la main.
– Et l’amour ? poursuivit Gringoire.
– Oh ! l’amour ! dit-elle, et sa voix tremblait, et son oeil rayonnait. C’est être deux et n’être qu’un. Un homme et une femme qui se fondent en un ange. C’est le ciel.


Il s’aperçut qu’il y avait autre chose dans le monde que les spéculations de la Sorbonne et les vers d’Homère, que l’homme avait besoin d’affections, que la vie sans tendresse et sans amour n’était qu’un rouage sec, criard et déchirant.


Alors commença entre le médecin et l’archidiacre un de ces prologues congratulateurs qui précédaient à cette époque, selon l’usage, toute conversation entre savants et qui ne les empêchaient pas de se détester le plus cordialement du monde. Au reste, il en est encore de même aujourd’hui, toute bouche de savant qui complimente un autre savant est un vase de fiel emmiellé.


– […] Votre tête est bien grise ! On ne sort de la caverne qu’avec des cheveux blancs, mais on n’y entre qu’avec des cheveux noirs. La science sait bien toute seule creuser, flétrir et dessécher les faces humaines.


– Hélas ! Hélas ! les petites choses viennent à bout des grandes ; une dent triomphe d’une masse. Le rat du Nil tue le crocodile, l’espadon tue la baleine, le livre tuera l’édifice !


Sous ce rapport, la vague formule de l’archidiacre avait un second sens ; elle signifiait qu’un art allait détrôner un autre art. Elle voulait dire : L’imprimerie tuera l’architecture.


On retrouvera sur les trois soeurs aînées, l’architecture hindoue, l’architecture égyptienne, l’architecture romane, le même symbole : c’est-à-dire la théocratie, la caste, l’unité, le dogme, le mythe, Dieu ; et pour les soeurs cadettes, l’architecture phénicienne, l’architecture grecque, l’architecture gothique, quelle que soit du reste la diversité de forme inhérente à leur nature, la même signification aussi : c’est-à-dire la liberté, le peuple, l’homme.


De gauloise, d’européenne, d’indigène, elle devient grecque et romaine, de vraie et de moderne, pseudo-antique. C’est cette décadence qu’on appelle renaissance.


Cependant, du moment où l’architecture n’est plus qu’un art comme un autre, dès qu’elle n’est plus l’art total, l’art souverain, l’art tyran, elle n’a plus la force de retenir les autres arts. Ils s’émancipent donc, brisent le joug de l’architecte, et s’en vont chacun de leur côté. Chacun d’eux gagne à ce divorce. L’isolement grandit tout. La sculpture devient statuaire, l’imagerie devient peinture, le canon devient musique.


Ainsi, pour résumer ce que nous avons dit jusqu’ici d’une façon nécessairement incomplète et tronquée, le genre humain a deux livres, deux registres, deux testaments, la maçonnerie et l’imprimerie, la bible de pierre et la bible de papier. Sans doute, quand on contemple ces deux bibles si largement ouvertes dans les siècles, il est permis de regretter la majesté visible de l’écriture de granit, ces gigantesques alphabets formulés en colonnades, en pylônes, en obélisques, ces espèces de montagnes humaines qui couvrent le monde et le passé depuis la pyramide jusqu’au clocher, de Chéops à Strasbourg. Il faut relire le passé sur ces pages de marbre. Il faut admirer et refeuilleter sans cesse le livre écrit par l’architecture ; mais il ne faut pas nier la grandeur de l’édifice qu’élève à son tour l’imprimerie.


Où les femmes sont honorées, les divinités sont réjouies ; où elles sont méprisées, il est inutile de prier Dieu. La bouche d’une femme est constamment pure ; c’est une eau courante, c’est un rayon de soleil. Le nom d’une femme doit être agréable, doux, imaginaire ; finir par des voyelles longues, et ressembler à des mots de bénédictions.


