Comédie·Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Historique

Le Chevalier du Temps Plié (Les aventures de Newton Poppleford 2/2) – Gordon Zola

couv17575953.jpgCaractéristiques :

  • Auteur – Gordon Zola
  • Éditeur – Le Léopard Démasqué
  • Parution – 2014
  • Pages – 428
  • ISBN – 978-2358310581

4ème de couverture :

Les héros du Jeu des 7 terreurs reviennent pour une nouvelle aventure ! Sur la piste du trésor de Richard Coeur de Lion, Lisbeth, Edgar et Farley Winter explorent les fonds marins des côtes siciliennes à la recherche d’une mystérieuse épave templière, La Reine de Tyr, afin de trouver ce qui pourrait sauver le jeune Paul gravement malade. Après un voyage dans le temps, Newton Poppleford se retrouve coincé au coeur de la IIIe Croisade.
Perdu en Terre sainte dans un Moyen Âge en pleine guerre, il usera d’un stratagème des plus ingénieux et étonnants pour s’en sortir.

Mon avis :

Un beau jeu de mot pour un beau roman !

Découvert lors du Livre Paris 2018, je suis très contente d’avoir laisser mon oeil trainer sur ce stand hauts en couleur qu’était celui des éditions du Léopard Démasqués. C’est un tome 2, mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu le 1 pour le comprendre.

Le Chevalier du Temps Plié, en dehors d’un jeu de mot qui ne m’a pas laissé indifférente, c’est un roman fantastique, qui vient mêler à la fois technologie, voyage dans le temps, et bien entendu, histoire.

Nous suivons le jeune Newton, inventeur de génie, qui va se lancer dans une folle aventure. Chasse aux trésors, épave, course poursuite, angoisse… Le tout, sur un fond d’Histoire, avec un grand H, malgré les quelques libertés prises pour le scénario.

Ce roman m’a transporté. J’ai été tout de suite happée par le monde que met en place Gordon Zola. Riche, complet, bien construit, et surtout, qui s’emboîte bien. Rien de pire à mon sens qu’un roman traitant des voyages temporels qui n’arrivent pas à faire s’emboîter parfaitement et de manière fluide les évènements.

Saupoudré d’un humour très british à mon sens, la découverte des personnages est un véritable régal, même si certains sont peut être trop ancrés dans les clichés du genre fantastique.

J’ai eu tout de même quelques petites frayeurs, et même quelques regrets… J’aurais beau avoir eu un coup de coeur sur ce roman, certaines choses m’ont tout de même chiffonnée un peu.
Aussi fantastique soit l’histoire, aussi palpitante soit-elle, et aussi bien écrite soit-elle, j’ai trouvé qu’on mettait vraiment, vraiment beaucoup trop de temps à rentrer dans le vif du sujet, à savoir les voyages temporels. C’est un régal de voir la construction et les murs d’un édifice se construire sous ses yeux, mais je pense vraiment que certains auraient décrochés avant d’arriver dans le vif du sujet.
De même, même si ça reste très bien écrit, j’ai trouvé qu’il manquait peut être un peu de jeu au niveau des rythmes et des variations de style dans l’écriture, afin d’avoir un peu moins cette impression de plat que j’ai pu ressentir parfois.

Malgré ses petites choses, Le Chevalier du Temps Plié est un roman très travaillé dans sa construction, et qui ne peut mérité qu’une révérence.

En bref, un très bon roman fantastique pour petits et grands, un coup de coeur malgré une rythmique hésitante.

Citation :

Aucun relevé !

Ma note : 18,25/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1.25/1.5

Coup de coeur·Historique·Philosophie/Réflexion

Un ado nommé Rimbaud – Sophie Doudet

couv24190379.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Sophie Doudet
  • Editeur – Scrineo
  • Parution – 2017
  • Pages – 260
  • ISBN – 978-2367405308

4ème de couverture :

En ce début de l’été 1870, Arthur brille au collège de Charleville, où il rafle un par un les prix d’excellence. Son avenir semble tout tracé. Sa mère imagine pour lui une vie paisible et convenable, une carrière sans panache et respectable. Mais Arthur étouffe et ne supporte pas cet horizon étriqué. Il rêve de Paris et de gloire : il veut être Poète !
Une année, douze mois fulgurants et quatre saisons colorées vont bouleverser son existence et l’arracher à l’enfance. Alors que la France est en guerre et que la révolution gronde, le bon élève se rebelle avec pour seules armes ses mots…
Et c’est ainsi qu’Arthur devient Rimbaud.

