Fantasy/Fantastique·Romance

Le voleur d’ombres – Marc Lévy

couv13456151Caractéristiques : 

  • Auteur – Marc Lévy
  • Editeur – Pocket
  • Parution  – 2010
  • Pages – 292
  • ISBN – 978-2266216760

4ème de couverture : 

Et si l’adulte que vous êtes devenu rencontrait l’enfant que vous étiez ?

Enfant, il vole les ombres de ceux qu’il croise… et chacune de ces ombres lui confie un secret.
Malgré lui, il entend les rêves, les espoirs et les chagrins de ceux qu’il aime. Que faire de cet étrange pouvoir… ?
Quelques années plus tard, le  » voleur d’ombres  » est devenu étudiant en médecine… Est-il encore capable de deviner ce qui pourrait rendre heureux ses proches, comme Sophie avec laquelle il étudie la médecine, ou Luc, son meilleur ami, qui voudrait changer de vie ?
Et lui, sait-il où le bonheur l’attend ?
Amour d’une mère. Inoubliable premier amour. Amour qui s’achève… Amitié longue comme la vie… Le Voleur d’ombres est une histoire d’amour au pluriel.

Mon avis :

Depuis que vous me suivez, vous savez que j’aime beaucoup les livres de Guillaume Musso, et il y a quelques temps, je m’étais lancé dans la lecture d’un des livres de celui qu’on lui oppose toujours, à savoir Marc Lévy. J’avais beaucoup aimé ce roman (Sept jours pour une éternité), et je voulais me lancer dans un autre. Mon dévolu s’est posé sur Le voleur d’ombres. J’ai été assez déroutée, mais au final, j’ai passé un excellent moment de lecture, très posé, émotionnel et apaisant.

En effet, j’ai trouvé que le résumé vendait mal le livre, quand le sens où il provoquait une attente qui ne serait jamais satisfaite. Je m’explique. La quatrième de couverture et vraiment très aguicheuse, et en la lisant, j’ai vraiment eu l’impression qu’on allait me vendre quelque chose de palpitant, rapide, limite comme un roman d’aventure sur fond de SF. Mais ce n’est absolument pas ce qu’il y a dans ce roman, pas de la manière dont s’est vendu en tout cas.

Car Le voleur d’ombre n’est pas un roman d’aventure, mais un roman humain, ou ce que moi, j’aime appelé les romans d’une vie. De son enfance jusqu’à son âge adulte, on suit notre personnage principal, anonyme, notre voleur d’ombres. On vit avec lui ces problèmes à l’école primaire et au collège, le début de sa vie d’adulte, ses vacances, ses amours, ses espoirs, ses déceptions… Le tout sur un rythme très calme, très lent… Je pourrais facilement le comparer à une petite rivière, un ruisseau de montagne, tranquille, fluide, seulement perturbé par les coudes et les rochers.

Ce qui pour moi, fait la force de ce roman, c’est bien entendu sa puissance émotionnelle. Avec un style parfois simple, voire même enfantin, et à d’autres moments complexe et bien plus adulte, Marc Lévy utilise toutes les cordes qu’il a son arc pour nous faire plonger dans nos émotions, mais aussi dans nos propres souvenirs : comment ne pas penser à notre premier amour vain quand on voit notre héros ne pas réussir à avouer son amour au collège ? Comment ne pas penser à nos premières relations quand on voit les siennes venir ? C’est strictement impossible. Et de ce fait, l’auteur parvient à jouer avec la corde de nos sentiments avec une virtuosité élégante et puissante. Ce roman m’a beaucoup rappelé ma lecture de Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers, simplement parce qu’il y a certains instants, tout à fait anodins, qui ont réussi à me tirer des larmes des yeux, simplement parce que c’était beau et profondément humain.

Vous l’aurez compris, avec ce genre de roman, c’est quitte ou double. Si vous voulez une lecture plus rythmé et punchy, ne le commencez pas. Mais si vous cherchez un livre tranquille, reposant, mais émouvant, alors foncez, vous ne serez pas déçu.

En bref, un roman assez court, émouvant et profondément humain qui saura vous en faire voir de toutes les couleurs !

