6-9 ans·Album Jeunesse·Contemporain·Coup de coeur·Philosophie/Réflexion

La cour couleur – Jean-Marie Henry (Anthologie)

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Caractéristiques : 

  • Auteur – Jean-Marie Henry (Anthologie) 
  • Illustrateur – Zaü
  • Editeur – Rue du Monde
  • Parution – 1998
  • Pages – 60
  • ISBN – 978-2912084033

4ème de couverture :

Cet album est une cour de récréation peuplée d’enfants venus des quatre coins du monde. Quarante poètes y
disent l’amitié, le rejet de la haine, le respect des différences, et l’ouverture aux autres.

Mon avis :

Article un peu spécial pour un livre spécial. À la fois destiné aux adultes et aux enfants, cet album jeunesse est une anthologie de poème contre le racisme.

Alors pourquoi destiné aux enfants ? Tout simplement parce qu’il est magnifiquement bien illustré, et que les poèmes et extraits de poèmes choisis sont assez faciles et accessible pour nos têtes blondes. Pourquoi pour les adultes aussi ? Cela reste de la poésie, sujette à plusieurs interprétations et réflexions plus poussées. D’autant que certains textes sont bien plus complexes que les autres.

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Pourquoi je voulais en parler, ça, c’est plutôt la vraie question. Quand on pense album jeunesse ou livre pour enfant, on pense tout de suite à des histoires avec une intrigue, des personnages… Et on délaisse totalement tout un pan de la littérature jeunesse – et de la littérature tout court – qu’est la poésie. Par ce petit ouvrage, Rue du Monde permet aux plus jeunes de toucher du doigt la poésie, et la puissance des messages que peuvent porter un texte.

D’autant plus qu’il s’agit ici qu’une anthologie contre le racisme, qui pourra en plus, faire objet de discussion avec les parents, ou avec une classe.

En bref, une anthologie très bien faite, superbement illustrée, avec des textes puissants et accessibles, qui touchera petits et grands.

Citations :

Pleurez mes yeux pleurez et maudit soit le monde
L’enfant blanc et l’enfant noir ne feront plus la ronde.
L’enfant noir et l’enfant blanc
Ont tous les deux le sang
Rouge.
Pierre Osenat


Qui a vu le crapaud traverser la rue ?
C’est un tout petit homme : une poupée n’est pas plus minuscule.
Il se traîne sur les genoux, il a honte on dirait.
[…]
Personne n’a remarqué ce crapaud dans la rue.
Jadis, personne ne me remarquait dans la rue.
Maintenant, les enfants se moquent de mon étoile jaune.
Heureux crapaud… Tu n’as pas d’étoile jaune.
Max Jacob


Je t’ai vue, la dernière fois, dans le wagon encore ouvert,
Parmi le troupeau effaré, les visages des enfants juifs,
[…]
Au loin les monts bleuis vers nous semblaient geler
Et près d’eux, sur le ciel, crachaient les crématoires.
Isaïe Spiegel


Il vous appartient de vivre
Comme on assemble les roses
[…]
Mais il n’y a pas de roses
Dans un jardin sans amour.
Jean Rousselot


TOI
Qui que tu sois !
Je te suis bien plus proche qu’étranger.
Andrée Chedid


– Il y a cinq continents.
– Je ne suis pas doué.
– Pour quoi ?
– Pour les divisions.
Eugène Guillevic


J’ai regardé au loin
J’ai vu quelque chose qui bougeait
Je me suis approché
J’ai vu un animal
Je me suis encore approché
J’ai vu un homme
Je me suis encore rapproché
Et j’ai vu que c’était mon frère.
Proverbe tibétain

Ma note : 17/20

  • Scénario – 2/4
  • Dessin – 3.5/4
  • Accessibilité – 1/3
  • Originalité/Créativité – 2.5/3
  • Multilecture – 3/3
  • Apprentissage – 3/3
  • Bonus « Humanité » : +2pt
2-5 ans·6-9 ans·Album Jeunesse·Coup de coeur·Philosophie/Réflexion

