Coup de coeur·Drame·Roman/Polar Noir·Thriller

Transe – M.I.A.

cover-748.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – M.I.A.
  • Éditeur – Hélène Jacob
  • Parution – 2017
  • Pages – 490
  • ISBN – 978-2370115720

4ème de couverture :

Vous vous réveillez, le corps couvert de sang et l’esprit confus, dans un bâtiment abandonné, aux fenêtres condamnées et aux issues verrouillées.
Pourquoi vous trouvez-vous ici, quel est cet endroit et comment vous en échapper ?
Un ennemi invisible, qui semble rôder à proximité, vous laisse des messages et des indices mystérieux, en rapport avec votre passé. Pour survivre et comprendre les raisons de votre enlèvement, vous devez franchir les nombreuses zones qui vous séparent de la sortie, tout en élucidant les énigmes placées sur votre chemin.
À la frontière du roman et du jeu de rôle, « Transe » est un thriller où vos décisions influencent le déroulement de l’histoire et sa conclusion.
Parviendrez-vous à atteindre la dernière porte ?

Mon avis :

Vous connaissez mon amour pour les thrillers psychologiques. Vous savez que j’aime me mettre dans la peau des personnages qui rythment les romans. Alors imaginez ma joie quand on m’a proposé à la lecture ce roman dont vous êtes le héros… version adulte, en thriller psychologique. C’est un coup de coeur, et pas des moindres !

J’avoue, j’avais quelques réticences au départ. La seule expérience que j’ai jamais eu avec les livres de ce style était les livres dont on était le héros, mais que je lisais pour l’école en primaire, où pour avancer de chapitre en chapitre, il fallait résoudre des problèmes de maths ou de français… Autant dire que je ne savais pas trop à quelle sauce j’allais être mangée, aussi bien par le concept que par l’auteur.

Dès le départ, on est plongé dans une ambiance quelque peu angoissante : réveil au milieu d’un lieu qui nous est inconnu, délabré, sans se rappeler de rien, les vêtements ensanglantés d’une hémoglobine qui ne nous appartient pas. Joyeux n’est-ce pas ?
Au fil de nos décision, nous découvrons quel est ce lieu, les histoires qui y sont liées, et en quelque sorte aussi, la notre – enfin de Lindsay, notre projection dans le roman -.

Je ne saurais dire ce que j’ai ressenti pendant ma lecture, à part de l’étonnement, et une surprise très agréable. Le départ a été un peu laborieux pour moi qui n’ai pas l’habitude de ce type de roman à choix, mais très vite, j’ai été prise dans une spirale qui m’a littéralement empêchée de détourner mon attention du livre. J’avoue, en commençant ma lecture, je comptais m’arrêter dès ma première mort – me connaissant, je savais que ça risquait d’arriver -. Mais à ma première mort, je n’ai pas pu m’empêcher de rebrousser chemin, et de m’escagasser pendant près d’une heure à trouver la meilleure fin – après deux ou trois morts, certes, mais j’ai quand même réussi ! -.

Et là où le roman m’a surprise, c’est par sa cohérence et sa fluidité. J’avais peur que les raccords entre les chapitres ne soient pas tous parfaitement fluides – oui, selon le choix que l’on fait, cela impliquait une certaine suite, et j’avais peur d’avoir des faux raccords -, et ce ne fut absolument pas le cas : tout coulait de source. J’avais peur d’avoir un style bâclé, ou du moins peu travaillé, et ce ne fut absolument pas le cas, bien au contraire ! Riche, fluide, agréable à lire et très prenant, il nous plonge merveilleusement bien dans l’intrigue et l’ambiance pesante et horrifique de ce monde.

En bref, un roman excellent, qui est une très bonne mise en jambe dans l’univers des livres dont on est le héros, qui saura ravir à la fois les amateurs comme les habitués du genre !

