Historique·Jeunesse·Policier

Le signe de Dédale – Florence Brémier

couv24769553Caractéristiques : 

  • Auteur – Florence Brémier
  • Éditeur – Oskar
  • Parution – 2013
  • Pages – 213
  • ISBN – 979-1021403420

4ème de couverture : 

Athènes, 438 avant J-C : Nikolidès, jeune orphelin dégourdi, préfère son apprentissage chez Marcidon, le potier, aux cours de Lycomède, son maître d’école. Un jour, Marcidon est enlevé et son atelier dévasté. Que cherchaient ses ravisseurs ? Le dévidoir fabriqué par Dédale des siècles auparavant, qui a servi à Thésée pour dérouler le fil d’Ariane, et qui conduirait au trésor de Dédale… Nikolidès découvre deux fragments du dévidoir, enterrés chez Marcidon.
Convaincu qu’il doit réunir les trois fragments épars du dévidoir pour remonter jusqu’aux ravisseurs du maître potier, le jeune garçon mène l’enquête, assisté de Graséis, sa camarade de classe, et du célèbre sculpteur Phidias.

Mon avis : 

Si je vous dis antiquité, jeunesse, et aventure, vous pensez à quoi ? Raté, ce n’était pas Percy Jackson, mais Le signe de Dédale, un petit livre jeunesse, très bien mené et renseigné !

J’ai pu rencontrer l’auteure au Salon du Delta Noir (édition 2016) sur Port Saint Louis du Rhône, et la couverture m’a tout de suite accroché l’oeil, et ensuite le titre a attisé ma curiosité. Je me suis laissé tenté et je n’ai vraiment pas été déçue !

Comme dans tout roman jeunesse (et j’entends par jeunesse qui est VRAIMENT dédié à la jeunesse, et non pas un livre classé dans jeunesse pour mieux le vendre), les actions vont vite, et on ne s’attarde pas sur de longue description qui pourrait faire décrocher les lecteurs les plus impatients. Si ça peut déranger certains lecteurs plus âgés, les plus jeunes seront conquis !

S’il y a bien une chose qui est excellente dans ce roman, c’est que l’auteur ne prend pas les jeunes pour des débiles. Je ne compte plus le nombre de roman jeunesse où le style était infantilisant au possible, réduisant les jeunes à de pauvres créatures écervelées et incapables de comprendre ou d’apprécier la moindre beauté littéraire. Ici, ce n’est pas le cas : même si le style est assez simple, Florence Brémier ne lésine pas sur les images et métaphores, sur les procédés littéraires, qui donne à ce roman une dimension bien moins enfantine.

D’autant plus qu’elle n’hésite pas à aborder des thématiques assez dures pour les plus jeunes. Je crois vraiment que c’est la première fois que je lis un roman jeunesse ou il y a autant de morts, autant de corruption, et où on a vraiment l’impression que notre héros Nikolidès n’arrivera jamais à se débarrasser de tous ses assaillants. On va même jusqu’à avoir quelques passages que je pourrais qualifier inspirée de Karine Giebel : de très courts passages, peignant un portrait d’un homme emprisonné on ne sait où, dépérissant.

Le tout bien sur, avec des thématiques plus que basique pour un roman jeunesse : une recherche, de l’amitié, de l’aventure, etc, sur paysage antique ! Nous sommes effectivement placés en plein Athènes du Vème siècle av. JC. Le rapport à la mythologie et aux mythes grecs (et plus particulièrement ici le mythe de Dédale, inventeur de génie et créateur du Labyrinthe dans lequel le roi Minos enferma le Minotaure) est donc omniprésent et exploité sous toutes les coutures possibles.

En bref, un roman jeunesse très agréable et rapide à lire, avec un travail éditorial sur le roman papier absolument remarquable (petit, mignon, agréable, tout jolie-beau), qui ravira petits et moins petits !

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 18.25/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1/1.5

Comédie·Fantasy/Fantastique·Jeunesse

Les frontières de glace (La Quête d’Ewilan 2/3) – Pierre Bottero

couv3848240Caractéristiques : 

  • Auteur – Pierre Bottero 
  • Editeur – Rageot
  • Parution – 2003
  • Pages – 303
  • ISBN – 978-2700249279

4ème de couverture : 

En Gwendalavir, Ewilan et Salim partent avec leurs compagnons aux abords des Frontières de Glace pour libérer les Sentinelles garantes de la paix. Ils repoussent en chemin les attaques de guerriers cochons, d’ogres et de mercenaires du Chaos, résolus avec les Ts’liches à tuer Ewilan, mais se découvrent un peuple allié : les Faëls. Salim se lit d’amitié avec une marchombre aux pouvoirs fascinants, tandis qu’Ewilan assoit son autorité et affermit son Don.

