Coup de coeur·Historique·SF

Rouge Vertical (Les Temps Assassins 1/3) – Pierre Léauté

Capture d_écran 2016-08-15 à 23.42.01Caractéristiques : 

  • Auteur – Pierre Léauté
  • Editeur – Le peuple de Mü
  • Parution – 2016
  • Pages – 391
  • ISBN – 979-1092961577

4ème de couverture : 

La mort vous libère de tout.
Sauf de vos démons intérieurs.
Après une vie de trahisons, d’aventures et de défis, les flammes de l’enfer lui sont interdites.
Condamnée à errer sur Terre, Charlotte Backson va réapprendre son humanité et laisser derrière elle sa dernière incarnation, Milady de Winter.

Mon avis :

Un roman que je n’ai mis que bien trop de temps à lire. Une bonne briquette, mais… Wahou. C’est véritable coup de coeur !

Je pense très sincèrement que si on me demandait un résumé rapide de ce roman, je serai incapable d’en faire un, tant il est complexe et complet. Tout au long du roman, on suit Charlotte, une jeune femme vivant au XIVème siècle, qui découvre une chose étonnante et complètement surnaturelle : la mort n’a pas d’emprise sur elle. S’en suit une véritable épopée traversant les temps et les âges.

C’est une véritable roman de capes et d’épées, rythmées par des espaces temporels différents, tintés d’uchronie que nous livre Pierre Léauté. Que ce soit à travers le prisme de la vengeance, de l’apprentissage ou de la peur, nous suivons notre héroïne à travers ses aventures plus ou moins rocambolesque, mais toujours très touchantes, voire même dérangeante.

Ce qui est remarquable, c’est qu’on ne peut pas vraiment décrire Charlotte comme une héroïne, mais plutôt comme un anti-héros. Et c’est ce qui en fait, à mon sens, un personnage excellent et brillant d’humanité. Elle est complète, bonne et mauvaise à la fois, complexe, impitoyable comme douce… Un personnage que l’on adore suivre et dont on aime l’évolution progressive, bien que parfois, certaines claques auraient été bien mérité.

Tout au long de la lecture, j’ai du laisser de côté mes raisonnements logiques, et uniquement me fier à mon instinct et mes ressentis : une magnifique manière de nous plonger dans l’état d’esprit de Charlotte, en fuite pour sa vie.

En plus des personnages extrêmement travaillés et humains, ce roman est une véritable perle par son monde et sa mythologie. Je connais peu d’auteur qui arrive à livrer un monde aussi abouti et captivant, et Pierre Léauté fait parti de ces auteurs, auprès de Pierre Bottero et Victor Boissel. Quelle gifle ! Tout comme Charlotte, nous découvrons ce nouveau monde mystérieux et dangereux, où voyages dans temps se frottent au continuum espace-temps et aux fractales temporelles. Quelque chose me dit que le second tome va être explosif et encore plus fourni d’explication que ce premier tome !

Et bien sûr, tout cela porté par le style de Pierre Léauté qui m’a tout simplement bluffé. J’avais lu il y a quelques temps de cela son dyptique Guerre aux Grands !, où le style était bien plus simple, plus décontracté. Les Guillaume Musso et Marc Levy qui font les tops des ventes n’ont qu’à bien se tenir, la concurrence arrive, et elle va être extrêmement rude. Ici, l’auteur nous offre une prose des plus riches et complexe, sans qu’elle n’en soit lourde et imbuvable bien au contraire : tout est fluide, imagé, et puissant.

Le seul reproche que je pourrais faire à ce roman est la présence de quelques longueurs, mais qui servent de pause, donc, plutôt nécessaires.

En bref, un véritable coup de coeur pour un roman exceptionnel !

Citations :

– C’est seulement lorsque tout vous est arraché, quand rien de bon et de beau ne subsiste que l’on devient libre de faire tout ce que l’on veut, Charlotte.


– La prudence est mère de lâcheté, répliqua Abby Fierce […].


Il n’y a de destin que ce que vous en faites.

