Drame·Thriller

La Résurrection (Extraction 2/2) – Tony Perraut

cover-280Caractéristiques : 

  • Auteur – Tony Perraut
  • Editeur – Auto-édité
  • Parution – 2017
  • Pages – 330
  • ASIN – B0722N7KD4

4ème de couverture :

Tu ressors d’un long cauchemar dans lequel tu t’étais volontairement endormi.
Tu te retrouves de nouveau seul.
Toujours cette peur dans le ventre, Un soir tu entends, venant d’un haut-parleur situé en haut de cette immense pièce une voix.
Tu ressens le moindre fragment de son ton,
Elle est là : 72 heures pour sortir, 72 heures pour comprendre la réalité du monde. Les démons ressortent.
Et le meurtre lui, se fera sans anticipation. Tuer pour survivre, survivre pour être tué.

Mon avis :

Vous aviez eu droit à la chronique du premier tome il y a peu, et je remercie l’auteur d’avoir placé sa confiance en moi une nouvelle fois pour lire le second tome en avant première (sortie le 27 juin)… Et bien je ne suis pas passée loin du coup de coeur !

Que d’amélioration ! Quand nous avions un premier tome un peu brouillon sur les bords et extrêmement confus, avec un rythme mal maîtrisé, et que nous avons là un second tome bien plus maîtrisé, plus mature, avec un rythme bien plus soigné… Je ne peux qu’applaudir.

Bien que l’on soit toujours dans la tête d’Ugo, ce pauvre homme pas très équilibré, on arrive à suivre ses délires, à les comprendre, les interpréter… C’est déjà beaucoup plus agréable pour nous, lecteurs, car nous sommes bien moins perdus, mais aussi pour le personnage lui-même qui, bien que déséquilibré, possède tout de même un semblant de cohérence et de solidité.

Il en est de même pour les thèmes abordés : meurtre, peur, blessure, courage, survie… Le tout, savamment arrangé, donnant alors un ensemble à la fois cohérent et qui sonne juste. Et c’est cela le plus important : dans le précédent tome, les thèmes étaient trop disparates, les liens entre eux trop fins pour donner un ensemble sur le bon ton. Ici, rien de cela.

Ce que j’ai vraiment trouvé intéressant, c’est à la fois le développement donné avec la trame de fond plus axé sur la famille et le passé, ainsi que la comparaison constante, lors des moments de folies ou d’adrénaline, avec un orchestre, une musique, le plus souvent classique. J’en viendrai même à me demander si cette saga ne serait pas – dans une certaine mesure – une métaphore d’un opéra ou d’un concerto. Oui, je vais loin.
En bref, une écriture bien plus travaillé et mature, sur un lit de suspens bien rythmé, à la chute du moins improbable. Chapeau !

Citations :

Parfois, les mots sont impossibles alors on ferme les yeux et on montre des images. Des images indescriptibles. Comme si elles étaient destinées uniquement à être imaginées et non révélées.


– Si ma vraie maman est l’étoile et mon papa l’univers, je veux être le rêve car sans lui les étoiles n’existent pas, elles ne sont que des planètes. Alors que dans nos rêves, elles sont brillantes et scintillent dans le ciel comme des milliers de mamans oubliées.


L’homme n’a pas de peur. Ah si, une seule, la vérité.


On n’arrête pas les bonnes choses, on les fait vivre à jamais.


– Tu ressens ? Il y a autant de battements de coeur actuellement que de jours que je veux passer avec toi.


Nous sommes ce que nous devons être.


Les étoiles paraissent heureuses et pourtant si tu regardes bien, elles sont mortes.


Je n’ai de rêve que celui où tu m’as dit je t’aime.

Ma note : 16.5/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 2.75/3
• Personnage – 1.5/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Drame·Fantasy/Fantastique·Thriller

Sur le seuil – Loïc Dossèbre

cover-236Caractéristiques :

  • Auteur – Loïc Dossèbre
  • Editeur – Auto-édité
  • Parution – 2017
  • Pages – 30 
  • ISBN – Non renseigné

4ème de couverture : 

Un visiteur étrange, chaque semaine – à la même heure –, frappe à la porte d’un vieil homme reclus dans son appartement. Celui-ci n’a pas le temps d’ouvrir que la chose, déjà, se volatilise. Il s’inquiète et au fil des jours sombre peu à peu dans la paranoïa…

Mon avis :

Si je vous dis : nouvelle, horreur, mystère… À quoi pensez-vous ? Si vous pensez au Horla de Maupassant, vous n’êtes pas loin ! Je parle ici de Sur le seuil, une nouvelle d’une trentaine de pages qui n’est pas passé loin du coup de coeur pour moi !