Mon avis :

Pendant mon stage en librairie, j’ai eu l’occasion de lire ce roman, bien avant sa sortie. Ayant déjà lu un livre au sujet de Rimbaud et l’ayant beaucoup aimé, je me suis lancée sans trop d’apriori… Et c’est un coup de coeur !

Contrairement à Absinthe de Gilles Bontoux que j’ai pu lire il y a quelques années, cet opus ce concentre plus sur le Rimbaud avant Verlaine, que sur leur relation en elle-même. C’est un fait extrêmement intéressant car pour une fois, on ne se concentre pas sur le scandale d’une relation homosexuelle, mais sur le scandale de la personnalité même de Rimbaud.

Car là où les deux romans se rejoignent, c’est bien sur ça : le génie de Rimbaud, allié à une personnalité extrêmement forte et indépendante.
On suit notre jeune Rimbaud dans l’année 1870, année qui, on peut le dire, a marqué sa vie. De jeune étudiant brillant, en passant par le jeune fougueux au poète en devenir, on suit Arthur dans l’année de ses 16 ans. Provocateur, arrogant, insolent, hautain… Brillant, majestueux, génial. Voilà qui est Rimbaud.
Chose extrêmement intéressante dans ce roman : puisque nous sommes dans la seizième année de Rimbaud, il est dépeint d’une manière encore un peu enfantine et rêveuse sur certain point. Au fil des chapitre, on le voit grandir, murir, perdre certaines de ses illusions et de ses rêves… Le garçon devenir homme. Même si, jusqu’au bout, malgré l’aigreur et la passion qui l’anime de plus en plus, Arthur reste un rêveur qui nous fait voyager et nous attendrit.
Pour reprendre le résumé : on voit Arthur devenir Rimbaud.

Plus qu’une biographie de Rimbaud, c’est une véritable épopée littéraire et humaine. Les chapitres sont parsemés d’extraits de poème de notre Arthur, de description sur sa vision de la poésie et de la littérature, parfois même sa critique sur la littérature et la poésie qui lui était contemporaine. Le tout, plongé dans une époque politiquement trouble, où la guerre civile – et la guerre tout court – fait rage (siège de Paris de 1870-1871, durant La Commune).
On sent que l’auteur a fait énormément de recherche afin de livrer un ouvrage, certes romancé de la réalité, au plus proche du vrai. C’est extrêmement agréable.

Véritable page-turner, il nous est impossible de lâcher le roman. Que ce soit par le style de l’auteur qui est très poétique et adapté à son histoire, ou par l’envoûtement que l’on ressent pour Rimbaud, la conséquence est la même : on a envie d’avancer dans le livre pour en avoir le fin mot, mais on a aucune envie de le terminer… Ce qui est, pour moi, la caractéristique d’un roman excellent.

En bref, un livre merveilleux qui nous embarque pour mieux nous retourner et nous émerveiller, qui ravira les petits, les grands, comme les amoureux de la littérature et de la poésie.

Citations :

Est-ce cela grandir ? Perdre ses illusions et faire le deuil de ses rêves ?


Fasciné, Arthur se dit que la nature ne sait décidément pas fabriquer du noir. Elle y ajoute toujours de discrètes nuances colorées. Il n’y a vraiment que les hommes pour savoir donner à leur existence la teinte mate du deuil.

Ma note : 18.75/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.75/1.5

Coup de coeur·Drame·Historique·Philosophie/Réflexion

Notre Dame de Paris – Victor Hugo

couv23079227Caractéristiques : 

  • Auteur – Victor Hugo
  • Editeur – Pocket
  • Parution – 1831
  • Pages – 636
  • ISBN – 978-2266240000

4ème de couverture :

Dans le Paris du XVe siècle, une jeune et superbe gitane appelée Esméralda danse sur le parvis de Notre Dame. Sa beauté bouleverse l’archidiacre de Notre-Dame, Claude Frollo, qui tente de l’enlever avec l’aide de son sonneur de cloches, le malformé Quasimodo. Esmeralda est sauvée par une escouade d’archers, commandée par le capitaine de la garde Phoebus de Châteaupers…

Mon avis :

Il faut que je vous recontextualise. Alors que j’étais en pleine insomnie, je trainais sur YouTube, jusqu’aux méandres, et j’ai trouvé une vidéo faisant une comparaison entre la version québécoise et la version française des chansons Disney. Là, le vidéaste fait la comparaison avec une chanson extraite du Bossu de Notre Dame. Forcément, ça m’a donné envie de le revoir. Mais aussi de revoir la comédie musicale (celle de 1999, s’il vous plait)… Et par extension, d’enfin lire le roman d’où tout cela est tiré. Soit, comment lire un classique de la littérature française par l’impulsion d’un Disney.

