Coup de coeur·Historique·SF

Rouge Vertical (Les Temps Assassins 1/3) – Pierre Léauté

Capture d_écran 2016-08-15 à 23.42.01Caractéristiques : 

  • Auteur – Pierre Léauté
  • Editeur – Le peuple de Mü
  • Parution – 2016
  • Pages – 391
  • ISBN – 979-1092961577

4ème de couverture : 

La mort vous libère de tout.
Sauf de vos démons intérieurs.
Après une vie de trahisons, d’aventures et de défis, les flammes de l’enfer lui sont interdites.
Condamnée à errer sur Terre, Charlotte Backson va réapprendre son humanité et laisser derrière elle sa dernière incarnation, Milady de Winter.

Mon avis :

Un roman que je n’ai mis que bien trop de temps à lire. Une bonne briquette, mais… Wahou. C’est véritable coup de coeur !

Je pense très sincèrement que si on me demandait un résumé rapide de ce roman, je serai incapable d’en faire un, tant il est complexe et complet. Tout au long du roman, on suit Charlotte, une jeune femme vivant au XIVème siècle, qui découvre une chose étonnante et complètement surnaturelle : la mort n’a pas d’emprise sur elle. S’en suit une véritable épopée traversant les temps et les âges.

C’est une véritable roman de capes et d’épées, rythmées par des espaces temporels différents, tintés d’uchronie que nous livre Pierre Léauté. Que ce soit à travers le prisme de la vengeance, de l’apprentissage ou de la peur, nous suivons notre héroïne à travers ses aventures plus ou moins rocambolesque, mais toujours très touchantes, voire même dérangeante.

Ce qui est remarquable, c’est qu’on ne peut pas vraiment décrire Charlotte comme une héroïne, mais plutôt comme un anti-héros. Et c’est ce qui en fait, à mon sens, un personnage excellent et brillant d’humanité. Elle est complète, bonne et mauvaise à la fois, complexe, impitoyable comme douce… Un personnage que l’on adore suivre et dont on aime l’évolution progressive, bien que parfois, certaines claques auraient été bien mérité.

Tout au long de la lecture, j’ai du laisser de côté mes raisonnements logiques, et uniquement me fier à mon instinct et mes ressentis : une magnifique manière de nous plonger dans l’état d’esprit de Charlotte, en fuite pour sa vie.

En plus des personnages extrêmement travaillés et humains, ce roman est une véritable perle par son monde et sa mythologie. Je connais peu d’auteur qui arrive à livrer un monde aussi abouti et captivant, et Pierre Léauté fait parti de ces auteurs, auprès de Pierre Bottero et Victor Boissel. Quelle gifle ! Tout comme Charlotte, nous découvrons ce nouveau monde mystérieux et dangereux, où voyages dans temps se frottent au continuum espace-temps et aux fractales temporelles. Quelque chose me dit que le second tome va être explosif et encore plus fourni d’explication que ce premier tome !

Et bien sûr, tout cela porté par le style de Pierre Léauté qui m’a tout simplement bluffé. J’avais lu il y a quelques temps de cela son dyptique Guerre aux Grands !, où le style était bien plus simple, plus décontracté. Les Guillaume Musso et Marc Levy qui font les tops des ventes n’ont qu’à bien se tenir, la concurrence arrive, et elle va être extrêmement rude. Ici, l’auteur nous offre une prose des plus riches et complexe, sans qu’elle n’en soit lourde et imbuvable bien au contraire : tout est fluide, imagé, et puissant.

Le seul reproche que je pourrais faire à ce roman est la présence de quelques longueurs, mais qui servent de pause, donc, plutôt nécessaires.

En bref, un véritable coup de coeur pour un roman exceptionnel !

Citations :

– C’est seulement lorsque tout vous est arraché, quand rien de bon et de beau ne subsiste que l’on devient libre de faire tout ce que l’on veut, Charlotte.


– La prudence est mère de lâcheté, répliqua Abby Fierce […].


Il n’y a de destin que ce que vous en faites.

