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Du Sang sur les Blés – Loïc Dossèbre

cover-986.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Loïc Dossèbre
  • Éditeur – Autoédité 
  • Parution – 2017
  • Pages – 30
  • ISBN – Non renseigné

Résumé :

Lorsqu’un prêtre s’éprend d’une jeune fille, les paroissiens restent silencieux. Et l’horreur se glisse dans ce petit village du XIXe siècle, jusqu’à ce que survienne l’inéluctable, jusqu’à ce que le sang coule.

Mon avis :

J’adore les nouvelles, surtout quand elles sont bien écrites, et c’est le cas de celle-ci !

Loïc Dossèbre nous livre encore une fois une nouvelle palpitante et surtout, extrêmement prenante et bien rythmée, dans un univers bien particulier.

Remontons le temps, direction le XIXème siècle, dans une petite bourgade. Nous suivons le père Maxence, en tout point honorable, si on ne chipote pas sur les détails. Il aurait beau être Père, il en reste non pas moins humain, et une certaine Ismérie lui retourne complètement la tête, au point de commettre des fautes pour le moins très loin d’être catholiques.

Que dire de cette nouvelle à part qu’elle est excellente ? Riche, rythmée, avec une histoire prenante portée par une plume des plus travaillée et personnelle… je n’ai rien à redire face à cette nouvelle qui a été un véritable coup de coeur pour moi.

On ressent presque toutes les émotions de nos personnages : l’envie de Maxence, suivi de sa descente aux Enfers, et ses pulsions malsaines ; la candeur d’Ismérie, couplé avec sa peur, mais aussi son courage… C’est magnifiquement bien mené, bien emmené… et surtout très bien écrit.

Bien que possédant assez peu d’humour, la nouvelle se démarque par son style, mais aussi par son originalité, et la créativité que l’auteur a pu mettre en place, notamment concernant la chute, que je n’avais absolument pas vu venir, même si j’avais une sorte de pressentiment durant ma lecture.

Loïc Dossèbre ne m’a jamais déçu jusqu’à présent, et j’espère qu’il en sera encore ainsi pour ses prochaines textes !

En bref, un coup de coeur pour une nouvelle rondement menée et que je considère comme proche de la perfection.

Citation :

Se justifier, c’est bon pour ceux dont le talent ne va pas de soi.

Ma note : 18.25/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Dystopie·Romance·Uncategorized

Le Prince et Le Garde (La Sélection 6/9 et 7/9) – Kiera Cass

couv27866779Caractéristiques : 

  • Auteur – Kiera Cass
  • Editeur – Robert Laffont
  • Parution – 2014
  • Pages – 252
  • ISBN – 978-2221145586

4ème de couverture : 

Avant qu’America n’arrive au Palais pour la Sélection, il y avait déjà une fille dans la vie de Maxon. La nouvelle « Le Prince » s’ouvre sur la semaine précédant l’arrivée des trente-cinq candidates et suit Maxon lors de la première journée de compétition.
Élevé en tant que Six, Aspen Leger n’aurait jamais imaginé intégrer un jour la très réputée Garde royale affectée au Palais. À travers le quotidien d’Aspen, la nouvelle « Le Garde » lève le voile sur cet univers très fermé auquel America n’aura jamais accès…

Mon avis :

Malgré que ce petit recueil soit extrêmement court, j’ai mis pas mal de temps à le lire, simplement parce que j’ai eu du mal avec la nouvelle Le Garde… Mais dans l’ensemble, j’ai adoré !

Le style n’est pas identique à celui de la saga principale, il est en accord avec chaque personnage. Pour Maxon (nouvelle Le Prince), j’ai trouvé le style un peu plus travaillé, un peu plus sombre, tout simplement parce que Maxon n’est pas un être simplet et joyeux à 300%. Alors qu’au contraire, pour Aspen (nouvelle Le Garde), j’ai trouvé que le style donnait une impression, comme de précipitation, de passion ravageuse. Et c’est exactement ce que vis Aspen. J’ai beaucoup aimé cet aspect là du texte !

