Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Romance·SF

Question de temps – E.R. Link

cover-514.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – E.R. Link
  • Editeur – Autoédition
  • Parution – 2016
  • Pages – 516
  • ISBN – 978-1-535353-74-8

4ème de couverture :

Dans l’archipel du Touraco, écrin de verdure au goût de paradis, Calixte Zygène de la Spirée rêve d’aventures tout en vivant de larcins. En cherchant à cacher son dernier trésor, volé au gouverneur en personne, il découvre un étrange boîtier qui le conduira jusqu’aux pirates de la baie et bien plus loin que ce qu’il n’aurait jamais pu imaginer. D’un vaisseau fantôme en passant par l’énigmatique sorcière des marais, il réveillera les mythes séculaires qui hantent les eaux de la Mer des Palmariales…

Mon avis :

Comment fait-elle ? Comment peut bien faire E.R. Link pour réussir à autant m’envoûter par ses textes, et me décrocher un coup de coeur à chacun de ses romans ? Comment !?

Vous l’aurez compris, une fois de plus, E.R. Link nous a offert une perle rare avec Question de temps, un long roman des plus aventuriers et comiques.

Tout au long du roman, nous allons suivre Calixte, jeune homme à l’humour et à la réparti fort développé, qui tente de s’en sortir dans une vie faite de magouille et de séduction. Vous vous doutez bien que cela fini forcément par louper à un moment donné et là, il nous entraîne dans un monde peuplé de pirate pas si féroce que ça, de quête au trésor… En bref, de flibusterie. Mais un peu air steampunk n’est jamais très loin…

C’est tout simplement addictif et excellent. En voyant le nombre de pages, je me suis d’abord dit que j’allais mettre plus de temps que prévu pour le lire. Un jour de plus par rapport à l’estimation. Comme dans tous ces romans, E.R. Link arrive à nous dépeindre un monde tout simplement merveilleux sans nous assommer de non de lieux, de roi, d’histoire… On rentre alors dans son imaginaire comme on rentre dans une piscine (du moins pour la majorité) : petit à petit et sans précipitation. Cela laisse au lecteur un tant fou pour s’adapter à ce nouvel univers et l’apprécier dans toutes ses subtilités.

Mais la plus grande prouesse reste pour moi le travail des personnages. Il n’y aucune fausse note, et c’est de plus en plus rare de nos jours. Tous les personnages sont hauts en couleur sans tourner dans le ridicule ou encore dans le pathos, et sont d’une vraisemblance à couper le souffle. Tous – ou presque – sont très attachants, ce qui rend la lecture, alliée avec un style aussi fluide que magnifique et ensorcelant, tout simplement et purement addictive. Un véritable page turner. Même les personnages détestables, ou qu’on pense qu’on n’aimera pas, on arrive à la fin du roman et étant triste de les quitter. Même cet idiot de Gros-Sac j’ai réussi à l’aimer pour dire !

Ce que j’ai énormément apprécié tout au long de l’ouvrage, c’est l’humour – anglais -. Cela faisait bien longtemps que je n’avais autant ris et souris grâce à un roman ! Entre humour absurde, comique de répétition, répartie cinglante et complètement décalée, et comique de situation, portés par des personnages extraordinaire, le mélange ne peut que bien fonctionner.

Encore et toujours, ce que j’ai adoré, c’est la triple romance. Aaaah… Enfin une romance qui n’est pas écrite à l’avance, où il y a un véritable suspens, de véritables interrogations… Et surtout où ce n’est pas platonique. Attention, il n’y a aucune scène érotique – à mon goût -, mais on est plongé dans une ambiance très sensuelle très agréable et grisante. Une véritable ode à l’amour sous toutes ses formes.

Je pourrais continuer sur des pages et des pages tellement j’ai aimé ce roman, tellement il m’a transporté, et faite vibrer… Des trois romans sur quatre de E.R. Link que j’ai lu, celui-ci et certainement mon petit chouchou, de même que l’auteure, qui se place dans mon top 3 de mes auteurs favoris, aux côtés de Pierre Bottero et de Karine Giebel.