Ma note : 19.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Historique·SF

L’enfant maudit (Le Lion de Macédoine 1/4) – David Gemmel

couv19747100Caractéristiques : 

  • Auteur – David Gemmel
  • Editeur – Folio (Collection SF)
  • Parution – 2002
  • Pages – 403
  • ISBN – 978-2070421220

4ème de couverture : 

Il s’appelle Parménion, moitié spartiate, moitié macédonien et, dans le tissu de tous les avenirs possibles, la vieille Tamis a pressenti le rôle qu’il doit jouer contre l’Esprit du Chaos et l’avènement du Dieu Noir. Il sera le Lion de Macédoine et la Mort des Nations. Avant de devenir un strategos d’exception, il lui faudra cependant s’extraire de la haine et de l’humiliation que les jeunes Spartiates lui imposent, car il est un sang-mêlé. Mais quand Sparte et ses lois odieuses précipitent dans la mort Dérae, la seule femme qu’il ait jamais aimée, pour Parménion ne reste qu’un horizon celui de la vengeance… Sparte doit tomber !

Mon avis :

Un de mes livres favoris ! Que se passe-t-il quand on allie antiquité grecque, et prophétie ? Et bien cela donne la saga Le Lion de Macédoine ! Un véritable coup de coeur, à la fois pour la saga, mais aussi pour ce premier tome.

David Gemmel nous transporte dans un univers bien spécial : la Grèce Antique, à Sparte, quelques années avant le début de la guerre du Péloponnèse (qui, rappelons le, a opposé Sparte à Athènes, et s’est soldée par la victoire de Sparte). Nous suivons tout au long du roman Parménion, jeune métis mi-macédonien, mi-spartiate, de son adolescence jusqu’à l’âge d’environ trente ans, à travers ses aventures et déboires.

Amour, guerre, trahison, complot, libération… La vie du jeune Parménion est loin d’être simple et calme, bien au contraire. Maltraité par les autres Spartiates à cause de son métissage, son adolescence est parsemée de malheur et de douleur, qui lui forge un caractère d’acier. S’il a bien une passion – si je puis parler ainsi -, c’est la stratégie guerrière. Et c’est grâce à cela, qu’il arrivera à s’élever progressivement, et à devenir que ce l’histoire avec un grand H nous a livrer : Parménion, un des principaux généraux du roi Philippe II de Macédoine, et de son fils, Alexandre le Grand.

Véritable immersion dans le monde la Grèce Antique, ce livre est un bijoux : plutôt bien documenté pour ce qui est de la partie historique, la partie bien plus littéraire est un véritable régal pour tous : alliant à la fois histoire, aventure, amour interdit et fantastique, L’enfant maudit est une parfaite mise en bouche dans ce monde si particulier et quelque peu angoissant que nous dépeint David Gemmel, maître du fantastique/fantasy.
Il arrive à doser avec une subtilité aussi rare que précise le fantastique et l’imaginaire, nous donnant l’impression de lire un roman purement historique, mêlé à une part de rêve, ou de cauchemar, tout dépend du point de vue.

C’est sans compté sur toute la culture hellénique, stratégie et militaire : description de bataille, de choses du quotidien… Une véritable mine d’or.

En bref, un roman historique ambitieux et prenant, un coup de coeur pour moi !

Citations :

– […] Si tu souhaites cacher tes sentiments, il te faut commencer par te tromper toi-même. Lorsque tu regardes un ennemi haï, oblige-toi à croire qu’il s’agit de ton ami. De cette manière, tes traits s’adouciront et le sourire te viendra tout naturellement. N’essaye pas de masquer tes expression, car cela ne fait que clamer au monde entier que tu as quelque chose à cacher. Et quand tu le peux, enrobe les mensonges dans la vérité, car il s’agit là du meilleur déguisement qui soit.


– […] Des hommes bons meurent parfois sans que l’on s’en aperçoive et sans que l’on verse une larme pour eux, tandis que des tyrans sont accompagnés par des centaines de pleureuses jusqu’à leur dernière demeure. J’aime à penser que les dieux sont dotés d’un peu plus de discernement que les hommes.