Pour ce qui est de l’intrigue, on reprend celle de la saga principale, mais plus précisément. Pour Le Prince, l’auteure a mis l’accent sur la politique et la vie privée de Maxon, ce qu’il y a derrière le masque ; alors que pour Le Garde, elle a misé sur les répercutions de cette politique, et les coulisses de la saga.

Niveau histoire, l’auteure reprend des passages de la saga, sous le point de vue d’un autre personnage. On découvre donc Maxon avant la Sélection et au tout début de cette dernière, avec en prime, sa première rencontre avec America… Génial !! Fabuleux !
On découvre aussi Aspen, à partir d’un certain châtiment sur une certaine personne (0 spoil)… Et je dois avouer qu’il m’énerve encore plus en ayant eu son point de vue ! Je le comprends… Très honnêtement je le comprends. Mais il m’énerve au plus haut point. C’est Aspen quoi…

Niveau personnage, c’est assez intéressant, car on peut voir une vision différente d’un même personnage.

Ce qui est d’enfer, ce sont les petits secrets d’écriture fournis ! Une interview de Kiera Cass mais surtout, les musiques qui ont bercés l’écriture des romans… Trop méga génial !!

En bref, quelque chose qui se lit assez rapidement tout de même, et qui raviera les fans de la saga !

Citations :

Elle ne se contente pas d’avoir du caractère, elle est aussi d’une beauté à couper le souffle. Des yeux bleu glacier, une chevelure de flammes…
Une sensation étrange me prend d’assaut, qui m’évoque un feu de cheminé ou la douceur d’un soleil d’après-midi. Elle s’attarde dans ma poitrine, se confond avec les battements de mon coeur.

Le Prince


La photographie a le pouvoir de rendre éternelle une beauté fugace.

Le Prince


La plupart du temps, il suffit d’avoir l’air sûr de soi pour se faire obéir. C’est simple et efficace.

Le Garde


Le temps est le seul remède aux maux qui nous agitent. Avec lui, tout finira par trouver son sens.

Le Garde

Ma note : 16.5/20

• Scénario – 3.25/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 0.75/1.5

SF·Uncategorized

Le Labyrinthe (L’Épreuve 1/4) – James Dashner

lepreuveCaractéristiques : 

  • Auteur – James Dashner
  • Éditeur – PKJ
  • Parution – 2012
  • Pages – 408
  • ISBN – 978-2266200127
  • LesLibraires Broché – 1
  • LesLibraires Poche – 1
  • LesLibraires Numérique – 1 2

4ème de couverture : 

Thomas, dont la mémoire a été effacée, se réveille un jour dans un nouveau monde où vivent une cinquantaine d’enfants. Il s’agit d’une ferme située au centre d’un labyrinthe peuplé de monstres d’acier terrifiants. Les ados n’ont aucun souvenir de leur vie passée et ne comprennent pas ce qu’ils font là. Ils n’ont qu’un seul désir, trouver la sortie. Pour ce faire, les « coureurs » parcourent chaque jour le labyrinthe pour en dresser les plans – des plans qui changent sans cesse, puisque les murs se déplacent chaque nuit. Le risque est grand mais, dès son arrivée, Thomas a une impression de déjà-vu, il sait qu’il veut être coureur et résoudre l’énigme du labyrinthe.

Mon avis :

En vue d’un challenge avec une amie (finir notre PAL, ou au moins, la faire réduire un peu…), elle m’a donné ce livre ci à lire. Ce qui m’arrangeait bien, cela faisait un moment qu’il me faisait envie…

Le style de James Dashner est assez spécial je trouve pour le type d’écrit prit, à savoir une dystopie (oui, encore… Que voulez vous, j’adore ça !). Quand beaucoup d’autres auteurs traitent leurs dystopies avec un point de vue interne à un personnage, cette fois ci, le point de vue est omniscient et cadré sur un seul personnage : Thomas. Pari audacieux ! Malgré un style qui fluide, assez riche, et plutôt bien construit, il manque profondément de sentiments et d’émotions. Par là, j’entends que tout est narré comme une avalanche de faits, une retranscription d’une vie, comme l’aurait pu être une biographie, ou un article de journal. C’est assez surprenant, mais il y a certains passages qui, du coup, perdent toutes leurs saveurs, et deviennent fade. Notamment une scène qui, en tant normal, aurait du me faire pleurer comme une madeleine, ne m’a pas tiré une seule larme, et ne les a même pas faite monter.