Citations :

La police ne sert à rien. Tout est fait pour que la victime ait l’air coupable. Quand je serai morte, ils diront que c’est dommage, mais qu’ils ne pouvaient rien faire avant. Parce qu’il se débrouille pour ne jamais laisser de marques. Parce qu’il n’y a pas de preuve. Juste ma parole. Et ça ne suffit pas.

Malheureux, mais vrai…

Ma note : 18.25/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Contemporain·Coup de coeur·Drame·Philosophie/Réflexion·Thriller

Je sais où tu es – Claire Kendal

couv60403836.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Claire Kendal
  • Editeur – France Loisir
  • Parution – 2015
  • Pages – 410
  • ISBN – 978-2226322838

4ème de couverture :

Un matin, Clarissa se réveille dans le lit d’un collègue, sans aucun souvenir de ce qui l’a menée là. Bientôt cet homme fait de sa vie un cauchemar. Espionnée, traquée, harcelée, Clarissa doit faire face à une obsession toujours plus menaçante. Saura-t-elle s’en échapper avant qu’il ne soit trop tard ?

Mon avis : 

Cela fait un moment maintenant que j’ai lu ce roman, et pourtant, quand je revois sa couverture et que les souvenirs remontent, je suis toujours aussi glacée parce la vraisemblance de l’intrigue, et surtout des situations et ressentis dépeints. Un coup de coeur pour un texte féministe qui traite d’un sujet encore tabou, et pourtant bien trop réel.

Ce roman suit une double trame : on suit à la fois Clarissa dans sa vie personnelle de jeune femme harcelée par un homme, ainsi que Clarisse dans son exercice de jury lors d’un procès pour viol et séquestration. Dans les deux cas, on n’en ressort pas indemne. Ça ne réveille pas toujours les mêmes émotions en nous : tantôt la peur, tantôt le dégoût… Ce livre a un réel potentiel d’ouverture, en cela qui peut permettre à un lectorat plutôt masculin de mieux appréhender le harcèlement de rue et le harcèlement sexuel ; mais aussi de faire écho auprès d’un lectorat féminin.

Dans les deux cas de figure (l’aspect procès et l’aspect vie personnelle de l’héroïne), je me suis sentie concernée : ces deux intrigues sont les faces d’une même médaille qu’est le harcèlement et l’objectivation des femmes. Mais le plus dur a été de lire le ressenti que pouvait avoir et que Clarissa avait, mais aussi de voir que les réactions des hommes et des autorités dans ce roman correspondent que trop bien à notre réalité.

Je ne vous cache pas que ce roman a été très dur à lire, entre mon hypersensibilité, et le fait de lire des situations que je peux vivre au quotidien…Ce n’a pas été une lecture facile, mais oh combien enrichissante et engagée. Sans le crier sur les toits, ce roman est une pépite qui, vulgairement dit, remet les barres sur les T et les points sur les i.
Effectivement, l’auteur n’hésite pas, à l’aide d’une plume agréable et fluide, de pointer du doigt des choses encore trop peu considérées : le harcèlement de rue, le harcèlement sexuel, l’objectivation des femmes, le sentiment que tout est dû (d’un point de vue sexuel) aux hommes de part leur sexe, la défaillance du système judiciaire dans les affaires d’harcèlement et de viol… Et c’est en ça que c’est un livre excellent : il montre de A, à Z, les cause, les conséquences, et surtout, les répercutions physiques et morales présentes chez les victimes.

En bref, un livre tabou, dur, glaçant, mais nécessaire. Un vrai coup de coeur.

Citations :

Les accusés disent nibards. Rowena dit nichons. Moi, je dis seins. Je ne sais pas ce toi tu dis. Je ne veux pas le savoir. Ce que je sais par contre, c’est ce que ces différences comptent.