Mon avis :

Même si c’est la troisième fois que je le lis, je ne m’en lasse toujours pas !

Le style de Bottero est toujours fidèle à lui-même : à la fois beau, extrêmement travaillé et parfois même poétique, il reste (relativement) accessible à la jeunesse, par le ton employé. Il arrive à être très froid et très dur, mais ici, une pointe d’un petit quelque chose rend l’atmosphère plus souple, et ce n’est pas plus mal.

L’intrigue, elle, est purement fantasy. Une quête, un périble, des ennemis, tout ça, tout ça… Vous voyez le topo ? Même si ça ne transpire pas l’originalité, Bottero arrive à en faire quelque chose de merveilleux, qui nous transporte très loin.

Pour ce qui est l’histoire, on peut dire qu’elle est pleine de rebondissements et de révélations plus ou moins grandes, nous ravissant toujours ! Quelques batailles, des tranches de rires, des leçons… Tout ce qu’on adore !

Les personnages, eux, sont approfondis, et certains se révèlent un peu plus…

Ewilan s’endurcie de plus en plus, et s’affirme, tant elle-même que son don. Même si parfois, elle m’a un peu agacée…

Salim en fait de même. Même s’il a toujours le mot pour rire, il est plus sage, plus posé…

Edwin… Ahhhh Edwin… On découvre que derrière cette carapace de muscle, d’armure et de sabre, se cache un homme sensible. Un peu bourru peut-être, mais sensible.

En bref, un très bon second tome !

Citations :

La vérité est qu’il n’y a pas de sens pour décrire ce qu’on imagine et donc pas de verbe pour en parler…


Sans plus tarder, il se dirigea vers Ellana.
– J’ai gaffé ? demanda Salim.
– Je crains que cela ne devienne une habitude ! commenta Bjorn sans aucune pitié.
– Je ne pouvais pas savoir… se justifia le garçon.
– Peut-être, mais une chose est sûre : si les différentes parties de ton corps faisaient la course, ta langue arriverait loin en tête, et ton cerveau largement en dernier.


L’Amour est une clef qui ouvre la voie à tous les possibles.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 2.75/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 1.5/1.5

Comédie·Fantasy/Fantastique·Jeunesse

D’un monde à l’autre (La Quête d’Ewilan 1/3) – Pierre Bottero

couv19883932Caractéristiques : 

  • Auteur – Pierre Bottero 
  • Editeur – Rageot
  • Parution – 2003
  • Pages – 273
  • ISBN – 978-2700238938

4ème de couverture : 

Quand Camille vit le poids lourd qui fonçait droit sur elle, elle se figea au milieu de la chaussée. Son irrépressible curiosité l’empêcha de fermer les yeux et elle n’eut pas le temps de crier… Non, elle se retrouva couchée à plat ventre dans une forêt inconnue plantée d’arbres immenses. Te voici donc, Ewilan. Nous t’avons longtemps cherchée, mes frères et moi, afin d’achever ce qui avait été commencé, mais tu étais introuvable…

Mon avis :

Je ne pouvais pas concevoir ce blog sans LA saga phare de mon auteur favoris. Rien que pour vous (et pour moi aussi), je l’ai re-re-relu (oui, je l’ai lu trois fois en tout, et je m’amuse toujours autant !).

Le style de Bottero est toujours fidèle à lui même : extrêmement riche, percutant, émouvant, très chatoyant et coloré (tant d’un point de vue visuel qu’émotionnel), il arrive à nous faire voyager d’une manière que je trouve inédite. D’autant qu’ici, bien qu’encore complexe pour de la jeunesse je trouve, le style est beaucoup plus jeunesse que dans d’autre de ses livres, notamment la saga Le Pacte des Marchombres, beaucoup plus adulte.