Ma note : 19.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Historique·SF

L’enfant maudit (Le Lion de Macédoine 1/4) – David Gemmel

couv19747100Caractéristiques : 

  • Auteur – David Gemmel
  • Editeur – Folio (Collection SF)
  • Parution – 2002
  • Pages – 403
  • ISBN – 978-2070421220

4ème de couverture : 

Il s’appelle Parménion, moitié spartiate, moitié macédonien et, dans le tissu de tous les avenirs possibles, la vieille Tamis a pressenti le rôle qu’il doit jouer contre l’Esprit du Chaos et l’avènement du Dieu Noir. Il sera le Lion de Macédoine et la Mort des Nations. Avant de devenir un strategos d’exception, il lui faudra cependant s’extraire de la haine et de l’humiliation que les jeunes Spartiates lui imposent, car il est un sang-mêlé. Mais quand Sparte et ses lois odieuses précipitent dans la mort Dérae, la seule femme qu’il ait jamais aimée, pour Parménion ne reste qu’un horizon celui de la vengeance… Sparte doit tomber !

Mon avis :

Un de mes livres favoris ! Que se passe-t-il quand on allie antiquité grecque, et prophétie ? Et bien cela donne la saga Le Lion de Macédoine ! Un véritable coup de coeur, à la fois pour la saga, mais aussi pour ce premier tome.

David Gemmel nous transporte dans un univers bien spécial : la Grèce Antique, à Sparte, quelques années avant le début de la guerre du Péloponnèse (qui, rappelons le, a opposé Sparte à Athènes, et s’est soldée par la victoire de Sparte). Nous suivons tout au long du roman Parménion, jeune métis mi-macédonien, mi-spartiate, de son adolescence jusqu’à l’âge d’environ trente ans, à travers ses aventures et déboires.

Amour, guerre, trahison, complot, libération… La vie du jeune Parménion est loin d’être simple et calme, bien au contraire. Maltraité par les autres Spartiates à cause de son métissage, son adolescence est parsemée de malheur et de douleur, qui lui forge un caractère d’acier. S’il a bien une passion – si je puis parler ainsi -, c’est la stratégie guerrière. Et c’est grâce à cela, qu’il arrivera à s’élever progressivement, et à devenir que ce l’histoire avec un grand H nous a livrer : Parménion, un des principaux généraux du roi Philippe II de Macédoine, et de son fils, Alexandre le Grand.

Véritable immersion dans le monde la Grèce Antique, ce livre est un bijoux : plutôt bien documenté pour ce qui est de la partie historique, la partie bien plus littéraire est un véritable régal pour tous : alliant à la fois histoire, aventure, amour interdit et fantastique, L’enfant maudit est une parfaite mise en bouche dans ce monde si particulier et quelque peu angoissant que nous dépeint David Gemmel, maître du fantastique/fantasy.
Il arrive à doser avec une subtilité aussi rare que précise le fantastique et l’imaginaire, nous donnant l’impression de lire un roman purement historique, mêlé à une part de rêve, ou de cauchemar, tout dépend du point de vue.

C’est sans compté sur toute la culture hellénique, stratégie et militaire : description de bataille, de choses du quotidien… Une véritable mine d’or.

En bref, un roman historique ambitieux et prenant, un coup de coeur pour moi !

Citations :

– […] Si tu souhaites cacher tes sentiments, il te faut commencer par te tromper toi-même. Lorsque tu regardes un ennemi haï, oblige-toi à croire qu’il s’agit de ton ami. De cette manière, tes traits s’adouciront et le sourire te viendra tout naturellement. N’essaye pas de masquer tes expression, car cela ne fait que clamer au monde entier que tu as quelque chose à cacher. Et quand tu le peux, enrobe les mensonges dans la vérité, car il s’agit là du meilleur déguisement qui soit.


– […] Des hommes bons meurent parfois sans que l’on s’en aperçoive et sans que l’on verse une larme pour eux, tandis que des tyrans sont accompagnés par des centaines de pleureuses jusqu’à leur dernière demeure. J’aime à penser que les dieux sont dotés d’un peu plus de discernement que les hommes.


