Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Romance·SF

Question de temps – E.R. Link

cover-514.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – E.R. Link
  • Editeur – Autoédition
  • Parution – 2016
  • Pages – 516
  • ISBN – 978-1-535353-74-8

4ème de couverture :

Dans l’archipel du Touraco, écrin de verdure au goût de paradis, Calixte Zygène de la Spirée rêve d’aventures tout en vivant de larcins. En cherchant à cacher son dernier trésor, volé au gouverneur en personne, il découvre un étrange boîtier qui le conduira jusqu’aux pirates de la baie et bien plus loin que ce qu’il n’aurait jamais pu imaginer. D’un vaisseau fantôme en passant par l’énigmatique sorcière des marais, il réveillera les mythes séculaires qui hantent les eaux de la Mer des Palmariales…

Mon avis :

Comment fait-elle ? Comment peut bien faire E.R. Link pour réussir à autant m’envoûter par ses textes, et me décrocher un coup de coeur à chacun de ses romans ? Comment !?

Vous l’aurez compris, une fois de plus, E.R. Link nous a offert une perle rare avec Question de temps, un long roman des plus aventuriers et comiques.

Tout au long du roman, nous allons suivre Calixte, jeune homme à l’humour et à la réparti fort développé, qui tente de s’en sortir dans une vie faite de magouille et de séduction. Vous vous doutez bien que cela fini forcément par louper à un moment donné et là, il nous entraîne dans un monde peuplé de pirate pas si féroce que ça, de quête au trésor… En bref, de flibusterie. Mais un peu air steampunk n’est jamais très loin…

C’est tout simplement addictif et excellent. En voyant le nombre de pages, je me suis d’abord dit que j’allais mettre plus de temps que prévu pour le lire. Un jour de plus par rapport à l’estimation. Comme dans tous ces romans, E.R. Link arrive à nous dépeindre un monde tout simplement merveilleux sans nous assommer de non de lieux, de roi, d’histoire… On rentre alors dans son imaginaire comme on rentre dans une piscine (du moins pour la majorité) : petit à petit et sans précipitation. Cela laisse au lecteur un tant fou pour s’adapter à ce nouvel univers et l’apprécier dans toutes ses subtilités.

Mais la plus grande prouesse reste pour moi le travail des personnages. Il n’y aucune fausse note, et c’est de plus en plus rare de nos jours. Tous les personnages sont hauts en couleur sans tourner dans le ridicule ou encore dans le pathos, et sont d’une vraisemblance à couper le souffle. Tous – ou presque – sont très attachants, ce qui rend la lecture, alliée avec un style aussi fluide que magnifique et ensorcelant, tout simplement et purement addictive. Un véritable page turner. Même les personnages détestables, ou qu’on pense qu’on n’aimera pas, on arrive à la fin du roman et étant triste de les quitter. Même cet idiot de Gros-Sac j’ai réussi à l’aimer pour dire !

Ce que j’ai énormément apprécié tout au long de l’ouvrage, c’est l’humour – anglais -. Cela faisait bien longtemps que je n’avais autant ris et souris grâce à un roman ! Entre humour absurde, comique de répétition, répartie cinglante et complètement décalée, et comique de situation, portés par des personnages extraordinaire, le mélange ne peut que bien fonctionner.

Encore et toujours, ce que j’ai adoré, c’est la triple romance. Aaaah… Enfin une romance qui n’est pas écrite à l’avance, où il y a un véritable suspens, de véritables interrogations… Et surtout où ce n’est pas platonique. Attention, il n’y a aucune scène érotique – à mon goût -, mais on est plongé dans une ambiance très sensuelle très agréable et grisante. Une véritable ode à l’amour sous toutes ses formes.

Je pourrais continuer sur des pages et des pages tellement j’ai aimé ce roman, tellement il m’a transporté, et faite vibrer… Des trois romans sur quatre de E.R. Link que j’ai lu, celui-ci et certainement mon petit chouchou, de même que l’auteure, qui se place dans mon top 3 de mes auteurs favoris, aux côtés de Pierre Bottero et de Karine Giebel.

En bref, un roman qui vaut tout l’or du monde, et qui mérite un sincère merci et bravo.