L’intrigue est fantastique, dans le sens où on se trouve à la fois dans notre monde moderne, en France, et à la fois en le monde parallèle qu’est Gwendalavir. Camille – alias Ewilan – fait un peu le yo-yo entre les deux mondes dans ce premier tome (d’où le titre, D’un monde à l’autre). Sinon, on se trouve face à une trame de base de début de saga fantastique, avec mise en place du monde, les enjeux et problèmes, ainsi qu’une quête donnée aux héros. Du basique, mais qui fonctionne du tonnerre !

L’histoire est véritablement magique. On a l’impression d’être là-bas, en Gwendalavir, avec Camille et Salim. Mais ce qui en fait la force, c’est l’Imagination, cette dimension dans laquelle se fond Ewilan quand elle dessine. On a tellement l’impression d’y être ! D’autant que vu la manière dont notre Bottero national décrit l’Imagination, j’y vois, de manière très personnelle, une sorte de métaphore de l’imagination et du travail d’auteur quand il écrit. Devoir plonger dans l’Imagination pour créer, emprunter ses chemins – les Spires -, et s’y enfoncer de plus en plus loin… Aussi intéressant que féérique !

Les personnes sont tous uniques, complémentaires, et extrêmement attachants.

Ewilan – aka Camille – est extrêmement mature pour l’âge qu’elle est sensée avoir – 13 ans si je ne me trompe pas -. Parfaitement consciente de certaine chose, elle arrive à prendre des décisions plus ou moins difficiles. Mais elle reste tout de même une jeune adolescente, avec sa sensibilité et ses rêves, qui savent nous attendrir et nous donner envie de la câliner.

Salim est un véritable boute-en-train ! Toujours le mot pour rire et détendre un peu l’atmosphère au besoin, il sait cependant être sérieux quand besoin est. Surtout, ce qui le rend attachant, c’est cet humour bon-enfant et son manque d’attache à sa famille : une vie de liberté et d’amour s’ouvre à lui quand il décide de suivre Camille dans son périple.

Edwin peut paraître au départ très froid, mais très vite, on lui découvre, en plus de son âme de guerrier et de leader, une véritable sensibilité…

Bjorn… Le même que Salim, mais version chevalier ! Un véritable régal que d’avoir ces deux là réunis !

Et bien sûr, Ellana, que vous connaissez déjà via mes précédentes chroniques, au plus haut de sa forme, et toujours fidèle à elle-même ! Elle a l’air de s’entendre très bien avec Edwin d’ailleurs… À surveiller !

En bref, vous l’aurez compris, c’est un très bon premier tome qui ravira petits et grands, vous emportant dans un univers fantastique et magique !

Citations :

– […] Il y a des vérités qu’il est impossible de fuir !

Ma note : 18.75/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 1.25/1.5

Jeunesse·SF

Transfert – Rémi Stephani

couv21005991Caractéristiques : 

  • Auteur – Rémi Stephani 
  • Editeur – Syros
  • Parution – 2016
  • Pages – 432
  • ISBN – 978-2748517507

4ème de couverture : 

Victor et Valentin ne se sont jamais rencontrés. Le même jour, à la même minute, ils sont chacun victime d’un accident fatal. À cet instant précis a lieu un transfert inexplicable… Valentin devient Victor et Victor, Valentin. Commence alors l’histoire mouvementée de leur deuxième vie.

Mon avis :

Je tiens à remercier l’équipe de lecteurs.com de m’avoir fait parvenir ce livre qui m’intriguais beaucoup ! Malheureusement, même si ce fut une bonne lecture, je ne suis pas tant emballée que ça, voire même un poil déçue…

Le style d’abords est, contrairement à ce que je pensais, extrêmement impersonnel. Dans les deux premières parties où tout se met en place je peux comprendre, d’autant plus que nos personnages se retrouvent dans une situation particulière. Mais tout au long du roman ? J’ai trouvé que c’était extrêmement plat malgré les rebondissements, et c’est vraiment dommage… Malgré la fluidité et la richesse de vocabulaire, il perd toute saveur…

Pour ce qui est de l’intrigue, j’avoue avoir eu du mal à la cerner, et sauf cas exceptionnel, ce n’est pas vraiment bon signe, car cela implique qu’il n’y a pas de fondement propre et de base. Là, on a un semblant de fantastique, voire paranormal, avec de la contempo’ pas top-top. À revoir.