– Que veux-tu que j’apprenne ? À ne pas tomber amoureux ?
– Non, car c’est impossible. Mais tu dois comprendre que l’amour est dangereux : il nous embrume l’esprit et nous cache la réalité. Pense à Hélène et Pâris. Troie est tombée par leur faute. Crois-tu vraiment que c’est ce qu’ils désiraient ? Non. Ils s’aimaient, c’est tout. Tu es l’un des hommes les plus intelligents et les plus intuitifs que je connaisse, et pourtant tu t’es comporté en sombre crétin. Si c’est là ce que l’amour apporte, je suis heureux de ne pas l’avoir connu.


Les amis ne se doivent jamais rien, et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils sont amis.


– Vous êtes vraiment cynique.
Le Thébain opina du chef.
– En effet. Mais c’est la leçon que la vie enseigne à ceux qui la traversent les yeux ouverts, non ? Tout s’achète, que ce soit à l’aide d’argent, de gloire ou de pouvoir.


– […] J’ai tenu bon, prêt à vendre chèrement ma peau. Mais je ne suis pas mort, et sais-tu pourquoi ? Parce que les dieux n’existent pas, et que toute prophétie peut être déformée pour délivrer le message que l’on souhaite entendre.


– Mieux vaut être pauvre et vivant que riche et mort, philosopha Mothac.
– Mais il vaut encore mieux être riche et vivant, lui fit remarquer Parménion.


– Mon ami, la force et la faiblesse sont bien souvent aussi proches que deux époux. Nous sommes forts car nous sommes fiers, mais nous sommes faibles car notre orgueil ne nous a jamais permis de grandir.

Ma note : 18.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.5/1.5

 

Dystopie·SF

Le Désert Rouge – J.E. Briffa

1595148496Caractéristiques :

  • Auteur – J.E. Briffa
  • Editeur – Auto-édité 
  • Parution – 2016
  • Pages – 209
  • ISBN – 978-2919764020

4ème de couverture : 

Au sein des grandes cités mobiles actionnées par la puissance de la vapeur, les hommes arpentent l’immense Désert Rouge.
Après le sabotage d’une cuve d’eau, le Baron Ambrose Walter Cappel, dirigeant la ville de Staerbury, charge son fils adoptif, Jak, de trouver les responsables. Il apparaît rapidement que le Culte de l’eau et Charles Denning, rival éternel d’Ambrose et dirigeant de la cité de Hayllonbury, ne sont pas étrangers à tout ça. Jak aura fort à faire lorsque les pirates de l’air attaqueront la ville à la rechercher de la célèbre boussole de Gerason, celle-là même qui conduit à la mythique Vallée Verte. Sans le savoir, Jak marche sur les traces de son passé…

Mon avis :

Aussi découvert via la plateforme SimPlement, j’avoue ne pas avoir été emballé pas le résumé… Jusqu’à ce qu’il soit mention de pirate, et de style steampunk. Là, je n’ai hésité, voulant découvrir ce style depuis un moment. J’ai bien fait : c’est un presque coup de coeur !

Alors pour ceux qui sont novices en les genre, le steampunk, qu’est-ce que c’est ? Je dirai qu’au niveau de l’ambiance, on est plus sur quelque chose de victorien, ou du moins dans un style historique qui ne date pas forcément d’hier, sans être trop ancien non plus. Et à cela, on y accole des objets mécaniques et finement travaillés. Un peu comme si durant la révolution industrielle, les hommes ne s’étaient pas concentrés sur l’électricité, mais sur le mécanique, la vapeur et le charbon. Ce qui donne une atmosphère très particulière, et assez explosive très agréable et qui rompt absolument tous les codes habituels.