Par où commencer pour démontrer la folie de ta lettre ? Tu n’entends donc pas ce que je te répète – non, non, et encore non – encore et encore ? Je crois qu’il t’est impossible de comprendre ; tu es prisonnier d’une forme délirante de raisonnement décalé, de sincérité terrifiante même.
As-tu inspecté mes CD et mes DVD quand tu étais chez moi ? Parce que tu as raison : j’adore ce ballet. Par contre je le détesterais à un point dont tu n’as pas idée si je devais le voir avec toi. De la part d’un autre homme, le geste aurait pu être romantique. Mais pas de ta part à toi. De la part de celui qui a utilisé ma plus vieille amie et l’a retournée contre moi. Venant de toi, ces billets sont une agression, pas un cadeau.


S’il y avait bien une chose que montraient ces peintures et poèmes romantiques, c’était le danger d’un vrai regard direct et décidé.

Ma note : 18.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Contemporain·Drame·Roman/Polar Noir·Thriller

ALIENOR, l’origine de toutes les haines – Aurélien Grall

cover-203.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Aurélien Grall
  • Éditeur – Autoédité
  • Parution – 2014
  • Pages – 295
  • ISBN – 978-1520121062

4ème de couverture :

Alexia est encore petite fille lorsque des inconnus l’arrachent à sa famille pour la conduire dans une école privée, l’Académie Aliénor d’Aquitaine.

Le pensionnat d’élite est censé lui promettre le plus brillant des avenirs, bien loin de la misère qui l’a vue naître.

Mais les choses ne se passent pas comme prévu et la petite prend progressivement conscience, en compagnie de ses deux amies, Jade et Clarisse, qu’elles sont promises à de beaucoup plus sombres desseins…

Mon avis : 

De retour avec une lecture issue de l’auto-édition, ALIENOR aurait pu être un roman explosif aux intrigues fortes et complexes. Mais c’est un goût de frustration qu’il me laisse sur la langue.

Vous l’aurez compris, je suis assez mitigée sur ce roman. En effet, il y a des choses qui m’ont complètement emballées, et d’autres qui au contraire, m’ont plutôt refroidie.

Le premier défaut que j’y trouve, c’est un résumé qui ne correspond pas au contenu. Un résumé très – trop – évasif, et une mise en bouche dans un premier chapitre qui laisse sous entendre beaucoup de chose bien croustillante. Je n’avais qu’une seule hâte, me plonger à l’intérieur et voir comme l’auteur allait réussir à mener son plan à bien.
Sauf que cet espoir que j’avais est resté, au final, vain : nous avons un premier chapitre qui nous promet une suite toute en finesse, subtilité et manigance… Pour nous retrouver au final avec des explosions, des armes et des coups de feu partout. Je m’attendais à voir des jeunes femmes manipulant les hommes politiques, et grands du monde, afin de ramener la paix… Et au lieu de cela, j’ai eu des soldats assoiffées de sang, de véritable machine à tuer, qui exécutent des missions.
Sur le fond, je n’ai rien contre ce genre de roman. Ce qui me chiffonne plus, c’est d’avoir eu l’espoir d’un certain roman, que le premier chapitre nous vend allègrement, pour au final avoir son opposé. Un mauvais point donc, puisque je ressors frustrée et en quelque sorte, déçue.

Autre point qui m’a dérangé : le style. En plus de ne pas le trouver des plus réguliers – tantôt très voire trop simpliste, tantôt bien trop alambiqué à mon goût -, je l’ai trouvé relativement terne, pour ne pas dire creux. Les émotions que j’ai pu ressentir étaient plus lié à ma sensibilité de lectrice qu’au pouvoir des mots employés. Et je trouve cela d’autant plus dommage que l’histoire était une véritable mine d’or à exploiter.

La dernière chose qui m’a dérangé a été le rythme du roman. Je l’ai trouvé un peu trop linéaire, et sans véritable variations qui auraient pu donner à l’oeuvre une dimension plus angoissante ou plus effréné pour les moments d’actions pures. Certains passages (notamment celui du passage des épreuves de la course d’obstacle) revient bien trop souvent et vient très vite lasser, tout comme je n’ai pas eu l’impression d’avoir eu de pause narrative, ou d’accélération.