Un univers tout ce qu’il y a de plus banal, avec un personnage des plus insipide par sa neutralité… Mais tout bascule le jour où quelqu’un sonne à sa porte chaque semaine, exactement à la même heure…

Nous suivons donc ce personnage d’homme âgé, probablement retraité, vivant dans un immeuble peut fréquentable, qui va finir par sombrer dans la folie. Ce qui est extrêmement intéressant et poignant, ce n’est pas tellement ce qu’il lui arrive – bien que ce soit dramatique – mais plutôt comment est-ce qu’il réagit.
En effet, on voit ce bon vieux papy sombrer dans les méandres de son cerveau et de sa paranoïa, jusqu’à une certaine fatalité plus que tragique.

Mais ce que j’ai énormément apprécié dans cette nouvelle, c’est avant tout les ressemblances présentes avec Le Horla de Maupassant. Un style d’écriture qui peut s’en rapprocher par moment, un sujet commun, avec une évolution commune… Nous ne voyons pas simplement notre personnage principal tomber, nous tombons avec lui, la boule au ventre : avec cette nouvelle, on ne lit pas avec les yeux, mais avec les tripes.

En bref, une nouvelle excellente d’un auteur à surveiller de près.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 16.5/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.25/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Drame·Thriller

La naissance (Extraction 1/2) – Tony Perraut

cover-98Caractéristiques : 

  • Auteur – Tony Perraut
  • Éditeur – Auto-édité
  • Parution – 2017
  • Pages – 312
  • ISBN – 978-1520687100

4ème de couverture : 

Je suis Ugo, j’ai 25 ans. Un soir, je me suis réveillé. Je n’étais pas chez moi, j’étais chez eux. Une pièce de seulement cinq mètres carrés pour vivre, des envies de mourir. Ils me surveillent. Un soir, je gratte le mur, de longues heures. J’entends des bruits ! Ils sont là. Un trou apparaît. Eux, c’est elle. Scarlett, ma sœur. Rien n’est normal, tout est incontrôlable. La drogue, ils nous droguent. Des rêves hallucinatoires… Célia, mon amour, tu es morte il y a des mois. Je vais découvrir que nous avions une petite. Tu vas réapparaître, disparaître. Nous allons devoir sortir si nous ne voulons pas mourir. Mais avant ça, je vais devoir revivre mon passé. Je t’en supplie, aide-moi.

Mon avis :

Premier roman reçu via la plateforme SimPlement (que je conseille à tous les auteurs, blogueurs et éditeurs soit dit en passant), j’avoue être assez mitigé pour cette lecture. Il faut savoir que Tony Perraut est un auteur auto-édité (vous savez que je suis favorable à ces derniers).

Que dire de ce premier roman, pour le moins extrêmement spécial ! Tout d’abord, il est assez long, compte-tenu du contenu réel, ce qui peut être un frein pour beaucoup. Le speech de base est assez simple, et typique d’un thriller-psychologique comme on les aime : un homme enfermé depuis un moment pour on-ne-sait-quelle-raison, tente de s’échapper, mais son esprit décline…

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’ai été sur des montagnes russes avec ce roman, mais pas forcément de la bonne manière. Je m’explique. Le début est extrêmement prometteur, avec des phrases assez courte, nous donnant une impression d’enfermement et d’essoufflement assez conséquent : tout ce qu’il faut pour créer une ambiance tendu et oppressante. Toute la première partie est assez prenante, on a envie de savoir pourquoi ce pauvre Ugo se retrouve là. Puis il arrive un moment clef où on commence à en savoir plus et là…

On va dire que je n’ai pas vraiment compris ce qu’il s’est passé, mais la lecture est devenue complètement chaotique, sans queue ni tête. Dès que j’arrivais à trouver un fil conducteur, il disparaissait aussitôt au chapitre suivant. Et ce, durant toute la partie centrale de l’oeuvre. J’ai vraiment eu cette impression de perdition, et de non-sens total, et cela m’a quelque peu dérangé. Mais alors on se souvient de l’avant-propos de l’auteur, nous mettant en garde : « Il est possible pendant votre lecture que vous soyez perdus dans le cours de l’histoire. C’est totalement normal. Moi-même quand j’ai écrit cette histoire j’ai été totalement imprégné par mon personnage au point d’en écrire les moindres faits et gestes de son subconscient. » À partir de là, plusieurs réactions sont possibles : soit on s’enferme dans l’incompréhension, et on passe totalement à côté, soit on essaie de rentrer complètement dans le roman et de comprendre pourquoi Ugo est tellement torturé.