Plus sérieusement, je me demande encore ce qui a pu me freiner autant de temps. La taille certainement (plus de 630 pages en taille -2… ça refroidit). Mais le résultat est là : je comprends mieux pourquoi Victor Hugo est aussi populaire, et surtout, considéré comme un des plus grands écrivains français. Je préfère prévenir : cette chronique risque d’être longue. Très longue.

Tout d’abord, l’univers. Sans surprise, pas vraiment de fantaisie de ce côté là, nous sommes dans notre univers. Mais l’auteur a réalisé un véritable travail de titan afin de nous offrir la vision du Paris de 1482 la plus précise, mais aussi la plus juste possible, au point que l’on peut élever son texte au rang de roman historique. Nom de rue, description de façade, variante de nom selon la zone et l’époque, courant artistique, modification et reconstruction… Tout y passe. Le détail est notamment apporté aux pièces importantes du puzzle parisien, à savoir la salle du Palais de Justice (utilisée dans les premiers chapitres pour le mystère le jour de la fête des Fous), la cathédrale de Notre Dame, ainsi que la cour des Miracles, et d’autres bâtiments un peu plus annexes. Bien que ce soit les passages que j’ai le moins aimé dans le roman (l’architecture et l’urbanisme surtout, avec moi, ça fait deux), j’ai énormément aimé le souci de l’auteur pour nous plonger le plus justement possible dans ce vieux Paris.

Autre passage qui pourrait poser problème mais que j’ai énormément aimé, sont les passages bien plus philosophiques, voire même de commentaire. Je pense notamment à ce chapitre entièrement dédié à la relation entre architecture et littérature, avec une métaphore filée de l’architecture comme phrase d’avant la littérature imprimée, et la révolution sociale profonde qu’a provoqué l’invention de l’imprimerie par Güttenberg. C’est, à vrai dire, dans ce chapitre que j’ai perçu pour la première fois le génie de Victor Hugo.

Chose particulièrement appréciable est le souci apporté aux personnages. Tous les personnages. Du plus insignifiant au plus important, en passant par les personnages secondaires. De fait, on s’attache assez vite à tous, de manière très forte malgré les pulsions qu’il nous font avoir (pitié, dégoût, envie, émerveillement…). De manière générale, ils ont tous au minimum un chapitre – plus ou moins imposant, ils n’ont pas tous des chapitres de 30 pages – afin de bien les introduire et les approfondir par la suite. C’est comme ça que j’ai fini par mépriser Phoebus, avoir envie de baffer Esmeralda, et aimer Claude Frollo, au point d’en faire mon personnage favoris du roman. Tout est en nuance, en évolution… Les personnages ne sont pas figés, ils sont tous en constant mouvement tant physique que psychologique, et c’est un diamant à voir et à lire. Sans compter tous les chapitres descriptifs sur ce qu’ils aiment et les animent, permettant de les rapprocher encore plus de nous.

Et là, je vous entends venir : et l’histoire alors ? Et bien l’histoire n’est pas diamant, mais bien plus que ça. Une pure serendibite (une pierre bien plus précieuse et cher qu’un diamant au charme bien plus complexe). Si je devais la résumé en un seul mot, je ne dirai pas amour, je ne dirai pas tragédie, mais je dirai bien pire que cela : fatalité. Le roman est divisé en deux parties. Une première, plus introductive et narrative qui prépare le terrain à la Fortune et à la Fatalité, et une seconde, qui laisse la Fatalité prendre une forme presque humaine tant elle est cruelle et froide. Dans une première partie, on se focalise sur un personnage et une rumeur qui nous semble inutile, mais qui vient nous arracher le coeur et quelques larmes, quelques chapitres avant la fin. On nous fait un portrait élogieux et irréprochable de notre archidiacre Frollo pour mieux le démonter et le détruire sous tous les aspects possibles durant tout le roman. Du génie. Il n’y a pas d’autres mots pour désigner cela.

Ajoutons à cela la montée en puissance tant du rythme que de la Fatalité au fur et à mesure que les pages se tournent, les envolées lyriques, les discours et monologues enflammés à vous en donner envie de les dire à haute-voix, de non pas les lire, mais les jouer et les vivre… On abouti à un roman complet, complexe, qui est un véritable bijoux malgré les quelques passages plus techniques.

Autre petit détail qui m’a beaucoup surprise : l’humour. Même dans les moments les plus tragiques, à travers certains personnages (notamment celui de Gringoire et de Djali), l’auteur arrive à insérer des doses d’humours succulentes et tordantes, à la limite de l’humour anglais, qui viennent faire du bien et sourire.