Citations :

– Pourquoi un sablier ?

– Parce que nous ne maîtrisons jamais le temps, capitaine. Il s’écoule de façon linéaire. Il est compté pour ceux que nous abordons. Il est compté pour nous. Nous nous inscrivons inexorablement dans notre époque. Nous ne possédons que notre expérience passée et restons tournés vers un avenir incertain.

– Il nous échappe. Est-ce pour cela que vous lui avez donné des ailes ?

– C’est exact. Nous pouvons rester maîtres de nos choix, maîtres de nos vies. Le temps finit par avoir toujours raison de nous. On peut l’apprivoiser, jamais le dominer.


Elle balbutia, cherchant ses mots dans toutes les parties de son corps qu’elle maîtrisait encore. Hélas, les mains, les chevilles ou viscères n’étaient pas bonnes conseillères en terme de vocabulaire dans ce genre de situation.


Il la secouait comme un bananier.


L’amour vous rend aussi stupide qu’aveugle.


À force de viser le soleil, on finit par passer à côté de la lune. Il est vain de courir après des chimères. Il faut se satisfaire de ce que l’on possède et saisir sa chance lorsqu’elle passe à votre portée.

Ma note : 20/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1.5/1.5
(et si j’avais eu un bonus à ajouter, je l’aurais fait !)

Érotique·Contemporain·Coup de coeur·Romance

Remy (Fight for love 3/6) – Katy Evans

couv35884285.gif.jpegCaractéristiques : 

  • Auteur – Katy Evans
  • Editeur – Hugo Roman
  • Parution – 2013
  • Pages – 316
  • ISBN – 978-2266251648

4ème de couverture :

Remy  » Riptide  » Tate a deux passions. Le ring – où il règne en champion de la ligue Underground – et le lit de Brooke Dumas, la femme pour laquelle il pourrait donner sa vie. À la veille de leur mariage, Remy se remémore les premiers instants de leur rencontre. Évidente. Foudroyante. Instantanément torride. Les zones d’ombre qu’à son contact, il a appris à contrôler… Le désir, la passion, tout ce qui, entre elle et lui, a semblé d’instinct incontournable. Son plus grand combat.

Mon avis : 

J’ai toujours l’impression de faire faire le yoyo temporel à mes lecteurs… Comme vous le savez, je lis énormément de choses diverses et variées, et il est temps que je me consacre au troisième tome d’une saga coup de coeur… Et qui a été un coup de coeur.

Vous savez l’amour que je porte pour cette saga romantico-érotique. Comme beaucoup dans le même, l’auteur a décidé d’éclairer plus particulièrement un des personnages principaux en lui offrant un tome… Ici, c’est le personnage de Remington Tate lui-même que l’on apprend à connaître en profondeur, car c’est à travers ses yeux que l’on va vivre une intrigue… que l’on connait déjà ! Tout comme E.L. James l’a fait avec son quatrième opus Grey, Katy Evans nous offre les moments clefs, les moments forts des deux premiers tomes, ainsi que l’évolution post-second-tome à travers le regard de Remington – bien que quelques rares passages soient sous le point de vue de Brooke -.

Je ne vais pas vous le cacher, c’est un pur régal. Si certaines (et certains, je ne vous oublie pas messieurs !) n’ont pas aimé le côté bestial et homme des cavernes de Remy, ils n’aimeront pas ce roman. Mais pour celles et ceux qui, au contraire, on aimé la saga en partie grâce à la sauvagerie de ce combattant, je peux vous garantir que on plane sur un nuage fait de gant de boxe et de sensualité. Au lieu de découvrir une bête assoiffée de sexe et de chaleur, on apprend à découvrir un être fait de muscle, certes, mais avant tout un être sensible, qui peur, qui a froid, qui aime tendrement une femme.

Ce qui frappe le plus dans ce roman, c’est sa véracité sur le genre humain. On peut être sensuel, avec un grand appétit sexuel, et être par la même occasion capable de la plus grande des mièvrerie. On peut être bestial et violent par moment, comme être capable de la plus grande des douceurs par d’autres. C’est cette dualité là qu’à voulu explorer l’auteur, et elle l’a fait avec talent.