Ce qui m’a énormément plu dans ce roman, c’est tout d’abords l’univers dépeint. En plus d’une uchronie (puisque le steampunk est, de base, un style uchronique), l’auteur nous livre une dystopie à la fois politique et environnementale. Un univers implacable, où l’immobilité vous vaut une mort certaine, avec des pirates et des magouilles politiques par dessus le marché… Que demander de plus ? J.E. Briffa mène sa barque avec brio, sur un rythme parfaitement maîtrisé. Chaque ralentissement arrive au moment opportun, tout comme les actions rapides sont immiscées au récit de manière subtile et judicieuse.

J’ai beaucoup aimé les personnages. Bien qu’ils ne soient pas extrêmement développés, et un peu cliché pour certains – je pense notamment à Walter, le fils à papa qui fait face à certaines réalité ; et à Margaret, la fille un peu gourde possédant une habileté peu commune à l’évanouissement intempestif -, ils sont tous extrêmement attachants. Deux personnages en particulier sont plus travaillés que les autres – Jak et Sirène -, ce qui donne une dimension peut être plus mature et aboutie au roman.

Je parlais tout à l’heure de dystopie environnementale… On est en plein dedans. Nous sommes placés dans un monde où le désert est le paysage admirable, et où le fantasme absolu est de trouvé la vallée verte, oasis pleine d’eau, de verdure et de paix. Cette quête à l’El Dorado est entaché par la vanité et l’ambition peu recommandable de certains hauts dirigeants, aboutissant dans le dernier tiers du roman à une véritable dystopie, avec un véritable message écologique. Message qui est d’autant plus important que notre planète se meurt pour quelques dollars en plus grâce l’or noir, le nucléaire, et l’envie de pouvoir des plus grands.

Et bien entendu, le tout est porté par un style très agréable, fluide et à la fois travaillé, qui arrive à nous transporter dans toutes les aventures possibles et imaginables.

En bref, un roman excellent, auquel je n’ai qu’un seul regret : qu’il n’y ait pas de suite.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 17/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 1.25/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

SF

Echapper aux morts (Whiskey-Tango-Foxtrot 1/?) – W.J. Lundy

capture-decran-2016-12-30-a-01-02-12Caractéristiques : 

  • Auteur – W.J. Lundy
  • Editeur – Oeil Critik
  • Parution – 2016
  • Pages – 104
  • ISBN – 978-2955612217

4ème de couverture :

Un convoi militaire évolue en plein cœur de l’Afghanistan, quand soudain, le contact radio est rompu. Seule au beau milieu du désert afghan et sans aucun contact avec sa base, une patrouille se retrouve livrée à elle-même. À sa tête, le Sergent-Chef Brad Thompson. Dans le même temps, la population locale est contaminée par un mal inconnu. La quasi-totalité des êtres humains semble s’être transformée en animal enragé, n’ayant pour seul but que de s’attaquer à ce qu’il reste du genre humain… La chasse est lancée ! Luttant pour la survie de son équipe et cherchant à unir le maximum de survivants, Brad va devoir se battre et trouver un moyen de mettre tout le monde en sécurité.

Mon avis :

Pourquoi ce livre qui sort tant de mes habitudes de lectures ? Tout simplement parce que j’avais envie de découvrir un univers nouveau (celui des zombies), et parce que je me prépare à commencer la série The Walking Dead (ne t’en fais pas Johanna – Raven’s Bookcase -, je vais la regarder, je me prépare !).

Un des bémols de ce livre serait son style que j’ai trouvé un peu trop simpliste, trop rapide. L’auteur a pris un parti pris assez dangereux : celui du visuel. Ça, on ne peut pas lui enlever, le texte est extrêmement visuel et plongé dans l’action ! On pourrait très facilement tirer un film de ce livre tant il est visuel. Mais le hic est tout de même présent : le visuel a pris le pas sur la littérature, apauvrissant alors un peu le style. D’autant que nous sommes plongé dans un contexte militaire, avec tout un vocabulaire bien spécifique, et surtout, très utilisé tout au long du roman. Pour moi qui ne suis pas une fan de tout ce qui est militaire, et qu’une fois sorti du char d’assaut et du révolver je n’y connais rien, c’était assez déroutant et parfois désagréable de ne pas forcément comprendre ce que les personnages racontaient, quand ils parlaient dans un jargon technique.