Plage réservée ! – Sophie Lescaut

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Caractéristiques : 

  • Auteur – Sophie Lescaut
  • Illustrateur – Sophie Lescaut
  • Editeur – Le Grand Jardin
  • Parution – 2017
  • Pages – 26
  • ISBN – 979-1096688050

4ème de couverture :

Une grande famille d’ornithorynques aux personnalités touchantes se met en route pour aller à la plage. Une fois arrivée, la petite troupe se voit refuser l’entrée pour cause d’interdiction des animaux à becs.
Repli vers une autre plage où l’accès leur est refusé pour des raisons tout aussi absurdes. Mais ils ne se découragent pas…

Mon avis :

Partons à la plage avec la famille Ornithorynque !

IMG_4033.JPGQuel album merveilleux ! En plus de faire passer de beaux messages et d’être comique, il est accessible pour une fourchette d’âge très large, et est bien illustré. Que demander de plus ?

Dans ce petit album, nous suivons donc la famille ornithorynque qui va à la plage… Et se voit refuser l’accès car la place est interdite pour les animaux à bec. Mécontent, ils cherchent une autre plage, où l’accès leur également refusé pour une raison tout aussi absurde… Jusqu’à la chute finale, quelque peu moralisatrice, mais oh combien efficace.

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Car si ce livre met en avant les différences, il met aussi et énormément en avant un phénomène de société immense et mauvais : le racisme. Qu’il soit banalisé ou non, par leur différence, ils sont pas accepté pour un moment de détente en famille, et font face à l’hostilité des autres animaux.

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En plus de montrer à quel point les arguments des personnes racistes peuvent être ridicule, l’auteur m

 

et aussi en avant les répercutions que cela peut avoir sur le comportement et les sentiments des victimes… Et c’est excellent. Rien n’est choquant, et les messages passent avec une finesse exemplaire, accessible et compréhensible pour tous.

Allié à ce point de force, l’album se pare d’un humour à la limite de l’humour anglais – que j’apprécie énormément – et qui vient rajouter des notes aux couleurs d’innocence dans cette histoire peu commune.

En bref, un album jeunesse à lire à tout prix, pour les petits comme pour les grands !

Ma note : 19.25/20

  • Scénario – 4/4
  • Dessin – 3.75/4
  • Accessibilité – 3/3
  • Originalité/Créativité – 3/3
  • Multilecture – 3/3
  • Apprentissage – 2.5/3
Historique·Philosophie/Réflexion

Ion – Euripide

ion-4416893-264-432.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Euripide
  • Editeur – Belles Lettres
  • Parution – entre 414 et 412 av. JC
  • Pages – 418 (environ 110 pour Ion)
  • ISBN – 978-2251001227

4ème de couverture :

Parmi les tragédies d’Euripide fondées toutes sur un jeu du destin et qui se terminent par une reconnaissance, Ion est certainement la plus habilement construite. La tragédie a pour sujet le destin d’Ion, ancêtre mythique des Ioniens, héros inventé de toutes pièces par des écrivains du VII siècle qui déduisirent ce nom du nom du peuple dont il aurait été l’éponyme. Dans un mythe tel que celui-ci, aussi vague et peu populaire, Euripide eut, plus que de coutume, la liberté de modifier et d’ajouter des éléments qui répondaient à des exigences politiques — le patriotisme athénien — et artistiques.

Mon avis :

Changeons totalement de registre. Je vous emmène dans la Grèce Antique avec Euripide, et une pièce plus que connu : Ion.

J’ai étudié cette oeuvre dans le cadre de mes études (Lettres Classiques), et bien que très intéressante, j’ai eu du mal à vraiment accrocher en dehors des passages clefs.

Tout d’abords, dans mon édition, j’ai eu du mal avec la traduction qui a très mal vieilli je trouve, et donne un caractère bien trop élitiste et alambiquée au texte, alors que dans un langage peut être plus moderne, il aurait pu avoir la puissance d’un Shakespeare ou d’un Molière. Mais cela concerne la traduction.

