Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Philosophie/Réflexion·Romance

Les Compagnons de l’Arc-en-Ciel – E.R. Link

cover-168Caractéristiques : 

  • Auteur – E.R. Link
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2009
  • Pages – 406
  • ISBN – 978-1535352475

4ème de couverture :

Et la Lumière découvrit l’Ombre. Et l’Ombre aima la Lumière…

Est-il possible encore de croire aux fées au XXIème siècle quand la science, la technologie, ont pris un pas important sur la magie ? Pourtant, même si beaucoup de choses ont évolué, il existe toujours, cachés quelque part dans nos rues encombrées,
un Petit Chaperon Rouge qui fuit un loup,
une Belle au Bois Dormant en sommeil dans un hôpital,
une Cendrillon désenchantée,
un Petit Poucet en lutte contre un ogre moderne et terrifiant,
un Riquet à la Houppe qui saura se faire aimer malgré sa laideur,
une Petite Sirène que la timidité aura rendue muette,
un Chat Botté malicieux qui prend sa vie en main,
et une Belle qui affrontera la Bête qui a ruiné sa vie.

Mon avis :

Par ce temps estival, comme une envie de fraîcheur, de gaité… De young-adult. Je me suis alors lancée à corps perdu dans cette lecture, sans savoir que j’avais une pépite entre les doigts… C’est un coup de coeur absolument magistral !

Les bémols sont trop peu nombreux. Les micro-rixes entre Stella et Horizon sont parfois agaçantes, mais on s’y fait, et fini même par les apprécier et les attendre.

Je ne sais trop par où commencer au niveau des bons points tant il y en a ! Le monde tout d’abords, et absolument magistral. La mythologie et l’histoire est posée dès les premiers chapitres, nous évitant une perdition peu recommandable. Même s’il peut paraître très guimauve voire même enfantin, ce n’est en aucune façon le cas, il est même assez mature, sans pour autant viré dans le noir, le grave, comme c’est un peu trop souvent le cas dans la fantasy adulte.

Mais ce qui est vraiment remarquable, en plus d’un début palpitant et d’une fin comme on les aime, c’est le corps même du roman, avec les huit ré-écriture de conte qu’elle contient. Vous allez sûrement me dire que des ré-écriture de conte, on commence à plus en pouvoir, principalement à cause de la mode lancée par la saga des Chroniques Lunaires. Je n’ai pas lu cette saga, mais je ne pense pas qu’elle soit aussi subtile que Les Compagnons de l’Arc-en-Ciel. Pour dire, il y a certains contes que je n’ai pas reconnu, et que je connaissais pourtant bien. Et c’est ça qui est magistral : on peut lire le roman à la fois d’un point de vue tout à fait basique, et apprécié ces histoires aux airs de conte de fée de notre enfance, comme on peut le lire du point de vue des contes, et apprécier le travail de ré-écriture.

Je crois que c’est la première fois que je lis un roman qui rentre aussi bien dans la case young-adult. On a une écriture mature, riche et très imagée, avec des moments bien plus léger, et des thématiques plus bateau, et passer au chapitre suivant à une thématique plus sombre, voire même tabou, qui nous exclu complètement du monde féérique et enfantin. Le tout, dans notre monde, avec des thématiques modernes et sensibles.

Mais surtout, surtout… Quel hymne à l’amour ! Huit contes, huit histoires où on palpite avec Stella, Horizon et leur bande pour ces personnages que l’on aide à être heureux. Huit preuves, à travers des horizons et des situations différentes, pour montrer que ce qui fait le bonheur d’une vie n’est jamais l’argent, la réussite, la gloire ou une carrière, mais l’amour.

En bref, un livre magnifique qui mérite de figurer auprès des plus grands, qui a su m’envouter et me faire voyager d’une manière peu commune. Un livre qu’on est pressé de finir, mais triste d’achevé… Un coup de coeur mémorable, une de mes plus belles lectures de l’année 2017 !

Citations :

Le monde n’est pas toujours celui que l’on se crée.


– Le culte de la beauté ressemble à un commerce de boucherie. Je ne veux plus y penser.

– La célébrité, la beauté, Stella ! La richesse !

– Et tous les gens laids ? Qu’est-ce que la société en fait ? Il faut être belle pour chanter, belle pour danser, belle pour jouer la comédie. Il n’y a plus de place pour le talent. Tout est image. Tout est triché. La véritable richesse est celle de l’âme. Le reste n’est qu’artifice et illusion.