Un style peu adapté, un rythme mal maîtrisé, des espoirs non satisfaits… Ce roman aurait pu être un flop total, s’il n’avait pas eu son plus gros point fort : son originalité.

Même s’il aurait mérité plus de travail de relecture, de ré-écriture et un potentiel suivi éditorial pour le mener au plus haut de son potentiel, je retiens surtout le potentiel qu’il contient, et ce qu’il pourra devenir avec du travail et des années supplémentaires. Parce que les idées sont bonnes, et elles sont là. Il ne manque plus qu’une meilleure mise en page.
J’ai bien une certitude quant à cet auteur et à ce roman : les deux, une fois mûrs et à point, seront de vraies pépites. Le roman est sorti en 2014, et je suis certaine que l’auteur n’a pu que s’améliorer depuis.

En bref, si vous êtes amoureux d’actions et d’intrigue rapides, foncez !

Citations :


Pas de relevé !

Ma note : 12.5/20

• Scénario – 3.25/4
• Ecriture/Style – 2/4
• Potentiel d’addiction – 2/3
• Personnage – 0.75/2
• Emotions – 1/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Coup de coeur·Drame·Roman/Polar Noir·Thriller

Les Morsures de l’ombre – Karine Giebel

couv40602255.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Karine Giebel
  • Editeur – Pocket
  • Parution – 2007
  • Pages – 300
  • ISBN – 978-2266181365

4ème de couverture :

Elle est belle, attirante, disponible. Il n’a pas hésité à la suivre pour prendre un dernier verre. A présent il est seul, dans une cave, enfermé dans une cage. Isolé. Sa seule compagnie ? Sa séductrice et son bourreau. Et elle a décidé de faire durer son plaisir très longtemps. De le faire souffrir lentement. Pourquoi lui ? Dans ce bras de fer rien n’est dû au hasard. Et la frontière entre tortionnaire et victime est bien mince…

Mon avis :

Depuis que je suis sur la blogo, vous le savez, je suis une grande fan de Karine Giebel, et des thrillers psychologiques de manière plus générale. Je peux vous dire que c’est un coup de coeur !

Beaucoup plus court que Purgatoire des innocents, on peut se dire – naïfs que nous sommes… – qu’il sera peut être plus soft. Et bien non. Si Purgatoire des innocents tire justement sa force de sa longueur et de ce sentiment d’attente insoutenable, Les Morsures de l’ombre fait de sa brièveté sa clé de voute. Fort de seulement 300 petites pages, Karine Giebel arrive encore une fois à nous glacer le sang, de part à la fois le récit en lui même, mais aussi par son rythme.

En effet, on va suivre tout au long du roman Benoit, policier de métier, subir une séquestration. Son bourreau ? Une femme.
Les personnages, tous très complexes et complet, permettre à l’intrigue et aux sentiments de prendre beaucoup plus de place : on développe une véritable empathie pour la majorité des personnages, au point qu’il est impossible de savoir qui on déteste, qui on aime, et de qui on a pitié.
Entre lutte pour la vie, contre cette femme, mais aussi lutte contre lui-même et contre la folie qui le gagne, on se laisse emporter dans ce tourbillon de noirceur qui se déroule sur les lignes qui noircissent ces pages assassines.

Je parlais du rythme précédemment. À nouveau, Karine Giebel montre son talent en en jouant de manière extrêmement vicieuse. Un début relativement lent, posé, qui stagne même pendant un temps… Avant une brutale accélération : de 0 à 200km en moins d’une ligne. Et là, c’est le rush. Ce thriller déjà monstrueusement addictif se transforme en véritable page-turner, une course contre la montre. Mais la montre gagnera-t-elle ?