– Ah çà, cria l’écolier en regardant tour à tour son frère et les alambics du fourneau, tout est donc cornu ici, les idées et les bouteilles !
– Jehan, vous êtes sur une pente bien glissante. Savez-vous où vous allez ?
– Au cabaret, dit Jehan.
– Le cabaret mène au pilori.
– C’est une lanterne comme une autre, et c’est peut-être avec celle-là que Diogène eût trouvé son homme.
– Le pilori mène à la potence.
– La potence est une balance qui a un homme à un bout et toute la terre à l’autre. Il est beau d’être l’homme.
– La potence mène à l’enfer.
– C’est un gros feu.
– Jehan, Jehan, la fin sera mauvaise.
– Le commencement aura été bon.


– S’il plaît à messieurs, nous procéderons à l’interrogatoire de la chèvre.


Pierrat tourna la poignée du cric, le brodequin se resserra, et la malheureuse poussa un de ces horribles cris qui n’ont d’orthographe dans aucune langue humaine.


– Oh ! misérable ! qui êtes-vous ? que vous ai-je fait ? vous me haïssez donc bien ? Hélas ! qu’avez-vous contre moi ?
– Je t’aime ! cria le prêtre.
Ses larmes s’arrêtèrent subitement. Elle le regarda avec un regard d’idiot. Lui était tombé à genoux et la couvait d’un oeil de flamme.
– Entends-tu ? je t’aime ! cria-t-il encore.
– Quel amour ! dit la malheureuse en frémissant.
Il reprit :
– L’amour d’un damné.


– Oh ! dit le prêtre, jeune fille, aie pitié de moi ! Tu te crois malheureuse, hélas ! hélas ! tu ne sais pas ce que c’est que le malheur. Oh ! aimer une femme ! être prêtre ! être haï ! l’aimer de toutes les fureurs de son âme, sentir qu’on donnerait pour le moindre de ses sourires sont sang, ses entrailles, sa renommée, son salut, l’immortalité et l’éternité, cette vie et l’autre ; regretter de ne pas êtres roi, génie, empereur, archange, dieu, pour lui mettre un plus grand esclave sous les pieds ; l’étreindre nuit et jour de ses rêves et de ses pensées ; et la voir amoureuse d’une livrée de soldat !

Putain, que c’est beau.


– […] Grâce ! si tu viens de l’enfer, j’y vais avec toi. J’ai tout fait pour cela. L’enfer où tu seras, c’est mon paradis, ta vue est plus charmante que celle de Dieu !


La malheureuse s’était jetée sur ce soulier, sa consolation et son désespoir depuis tant d’années, et ses entrailles se déchiraient en sanglots comme le premier jours. Car pour une mère qui a perdu son enfant, c’est toujours le premier jour. Cette douleur-là ne vieillit pas. Les habits de deuil ont beau s’user et blanchir : le coeur reste noir.

Il aura malheureusement l’occasion de vivre cette expérience en 1843, lors de la mort de fille Léopoldine.


C’est que l’amour est comme un arbre, il pousse de lui-même, jette profondément ses racines dans tout notre être, et continue souvent de verdoyer sur un coeur en ruines.

Ma note : 18.75/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.75/1.5

Coup de coeur·Drame·Roman/Polar Noir·Thriller

Transe – M.I.A.

cover-748.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – M.I.A.
  • Éditeur – Hélène Jacob
  • Parution – 2017
  • Pages – 490
  • ISBN – 978-2370115720

4ème de couverture :

Vous vous réveillez, le corps couvert de sang et l’esprit confus, dans un bâtiment abandonné, aux fenêtres condamnées et aux issues verrouillées.
Pourquoi vous trouvez-vous ici, quel est cet endroit et comment vous en échapper ?
Un ennemi invisible, qui semble rôder à proximité, vous laisse des messages et des indices mystérieux, en rapport avec votre passé. Pour survivre et comprendre les raisons de votre enlèvement, vous devez franchir les nombreuses zones qui vous séparent de la sortie, tout en élucidant les énigmes placées sur votre chemin.
À la frontière du roman et du jeu de rôle, « Transe » est un thriller où vos décisions influencent le déroulement de l’histoire et sa conclusion.
Parviendrez-vous à atteindre la dernière porte ?