Bien heureusement, tout fini par s’éclairer sur la fin, bien qu’il reste encore quelques petites zones d’ombres.

Ce roman est vraiment spécial et puissant, mais mériterait à mon goût quelques autres relectures afin de le rendre encore mieux. Les personnages sont extrêmement intéressants, mais trop peu exploités et explorés. De fait, on a du mal à s’attacher à eux, malgré ce qu’ils vivent. Les dialogues sont parfois un peu trop enfantin, ou surfait, et s’apparenteraient plus à des discours de théâtre que de roman, ce qui détonne un peu avec l’ambiance générale. Mais le plus gros point négatif selon moi reste encore la partie centre, trop floue et dingue, mais surtout beaucoup trop longue. Quelques passages auraient pu être très facilement supprimés, allégeant alors un peu le tout, et surtout, le rendant très certainement un peu plus compréhensible pour les lecteurs les moins concentrés et assidus.

Mais pour un premier roman, je tire mon chapeau, c’est du bon boulot. Un auteur à surveiller.

En bref, un roman qui reste bon dans le fond, bien qu’il ne sorte pas vraiment de l’ordinaire, tout en manquant un peu de rigueur et de clareté.

Citations :

Il n’y a qu’en rêvant que l’on décroche les étoiles…


Tu n’as pas peur de l’avenir… Juste de faire des erreurs…

Ma note : 13/20

• Scénario – 2.75/4
• Ecriture/Style – 2.5/4
• Potentiel d’addiction – 1.5/3
• Personnage – 1/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Contemporain·Drame·Roman/Polar Noir·Thriller

Je suis un monstre – Keren Nott

couv45711725.pngCaractéristiques : 

  • Auteur – Keren Nott
  • Éditeur – Underground
  • Parution – 2015
  • Pages – 350
  • ISBN – 979-1092387247

4ème de couverture : 

Je suis un monstre. C’est le nom qu’on me donne, l’étiquette qu’on me colle. Le mot qu’on me jette
à la figure chaque fois qu’on me voit. Et on me voit beaucoup, on me voit partout. Télé, radio, journaux, on ne parle plus que de moi.

On ne pense qu’à moi. Un monstre… étymologiquement, celui qu’on montre. Mon visage hante vos consciences. Peut-être bientôt sera-t-il présent dans le dictionnaire, parfaite illustration du mot cruauté. Ou du mot souffrance. Car les monstres naissent dans la douleur et de la douleur, c’est bien connu. Les psychanalystes diront que c’est la faute de Maman ou encore des jeux vidéo.

Ils se trompent. Tout est de votre faute. Pourrez-vous l’assumer ?

Mon avis : 

J’ai eu le plaisir de découvrir l’an dernier lors du salon du livre de Paris ce livre, loin d’être simple à lire, violent et percutant.

Vendu comme étant violent, et avec pour but de nous mettre dans la tête d’un psychopathe, d’une monstre, on peut dire que le contrat est rempli, même si j’aurais aimé avoir un développement peut-être plus poussé sur certaines données.

Le livre comment de la manière la plus appréciable — mais aussi la plus dangereuse — je trouve pour un livre du style thriller psychologique : dans la tête du personnage principal, ici un « monstre », avec des évocations de ses travers sans nous dire leur nature même, afin de provoquer chez nous, lecteurs, un sentiment intense de curiosité. S’enclenche ensuite un récit qui suit un fil chronologique, de la naissance et l’enfance de cet adolescent qui est notre héros, jusqu’à ses torts.

Plus que la cruauté et la barbarie décrite dans ce roman, ce que j’en tire surtout sont les messages que l’on peut avoir : qu’un individu n’est pas forcément mauvais à la naissance, mais que la société dans laquelle il évolue, ainsi que le contexte familial influe énormément sur les personnes que nous serons. Que nos fréquentations, bonnes comme mauvaises, influent énormément sur nous, et qu’il faut toujours être vigilant… Mais aussi et surtout : on ne peut pas revenir en arrière, et qu’il ne faut jamais se fier aux apparences.