En bref, un roman qui vaut tout l’or du monde, et qui mérite un sincère merci et bravo.

Citations :

– Pourquoi un sablier ?

– Parce que nous ne maîtrisons jamais le temps, capitaine. Il s’écoule de façon linéaire. Il est compté pour ceux que nous abordons. Il est compté pour nous. Nous nous inscrivons inexorablement dans notre époque. Nous ne possédons que notre expérience passée et restons tournés vers un avenir incertain.

– Il nous échappe. Est-ce pour cela que vous lui avez donné des ailes ?

– C’est exact. Nous pouvons rester maîtres de nos choix, maîtres de nos vies. Le temps finit par avoir toujours raison de nous. On peut l’apprivoiser, jamais le dominer.


Elle balbutia, cherchant ses mots dans toutes les parties de son corps qu’elle maîtrisait encore. Hélas, les mains, les chevilles ou viscères n’étaient pas bonnes conseillères en terme de vocabulaire dans ce genre de situation.


Il la secouait comme un bananier.


L’amour vous rend aussi stupide qu’aveugle.


À force de viser le soleil, on finit par passer à côté de la lune. Il est vain de courir après des chimères. Il faut se satisfaire de ce que l’on possède et saisir sa chance lorsqu’elle passe à votre portée.

Ma note : 20/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1.5/1.5
(et si j’avais eu un bonus à ajouter, je l’aurais fait !)

Coup de coeur·Historique·SF

Rouge Vertical (Les Temps Assassins 1/3) – Pierre Léauté

Capture d_écran 2016-08-15 à 23.42.01Caractéristiques : 

  • Auteur – Pierre Léauté
  • Editeur – Le peuple de Mü
  • Parution – 2016
  • Pages – 391
  • ISBN – 979-1092961577

4ème de couverture : 

La mort vous libère de tout.
Sauf de vos démons intérieurs.
Après une vie de trahisons, d’aventures et de défis, les flammes de l’enfer lui sont interdites.
Condamnée à errer sur Terre, Charlotte Backson va réapprendre son humanité et laisser derrière elle sa dernière incarnation, Milady de Winter.

Mon avis :

Un roman que je n’ai mis que bien trop de temps à lire. Une bonne briquette, mais… Wahou. C’est véritable coup de coeur !

Je pense très sincèrement que si on me demandait un résumé rapide de ce roman, je serai incapable d’en faire un, tant il est complexe et complet. Tout au long du roman, on suit Charlotte, une jeune femme vivant au XIVème siècle, qui découvre une chose étonnante et complètement surnaturelle : la mort n’a pas d’emprise sur elle. S’en suit une véritable épopée traversant les temps et les âges.

C’est une véritable roman de capes et d’épées, rythmées par des espaces temporels différents, tintés d’uchronie que nous livre Pierre Léauté. Que ce soit à travers le prisme de la vengeance, de l’apprentissage ou de la peur, nous suivons notre héroïne à travers ses aventures plus ou moins rocambolesque, mais toujours très touchantes, voire même dérangeante.

Ce qui est remarquable, c’est qu’on ne peut pas vraiment décrire Charlotte comme une héroïne, mais plutôt comme un anti-héros. Et c’est ce qui en fait, à mon sens, un personnage excellent et brillant d’humanité. Elle est complète, bonne et mauvaise à la fois, complexe, impitoyable comme douce… Un personnage que l’on adore suivre et dont on aime l’évolution progressive, bien que parfois, certaines claques auraient été bien mérité.

Tout au long de la lecture, j’ai du laisser de côté mes raisonnements logiques, et uniquement me fier à mon instinct et mes ressentis : une magnifique manière de nous plonger dans l’état d’esprit de Charlotte, en fuite pour sa vie.

