Historique·Philosophie/Réflexion

Ion – Euripide

ion-4416893-264-432.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Euripide
  • Editeur – Belles Lettres
  • Parution – entre 414 et 412 av. JC
  • Pages – 418 (environ 110 pour Ion)
  • ISBN – 978-2251001227

4ème de couverture :

Parmi les tragédies d’Euripide fondées toutes sur un jeu du destin et qui se terminent par une reconnaissance, Ion est certainement la plus habilement construite. La tragédie a pour sujet le destin d’Ion, ancêtre mythique des Ioniens, héros inventé de toutes pièces par des écrivains du VII siècle qui déduisirent ce nom du nom du peuple dont il aurait été l’éponyme. Dans un mythe tel que celui-ci, aussi vague et peu populaire, Euripide eut, plus que de coutume, la liberté de modifier et d’ajouter des éléments qui répondaient à des exigences politiques — le patriotisme athénien — et artistiques.

Mon avis :

Changeons totalement de registre. Je vous emmène dans la Grèce Antique avec Euripide, et une pièce plus que connu : Ion.

J’ai étudié cette oeuvre dans le cadre de mes études (Lettres Classiques), et bien que très intéressante, j’ai eu du mal à vraiment accrocher en dehors des passages clefs.

Tout d’abords, dans mon édition, j’ai eu du mal avec la traduction qui a très mal vieilli je trouve, et donne un caractère bien trop élitiste et alambiquée au texte, alors que dans un langage peut être plus moderne, il aurait pu avoir la puissance d’un Shakespeare ou d’un Molière. Mais cela concerne la traduction.

Pour ce qui est de l’oeuvre en elle-même… On va suivre Ion, jeune homme abandonné à la naissance et recueillit dans le temple d’Apollon à Delphes. Bien des années plus tard, le roi d’Athènes, Xouthos, qui n’a toujours pas eu de fils, vient consulter l’oracle avec sa femme et reine d’Athènes, Créuse. Sauf qu’elle est… et bien la mère biologique d’Ion. Concours de circonstance, mêlé à de la jalousie et un sentiment de trahison, Créuse tentera d’assassiner son fils, sans savoir qu’il est de son sang.

C’est toujours compliqué de résumé un mythe grec sans trop spoiler. En dehors de son intérêt littéraire notable sur le style d’Euripide et son évolution, il est plus intéressant à mon sens d’analyser et concevoir cette oeuvre comme une oeuvre politique. Dans le mythe originel d’Ion, Athènes n’est pas dans la balance. Euripide écrit sa pièce entre 414 et 412 av. JC soit… en pleine guerre du Péloponèse, qui vient mettre la suprématie d’Athènes à rude épreuve. Il était donc primordial d’incorporer cette cité-état dans un mythe, qui plus est un mythe presque entièrement basé sur le droit du sang sur un sol, la filiation et l’importance des natifs Athéniens dans la « pureté Athénienne ».

Autre thématique importante de l’oeuvre : la place de la femme, de manière générale, mais aussi au travers de la littérature.

En bref, une oeuvre agréable à lire, mais qui a un intérêt historio-politique plus intéressant à mon goût.

Citation :

Hélas, bien difficile est notre rôle vis-à-vis des hommes ; car les mauvaises avec les bonnes sont mêlées parmi nous ; c’est pourquoi l’on déteste les femmes. Tant la nature nous a faites pour souffrir !


Une haute fortune ne rend pas plus heureux qu’un modeste bonheur.

Ma note : 13.25/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 2.5/4
• Potentiel d’addiction – 1.75/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 1/1.5

Historique·Philosophie/Réflexion

L’Art de la Guerre – Sun Tzu

cover-155.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Sun Tzu 
  • Éditeur – Synchronique Éditions
  • Parution – 2015
  • Pages – 168
  • ISBN – 978-2-917738-23-8

4ème de couverture :

Les conflits font partie intégrante de la vie, nous dit Maître Sun, et savoir y répondre de façon appropriée peut relever du domaine de la survie ou de la disparition, que ce soit pour un individu, une entreprise ou une nation.

Emprunts de sagesse taoïste, les enseignements de Maître Sun sont une lecture indispensable pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent comprendre les enjeux des situations conflictuelles et aspirent à mener des hommes ou des organisations à la victoire.

Mon avis :

Remontons le temps. Je ne vous emmène ni dans la Grèce, ni dans la Rome antique, mais bien plus loin, durant la Chine du Vème siècle avant notre ère. Pas de fiction, mais un traité que l’on pourrait qualifier de philosophique. Je vous emmène à la découverte de L’Art de la Guerre de Maître Sun Tzu.