Mais bien heureusement, le livre est sauvé par son intrigue et son histoire ! L’intrigue d’abord : de la science-fiction basique, quoi que peut être un peu cliché, un peu trop à l’américaine… Je m’explique : de gentils militaires en Afghanistan qui font face à une apocalypse zombie, supposément déclenchée par une arme bactériologique mise au point par des terroristes. Dans le genre cliché américain, je ne pense pas qu’on puisse faire mieux.

Le thème principal ? La survie. L’histoire toute entière baigne là dedans : vont-ils s’en sortir ? Sont-ils seuls ? Comment tout cela a commencé ? Tant de question et relativement peu de réponse dans ce premier tome. Dommage que le rythme soit un peu trop rapide. Le lecteur n’a pas forcément le temps de se « reposer » entre deux actions, que déjà une troisième lui saute dessus. Petit livre, mais très vite épuisant, surtout quand on est un peu chochotte comme moi et qu’on a peur d’un rien.

Les personnages sont assez brouillons je trouve.

Que ce soit Brad, Éric, ou les autres, ils sont tous militaires, et sont tous un peu identiques. La seule chose qui change, c’est leur autorité selon leurs positions dans l’échelle hiérarchique. Dans l’ensemble, ils sont tous obéissants, carrés, droits, disciplinés… Ouais enfin ce sont des militaire quoi, pas besoin de faire un dessin je pense.

Les deux seuls qui sortent un peu du lot sont ceux qui apparaissent tardivement, et qui sont bien plus hauts en couleurs !

En bref, un premier tome court, avec des défauts et des qualités, mais qui pose un monde stable avec de bonnes bases. J’ai hâte de lire le deuxième tome pour voir un peu ce que ça donne !

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 13/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 2.25/4
• Potentiel d’addiction – 1.75/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Dystopie·Romance·SF

Forget Tomorrow (Forget Tomorrow 1/2) – Pintip Dunn

couv42446549-1Caractéristiques : 

  • Auteur – Pintip Dunn
  • Editeur – Lumen
  • Parution – 2016
  • Pages – 430
  • ISBN – 978-2371020641

4ème de couverture : 

Imaginez un monde où votre avenir a déjà été fixé… par votre futur moi !

Callie vient d’avoir dix-sept ans et, comme tous ses camarades de classe, attend avec impatience le précieux « souvenir », envoyé par son moi futur, qui l’aidera à se glisser dans la peau de la femme qu’elle est destinée à devenir. Athlète de haut niveau… Scientifique de renom… Politique de premier plan… Ou, dans le cas de Callie, tueuse.

Car dans son rêve, elle se voit assassiner Jessa, sa jeune sœur adorée… qu’elle passe pourtant ses journées à protéger des autorités, car l’enfant a le pouvoir caché de prédire l’avenir proche ! Avant même de comprendre ce qui lui arrive, Callie est arrêtée et internée dans les Limbes – une prison réservée à tous ceux qui sont destinés à enfreindre la loi. Avec l’aide inattendue de Logan, un vieil ami qui a cessé, cinq ans auparavant, de lui parler du jour au lendemain, elle va tenter de déclencher une série d’événements capables d’altérer son destin.

Lorsque l’avenir semble tout tracé, le combat est-il perdu d’avance ? Dans la veine de Minority Report, Forget Tomorrow est le premier tome d’une dystopie haletante, dont l’héroïne va devoir trouver un moyen infaillible de protéger sa sœur de la plus grande des menaces : elle-même…

Mon avis :

Ce livre, je l’avais déjà repéré quelques mois avant sa sortie, pour sa couverture absolument sublime et son résumé plus qu’accrocheur. Alors au Salon du Livre, quand je l’ai vu sur l’étallage, je n’ai pas hésité, et j’ai foncé… Et beaucoup aimé !