Pour ce qui est de l’oeuvre en elle-même… On va suivre Ion, jeune homme abandonné à la naissance et recueillit dans le temple d’Apollon à Delphes. Bien des années plus tard, le roi d’Athènes, Xouthos, qui n’a toujours pas eu de fils, vient consulter l’oracle avec sa femme et reine d’Athènes, Créuse. Sauf qu’elle est… et bien la mère biologique d’Ion. Concours de circonstance, mêlé à de la jalousie et un sentiment de trahison, Créuse tentera d’assassiner son fils, sans savoir qu’il est de son sang.

C’est toujours compliqué de résumé un mythe grec sans trop spoiler. En dehors de son intérêt littéraire notable sur le style d’Euripide et son évolution, il est plus intéressant à mon sens d’analyser et concevoir cette oeuvre comme une oeuvre politique. Dans le mythe originel d’Ion, Athènes n’est pas dans la balance. Euripide écrit sa pièce entre 414 et 412 av. JC soit… en pleine guerre du Péloponèse, qui vient mettre la suprématie d’Athènes à rude épreuve. Il était donc primordial d’incorporer cette cité-état dans un mythe, qui plus est un mythe presque entièrement basé sur le droit du sang sur un sol, la filiation et l’importance des natifs Athéniens dans la « pureté Athénienne ».

Autre thématique importante de l’oeuvre : la place de la femme, de manière générale, mais aussi au travers de la littérature.

En bref, une oeuvre agréable à lire, mais qui a un intérêt historio-politique plus intéressant à mon goût.

Citation :

Hélas, bien difficile est notre rôle vis-à-vis des hommes ; car les mauvaises avec les bonnes sont mêlées parmi nous ; c’est pourquoi l’on déteste les femmes. Tant la nature nous a faites pour souffrir !


Une haute fortune ne rend pas plus heureux qu’un modeste bonheur.

Ma note : 13.25/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 2.5/4
• Potentiel d’addiction – 1.75/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 1/1.5

Contemporain·Coup de coeur·Drame·Philosophie/Réflexion·Thriller

Je sais où tu es – Claire Kendal

couv60403836.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Claire Kendal
  • Editeur – France Loisir
  • Parution – 2015
  • Pages – 410
  • ISBN – 978-2226322838

4ème de couverture :

Un matin, Clarissa se réveille dans le lit d’un collègue, sans aucun souvenir de ce qui l’a menée là. Bientôt cet homme fait de sa vie un cauchemar. Espionnée, traquée, harcelée, Clarissa doit faire face à une obsession toujours plus menaçante. Saura-t-elle s’en échapper avant qu’il ne soit trop tard ?

Mon avis : 

Cela fait un moment maintenant que j’ai lu ce roman, et pourtant, quand je revois sa couverture et que les souvenirs remontent, je suis toujours aussi glacée parce la vraisemblance de l’intrigue, et surtout des situations et ressentis dépeints. Un coup de coeur pour un texte féministe qui traite d’un sujet encore tabou, et pourtant bien trop réel.

Ce roman suit une double trame : on suit à la fois Clarissa dans sa vie personnelle de jeune femme harcelée par un homme, ainsi que Clarisse dans son exercice de jury lors d’un procès pour viol et séquestration. Dans les deux cas, on n’en ressort pas indemne. Ça ne réveille pas toujours les mêmes émotions en nous : tantôt la peur, tantôt le dégoût… Ce livre a un réel potentiel d’ouverture, en cela qui peut permettre à un lectorat plutôt masculin de mieux appréhender le harcèlement de rue et le harcèlement sexuel ; mais aussi de faire écho auprès d’un lectorat féminin.

Dans les deux cas de figure (l’aspect procès et l’aspect vie personnelle de l’héroïne), je me suis sentie concernée : ces deux intrigues sont les faces d’une même médaille qu’est le harcèlement et l’objectivation des femmes. Mais le plus dur a été de lire le ressenti que pouvait avoir et que Clarissa avait, mais aussi de voir que les réactions des hommes et des autorités dans ce roman correspondent que trop bien à notre réalité.