– Parfois, les trésors enfouis dans les abysses brillent davantage que ceux éclairés à la surface…


On a toujours besoin de connaître la langue de celui que l’on combat.


– Oui. Je t’aime, répondit-elle simplement.
À force se croiser, tôt ou tard, on finit par se rencontrer.

Ma note : 18.75/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 1/1.5

 

Érotique·Historique·Romance

L’Art d’aimer – Ovide

couv38287278Caractéristiques : 

  • Auteur – Ovide
  • Editeur – Belles Lettres
  • Parution – 1 ap. JC
  • Pages – 89
  • ISBN – 978-2251011196

4ème de couverture :

La séduction : un art subtil, un rite mis à l’honneur pendant la Renaissance avec les cours d’amour, mais déjà chanté par Ovide. La femme étant libre de ses sens et de ses sentiments, comment la conquérir ? Où tendre ses filets ? Compliments, promesses, larmes, baisers, hardiesse… Toutes les armes sont bonnes. Celle que l’on aime une fois séduite, comment la retenir ? Au terme d’un jeu dont le prix est le plaisir, l’amant raffiné a plus d’une corde à son arc… Quant à la femme, il lui appartient de garder son éternel féminin, ce qui n’est pas le plus facile… Au-delà de l’artifice, l’art doit gouverner l’amour. Un art dans lequel Ovide est passé maître.

Mon avis :

Remontons un peu (beaucoup) le temps jusqu’à la Rome Antique, et retrouvons un des plus sulfureux auteurs de son temps : Ovide. Auteur des Métamorphoses et des Tristes, exilé pour une raison mystérieuse par l’empereur Auguste, ses oeuvres sont connues et reconnues à travers l’espace et le temps, inspirant peintres et sculpteurs. Mais on entend assez peu parler d’une de ses première oeuvres, L’art d’aimer, que l’on pourrait apparenter à un La drague pour les Nuls de notre temps. Un véritable régal à lire !

Même si les siècles ont passé, certains conseils peuvent encore faire sens (et encore plus si on enlève toute la misogynie possible). Il faut savoir que l’ouvrage n’est pas bien gros, et se subdivise en trois parties : les deux premières dédiées aux hommes — à savoir comment réussir à séduire la femme que vous voulez, suivi de comment la garder —, et une dernière dédiées aux femmes, avec des conseils similaires. Mais il y a des petites parties qui nous, lecteurs contemporains, peuvent nous faire bien rire : j’avoue avoir ri jaune en lisant les parties qu’on pourrait nommer « Comment tromper à souhait sans se perdre prendre ? ».

Mais ce qui est remarquable, ce sont les arguments et conseils prodigué : que ce soit du lieu où aller pour faire des rencontres à que faire si on échoue dans notre quête de l’amour, en passant par quelle attitude avoir pour séduire un homme/une femme, cet ouvrage est un vrai mode d’emploi ! Jusque dans les détails les plus intimes et les plus grivois : sous forme de métaphore, Ovide n’hésite pas à prodiguer des conseils pour sous la couette !

En bref, un petit ouvrage très intéressant à lire, qu’il faut avoir lu, ne serait-ce que pour sa culture latine et sa culture personnelle.

Citations :

Mais, si tu as à coeur de conserver l’amour de ta maîtresse, fais en sorte qu’elle te croie émerveiller de ses charmes. (…) Est-elle brillante d’or : dis-lui qu’à tes yeux l’or a moins d’éclat que ses charmes. Si elle endosse les fourrures d’hiver, approuve ces fourrures ; si elle s’offre à tes yeux vêtue d’une légère tunique : « Vous m’enflammez », crieras-tu, mais prie-la, d’une voix timide, de prendre garde au froid.


Elles réparent par la toilette les outrages du temps, et parviennent, à force de soins, à déguiser leurs années. Elles sauront à ton gré, par mille attitudes diverses, varier les plaisirs de Vénus : nulle peinture voluptueuse n’offre plus de diversité.


Le plaisir qu’on m’accorde par devoir cesse pour moi d’être un plaisir, et je dispense ma maîtresse de tout devoir envers moi. Qu’il m’est doux d’entendre sa voix émue exprimer la joie qu’elle éprouve, et me prier de ralentir ma course pour prolonger son bonheur !