En plus des personnages extrêmement travaillés et humains, ce roman est une véritable perle par son monde et sa mythologie. Je connais peu d’auteur qui arrive à livrer un monde aussi abouti et captivant, et Pierre Léauté fait parti de ces auteurs, auprès de Pierre Bottero et Victor Boissel. Quelle gifle ! Tout comme Charlotte, nous découvrons ce nouveau monde mystérieux et dangereux, où voyages dans temps se frottent au continuum espace-temps et aux fractales temporelles. Quelque chose me dit que le second tome va être explosif et encore plus fourni d’explication que ce premier tome !

Et bien sûr, tout cela porté par le style de Pierre Léauté qui m’a tout simplement bluffé. J’avais lu il y a quelques temps de cela son dyptique Guerre aux Grands !, où le style était bien plus simple, plus décontracté. Les Guillaume Musso et Marc Levy qui font les tops des ventes n’ont qu’à bien se tenir, la concurrence arrive, et elle va être extrêmement rude. Ici, l’auteur nous offre une prose des plus riches et complexe, sans qu’elle n’en soit lourde et imbuvable bien au contraire : tout est fluide, imagé, et puissant.

Le seul reproche que je pourrais faire à ce roman est la présence de quelques longueurs, mais qui servent de pause, donc, plutôt nécessaires.

En bref, un véritable coup de coeur pour un roman exceptionnel !

Citations :

– C’est seulement lorsque tout vous est arraché, quand rien de bon et de beau ne subsiste que l’on devient libre de faire tout ce que l’on veut, Charlotte.


– La prudence est mère de lâcheté, répliqua Abby Fierce […].


Il n’y a de destin que ce que vous en faites.

Ma note : 19.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Historique·SF

L’enfant maudit (Le Lion de Macédoine 1/4) – David Gemmel

couv19747100Caractéristiques : 

  • Auteur – David Gemmel
  • Editeur – Folio (Collection SF)
  • Parution – 2002
  • Pages – 403
  • ISBN – 978-2070421220

4ème de couverture : 

Il s’appelle Parménion, moitié spartiate, moitié macédonien et, dans le tissu de tous les avenirs possibles, la vieille Tamis a pressenti le rôle qu’il doit jouer contre l’Esprit du Chaos et l’avènement du Dieu Noir. Il sera le Lion de Macédoine et la Mort des Nations. Avant de devenir un strategos d’exception, il lui faudra cependant s’extraire de la haine et de l’humiliation que les jeunes Spartiates lui imposent, car il est un sang-mêlé. Mais quand Sparte et ses lois odieuses précipitent dans la mort Dérae, la seule femme qu’il ait jamais aimée, pour Parménion ne reste qu’un horizon celui de la vengeance… Sparte doit tomber !

Mon avis :

Un de mes livres favoris ! Que se passe-t-il quand on allie antiquité grecque, et prophétie ? Et bien cela donne la saga Le Lion de Macédoine ! Un véritable coup de coeur, à la fois pour la saga, mais aussi pour ce premier tome.

David Gemmel nous transporte dans un univers bien spécial : la Grèce Antique, à Sparte, quelques années avant le début de la guerre du Péloponnèse (qui, rappelons le, a opposé Sparte à Athènes, et s’est soldée par la victoire de Sparte). Nous suivons tout au long du roman Parménion, jeune métis mi-macédonien, mi-spartiate, de son adolescence jusqu’à l’âge d’environ trente ans, à travers ses aventures et déboires.

Amour, guerre, trahison, complot, libération… La vie du jeune Parménion est loin d’être simple et calme, bien au contraire. Maltraité par les autres Spartiates à cause de son métissage, son adolescence est parsemée de malheur et de douleur, qui lui forge un caractère d’acier. S’il a bien une passion – si je puis parler ainsi -, c’est la stratégie guerrière. Et c’est grâce à cela, qu’il arrivera à s’élever progressivement, et à devenir que ce l’histoire avec un grand H nous a livrer : Parménion, un des principaux généraux du roi Philippe II de Macédoine, et de son fils, Alexandre le Grand.