Je ne vous cache pas que ce roman a été très dur à lire, entre mon hypersensibilité, et le fait de lire des situations que je peux vivre au quotidien…Ce n’a pas été une lecture facile, mais oh combien enrichissante et engagée. Sans le crier sur les toits, ce roman est une pépite qui, vulgairement dit, remet les barres sur les T et les points sur les i.
Effectivement, l’auteur n’hésite pas, à l’aide d’une plume agréable et fluide, de pointer du doigt des choses encore trop peu considérées : le harcèlement de rue, le harcèlement sexuel, l’objectivation des femmes, le sentiment que tout est dû (d’un point de vue sexuel) aux hommes de part leur sexe, la défaillance du système judiciaire dans les affaires d’harcèlement et de viol… Et c’est en ça que c’est un livre excellent : il montre de A, à Z, les cause, les conséquences, et surtout, les répercutions physiques et morales présentes chez les victimes.

En bref, un livre tabou, dur, glaçant, mais nécessaire. Un vrai coup de coeur.

Citations :

Les accusés disent nibards. Rowena dit nichons. Moi, je dis seins. Je ne sais pas ce toi tu dis. Je ne veux pas le savoir. Ce que je sais par contre, c’est ce que ces différences comptent.


Par où commencer pour démontrer la folie de ta lettre ? Tu n’entends donc pas ce que je te répète – non, non, et encore non – encore et encore ? Je crois qu’il t’est impossible de comprendre ; tu es prisonnier d’une forme délirante de raisonnement décalé, de sincérité terrifiante même.
As-tu inspecté mes CD et mes DVD quand tu étais chez moi ? Parce que tu as raison : j’adore ce ballet. Par contre je le détesterais à un point dont tu n’as pas idée si je devais le voir avec toi. De la part d’un autre homme, le geste aurait pu être romantique. Mais pas de ta part à toi. De la part de celui qui a utilisé ma plus vieille amie et l’a retournée contre moi. Venant de toi, ces billets sont une agression, pas un cadeau.


S’il y avait bien une chose que montraient ces peintures et poèmes romantiques, c’était le danger d’un vrai regard direct et décidé.

Ma note : 18.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Contemporain·Philosophie/Réflexion·Poésie

L’espoir de la meute – Philippe Devos

cover-644.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Philippe Devos
  • Editeur – Atramenta
  • Parution – 2017
  • Pages – 108
  • ISBN – 978-9522739636

4ème de couverture :

La meute, c’est vous, c’est moi.

D’autres peut-être, qui oseront cheminer à nos côtés à travers ces pages.

Quelques textes pour faire naître en nos cœurs un ailleurs, sublimer l’habitude, s’enivrer d’amertume, apprivoiser ses chimères…

Des landes de vers pour une échappée belle hors du temps et des cités stériles où l’homme moderne dérive parmi les ombres anonymes.

Des poèmes comme autant d’occasions de se retrouver.

Mon avis :

Changeons d’air. Prenons du recul face aux histoires en prose, avec leurs intrigues et leurs personnages, pour partir dans un monde plus subtil, mais pas pour autant moins accessible : je veux bien entendu parler du monde de la poésie, au travers de cette première chronique de recueil de poème ! Pas de coup de coeur, mais assurément un très bon et très beau moment passé dans cet univers.

L’avantage de la poésie à mon sens, c’est que l’on peut traiter tous les sujets d’une infinité de manière, des sujets les plus doux au plus durs. À travers son recueil L’espoir de la meute, Philippe Devos nous offre un panorama tout en finesse et émotions de notre monde actuel et de la nature humaine. Parfois généraliste, parfois très intimiste, d’autre fois cru et d’autre amant épris, ce recueil est complet et dépeint un tableau aussi sinistre que coloré : cruauté et paradoxe de l’homme, mais aussi expression des sentiments les plus nobles. Il pointe du doigt les sentiments et la douleur humaine, mais aussi les choses les plus abjectes que peut porter notre monde, avec parfois, une sévère critique de ce dernier.