Même si j’en meurt d’envie, je vous parlerai pas plus en avant des caractères de Phoebus, Frollo Esmeralda, tout simplement parce que je vous spoilerai, et que je m’en voudrais éternellement de vous spoiler un tel chef-d’oeuvre. Mais je vous ferai – je pense – sur mon blog secondaire (ou bien sur celui-ci je ne sais pas encore) un article comparatif entre le roman, le Disney et la comédie musicale.

En bref, un chef-d’oeuvre, une perle, un diamant, une serendibite à l’état pur, qui mérite d’être lu et apprécié. Un véritable coup de coeur comme on en a rarement.

Citations :

– Cela suffit, reprit Trouillefou sans le laisser achever. Tu vas être pendu. Chose toute simple, messieurs les honnêtes bourgeois ! comme vous traitez les nôtres chez vous, nous traitons les vôtres chez nous. La loi que vous faites aux truands, les truands vous la font. C’est votre faute si elle est méchante.


– Savez-vous ce que c’est que l’amitié ? demanda-t-il.
– Oui, répondit l’égyptienne. C’est être frère et soeur, deux âmes qui se touchent sans se confondre, les deux doigts de la main.
– Et l’amour ? poursuivit Gringoire.
– Oh ! l’amour ! dit-elle, et sa voix tremblait, et son oeil rayonnait. C’est être deux et n’être qu’un. Un homme et une femme qui se fondent en un ange. C’est le ciel.


Il s’aperçut qu’il y avait autre chose dans le monde que les spéculations de la Sorbonne et les vers d’Homère, que l’homme avait besoin d’affections, que la vie sans tendresse et sans amour n’était qu’un rouage sec, criard et déchirant.


Alors commença entre le médecin et l’archidiacre un de ces prologues congratulateurs qui précédaient à cette époque, selon l’usage, toute conversation entre savants et qui ne les empêchaient pas de se détester le plus cordialement du monde. Au reste, il en est encore de même aujourd’hui, toute bouche de savant qui complimente un autre savant est un vase de fiel emmiellé.


– […] Votre tête est bien grise ! On ne sort de la caverne qu’avec des cheveux blancs, mais on n’y entre qu’avec des cheveux noirs. La science sait bien toute seule creuser, flétrir et dessécher les faces humaines.


– Hélas ! Hélas ! les petites choses viennent à bout des grandes ; une dent triomphe d’une masse. Le rat du Nil tue le crocodile, l’espadon tue la baleine, le livre tuera l’édifice !


Sous ce rapport, la vague formule de l’archidiacre avait un second sens ; elle signifiait qu’un art allait détrôner un autre art. Elle voulait dire : L’imprimerie tuera l’architecture.


On retrouvera sur les trois soeurs aînées, l’architecture hindoue, l’architecture égyptienne, l’architecture romane, le même symbole : c’est-à-dire la théocratie, la caste, l’unité, le dogme, le mythe, Dieu ; et pour les soeurs cadettes, l’architecture phénicienne, l’architecture grecque, l’architecture gothique, quelle que soit du reste la diversité de forme inhérente à leur nature, la même signification aussi : c’est-à-dire la liberté, le peuple, l’homme.


De gauloise, d’européenne, d’indigène, elle devient grecque et romaine, de vraie et de moderne, pseudo-antique. C’est cette décadence qu’on appelle renaissance.


Cependant, du moment où l’architecture n’est plus qu’un art comme un autre, dès qu’elle n’est plus l’art total, l’art souverain, l’art tyran, elle n’a plus la force de retenir les autres arts. Ils s’émancipent donc, brisent le joug de l’architecte, et s’en vont chacun de leur côté. Chacun d’eux gagne à ce divorce. L’isolement grandit tout. La sculpture devient statuaire, l’imagerie devient peinture, le canon devient musique.


Ainsi, pour résumer ce que nous avons dit jusqu’ici d’une façon nécessairement incomplète et tronquée, le genre humain a deux livres, deux registres, deux testaments, la maçonnerie et l’imprimerie, la bible de pierre et la bible de papier. Sans doute, quand on contemple ces deux bibles si largement ouvertes dans les siècles, il est permis de regretter la majesté visible de l’écriture de granit, ces gigantesques alphabets formulés en colonnades, en pylônes, en obélisques, ces espèces de montagnes humaines qui couvrent le monde et le passé depuis la pyramide jusqu’au clocher, de Chéops à Strasbourg. Il faut relire le passé sur ces pages de marbre. Il faut admirer et refeuilleter sans cesse le livre écrit par l’architecture ; mais il ne faut pas nier la grandeur de l’édifice qu’élève à son tour l’imprimerie.