– Que veux-tu que j’apprenne ? À ne pas tomber amoureux ?
– Non, car c’est impossible. Mais tu dois comprendre que l’amour est dangereux : il nous embrume l’esprit et nous cache la réalité. Pense à Hélène et Pâris. Troie est tombée par leur faute. Crois-tu vraiment que c’est ce qu’ils désiraient ? Non. Ils s’aimaient, c’est tout. Tu es l’un des hommes les plus intelligents et les plus intuitifs que je connaisse, et pourtant tu t’es comporté en sombre crétin. Si c’est là ce que l’amour apporte, je suis heureux de ne pas l’avoir connu.


Les amis ne se doivent jamais rien, et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils sont amis.


– Vous êtes vraiment cynique.
Le Thébain opina du chef.
– En effet. Mais c’est la leçon que la vie enseigne à ceux qui la traversent les yeux ouverts, non ? Tout s’achète, que ce soit à l’aide d’argent, de gloire ou de pouvoir.


– […] J’ai tenu bon, prêt à vendre chèrement ma peau. Mais je ne suis pas mort, et sais-tu pourquoi ? Parce que les dieux n’existent pas, et que toute prophétie peut être déformée pour délivrer le message que l’on souhaite entendre.


– Mieux vaut être pauvre et vivant que riche et mort, philosopha Mothac.
– Mais il vaut encore mieux être riche et vivant, lui fit remarquer Parménion.


– Mon ami, la force et la faiblesse sont bien souvent aussi proches que deux époux. Nous sommes forts car nous sommes fiers, mais nous sommes faibles car notre orgueil ne nous a jamais permis de grandir.

Ma note : 18.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.5/1.5

 

Drame·Fantasy/Fantastique·Thriller

Sur le seuil – Loïc Dossèbre

cover-236Caractéristiques :

  • Auteur – Loïc Dossèbre
  • Editeur – Auto-édité
  • Parution – 2017
  • Pages – 30 
  • ISBN – Non renseigné

4ème de couverture : 

Un visiteur étrange, chaque semaine – à la même heure –, frappe à la porte d’un vieil homme reclus dans son appartement. Celui-ci n’a pas le temps d’ouvrir que la chose, déjà, se volatilise. Il s’inquiète et au fil des jours sombre peu à peu dans la paranoïa…

Mon avis :

Si je vous dis : nouvelle, horreur, mystère… À quoi pensez-vous ? Si vous pensez au Horla de Maupassant, vous n’êtes pas loin ! Je parle ici de Sur le seuil, une nouvelle d’une trentaine de pages qui n’est pas passé loin du coup de coeur pour moi !

Un univers tout ce qu’il y a de plus banal, avec un personnage des plus insipide par sa neutralité… Mais tout bascule le jour où quelqu’un sonne à sa porte chaque semaine, exactement à la même heure…

Nous suivons donc ce personnage d’homme âgé, probablement retraité, vivant dans un immeuble peut fréquentable, qui va finir par sombrer dans la folie. Ce qui est extrêmement intéressant et poignant, ce n’est pas tellement ce qu’il lui arrive – bien que ce soit dramatique – mais plutôt comment est-ce qu’il réagit.
En effet, on voit ce bon vieux papy sombrer dans les méandres de son cerveau et de sa paranoïa, jusqu’à une certaine fatalité plus que tragique.

Mais ce que j’ai énormément apprécié dans cette nouvelle, c’est avant tout les ressemblances présentes avec Le Horla de Maupassant. Un style d’écriture qui peut s’en rapprocher par moment, un sujet commun, avec une évolution commune… Nous ne voyons pas simplement notre personnage principal tomber, nous tombons avec lui, la boule au ventre : avec cette nouvelle, on ne lit pas avec les yeux, mais avec les tripes.