Véritable immersion dans le monde la Grèce Antique, ce livre est un bijoux : plutôt bien documenté pour ce qui est de la partie historique, la partie bien plus littéraire est un véritable régal pour tous : alliant à la fois histoire, aventure, amour interdit et fantastique, L’enfant maudit est une parfaite mise en bouche dans ce monde si particulier et quelque peu angoissant que nous dépeint David Gemmel, maître du fantastique/fantasy.
Il arrive à doser avec une subtilité aussi rare que précise le fantastique et l’imaginaire, nous donnant l’impression de lire un roman purement historique, mêlé à une part de rêve, ou de cauchemar, tout dépend du point de vue.

C’est sans compté sur toute la culture hellénique, stratégie et militaire : description de bataille, de choses du quotidien… Une véritable mine d’or.

En bref, un roman historique ambitieux et prenant, un coup de coeur pour moi !

Citations :

– […] Si tu souhaites cacher tes sentiments, il te faut commencer par te tromper toi-même. Lorsque tu regardes un ennemi haï, oblige-toi à croire qu’il s’agit de ton ami. De cette manière, tes traits s’adouciront et le sourire te viendra tout naturellement. N’essaye pas de masquer tes expression, car cela ne fait que clamer au monde entier que tu as quelque chose à cacher. Et quand tu le peux, enrobe les mensonges dans la vérité, car il s’agit là du meilleur déguisement qui soit.


– […] Des hommes bons meurent parfois sans que l’on s’en aperçoive et sans que l’on verse une larme pour eux, tandis que des tyrans sont accompagnés par des centaines de pleureuses jusqu’à leur dernière demeure. J’aime à penser que les dieux sont dotés d’un peu plus de discernement que les hommes.


– Que veux-tu que j’apprenne ? À ne pas tomber amoureux ?
– Non, car c’est impossible. Mais tu dois comprendre que l’amour est dangereux : il nous embrume l’esprit et nous cache la réalité. Pense à Hélène et Pâris. Troie est tombée par leur faute. Crois-tu vraiment que c’est ce qu’ils désiraient ? Non. Ils s’aimaient, c’est tout. Tu es l’un des hommes les plus intelligents et les plus intuitifs que je connaisse, et pourtant tu t’es comporté en sombre crétin. Si c’est là ce que l’amour apporte, je suis heureux de ne pas l’avoir connu.


Les amis ne se doivent jamais rien, et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils sont amis.


– Vous êtes vraiment cynique.
Le Thébain opina du chef.
– En effet. Mais c’est la leçon que la vie enseigne à ceux qui la traversent les yeux ouverts, non ? Tout s’achète, que ce soit à l’aide d’argent, de gloire ou de pouvoir.


– […] J’ai tenu bon, prêt à vendre chèrement ma peau. Mais je ne suis pas mort, et sais-tu pourquoi ? Parce que les dieux n’existent pas, et que toute prophétie peut être déformée pour délivrer le message que l’on souhaite entendre.


– Mieux vaut être pauvre et vivant que riche et mort, philosopha Mothac.
– Mais il vaut encore mieux être riche et vivant, lui fit remarquer Parménion.


– Mon ami, la force et la faiblesse sont bien souvent aussi proches que deux époux. Nous sommes forts car nous sommes fiers, mais nous sommes faibles car notre orgueil ne nous a jamais permis de grandir.

Ma note : 18.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.5/1.5

 

Dystopie·SF

Le Désert Rouge – J.E. Briffa

1595148496Caractéristiques :

  • Auteur – J.E. Briffa
  • Editeur – Auto-édité 
  • Parution – 2016
  • Pages – 209
  • ISBN – 978-2919764020

4ème de couverture : 