Mon avis :

Vous connaissez mon amour pour les thrillers psychologiques. Vous savez que j’aime me mettre dans la peau des personnages qui rythment les romans. Alors imaginez ma joie quand on m’a proposé à la lecture ce roman dont vous êtes le héros… version adulte, en thriller psychologique. C’est un coup de coeur, et pas des moindres !

J’avoue, j’avais quelques réticences au départ. La seule expérience que j’ai jamais eu avec les livres de ce style était les livres dont on était le héros, mais que je lisais pour l’école en primaire, où pour avancer de chapitre en chapitre, il fallait résoudre des problèmes de maths ou de français… Autant dire que je ne savais pas trop à quelle sauce j’allais être mangée, aussi bien par le concept que par l’auteur.

Dès le départ, on est plongé dans une ambiance quelque peu angoissante : réveil au milieu d’un lieu qui nous est inconnu, délabré, sans se rappeler de rien, les vêtements ensanglantés d’une hémoglobine qui ne nous appartient pas. Joyeux n’est-ce pas ?
Au fil de nos décision, nous découvrons quel est ce lieu, les histoires qui y sont liées, et en quelque sorte aussi, la notre – enfin de Lindsay, notre projection dans le roman -.

Je ne saurais dire ce que j’ai ressenti pendant ma lecture, à part de l’étonnement, et une surprise très agréable. Le départ a été un peu laborieux pour moi qui n’ai pas l’habitude de ce type de roman à choix, mais très vite, j’ai été prise dans une spirale qui m’a littéralement empêchée de détourner mon attention du livre. J’avoue, en commençant ma lecture, je comptais m’arrêter dès ma première mort – me connaissant, je savais que ça risquait d’arriver -. Mais à ma première mort, je n’ai pas pu m’empêcher de rebrousser chemin, et de m’escagasser pendant près d’une heure à trouver la meilleure fin – après deux ou trois morts, certes, mais j’ai quand même réussi ! -.

Et là où le roman m’a surprise, c’est par sa cohérence et sa fluidité. J’avais peur que les raccords entre les chapitres ne soient pas tous parfaitement fluides – oui, selon le choix que l’on fait, cela impliquait une certaine suite, et j’avais peur d’avoir des faux raccords -, et ce ne fut absolument pas le cas : tout coulait de source. J’avais peur d’avoir un style bâclé, ou du moins peu travaillé, et ce ne fut absolument pas le cas, bien au contraire ! Riche, fluide, agréable à lire et très prenant, il nous plonge merveilleusement bien dans l’intrigue et l’ambiance pesante et horrifique de ce monde.

En bref, un roman excellent, qui est une très bonne mise en jambe dans l’univers des livres dont on est le héros, qui saura ravir à la fois les amateurs comme les habitués du genre !

Citations :

La police ne sert à rien. Tout est fait pour que la victime ait l’air coupable. Quand je serai morte, ils diront que c’est dommage, mais qu’ils ne pouvaient rien faire avant. Parce qu’il se débrouille pour ne jamais laisser de marques. Parce qu’il n’y a pas de preuve. Juste ma parole. Et ça ne suffit pas.