Le style de Pintip Dunn est extrêmement particulier, car très fluide et assez riche. Puis… Il y a ce petit quelque chose, que l’on sent, que l’on ressent, mais qu’on est incapable de nommer. Ce n’est pas à la hauteur de ce qu’arrive à faire Pierre Bottero, mais c’est dans la même veine. L’auteur joue aussi beaucoup avec le rythme, et n’hésite pas à souvent en changer. C’est assez surprenant et déroutant, mais agréable après coup.

L’intrigue même de l’histoire repose, une fois encore, sur de la dystopie. On en fait un peu une overdose en ce moment, mais cette fois-ci, elle n’est pas du tout abordé de la même manière que dans d’autre ouvrage, dans le sens où cette fois, nos héros se battent à la fois contre un régime véreux, mais à la fois contre une entitée abstraite : le Destin. Immédiatement, j’ai pensé aux Moires. Et le traitement de cette donnée et de cette lutte contre le Destin est extrêmement bien menée, très subtile et puissante à fois, donnant à l’oeuvre globale une dimension supplémentaire qui fait défaut aux autres romans du même genre.

L’histoire est quant à elle, assez originale, dans le sens où son rythme change beaucoup entre les chapitres, et dans les chapitres eux-mêmes. Mais globalement, on peut diviser le livre en trois parties : le début, le milieu, et la fin. Très original n’est-ce pas ? Pourquoi ce découpage ? Tout simplement parce que comparé au milieu du roman – malgré quelques accélérations – à tendance plus lente, le début et la fin ont un rythme bien plus rapide.
Ce qui peut être assez gênant, parfois, je l’avoue. Certains passages manquent un peu trop de punch et d’énergie, pour ne pas créer de baisse de régime.

Pour ce qui est des personnages, j’avoue être assez mitigée.

Callie tout à d’abords. Autant elle est pleine de force, de courage, et de détermination pour sauver sa soeur, aider la communauté… Mais autant parfois, un bon coup de pied là où je pense ne serait pas de trop !

Logan… C’est la même chose. J’aurais très bien pu avoir un crush de lectrice pour lui si son seul but n’était pas d’autant plaire à son frère pour se faire pardonner. Ça frôle le pathétique parfois.

C’est exactement la même chose pour tous les autres personnages, qui inspirent pour la grande majorité plus la pitié que l’affection.

Comment parler de ce livre sans prévenir que vos émotions feront le yoyo ? Un véritable ascenceur émotionnel !

En bref, un très bon roman qui se lit vite et sans possibilité de le poser avant la fin ! Dommage que les personnages ne soient pas plus attachants…

Citations :

Ce n’est pas facile de se battre contre le Destin. Ça demande une volonté et une force hors du commun. Mais c’est possible.


C’est dans la variété que l’on trouve tous les arômes de la vie.


Le temps efface la douleur, mais pas les blessures. Pas tout à fait.


Je pensais que dans ce monde, rien ne pouvait vaincre l’amour. À présent, je sais qu’il existe des forces supérieures.


Mais je sais que les larmes sont comme l’eau qui goutte dans une grotte. Elles semblent insignifiantes, et pourtant, au fil des ans, la douleur qu’elles expriment vous change en pierre, aussi sûrement que les gouttes créent les stalactites.


Qu’est-ce qu’une vie où tu redoutes ton futur à chaque instant ? Ce n’est pas ce que j’appelle vivre !

Ma note : 16.25/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Jeunesse·SF

Transfert – Rémi Stephani

couv21005991Caractéristiques : 

  • Auteur – Rémi Stephani 
  • Editeur – Syros
  • Parution – 2016
  • Pages – 432
  • ISBN – 978-2748517507

4ème de couverture : 

Victor et Valentin ne se sont jamais rencontrés. Le même jour, à la même minute, ils sont chacun victime d’un accident fatal. À cet instant précis a lieu un transfert inexplicable… Valentin devient Victor et Victor, Valentin. Commence alors l’histoire mouvementée de leur deuxième vie.