Des pensées à l’acte, de l’individualité au groupe… Keren Nott fait, en quelques centaines de pages, le tour de tout ce qui peut pousser un être ordinaire à commettre l’irréparable, à commettre des choses horribles, que ce soit à cause de la colère, de la tristesse, ou de l’envie de se sentir vivant.

Seul bémol : je m’attendais à plus de passage trash et durs. Étant habituée à la prose et au ton très cru de Karine Giebel (auteure favoris de Keren Nott), j’ai trouvé ce roman un peu en de-ça, et n’a pas réussi à foncièrement me choquer, si ce n’est pour un ou deux passages.

En bref, un bon thriller psychologique, pour public averti cependant.

Citations :

Si j’étais mort ce jour-ci, qui vous aurait diverti au journal de vingt heures ? De qui parleriez-vous pendant la pause café ? Grâce à qui, à quoi, vous sentiriez-vous chanceux, heureux de votre petite existence sans relief ? Qui vous aurait appris la valeur de la vie ? C’est lorsqu’on se rend compte de son caractère instable et éphémère qu’on se met vraiment à l’aimer…


J’ai toujours détesté la télévision. Kurt et ma mère la laissaient gueuler toute la journée, et il ne s’y passait jamais rien d’intéressant, jamais rien d’intelligent. Des cris, des couleurs bigarrées, des personnages grossiers. Un concentré de conneries. Peut-être que seul un cerveau vide peut apprécier le petit écran et sa culture douteuse.


On peut croupir en taule tandis que nos bourreaux jouissent de leur petite vie, peinards.


Il avait changé de physionomie, ôté son masque d’homme bien comme il faut, montré son vrai visage, celui d’un extrémiste. Et, comme tous les extrémistes, il était dangereux.


Ce que je veux dire par là, c’est qu’il existe entre ces gens une émulation sordide, comme une espèce d’accord tacite pour toujours aller vers le bas. Je suis idiot, mais c’est pas grave, les autres le sont aussi. Bah !


Quand malgré tous vos efforts, il y a toujours quelque chose qui tourne mal ; quand vous essayez d’obtenir un peu d’amour ou d’attention et qu’on vous crache dessus ; quand la vie se fout de votre gueule… ben on se tourne vers la mort.


Pourquoi on morfle ? Pourquoi on meurt à petit feu pendant que d’autres profitent de la vie ? On ne sait même pas ce que c’est la vie, nous. On n’en connaît que le froid, la peine, la faim, la peur… le sang et les larmes. Des trucs que certains ne peuvent même pas imaginer.
[…] Alors oui, on veut vous montrer… vous montrer ce que c’est que la peur, la faim, la peine et le froid !


Mais que pensez de certains hauts dirigeant faisant pleuvoir des bombes sur de blanches et anonymes âmes ? Vous criez haut et fort à la cruauté quand il s’agit de nous, mais qu’en est-il d’eux ? Ceux qui ont le pouvoir, ceux qui vous contrôlent telles des marionnettes creuses… On dirait que plus nous sommes grands, plus notre monstruosité se trouve amoindrie. La cruauté ne se résumerait en fin de compte qu’à un point de vue ? Curieux, n’est-ce pas ?

Ma note : 15.5/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Contemporain·Drame·Policier·Roman/Polar Noir·Thriller

Purgatoire des innocents – Karine Giebel

couv50638274Caractéristiques : 

  • Auteur – Karine Giebel
  • Editeur – Pocket
  • Parution – 2014
  • Pages – 635
  • ISBN – 978-2266246248

4ème de couverture : 

Je m’appelle Raphaël, je viens de passer 14 ans de ma vie derrière les barreaux. Avec mon frère, William, et deux autres complices, nous avons dérobé 30 millions d’euros de bijoux. Ç’aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang. Deux morts et un blessé grave. Le blessé, c’est mon frère. Alors, je dois chercher une planque sûre où Will pourra reprendre des forces.
« Je m’appelle Sandra. Je suis morte il y a longtemps dans une chambre sordide. Ou plutôt, quelque chose est né ce jour là… »
Je croyais avoir trouvé le refuge idéal. Je viens de mettre les pieds en enfer.
« Quelque chose qui parle et qui marche à ma place. Et son sourire est le plus abominable qui soit… »

Mon avis :

Je savais déjà un peu à quoi m’attendre avec ce roman, pour avoir déjà lu du Karine Giebel : je savais qu’elle ne faisait pas dans la dentelle, et que ses romans étaient assez noirs. D’autant plus que le peu d’avis que j’avais lu relevaient toujours la violence particulière de ce livre-ci. Encore une fois, Karine Giebel a réussi à me scotcher.