Au sein des grandes cités mobiles actionnées par la puissance de la vapeur, les hommes arpentent l’immense Désert Rouge.
Après le sabotage d’une cuve d’eau, le Baron Ambrose Walter Cappel, dirigeant la ville de Staerbury, charge son fils adoptif, Jak, de trouver les responsables. Il apparaît rapidement que le Culte de l’eau et Charles Denning, rival éternel d’Ambrose et dirigeant de la cité de Hayllonbury, ne sont pas étrangers à tout ça. Jak aura fort à faire lorsque les pirates de l’air attaqueront la ville à la rechercher de la célèbre boussole de Gerason, celle-là même qui conduit à la mythique Vallée Verte. Sans le savoir, Jak marche sur les traces de son passé…

Mon avis :

Aussi découvert via la plateforme SimPlement, j’avoue ne pas avoir été emballé pas le résumé… Jusqu’à ce qu’il soit mention de pirate, et de style steampunk. Là, je n’ai hésité, voulant découvrir ce style depuis un moment. J’ai bien fait : c’est un presque coup de coeur !

Alors pour ceux qui sont novices en les genre, le steampunk, qu’est-ce que c’est ? Je dirai qu’au niveau de l’ambiance, on est plus sur quelque chose de victorien, ou du moins dans un style historique qui ne date pas forcément d’hier, sans être trop ancien non plus. Et à cela, on y accole des objets mécaniques et finement travaillés. Un peu comme si durant la révolution industrielle, les hommes ne s’étaient pas concentrés sur l’électricité, mais sur le mécanique, la vapeur et le charbon. Ce qui donne une atmosphère très particulière, et assez explosive très agréable et qui rompt absolument tous les codes habituels.

Ce qui m’a énormément plu dans ce roman, c’est tout d’abords l’univers dépeint. En plus d’une uchronie (puisque le steampunk est, de base, un style uchronique), l’auteur nous livre une dystopie à la fois politique et environnementale. Un univers implacable, où l’immobilité vous vaut une mort certaine, avec des pirates et des magouilles politiques par dessus le marché… Que demander de plus ? J.E. Briffa mène sa barque avec brio, sur un rythme parfaitement maîtrisé. Chaque ralentissement arrive au moment opportun, tout comme les actions rapides sont immiscées au récit de manière subtile et judicieuse.

J’ai beaucoup aimé les personnages. Bien qu’ils ne soient pas extrêmement développés, et un peu cliché pour certains – je pense notamment à Walter, le fils à papa qui fait face à certaines réalité ; et à Margaret, la fille un peu gourde possédant une habileté peu commune à l’évanouissement intempestif -, ils sont tous extrêmement attachants. Deux personnages en particulier sont plus travaillés que les autres – Jak et Sirène -, ce qui donne une dimension peut être plus mature et aboutie au roman.

Je parlais tout à l’heure de dystopie environnementale… On est en plein dedans. Nous sommes placés dans un monde où le désert est le paysage admirable, et où le fantasme absolu est de trouvé la vallée verte, oasis pleine d’eau, de verdure et de paix. Cette quête à l’El Dorado est entaché par la vanité et l’ambition peu recommandable de certains hauts dirigeants, aboutissant dans le dernier tiers du roman à une véritable dystopie, avec un véritable message écologique. Message qui est d’autant plus important que notre planète se meurt pour quelques dollars en plus grâce l’or noir, le nucléaire, et l’envie de pouvoir des plus grands.

Et bien entendu, le tout est porté par un style très agréable, fluide et à la fois travaillé, qui arrive à nous transporter dans toutes les aventures possibles et imaginables.

En bref, un roman excellent, auquel je n’ai qu’un seul regret : qu’il n’y ait pas de suite.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 17/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 1.25/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

SF

Echapper aux morts (Whiskey-Tango-Foxtrot 1/?) – W.J. Lundy

capture-decran-2016-12-30-a-01-02-12Caractéristiques : 

  • Auteur – W.J. Lundy
  • Editeur – Oeil Critik
  • Parution – 2016
  • Pages – 104
  • ISBN – 978-2955612217

4ème de couverture :

Un convoi militaire évolue en plein cœur de l’Afghanistan, quand soudain, le contact radio est rompu. Seule au beau milieu du désert afghan et sans aucun contact avec sa base, une patrouille se retrouve livrée à elle-même. À sa tête, le Sergent-Chef Brad Thompson. Dans le même temps, la population locale est contaminée par un mal inconnu. La quasi-totalité des êtres humains semble s’être transformée en animal enragé, n’ayant pour seul but que de s’attaquer à ce qu’il reste du genre humain… La chasse est lancée ! Luttant pour la survie de son équipe et cherchant à unir le maximum de survivants, Brad va devoir se battre et trouver un moyen de mettre tout le monde en sécurité.