De plus, cela permet de lever certaines zones d’ombres sur le comportement de ce cher Remington dans les tomes précédents.
Et, encore une fois, ce roman a en lui quelques notes de féminisme. Car une fois de plus, même si on parle de roman érotique, avec des scènes explicites, en aucun cas Brooke, au même titre qu’Anastasia, n’a été une fois soumise à l’homme qui partage sa vie. Car depuis le début, c’est elle qui mène la barque et Remington, tout comme Christian Grey, est complètement dépendant de cette femme qui est venue bouleverser sa vie et ses sens.

En bref, un roman excellent, dans la parfaite continuité des deux premiers, qui ravira les fans de la série en attendant la suite !

Citations :

Le coeur est un muscle. Pendant une vie entière il va battre des milliards de fois. J’ai appris à mes dépens qu’on ne pouvait plus courir avec un ligament déchiré, mais qu’en revanche, même si votre coeur est brisé en mille morceaux, vous pouvez toujours aimer de tout votre être.


Il y a des choses dont on est certain. Pour lesquelles on jurerait sur sa vie. Des chose qu’on sait, tout simplement. On sait que la chaleur du feu brûle. Que l’eau épanche la soif. Elle, elle fait partie de ces choses : la certitude la plus évidente de ma vie.

Ma note : 16.5/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 1/1.5

Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Philosophie/Réflexion·Romance

Un Air de Liberté – E.R. Link

cover-344Caractéristiques : 

  • Auteur – E.R. Link
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2017
  • Pages – 230
  • ISBN – 978-1-535352-84-0

4ème de couverture :

Lorsqu’elle rencontre le beau Bryce, la jeune comtesse Carolyn Fabre des Aiglefins ne se doute pas à quel point sa vie va se trouver bouleversée.
Dans un royaume meurtri, qui aura assez de courage pour détrôner le cupide Lord Bertram de la Nuée d’Étourneaux et retrouver la princesse légitime dont la trace a été perdue pendant vingt ans ?

Une fantasy victorienne pour toutes celles et ceux qui rêvent d’amour et d’aventure.

Mon avis :

Retournons dans un univers complètement steampunk, mais cette fois-ci, avec la belle E.R.Link… C’est encore un coup de coeur pour moi !

Ce roman est une pure merveille. De l’amour, de l’aventure, de la passion, du mystère… Un cocktail explosif dans un monde fait d’imaginaire et de sentiments.

Un royaume aux mains d’un tyran, une princesse disparue… Vous faites le lien ?
Tout au long de ce roman, on va suivre le beau Bryce ainsi que la Comptesse Carolyn, à la recherche de la princesse du royaume, qui a disparu peu de temps après sa naissance, et peu avant le coup d’État.

Ce roman aborde énormément de thème, tel que la loyauté, l’amour, l’amitié, la volonté… Mais aussi la force et la motivation d’oser dire non, de se rebeller face à l’injustice et face à une politique tyrannique.

La force de ce roman réside à la fois dans les personnages, et dans leur vraisemblance. Dès les premières pages, les premiers mots, nous sommes complètement happés par cette atmosphère type XVIIème, XVIIIème, si typique des univers steampunk. Mais nous sommes aussi complètement ensorcelés par les personnages de Bryce et Caroline, à qui on s’attache très, très vite. S’en suit une flopée de personnages hauts en couleurs, tous plus attachants les uns que les autres.

Tout comme Les Compagnons de l’Arc-en-Ciel, Un Air de Liberté est une ode à l’amour et à la passion, avec plus de nuances ici. Amour passionnel d’un être aimé, mais aussi amour de la liberté, qui est le but ultime de tous les personnages : retrouver leur liberté. La liberté d’aimer, de vivre. Liberté d’être, tout simplement.

Un message que je trouve d’autant plus important au vu des temps que nous traversons. Aimez-vous. Aimons-nous. Arrêter d’avoir peur de l’autre. Se battre pour notre liberté, qu’on essaie de nous arracher sans même que l’on s’en aperçoive.

En bref, un roman dans un style steampunk aux messages aussi beau que nécessaire, sur des airs de littérature engagée pour la liberté, et pour l’amour.