Si tu veux m’en croire, ne te hâte pas trop d’atteindre le terme du plaisir ; mais sache, par d’habiles retards, y arriver doucement. Lorsque tu auras trouvé la place la plus sensible, qu’une sotte pudeur ne vienne pas arrêter ta main.
Tu verras alors ses yeux briller d’une tremblante clarté, semblable aux rayons du soleil reflétés par le miroir des ondes. Puis viendront les plaintes mêlées d’un tendre murmure, les doux gémissements, et ses paroles, agaçantes qui stimulent l’amour. Mais, pilote maladroit, ne vas pas, déployant trop de voiles, laisser la maîtresse en arrière ; ne souffre pas non plus qu’elle te devance : voguez de concert vers le port. La volupté est au comble lorsque, vaincus par elle, l’amante et l’amant succombent en même temps.


Cependant il est peu de visages sans défauts : cachez ces défauts avec soin, et autant que possible dissimulez les imperfections de votre corps. Si vous êtes petite, asseyez-vous, de peur qu’étant debout on ne vous croie assise.


Fussiez-vous laide, vous paraîtrez belle à des yeux troublés par le vin, et la nuit jettera son voile sur vos imperfections.


Que chaque femme apprenne donc à se connaître, et se présente aux amoureux combats dans l’attitude la plus favorable. La même posture ne convient pas à toutes. Ce quelle qui brille par les attraits du visage, s’étende sur le dos ; que celle qui s’enorgueillit de sa croupe élégante, en offre à nos yeux toutes les richesses.

Ma note : 15.5/20

• Scénario – 2/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 1.25/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 1.25/1.5

Bonus « Enseignement » : +1 pt

Bonus « Témoignage d’une civilisation antique » : +1pt

Érotique·Contemporain·Coup de coeur·Romance

Mine (Fight For Love 2/6) – Katy Evans

couv2292973Caractéristiques : 

  • Auteur – Katy Evans
  • Editeur – Hugo Roman
  • Parution – 2015
  • Pages – 358
  • ISBN – 978-2755617290

4ème de couverture : 

Je lui appartiens. Il m’appartient. Notre amour est brûlant, puissant, imparfait, et réel…

Brooke n’aurait jamais imaginé finir avec l’homme qui est le rêve de toutes les femmes. Mais tous les rêves ne finissent pas comme un conte de fées, et alors que Remington a besoin d’elle, Brooke découvre quelque chose qui va la forcer à quitter ses côtés. Avec la distance et les ténèbres entre eux, la seul chose qui lui reste est de se battre pour l’amour de l’homme qui est LE SIEN.

Mon avis :

J’avais eu un gros gros coup de coeur pour le premier tome, c’est donc sans aucune crainte que je m’étais lancée dans ce second tome. Et bien je l’ai préféré au premier tome ! Un autre coup de coeur, plus profond.

L’inconvénient de la plupart des livres érotiques sur le marché actuel, c’est que se sont presque tous les mêmes : seuls les prénoms des personnages et le nom de l’auteur change, mais en général, l’histoire, l’intrigue, le caractère des personnages sont identiques, ou très semblables d’un livre à l’autre. Heureusement, la saga Fight For Love (en tout cas, des tomes que j’en ai lu) ne rentrent pas dans cette catégorie, et en fait sa véritable originalité.

En effet, si on exposait dans le premier tome une histoire érotico-romantique, le second tome nous propose une histoire romantico-érotique. Et oui, il y a une différence. Laquelle ? Tout ne repose pas sur le sexe. De fait, on a une histoire bien plus plausible, où certes, on a toujours une dieu du sexe, mais l’acte en lui-même n’est pas surfait : nous avons droit à des scènes intimes au sein d’un couple solide, et non pas du sexe pour du sexe, du sexe pour meubler. C’est vraiment quelque chose d’extrêmement appréciable et agréable.

Tout comme j’ai beaucoup aimé voir dans ce roman un couple, un vrai, avec des hauts, des bas, des crises de jalousie… En lisant quelques chroniques sur ce tome, j’ai pu voir que certains n’avaient pas aimé le comportement de Brooke, la jugeant trop jalouse et possessive, voire immature. Mais pour moi en tout cas, il n’en n’est rien. Des réactions peut être exagérée parfois, mais cela reste rare, mais ses moments de jalousies et de possessivités n’ont rien d’anormaux.