Malheureux, mais vrai…

Ma note : 18.25/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Romance·SF

Question de temps – E.R. Link

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  • Auteur – E.R. Link
  • Editeur – Autoédition
  • Parution – 2016
  • Pages – 516
  • ISBN – 978-1-535353-74-8

4ème de couverture :

Dans l’archipel du Touraco, écrin de verdure au goût de paradis, Calixte Zygène de la Spirée rêve d’aventures tout en vivant de larcins. En cherchant à cacher son dernier trésor, volé au gouverneur en personne, il découvre un étrange boîtier qui le conduira jusqu’aux pirates de la baie et bien plus loin que ce qu’il n’aurait jamais pu imaginer. D’un vaisseau fantôme en passant par l’énigmatique sorcière des marais, il réveillera les mythes séculaires qui hantent les eaux de la Mer des Palmariales…

Mon avis :

Comment fait-elle ? Comment peut bien faire E.R. Link pour réussir à autant m’envoûter par ses textes, et me décrocher un coup de coeur à chacun de ses romans ? Comment !?

Vous l’aurez compris, une fois de plus, E.R. Link nous a offert une perle rare avec Question de temps, un long roman des plus aventuriers et comiques.

Tout au long du roman, nous allons suivre Calixte, jeune homme à l’humour et à la réparti fort développé, qui tente de s’en sortir dans une vie faite de magouille et de séduction. Vous vous doutez bien que cela fini forcément par louper à un moment donné et là, il nous entraîne dans un monde peuplé de pirate pas si féroce que ça, de quête au trésor… En bref, de flibusterie. Mais un peu air steampunk n’est jamais très loin…

C’est tout simplement addictif et excellent. En voyant le nombre de pages, je me suis d’abord dit que j’allais mettre plus de temps que prévu pour le lire. Un jour de plus par rapport à l’estimation. Comme dans tous ces romans, E.R. Link arrive à nous dépeindre un monde tout simplement merveilleux sans nous assommer de non de lieux, de roi, d’histoire… On rentre alors dans son imaginaire comme on rentre dans une piscine (du moins pour la majorité) : petit à petit et sans précipitation. Cela laisse au lecteur un tant fou pour s’adapter à ce nouvel univers et l’apprécier dans toutes ses subtilités.

Mais la plus grande prouesse reste pour moi le travail des personnages. Il n’y aucune fausse note, et c’est de plus en plus rare de nos jours. Tous les personnages sont hauts en couleur sans tourner dans le ridicule ou encore dans le pathos, et sont d’une vraisemblance à couper le souffle. Tous – ou presque – sont très attachants, ce qui rend la lecture, alliée avec un style aussi fluide que magnifique et ensorcelant, tout simplement et purement addictive. Un véritable page turner. Même les personnages détestables, ou qu’on pense qu’on n’aimera pas, on arrive à la fin du roman et étant triste de les quitter. Même cet idiot de Gros-Sac j’ai réussi à l’aimer pour dire !

Ce que j’ai énormément apprécié tout au long de l’ouvrage, c’est l’humour – anglais -. Cela faisait bien longtemps que je n’avais autant ris et souris grâce à un roman ! Entre humour absurde, comique de répétition, répartie cinglante et complètement décalée, et comique de situation, portés par des personnages extraordinaire, le mélange ne peut que bien fonctionner.

Encore et toujours, ce que j’ai adoré, c’est la triple romance. Aaaah… Enfin une romance qui n’est pas écrite à l’avance, où il y a un véritable suspens, de véritables interrogations… Et surtout où ce n’est pas platonique. Attention, il n’y a aucune scène érotique – à mon goût -, mais on est plongé dans une ambiance très sensuelle très agréable et grisante. Une véritable ode à l’amour sous toutes ses formes.

Je pourrais continuer sur des pages et des pages tellement j’ai aimé ce roman, tellement il m’a transporté, et faite vibrer… Des trois romans sur quatre de E.R. Link que j’ai lu, celui-ci et certainement mon petit chouchou, de même que l’auteure, qui se place dans mon top 3 de mes auteurs favoris, aux côtés de Pierre Bottero et de Karine Giebel.

En bref, un roman qui vaut tout l’or du monde, et qui mérite un sincère merci et bravo.

Citations :

– Pourquoi un sablier ?