Citations :

L’amour pouvait tout illuminer comme il pouvait aussi tout gâcher, sans demie mesure.

Ma note : 19.75/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1.25/1.5

Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Philosophie/Réflexion·Romance

Les Compagnons de l’Arc-en-Ciel – E.R. Link

cover-168Caractéristiques : 

  • Auteur – E.R. Link
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2009
  • Pages – 406
  • ISBN – 978-1535352475

4ème de couverture :

Et la Lumière découvrit l’Ombre. Et l’Ombre aima la Lumière…

Est-il possible encore de croire aux fées au XXIème siècle quand la science, la technologie, ont pris un pas important sur la magie ? Pourtant, même si beaucoup de choses ont évolué, il existe toujours, cachés quelque part dans nos rues encombrées,
un Petit Chaperon Rouge qui fuit un loup,
une Belle au Bois Dormant en sommeil dans un hôpital,
une Cendrillon désenchantée,
un Petit Poucet en lutte contre un ogre moderne et terrifiant,
un Riquet à la Houppe qui saura se faire aimer malgré sa laideur,
une Petite Sirène que la timidité aura rendue muette,
un Chat Botté malicieux qui prend sa vie en main,
et une Belle qui affrontera la Bête qui a ruiné sa vie.

Mon avis :

Par ce temps estival, comme une envie de fraîcheur, de gaité… De young-adult. Je me suis alors lancée à corps perdu dans cette lecture, sans savoir que j’avais une pépite entre les doigts… C’est un coup de coeur absolument magistral !

Les bémols sont trop peu nombreux. Les micro-rixes entre Stella et Horizon sont parfois agaçantes, mais on s’y fait, et fini même par les apprécier et les attendre.

Je ne sais trop par où commencer au niveau des bons points tant il y en a ! Le monde tout d’abords, et absolument magistral. La mythologie et l’histoire est posée dès les premiers chapitres, nous évitant une perdition peu recommandable. Même s’il peut paraître très guimauve voire même enfantin, ce n’est en aucune façon le cas, il est même assez mature, sans pour autant viré dans le noir, le grave, comme c’est un peu trop souvent le cas dans la fantasy adulte.

Mais ce qui est vraiment remarquable, en plus d’un début palpitant et d’une fin comme on les aime, c’est le corps même du roman, avec les huit ré-écriture de conte qu’elle contient. Vous allez sûrement me dire que des ré-écriture de conte, on commence à plus en pouvoir, principalement à cause de la mode lancée par la saga des Chroniques Lunaires. Je n’ai pas lu cette saga, mais je ne pense pas qu’elle soit aussi subtile que Les Compagnons de l’Arc-en-Ciel. Pour dire, il y a certains contes que je n’ai pas reconnu, et que je connaissais pourtant bien. Et c’est ça qui est magistral : on peut lire le roman à la fois d’un point de vue tout à fait basique, et apprécié ces histoires aux airs de conte de fée de notre enfance, comme on peut le lire du point de vue des contes, et apprécier le travail de ré-écriture.

Je crois que c’est la première fois que je lis un roman qui rentre aussi bien dans la case young-adult. On a une écriture mature, riche et très imagée, avec des moments bien plus léger, et des thématiques plus bateau, et passer au chapitre suivant à une thématique plus sombre, voire même tabou, qui nous exclu complètement du monde féérique et enfantin. Le tout, dans notre monde, avec des thématiques modernes et sensibles.

Mais surtout, surtout… Quel hymne à l’amour ! Huit contes, huit histoires où on palpite avec Stella, Horizon et leur bande pour ces personnages que l’on aide à être heureux. Huit preuves, à travers des horizons et des situations différentes, pour montrer que ce qui fait le bonheur d’une vie n’est jamais l’argent, la réussite, la gloire ou une carrière, mais l’amour.

En bref, un livre magnifique qui mérite de figurer auprès des plus grands, qui a su m’envouter et me faire voyager d’une manière peu commune. Un livre qu’on est pressé de finir, mais triste d’achevé… Un coup de coeur mémorable, une de mes plus belles lectures de l’année 2017 !

Citations :

Le monde n’est pas toujours celui que l’on se crée.