Pour ce qui est de l’histoire, je trouve ça assez intéressant comme concept, même s’il est déjà très exploité dans l’industrie du cinéma, et apparemment dans la littérature aussi (je fais confiance à mon ami Treky pour cela). Mais comme c’est le premier que je lis avec une sorte d’échange de pensée à travers un autre corps (tiens, ça me rappelle la philosophie pythagoricienne là, avec la métaphysique et tout ça…). Un concept assez original mais qui, ce que je regrette amèrement, est amoindri par un style trop impersonnel.

Les personnages sont… Bon, on ne va se mentir, ils sont plats. Je ne vais pas plus développer cette partie pour éviter les spoils, mais malgré la gentilesse et autres qualités des personnages, ils sont plats au possible, à la limite du cliché. Très décevant sur ce point.

En bref, un livre avec qui j’ai passé un bon moment, mais que je ne conseillerai pas forcément.

Citations :

Quand vous avez frôlé la mort, vous vous sentez plus vivants que les autres.


Pour lui, le passé est une propriété privée où ne sont autorisés à entrer que ceux qui y sont invités.

Ma note : 9.25/20

• Scénario – 2/4
• Ecriture/Style – 1.5/4
• Potentiel d’addiction – 1.75/3
• Personnage – 0.5/2
• Emotions – 0.75/2
• Originalité/Créativité – 1.25/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Contemporain·Drame·Jeunesse

La vérité sur Alice – Jennifer Mathieu

couv34766516Caractéristiques : 

  • Auteur – Jennifer Mathieu
  • Editeur – PKJ
  • Parution – 2016
  • Pages – 204
  • ISBN – 978-2266262781

4ème de couverture : 

« Les gens ne deviennent pas méchants et vicieux du jour au lendemain. Mais laissez leur un temps d’adaptation, et ils seront capables du pire. »
Au lycée de Healy, la vérité est une question de point de vue. Alice Franklin est une trainée. Tout le monde le sait. C’est forcément vrai puisque c’est écrit partout sur les murs des toilettes. On dit qu’elle a couché avec deux garçons d’affilée et qu’elle a provoqué la mort de l’un d’entre eux.
Tout le monde a sa vérité sur Alice : son ancienne meilleure amie, l’entourage de la victime, son admirateur secret…
Quelle sera la votre ?

Mon avis :

Sujet d’une lecture commune avec Anissa de Share Some Words, j’ai apprécié ma lecture, malgré une fin que j’ai trouvé décevante…

Le style de Jennifer Mathieu est extrêmement particulier. Très oral et peu fourni en figure de style, il a l’avantage d’être très fluide, et extrêmement personnel. En effet, dans ce livre, on va suivre en point de vue interne plusieurs personnages, et à travers le style de l’auteur, on arrive de suite à savoir qui parle, et quel est son tempérament, son caractère. C’est extrêmement fort je trouve, peu d’auteur en sont capables ! Malheureusement, le style est bien trop oral à mon goût, même si le rendu est au final une réussite.

L’intrigue est banale, mais très bien menée : un fond de mystère sur des couches de doutes sur une vérité présumée et suspectée. On est pile dans une intrigue de roman pour adolescents !

L’histoire… Bon sang. Dès la fin du premier chapitre, j’ai pense « Bon sang, que c’est malsain. Arf que c’est malsain ! ». Car en effet, qu’est-ce qui se passe vraiment dans La vérité sur Alice ? On suit une rumeur qui vise Alice, lycéenne… À travers les yeux d’autres lycéens (très stéréotypés d’ailleurs). La fille méga populaire. Son ancienne meilleure amie. Le sportif. L’outsider. À aucun moment, on a son point de vue à elle. Sa version. La vérité. On suit la rumeur, et les crasses qui arrivent par la suite. C’est malsaaaaaiiiiiinnnn !!!

Les personnages sont certainement le gros moins de ce roman car beaucoup trop stéréotypés.

Elaine pourrait être rapprochée de la cagole, la pouffe superficielle et cruche au possible.

Kelsie, la fille qui parce qu’elle a été mise de côté par le passé, va jusqu’à perdre ses valeurs pour être populaire.

Josh, le sportif de base, qui boit de la bière. Bien que ce personnage est plus complexe que les autres, car je pense qu’il a un petit secret dont lui-même n’a pas encore conscience.