– Parce que nous ne maîtrisons jamais le temps, capitaine. Il s’écoule de façon linéaire. Il est compté pour ceux que nous abordons. Il est compté pour nous. Nous nous inscrivons inexorablement dans notre époque. Nous ne possédons que notre expérience passée et restons tournés vers un avenir incertain.

– Il nous échappe. Est-ce pour cela que vous lui avez donné des ailes ?

– C’est exact. Nous pouvons rester maîtres de nos choix, maîtres de nos vies. Le temps finit par avoir toujours raison de nous. On peut l’apprivoiser, jamais le dominer.


Elle balbutia, cherchant ses mots dans toutes les parties de son corps qu’elle maîtrisait encore. Hélas, les mains, les chevilles ou viscères n’étaient pas bonnes conseillères en terme de vocabulaire dans ce genre de situation.


Il la secouait comme un bananier.


L’amour vous rend aussi stupide qu’aveugle.


À force de viser le soleil, on finit par passer à côté de la lune. Il est vain de courir après des chimères. Il faut se satisfaire de ce que l’on possède et saisir sa chance lorsqu’elle passe à votre portée.

Ma note : 20/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1.5/1.5
(et si j’avais eu un bonus à ajouter, je l’aurais fait !)

Contemporain·Poésie

L’année poétique – Frédéric Marcou

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  • Auteur – Frédéric Marcou
  • Editeur – Atramenta
  • Parution – 2012
  • Pages – 110
  • ASIN – B00A3FRIWU

4ème de couverture :

Une année au fil de la poésie, pour se laisser bercer et transporter par de simple mots.

Mon avis :

Comme vous le savez, je tente de diversifier au maximum mes lectures, et d’aller toucher des genres que je n’osais explorer auparavant, notamment la poésie. Et quoi de mieux pour commencer qu’un petit recueil aussi mignon, que bien écrit ?

Le style de Frédéric Marcou est assez spécial. Certain pourrait le qualifier de banal, pour ne pas dire sans intérêt… Mais ce ne fut pas mon cas. Même si on est loin des hautes sphères de Hugo ou de Rimbaud, le poète a ici son propre univers, son propre style… Et le plus important à mes yeux en poésie, un regard différent sur le monde et sa propre vie.

Le recueil ici n’est rythmé que par une seule chose : le coeur de son auteur. Pas de grande envolée sur un thème engagé, pas de figure de style ou de chose complexe à outrance… Seulement des mots, jetés là sur le papier, par un homme qui voit les choses d’un oeil de poète.

Et c’est en cela que j’ai trouvé le recueil intéressant. Beaucoup pense que la poésie n’est accessible qu’à une élite bien précise, ayant un vocabulaire riche et une aisance déconcertante avec les mots. Alors que c’est faux, et l’auteur nous le prouve bien : tout le peux écrire de la poésie, si tant est qu’il ait un regard poétique et une fibre poétique du monde.

D’un point de vue purement personnel, j’ai adoré lire ces poèmes du quotidien, ces vers sur la vie de tous les jours… J’aurais cependant aussi aimé avoir quelques poèmes un peu moins personnel et intrusif sur la vie de l’auteur, et en avoir un peu plus traitant de sujet extérieur, ou du moins qui n’ont pas tous un rapport direct avec la vie de l’auteur. J’ai eu parfois un peu trop l’impression que l’auteur écrivait uniquement pour lui, et non pas en vue de faire lire ces textes.

Niveau poèmes eux-même, j’ai eu une préférence pour :

  • J’aurais aimé
  • J’aurais appris
  • J’étais vieux
  • Petit poème

En bref, un recueil de poésie bien monté, qui aurait cependant mérité plus de poème moins intrusifs.

Citations :

Je sais aussi
Que, pour persévérer
Il faut avoir envie de continuer

Ma note : 16/20

Historique

Le prix de la liberté – Ludvik Jean-Denis

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Caractéristiques : 

  • Auteur – Ludvik Jean-Denis
  • Editeur – Autoédition
  • Parution – 2016
  • Pages – 124
  • ISBN – 978-2-322132-11-9

4ème de couverture :

Pointeville, 1780.