– Le culte de la beauté ressemble à un commerce de boucherie. Je ne veux plus y penser.

– La célébrité, la beauté, Stella ! La richesse !

– Et tous les gens laids ? Qu’est-ce que la société en fait ? Il faut être belle pour chanter, belle pour danser, belle pour jouer la comédie. Il n’y a plus de place pour le talent. Tout est image. Tout est triché. La véritable richesse est celle de l’âme. Le reste n’est qu’artifice et illusion.


– Parfois, les trésors enfouis dans les abysses brillent davantage que ceux éclairés à la surface…


On a toujours besoin de connaître la langue de celui que l’on combat.


– Oui. Je t’aime, répondit-elle simplement.
À force se croiser, tôt ou tard, on finit par se rencontrer.

Ma note : 18.75/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 1/1.5

 

Érotique·Historique·Romance

L’Art d’aimer – Ovide

couv38287278Caractéristiques : 

  • Auteur – Ovide
  • Editeur – Belles Lettres
  • Parution – 1 ap. JC
  • Pages – 89
  • ISBN – 978-2251011196

4ème de couverture :

La séduction : un art subtil, un rite mis à l’honneur pendant la Renaissance avec les cours d’amour, mais déjà chanté par Ovide. La femme étant libre de ses sens et de ses sentiments, comment la conquérir ? Où tendre ses filets ? Compliments, promesses, larmes, baisers, hardiesse… Toutes les armes sont bonnes. Celle que l’on aime une fois séduite, comment la retenir ? Au terme d’un jeu dont le prix est le plaisir, l’amant raffiné a plus d’une corde à son arc… Quant à la femme, il lui appartient de garder son éternel féminin, ce qui n’est pas le plus facile… Au-delà de l’artifice, l’art doit gouverner l’amour. Un art dans lequel Ovide est passé maître.

Mon avis :

Remontons un peu (beaucoup) le temps jusqu’à la Rome Antique, et retrouvons un des plus sulfureux auteurs de son temps : Ovide. Auteur des Métamorphoses et des Tristes, exilé pour une raison mystérieuse par l’empereur Auguste, ses oeuvres sont connues et reconnues à travers l’espace et le temps, inspirant peintres et sculpteurs. Mais on entend assez peu parler d’une de ses première oeuvres, L’art d’aimer, que l’on pourrait apparenter à un La drague pour les Nuls de notre temps. Un véritable régal à lire !

Même si les siècles ont passé, certains conseils peuvent encore faire sens (et encore plus si on enlève toute la misogynie possible). Il faut savoir que l’ouvrage n’est pas bien gros, et se subdivise en trois parties : les deux premières dédiées aux hommes — à savoir comment réussir à séduire la femme que vous voulez, suivi de comment la garder —, et une dernière dédiées aux femmes, avec des conseils similaires. Mais il y a des petites parties qui nous, lecteurs contemporains, peuvent nous faire bien rire : j’avoue avoir ri jaune en lisant les parties qu’on pourrait nommer « Comment tromper à souhait sans se perdre prendre ? ».

Mais ce qui est remarquable, ce sont les arguments et conseils prodigué : que ce soit du lieu où aller pour faire des rencontres à que faire si on échoue dans notre quête de l’amour, en passant par quelle attitude avoir pour séduire un homme/une femme, cet ouvrage est un vrai mode d’emploi ! Jusque dans les détails les plus intimes et les plus grivois : sous forme de métaphore, Ovide n’hésite pas à prodiguer des conseils pour sous la couette !

En bref, un petit ouvrage très intéressant à lire, qu’il faut avoir lu, ne serait-ce que pour sa culture latine et sa culture personnelle.

Citations :

Mais, si tu as à coeur de conserver l’amour de ta maîtresse, fais en sorte qu’elle te croie émerveiller de ses charmes. (…) Est-elle brillante d’or : dis-lui qu’à tes yeux l’or a moins d’éclat que ses charmes. Si elle endosse les fourrures d’hiver, approuve ces fourrures ; si elle s’offre à tes yeux vêtue d’une légère tunique : « Vous m’enflammez », crieras-tu, mais prie-la, d’une voix timide, de prendre garde au froid.