Mon avis :

Je tiens à remercier l’équipe de lecteurs.com de m’avoir fait parvenir ce livre qui m’intriguais beaucoup ! Malheureusement, même si ce fut une bonne lecture, je ne suis pas tant emballée que ça, voire même un poil déçue…

Le style d’abords est, contrairement à ce que je pensais, extrêmement impersonnel. Dans les deux premières parties où tout se met en place je peux comprendre, d’autant plus que nos personnages se retrouvent dans une situation particulière. Mais tout au long du roman ? J’ai trouvé que c’était extrêmement plat malgré les rebondissements, et c’est vraiment dommage… Malgré la fluidité et la richesse de vocabulaire, il perd toute saveur…

Pour ce qui est de l’intrigue, j’avoue avoir eu du mal à la cerner, et sauf cas exceptionnel, ce n’est pas vraiment bon signe, car cela implique qu’il n’y a pas de fondement propre et de base. Là, on a un semblant de fantastique, voire paranormal, avec de la contempo’ pas top-top. À revoir.

Pour ce qui est de l’histoire, je trouve ça assez intéressant comme concept, même s’il est déjà très exploité dans l’industrie du cinéma, et apparemment dans la littérature aussi (je fais confiance à mon ami Treky pour cela). Mais comme c’est le premier que je lis avec une sorte d’échange de pensée à travers un autre corps (tiens, ça me rappelle la philosophie pythagoricienne là, avec la métaphysique et tout ça…). Un concept assez original mais qui, ce que je regrette amèrement, est amoindri par un style trop impersonnel.

Les personnages sont… Bon, on ne va se mentir, ils sont plats. Je ne vais pas plus développer cette partie pour éviter les spoils, mais malgré la gentilesse et autres qualités des personnages, ils sont plats au possible, à la limite du cliché. Très décevant sur ce point.

En bref, un livre avec qui j’ai passé un bon moment, mais que je ne conseillerai pas forcément.

Citations :

Quand vous avez frôlé la mort, vous vous sentez plus vivants que les autres.


Pour lui, le passé est une propriété privée où ne sont autorisés à entrer que ceux qui y sont invités.

Ma note : 9.25/20

• Scénario – 2/4
• Ecriture/Style – 1.5/4
• Potentiel d’addiction – 1.75/3
• Personnage – 0.5/2
• Emotions – 0.75/2
• Originalité/Créativité – 1.25/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Historique·SF

Parallon (Parallon 1/3) – Dee Schulman

couv42130738Caractéristiques : 

  • Auteur – Dee Schulman
  • Editeur – Robert Laffont
  • Parution – 2013
  • Pages – 488
  • ISBN – 978-2221127155

4ème de couverture : 

L’amour fou existe, il n’est pas de ce monde.
Un gladiateur romain qui ne connaît pas la peur et une jeune fille du XXIe siècle, insouciante et rebelle. Deux mille ans les séparent, un mystérieux virus va les réunir…
152 après J.-C. : Au sommet de sa gloire, Sethos Leontis, redoutable combattant de l’arène, est blessé et se retrouve aux portes de la mort.
2012 après J.-C. : Élève brillante mais à problèmes, Eva a été placée dans une école pour surdoués, une vie qu’un incident dans un laboratoire de biologie fait basculer à jamais.
Un lien extraordinaire va permettre à Sethos et Eva de se rencontrer, mais il risque aussi de les séparer, car la maladie qui les dévore n’est pas de celles qu’on soigne, et leur amour pourrait se révéler mortel…
Leur passion survivra-t-elle à la collision de deux mondes ?

Mon avis :

Une lecture qui me laisse plus que perplexe, mais que j’ai tout de même appréciée dans sa globalité.

Le style est malheureusement bien trop simpliste, à la limite du creux. Pas addictif pour un sous sur un très large pan du roman. Heureusement, quand les liens commencent à se faire entre les deux mondes, et que l’histoire prends de plus en plus de sens, le style simple devient addictif, mais dans la généralité… Bof bof quand même pour une auteure qui a connu autant de succès dans son pays natal.