Cornelia, une jeune esclave, vit paisiblement dans l’Habitation Saint-Pierre avec ses parents. Après une tentative de vol et de fuite vaine, ces derniers connaissent une fin tragique.

L’arrivée de Joseph, un nouvel esclave, bouleverse la vie de Cornelia, qui se laisse séduire par les discours très engagés de ce celui-ci à propos de la liberté, jusqu’au jour où un conflit sans précédent éclate…

L’instabilité politique de l’île offre de nombreuses possibilités de liberté à Cornelia qui préfère commettre l’irréparable.

La jeune esclave entame un long chemin vers une contrée inconnue où sentiments et émotions sont mis à rude épreuve.

Parviendra-t-elle à conquérir ce trésor inestimable qu’est la liberté ? La fortune sera-t-elle de son côté ?

Mon avis :

Après moult épopée et désagrément, et j’ai enfin eu l’occasion de lire ce roman auto-édité… Qui m’a laissé plus que sceptique, pour ne pas dire que je n’ai pas aimé du tout.

Je tiens cependant à mettre les choses au clair : ce que je n’ai pas apprécié découle de manière assez générale un seul et unique point, qui est un détail de mise en forme plus que de fond.

Ludvik Jean-Denis nous plonge dans une période de l’histoire aussi violente que trouble et complexe : la Guadeloupe esclavagiste de la fin du XIXème siècle. Je n’ai que très rarement, voir même jamais, lu de roman qui se positionnait dans cette période historique et à cet endroit précis du globe.
Et s’il y a bien une chose que je redoute quand je lis un roman qui se base sur des faits historiques, ce sont les faits d’histoires totalement fantasmagorique et bien loin de la réalité. Difficulté très vite et très bien écarté par l’auteur ! On sent dans chaque page le détail fait quant la véracité historique. Date précise, évènement… L’auteur n’a pas eu peur de se plonger dans les documents et les ressources afin de faire de son roman un gage de certitude – aussi exacte soit-elle -.
Le sujet de l’esclavage est assez bien mené et dirigé, où on sent de même les recherches qui ont été faites, et c’est un excellent point.

Alors pourquoi je n’ai pas aimé ? Seulement un point qui, malheureusement, a emmené tel un ras de marée toutes les choses qui auraient pu faire de ce roman une pépite : le style.

Très aride et beaucoup trop scolaire, j’ai plus eu l’impression de lire, parfois, un devoir d’invention sur le thème de l’esclavage que réellement un roman. Autant dire que ce n’était pas des plus agréable : une prose très hachée et bien loin d’être fluide, un vocabulaire assez restreint, des répétitions à l’emporte-pièce, une absence quasi-totale de figure de style… Et surtout, le plus dommageable à mon sens, un manque total de transmission d’émotion et de sentiment.
Obligatoirement découle de ce point les points suivants : je n’ai pas pu m’attacher aux personnages – aussi intéressant puissent-ils être – tant ils étaient caricaturaux et sans profondeurs. Je n’ai pas pu ressentir de l’empathie et vraiment être à 100% dans l’ambiance insoutenable qui a voulue être faite, par manque de description sensibles et imagée. J’ai rarement été aussi stoïque face à un texte.

D’autant plus, mais c’est une donnée purement technique, je trouve qu’environ 100 pages pour raconter une dizaine d’année d’histoire, c’est bien trop court.