Elles réparent par la toilette les outrages du temps, et parviennent, à force de soins, à déguiser leurs années. Elles sauront à ton gré, par mille attitudes diverses, varier les plaisirs de Vénus : nulle peinture voluptueuse n’offre plus de diversité.


Le plaisir qu’on m’accorde par devoir cesse pour moi d’être un plaisir, et je dispense ma maîtresse de tout devoir envers moi. Qu’il m’est doux d’entendre sa voix émue exprimer la joie qu’elle éprouve, et me prier de ralentir ma course pour prolonger son bonheur !


Si tu veux m’en croire, ne te hâte pas trop d’atteindre le terme du plaisir ; mais sache, par d’habiles retards, y arriver doucement. Lorsque tu auras trouvé la place la plus sensible, qu’une sotte pudeur ne vienne pas arrêter ta main.
Tu verras alors ses yeux briller d’une tremblante clarté, semblable aux rayons du soleil reflétés par le miroir des ondes. Puis viendront les plaintes mêlées d’un tendre murmure, les doux gémissements, et ses paroles, agaçantes qui stimulent l’amour. Mais, pilote maladroit, ne vas pas, déployant trop de voiles, laisser la maîtresse en arrière ; ne souffre pas non plus qu’elle te devance : voguez de concert vers le port. La volupté est au comble lorsque, vaincus par elle, l’amante et l’amant succombent en même temps.


Cependant il est peu de visages sans défauts : cachez ces défauts avec soin, et autant que possible dissimulez les imperfections de votre corps. Si vous êtes petite, asseyez-vous, de peur qu’étant debout on ne vous croie assise.


Fussiez-vous laide, vous paraîtrez belle à des yeux troublés par le vin, et la nuit jettera son voile sur vos imperfections.


Que chaque femme apprenne donc à se connaître, et se présente aux amoureux combats dans l’attitude la plus favorable. La même posture ne convient pas à toutes. Ce quelle qui brille par les attraits du visage, s’étende sur le dos ; que celle qui s’enorgueillit de sa croupe élégante, en offre à nos yeux toutes les richesses.

Ma note : 15.5/20

• Scénario – 2/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 1.25/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 1.25/1.5

Bonus « Enseignement » : +1 pt

Bonus « Témoignage d’une civilisation antique » : +1pt

Érotique·Contemporain·Coup de coeur·Romance

Mine (Fight For Love 2/6) – Katy Evans

couv2292973Caractéristiques : 

  • Auteur – Katy Evans
  • Editeur – Hugo Roman
  • Parution – 2015
  • Pages – 358
  • ISBN – 978-2755617290

4ème de couverture : 

Je lui appartiens. Il m’appartient. Notre amour est brûlant, puissant, imparfait, et réel…

Brooke n’aurait jamais imaginé finir avec l’homme qui est le rêve de toutes les femmes. Mais tous les rêves ne finissent pas comme un conte de fées, et alors que Remington a besoin d’elle, Brooke découvre quelque chose qui va la forcer à quitter ses côtés. Avec la distance et les ténèbres entre eux, la seul chose qui lui reste est de se battre pour l’amour de l’homme qui est LE SIEN.

Mon avis :

J’avais eu un gros gros coup de coeur pour le premier tome, c’est donc sans aucune crainte que je m’étais lancée dans ce second tome. Et bien je l’ai préféré au premier tome ! Un autre coup de coeur, plus profond.

L’inconvénient de la plupart des livres érotiques sur le marché actuel, c’est que se sont presque tous les mêmes : seuls les prénoms des personnages et le nom de l’auteur change, mais en général, l’histoire, l’intrigue, le caractère des personnages sont identiques, ou très semblables d’un livre à l’autre. Heureusement, la saga Fight For Love (en tout cas, des tomes que j’en ai lu) ne rentrent pas dans cette catégorie, et en fait sa véritable originalité.

En effet, si on exposait dans le premier tome une histoire érotico-romantique, le second tome nous propose une histoire romantico-érotique. Et oui, il y a une différence. Laquelle ? Tout ne repose pas sur le sexe. De fait, on a une histoire bien plus plausible, où certes, on a toujours une dieu du sexe, mais l’acte en lui-même n’est pas surfait : nous avons droit à des scènes intimes au sein d’un couple solide, et non pas du sexe pour du sexe, du sexe pour meubler. C’est vraiment quelque chose d’extrêmement appréciable et agréable.