Où les femmes sont honorées, les divinités sont réjouies ; où elles sont méprisées, il est inutile de prier Dieu. La bouche d’une femme est constamment pure ; c’est une eau courante, c’est un rayon de soleil. Le nom d’une femme doit être agréable, doux, imaginaire ; finir par des voyelles longues, et ressembler à des mots de bénédictions.


– Ah çà, cria l’écolier en regardant tour à tour son frère et les alambics du fourneau, tout est donc cornu ici, les idées et les bouteilles !
– Jehan, vous êtes sur une pente bien glissante. Savez-vous où vous allez ?
– Au cabaret, dit Jehan.
– Le cabaret mène au pilori.
– C’est une lanterne comme une autre, et c’est peut-être avec celle-là que Diogène eût trouvé son homme.
– Le pilori mène à la potence.
– La potence est une balance qui a un homme à un bout et toute la terre à l’autre. Il est beau d’être l’homme.
– La potence mène à l’enfer.
– C’est un gros feu.
– Jehan, Jehan, la fin sera mauvaise.
– Le commencement aura été bon.


– S’il plaît à messieurs, nous procéderons à l’interrogatoire de la chèvre.


Pierrat tourna la poignée du cric, le brodequin se resserra, et la malheureuse poussa un de ces horribles cris qui n’ont d’orthographe dans aucune langue humaine.


– Oh ! misérable ! qui êtes-vous ? que vous ai-je fait ? vous me haïssez donc bien ? Hélas ! qu’avez-vous contre moi ?
– Je t’aime ! cria le prêtre.
Ses larmes s’arrêtèrent subitement. Elle le regarda avec un regard d’idiot. Lui était tombé à genoux et la couvait d’un oeil de flamme.
– Entends-tu ? je t’aime ! cria-t-il encore.
– Quel amour ! dit la malheureuse en frémissant.
Il reprit :
– L’amour d’un damné.


– Oh ! dit le prêtre, jeune fille, aie pitié de moi ! Tu te crois malheureuse, hélas ! hélas ! tu ne sais pas ce que c’est que le malheur. Oh ! aimer une femme ! être prêtre ! être haï ! l’aimer de toutes les fureurs de son âme, sentir qu’on donnerait pour le moindre de ses sourires sont sang, ses entrailles, sa renommée, son salut, l’immortalité et l’éternité, cette vie et l’autre ; regretter de ne pas êtres roi, génie, empereur, archange, dieu, pour lui mettre un plus grand esclave sous les pieds ; l’étreindre nuit et jour de ses rêves et de ses pensées ; et la voir amoureuse d’une livrée de soldat !

Putain, que c’est beau.


– […] Grâce ! si tu viens de l’enfer, j’y vais avec toi. J’ai tout fait pour cela. L’enfer où tu seras, c’est mon paradis, ta vue est plus charmante que celle de Dieu !


La malheureuse s’était jetée sur ce soulier, sa consolation et son désespoir depuis tant d’années, et ses entrailles se déchiraient en sanglots comme le premier jours. Car pour une mère qui a perdu son enfant, c’est toujours le premier jour. Cette douleur-là ne vieillit pas. Les habits de deuil ont beau s’user et blanchir : le coeur reste noir.

Il aura malheureusement l’occasion de vivre cette expérience en 1843, lors de la mort de fille Léopoldine.


C’est que l’amour est comme un arbre, il pousse de lui-même, jette profondément ses racines dans tout notre être, et continue souvent de verdoyer sur un coeur en ruines.

Ma note : 18.75/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.75/1.5

Historique

Le prix de la liberté – Ludvik Jean-Denis

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Caractéristiques : 

  • Auteur – Ludvik Jean-Denis
  • Editeur – Autoédition
  • Parution – 2016
  • Pages – 124
  • ISBN – 978-2-322132-11-9

4ème de couverture :

Pointeville, 1780.

Cornelia, une jeune esclave, vit paisiblement dans l’Habitation Saint-Pierre avec ses parents. Après une tentative de vol et de fuite vaine, ces derniers connaissent une fin tragique.

L’arrivée de Joseph, un nouvel esclave, bouleverse la vie de Cornelia, qui se laisse séduire par les discours très engagés de ce celui-ci à propos de la liberté, jusqu’au jour où un conflit sans précédent éclate…

L’instabilité politique de l’île offre de nombreuses possibilités de liberté à Cornelia qui préfère commettre l’irréparable.

La jeune esclave entame un long chemin vers une contrée inconnue où sentiments et émotions sont mis à rude épreuve.

Parviendra-t-elle à conquérir ce trésor inestimable qu’est la liberté ? La fortune sera-t-elle de son côté ?