Citations :

Être le plus petit de la classe, ça signifiait : nettoyer le tableau, ranger les craies, regrouper les tapis dans la salle de sport, aligner les ballons de basket sur l’étagère trop haute et, le pire du pire, devoir poser tout seul, assis en tailleur au premier rang de la photo de classe ; il n’y a aucune limite à l’humiliation quand on est à l’école.


L’amour, c’est peut-être comme une ombre, quelqu’un le piétine et part avec. Peut-être que trop de lumière, c’est dangereux pour l’amour, ou alors c’est le contraire, sans lumière, l’ombre d’un amour s’efface et finit par s’en aller.


C’est moche d’avoir à guetter un signe de quelqu’un pour se sentir heureux.


– Si tu savais, Cléa, que pour moi tu es la plus jolie fille du monde, celle dont les cris rauques effacent les ciels de grisaille, celle dont la voix sonne comme un violoncelle. Si tu savais qu’aucune fille au monde ne sait faire virevolter les cerfs-volants comme toi.
Cette phrase, je l’ai murmurée dans ton dos pour que tu ne l’entendes pas. Face à toi c’est moi qui étais devenu muet.


C’est fou ce que les adultes ont peur des mots.


Vos parents vieillissent jusqu’à un certain âge, où leur image se fige en votre mémoire. Il suffit de fermer les yeux et de penser à eux pour les voir à jamais tels qu’ils étaient, comme si l’amour qu’on leur porte avait le pouvoir d’arrêter le temps.


Mais ce sont des petits détails qui font soudain prendre vraiment conscience de la disparition de ceux qu’on a aimés. Un réveil sur une table de nuit qui continue à faire tic tac, une taie d’oreiller dépassant d’un lit défait, une photo posée sur une commode, une brosse à dents dans un verre, une théière sur le rebord d’une fenêtre de cuisine, le bec tourné vers la fenêtre pour regarder le jardin, et, sur la table, les restes d’un quatre-quarts aux pommes nappé de sirop d’érable.

Ma note : 14,75/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Contemporain·Drame·Romance

Loin de tout (Loin de tout 1/2) – J.A. Redmerski

couv44198553Caractéristiques : 

  • Auteur – J.A. Redmerski 
  • Editeur – Milady 
  • Parution – 2013
  • Pages – 479
  • ISBN – 978-2811212483

4ème de couverture : 

Après avoir perdu son premier amour dans un accident, Camryn, 20 ans, plaque tout pour partir à l’aventure. C’est alors qu’elle rencontre Andrew, qui n’a pas été épargné par la vie lui non plus. Camryn a beau s’être juré de ne plus jamais tomber amoureuse, l’amour se révèle à elle sous de multiples facettes au cours de ce voyage. Un road trip improvisé qui marque le début d’une nouvelle existence exaltante. Mais l’insaisissable Andrew cache un secret qui peut les lier à jamais ou les détruire pour toujours…

Mon avis :

J’entendais tellement parler de ce roman, et je voyais sa couverture passer tellement souvent que j’ai fini par craquer et l’acheter, pour savoir un peu de quoi il en retournait. Malgré un début assez long, j’ai passé un bon moment de lecture !

Comme je l’ai dit, le début est un peu longuet. Le temps que tout soit mis en place, avec l’intrigue, les personnages… On prend entre 100 et 150 pages, et c’est parfois un peu trop. Mais l’avantage est qu’une fois que l’histoire est vraiment lancée, il n’y a plus aucun problème : le rythme est excellent, à la fois doux et trépidant, il arrive nous faire ressentir et à nous faire voir des choses différentes et diverses.

Pendant ma lecture, je me suis souvent demandée pourquoi est-ce que ce livre avait eu un succès pareil, alors qu’il n’est, à première vue, qu’une romance de plus. Mais la chose qui, selon moi, lui donne son originalité et sa puissance émotionnelle, c’est sa noirceur omniprésente. Je m’explique.

Nous savons dès le départ que notre héroïne, Camryn, a perdu son précédent petit ami dans un accident qui la hante encore. Tout au long du roman et au contact d’Andrew, on la voit évoluer dans son deuil, on la voit lutter face à ses propres démons et ses propres émotions. Pour ce qui est d’Andrew, à partir d’un certain moment, un malaise s’installe. On sent que quelque chose ne va pas, et que ce n’est pas juste un problème de pellicule.