L’intrigue est cependant très poignante. Tout ne tourne qu’autour de ce Labyrinthe, et des mystères qu’il renferme. Pourquoi les murs bougent-ils tous les jours ? Qui a pu construire un complexe aussi gigantesque ? Pourquoi des ados sont envoyés là bas, amnésiques ? Et ainsi de suite. Plus on avance dans le roman, au plus le mystère s’étoffe. Un peu comme le fait Guillaume Musso dans ses intrigues policières, James Dashner nous perd totalement dans son univers. Il nous donne des pistes, puis les efface, en propose une, pour en ajouter des dizaines… Rien n’est laissé au hasard.

Quant à l’histoire en elle même… On va simplement dire qu’elle s’efface presque totalement au profit de l’intrigue. Par le style qui se veut détaché qui est employé, et des personnages qui manquent pour beaucoup de profondeur, l’histoire ne sert que de support à une intrigue bien plus intéressante. Oui, je différencie intrigue et histoire… L’intrigue est le cadeau, et l’histoire est le papier qui l’entoure. Ici, l’intrigue est tellement énorme que le papier est trop fin pour être totalement opaque.

Les personnages, quant à eux… Je les ai trouvé assez plats pour certains. Pas tous, mais un bon nombre. Alby par exemple, aurait pu être bien plus approfondi, tout comme Gally, qui endosse le rôle du « méchant », sans trop savoir ni pourquoi ni comment. Chuck, est plus décrit comme l’ados pot-de-colle et bravasse, mal dans sa peau et mal dans le Bloc, mais sans plus. Teresa elle, arrive un peu comme ça, mais sans vraiment plus d’information par la suite. Thomas, lui, se pose trop de question, et est trop centré sur sa propre personne et ses interrogations pour faire vraiment attention aux autres. Il incarne un peu trop le stétéotype du héro faussement humble pour moi. Newt lui, est assez lunatique, mais allez savoir pourquoi il boîte… Encore un mystère aplanit. Le seul coup de coeur de j’ai eu fut pour Minho, le maton des coureurs. Personnage simple, mais ô combien sincère. Il ne s’embête pas avec des mots doux pour rassurer : franc et honnête quitte à faire mal, il est le seul dont j’ai pu voir une vraie personnalité, et non pas une ébauche.

Le dernier chapitre se finit dans une sorte de happy-ending, ce qui était assez déroutant, malgré nos soupçons. Ca ne pouvait pas être trop simple. L’épilogue… Est une petite merveille, qui fait se terminer ce premier tome sur un cliffhanger absolument gargantuesque. Je comptais lire autre chose après ce tome mais… J’ai commencé le tome 2 directement après.

En bref, un roman très bien mené, pleins de mystères, mais qui, par des personnages trop peu approfondis et un style trop détaché, perd un peu de sa puissance.

Citations :

– Tu as pleuré, toi ? S’étonna Chuck.
– Oui. Quand le dernier Griffeur a basculé dans le vide, j’ai craqué et j’ai chialé à m’en faire mal à la gorge. Tout m’est tombé dessus d’un coup. Mais ça m’a fait du bien ; on ne devrait jamais s’en vouloir de pleurer. Jamais.


Elle sourit pour la première fois, et il faillit détourner les yeux, comme si une vision aussi belle n’avait pas sa place dans cet endroit gris et sinistre.

Ma note : 15/20

・Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 0.5/2
• Emotions – 0.5/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1/1.5

Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Romance·Uncategorized

Hush Hush (Les anges déchus 1/4) – Becca Fitzpatrick

6339664Caractéristiques : 

  • Auteur – Becca Fitzpatrick
  • Éditeur – MSK
  • Parution – 2010
  • Pages – 364
  • ISBN – 978-2702434543
  • LesLibraires Broché – 1
  • LesLibraires Poche – 1
  • LesLibraires Numérique – 1

4ème de couverture :

L’amour ne faisait pas partie des plans de Nora Grey. Elle n’avait jamais été particulièrement attirée par les garçons de son école, même si sa meilleure amie, Vee, faisait tout pour ça. Mais ça, c’était avant l’arrivée de Patch.