Ce qui, pour moi, fait la force de ce recueil, c’est avant tout son accessibilité. Bien que certains poèmes soient plus ardus, ou qui méritent une deuxième lecture pour en appréhender totalement le sens et la puissance, la grande majorité des poèmes ici présentés sont d’une beauté sans nom, mais reste accessible. On est bien loin de ces poèmes que l’on a étudié au lycée, et dont il fallait plusieurs heures de travail pour capter une bribe de compréhension.

La force de la poésie réside dans le fait personne ne comprendra un poème de la même manière que son voisin. Personnellement, j’ai beaucoup aimé les poèmes suivants :

  1. Tu n’imagines pas
  2. Comment lui dire
  3. Anesthésié
  4. Cigüe

En bref, une recueil de nouvelles qui vous embarquera dans un monde à part et pourtant bien reconnaissable, qui saura jouer avec vos cordes intérieurs.

Citations :

Tu n’imagines pas
Ma lassitude
Pour ces combats qu’on nous impose
Ces vanités qui nous opposent


Déjà je suis de trop
Et mon coeur s’est enfui…
… je le suivrai bientôt.


Gisant sur mon divan l’esprit anesthésié
Le génie de l’écran s’empare de tout mon être
Tandis qu’autour de moi le temps semble arrêté


Je suis lasse de chagrin et pleine de résignation
Je murmure ton prénom et le vide me renvoie en écho
L’insupportable absence me vidant de mes larmes

Ma note (subjective) : 17/20

 

Contemporain·Coup de coeur·Philosophie/Réflexion

Alter-Ego, Au-delà des apparences – Sélène Derose

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  • Auteur – Sélène Derose
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2017
  • Pages – 343
  • ISBN – 978-2-956037-51-4

4ème de couverture :

Nous faisons partie de ce monde et ce monde fait partie de nous. Mais tout comme nous ne nous connaissons pas toujours nous-même, nous ne connaissons pas parfaitement le monde. »

Niya Clark, sérieuse et réservée, vient tout juste d’achever ses études supérieures avec une idée précise de son plan de vie. Mais tandis qu’un nouveau pan de celle-ci commence, et pas des moindres à ses yeux, un évènement va bouleverser son équilibre.
Tout au long de son périple pour le retrouver, Niya, en proie au doute, sera amenée malgré elle à remettre en question ses certitudes les plus profondes jusqu’à sa vision d’elle-même.

Déjà vu ou presque, pensez-vous ?
Pas sûr. Apprêtez-vous à progresser avec elle au-delà des apparences et de la vraisemblance…

Mon avis :

De retour avec encore une fois un roman tout droit sorti des entrailles de la plateforme SimPlement. J’avoue que le résumé m’intriguais pas mal, et que je ne savais pas trop à quoi m’attendre… Mais quelle fabuleuse surprise, c’est un coup de coeur, tout en douceur !

Nous suivons donc Niya, une jeune femme qui a tout pour être Madame tout le monde : sur le marché du travail, en collocation avec sa meilleure amie… Un petit accident pour débuter l’intrigue. Rien de bien folichon ou d’exceptionnel. C’est après que l’auteur déploie un univers tout à fait intriguant et différent de ce qu’on peut voir habituellement : la culture des Natifs d’Amériques.

À partir de cela, tout s’enchaîne avec une grâce et une fluidité peu commune, au point où on ne se rend même pas compte que l’on tourne les pages. Si je devais résumer ce roman en seul mot, je dirai douceur, que je pourrais étayer par harmonie. Tout au long de ma lecture, je me suis sentie comme bercée par les mots de Sélène Derose qu’elle manie à la perfection. Tout au long de ma lecture, je me suis sentie dans un petit cocon protecteur et douillet, duquel je ne voulais plus sortir. Comme si vous étiez dans un lieu doux, accueillant, et que le monde réel ne parvenait à vous que par flash flous ou murmure subtils. C’est une véritable impression de paix intérieur qui vient s’installer, au fur et à mesure de la lecture, même durant les passages plus tendus.