L’intrigue de base est vraiment excellente, bien qu’assez basique tout de même. Mais elle l’a tellement agrémenté d’histoires parallèles et transversales que lire ce livre, malgré son extrême violence, est un régal, rien que par la technicité littéraire.

Car oui, ce livre est d’une extrême violence. Bien que n’étant pas des plus sensible à cette dernière dans les livres, j’ai ici eu beaucoup de mal avec plusieurs scènes, et pour cause ! En plus d’avoir des sujets extrêmement dérangeants, les procédés mis en oeuvre sont tout aussi puissants, et nous immerge complètement dans l’histoire aussi tordue que psychopathe.

Mais que ce passe-t-il ? Principe de l’arroseur arrosé, avec des braqueurs, et un psychopathe. Autant vous dire que ce n’est pas du tout un livre facile à lire.
Je vous parlai tout à l’heure des procédés… Ellipses temporelles, non dit, sous-entendus… Tout ce qui compose un thriller psychologique très prenant et très éprouvant, où on a l’impression de ressentir chaque supplice que subissent les personnages. C’est pour dire ! Ce bébé fait 635 pages, et je l’ai pourtant fini en moins d’une semaine.

Mais surtout, c’est la dimension purement humaine qui est dérangeante dans ce roman, plus que les choses décrites elles-mêmes : comme à son habitude, Karine Giebel aime exploiter le côté sombre de l’être humain, ses failles les plus inavouables, et ce que l’instinct de survie peut pousser à faire, mais aussi ce que l’être humain est capable de faire à un autre être humain dans le seul but d’accomplir ses désirs. Là, est toute la puissance de Giebel : à travers des sujets extrêmement durs et tabous, elle va nous montrer le côté le plus dérageant de l’Humain.
De plus, elle ne va jouer non seulement sur les faiblesses typiquement humaine de ses personnages, mais sur les faiblesses de nous, pauvres lecteurs : l’empathie entre en jeu, ainsi que notre jugement, et les notions de Bien et de Mal, dans un huis-clos infernal. Huis-clos entre personnages, huis-clos entre le livre, et nous.

Je tiens à préciser que je ne conseille pas ce livre à tout le monde, qu’il faut être conscient de son contenu avant de se lancer. Au niveau des thématiques, sachez que vous allez vous retrouver avec : meurtre, séquestration, torture psychologique, torture physique, pédophilie, viol sur mineur, et j’en passe. Soyez prévenus.

En bref, un huis-clos éprouvant, violent, et épouvantablement addictif.

Citations :

D’un point de vul pénal, mieux vaut violer une femme que le coffre d’une banque. Prendre les armes pour prendre l’argent là où il se trouve, voilà un crime impardonnable aux yeux de la justice… Vraiment aveugle, aucun doute.


La douleur est une bonne compagne, fiston. Parce qu’elle est la plus fidèle qui soit.


Lui qui n’a pourtant jamais tué personne.
Jamais avec une arme à feu en tout cas.
Trop facile, trop banal. Trop vulgaire.
Toujours des lames tranchantes, des objects contondants, des cordes, ou à mains nues.
Il considère que les armes à feu sont réservées à ceux qui manquent d’imagination ou sont pressés. À ceux qui ne vénèrent pas l’acte de mise à mort.


« L’espoir fait vivre. »
Ce qui veut dire que le désespoir tue.


Elle a toujours préféré les mots aux chiffres. Tellement plus poétiques. Tellement plus beaux. Tellement plus généreux, riches et élégants. Tellement plus émouvants.
On ne déclare pas son amour avec des chiffres.
On n’appelle pas au secours avec des nombres.

