Contemporain·Poésie

L’année poétique – Frédéric Marcou

cover-524.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Frédéric Marcou
  • Editeur – Atramenta
  • Parution – 2012
  • Pages – 110
  • ASIN – B00A3FRIWU

4ème de couverture :

Une année au fil de la poésie, pour se laisser bercer et transporter par de simple mots.

Mon avis :

Comme vous le savez, je tente de diversifier au maximum mes lectures, et d’aller toucher des genres que je n’osais explorer auparavant, notamment la poésie. Et quoi de mieux pour commencer qu’un petit recueil aussi mignon, que bien écrit ?

Le style de Frédéric Marcou est assez spécial. Certain pourrait le qualifier de banal, pour ne pas dire sans intérêt… Mais ce ne fut pas mon cas. Même si on est loin des hautes sphères de Hugo ou de Rimbaud, le poète a ici son propre univers, son propre style… Et le plus important à mes yeux en poésie, un regard différent sur le monde et sa propre vie.

Le recueil ici n’est rythmé que par une seule chose : le coeur de son auteur. Pas de grande envolée sur un thème engagé, pas de figure de style ou de chose complexe à outrance… Seulement des mots, jetés là sur le papier, par un homme qui voit les choses d’un oeil de poète.

Et c’est en cela que j’ai trouvé le recueil intéressant. Beaucoup pense que la poésie n’est accessible qu’à une élite bien précise, ayant un vocabulaire riche et une aisance déconcertante avec les mots. Alors que c’est faux, et l’auteur nous le prouve bien : tout le peux écrire de la poésie, si tant est qu’il ait un regard poétique et une fibre poétique du monde.

D’un point de vue purement personnel, j’ai adoré lire ces poèmes du quotidien, ces vers sur la vie de tous les jours… J’aurais cependant aussi aimé avoir quelques poèmes un peu moins personnel et intrusif sur la vie de l’auteur, et en avoir un peu plus traitant de sujet extérieur, ou du moins qui n’ont pas tous un rapport direct avec la vie de l’auteur. J’ai eu parfois un peu trop l’impression que l’auteur écrivait uniquement pour lui, et non pas en vue de faire lire ces textes.

Niveau poèmes eux-même, j’ai eu une préférence pour :

  • J’aurais aimé
  • J’aurais appris
  • J’étais vieux
  • Petit poème

En bref, un recueil de poésie bien monté, qui aurait cependant mérité plus de poème moins intrusifs.

Citations :

Je sais aussi
Que, pour persévérer
Il faut avoir envie de continuer

Ma note : 16/20

Contemporain·Philosophie/Réflexion·Poésie

L’espoir de la meute – Philippe Devos

cover-644.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Philippe Devos
  • Editeur – Atramenta
  • Parution – 2017
  • Pages – 108
  • ISBN – 978-9522739636

4ème de couverture :

La meute, c’est vous, c’est moi.

D’autres peut-être, qui oseront cheminer à nos côtés à travers ces pages.

Quelques textes pour faire naître en nos cœurs un ailleurs, sublimer l’habitude, s’enivrer d’amertume, apprivoiser ses chimères…

Des landes de vers pour une échappée belle hors du temps et des cités stériles où l’homme moderne dérive parmi les ombres anonymes.

Des poèmes comme autant d’occasions de se retrouver.

Mon avis :

Changeons d’air. Prenons du recul face aux histoires en prose, avec leurs intrigues et leurs personnages, pour partir dans un monde plus subtil, mais pas pour autant moins accessible : je veux bien entendu parler du monde de la poésie, au travers de cette première chronique de recueil de poème ! Pas de coup de coeur, mais assurément un très bon et très beau moment passé dans cet univers.

L’avantage de la poésie à mon sens, c’est que l’on peut traiter tous les sujets d’une infinité de manière, des sujets les plus doux au plus durs. À travers son recueil L’espoir de la meute, Philippe Devos nous offre un panorama tout en finesse et émotions de notre monde actuel et de la nature humaine. Parfois généraliste, parfois très intimiste, d’autre fois cru et d’autre amant épris, ce recueil est complet et dépeint un tableau aussi sinistre que coloré : cruauté et paradoxe de l’homme, mais aussi expression des sentiments les plus nobles. Il pointe du doigt les sentiments et la douleur humaine, mais aussi les choses les plus abjectes que peut porter notre monde, avec parfois, une sévère critique de ce dernier.