En bref, une nouvelle excellente d’un auteur à surveiller de près.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 16.5/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.25/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Dystopie·SF

Le Désert Rouge – J.E. Briffa

1595148496Caractéristiques :

  • Auteur – J.E. Briffa
  • Editeur – Auto-édité 
  • Parution – 2016
  • Pages – 209
  • ISBN – 978-2919764020

4ème de couverture : 

Au sein des grandes cités mobiles actionnées par la puissance de la vapeur, les hommes arpentent l’immense Désert Rouge.
Après le sabotage d’une cuve d’eau, le Baron Ambrose Walter Cappel, dirigeant la ville de Staerbury, charge son fils adoptif, Jak, de trouver les responsables. Il apparaît rapidement que le Culte de l’eau et Charles Denning, rival éternel d’Ambrose et dirigeant de la cité de Hayllonbury, ne sont pas étrangers à tout ça. Jak aura fort à faire lorsque les pirates de l’air attaqueront la ville à la rechercher de la célèbre boussole de Gerason, celle-là même qui conduit à la mythique Vallée Verte. Sans le savoir, Jak marche sur les traces de son passé…

Mon avis :

Aussi découvert via la plateforme SimPlement, j’avoue ne pas avoir été emballé pas le résumé… Jusqu’à ce qu’il soit mention de pirate, et de style steampunk. Là, je n’ai hésité, voulant découvrir ce style depuis un moment. J’ai bien fait : c’est un presque coup de coeur !

Alors pour ceux qui sont novices en les genre, le steampunk, qu’est-ce que c’est ? Je dirai qu’au niveau de l’ambiance, on est plus sur quelque chose de victorien, ou du moins dans un style historique qui ne date pas forcément d’hier, sans être trop ancien non plus. Et à cela, on y accole des objets mécaniques et finement travaillés. Un peu comme si durant la révolution industrielle, les hommes ne s’étaient pas concentrés sur l’électricité, mais sur le mécanique, la vapeur et le charbon. Ce qui donne une atmosphère très particulière, et assez explosive très agréable et qui rompt absolument tous les codes habituels.

Ce qui m’a énormément plu dans ce roman, c’est tout d’abords l’univers dépeint. En plus d’une uchronie (puisque le steampunk est, de base, un style uchronique), l’auteur nous livre une dystopie à la fois politique et environnementale. Un univers implacable, où l’immobilité vous vaut une mort certaine, avec des pirates et des magouilles politiques par dessus le marché… Que demander de plus ? J.E. Briffa mène sa barque avec brio, sur un rythme parfaitement maîtrisé. Chaque ralentissement arrive au moment opportun, tout comme les actions rapides sont immiscées au récit de manière subtile et judicieuse.

J’ai beaucoup aimé les personnages. Bien qu’ils ne soient pas extrêmement développés, et un peu cliché pour certains – je pense notamment à Walter, le fils à papa qui fait face à certaines réalité ; et à Margaret, la fille un peu gourde possédant une habileté peu commune à l’évanouissement intempestif -, ils sont tous extrêmement attachants. Deux personnages en particulier sont plus travaillés que les autres – Jak et Sirène -, ce qui donne une dimension peut être plus mature et aboutie au roman.

Je parlais tout à l’heure de dystopie environnementale… On est en plein dedans. Nous sommes placés dans un monde où le désert est le paysage admirable, et où le fantasme absolu est de trouvé la vallée verte, oasis pleine d’eau, de verdure et de paix. Cette quête à l’El Dorado est entaché par la vanité et l’ambition peu recommandable de certains hauts dirigeants, aboutissant dans le dernier tiers du roman à une véritable dystopie, avec un véritable message écologique. Message qui est d’autant plus important que notre planète se meurt pour quelques dollars en plus grâce l’or noir, le nucléaire, et l’envie de pouvoir des plus grands.

Et bien entendu, le tout est porté par un style très agréable, fluide et à la fois travaillé, qui arrive à nous transporter dans toutes les aventures possibles et imaginables.

En bref, un roman excellent, auquel je n’ai qu’un seul regret : qu’il n’y ait pas de suite.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 17/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 1.25/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Drame·Thriller

La naissance (Extraction 1/2) – Tony Perraut

cover-98Caractéristiques : 

  • Auteur – Tony Perraut
  • Éditeur – Auto-édité
  • Parution – 2017
  • Pages – 312
  • ISBN – 978-1520687100

4ème de couverture : 

Je suis Ugo, j’ai 25 ans. Un soir, je me suis réveillé. Je n’étais pas chez moi, j’étais chez eux. Une pièce de seulement cinq mètres carrés pour vivre, des envies de mourir. Ils me surveillent. Un soir, je gratte le mur, de longues heures. J’entends des bruits ! Ils sont là. Un trou apparaît. Eux, c’est elle. Scarlett, ma sœur. Rien n’est normal, tout est incontrôlable. La drogue, ils nous droguent. Des rêves hallucinatoires… Célia, mon amour, tu es morte il y a des mois. Je vais découvrir que nous avions une petite. Tu vas réapparaître, disparaître. Nous allons devoir sortir si nous ne voulons pas mourir. Mais avant ça, je vais devoir revivre mon passé. Je t’en supplie, aide-moi.