En bref, un thriller noir, puissant, captivant et intense qui ravira les adeptes du genre, et sanglera d’effroi les non initiés.

Citations :

– Si je peux… Être amputée de la moitié de soi, c’est bien plus terrible que la mort, crois-moi…


On s’habitue à tout. Ou presque. Benoît s’enfonce lentement dans une sorte de marécage vaseux. Plus on s’agite, plus vite on coule, paraît-il. Alors, il bouge le moins possible. Une technique comme une autre.


Vivre avec la peur chevillée au corps, vingt-quatre heure sur vingt-quatre, tel est son terrible sort, à présent. Le sort de tous ceux qui se retrouvent à la merci d’un autre.


Il ne s’était pas trompé. Mieux qu’une armada de caméras de surveillance : une mamie postée derrière une fenêtre !

Ma note : 18.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Drame·Thriller

La Résurrection (Extraction 2/2) – Tony Perraut

cover-280Caractéristiques : 

  • Auteur – Tony Perraut
  • Editeur – Auto-édité
  • Parution – 2017
  • Pages – 330
  • ASIN – B0722N7KD4

4ème de couverture :

Tu ressors d’un long cauchemar dans lequel tu t’étais volontairement endormi.
Tu te retrouves de nouveau seul.
Toujours cette peur dans le ventre, Un soir tu entends, venant d’un haut-parleur situé en haut de cette immense pièce une voix.
Tu ressens le moindre fragment de son ton,
Elle est là : 72 heures pour sortir, 72 heures pour comprendre la réalité du monde. Les démons ressortent.
Et le meurtre lui, se fera sans anticipation. Tuer pour survivre, survivre pour être tué.

Mon avis :

Vous aviez eu droit à la chronique du premier tome il y a peu, et je remercie l’auteur d’avoir placé sa confiance en moi une nouvelle fois pour lire le second tome en avant première (sortie le 27 juin)… Et bien je ne suis pas passée loin du coup de coeur !

Que d’amélioration ! Quand nous avions un premier tome un peu brouillon sur les bords et extrêmement confus, avec un rythme mal maîtrisé, et que nous avons là un second tome bien plus maîtrisé, plus mature, avec un rythme bien plus soigné… Je ne peux qu’applaudir.

Bien que l’on soit toujours dans la tête d’Ugo, ce pauvre homme pas très équilibré, on arrive à suivre ses délires, à les comprendre, les interpréter… C’est déjà beaucoup plus agréable pour nous, lecteurs, car nous sommes bien moins perdus, mais aussi pour le personnage lui-même qui, bien que déséquilibré, possède tout de même un semblant de cohérence et de solidité.

Il en est de même pour les thèmes abordés : meurtre, peur, blessure, courage, survie… Le tout, savamment arrangé, donnant alors un ensemble à la fois cohérent et qui sonne juste. Et c’est cela le plus important : dans le précédent tome, les thèmes étaient trop disparates, les liens entre eux trop fins pour donner un ensemble sur le bon ton. Ici, rien de cela.

Ce que j’ai vraiment trouvé intéressant, c’est à la fois le développement donné avec la trame de fond plus axé sur la famille et le passé, ainsi que la comparaison constante, lors des moments de folies ou d’adrénaline, avec un orchestre, une musique, le plus souvent classique. J’en viendrai même à me demander si cette saga ne serait pas – dans une certaine mesure – une métaphore d’un opéra ou d’un concerto. Oui, je vais loin.
En bref, une écriture bien plus travaillé et mature, sur un lit de suspens bien rythmé, à la chute du moins improbable. Chapeau !

Citations :

Parfois, les mots sont impossibles alors on ferme les yeux et on montre des images. Des images indescriptibles. Comme si elles étaient destinées uniquement à être imaginées et non révélées.