C’est cette noirceur, cette avancée face à la mort et au deuil et le mystère d’Andrew qui confère au roman un petit quelque chose d’inquiétant, un sentiment de précipitation et dernière action, qui le rend unique.

Une thématique est centrale ici : le deuil, la souffrance, et nos réactions face à la douleur. Ça sort de l’ordinaire et des romances mielleuses où tout est beau et tout mignon. Ici, à chaque page, on est confronté à la dure réalité de deux héros en épreuve de deuil ou qui sont confrontés à la mort d’une manière ou d’une autre, avec des discussions loin d’être simplette, et des punchlines qui font réfléchir.

Le style de l’auteur est en parfait adéquation avec cette atmosphère un peu sombre qu’elle veut dépeindre, tout comme elle arrive à nous faire ressentir une palette d’émotion magistrale et très puissante. Je l’avoue, j’ai sangloté sur la fin, tant c’était poignant.

En bref, une romance qui sort de l’ordinaire, et qui vous fera sortir les mouchoirs !

Citations :

En vérité, ça n’a presque rien à voir. La dépression est l’une des formes les plus crues de la douleur, et je ferais tout pour être capable de ressentir de nouveau une émotion. N’importe laquelle. Une douleur normale vous fait souffrir, mais une douleur si puissante qu’elle vous empêche d’éprouver quoi que ce soit d’autre ? Vous avez l’impression de perdre la tête.


La vie prend toujours une autre tournure quand on perd un être aimé. Et, quoi qu’il advienne, on ne peut pas s’y préparer.


– Souffrir, c’est souffrir, ma belle. (Chaque fois qu’il m’appelle « ma belle », je l’entends mieux que n’importe quelle autre de ses paroles.) Ce n’est pas parce que les problèmes de quelqu’un sont moins traumatisants que ceux d’un autre qu’il n’a pas le droit de souffrir autant.


Les coïncidences ne sont que la version conformiste du destin.


Les meilleurs amis, peu importe ce qu’ils font, ne vous blessent autant que parce qu’ils sont, justement, vos meilleurs amis.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Philosophie/Réflexion·Romance

Le sourire du clair de lune – Julien Arenda

couv1485845Caractéristiques : 

  • Auteur – Julien Aranda
  • Editeur – Amazon Publishing
  • Parution – 2015
  • Pages – 312
  • ISBN – 978-1503953024

4ème de couverture : 

Le jour où Paul Vertune rencontre un soldat nazi dans la clairière d’une forêt bretonne, il ne sait pas que son existence va basculer et l’entraîner dans une histoire à couper le souffle aux quatre coins de la planète. Et puis, il y a la belle Mathilde que Paul aime en secret. Comment lui avouer ses sentiments ?

Mon avis :

J’ai eu une soudaine envie de littérature générale, et ce livre là, par le mystère de son titre m’interpellait beaucoup… Alors je me suis lancée, et je n’ai pas regretté !

C’est le genre de petit livre qui au départ ne paie pas forcément beaucoup de mine, mais qui sont pleins de trésors. Le sourire du clair de lune m’a pas mal fait penser au Voleur d’ombre de Marc Lévy : à la fois très calme et plein d’action, toujours tourné vers l’intérieur, l’introspection, sur la réflexion de soi et de sa place, du bonheur, de l’amour… Le genre de livre qui vous plonge dans un état spécial entre la tristesse et la joie simple.

Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce livre, ce fut cet espèce de road-trip s’étalant sur toute une vie, à la recherche d’une chimère, d’une personne, plus particulièrement.
En effet, tout commence au départ pour une jeune fille. Puis la fortune a fait que notre héros, se sentant redevable, part à la recherche de la fille d’un soldat nazi qui l’a épargné durant la guerre. Mais cette quête ne sera pas aussi simple qu’elle n’y paraît. Toute sa vie sera rythmée à la fois par les réflexions et pensées de notre héros, mais aussi par cette quête sous-jacente.

Comme dans tous livres de cet acabit, Le sourire du clair de lune est un ouvrage extrêmement puissant du point de vue des sentiments et des émotions. Il m’a fait rire, pleurer… Sur un panel différent de sujet et de circonstances. Une véritable pépite émotionnelle !
Mais surtout, j’ai trouvé le sens du titre absolument poétique et mélancolique… Mais surtout extrêmement beau, et plein de sens, qui en ravira beaucoup.