Ce qui, pour moi, fait la force de ce recueil, c’est avant tout son accessibilité. Bien que certains poèmes soient plus ardus, ou qui méritent une deuxième lecture pour en appréhender totalement le sens et la puissance, la grande majorité des poèmes ici présentés sont d’une beauté sans nom, mais reste accessible. On est bien loin de ces poèmes que l’on a étudié au lycée, et dont il fallait plusieurs heures de travail pour capter une bribe de compréhension.

La force de la poésie réside dans le fait personne ne comprendra un poème de la même manière que son voisin. Personnellement, j’ai beaucoup aimé les poèmes suivants :

  1. Tu n’imagines pas
  2. Comment lui dire
  3. Anesthésié
  4. Cigüe

En bref, une recueil de nouvelles qui vous embarquera dans un monde à part et pourtant bien reconnaissable, qui saura jouer avec vos cordes intérieurs.

Citations :

Tu n’imagines pas
Ma lassitude
Pour ces combats qu’on nous impose
Ces vanités qui nous opposent


Déjà je suis de trop
Et mon coeur s’est enfui…
… je le suivrai bientôt.


Gisant sur mon divan l’esprit anesthésié
Le génie de l’écran s’empare de tout mon être
Tandis qu’autour de moi le temps semble arrêté


Je suis lasse de chagrin et pleine de résignation
Je murmure ton prénom et le vide me renvoie en écho
L’insupportable absence me vidant de mes larmes

Ma note (subjective) : 17/20

 

Coup de coeur·Drame·Poésie·Romance

Livy – EVINDI

41botlqt0zl-_sx317_bo1204203200_Caractéristiques : 

  • Auteur – EVINDI
  • Editeur – Panthéon 
  • Parution – 2014
  • Pages – 169
  • ISBN – 978-2754726405

4ème de couverture : 

Et si la vie se résumait à un saut dans le vide,
un geste fou mais simple,
et de toute façon inéluctable,
consistant en un saut dans l’inconnu.

Un inconnu dangereux,
un inconnu malheureux,

une rencontre troublante
et l’impression d’être chanceux,

et puis la réalité,
le constat sévère, triste et amer,

nous révélant que le bonheur est peut-être fait
pour être observé de loin,
que la félicité durable est sans doute trop grande
pour tenir entre nos mains.

Mon avis :

Je pense que je ne remercierai jamais assez l’auteur de m’avoir contacté, et fait découvrir son ouvrage, qui est pour moi, un des plus beaux livres qu’il ne m’ait jamais été donné de lire.

Tout d’abord le style. Il a su me capter dès le départ, me capturer entre ses bras. Comme une tempête, il est arrivé, m’a chamboulé, et m’a recraché, 169 pages plus tard. Poétique, juste, riche, puissant, envoûtant… Beau. Sublime. Magnifique. Pour faire une comparaison… Vous voyez les passages très poétiques que peu parfois écrire Pierre Bottero ? Et bien imaginez cela sur 169 pages, versifiés, en rîmes, avec des figures de styles à tour de bras, et vous aurez le style d’EVINDI. Une merveille absolue. Je suis en extase.

L’intrigue… Je ne saurais dire. Je suis dans l’incapacité de poser des mots sur ce que j’ai pu percevoir. Je sens qu’il y en a une, assez philosophique, profonde, et certainement plus noire et puissante que je ne le soupçonne encore… Sâchez simplement qu’il y en a une, que l’on sens non pas par les mots, mais par les tripes.

Quant à l’histoire… Elle peut paraître banale et un peu simplette au premier abords (une romance qui – on le sait dès le départ – ne se terminera pas en Happy Ending), mais qui, au fil des révélations et de la lecture, se trouve être une romance des plus poignantes, et belles que j’ai pu lire dans ma vie de lectrice. Roméo et Juliette peuvent aller se rhabiller !

Les personnages, quant à eux, sont très singuliers, et mais surtout, très travaillés. J’ai rarement pu voir un tel travail autour des personnages.