Mon avis :

Après moult épopée et désagrément, et j’ai enfin eu l’occasion de lire ce roman auto-édité… Qui m’a laissé plus que sceptique, pour ne pas dire que je n’ai pas aimé du tout.

Je tiens cependant à mettre les choses au clair : ce que je n’ai pas apprécié découle de manière assez générale un seul et unique point, qui est un détail de mise en forme plus que de fond.

Ludvik Jean-Denis nous plonge dans une période de l’histoire aussi violente que trouble et complexe : la Guadeloupe esclavagiste de la fin du XIXème siècle. Je n’ai que très rarement, voir même jamais, lu de roman qui se positionnait dans cette période historique et à cet endroit précis du globe.
Et s’il y a bien une chose que je redoute quand je lis un roman qui se base sur des faits historiques, ce sont les faits d’histoires totalement fantasmagorique et bien loin de la réalité. Difficulté très vite et très bien écarté par l’auteur ! On sent dans chaque page le détail fait quant la véracité historique. Date précise, évènement… L’auteur n’a pas eu peur de se plonger dans les documents et les ressources afin de faire de son roman un gage de certitude – aussi exacte soit-elle -.
Le sujet de l’esclavage est assez bien mené et dirigé, où on sent de même les recherches qui ont été faites, et c’est un excellent point.

Alors pourquoi je n’ai pas aimé ? Seulement un point qui, malheureusement, a emmené tel un ras de marée toutes les choses qui auraient pu faire de ce roman une pépite : le style.

Très aride et beaucoup trop scolaire, j’ai plus eu l’impression de lire, parfois, un devoir d’invention sur le thème de l’esclavage que réellement un roman. Autant dire que ce n’était pas des plus agréable : une prose très hachée et bien loin d’être fluide, un vocabulaire assez restreint, des répétitions à l’emporte-pièce, une absence quasi-totale de figure de style… Et surtout, le plus dommageable à mon sens, un manque total de transmission d’émotion et de sentiment.
Obligatoirement découle de ce point les points suivants : je n’ai pas pu m’attacher aux personnages – aussi intéressant puissent-ils être – tant ils étaient caricaturaux et sans profondeurs. Je n’ai pas pu ressentir de l’empathie et vraiment être à 100% dans l’ambiance insoutenable qui a voulue être faite, par manque de description sensibles et imagée. J’ai rarement été aussi stoïque face à un texte.

D’autant plus, mais c’est une donnée purement technique, je trouve qu’environ 100 pages pour raconter une dizaine d’année d’histoire, c’est bien trop court.

En bref, un roman qui avait un potentiel qui n’a absolument pas été exploité, et c’est bien dommage.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 6.75/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 0.25/4
• Potentiel d’addiction – 0.25/3
• Personnage – 0.5/2
• Emotions – 0.25/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 0.75/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Historique·Philosophie/Réflexion

Ion – Euripide

ion-4416893-264-432.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Euripide
  • Editeur – Belles Lettres
  • Parution – entre 414 et 412 av. JC
  • Pages – 418 (environ 110 pour Ion)
  • ISBN – 978-2251001227

4ème de couverture :

Parmi les tragédies d’Euripide fondées toutes sur un jeu du destin et qui se terminent par une reconnaissance, Ion est certainement la plus habilement construite. La tragédie a pour sujet le destin d’Ion, ancêtre mythique des Ioniens, héros inventé de toutes pièces par des écrivains du VII siècle qui déduisirent ce nom du nom du peuple dont il aurait été l’éponyme. Dans un mythe tel que celui-ci, aussi vague et peu populaire, Euripide eut, plus que de coutume, la liberté de modifier et d’ajouter des éléments qui répondaient à des exigences politiques — le patriotisme athénien — et artistiques.

Mon avis :

Changeons totalement de registre. Je vous emmène dans la Grèce Antique avec Euripide, et une pièce plus que connu : Ion.

J’ai étudié cette oeuvre dans le cadre de mes études (Lettres Classiques), et bien que très intéressante, j’ai eu du mal à vraiment accrocher en dehors des passages clefs.

Tout d’abords, dans mon édition, j’ai eu du mal avec la traduction qui a très mal vieilli je trouve, et donne un caractère bien trop élitiste et alambiquée au texte, alors que dans un langage peut être plus moderne, il aurait pu avoir la puissance d’un Shakespeare ou d’un Molière. Mais cela concerne la traduction.