Véritable ode à l’optimiste et à l’humanité, Julien Aranda aborde une multitude de sujet : la famille, la guerre, l’amitié, les promesses, les rêves, le deuil, l’amour… Pour notre plus grand plaisir. Tout ceci, avec un style travaillé, et riche, qui nous sort un peu de notre modernité et de notre littérature simplifiée.

En bref, un roman que j’ai beaucoup aimé et qui m’a beaucoup ému, et que je conseille fortement !

Citations :

La première, se méfier des hommes et de leur soif de pouvoir maladive. La deuxième, quitte à souffrir, autant garder le sourire, ça ne mange pas de pain, comme on dit dans nos campagnes. La troisième enfin, vivre intensément, ne jamais se réfugier derrière des prétextes auxquels on ne croit qu’à moitié.


Notre physique est souvent à l’image de notre esprit. Les gens ouverts paraissent plus jeunes, les gens fermés plus vieux, comme s’il existait une corrélation entre nos organes capable de juguler inexorablement notre destin.


Du haut de mon jeune âge, je discernais déjà une connotation péjorative dans cette expression, avoir la tête dans Lalune, comme si rêver était interdit, s’émouvoir criminel.


Certains mots nous marquent au fer rouge pour le restant de nos jours. Nous concervons la trace indélébile de leurs lettres, comme un tatouage qui nous accompagne au fil du temps.


La guerre est une folie, pensais-je, qui nous entraîne vers le chaos et la mort. Elle n’est que la projection sanglante d’une âme en peine diffusant son mal-être auprès de ses semblables. Parce quand, quand tout va mal, mieux vaut détester qu’aimer, mieux vaut s’armer plutôt que d’ouvrir les bras. Et c’est là tout le tragique destin de notre espèce.


L’imaginaire peut être à double tranchant. Il nous transporte parfois dans des lieux où l’émotion est telle que nous souhaiterions y rester pour l’éternité, ou, au contraire, nous expose nos peurs les plus primitives, les plus angoissantes, sans que nous puissions arrêter cette infernale mécanique.


La véritable richesse d’un être humain n’existe que dans son coeur. Elle est impalpable, immatérielle, mais forte d’un identité.


« – L’homme est cruel, Vertune, et la vie est une chienne qui bouffe ses petits lorsqu’elle a faim. Elle ne nous fait jamais de cadeaux, elle n’est pas généreuse. Mieux vaut le comprendre assez tôt pour ne pas finir comme moi. Je n’aime pas la vie, Vertune, et la vie ne m’aime pas non plus.
– Justement, capitaine, je vous offre l’opportunité de vous réconcilier avec elle ! » m’exclamai-je.
Il retira la pipe de sa bouche et fronça les sourcils, dubitatif.
« – Me réconcilier avec elle ?
– Oui capitaine, en faisant renaître le jeune homme à l’intérieur de vous. »


À quoi bon vouloir révolutionner le monde quand on est incapable de se révolutionner soi-même ?


La disparition d’un proche est comme une petite mort, une subite fuite en avant de tous nos sens.


L’ego est le cancer de la vie, une maladie du coeur lorsqu’il n’est pas maîtrisé.

Ma note : 17.5/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Contemporain·Romance

Everything Everything – Nicola Yoon

couv7794239Caractéristiques : 

  • Auteur – Nicola Yoon
  • Editeur – Bayard
  • Parution – 2016
  • Pages – 360
  • ISBN – 978-2747052788

4ème de couverture : 

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

Mon avis : 

Je l’avais vu passé pas mal de fois sur la blogo, et quand j’ai vu qu’une amie cherchait à le vendre, je n’ai pas hésité une seule seconde. Et j’ai bien fait : même si ce n’est pas un coup de coeur, c’est le livre qui m’a fait sortir de ma panne de lecture qui durait depuis un peu plus de 6 mois.

Ce livre est l’archétype parfait de l’amour impossible. Elle, est littéralement allergique au monde extérieur : si elle sort, à cause de son système immunitaire défaillant, elle peut mourir. Lui, un adolescent normal avec des problèmes de famille : il s’installe en face de chez elle.