– Si ma vraie maman est l’étoile et mon papa l’univers, je veux être le rêve car sans lui les étoiles n’existent pas, elles ne sont que des planètes. Alors que dans nos rêves, elles sont brillantes et scintillent dans le ciel comme des milliers de mamans oubliées.


L’homme n’a pas de peur. Ah si, une seule, la vérité.


On n’arrête pas les bonnes choses, on les fait vivre à jamais.


– Tu ressens ? Il y a autant de battements de coeur actuellement que de jours que je veux passer avec toi.


Nous sommes ce que nous devons être.


Les étoiles paraissent heureuses et pourtant si tu regardes bien, elles sont mortes.


Je n’ai de rêve que celui où tu m’as dit je t’aime.

Ma note : 16.5/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 2.75/3
• Personnage – 1.5/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Drame·Fantasy/Fantastique·Thriller

Sur le seuil – Loïc Dossèbre

cover-236Caractéristiques :

  • Auteur – Loïc Dossèbre
  • Editeur – Auto-édité
  • Parution – 2017
  • Pages – 30 
  • ISBN – Non renseigné

4ème de couverture : 

Un visiteur étrange, chaque semaine – à la même heure –, frappe à la porte d’un vieil homme reclus dans son appartement. Celui-ci n’a pas le temps d’ouvrir que la chose, déjà, se volatilise. Il s’inquiète et au fil des jours sombre peu à peu dans la paranoïa…

Mon avis :

Si je vous dis : nouvelle, horreur, mystère… À quoi pensez-vous ? Si vous pensez au Horla de Maupassant, vous n’êtes pas loin ! Je parle ici de Sur le seuil, une nouvelle d’une trentaine de pages qui n’est pas passé loin du coup de coeur pour moi !

Un univers tout ce qu’il y a de plus banal, avec un personnage des plus insipide par sa neutralité… Mais tout bascule le jour où quelqu’un sonne à sa porte chaque semaine, exactement à la même heure…

Nous suivons donc ce personnage d’homme âgé, probablement retraité, vivant dans un immeuble peut fréquentable, qui va finir par sombrer dans la folie. Ce qui est extrêmement intéressant et poignant, ce n’est pas tellement ce qu’il lui arrive – bien que ce soit dramatique – mais plutôt comment est-ce qu’il réagit.
En effet, on voit ce bon vieux papy sombrer dans les méandres de son cerveau et de sa paranoïa, jusqu’à une certaine fatalité plus que tragique.

Mais ce que j’ai énormément apprécié dans cette nouvelle, c’est avant tout les ressemblances présentes avec Le Horla de Maupassant. Un style d’écriture qui peut s’en rapprocher par moment, un sujet commun, avec une évolution commune… Nous ne voyons pas simplement notre personnage principal tomber, nous tombons avec lui, la boule au ventre : avec cette nouvelle, on ne lit pas avec les yeux, mais avec les tripes.

En bref, une nouvelle excellente d’un auteur à surveiller de près.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 16.5/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.25/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Drame·Thriller

La naissance (Extraction 1/2) – Tony Perraut

cover-98Caractéristiques : 

  • Auteur – Tony Perraut
  • Éditeur – Auto-édité
  • Parution – 2017
  • Pages – 312
  • ISBN – 978-1520687100

4ème de couverture : 

Je suis Ugo, j’ai 25 ans. Un soir, je me suis réveillé. Je n’étais pas chez moi, j’étais chez eux. Une pièce de seulement cinq mètres carrés pour vivre, des envies de mourir. Ils me surveillent. Un soir, je gratte le mur, de longues heures. J’entends des bruits ! Ils sont là. Un trou apparaît. Eux, c’est elle. Scarlett, ma sœur. Rien n’est normal, tout est incontrôlable. La drogue, ils nous droguent. Des rêves hallucinatoires… Célia, mon amour, tu es morte il y a des mois. Je vais découvrir que nous avions une petite. Tu vas réapparaître, disparaître. Nous allons devoir sortir si nous ne voulons pas mourir. Mais avant ça, je vais devoir revivre mon passé. Je t’en supplie, aide-moi.