Comme toujours, nous avons un Remington absolument orgasmique de romantisme et de testostérone. Enfin, dans un roman de cette trempe, nous avons droit à un homme viril ET sensible, tout juste ce qu’il faut. Et non pas une pâte molle sans forme ou une brique.
Sachez aussi qu’il y a un évènement en particulier qui est pour moi de l’ordre du jamais vu dans les romans de ce style !

En bref, un excellent second tome, qui nous décrit non pas la vie d’un couple de chaud lapin, mais une vie de couple, tout simplement.

Citations :

Chaque jour, chaque nuit, il me tient le plus près possible de lui et me répète que je suis à lui. Mais il n’a pas conscience qu’à chaque fois qu’il dit ça, il dit aussi qu’il est à moi. On ne peut pas posséder vraiment quelque chose qui ne nous possède pas en retour, pas même une voiture.


C’est tellement agréable d’écouter une chanson que l’on comprend. Ou qui nous comprend. Ça fait prendre conscience que nos sentiments sont humains, normaux, même si on aimerait parfois ne pas les avoir.


Le coeur est un muscle. Pendant une vie entière il va battre des milliards de fois. J’ai appris à mes dépens qu’on ne pouvait plus courir avec un ligament déchiré, mais qu’en revanche, même si votre coeur est brisé en mille morceaux, vous pouvez toujours aimer de tout votre être. Tout votre misérable et vulnérable être…

Ma note : 16.75/20

• Scénario – 3.25/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Fantasy/Fantastique·Romance

Le voleur d’ombres – Marc Lévy

couv13456151Caractéristiques : 

  • Auteur – Marc Lévy
  • Editeur – Pocket
  • Parution  – 2010
  • Pages – 292
  • ISBN – 978-2266216760

4ème de couverture : 

Et si l’adulte que vous êtes devenu rencontrait l’enfant que vous étiez ?

Enfant, il vole les ombres de ceux qu’il croise… et chacune de ces ombres lui confie un secret.
Malgré lui, il entend les rêves, les espoirs et les chagrins de ceux qu’il aime. Que faire de cet étrange pouvoir… ?
Quelques années plus tard, le  » voleur d’ombres  » est devenu étudiant en médecine… Est-il encore capable de deviner ce qui pourrait rendre heureux ses proches, comme Sophie avec laquelle il étudie la médecine, ou Luc, son meilleur ami, qui voudrait changer de vie ?
Et lui, sait-il où le bonheur l’attend ?
Amour d’une mère. Inoubliable premier amour. Amour qui s’achève… Amitié longue comme la vie… Le Voleur d’ombres est une histoire d’amour au pluriel.

Mon avis :

Depuis que vous me suivez, vous savez que j’aime beaucoup les livres de Guillaume Musso, et il y a quelques temps, je m’étais lancé dans la lecture d’un des livres de celui qu’on lui oppose toujours, à savoir Marc Lévy. J’avais beaucoup aimé ce roman (Sept jours pour une éternité), et je voulais me lancer dans un autre. Mon dévolu s’est posé sur Le voleur d’ombres. J’ai été assez déroutée, mais au final, j’ai passé un excellent moment de lecture, très posé, émotionnel et apaisant.

En effet, j’ai trouvé que le résumé vendait mal le livre, quand le sens où il provoquait une attente qui ne serait jamais satisfaite. Je m’explique. La quatrième de couverture et vraiment très aguicheuse, et en la lisant, j’ai vraiment eu l’impression qu’on allait me vendre quelque chose de palpitant, rapide, limite comme un roman d’aventure sur fond de SF. Mais ce n’est absolument pas ce qu’il y a dans ce roman, pas de la manière dont s’est vendu en tout cas.

Car Le voleur d’ombre n’est pas un roman d’aventure, mais un roman humain, ou ce que moi, j’aime appelé les romans d’une vie. De son enfance jusqu’à son âge adulte, on suit notre personnage principal, anonyme, notre voleur d’ombres. On vit avec lui ces problèmes à l’école primaire et au collège, le début de sa vie d’adulte, ses vacances, ses amours, ses espoirs, ses déceptions… Le tout sur un rythme très calme, très lent… Je pourrais facilement le comparer à une petite rivière, un ruisseau de montagne, tranquille, fluide, seulement perturbé par les coudes et les rochers.