Brandon, le stéréotype du sportif super bien fait, qui couche un peu tout ce qui bouge.

Kurt, l’outsider bon en maths.

Au final, à la fin du roman, on en sait très peu sur Alice elle-même.

Le développement de l’histoire est en lui-même bon et intéressant, tout comme le message que véhicule le livre : opprimé du monde, tout fini par s’arranger. Sauf que c’est là le hic pour moi.
Au vu du contenu, de l’histoire, des réactions… La fin fait tâche. Je sais qu’on est dans du jeunesse, et qu’un des codes de la jeunesse est de faire « gagner » les « gentils ». Mais là… Ça fait plus à côté de la plaque qu’autre chose. C’est vraiment dommage, car ce livre aurait pu être explosif et ouvrir les yeux à beaucoup s’il y avait eu une autre fin.

En bref, un livre qui perd en valeur à cause d’une fin à côté de la plaque et des personnages trop stéréotypé, mais qui est original par sa mise en forme et son contenu.

Citations :

C’est comme quand on a lu Le Journal d’Anne Frank, en cinquième. Je suis persuadée que, si j’avais vécu la guerre, j’aurais été nazie, parce que je n’aurais pas eu le courage d’être autre chose. Parce que j’aurais eu trop peur d’aller à contre-courant.

Kelsie


Mais je crois que les gens avaient besoin d’avoir l’impression, je ne sais pas… qu’on se serrait toujours les coudes.
Alors, ensemble, on s’en est pris à Alice Franklin. Une moins que rien. Une garce. Une meurtrière.

Elaine


Je compris alors que je ne pouvais pas mettre une date de péremption sur ma douleur, que ça ne fonctionnait pas comme ça.

Kelsie


Alors, j’ai utilisé mes dons de comédienne et je me suis lancée : « Il faut que je vous dise quelque chose. À propos d’Alice. »
Mentir et initier les Toilettes de la Honte n’est pas quelque chose que la Kelsie de Flint aurait osé faire.
Je crois que c’est pour ça que moi, je l’ai fait.

Kelsie


Les gens ne deviennent pas méchants et vicieux du jour au lendemain. Mais laissez leur un temps d’adaptation, et ils seront capables du pire.

Alice

Ma note : 14/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 2.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 0.5/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Historique·Jeunesse

Blue Watch -John Harvey

couv14812981Caractéristiques : 

  • Auteur – John Harvey
  • Editeur – Syros
  • Parution – 2015
  • Pages – 302
  • ISBN – 978-2748514605

4ème de couverture :

En 1939, le jeune Jack Riley est évacué de Londres menacée par les bombardements, et envoyé chez des fermiers qui l’exploitent. Il s’enfuit et revient à Londres où il retrouve son père, pompier dans l’unité Blue Watch. Jack veut lui aussi se rendre utile.

Mon avis :

Reçu dans le cadre de l’ExploBook, je remercie chaleureusement l’équipe de lecteurs.com de leur patience face aux différents problèmes survenus… Une chose est sûre : je ne regrette absolument pas d’avoir participé au projet !

Le style de John Harvey, bien que destiné à un public jeune, est loin d’être niais et bâclé, bien au contraire ! De ce fait, les plus jeunes pourront apprécier un style fluide et riche pour leur niveau, et les plus grands un style poignant et fluide, sans être prise de tête. J’avoue qu’en me plongeant dedans, je m’attendais à trouver quelque chose proche du style employé dans L’Ombre de Thésée, quelque chose de clairement axé jeunesse et uniquement jeunesse. Et bien non ! D’autant plus qu’il flotte une ambiance assez lourde tout au long du roman… Un peu angoissante, pesante… Une atmosphère de tension et de crainte, qui devait, je pense, couvrir tout Londres durant le Blitz, comme c’est décrit dans le roman.

L’intrigue est somme de toute basique : un jeune adolescent s’enfuit de la campagne où il a été envoyé durant l’année 1940 pour retrouver son père, pompier auxiliaire, à Londres, et qui veut s’engager dans l’effort de guerre. Une trame toute simple, mais au combien puissante et prenante !