Pour ce qui est de l’oeuvre en elle-même… On va suivre Ion, jeune homme abandonné à la naissance et recueillit dans le temple d’Apollon à Delphes. Bien des années plus tard, le roi d’Athènes, Xouthos, qui n’a toujours pas eu de fils, vient consulter l’oracle avec sa femme et reine d’Athènes, Créuse. Sauf qu’elle est… et bien la mère biologique d’Ion. Concours de circonstance, mêlé à de la jalousie et un sentiment de trahison, Créuse tentera d’assassiner son fils, sans savoir qu’il est de son sang.

C’est toujours compliqué de résumé un mythe grec sans trop spoiler. En dehors de son intérêt littéraire notable sur le style d’Euripide et son évolution, il est plus intéressant à mon sens d’analyser et concevoir cette oeuvre comme une oeuvre politique. Dans le mythe originel d’Ion, Athènes n’est pas dans la balance. Euripide écrit sa pièce entre 414 et 412 av. JC soit… en pleine guerre du Péloponèse, qui vient mettre la suprématie d’Athènes à rude épreuve. Il était donc primordial d’incorporer cette cité-état dans un mythe, qui plus est un mythe presque entièrement basé sur le droit du sang sur un sol, la filiation et l’importance des natifs Athéniens dans la « pureté Athénienne ».

Autre thématique importante de l’oeuvre : la place de la femme, de manière générale, mais aussi au travers de la littérature.

En bref, une oeuvre agréable à lire, mais qui a un intérêt historio-politique plus intéressant à mon goût.

Citation :

Hélas, bien difficile est notre rôle vis-à-vis des hommes ; car les mauvaises avec les bonnes sont mêlées parmi nous ; c’est pourquoi l’on déteste les femmes. Tant la nature nous a faites pour souffrir !


Une haute fortune ne rend pas plus heureux qu’un modeste bonheur.

Ma note : 13.25/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 2.5/4
• Potentiel d’addiction – 1.75/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 1/1.5

Historique·Philosophie/Réflexion

L’Art de la Guerre – Sun Tzu

cover-155.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Sun Tzu 
  • Éditeur – Synchronique Éditions
  • Parution – 2015
  • Pages – 168
  • ISBN – 978-2-917738-23-8

4ème de couverture :

Les conflits font partie intégrante de la vie, nous dit Maître Sun, et savoir y répondre de façon appropriée peut relever du domaine de la survie ou de la disparition, que ce soit pour un individu, une entreprise ou une nation.

Emprunts de sagesse taoïste, les enseignements de Maître Sun sont une lecture indispensable pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent comprendre les enjeux des situations conflictuelles et aspirent à mener des hommes ou des organisations à la victoire.

Mon avis :

Remontons le temps. Je ne vous emmène ni dans la Grèce, ni dans la Rome antique, mais bien plus loin, durant la Chine du Vème siècle avant notre ère. Pas de fiction, mais un traité que l’on pourrait qualifier de philosophique. Je vous emmène à la découverte de L’Art de la Guerre de Maître Sun Tzu.

Tout d’abord, mettons les points sur les i et les barres sur les t : oui, c’est un ouvrage qui traite de la guerre, mais non, ce n’est pas un « Comment faire d’une bataille une boucherie en 10 leçon ». Ce n’est pas un manuel – si je puis dire – qui s’adresse aux soldats ou aux fonceurs, mais aux généraux. Ce sont des conseils techniques et tactiques, visant à remporter une bataille et une guerre le plus rapidement possible avec le moins de pertes.

Mais comme tous les bons livres, on peut y voir une double lecture : à la fois des « trucs et astuces » pour vaincre dans la guerre. Mais aussi comment vivre sa vie de la mieux possible, et comment gérer les conflits – tant intérieur qu’extérieur – avec le plus d’intelligence possible. Connaissance de l’ennemi, mais aussi et surtout, connaissance de soi, de ses capacités, et faire avec.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce petit livre, à fois enrichissant pour sa culture personnelle de l’histoire et des méthodes guerrières, et enrichissant pour notre nous intérieur, plus intime.

En plus d’un objet livre très beau, chaque chapitre est illustré d’une ou plusieurs peintures absolument sublime de Giuseppe Castiglione.

En bref, un petit livre à livre à tout, tant pour soi que pour sa culture.

Citations :

Connais ton ennemi et connais-toi toi-même, et cent batailles ne te mettront jamais en péril. Si tu ne connais pas ton ennemi, mais seulement toi-même, tu perdras autant de batailles que tu en remporteras. Si tu ne connais ni ton ennemi ni toi-même, chaque bataille te mettra en péril.


Aussi, ceux qui excellent en l’art de la guerre adoptent une position invincible et ne laissent aucune chance à l’ennemi d’échapper à la défaite. De cette manière, une armée victorieuse s’assure d’abord de la victoire, puis cherche à livrer bataille. Une armée battue livre d’abord bataille, puis cherche la victoire.