Ce qui pour moi, fait la force de ce roman, c’est bien entendu sa puissance émotionnelle. Avec un style parfois simple, voire même enfantin, et à d’autres moments complexe et bien plus adulte, Marc Lévy utilise toutes les cordes qu’il a son arc pour nous faire plonger dans nos émotions, mais aussi dans nos propres souvenirs : comment ne pas penser à notre premier amour vain quand on voit notre héros ne pas réussir à avouer son amour au collège ? Comment ne pas penser à nos premières relations quand on voit les siennes venir ? C’est strictement impossible. Et de ce fait, l’auteur parvient à jouer avec la corde de nos sentiments avec une virtuosité élégante et puissante. Ce roman m’a beaucoup rappelé ma lecture de Aristote et Dante découvrent les secrets de l’univers, simplement parce qu’il y a certains instants, tout à fait anodins, qui ont réussi à me tirer des larmes des yeux, simplement parce que c’était beau et profondément humain.

Vous l’aurez compris, avec ce genre de roman, c’est quitte ou double. Si vous voulez une lecture plus rythmé et punchy, ne le commencez pas. Mais si vous cherchez un livre tranquille, reposant, mais émouvant, alors foncez, vous ne serez pas déçu.

En bref, un roman assez court, émouvant et profondément humain qui saura vous en faire voir de toutes les couleurs !

Citations :

Être le plus petit de la classe, ça signifiait : nettoyer le tableau, ranger les craies, regrouper les tapis dans la salle de sport, aligner les ballons de basket sur l’étagère trop haute et, le pire du pire, devoir poser tout seul, assis en tailleur au premier rang de la photo de classe ; il n’y a aucune limite à l’humiliation quand on est à l’école.


L’amour, c’est peut-être comme une ombre, quelqu’un le piétine et part avec. Peut-être que trop de lumière, c’est dangereux pour l’amour, ou alors c’est le contraire, sans lumière, l’ombre d’un amour s’efface et finit par s’en aller.


C’est moche d’avoir à guetter un signe de quelqu’un pour se sentir heureux.


– Si tu savais, Cléa, que pour moi tu es la plus jolie fille du monde, celle dont les cris rauques effacent les ciels de grisaille, celle dont la voix sonne comme un violoncelle. Si tu savais qu’aucune fille au monde ne sait faire virevolter les cerfs-volants comme toi.
Cette phrase, je l’ai murmurée dans ton dos pour que tu ne l’entendes pas. Face à toi c’est moi qui étais devenu muet.


C’est fou ce que les adultes ont peur des mots.


Vos parents vieillissent jusqu’à un certain âge, où leur image se fige en votre mémoire. Il suffit de fermer les yeux et de penser à eux pour les voir à jamais tels qu’ils étaient, comme si l’amour qu’on leur porte avait le pouvoir d’arrêter le temps.


Mais ce sont des petits détails qui font soudain prendre vraiment conscience de la disparition de ceux qu’on a aimés. Un réveil sur une table de nuit qui continue à faire tic tac, une taie d’oreiller dépassant d’un lit défait, une photo posée sur une commode, une brosse à dents dans un verre, une théière sur le rebord d’une fenêtre de cuisine, le bec tourné vers la fenêtre pour regarder le jardin, et, sur la table, les restes d’un quatre-quarts aux pommes nappé de sirop d’érable.

Ma note : 14,75/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Contemporain·Drame·Romance

Loin de tout (Loin de tout 1/2) – J.A. Redmerski

couv44198553Caractéristiques : 

  • Auteur – J.A. Redmerski 
  • Editeur – Milady 
  • Parution – 2013
  • Pages – 479
  • ISBN – 978-2811212483

4ème de couverture : 

Après avoir perdu son premier amour dans un accident, Camryn, 20 ans, plaque tout pour partir à l’aventure. C’est alors qu’elle rencontre Andrew, qui n’a pas été épargné par la vie lui non plus. Camryn a beau s’être juré de ne plus jamais tomber amoureuse, l’amour se révèle à elle sous de multiples facettes au cours de ce voyage. Un road trip improvisé qui marque le début d’une nouvelle existence exaltante. Mais l’insaisissable Andrew cache un secret qui peut les lier à jamais ou les détruire pour toujours…

Mon avis :

J’entendais tellement parler de ce roman, et je voyais sa couverture passer tellement souvent que j’ai fini par craquer et l’acheter, pour savoir un peu de quoi il en retournait. Malgré un début assez long, j’ai passé un bon moment de lecture !