Mon avis :

Premier roman reçu via la plateforme SimPlement (que je conseille à tous les auteurs, blogueurs et éditeurs soit dit en passant), j’avoue être assez mitigé pour cette lecture. Il faut savoir que Tony Perraut est un auteur auto-édité (vous savez que je suis favorable à ces derniers).

Que dire de ce premier roman, pour le moins extrêmement spécial ! Tout d’abord, il est assez long, compte-tenu du contenu réel, ce qui peut être un frein pour beaucoup. Le speech de base est assez simple, et typique d’un thriller-psychologique comme on les aime : un homme enfermé depuis un moment pour on-ne-sait-quelle-raison, tente de s’échapper, mais son esprit décline…

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’ai été sur des montagnes russes avec ce roman, mais pas forcément de la bonne manière. Je m’explique. Le début est extrêmement prometteur, avec des phrases assez courte, nous donnant une impression d’enfermement et d’essoufflement assez conséquent : tout ce qu’il faut pour créer une ambiance tendu et oppressante. Toute la première partie est assez prenante, on a envie de savoir pourquoi ce pauvre Ugo se retrouve là. Puis il arrive un moment clef où on commence à en savoir plus et là…

On va dire que je n’ai pas vraiment compris ce qu’il s’est passé, mais la lecture est devenue complètement chaotique, sans queue ni tête. Dès que j’arrivais à trouver un fil conducteur, il disparaissait aussitôt au chapitre suivant. Et ce, durant toute la partie centrale de l’oeuvre. J’ai vraiment eu cette impression de perdition, et de non-sens total, et cela m’a quelque peu dérangé. Mais alors on se souvient de l’avant-propos de l’auteur, nous mettant en garde : « Il est possible pendant votre lecture que vous soyez perdus dans le cours de l’histoire. C’est totalement normal. Moi-même quand j’ai écrit cette histoire j’ai été totalement imprégné par mon personnage au point d’en écrire les moindres faits et gestes de son subconscient. » À partir de là, plusieurs réactions sont possibles : soit on s’enferme dans l’incompréhension, et on passe totalement à côté, soit on essaie de rentrer complètement dans le roman et de comprendre pourquoi Ugo est tellement torturé.

Bien heureusement, tout fini par s’éclairer sur la fin, bien qu’il reste encore quelques petites zones d’ombres.

Ce roman est vraiment spécial et puissant, mais mériterait à mon goût quelques autres relectures afin de le rendre encore mieux. Les personnages sont extrêmement intéressants, mais trop peu exploités et explorés. De fait, on a du mal à s’attacher à eux, malgré ce qu’ils vivent. Les dialogues sont parfois un peu trop enfantin, ou surfait, et s’apparenteraient plus à des discours de théâtre que de roman, ce qui détonne un peu avec l’ambiance générale. Mais le plus gros point négatif selon moi reste encore la partie centre, trop floue et dingue, mais surtout beaucoup trop longue. Quelques passages auraient pu être très facilement supprimés, allégeant alors un peu le tout, et surtout, le rendant très certainement un peu plus compréhensible pour les lecteurs les moins concentrés et assidus.

Mais pour un premier roman, je tire mon chapeau, c’est du bon boulot. Un auteur à surveiller.

En bref, un roman qui reste bon dans le fond, bien qu’il ne sorte pas vraiment de l’ordinaire, tout en manquant un peu de rigueur et de clareté.