Tout comme j’ai beaucoup aimé voir dans ce roman un couple, un vrai, avec des hauts, des bas, des crises de jalousie… En lisant quelques chroniques sur ce tome, j’ai pu voir que certains n’avaient pas aimé le comportement de Brooke, la jugeant trop jalouse et possessive, voire immature. Mais pour moi en tout cas, il n’en n’est rien. Des réactions peut être exagérée parfois, mais cela reste rare, mais ses moments de jalousies et de possessivités n’ont rien d’anormaux.

Comme toujours, nous avons un Remington absolument orgasmique de romantisme et de testostérone. Enfin, dans un roman de cette trempe, nous avons droit à un homme viril ET sensible, tout juste ce qu’il faut. Et non pas une pâte molle sans forme ou une brique.
Sachez aussi qu’il y a un évènement en particulier qui est pour moi de l’ordre du jamais vu dans les romans de ce style !

En bref, un excellent second tome, qui nous décrit non pas la vie d’un couple de chaud lapin, mais une vie de couple, tout simplement.

Citations :

Chaque jour, chaque nuit, il me tient le plus près possible de lui et me répète que je suis à lui. Mais il n’a pas conscience qu’à chaque fois qu’il dit ça, il dit aussi qu’il est à moi. On ne peut pas posséder vraiment quelque chose qui ne nous possède pas en retour, pas même une voiture.


C’est tellement agréable d’écouter une chanson que l’on comprend. Ou qui nous comprend. Ça fait prendre conscience que nos sentiments sont humains, normaux, même si on aimerait parfois ne pas les avoir.


Le coeur est un muscle. Pendant une vie entière il va battre des milliards de fois. J’ai appris à mes dépens qu’on ne pouvait plus courir avec un ligament déchiré, mais qu’en revanche, même si votre coeur est brisé en mille morceaux, vous pouvez toujours aimer de tout votre être. Tout votre misérable et vulnérable être…

Ma note : 16.75/20

• Scénario – 3.25/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Fantasy/Fantastique·Romance

Le voleur d’ombres – Marc Lévy

couv13456151Caractéristiques : 

  • Auteur – Marc Lévy
  • Editeur – Pocket
  • Parution  – 2010
  • Pages – 292
  • ISBN – 978-2266216760

4ème de couverture : 

Et si l’adulte que vous êtes devenu rencontrait l’enfant que vous étiez ?

Enfant, il vole les ombres de ceux qu’il croise… et chacune de ces ombres lui confie un secret.
Malgré lui, il entend les rêves, les espoirs et les chagrins de ceux qu’il aime. Que faire de cet étrange pouvoir… ?
Quelques années plus tard, le  » voleur d’ombres  » est devenu étudiant en médecine… Est-il encore capable de deviner ce qui pourrait rendre heureux ses proches, comme Sophie avec laquelle il étudie la médecine, ou Luc, son meilleur ami, qui voudrait changer de vie ?
Et lui, sait-il où le bonheur l’attend ?
Amour d’une mère. Inoubliable premier amour. Amour qui s’achève… Amitié longue comme la vie… Le Voleur d’ombres est une histoire d’amour au pluriel.

Mon avis :

Depuis que vous me suivez, vous savez que j’aime beaucoup les livres de Guillaume Musso, et il y a quelques temps, je m’étais lancé dans la lecture d’un des livres de celui qu’on lui oppose toujours, à savoir Marc Lévy. J’avais beaucoup aimé ce roman (Sept jours pour une éternité), et je voulais me lancer dans un autre. Mon dévolu s’est posé sur Le voleur d’ombres. J’ai été assez déroutée, mais au final, j’ai passé un excellent moment de lecture, très posé, émotionnel et apaisant.

En effet, j’ai trouvé que le résumé vendait mal le livre, quand le sens où il provoquait une attente qui ne serait jamais satisfaite. Je m’explique. La quatrième de couverture et vraiment très aguicheuse, et en la lisant, j’ai vraiment eu l’impression qu’on allait me vendre quelque chose de palpitant, rapide, limite comme un roman d’aventure sur fond de SF. Mais ce n’est absolument pas ce qu’il y a dans ce roman, pas de la manière dont s’est vendu en tout cas.