Comme je l’ai dit, le début est un peu longuet. Le temps que tout soit mis en place, avec l’intrigue, les personnages… On prend entre 100 et 150 pages, et c’est parfois un peu trop. Mais l’avantage est qu’une fois que l’histoire est vraiment lancée, il n’y a plus aucun problème : le rythme est excellent, à la fois doux et trépidant, il arrive nous faire ressentir et à nous faire voir des choses différentes et diverses.

Pendant ma lecture, je me suis souvent demandée pourquoi est-ce que ce livre avait eu un succès pareil, alors qu’il n’est, à première vue, qu’une romance de plus. Mais la chose qui, selon moi, lui donne son originalité et sa puissance émotionnelle, c’est sa noirceur omniprésente. Je m’explique.

Nous savons dès le départ que notre héroïne, Camryn, a perdu son précédent petit ami dans un accident qui la hante encore. Tout au long du roman et au contact d’Andrew, on la voit évoluer dans son deuil, on la voit lutter face à ses propres démons et ses propres émotions. Pour ce qui est d’Andrew, à partir d’un certain moment, un malaise s’installe. On sent que quelque chose ne va pas, et que ce n’est pas juste un problème de pellicule.

C’est cette noirceur, cette avancée face à la mort et au deuil et le mystère d’Andrew qui confère au roman un petit quelque chose d’inquiétant, un sentiment de précipitation et dernière action, qui le rend unique.

Une thématique est centrale ici : le deuil, la souffrance, et nos réactions face à la douleur. Ça sort de l’ordinaire et des romances mielleuses où tout est beau et tout mignon. Ici, à chaque page, on est confronté à la dure réalité de deux héros en épreuve de deuil ou qui sont confrontés à la mort d’une manière ou d’une autre, avec des discussions loin d’être simplette, et des punchlines qui font réfléchir.

Le style de l’auteur est en parfait adéquation avec cette atmosphère un peu sombre qu’elle veut dépeindre, tout comme elle arrive à nous faire ressentir une palette d’émotion magistrale et très puissante. Je l’avoue, j’ai sangloté sur la fin, tant c’était poignant.

En bref, une romance qui sort de l’ordinaire, et qui vous fera sortir les mouchoirs !

Citations :

En vérité, ça n’a presque rien à voir. La dépression est l’une des formes les plus crues de la douleur, et je ferais tout pour être capable de ressentir de nouveau une émotion. N’importe laquelle. Une douleur normale vous fait souffrir, mais une douleur si puissante qu’elle vous empêche d’éprouver quoi que ce soit d’autre ? Vous avez l’impression de perdre la tête.


La vie prend toujours une autre tournure quand on perd un être aimé. Et, quoi qu’il advienne, on ne peut pas s’y préparer.


– Souffrir, c’est souffrir, ma belle. (Chaque fois qu’il m’appelle « ma belle », je l’entends mieux que n’importe quelle autre de ses paroles.) Ce n’est pas parce que les problèmes de quelqu’un sont moins traumatisants que ceux d’un autre qu’il n’a pas le droit de souffrir autant.


Les coïncidences ne sont que la version conformiste du destin.


Les meilleurs amis, peu importe ce qu’ils font, ne vous blessent autant que parce qu’ils sont, justement, vos meilleurs amis.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Philosophie/Réflexion·Romance

Le sourire du clair de lune – Julien Arenda

couv1485845Caractéristiques : 

  • Auteur – Julien Aranda
  • Editeur – Amazon Publishing
  • Parution – 2015
  • Pages – 312
  • ISBN – 978-1503953024

4ème de couverture : 

Le jour où Paul Vertune rencontre un soldat nazi dans la clairière d’une forêt bretonne, il ne sait pas que son existence va basculer et l’entraîner dans une histoire à couper le souffle aux quatre coins de la planète. Et puis, il y a la belle Mathilde que Paul aime en secret. Comment lui avouer ses sentiments ?

Mon avis :

J’ai eu une soudaine envie de littérature générale, et ce livre là, par le mystère de son titre m’interpellait beaucoup… Alors je me suis lancée, et je n’ai pas regretté !

C’est le genre de petit livre qui au départ ne paie pas forcément beaucoup de mine, mais qui sont pleins de trésors. Le sourire du clair de lune m’a pas mal fait penser au Voleur d’ombre de Marc Lévy : à la fois très calme et plein d’action, toujours tourné vers l’intérieur, l’introspection, sur la réflexion de soi et de sa place, du bonheur, de l’amour… Le genre de livre qui vous plonge dans un état spécial entre la tristesse et la joie simple.