L’intrigue est cependant fabuleusement bien ! Voyage dans le temps, couplé à une histoire d’amour impossible, le tout, enrobé dans un contexte de maladie inconnue ? Je dis oui ! Mais le traitement de cette intrigue incroyable est plus que contestable.

L’histoire… Ma foi, elle est agréable, mais malheureusement vue et portée à travers les yeux de personnages bien trop plats… Ce n’est que vers la fin que l’histoire et tout le mystère de Parallon prennent le pas sur des personnages plus que décevants.

Les personnages d’ailleurs, parlons en !

Eva… Mon dieu, que cette fille est creuse ! Elle qui a une histoire familiale plus que complexe et des problèmes en cours, une bonne vie de merde même par instant, qu’est-ce qu’elle est creuse ! Un personnage lisse auquel j’ai eu beaucoup de mal à m’attacher (je ne m’y suis pas du tout attaché d’ailleurs) qui malheureusement, applatit toute l’histoire et toute l’intrigue.

Sethos Leontis. Bon, je le conçois, le personnage m’a beaucoup plus dans sa condition de gladiateur. Mais… Arg bon sang, mais mettez lui un coup de pied aux fesses pour le secouer ! Qu’est-ce qu’il est immature ! Oui ça fait mal, mais merde, au bout d’un moment, faut tourner la page, sinon on frôle la psychose ! Y’a des claques qui se perdent…

Ce livre possède cependant un énorme plus… Et un énorme moins.
L’énorme plus, c’est qu’il introduit des notions de biologie et d’immunologie très poussée, n’hésitant pas à utiliser du vocabulaire très technique et dont beaucoup, je pense, n’ont pas dû comprendre le sens. C’est là que je me remercie d’avoir fait un bac S, et d’avoir eu de supers notes durant le chapitre sur l’immunologie, sinon, je pense que j’aurais compris un beignet à certains passages.

L’énorme moins… Les sources. Dee Shulman traite d’antiquité romaine, et du monde de la gladiature. Mais je peux affirmer une chose, c’est qu’elle ferait bien de revoir ses sources pour cette période de l’histoire, car c’est bourré de faute.

  1. On nous vend une histoire avec une partie dans le monde romain. Okay. Premier juron : « Par Zeus ! »… Euh… Zeus, c’est grec. Son équivalent romain est Jupiter. Mythologie à revoir !
  2. Un prisonnier de guerre fait gladiateur… Euh… Vous entraîneriez un prisonnier de guerre à l’art du combat vous ?
  3. Les gladiateurs qui s’entretuent dans l’amphithéâtre (mot même pas employé une seule fois dans tout le roman d’ailleurs), et risquent leurs vies à chaques combats ? Vous savez qu’on est pas dans un peplum là ?

Vous l’aurez compris, le plus gros soucis de ce roman reste sa non véracité quant aux faits historiques sur les gladiateurs et la romanité. La bourde pour Zeus… Cela aurait pu être évité. Mais je ne peux pas jeter la pierre à l’auteur, tout simplement parce que ce qu’elle décrit comme étant un gladiateur, est l’image que nous en avons, nous, Hommes modernes, et l’image que véhiculent les pepla (un peplum, des pepla, 2ème déclinaisons neutre en latin pour les connaisseurs) à ce sujet. Cette image ne correspond toutefois qu’à un fantasme moderne de l’homme antique, car les sources archéologiques et textuelles sont formelles : les gladiateurs non rien à voir avec l’image que la majorité a en tête.

En bref, un roman qui m’aura beaucoup ennuyé sur le départ, mais qui, une fois un cap passé, est impossible à lâcher ! Je lirai la suite, par curiosité, mais certainement pas pour retrouver les personnages !

Citations :

– Seth mon frère, tu te crois chez toi ici. Pas moi. Je ne suis pas né pour vivre comme un animal. Toi non plus.
– J’ai vécu trop longtemps comme un animal pour connaître la différence.

Ma note : 13.5/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 1.75/4
• Potentiel d’addiction – 2/3
• Personnage – 0.5/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 0.75/1.5