Ce que j’ai particulièrement adoré, c’est l’évolution des contrastes. Chez Madeline, tout est d’un blanc immaculé, dont elle-même, qui n’a jamais pu sortir à l’extérieur, ne connait rien au monde, ou aux relations humaines avec des personnes de son âge. Chez Olly, tout est sombre et noir, de son histoire à ses vêtements et ses cheveux. Et de fil en aiguille, Madeline apprend à voir le monde à travers les yeux d’un autre, commence à se libérer du joug de sa mère hyper-protectrice, et Olly, lui, trouve un havre de paix. On débute l’histoire avec du blanc et du noir, et on la termine avec une palette de gris. Une véritable leçon de vie je trouve, que ce soit pour les jeunes comme pour les moins jeunes.

Autre facette que j’ai aussi beaucoup aimé : l’émancipation. Avec l’amour vient l’envie, chose que Madeline s’était toujours refusé à cause de sa maladie. Et forcément, elle va finir par aller à l’encontre de ses habitudes, à l’encontre de sa mère et des règles qu’elle lui a toujours imposée. Une véritable émancipation, une véritable voie vers la liberté.

La romance est très sympathique, avec des hauts et des bas, loin d’être prévisible. Jusqu’à la fin, on se demande comment ça va se terminer.

Mais surtout, ce que je retiens, c’est toute la thématique du traumatisme, et des conséquences que cela peut avoir, tant sur un individu que sur son entourage.

Chose absolument remarquable : il y a, pour une fois dans une romance, un véritable suspens ! Suspens sur la romance, suspens sur la vie de Madeline, suspens à cause de la – gigantissime – révélation… On est servi, et c’est loin d’être une lecture qui coule comme une petite rivière tranquille.

En bref, des personnages attachants, pour une histoire qui sort de l’ordinaire avec de véritables messages !

Citations :

Olly : tu n’aimes pas simplement parce que c’est vrai
Madeline : Qu’est-ce qui est vrai ? Que, livrés à nous-mêmes, on s’entretuerait ?
Olly : oui
Madeline : Tu crois vraiment ?
Olly : oui
Madeline : Eh bien, pas moi. Absolument pas.
Madeline : Tu voles vraiment de l’argenterie ?
Olly : tu devrais voir ma collection de petites cuillères


Il y a des mondes entiers qui existent à la lisière de notre perception.


Je secoue la tête. Je peux tout confier à Carla, sauf ça. Mon coeur est trop meurtri, et je veux garder cette douleur en moi comme un souvenir. Je ne veux pas mettre de la pommade dessus. Je ne veux pas que mon coeur guérisse. Car, s’il guérit, je serai tentée de m’en servir à nouveau.


Mais n’importe quoi peut arriver n’importe quand. La sécurité de ne fait pas tout. Et il ne suffit pas d’être vivant pour vivre.

Ma note : 17.5/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1/1.5

Comédie·Romance

Maybe Someday (Maybe 1/2) – Colleen Hoover

couv2208031Caractéristiques : 

  • Auteur – Colleen Hoover
  • Editeur – Hugo Roman
  • Parution – 2015
  • Pages – 374
  • ISBN – 978-2755618426

4ème de couverture : 

À 22 ans, Sydney a tout pour être heureuse : des études passionnantes, le mec parfait, Hunter, et un superbe appartement en coloc avec sa meilleure amie Tori. Jusqu’au jour où elle apprend que ces deux êtres qui lui sont le plus chers lui cachent un secret impardonnable… Sydney décide alors de tout plaquer. Elle se rapproche de plus en plus de Ridge, son mystérieux voisin. Elle vibre lorsqu’il lui joue ses magnifiques mélodies à la guitare sur son balcon. Mais chacun a ses secrets, et Sydney va découvrir ceux de Ridge à ses dépens. Ensemble, ils vont comprendre que les sentiments qu’ils partagent ne leur laissent pas le choix dans leurs décisions.

Mon avis :

Celui là aussi, j’ai mis un moment avant de le lire. Il a tellement eu de succès que je voulais attendre que la vague passe un peu avant de me plonger dedans… Une lecture très agréable et addictive, même si ce n’est pas un coup de coeur !