Ce que j’ai particulièrement aimé dans ce livre, ce fut cet espèce de road-trip s’étalant sur toute une vie, à la recherche d’une chimère, d’une personne, plus particulièrement.
En effet, tout commence au départ pour une jeune fille. Puis la fortune a fait que notre héros, se sentant redevable, part à la recherche de la fille d’un soldat nazi qui l’a épargné durant la guerre. Mais cette quête ne sera pas aussi simple qu’elle n’y paraît. Toute sa vie sera rythmée à la fois par les réflexions et pensées de notre héros, mais aussi par cette quête sous-jacente.

Comme dans tous livres de cet acabit, Le sourire du clair de lune est un ouvrage extrêmement puissant du point de vue des sentiments et des émotions. Il m’a fait rire, pleurer… Sur un panel différent de sujet et de circonstances. Une véritable pépite émotionnelle !
Mais surtout, j’ai trouvé le sens du titre absolument poétique et mélancolique… Mais surtout extrêmement beau, et plein de sens, qui en ravira beaucoup.

Véritable ode à l’optimiste et à l’humanité, Julien Aranda aborde une multitude de sujet : la famille, la guerre, l’amitié, les promesses, les rêves, le deuil, l’amour… Pour notre plus grand plaisir. Tout ceci, avec un style travaillé, et riche, qui nous sort un peu de notre modernité et de notre littérature simplifiée.

En bref, un roman que j’ai beaucoup aimé et qui m’a beaucoup ému, et que je conseille fortement !

Citations :

La première, se méfier des hommes et de leur soif de pouvoir maladive. La deuxième, quitte à souffrir, autant garder le sourire, ça ne mange pas de pain, comme on dit dans nos campagnes. La troisième enfin, vivre intensément, ne jamais se réfugier derrière des prétextes auxquels on ne croit qu’à moitié.


Notre physique est souvent à l’image de notre esprit. Les gens ouverts paraissent plus jeunes, les gens fermés plus vieux, comme s’il existait une corrélation entre nos organes capable de juguler inexorablement notre destin.


Du haut de mon jeune âge, je discernais déjà une connotation péjorative dans cette expression, avoir la tête dans Lalune, comme si rêver était interdit, s’émouvoir criminel.


Certains mots nous marquent au fer rouge pour le restant de nos jours. Nous concervons la trace indélébile de leurs lettres, comme un tatouage qui nous accompagne au fil du temps.


La guerre est une folie, pensais-je, qui nous entraîne vers le chaos et la mort. Elle n’est que la projection sanglante d’une âme en peine diffusant son mal-être auprès de ses semblables. Parce quand, quand tout va mal, mieux vaut détester qu’aimer, mieux vaut s’armer plutôt que d’ouvrir les bras. Et c’est là tout le tragique destin de notre espèce.


L’imaginaire peut être à double tranchant. Il nous transporte parfois dans des lieux où l’émotion est telle que nous souhaiterions y rester pour l’éternité, ou, au contraire, nous expose nos peurs les plus primitives, les plus angoissantes, sans que nous puissions arrêter cette infernale mécanique.


La véritable richesse d’un être humain n’existe que dans son coeur. Elle est impalpable, immatérielle, mais forte d’un identité.


« – L’homme est cruel, Vertune, et la vie est une chienne qui bouffe ses petits lorsqu’elle a faim. Elle ne nous fait jamais de cadeaux, elle n’est pas généreuse. Mieux vaut le comprendre assez tôt pour ne pas finir comme moi. Je n’aime pas la vie, Vertune, et la vie ne m’aime pas non plus.
– Justement, capitaine, je vous offre l’opportunité de vous réconcilier avec elle ! » m’exclamai-je.
Il retira la pipe de sa bouche et fronça les sourcils, dubitatif.
« – Me réconcilier avec elle ?
– Oui capitaine, en faisant renaître le jeune homme à l’intérieur de vous. »


À quoi bon vouloir révolutionner le monde quand on est incapable de se révolutionner soi-même ?


La disparition d’un proche est comme une petite mort, une subite fuite en avant de tous nos sens.


L’ego est le cancer de la vie, une maladie du coeur lorsqu’il n’est pas maîtrisé.