L’histoire quant à elle, est poignante, touchante… L’exploitation du sujet a été magnifiquement faite je trouve : réussir à montrer et plonger le lecteur en plein dans le quotidien des londoniens durant le Blitz, sans pour autant faire quelque chose de mélodramatique et larmoyant… Au contraire, le livre est rythmé par un sentiment d’espoir sous-jacent. D’autant plus que le personnage de Jack, et toute sa famille, sont extrêmement attachants, et vrais. Peut-être un peu stéréotypés et certaines actions peut-être un peu trop faciles… Mais rien qui ne sortent trop de l’ordinaire.

Les personnages sont assez simples, mais très attachants.

Jack, ce jeune adolescent de même pas quinze ans, plein de courage et de bonne volonté… Je l’ai beaucoup aimé, dans sa simplicité d’esprit et de coeur.

Ben, son père, qui malgré un travail contraignant, a su être présent pour son fils dans les moments les plus critiques.

Lilith… Qu’est-ce que j’ai pu aimer ce personnage ! Mystérieuse et intriguante tout à la fois, elle est déterminée et belle à sa manière. Sans compter sur son histoire personnelle, loin d’être simple, qui la rend encore plus attachante.

Je commençais à entrer dans panne de lecture… Entre un roman qui me dégoûte franchement, même en cherchant les points positifs, et un autre qui me terrorise tellement ce qui est écrit est flippant (oui, je suis une petite nature…), Blue Watch a su être ma bouffée d’oxygène qui m’a sauvé in extremis d’une grosse panne de lecture… Et le mieux ? Je l’ai lu en une journée. Ouais. Je l’ai bouffé, on peut le dire.
La seule chose que je pourrais lui repprocher, c’est une fin beaucoup beaucoup trop abrupte…

En bref, un roman historique poignant et frais, qui conviendra aux jeunes comme aux plus grands !

Citations :

– Écoute, reprit Ben, il est bien rentré tout seul du Cambridgeshire, non ? Et c’était en plein black-out et tout. Il ne va pas se perdre ici, là où il a grandi.
– Et s’il avait encore fugué ? Qu’est-ce que tu dis de ça ?
– Il n’a pas fugué. Bon, il reste du thé, oui ou non ?
Lorsque la sonnette retentit, Ben bondit si vite pour aller ouvrir qu’il envoya voler sa tasse et sa soucoupe. Inquiet ? Pensez-vous. Quelle idée !


– Jack, ça ne sert à rien de te fâcher.
– Je ne me fâche pas.
– Ni de crier.
– Je ne crie pas.
Lilith porta la main à sa bouche pour réprimer un éclat de rire.
– Bien sûr que non, Jack. Bien sûr que non. C’est juste que le reste du monde est soudain devenu très silencieux.

Ma note : 16.25/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.5/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 1/1.5

Historique·Jeunesse

L’ombre de Thésée – Jessica L. Nelson

couv38438296Caractéristiques :

  • Auteur – Jessica L. Nelson
  • Editeur – BAAM!
  • Parution – 2010
  • Pages – 407
  • ISBN – 978-2290017920

4ème de couverture : 

Découvrir, à 14 ans, qu’on est le fils d’un dieu grec disparu, est un cadeau, pour le moins empoisonné. C’est pourtant celui que va recevoir Stefanos, qui, jusqu’à présent, menait tranquillement sa vie de collégien. Dès lors, les événements vont prendre une autre tournure : confronté à une conspiration qui menace de mettre à mal l’Olympe et la mythologie, Stef n’aura, d’autre choix que de suivre les directives de Zeus et d’accompagner Thésée dans son périple. Cette fois, fini de jouer : le Minotaure n’est plus un personnage de console, : mais bel et bien un monstre de chair et d’os…

Mon avis :

Je tiens à remercier Kevin, mon petit légionnaire (ne cherchez pas à comprendre…) de m’avoir prêté ce livre, qui m’a fait passer un bon moment !

Le style se veut simple et très pédagogique. Pas de quoi fouetter un chat, pas trop trop de fioritures littéraires… Une écriture dédié aux jeunes adolescents et enfants qui débutent la lecture je pense. Ce n’était pas plus mal, pour une lecture tranquille avant de reprendre quelque chose de plus lourd ou travaillé, mais cela réduit considérablement l’attrait de lecture je trouve (lire 400 pages en deux semaines… Je sais que j’ai pas mal de taf avec la fac en même temps, mais tout de même…).