Livy, personnage principal féminin, est une jeune femme discrète, qui s’habille de manière originale, et qui est mystérieusement évitée par tout son village, telle une pestiférée. Elle cache bien plus qu’elle ne veut le laisser croire… Sa pureté apparente fera tomber sous son charme un étranger à la ville, un seul homme… Evindi.

Evindi. La narration se fait au travers de ses yeux, et cela a soulevé beaucoup d’interrogation. Pourquoi un nom d’auteur similaire au nom du personnage ? Pourquoi ne connait-on pas son âge ? Qui est-il vraiment ? Pourquoi souffre-t-il autant ?… Et j’en passe. En dehors de cela, il est un personnage profond, et on sent dans ses mots qu’il a vécu, que la vie lui en a fait voir plus de pas mûres que de vertes. Il ne porte pas de masque, et ses paroles sont, en général, criardes de vérités. Le tout, dans un franc-parlé poétisé. J’adore.

Chose originale de l’ouvrage : sa forme. En effet, il ne s’agit pas d’un simple roman, ou d’une succession de poèmes, qui retracent une histoire. Il s’agit ici d’une nouvelle poétique. En la lisant, la versification et toutes les connotations à la poésie… La longueur (car on peut dire qu’il s’agit ici d’un seul et même poème, rédigé d’une seule traite, sans coupures extrêmement marquées comme dans un recueil)… Tout cela me fait un peu penser aux poèmes épiques, longs poèmes de plusieurs milliers de vers. Le plus long en faisait 12.000. Des exemples ? L’Illiade. L’Odyssée. L’Énéide… Le plus long étant Les Métamorphoses d’Ovide.
J’ai beaucoup aimé ce format là, pour la simple et bonne raison que tout coulait de source, et surtout, il n’y avait pas de cassure dans le style. Parfois, dans un roman traditionnel dira-t-on, il y a des temps de pauses, des moments d’accélérations… Ici, c’est une balade au grès d’une brise au départ, qui s’accélère au fur et à mesure, pour finalement prendre l’allure d’une tornade.

Et là, vous vous demandez sûrement dans quel état j’ai terminé ce livre. Oui, je suis très impliquée émotionnellement dans mes lectures. Ce livre n’a pas dérogé à la règle. Il m’a littéralement faite vibrer. Je le sentais, au fond de moi, que l’auteur jouait sur les cordes de mes sentiments. J’ai versé une larme, et une seule pendant ma lecture. Mais ce n’est qu’à la fermeture du livre, lorsque j’ai rabattu la quatrième de couverture, que là, je me suis mise à vraiment pleurer.

En bref, vous l’aurez compris je pense, c’est un coup de coeur intersidéral, qui dépasse de très très trèèèès loin tout ceux que j’avais pu avoir par le passé. À me demander si ce n’est pas mon plus gros coup de coeur de tous les temps.

Citations :

Durement, froidement et subitement,
j’allais apprendre que la pire chose concernant
un voeu
est d’en vivre l’accomplissement.


Comme il est amusant de voir à quel point la force
aime se reposer sur la fragilité.
C’est un peu comme si elle voulait s’amender
de sa rigidité, de sa solidité et cherchait le réconfort,
la clémence voire le pardon de son extrême opposé.


Je suis debout, mais blessé,
à force de ne rien vouloir céder,
de ne jamais larmes verser,
je suis devenu une coquille vide
qui ne sait même plus ce que veut dire le mot
« exister ».


Je l’intrigue, elle me plaît,
elle m’intrigue et le sait.


À ce moment-là,
je pensais savoir quelle est la nature profonde
du bonheur,
et je découvris par la suite
que, non seulement je ne savais rien,
mais aussi et surtout que mon âme pouvait vibrer
au point d’exploser,
tressaillit au point de me faire cruellement souffrir.


L’expérience que j’ai acquise
m’exhorte à te conseiller ceci :
ce que nous vivons est beau, noble et unique.
Ne cherche pas à comprendre par la raison
Ce que tu dois vivre avec tes sens et tes émotions.


Si le soleil pouvait parler,
si les étoiles pouvaient chanter
et si la lune pouvait les accompagner,
ce serait notre histoire qu’ils chanteraient.

Ma note : 20/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5
• Bonus « Philosophie » : +1pt
• Bonus « Beauté extrême » : +0.5pt