Ce que j’aime beaucoup chez Colleen Hoover, c’est qu’elle a ce don pour faire des romances très classiques, et à la fois bourrée d’originalité ! Je pense notamment à Indécent qui, même avec une intrigue assez stéréotypée, est très originale par son rapport avec le monde du slam. Ici, on a un peu la même chose : une intrigue somme de toute proche de la banalité tant elle est classique, mais avec un traitement bougrement original !

C’est aussi pour ce genre de subtilité que je différencie intrigue et histoire. Pour moi, l’intrigue est le chemin suivi, et l’histoire, la décoration de ce même chemin. Moralité, on peut avoir un chemin identique, mais avec deux décorations complètement différentes !

Ici, une fois encore, Colleen Hoover nous plonge dans une romance palpitante et addictive, rythmée par le monde de la musique ; non plus sous l’angle du spectateur ou de l’oeuvre finie, mais sous l’angle de la création, et de la formation d’une musique, avec tout le travail que ça implique (écriture de parole, écriture de la mélodie, etc). Mais en plus de cet aspect que j’ai trouvé très intéressant, on est aussi plongé dans un nouveau monde : la surdité. Un des deux personnages principaux est sourd, et cela rajoute une dimension très sensuelle et tactile à l’oeuvre (ceux qui l’ont lu savent à quels passages je me réfère).

Et comme toujours, même si l’histoire est touchante, les mots de Colleen Hoover, aussi simple puisse être sa syntaxe parfois, arrivent à nous faire ressentir une palette d’émotion très étendue, pouvant aller du rire aux larmes, en passant par l’exaspération ou encore la colère parfois.

Ce qui m’a beaucoup touché aussi, c’est de m’être beaucoup retrouvé dans le personnage de Sydney face à certains éléments, notamment sa lutte contre les sentiments qui l’assaillent, et sa réaction face à certaines actions de Ridge, qui me rappellent beaucoup mes propres réactions.

J’ai beaucoup aimé les personnes, malgré le fait qu’ils soient assez bateau dans le genre.

Sydney tout d’abord. L’évolution même du personnage est assez intéressante, même si certaines choses sont extrêmement prévisibles.

J’ai littéralement adoré le personnage Ridge. Touchant, émouvant, et profondément humain. Sa particularité le rend encore plus attachant.

Pour ce qui est des personnages secondaires, ils sont tout aussi bons.

Comment parler de ce livre sans parler du travail sonore qui a aussi été mené ? En effet, Colleen Hoover a travaillé en collaboration avec Griffin Peterson pour réalisé les musiques écrites dans le livre ! J’ai toujours trouvé un peu frustrant de livre un livre comportant de chansons inventées par l’auteur, sans jamais pouvoir les écouter. Ici, l’auteure nous offre cette opportunité, et c’est magique. Dans cet album si je puis dire, vous pourrez retrouver :

  1. Living A Lie
  2. Something
  3. A Little Bit More
  4. Maybe Someday
  5. I’m In Trouble
  6. It’s You
  7. Hold On To You
  8. Let It Begin

J’ai beaucoup aimé Maybe Someday, qui est toute pilou-pilou et romantique, comme je l’avais imaginé, mais aussi It’s You qui est assez rythmée. Hold On To You m’a aussi beaucoup touchée, car bien plus mélancolique et douce, tout comme Let It Begin.

En bref, un livre complet, touchant et émouvant au possible, et ô combien addictif ! Je vous le conseille très fortement.

Citations :

C’est fou comme lorsqu’on vient d’être embrassé par quelqu’un, on ressent à jamais une impression différente dès que ce quelqu’un ne vous embrasse plus. À l’instant où il vous lâche, c’est comme si on vous arrachait une partie de votre être.


Je ne suis pas d’accord, ses dons ne proviennent pas que du travail. Bon, ça doit aider, parce que le talent a besoin d’être éduqué pour s’épanouir.