L’intrigue est, contrairement à ce que l’on pourrait croire, différente de celle utilisée dans les Percy Jackson de Rick Riordan (les DemiGod, réveillez vous ! La fille d’Arès que je suis est présente et à fond les ballons !). Ici, Stefanos, notre héro, ne doit pas sauver le monde moderne… Mais la mythologie grecque ! Un concept que je trouve absolument génial et assez original mais qui, je trouve, n’a pas été assez exploité…

L’histoire elle, est sympathique. Notre bon Stefanos, élève dans le Paris moderne, se découvre être un métamorphe (je crois que c’est le terme employé), et fils du dieux des abeilles (MAYAAAA !! Oups…) Aristé, qui a disparu de la surface de la terre, on ne sait pas trop pourquoi. Il doit suivre le héros Thésée, célèbre dans notre société par le mythe de Thésée et du Minotaure, enfermé dans le labyrinthe du roi Minos en Crète, pour l’aider à réaliser sa quête à bien, assurant alors la stabilité de la mythologie, mise à mal par les Conjurés de Niobé.

Comme je l’ai précisé plus haut, ce livre est vraiment axé jeunesse (moins de 13/14 ans environ). De ce fait, on reste sur quelque chose de surface, avec très peu d’approfondissement psychologique, d’implication politique. Tout arrive un peu tout cuit dans l’assiette de notre héros, dans un monde que l’auteur a fait assez (trop pour moi d’ailleurs) manichéen à mon goût.

Les personnages, comme je l’ai dit, sont très simples, et assez manichéens.

Stefanos, le héros, bon et gentil qui ne veut faire de mal à personne et qui, dans sa quête avec Thésée, est un peu la tête pensante, pendant que Thésée est le muscle.

Thésée, il faut le dire, est un bourrin, et incarne un poil trop pour moi l’adolescent (il a 16 ans dans l’histoire) qui ne réfléchis à rien, et qui perd ses moyens dès qu’il croise une jolie fille. J’ai arrêté de compter le nombre de fois où Stefanos a dû lui secouer les puces pour le faire réagir. Bref… Un personnage que j’aimais bien au départ, que j’ai vite détesté. Faire vieillir Thésée oui, mais lui faire garder une mentalité d’un ado pour que Stefanos paraisse toujours aussi bon et droit comme la Justice… Bof bof.

On a aussi Pirame, le chien parlant, sorte de croisement entre maître Yoda, le Chiron dépeint dans les Percy Jackson et de Grover, toujours tiré de la même série. Un personnage sympathique, mais très vite agaçant à la longue.

Le point fort de cet ouvrage est surtout son fond pédagogique. La mythologie y est expliquée simplement, les dieux bien représentés… Si un enfant veut se familiarisé avec la mythologie grecque, j’y conseillerai ce livre sans hésiter.

En bref, c’est un livre que je conseille vraiment aux jeunes lecteurs. Si vous êtes plus grands et que vous cherchez un truc léger, pourquoi pas, mais dans le même genre, les Percy Jackson sont bien mieux.

Citations :

Ça n’est pas qu’une voix, c’est un long hurlement. « Zeus, espèce de vaurien ! Qu’est-ce que tu fabriques ? Pourquoi disparais-tu pile au moment où je veux te parler ?
– Pas fou, le Zeus, commente Irini, sarcastique. Il n’a pas trop envie d’être là où ça chauffe…
– Zeuuuuusssss ! tonne la déesse à bout de nerfs. Viens iiiiiiiiiciiiiiiii tout de suiiiiiite !


La vie est toujours, potentiellement, plus excitante. Tout dépend de la façon que tu as de la regarder.


Si je te prévenait de cet accident alors que tu es au beau milieu d’une aventure passionnante, tu me supplierais de te réexpédier à ses côtés illico. Et moi, je veux que tu comprennes qu’il ne faut pas attendre ce genre d’événements douloureux pour se rendre compte de ce que l’on possède de plus précieux dans l’existence.

(Zeus parlant à Stefanos, lui expliquant l’importance de la famille, et notamment qu’il faut profiter de sa mère tant qu’elle est encore là)


Si je me mettais à regretter le passé, je n’aurais plus un instant pour regarder l’avenir.

Ma note : 14.25/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 2.75/4
• Potentiel d’addiction – 1.5/3
• Personnage – 1.5/2
• Emotions – 1/2
• Originalité/Créativité –2/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 1/1.5