Ma note : 18.25/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Érotique·Coup de coeur·Drame·Philosophie/Réflexion·Romance·Thriller

Oeil pour Oeil – Cha Raev

couv54221894Caractéristiques : 

  • Auteur – Cha Raev
  • Editeur – Mix
  • Parution – 2016
  • Pages – 352
  • ISBN – 978-2375210086

4ème de couverture : 

Jusqu’où iriez-vous pour vous venger ? Cyril est un homme brisé. Vide. Vide de toute raison, de toute espérance. Tout ce qui lui reste, c’est le but qu’il s’est fixé. Sa rage et sa haine sont les seules flammes qui brûlent encore en lui. Pour assouvir sa vengeance, il acceptera de plonger en enfer. Son enfer mais aussi celui des autres. Un jeu d’illusions et de miroirs qui le mènera aux frontières de la moralité, le contraindra à les repousser. Mais parfois, la rédemption se trouve au plus profond de la damnation.

Mon avis :

Rien que par son résumé, je me suis doutée que ce livre allait beaucoup me plaire. Intuition qui s’est confirmée quand j’ai découvert le style de l’auteur… C’est un coup de coeur !

Le style de Cha Raev est sublime. Il arrive à être à la fois voluptueux, léger, et extrêmement personnel… Mais aussi extrêmement dur, glaçant et grave. Un mélange haut en couleur qui arrive à se placer au plus proche de l’être humain, au plus proche de la réalité d’un esprit. Et c’est phénoménal. La charge émotionel des mots et les tournures de phrases donnent au roman une dimension émotionnellement très intense. Préparez vos mouchoirs !

Pour ce qui est de l’intrigue, on est sur quelque chose d’assez basique, mais qui marche extrêmement bien : un amour perdu, une envie de vengeance… Et c’est la déchéance. Un cocktail explosif entre les bonnes mains (et surtout avec les bons mots !).

L’histoire elle… J’en ai rarement lu d’aussi palpitante et d’aussi prenante, émotionnellement parlant.  On suit les aventures à travers les yeux de Cyril. Somme de toute, elle est plutôt simple, mais elle est tellement bien menée… Je ne veux pas en dire trop de peur de spoiler et de vous faire perdre la petite étincelle que j’ai eu pendant ma lecture. Sachez simplement qu’elle est excellente, palpitante, et pleine de rebondissement qui ont su me faire grimper aux rideaux !

J’ai rarement vu des personnages aussi travaillés, et qui arrivent à retranscrire autant d’émotion.

Cyril, bien qu’il soit notre personnage principal, n’est pas le plus travaillé à mon goût, même s’il approche de la perfection. Il est… Humain. Il fait des erreurs, les assume plus ou moins bien. Il pleure, il sourit… Et déterminé.

Le personnage le plus travaillé reste à mon sens le Papillon. Mystérieux, ambigüe… On arrive à ressentir l’ambiance lourde et feutrée qu’il apporte aux scènes, tout comme on arrive à sentir cet anneaux se former autour de notre poitrine quand il est là, comme c’est le cas pour Cyril.

Ce que je trouve extrêmement fort, c’est que Cha Raev a réussi à placer dans son monde dur et impitoyable, une romance M/M extrêmement puissante et émouvante. Un énorme point positif, qui vient rajouter de la profondeur au texte, mais aussi, à choisir, de la lumière ou de l’ombre. Autant prévenir, les scènes de sexe sont explicites.

En bref, ce livre m’a fait vibrer. De l’action, une romance, des sentiments forts, un but… Un roman excellent qui saura vous faire vibrer et sortir les mouchoirs !

Citations :

Quand un grand venait nous chercher des poux dans la tête, on lui cassait la gueule ensemble. Ou bien on se faisait étaler… Toujours tous les deux.


C’est pas facile d’être responsable du bien-être de quelqu’un.


La rage n’est ni tiède, ni apaisante. Elle vous consume, vous dévore. Ce que vous êtes, qui vous êtes, et tout ce que vous aviez prévu de faire ou d’être.


La patience est une voie difficile, mais aussi celle de toutes les satisfactions. Elle est la voie du temps, du discernement ; contrairement à la hâte qui ne se dévore que dans la passion et le tourment.


Qu’importe le vin pourvu qu’on ait l’ivresse.
Qu’importe le coupable pourvu qu’on ait la vengeance.


Les illusions sont commes les papillons de nuit : attirés par les lumières artificielles. Elles ne s’épanouissent que dans l’obscurité et le doute. Elles ne sont pas tangibles et il est impossible de s’en saisir. Les illusions flottent à la limite de ce quelque chose, de cette conscience où tout se brouille. Elles sont parfois vénéneuses, et pourtant on ne peut en détourner le regard, au risque de se laisser happer par leur parfum suave et toxique. Les contempler, c’est se retrouver piégé devant la danse lascive d’un serpent doré, si hypnotique qu’on en vient à espérer sa morsure autant qu’à la redouter.