Ma note : 17.25/20

• Scénario – 3.25/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 0.75/1.5
• Humour – 1/1.5

Érotique·Coup de coeur·Drame·Philosophie/Réflexion·Romance·Thriller

Oeil pour Oeil – Cha Raev

couv54221894Caractéristiques : 

  • Auteur – Cha Raev
  • Editeur – Mix
  • Parution – 2016
  • Pages – 352
  • ISBN – 978-2375210086

4ème de couverture : 

Jusqu’où iriez-vous pour vous venger ? Cyril est un homme brisé. Vide. Vide de toute raison, de toute espérance. Tout ce qui lui reste, c’est le but qu’il s’est fixé. Sa rage et sa haine sont les seules flammes qui brûlent encore en lui. Pour assouvir sa vengeance, il acceptera de plonger en enfer. Son enfer mais aussi celui des autres. Un jeu d’illusions et de miroirs qui le mènera aux frontières de la moralité, le contraindra à les repousser. Mais parfois, la rédemption se trouve au plus profond de la damnation.

Mon avis :

Rien que par son résumé, je me suis doutée que ce livre allait beaucoup me plaire. Intuition qui s’est confirmée quand j’ai découvert le style de l’auteur… C’est un coup de coeur !

Le style de Cha Raev est sublime. Il arrive à être à la fois voluptueux, léger, et extrêmement personnel… Mais aussi extrêmement dur, glaçant et grave. Un mélange haut en couleur qui arrive à se placer au plus proche de l’être humain, au plus proche de la réalité d’un esprit. Et c’est phénoménal. La charge émotionel des mots et les tournures de phrases donnent au roman une dimension émotionnellement très intense. Préparez vos mouchoirs !

Pour ce qui est de l’intrigue, on est sur quelque chose d’assez basique, mais qui marche extrêmement bien : un amour perdu, une envie de vengeance… Et c’est la déchéance. Un cocktail explosif entre les bonnes mains (et surtout avec les bons mots !).

L’histoire elle… J’en ai rarement lu d’aussi palpitante et d’aussi prenante, émotionnellement parlant.  On suit les aventures à travers les yeux de Cyril. Somme de toute, elle est plutôt simple, mais elle est tellement bien menée… Je ne veux pas en dire trop de peur de spoiler et de vous faire perdre la petite étincelle que j’ai eu pendant ma lecture. Sachez simplement qu’elle est excellente, palpitante, et pleine de rebondissement qui ont su me faire grimper aux rideaux !

J’ai rarement vu des personnages aussi travaillés, et qui arrivent à retranscrire autant d’émotion.

Cyril, bien qu’il soit notre personnage principal, n’est pas le plus travaillé à mon goût, même s’il approche de la perfection. Il est… Humain. Il fait des erreurs, les assume plus ou moins bien. Il pleure, il sourit… Et déterminé.

Le personnage le plus travaillé reste à mon sens le Papillon. Mystérieux, ambigüe… On arrive à ressentir l’ambiance lourde et feutrée qu’il apporte aux scènes, tout comme on arrive à sentir cet anneaux se former autour de notre poitrine quand il est là, comme c’est le cas pour Cyril.

Ce que je trouve extrêmement fort, c’est que Cha Raev a réussi à placer dans son monde dur et impitoyable, une romance M/M extrêmement puissante et émouvante. Un énorme point positif, qui vient rajouter de la profondeur au texte, mais aussi, à choisir, de la lumière ou de l’ombre. Autant prévenir, les scènes de sexe sont explicites.

En bref, ce livre m’a fait vibrer. De l’action, une romance, des sentiments forts, un but… Un roman excellent qui saura vous faire vibrer et sortir les mouchoirs !

Citations :

Quand un grand venait nous chercher des poux dans la tête, on lui cassait la gueule ensemble. Ou bien on se faisait étaler… Toujours tous les deux.


C’est pas facile d’être responsable du bien-être de quelqu’un.


La rage n’est ni tiède, ni apaisante. Elle vous consume, vous dévore. Ce que vous êtes, qui vous êtes, et tout ce que vous aviez prévu de faire ou d’être.


La patience est une voie difficile, mais aussi celle de toutes les satisfactions. Elle est la voie du temps, du discernement ; contrairement à la hâte qui ne se dévore que dans la passion et le tourment.


Qu’importe le vin pourvu qu’on ait l’ivresse.
Qu’importe le coupable pourvu qu’on ait la vengeance.