Ma note : 17.5/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Contemporain·Romance

Everything Everything – Nicola Yoon

couv7794239Caractéristiques : 

  • Auteur – Nicola Yoon
  • Editeur – Bayard
  • Parution – 2016
  • Pages – 360
  • ISBN – 978-2747052788

4ème de couverture : 

Ma maladie est aussi rare que célèbre, mais vous la connaissez sans doute sous le nom de « maladie de l’enfant-bulle ». En gros, je suis allergique au monde. Je viens d’avoir dix-huit ans, et je n’ai jamais mis un pied dehors. Un jour, un camion de déménagement arrive. Je regarde par la fenêtre et je le vois. Le fils des nouveaux voisins est grand, mince et habillé tout en noir. Il remarque que je l’observe, et nos yeux se croisent pour la première fois. Dans la vie, on ne peut pas tout prévoir, mais on peut prévoir certaines choses. Par exemple, je vais certainement tomber amoureuse de lui. Et ce sera certainement un désastre.

Mon avis : 

Je l’avais vu passé pas mal de fois sur la blogo, et quand j’ai vu qu’une amie cherchait à le vendre, je n’ai pas hésité une seule seconde. Et j’ai bien fait : même si ce n’est pas un coup de coeur, c’est le livre qui m’a fait sortir de ma panne de lecture qui durait depuis un peu plus de 6 mois.

Ce livre est l’archétype parfait de l’amour impossible. Elle, est littéralement allergique au monde extérieur : si elle sort, à cause de son système immunitaire défaillant, elle peut mourir. Lui, un adolescent normal avec des problèmes de famille : il s’installe en face de chez elle.

Ce que j’ai particulièrement adoré, c’est l’évolution des contrastes. Chez Madeline, tout est d’un blanc immaculé, dont elle-même, qui n’a jamais pu sortir à l’extérieur, ne connait rien au monde, ou aux relations humaines avec des personnes de son âge. Chez Olly, tout est sombre et noir, de son histoire à ses vêtements et ses cheveux. Et de fil en aiguille, Madeline apprend à voir le monde à travers les yeux d’un autre, commence à se libérer du joug de sa mère hyper-protectrice, et Olly, lui, trouve un havre de paix. On débute l’histoire avec du blanc et du noir, et on la termine avec une palette de gris. Une véritable leçon de vie je trouve, que ce soit pour les jeunes comme pour les moins jeunes.

Autre facette que j’ai aussi beaucoup aimé : l’émancipation. Avec l’amour vient l’envie, chose que Madeline s’était toujours refusé à cause de sa maladie. Et forcément, elle va finir par aller à l’encontre de ses habitudes, à l’encontre de sa mère et des règles qu’elle lui a toujours imposée. Une véritable émancipation, une véritable voie vers la liberté.

La romance est très sympathique, avec des hauts et des bas, loin d’être prévisible. Jusqu’à la fin, on se demande comment ça va se terminer.

Mais surtout, ce que je retiens, c’est toute la thématique du traumatisme, et des conséquences que cela peut avoir, tant sur un individu que sur son entourage.

Chose absolument remarquable : il y a, pour une fois dans une romance, un véritable suspens ! Suspens sur la romance, suspens sur la vie de Madeline, suspens à cause de la – gigantissime – révélation… On est servi, et c’est loin d’être une lecture qui coule comme une petite rivière tranquille.

En bref, des personnages attachants, pour une histoire qui sort de l’ordinaire avec de véritables messages !

Citations :

Olly : tu n’aimes pas simplement parce que c’est vrai
Madeline : Qu’est-ce qui est vrai ? Que, livrés à nous-mêmes, on s’entretuerait ?
Olly : oui
Madeline : Tu crois vraiment ?
Olly : oui
Madeline : Eh bien, pas moi. Absolument pas.
Madeline : Tu voles vraiment de l’argenterie ?
Olly : tu devrais voir ma collection de petites cuillères


Il y a des mondes entiers qui existent à la lisière de notre perception.


Je secoue la tête. Je peux tout confier à Carla, sauf ça. Mon coeur est trop meurtri, et je veux garder cette douleur en moi comme un souvenir. Je ne veux pas mettre de la pommade dessus. Je ne veux pas que mon coeur guérisse. Car, s’il guérit, je serai tentée de m’en servir à nouveau.


Mais n’importe quoi peut arriver n’importe quand. La sécurité de ne fait pas tout. Et il ne suffit pas d’être vivant pour vivre.

Ma note : 17.5/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1/1.5