Mon avis :

Premier roman reçu via la plateforme SimPlement (que je conseille à tous les auteurs, blogueurs et éditeurs soit dit en passant), j’avoue être assez mitigé pour cette lecture. Il faut savoir que Tony Perraut est un auteur auto-édité (vous savez que je suis favorable à ces derniers).

Que dire de ce premier roman, pour le moins extrêmement spécial ! Tout d’abord, il est assez long, compte-tenu du contenu réel, ce qui peut être un frein pour beaucoup. Le speech de base est assez simple, et typique d’un thriller-psychologique comme on les aime : un homme enfermé depuis un moment pour on-ne-sait-quelle-raison, tente de s’échapper, mais son esprit décline…

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’ai été sur des montagnes russes avec ce roman, mais pas forcément de la bonne manière. Je m’explique. Le début est extrêmement prometteur, avec des phrases assez courte, nous donnant une impression d’enfermement et d’essoufflement assez conséquent : tout ce qu’il faut pour créer une ambiance tendu et oppressante. Toute la première partie est assez prenante, on a envie de savoir pourquoi ce pauvre Ugo se retrouve là. Puis il arrive un moment clef où on commence à en savoir plus et là…

On va dire que je n’ai pas vraiment compris ce qu’il s’est passé, mais la lecture est devenue complètement chaotique, sans queue ni tête. Dès que j’arrivais à trouver un fil conducteur, il disparaissait aussitôt au chapitre suivant. Et ce, durant toute la partie centrale de l’oeuvre. J’ai vraiment eu cette impression de perdition, et de non-sens total, et cela m’a quelque peu dérangé. Mais alors on se souvient de l’avant-propos de l’auteur, nous mettant en garde : « Il est possible pendant votre lecture que vous soyez perdus dans le cours de l’histoire. C’est totalement normal. Moi-même quand j’ai écrit cette histoire j’ai été totalement imprégné par mon personnage au point d’en écrire les moindres faits et gestes de son subconscient. » À partir de là, plusieurs réactions sont possibles : soit on s’enferme dans l’incompréhension, et on passe totalement à côté, soit on essaie de rentrer complètement dans le roman et de comprendre pourquoi Ugo est tellement torturé.

Bien heureusement, tout fini par s’éclairer sur la fin, bien qu’il reste encore quelques petites zones d’ombres.

Ce roman est vraiment spécial et puissant, mais mériterait à mon goût quelques autres relectures afin de le rendre encore mieux. Les personnages sont extrêmement intéressants, mais trop peu exploités et explorés. De fait, on a du mal à s’attacher à eux, malgré ce qu’ils vivent. Les dialogues sont parfois un peu trop enfantin, ou surfait, et s’apparenteraient plus à des discours de théâtre que de roman, ce qui détonne un peu avec l’ambiance générale. Mais le plus gros point négatif selon moi reste encore la partie centre, trop floue et dingue, mais surtout beaucoup trop longue. Quelques passages auraient pu être très facilement supprimés, allégeant alors un peu le tout, et surtout, le rendant très certainement un peu plus compréhensible pour les lecteurs les moins concentrés et assidus.

Mais pour un premier roman, je tire mon chapeau, c’est du bon boulot. Un auteur à surveiller.

En bref, un roman qui reste bon dans le fond, bien qu’il ne sorte pas vraiment de l’ordinaire, tout en manquant un peu de rigueur et de clareté.

Citations :

Il n’y a qu’en rêvant que l’on décroche les étoiles…


Tu n’as pas peur de l’avenir… Juste de faire des erreurs…

Ma note : 13/20

• Scénario – 2.75/4
• Ecriture/Style – 2.5/4
• Potentiel d’addiction – 1.5/3
• Personnage – 1/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5