Ma note : 19.25/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5
• Bonus « Charge émotionnelle » : +1pt

Drame·Thriller

Secrets Mortels Saison 2 (Secrets Mortels 2/3) – Sam Carda

51ow8diha1l-_sx330_bo1204203200_Caractéristiques : 

  • Auteur – Sam Carda 
  • Editeur – Autoédité 
  • Parution – 2016
  • Pages – 206
  • ISBN – B018MD0U10

4ème de couverture : 

Le Domaine des Fontaines a tremblé.
Touchée en plein cœur, Enora Visconti a vu sa famille se démembrer et son terrible secret révélé à son ennemi juré: Victor Pontier.
Désormais, elle ne peut plus rien lui cacher.
Il se dirige vers la chambre 785 du Grand Hôtel de Bordeaux et découvre l’incroyable vérité.
Comment réagira-t-il ? Va-t-il comprendre ce qu’implique cette terrible conspiration ?

De son côté, Evan Visconti fait appel à Myriam de Lagardère, l’ex-femme de Victor Pontier, pour reconquérir le Domaine et reprendre le contrôle.
Riche aristocrate, elle est passée maître dans l’art de la manipulation. Très influente dans la région, elle s’introduira dans la vie de la famille Visconti pour semer la zizanie et assouvir une vengeance enfuie depuis longtemps…

Les secrets n’ont pas fini d’être révélés et surtout, ils continueront d’être mortels !

Mon avis :

Qu’est-ce que j’ai pu l’attendre cette suite ! Et la voilà, enfin… Et bien meilleure que la précédente saison !

Le style de Sam Carda a, entre la Saison 1 et la Saison 2, évolué, et en mieux ! Plus précis, plus poignant, plus haletant… On est immergé bien plus vite dans l’intrigue, l’histoire, ou même la psychologie des personnages. Mais surtout, chose très forte : il arrive à nous mener en bateau. Tout comme les personnages le font en entre-eux, avec coups bas et complots, l’auteur fait de même avec nous, lecteur : nous faire croire une chose, révélation… BAM ! Le contraire. On nous emmène sur une piste, puis c’est un cul-de-sac… On escalade le mur, pour finalement tomber dans une trappe… Un véritable labyrinthe digne de Dédale, dans lequel j’ai adoré me perdre.

L’intrigue, comme dans le premier tome, est une base de thriller semi-policier, semi-journalistique, avec recherche de vérité, avec complots et bâtons dans les roues à la clef. Du fait d’un style qui est mieux maîtrisé, la répercution des actions des personnages sur nous, lecteurs, est d’autant plus forte. Mais surtout, grand point positif : on sent les noeuds de l’intrigue se resserrer sur les personnages, le fil rouge se complexifié… Exaltant !

L’histoire… Olalalala… Déjà qu’elle était relativement complexe dans la première saison par une multitude de personnages et de complots qui s’entre-mêlent, alors là, dans cette seconde saison… Tout s’emmêle encore plus, de nouveaux personnages arrivent, soulevant de nouvelles questions, d’autres partent et laissent d’autres questions dans les airs. Tout se mélange et nous, on est là, devant ces mots, à se dire « Oh putain. C’est énorme. ». Rien de plus à ajouter.

Je note aussi une très nette amélioration au niveau du développement des personnages : bien plus travaillés, ils sont bien plus profonds, plus nuancés, et moins lisses que dans la première saison. Un énorme plus, qui fait que l’on s’attache bien plus à eux, même à ceux que l’on a pu détester dans la première saison. Un énorme plus !
Mais alors, qui est le maître chanteur..? J’ai ma petite idée sur la question. Un personnage est montré comme bien trop lisse, gentil, et innocent pour l’être pleinement à mon goût vu le tempérament des autres personnages. Affaire à surveiller !

En bref, une saison explosive, bien meilleure que la première ! Je n’ai qu’une hâte : lire la saison 3 !

Citations :

Il était impossible de prévoir que le lendemain matin la police allait découvrir un corps sans vie dans ce cercueil censé être vide.
Un corps qui allait tout changer.


– Je voulais la vérité.
– Parfois, elle ne sert plus à rien.

Ma note : 16.75/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.25/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5