Mon avis :

Pourquoi ce livre qui sort tant de mes habitudes de lectures ? Tout simplement parce que j’avais envie de découvrir un univers nouveau (celui des zombies), et parce que je me prépare à commencer la série The Walking Dead (ne t’en fais pas Johanna – Raven’s Bookcase -, je vais la regarder, je me prépare !).

Un des bémols de ce livre serait son style que j’ai trouvé un peu trop simpliste, trop rapide. L’auteur a pris un parti pris assez dangereux : celui du visuel. Ça, on ne peut pas lui enlever, le texte est extrêmement visuel et plongé dans l’action ! On pourrait très facilement tirer un film de ce livre tant il est visuel. Mais le hic est tout de même présent : le visuel a pris le pas sur la littérature, apauvrissant alors un peu le style. D’autant que nous sommes plongé dans un contexte militaire, avec tout un vocabulaire bien spécifique, et surtout, très utilisé tout au long du roman. Pour moi qui ne suis pas une fan de tout ce qui est militaire, et qu’une fois sorti du char d’assaut et du révolver je n’y connais rien, c’était assez déroutant et parfois désagréable de ne pas forcément comprendre ce que les personnages racontaient, quand ils parlaient dans un jargon technique.

Mais bien heureusement, le livre est sauvé par son intrigue et son histoire ! L’intrigue d’abord : de la science-fiction basique, quoi que peut être un peu cliché, un peu trop à l’américaine… Je m’explique : de gentils militaires en Afghanistan qui font face à une apocalypse zombie, supposément déclenchée par une arme bactériologique mise au point par des terroristes. Dans le genre cliché américain, je ne pense pas qu’on puisse faire mieux.

Le thème principal ? La survie. L’histoire toute entière baigne là dedans : vont-ils s’en sortir ? Sont-ils seuls ? Comment tout cela a commencé ? Tant de question et relativement peu de réponse dans ce premier tome. Dommage que le rythme soit un peu trop rapide. Le lecteur n’a pas forcément le temps de se « reposer » entre deux actions, que déjà une troisième lui saute dessus. Petit livre, mais très vite épuisant, surtout quand on est un peu chochotte comme moi et qu’on a peur d’un rien.

Les personnages sont assez brouillons je trouve.

Que ce soit Brad, Éric, ou les autres, ils sont tous militaires, et sont tous un peu identiques. La seule chose qui change, c’est leur autorité selon leurs positions dans l’échelle hiérarchique. Dans l’ensemble, ils sont tous obéissants, carrés, droits, disciplinés… Ouais enfin ce sont des militaire quoi, pas besoin de faire un dessin je pense.

Les deux seuls qui sortent un peu du lot sont ceux qui apparaissent tardivement, et qui sont bien plus hauts en couleurs !

En bref, un premier tome court, avec des défauts et des qualités, mais qui pose un monde stable avec de bonnes bases. J’ai hâte de lire le deuxième tome pour voir un peu ce que ça donne !

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 13/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 2.25/4
• Potentiel d’addiction – 1.75/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Dystopie·Romance·SF

Forget Tomorrow (Forget Tomorrow 1/2) – Pintip Dunn

couv42446549-1Caractéristiques : 

  • Auteur – Pintip Dunn
  • Editeur – Lumen
  • Parution – 2016
  • Pages – 430
  • ISBN – 978-2371020641

4ème de couverture : 

Imaginez un monde où votre avenir a déjà été fixé… par votre futur moi !