Les illusions sont commes les papillons de nuit : attirés par les lumières artificielles. Elles ne s’épanouissent que dans l’obscurité et le doute. Elles ne sont pas tangibles et il est impossible de s’en saisir. Les illusions flottent à la limite de ce quelque chose, de cette conscience où tout se brouille. Elles sont parfois vénéneuses, et pourtant on ne peut en détourner le regard, au risque de se laisser happer par leur parfum suave et toxique. Les contempler, c’est se retrouver piégé devant la danse lascive d’un serpent doré, si hypnotique qu’on en vient à espérer sa morsure autant qu’à la redouter.

Ma note : 19.25/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5
• Bonus « Charge émotionnelle » : +1pt

Érotique·Romance

Qui de nous deux ? (La société 1/9) – Angela Behelle

couv49571791Caractéristiques : 

  • Auteur – Angela Behelle
  • Editeur – J’ai Lu
  • Parution – 2012
  • Pages – 320
  • ISBN – 978-2290075999

4ème de couverture : 

Un élève aussi farouche que séduisant, une société secrète, un lent apprentissage mené de main de maître qui éveille son corps et comble ses désirs les plus inavouables, Mickaëlla Valmur est loin d’imaginer ce que lui réserve cette étrange rentrée scolaire au goût amer.

Mon avis :

Un résumé assez alléchant, une lecture érotique qui semblait loin d’être guimauve… Ce livre aurait vraiment pu me plaire, mais alors pour ai-je aussi peu accroché ?

Tout d’abords, le style de l’auteur. Il n’est pas mauvais loin de là, mais je dirai qu’il est trop en décallage. Dans une histoire d’amour comme dans de l’érotisme, on peut prendre deux partis à mon sens, qui fonctionnent : une narration externe omnisciente, ou une narration interne. Mais faire une narration interne où on semble complètement détâchée du narrateur ? Ça manquait profondément de passion et d’émotion tout ça. Vraiment. Pas une fois je n’ai vibrée pour l’héroïne, pas une fois je me suis sentie transportée à ressentir les mêmes choses qu’elle (alors que ça me le fait tout le temps dans d’autres romances)… Rien, nada. Un erreur stratégique qui malheureusement se répercutera sur le reste du roman, loin d’être parfait.

L’intrigue est certainement la seule chose de viable dans ce texte, puisque ce n’est qu’une trame, plus de basique : une prof, un élève, une histoire avec tendance SM, et basta. Rien de bien original, mais ça remonte un peu le niveau, un peu trop bas je trouve…

L’histoire est ce qu’elle est, une pseudo-romance. On va se l’avouer, je l’ai trouvé assez malsaine sur les bords. Voire même carrément malsaine. Tout du long, on a l’impression que notre héroïne n’est qu’un robot qui se laisse manipuler par un ado (aussi précoce soit-il) qui, pour moi, n’est qu’un psychopathe narcissique. Puis ces trucs qu’il la force à faire… Je ne suis pas du genre à m’offusquer face à du BDSM, tant qu’il y a des nuances de respect. Chose qu’il n’y avait absolument pas ici.

Les personnages sont d’un fade…

Mickaëlla… J’ai rarement vu un personnage avec aussi peu de volonté et de caractère ! Non pas qu’elle soit toute docile (bon si, mais là n’est pas le propos). Des personnages vraiment gentils, pas farouches, j’en ai vu, et j’en ai adoré tellement ils étaient géniaux ! Mais elle ? Autant de saveur que de l’eau plate. Elle se laisse manipuler avec une facilité déconcertante, n’est préoccupée que par son désir et ce que l’autre va penser d’elle et… Et merde, j’ai envie de lui demander où est passé son amour propre.

Alexis est un véritable psychopathe. Vraiment. Il correspond un peu trop au stéréotype du gars névrosé qui a des problèmes de libido à mon goût. Manipulateur, vil, méchant… Vraiment pas un bon personnage.

En bref, un premier tome désastreux… J’ai vu que la suite était bien mieux notée sur Livraddict, et qu’on ne suivait pas le même couple. Je lirai le second tome, même si j’ai peu d’espoir…

Citations :

Aucune citation !

Ma note : 8/20

• Scénario – 2.75/4
• Ecriture/Style – 1.25/4
• Potentiel d’addiction – 1/3
• Personnage – 0.25/2
• Emotions – 0.75/2
• Originalité/Créativité – 1/2
• Suspens – 0.75/1.5
• Humour – 0.25/1.5