Citations :

Il n’y a qu’en rêvant que l’on décroche les étoiles…


Tu n’as pas peur de l’avenir… Juste de faire des erreurs…

Ma note : 13/20

• Scénario – 2.75/4
• Ecriture/Style – 2.5/4
• Potentiel d’addiction – 1.5/3
• Personnage – 1/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Contemporain·Drame·Philosophie/Réflexion

Treize raisons – Jay Asher

couv11972806Caractéristiques :

  • Auteur – Jay Asher
  • Éditeur – Albin Michel
  • Parution – 2010
  • Pages – 284
  • ISBN – 978-2226195531

4ème de couverture :

Clay Jensen reçoit sept cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui ont, de près ou de loin, influé sur son geste. Et Clay en fait partie. D’abord effrayé, Clay écoute la jeune fille en se promenant au son de sa voix dans la ville endormie. Puis il découvre une Hannah inattendue qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer…

Mon avis :

Même si ce livre est sorti il y a un petit moment maintenant, j’étais complètement passé à côté. C’est en regardant la série Netflix sortie il y a peu que j’ai découvert que le livre existait. Après voir littéralement dévoré la série (presque d’une traite), j’ai voulu lire le roman. Et bien pour une fois, j’ai préféré l’adaptation au livre.

Je ne ferai pas un article sur la différence entre le film et le livre, mais uniquement sur le livre.

Ce qui en fait sa force est bien évidemment à quel point il est cru, plus que le sujet en lui même. Ce n’est pas le premier livre sur le harcèlement scolaire que je lis, ni qui est édité, mais c’est le premier que je lis et qui est aussi cru, voire même par moment malsain. Comparé à Blacklistée de Cole Gibsen, 13 raisons pourrait paraître comme un thriller psychologique tellement il est puissant et intrusif.

Chaque chapitre correspond à la face d’une cassette, et on alterne entre le point de vue de Clay, et la narration d’Hannah. Chose assez éprouvante, car la narration globale est totalement hachée : dès qu’Hannah dit quelque chose, Clay va de son petit commentaire ou de son anecdote, nous donnant alors un autre point de vue sur une situation identique. Procédé extrêmement intéressant je trouve, car on voit alors les fautes de chaque personnage : ce que Hannah aurait pu faire, ce qu’elle a fait, ce que Clay n’a pas vu, etc.

Mais ce qui transforme ce roman dur en véritable page-turner, c’est à quel point il est malsain et cru dans ses démonstrations. Hannah n’hésite pas à utiliser le vocabulaire spécifique concernant ce qu’elle a vécu, et elle n’omet rien, même les détails les plus sordides. Contrairement à Clay qui veut la vérité, nous sommes nous, lecteurs, placés dans le rôle du voyeur, ce qui peut être extrêmement dérangeant.

Ce qui à mon goût, rend ce roman indispensable à lire (de même que la série), est sa justesse. Combien de fois me suis-je retrouvée dans le personnage d’Hannah ? Bien trop à mon goût. Ce qui m’a le plus chamboulé, ce n’est pas tellement ce qu’elle vit, et comment elle raconte, ô combien sa démarche est macabre et morbide, mais à quel point sur certains de ses ressentis, j’étais proche d’elle. L’auteur a réussi à se mettre dans la peau et surtout dans la tête d’une adolescente harcelée avec une facilité déconcertante, et le résultat n’est que plus vraisemblable.

Alors oui, Hannah a fait des erreurs fatales, des actes manqués qui auraient pu lui sauver la vie. Mais là est toute la puissance du roman : le personnage n’est pas parfait, mais est humain, à faire des erreurs et à penser non plus rationnellement, mais en suivant un seul fil : comment arrêter de souffrir ?

Vous l’aurez compris, ce livre est une pépite, bien qu’elle soit assez malsaine, et que certaines réflexions que fait Clay sont totalement déplacées à mon goût. Bien moins violent que la série, je conseillerais à ceux voulant découvrir cette histoire de commencer par le livre s’ils sont d’un naturel fragile et/ou sensible.

En bref, une roman percutant, cru et indispensable, véritable coup de pied dans la fourmilière, qui n’hésite pas à dénoncer la gravité que peut avoir le harcèlement scolaire à travers les yeux d’une victime qui ne s’en sort pas.