Callie vient d’avoir dix-sept ans et, comme tous ses camarades de classe, attend avec impatience le précieux « souvenir », envoyé par son moi futur, qui l’aidera à se glisser dans la peau de la femme qu’elle est destinée à devenir. Athlète de haut niveau… Scientifique de renom… Politique de premier plan… Ou, dans le cas de Callie, tueuse.

Car dans son rêve, elle se voit assassiner Jessa, sa jeune sœur adorée… qu’elle passe pourtant ses journées à protéger des autorités, car l’enfant a le pouvoir caché de prédire l’avenir proche ! Avant même de comprendre ce qui lui arrive, Callie est arrêtée et internée dans les Limbes – une prison réservée à tous ceux qui sont destinés à enfreindre la loi. Avec l’aide inattendue de Logan, un vieil ami qui a cessé, cinq ans auparavant, de lui parler du jour au lendemain, elle va tenter de déclencher une série d’événements capables d’altérer son destin.

Lorsque l’avenir semble tout tracé, le combat est-il perdu d’avance ? Dans la veine de Minority Report, Forget Tomorrow est le premier tome d’une dystopie haletante, dont l’héroïne va devoir trouver un moyen infaillible de protéger sa sœur de la plus grande des menaces : elle-même…

Mon avis :

Ce livre, je l’avais déjà repéré quelques mois avant sa sortie, pour sa couverture absolument sublime et son résumé plus qu’accrocheur. Alors au Salon du Livre, quand je l’ai vu sur l’étallage, je n’ai pas hésité, et j’ai foncé… Et beaucoup aimé !

Le style de Pintip Dunn est extrêmement particulier, car très fluide et assez riche. Puis… Il y a ce petit quelque chose, que l’on sent, que l’on ressent, mais qu’on est incapable de nommer. Ce n’est pas à la hauteur de ce qu’arrive à faire Pierre Bottero, mais c’est dans la même veine. L’auteur joue aussi beaucoup avec le rythme, et n’hésite pas à souvent en changer. C’est assez surprenant et déroutant, mais agréable après coup.

L’intrigue même de l’histoire repose, une fois encore, sur de la dystopie. On en fait un peu une overdose en ce moment, mais cette fois-ci, elle n’est pas du tout abordé de la même manière que dans d’autre ouvrage, dans le sens où cette fois, nos héros se battent à la fois contre un régime véreux, mais à la fois contre une entitée abstraite : le Destin. Immédiatement, j’ai pensé aux Moires. Et le traitement de cette donnée et de cette lutte contre le Destin est extrêmement bien menée, très subtile et puissante à fois, donnant à l’oeuvre globale une dimension supplémentaire qui fait défaut aux autres romans du même genre.

L’histoire est quant à elle, assez originale, dans le sens où son rythme change beaucoup entre les chapitres, et dans les chapitres eux-mêmes. Mais globalement, on peut diviser le livre en trois parties : le début, le milieu, et la fin. Très original n’est-ce pas ? Pourquoi ce découpage ? Tout simplement parce que comparé au milieu du roman – malgré quelques accélérations – à tendance plus lente, le début et la fin ont un rythme bien plus rapide.
Ce qui peut être assez gênant, parfois, je l’avoue. Certains passages manquent un peu trop de punch et d’énergie, pour ne pas créer de baisse de régime.

Pour ce qui est des personnages, j’avoue être assez mitigée.

Callie tout à d’abords. Autant elle est pleine de force, de courage, et de détermination pour sauver sa soeur, aider la communauté… Mais autant parfois, un bon coup de pied là où je pense ne serait pas de trop !

Logan… C’est la même chose. J’aurais très bien pu avoir un crush de lectrice pour lui si son seul but n’était pas d’autant plaire à son frère pour se faire pardonner. Ça frôle le pathétique parfois.

C’est exactement la même chose pour tous les autres personnages, qui inspirent pour la grande majorité plus la pitié que l’affection.

Comment parler de ce livre sans prévenir que vos émotions feront le yoyo ? Un véritable ascenceur émotionnel !