En bref, un roman qui avait un potentiel qui n’a absolument pas été exploité, et c’est bien dommage.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 6.75/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 0.25/4
• Potentiel d’addiction – 0.25/3
• Personnage – 0.5/2
• Emotions – 0.25/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 0.75/1.5
• Humour – 0.25/1.5

6-9 ans·Album Jeunesse·Contemporain·Coup de coeur·Philosophie/Réflexion

La cour couleur – Jean-Marie Henry (Anthologie)

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Caractéristiques : 

  • Auteur – Jean-Marie Henry (Anthologie) 
  • Illustrateur – Zaü
  • Editeur – Rue du Monde
  • Parution – 1998
  • Pages – 60
  • ISBN – 978-2912084033

4ème de couverture :

Cet album est une cour de récréation peuplée d’enfants venus des quatre coins du monde. Quarante poètes y
disent l’amitié, le rejet de la haine, le respect des différences, et l’ouverture aux autres.

Mon avis :

Article un peu spécial pour un livre spécial. À la fois destiné aux adultes et aux enfants, cet album jeunesse est une anthologie de poème contre le racisme.

Alors pourquoi destiné aux enfants ? Tout simplement parce qu’il est magnifiquement bien illustré, et que les poèmes et extraits de poèmes choisis sont assez faciles et accessible pour nos têtes blondes. Pourquoi pour les adultes aussi ? Cela reste de la poésie, sujette à plusieurs interprétations et réflexions plus poussées. D’autant que certains textes sont bien plus complexes que les autres.

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Pourquoi je voulais en parler, ça, c’est plutôt la vraie question. Quand on pense album jeunesse ou livre pour enfant, on pense tout de suite à des histoires avec une intrigue, des personnages… Et on délaisse totalement tout un pan de la littérature jeunesse – et de la littérature tout court – qu’est la poésie. Par ce petit ouvrage, Rue du Monde permet aux plus jeunes de toucher du doigt la poésie, et la puissance des messages que peuvent porter un texte.

D’autant plus qu’il s’agit ici qu’une anthologie contre le racisme, qui pourra en plus, faire objet de discussion avec les parents, ou avec une classe.

En bref, une anthologie très bien faite, superbement illustrée, avec des textes puissants et accessibles, qui touchera petits et grands.

Citations :

Pleurez mes yeux pleurez et maudit soit le monde
L’enfant blanc et l’enfant noir ne feront plus la ronde.
L’enfant noir et l’enfant blanc
Ont tous les deux le sang
Rouge.
Pierre Osenat


Qui a vu le crapaud traverser la rue ?
C’est un tout petit homme : une poupée n’est pas plus minuscule.
Il se traîne sur les genoux, il a honte on dirait.
[…]
Personne n’a remarqué ce crapaud dans la rue.
Jadis, personne ne me remarquait dans la rue.
Maintenant, les enfants se moquent de mon étoile jaune.
Heureux crapaud… Tu n’as pas d’étoile jaune.
Max Jacob


Je t’ai vue, la dernière fois, dans le wagon encore ouvert,
Parmi le troupeau effaré, les visages des enfants juifs,
[…]
Au loin les monts bleuis vers nous semblaient geler
Et près d’eux, sur le ciel, crachaient les crématoires.
Isaïe Spiegel


Il vous appartient de vivre
Comme on assemble les roses
[…]
Mais il n’y a pas de roses
Dans un jardin sans amour.
Jean Rousselot


TOI
Qui que tu sois !
Je te suis bien plus proche qu’étranger.
Andrée Chedid


– Il y a cinq continents.
– Je ne suis pas doué.
– Pour quoi ?
– Pour les divisions.
Eugène Guillevic


J’ai regardé au loin
J’ai vu quelque chose qui bougeait
Je me suis approché
J’ai vu un animal
Je me suis encore approché
J’ai vu un homme
Je me suis encore rapproché
Et j’ai vu que c’était mon frère.
Proverbe tibétain

Ma note : 17/20

  • Scénario – 2/4
  • Dessin – 3.5/4
  • Accessibilité – 1/3
  • Originalité/Créativité – 2.5/3
  • Multilecture – 3/3
  • Apprentissage – 3/3
  • Bonus « Humanité » : +2pt