Avec son sourire et ses yeux qui semblent voir à l’intérieur d’elle-même, Nora est attirée vers lui malgré elle. Mais après une série de rencontres effrayantes, Nora ne sait plus en qui avoir confiance. Patch apparaît partout où elle est et semble en savoir plus sur elle que ses meilleurs amis. Elle ne sait trop si elle doit lui tomber dans les bras ou s’enfuir. Et quand elle décide de chercher des réponses, elle entrevoit une vérité plus troublante encore.

Mon avis :

Ma lecture de ce tome remonte à un petit moment… Mais comme je compte lire le tome 2 Crescendo je me devais de faire cette chronique (surtout qu’il était dans PAC – Pile A Chroniquer – qui est assez conséquente…). Alors je m’excuse si elle n’est pas aussi précise que d’habitude ! On va faire de tête, avec les éléments qui m’ont le plus marqué.

Le style tout d’abords, que j’ai trouvé très bon. Très fluide, et surtout, juste. Beaucoup d’auteurs n’arrivent pas être justes dans leurs écrits. J’entends pas là qu’il y a toujours soit pas assez de description, soit trop de description ; trop de détail ou pas assez ; trop de sentiments ou pas assez… Bref, ils ne font pas dans la justesse et l’équilibre. Ce n’est pas le cas de Becca Fitzpatrick qui elle, est à l’équilibre parfait, funambule de l’extrême. Je souviens très bien de mes mains tremblantes en lisant l’ouvrage, de mon coeur qui battait au rythme des pages… Un pur bonheur.

Ce fut mon premier livre avec dans anges, alors je ne sais pas trop si c’est une trame plutôt classique ou originale dans ce registre, mais je sais que j’ai trouvé ça assez commun dans le monde du fantastique. Très bien menée, assez complexe, pleine d’humour et de mystère… On vibre du début à la fin.

L’histoire est assez commune aussi. Une romance interdite, avec un bon gros mystère et un danger amené par le beau et ténébreux garçon… Quelques airs de Twilight peut-être ? Mais peu importe, cela reste mieux que des vampires (j’aime bien Twilight… mais sans plus… Dixit celle qui a un gros poster de Révélation Partie 2 accroché juste à côté du bureau… Chut la conscience, laisse moi chroniquer !).

Ce dont je me souviens le plus, c’est évidemment les personnages, qui sont absolument géniaux ! Les critiques ont beaucoup reproché à Nora d’être un peu trop bêbête et d’avoir des réactions enfantines. Je ne suis d’accords. Elle a des réactions normales, et surtout, adaptées à son âge. Il n’y a rien de pire qu’un personnage adolescent qui agit comme s’il en avait 28… Je sais que certaines réactions auraient pu être les miennes. Puis sa mentalité… Je me suis beaucoup retrouvé dans ce personne qui en premier réfléchissait beaucoup sur ce qu’elle ressentait, puis était plus en mode YOLO (You Only Live Once… Even if you’re a greek monster #PJFAN), un peu comme moi.
Enfin… Patch. Certes, je pourrais appeler mon chien de la même manière, mais passons sur ce prénom un peu trop canin pour être humain. Ce mec est un condensé de mystères, d’énigme, et mes dieux, de sexytude. Non mais sérieusement, c’est à se demander comment Nora a pu résister aussi longtemps, vu comment il agit avec elle ! Tentateur, joueur, mais attentionné, et protecteur. Breeef. Un bon personnage masculin comme on les aime tant !

Je vais terminé par la couverture, qui un véritable diamant. Très esthétique, mais Ô combien belle et puissante… j’adore.

En bref, un livre que j’ai dévoré en moins de deux jours, très addictif, et que je ne pouvais pas lâcher !

Citations :

– Ton plus grand rêve ?
– T’embrasser.
– Ce n’est pas drôle.
– Non, mais ça t’a fait rougir.


– Tu sembles en savoir long à mon sujet, remarquais-je, formulant la litote de l’année, plus que tu ne le devrais, d’ailleurs. Et tu réussis toujours à me mettre mal à l’aise.
– Tu me facilites la tâche.
Une colère fulgurante s’empara de moi.
– Tu admets donc le faire exprès ?
– Quoi ?
– Ca, me provoquer.
– Redis « provoquer ». Ca rend tes lèvres tellement… provocantes. »

(je veux un échange comme ça avec quelqu’un un jour !)