Ce qui m’a particulièrement plu, en plus de cette atmosphère feutrée et paisible, c’est cette thématique de la quête de soi, et de sa vérité profonde. Notre héroïne, prise dans ses doutes et les tumultes de sa vie de jeune femme, poursuit son chemin, entre rationalité et croyances anciennes, pour trouver une paix intérieure ainsi que sa vérité.
En plus d’être un coup de coeur, je sais que je relirai ce roman. Tout comme mon auteur favoris Pierre Bottero, ce roman a su faire vibrer les bonnes cordes à l’intérieur de moi, et a su m’apaiser sur certaine question que je me posais… C’est pour cela que je le range, en plus dans la catégorie coup de coeur, celle de ma littérature pansement.

En bref, un roman tout en mystère, en beauté, douceur, paix et harmonie, qui ne vous laissera pas indifférents.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 18.75/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Contemporain·Philosophie/Réflexion

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA – Romain Puértolas

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  • Auteur – Romain Puértolas
  • Editeur – La Dilettante
  • Parution – 2012
  • Pages – 252
  • ISBN – 978-2253179900

4ème de couverture :

IKEA. Ou comment un banal et innocent mot de quatre lettres, prononcé à mi-voix dans un taxi à Roissy Charles de Gaulle, peut vite devenir le début d’une rocambolesque et hilarante aventure. De la crise européenne au régime post-Kadhafiste libyen, un voyage inattendu, riche en quiproquos et rebondissements, ballotera, dans une armoire, un arnaqueur professionnel sur le chemin de la rédemption et de l’amour.

Mon avis :

On va jouer l’ambivalence aujourd’hui, et les extrêmes. Passé du rire aux larmes, de la joie à la morosité, de la légèreté à la gravité.

Une couverture aux couleurs de la grande marque suédoise, un personnage venant d’Inde, un titre plus que loufoque… Ce roman a tout, de l’extérieur, pour être un livre de détente totale sur le bord de la piscine ou bien à la plage, sans prise de tête. Et pourtant…

On va donc suivre notre héros au nom imprononçable (Ajatashatru, à prononcer Attache-ta-charrue quoi qu’il arrive) qui vient d’Inde sur Paris afin d’acheter le dernier lit à clou de la marque IKEA. Arnaqueur professionnel, par un malencontreux hasard, il se retrouve coincé dans une armoire IKEA… Il va alors enchaîner les embrouilles et les rencontres les plus improbables, jusqu’au dénouement.

Un début hilarant, qui m’a valu plusieurs fou rire, pour au fil des pages, laisser voir en transparence un thème encore tabou actuellement : l’immigration clandestine, et le sort des clandestins arrêtés aux frontières. Le roman a plusieurs lectures possibles. Pendant que notre indien aussi sec qu’un arbre marche, au fil de son voyage, sur le chemin de la rédemption et de l’amour, on suit aussi plusieurs tableaux sociaux-culturels.
La question de l’immigration est omniprésente, et traité de manière parfois subtile, parfois directe… Et parfois cruelle d’une vérité que beaucoup ignore, sciemment ou non.
Le tout, porté par une plume qui sait à la fois être légère et dure.

En bref, un roman agréable, pas si léger qu’il n’y paraît, mais qui fait parti des classiques modernes à lire.

Citations :

« Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie. » Sur le coup, l’enfant n’avait pas compris. « Cela signifie tout simplement, lui avait alors expliqué l’homme, que des choses qui sont banales pour moi peuvent sembler de la magie pour toi, tout dépend du degré de technologie de la société dans laquelle du évolues. »


Et souvent, la nostalgie des siens rendait pauvre et insipide même le plus prodigieux des paysages.


Et puis, ce n’était pas la peur des coups qui tordait les entrailles, non, car sur cette rive-là de la Méditerranée, on ne frappait pas, c’était la peur d’être renvoyé dans le pays d’où l’on venait, ou pire encore, dans un pays que l’on ne connaissait pas, parce que les Blancs s’n foutaient pas mal vers où ils vous balançaient, l’important pour eux étant de ne plus vous avoir chez eux. Un Noir, ça fait vite désordre.

Ma note : 16.75/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.5/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.75/1.5