En bref, un très bon roman qui se lit vite et sans possibilité de le poser avant la fin ! Dommage que les personnages ne soient pas plus attachants…

Citations :

Ce n’est pas facile de se battre contre le Destin. Ça demande une volonté et une force hors du commun. Mais c’est possible.


C’est dans la variété que l’on trouve tous les arômes de la vie.


Le temps efface la douleur, mais pas les blessures. Pas tout à fait.


Je pensais que dans ce monde, rien ne pouvait vaincre l’amour. À présent, je sais qu’il existe des forces supérieures.


Mais je sais que les larmes sont comme l’eau qui goutte dans une grotte. Elles semblent insignifiantes, et pourtant, au fil des ans, la douleur qu’elles expriment vous change en pierre, aussi sûrement que les gouttes créent les stalactites.


Qu’est-ce qu’une vie où tu redoutes ton futur à chaque instant ? Ce n’est pas ce que j’appelle vivre !

Ma note : 16.25/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Jeunesse·SF

Transfert – Rémi Stephani

couv21005991Caractéristiques : 

  • Auteur – Rémi Stephani 
  • Editeur – Syros
  • Parution – 2016
  • Pages – 432
  • ISBN – 978-2748517507

4ème de couverture : 

Victor et Valentin ne se sont jamais rencontrés. Le même jour, à la même minute, ils sont chacun victime d’un accident fatal. À cet instant précis a lieu un transfert inexplicable… Valentin devient Victor et Victor, Valentin. Commence alors l’histoire mouvementée de leur deuxième vie.

Mon avis :

Je tiens à remercier l’équipe de lecteurs.com de m’avoir fait parvenir ce livre qui m’intriguais beaucoup ! Malheureusement, même si ce fut une bonne lecture, je ne suis pas tant emballée que ça, voire même un poil déçue…

Le style d’abords est, contrairement à ce que je pensais, extrêmement impersonnel. Dans les deux premières parties où tout se met en place je peux comprendre, d’autant plus que nos personnages se retrouvent dans une situation particulière. Mais tout au long du roman ? J’ai trouvé que c’était extrêmement plat malgré les rebondissements, et c’est vraiment dommage… Malgré la fluidité et la richesse de vocabulaire, il perd toute saveur…

Pour ce qui est de l’intrigue, j’avoue avoir eu du mal à la cerner, et sauf cas exceptionnel, ce n’est pas vraiment bon signe, car cela implique qu’il n’y a pas de fondement propre et de base. Là, on a un semblant de fantastique, voire paranormal, avec de la contempo’ pas top-top. À revoir.

Pour ce qui est de l’histoire, je trouve ça assez intéressant comme concept, même s’il est déjà très exploité dans l’industrie du cinéma, et apparemment dans la littérature aussi (je fais confiance à mon ami Treky pour cela). Mais comme c’est le premier que je lis avec une sorte d’échange de pensée à travers un autre corps (tiens, ça me rappelle la philosophie pythagoricienne là, avec la métaphysique et tout ça…). Un concept assez original mais qui, ce que je regrette amèrement, est amoindri par un style trop impersonnel.

Les personnages sont… Bon, on ne va se mentir, ils sont plats. Je ne vais pas plus développer cette partie pour éviter les spoils, mais malgré la gentilesse et autres qualités des personnages, ils sont plats au possible, à la limite du cliché. Très décevant sur ce point.

En bref, un livre avec qui j’ai passé un bon moment, mais que je ne conseillerai pas forcément.

Citations :

Quand vous avez frôlé la mort, vous vous sentez plus vivants que les autres.


Pour lui, le passé est une propriété privée où ne sont autorisés à entrer que ceux qui y sont invités.

Ma note : 9.25/20

• Scénario – 2/4
• Ecriture/Style – 1.5/4
• Potentiel d’addiction – 1.75/3
• Personnage – 0.5/2
• Emotions – 0.75/2
• Originalité/Créativité – 1.25/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 0.5/1.5