Il n’y a que cinq notes, mais elles peuvent produire une infinie variété de sons. Il n’y a que cinq couleurs, mais elles peuvent produire une infinie variété de nuances. Il n’y a que cinq goûts, mais ils peuvent produire une infinie variété de saveurs. Il n’y a que les forces régulières et spéciales pour offrir un potentiel stratégique lors des combats, mais leurs transformations et leurs combinaisons sont infinies et inépuisables.


Sois vif comme la bourrasque,
Calme comme la forêt,
Ardent comme le brasier,
Inébranlable comme la montagne,
Insondable comme les ténèbres
Surprenant comme un coup
de tonnerre.


Qui est en colère peut trouver la sérénité. Qui a du ressentiment peut éprouver à nouveau la joie. Toutefois, une nation perdue ne peut renaître et les morts ne peuvent revenir à la vie.

Historique

Harem (Aztèques 1/?) – Eric Costa

cover-132Caractéristiques : 

  • Auteur – Eric Costa
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2017
  • Pages – 316
  • ISBN – 978-1520573397

4ème de couverture :

Une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?

Lorsqu’elle retrouve son village en feu et son chien éventré, Ameyal se jure d’exterminer les Aztèques qui les attaquent. Mais son courage et sa volonté ne peuvent rivaliser contre les guerriers.

Elle perd tout, famille, amis, son village est détruit et elle est emportée.

Rabaissée à l’état d’esclave, plongée dans un harem où les intrigues font loi, où sauver sa peau se joue derrière chaque porte, Ameyal doit faire face aux pires injustices, trahisons et humiliations.

Au-delà de ces épreuves, une question s’impose : existe-t-il un cage assez grande pour retenir la fille de l’aigle ?

Mon avis : 

Encore une découverte faite grâce à SimPlement ! Quand je vous dis que ce site est en or ! Pour ce qui est du roman en lui-même, il y a du bon comme du mauvais, des choses que j’ai bien aimé comme d’autre qui m’ont dérangé… Je suis assez mitigée, mais je nourris de grands espoirs pour le second tome !

Je vais d’abords commencé par un point qui pèche assez je trouve : les personnages. Même s’ils sont assez bien développés sur l’ensemble du texte, je les ai trouvé pour la plupart un peu trop creux, pour ne pas dire directement manichéens. J’ai vraiment eu l’impression que tout était trop simple, trop lisse, trop peu ancré dans la réalité. On ne va cracher dans la soupe, mais même si on veut s’échapper de notre quotidien, on s’attend tout de même à avoir un minimum de vraisemblance. Malheureusement ici, je ne l’ai que trop peu retrouvée.

Pour ce qui est du monde, il est fantastique. Nous, enfoui dans notre culture européenne, n’avons pas l’habitude d’être plongés dans des univers aussi différents et uniques que celui de l’Amérique et plus précisément du Mexique ici. Alors quelle joie de découverte cette ancienne civilisation. L’énorme point positif, c’est que rien n’est inventé : l’auteur a fait des recherches assez poussées sur le sujet, la civilisation, les moeurs et habitudes du peuple Aztèque (bibliographie disponible en fin d’ouvrage).

À la fin de l’ouvrage, on a aussi à disposition un lexique et index des mots spécifiques employés dans le roman, ce qui est vraiment très utile. Là-dessus, les connaissances de latin et de grec ancien ne peuvent pas venir aider.
Alors pourquoi que cela n’a que moyennement marché avec moi ? Tout simplement à cause d’une dissonance. Je m’explique. Le roman se déroule dans un monde extrêmement dur, violent, et impitoyable. Notre héroïne a 13 ans, et elle endure énormément de chose : kidnapping, torture, viol, séquestration… Et tout (ou presque) est mentionné et explicité. Un monde vraiment cruel, et dont on ne nous cache rien. Sauf que le traitement, le style, les attitudes des personnages, le rythme, correspond à 100% à un traitement digne d’un roman jeunesse ; c’est à dire beaucoup de dialogue, des explications assez naïves parfois, relativement peu de description, des actions très rapides qui restent en surface au lieu d’aller en profondeur… Et et c’est plus ce non-raccord entre le sujet et son traitement qui m’a posé problème tout au long de ma lecture.
Ce traitement jeunesse explique par la occasion de manichéisme trop présent, ainsi que le caractère trop lisse des personnages.

En bref, un bon roman avec beaucoup de potentiel, mais qui manque de cohérence entre le sujet choisi et son traitement.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 14.5/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 2.5/4
• Potentiel d’addiction – 2.75/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 1.25/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 0.5/1.5