Citations :

Petit conseil. Quand vous touchez une fille, même pour rire, et qu’elle vous repousse… fichez-lui la paix. Stop. Ne la touchez plus. Nulle part. Votre contact la dégoût, un point c’est tout.


Quand une chanson vous fait pleurer, mais que vous n’avez plus envie de pleurer, vous cessez de l’écouter.
Mais échapper à soi-même, c’est impossible. On ne peut pas décider de ne plus se voir. De couper le son à l’intérieur de sa tête.


On en peut jamais retrouver les choses telles qu’elles étaient. Telles qu’on les croyait.
Nous n’avons… que le présent.

Ma note : 17.25/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Fantasy/Fantastique

La mission de l’ambassadeur (Les Chroniques du Magicien Noir 1/3) – Trudi Canavan

couv18025763Caractéristiques : 

  • Auteur – Trudi Canavan
  • Éditeur – Milady
  • Parution – 2011
  • Pages – 572
  • ISBN – 978-2811210199

4ème de couverture : 

La Magicienne Noire Sonéa est confrontée à de sérieux ennuis. Tandis qu’elle ne peut rien pour porter secours à son unique fils en danger, elle doit aider son viel ami Céry dont la famille vient d’être assassinée. Depuis trop longtemps, quelqu’un élimine les Voleurs en utilisant la magie. De deux choses l’une : ou un membre de la Guilde joue les justiciers, ou il y a une fois de plus un renégat en liberté dans les rues d’Imardin. Mais ce renégat-là maîtrise ses pouvoirs à la perfection et surtout, il est prêt à s’en servir pour tuer.

Mon avis :

Cela faisait quelques temps maintenant que j’entendais parler de cette auteure. Alors quand j’ai eu l’occasion de lire un de ses romans, je n’ai pas hésité une seule seconde : on n’est pas passé près du coup de coeur !

Ce qu’il faut savoir avant tout, c’est que la saga des Chroniques du Magicien Noir fait suite à la Trilogie du Magicien Noir d’un point de vue temporel. Au début, j’avais un peu peur que ne pas réussir à rentrer dans l’histoire, ayant raté la première saga… Et bien pas du tout, et c’est vraiment un excellent point : même si on sens qu’il y a eu quelque chose avant et que tout ne nous est pas expliqué, on arrive assez facilement à rentrer dans le monde dépeint ainsi que le contexte de notre intrigue.
La seule chose que j’ai trouvé regrettable ici, a été la lenteur du début : les éléments de l’intrigue de la nouvelle série doivent se mettre en place, et cela a pris un peu trop de temps à mon goût.

S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas retirer à ce roman, c’est bien la richesse de son univers : très richement pourvu, la mythologie et l’histoire de ce monde sont très complètes, en prenant en compte énormément de chose, pouvant aller de l’histoire aux moeurs, en passant par la géo-politique.

Et c’est un aspect d’autant plus important qu’il est un des pivots central de notre intrigue ! Car oui, le résumé de ce roman ne fait pas honneur à son contenu : nous suivons en parallèle deux intrigues. Une première, avec pour personnage principal Lorkin, fils de la sorcière noire Sonéa, avec pour fil conducteur la géo-politique du Sachaka, ainsi que l’Histoire entre cette contrée et Imardin. Dans une seconde, on retrouve Céry, un voleur cherchant à se venger d’un affront. Quête qui tourne vite à la chasse à la renégate, nous poussant alors à voir la Guilde ainsi que la géo-politique d’Imardin de plus près.

D’autant plus qu’il y a, via les intrigues secondaires, tout un discours axé sur la liberté et le féminisme qui sont à prendre en compte, et qui peuvent très facilement nous pousser à nous interroger sur notre société actuelle.

En bref, un très bon premier tome que j’ai beaucoup aimé. Je lirai le tome 2 sans aucune hésitation !

Citations :

Ce n’était pas le pouvoir qu’ils détenaient qui faisait d’eux des barbares, mais le fait qu’ils en usaient pour imposer leur volonté aux plus faibles qu’eux-mêmes.

Ma note : 16.5/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.5/2
• Emotions – 1.25/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1/1.5