– Comment s’est passée ta soirée ? La séance de devoirs s’est avérée trop violente ?
– Tu t’imagines que j’ai passé la nuit sur mes cahiers ?
– Sur qui as-tu passé la nuit alors ?


-Tu n’es pas du tout comme je l’imaginais.
-Je te retourne le compliment, répliquai-je. Tu es pire.

Ma note : 19/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1.5/1.5

Coup de coeur·Drame·Historique·Uncategorized

La mort est mon métier – Robert Merle

merle-copyCaractéristiques :

  • Auteur – Robert Merle
  • Éditeur – Folio
  • Parution – 1952
  • Pages – 370
  • ISBN – 978-2070367894
  • LesLibraires Poche – 1

4ème de couverture :

Le Reichsführer Himmler bougea la tête, et le bas de son visage s’éclaira…
– Le Führer, dit-il d’une voix nette, a ordonné la solution définitive du problème juif en Europe.
Il fit une pause et ajouta :
– Vous avez été choisi pour exécuter cette tâche.
Je le regardai. Il dit sèchement :
– Vous avez l’air effaré. Pourtant, l’idée d’en finir avec les Juifs n’est pas neuve.
– Nein, Herr Reichsführer. Je suis seulement étonné que ce soit moi qu’on ait choisi…

Mon avis :

Et oui, je ne lis pas que du young adult ! Car ce que j’adore dans un livre, après l’histoire, les personnages, le voyage… C’est aussi les choses percutantes. Et quoi de plus percutants que de se trouver dans la tête de celui qui dirigeait le camp de la mort d’Auschwitz ?

Il faut dire ce qui est, Merle à du culot et du cran : sortir un livre sur un sujet aussi tabou même pas 10 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale (parution en 1952), moi je dis, fallait le faire !

Bref. Le style est pour l’époque, je trouve, très moderne. L’écriture est fluide, les mots choisis avec justesse et finesse, l’atmosphère est assez chaleureuse. Tout est fait pour nous mettre dans la peau du personnage. Trop souvent, les textes qui ont un point de vu interne à un personnage avec une narration en je ont deux tares majeures : soit l’auteur écrit un point de vu interne comme il écrirait d’un point de vu omniscient, mettant un dissonance dans le texte (on n’est pas tous Victor Hugo, dans nos pensées, on parle pas par métonymie, métaphores filées ou autre figures de style complexifiant à mort la narration, la rendant plus littéraire). Si c’est bien mené, ça peut le faire, mais généralement, j’ai du mal à entrer complètement dans le roman, parce que j’ai alors trop de mal à me mettre dans la peau du narrateur/personnage. Soit, le style est d’une banalité et d’une vulgarité déconcertante, relevant plus du script de film de série B qu’à la littérature (50 nuances de Grey, et bien trop de romans érotiques par exemple, mais j’y reviendrais en temps et en heure). Mais cette chose que je trouve absolument fabuleuse, est que Robert Merle arrive non pas à nous prendre le coeur, mais à nous prendre aux tripes.