Car Le voleur d’ombre n’est pas un roman d’aventure, mais un roman humain, ou ce que moi, j’aime appelé les romans d’une vie. De son enfance jusqu’à son âge adulte, on suit notre personnage principal, anonyme, notre voleur d’ombres. On vit avec lui ces problèmes à l’école primaire et au collège, le début de sa vie d’adulte, ses vacances, ses amours, ses espoirs, ses déceptions… Le tout sur un rythme très calme, très lent… Je pourrais facilement le comparer à une petite rivière, un ruisseau de montagne, tranquille, fluide, seulement perturbé par les coudes et les rochers.

Ce qui pour moi, fait la force de ce roman, c’est bien entendu sa puissance émotionnelle. Avec un style parfois simple, voire même enfantin, et à d’autres moments complexe et bien plus adulte, Marc Lévy utilise toutes les cordes qu’il a son arc pour nous faire plonger dans nos émotions, mais aussi dans nos propres souvenirs : comment ne pas penser à notre premier amour vain quand on voit notre héros ne pas réussir à avouer son amour au collège ? Comment ne pas penser à nos premières relations quand on voit les siennes venir ? C’est strictement impossible. Et de ce fait, l’auteur parvient à jouer avec la corde de nos sentiments avec une virtuosité élégante et puissante. Ce roman m’a beaucoup rappelé ma lecture de Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers, simplement parce qu’il y a certains instants, tout à fait anodins, qui ont réussi à me tirer des larmes des yeux, simplement parce que c’était beau et profondément humain.

Vous l’aurez compris, avec ce genre de roman, c’est quitte ou double. Si vous voulez une lecture plus rythmé et punchy, ne le commencez pas. Mais si vous cherchez un livre tranquille, reposant, mais émouvant, alors foncez, vous ne serez pas déçu.

En bref, un roman assez court, émouvant et profondément humain qui saura vous en faire voir de toutes les couleurs !

Citations :

Être le plus petit de la classe, ça signifiait : nettoyer le tableau, ranger les craies, regrouper les tapis dans la salle de sport, aligner les ballons de basket sur l’étagère trop haute et, le pire du pire, devoir poser tout seul, assis en tailleur au premier rang de la photo de classe ; il n’y a aucune limite à l’humiliation quand on est à l’école.


L’amour, c’est peut-être comme une ombre, quelqu’un le piétine et part avec. Peut-être que trop de lumière, c’est dangereux pour l’amour, ou alors c’est le contraire, sans lumière, l’ombre d’un amour s’efface et finit par s’en aller.


C’est moche d’avoir à guetter un signe de quelqu’un pour se sentir heureux.


– Si tu savais, Cléa, que pour moi tu es la plus jolie fille du monde, celle dont les cris rauques effacent les ciels de grisaille, celle dont la voix sonne comme un violoncelle. Si tu savais qu’aucune fille au monde ne sait faire virevolter les cerfs-volants comme toi.
Cette phrase, je l’ai murmurée dans ton dos pour que tu ne l’entendes pas. Face à toi c’est moi qui étais devenu muet.


C’est fou ce que les adultes ont peur des mots.


Vos parents vieillissent jusqu’à un certain âge, où leur image se fige en votre mémoire. Il suffit de fermer les yeux et de penser à eux pour les voir à jamais tels qu’ils étaient, comme si l’amour qu’on leur porte avait le pouvoir d’arrêter le temps.


Mais ce sont des petits détails qui font soudain prendre vraiment conscience de la disparition de ceux qu’on a aimés. Un réveil sur une table de nuit qui continue à faire tic tac, une taie d’oreiller dépassant d’un lit défait, une photo posée sur une commode, une brosse à dents dans un verre, une théière sur le rebord d’une fenêtre de cuisine, le bec tourné vers la fenêtre pour regarder le jardin, et, sur la table, les restes d’un quatre-quarts aux pommes nappé de sirop d’érable.

Ma note : 14,75/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5