Le personnage quant à lui… Et bien, c’est assez complexe de parler de ce personnage… Alors avant tout propos, pour qu’il n’y ai pas de quiproquo : j’exprime ici mon avis et mon ressenti face aux livres, en aucun cas mon avis personnel sur la question des camps, sachant qu’au vu de certains choix personnels, j’aurais eu ma place en chambre à gaz. Enfiiiiiin ! C’est bien les livres dans ce genre, mais en faire une critique qui tourne pas au vinaigre, c’est pas une chose simple ^^’. Bref. Même en contexte, le personnage est montré sous le visage de celui qui est attachant, mais qui, manque de chance, n’a pas assez de jugeote pour voir qu’il se fait manipuler. Car tout repose sur le principe du « Tu dis et j’obéis. ». Le personnage est, en somme, un parfait petit soldat qui, par son attitude exemplaire, gravit les grades jusqu’à son paroxysme : il devient « chef » du camp d’Aushwitz. Mais tout le génie de Merle ressort : à la fin. Je ne risque pas de spoiler, étant donné que c’est un livre considéré comme historique. Notre personnage est donc condamné et, de son point de vu et avec la façon dont l’auteur a tourné toute son récit, on vient à penser « Peucheure… Quand même, il faisait que ce qu’on lui demandait… ». On en vient à prendre en pitié dont toute la monstruosité est décrite et détaillée : comment il gère les arrivages, comment il compte les déportés non pas en nombre d’homme, mais en tant qu’unité, comme s’ils n’étaient que de vulgaire paquet, comment il perfectionne et améliore les chambres à gaz… Ce sentiment m’a complètement retourné, déjà, par rapport à ce personnage que je pensais fictif. Mais le pire, c’est quand on sait que ce texte est inspiré d’une personne qui a réellement existée, que l’enfance décrite est celle narrée par ce même nazi réel, et que la partie finale du procès etc… approuvée par des documents officiels. On prends en pitié un assassin nazi parce qu’un auteur a montré l’histoire sous un autre angle. Ca m’a fait un véritable choc, qui m’a perturbé pendant près d’une semaine. Comment ai-je pu me faire manipuler à ce point ? Au point de prendre cette ordure en pitié, en le considérant non pas comme un meurtrier, mais comme une victime !? Et pourtant… Je ne peux pas tromper mes sentiments.

L’intrigue en elle même qui n’en est pas vraiment une, puisqu’elle est – en quelque sorte – une semi-biographie, est loin d’être banale, s’attache à des détails qui pourraient paraître insignifiants mais qui, en fin de compte, ont leurs importances (en grande partie pour rendre notre personnage d’autant plus réel).

Je ne vous cache pas qu’il faut une certaine maturité et un certain recul pour lire un livre de cette trempe. Ma mère m’avait prévenu qu’il n’était pas simple à lire, mais j’ai voulu tenter. Et j’ai bien fait, car malgré le contenu et tout ce qu’il implique, il fait parti de mes livres préférés. L’ouvrage n’est pas vraiment trash, mais dérangeant. En tout cas, je ne le conseil pas aux lecteurs trop jeunes ou bien trop sensibles (certains passages m’ont retournés l’estomac), ou encore ceux qui ont du mal avec cette période là. Mais ce livre est une petite merveille qui, malgré son contenu, son point de vu… Reste une oeuvre que je trouve aussi dure qu’enrichissante et excellente.

« Il y a bien des façons de tourner le dos à la vérité. On peut se refugier dans le racisme et dire : les hommes qui ont fait cela étaient des Allemands. On peut aussi en appeler à la métaphysique et s’écrier avec horreur, comme un prêtre que j’ai connu : « Mais c’est le démon ! Mais c’est le Mal !… ».
Je préfère penser, quant à moi, que tout devient possible dans une société dont les actes ne sont plus contrôlés par l’opinion populaire. Dès lors, le meurtre peut bien lui apparaitre comme la solution la plus rapide à ses problèmes.
Ce qui est affreux et nous donne de l’espèce humaine une opinion désolée, c’est que, pour mener à bien ses desseins, une société de ce type trouve invariablement les instruments zélés de ses crimes.
C’est un de ces hommes que j’ai voulu décrire dans La Mort est mon Métier. Qu’on ne s’y trompe pas : Rudolf Lang n’était pas un sadique. Le sadisme a fleuri dans les camps de la mort, mais à l’échelon subalterne. Plus haut, il fallait un équipement psychique très différent.
Il y eu sous le nazisme des centaines, des milliers, de Rudolf Lang, moraux à l’intérieur de l’immoralité, consciencieux sans conscience, petits cadres que leur sérieux et leurs « mérites » portaient aux plus hauts emplois. Tout ce que Rudolf fit, il le fit non par méchanceté, mais au nom de l’impératif catégorique, par fidélité au chef, par soumission à l’ordre, par respect pour l’Etat. Bref, en homme de devoir : et c’est en cela justement qu’il est monstrueux. »

Extrait de la préface

Ma note : 18.75/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Créativité – 1.75/2
• Originalité – 1.5/1.5
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 0.5/1.5
• Bonus « Histoire vraie » : +1pt
• Bonus « Roman historique » : +1pt