Tout d’abord, mettons les points sur les i et les barres sur les t : oui, c’est un ouvrage qui traite de la guerre, mais non, ce n’est pas un « Comment faire d’une bataille une boucherie en 10 leçon ». Ce n’est pas un manuel – si je puis dire – qui s’adresse aux soldats ou aux fonceurs, mais aux généraux. Ce sont des conseils techniques et tactiques, visant à remporter une bataille et une guerre le plus rapidement possible avec le moins de pertes.

Mais comme tous les bons livres, on peut y voir une double lecture : à la fois des « trucs et astuces » pour vaincre dans la guerre. Mais aussi comment vivre sa vie de la mieux possible, et comment gérer les conflits – tant intérieur qu’extérieur – avec le plus d’intelligence possible. Connaissance de l’ennemi, mais aussi et surtout, connaissance de soi, de ses capacités, et faire avec.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce petit livre, à fois enrichissant pour sa culture personnelle de l’histoire et des méthodes guerrières, et enrichissant pour notre nous intérieur, plus intime.

En plus d’un objet livre très beau, chaque chapitre est illustré d’une ou plusieurs peintures absolument sublime de Giuseppe Castiglione.

En bref, un petit livre à livre à tout, tant pour soi que pour sa culture.

Citations :

Connais ton ennemi et connais-toi toi-même, et cent batailles ne te mettront jamais en péril. Si tu ne connais pas ton ennemi, mais seulement toi-même, tu perdras autant de batailles que tu en remporteras. Si tu ne connais ni ton ennemi ni toi-même, chaque bataille te mettra en péril.


Aussi, ceux qui excellent en l’art de la guerre adoptent une position invincible et ne laissent aucune chance à l’ennemi d’échapper à la défaite. De cette manière, une armée victorieuse s’assure d’abord de la victoire, puis cherche à livrer bataille. Une armée battue livre d’abord bataille, puis cherche la victoire.


Il n’y a que cinq notes, mais elles peuvent produire une infinie variété de sons. Il n’y a que cinq couleurs, mais elles peuvent produire une infinie variété de nuances. Il n’y a que cinq goûts, mais ils peuvent produire une infinie variété de saveurs. Il n’y a que les forces régulières et spéciales pour offrir un potentiel stratégique lors des combats, mais leurs transformations et leurs combinaisons sont infinies et inépuisables.


Sois vif comme la bourrasque,
Calme comme la forêt,
Ardent comme le brasier,
Inébranlable comme la montagne,
Insondable comme les ténèbres
Surprenant comme un coup
de tonnerre.


Qui est en colère peut trouver la sérénité. Qui a du ressentiment peut éprouver à nouveau la joie. Toutefois, une nation perdue ne peut renaître et les morts ne peuvent revenir à la vie.

Historique

Harem (Aztèques 1/?) – Eric Costa

cover-132Caractéristiques : 

  • Auteur – Eric Costa
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2017
  • Pages – 316
  • ISBN – 978-1520573397

4ème de couverture :

Une jeune esclave peut-elle faire tomber un Empire ?

Lorsqu’elle retrouve son village en feu et son chien éventré, Ameyal se jure d’exterminer les Aztèques qui les attaquent. Mais son courage et sa volonté ne peuvent rivaliser contre les guerriers.

Elle perd tout, famille, amis, son village est détruit et elle est emportée.

Rabaissée à l’état d’esclave, plongée dans un harem où les intrigues font loi, où sauver sa peau se joue derrière chaque porte, Ameyal doit faire face aux pires injustices, trahisons et humiliations.

Au-delà de ces épreuves, une question s’impose : existe-t-il un cage assez grande pour retenir la fille de l’aigle ?

Mon avis : 

Encore une découverte faite grâce à SimPlement ! Quand je vous dis que ce site est en or ! Pour ce qui est du roman en lui-même, il y a du bon comme du mauvais, des choses que j’ai bien aimé comme d’autre qui m’ont dérangé… Je suis assez mitigée, mais je nourris de grands espoirs pour le second tome !

Je vais d’abords commencé par un point qui pèche assez je trouve : les personnages. Même s’ils sont assez bien développés sur l’ensemble du texte, je les ai trouvé pour la plupart un peu trop creux, pour ne pas dire directement manichéens. J’ai vraiment eu l’impression que tout était trop simple, trop lisse, trop peu ancré dans la réalité. On ne va cracher dans la soupe, mais même si on veut s’échapper de notre quotidien, on s’attend tout de même à avoir un minimum de vraisemblance. Malheureusement ici, je ne l’ai que trop peu retrouvée.

Pour ce qui est du monde, il est fantastique. Nous, enfoui dans notre culture européenne, n’avons pas l’habitude d’être plongés dans des univers aussi différents et uniques que celui de l’Amérique et plus précisément du Mexique ici. Alors quelle joie de découverte cette ancienne civilisation. L’énorme point positif, c’est que rien n’est inventé : l’auteur a fait des recherches assez poussées sur le sujet, la civilisation, les moeurs et habitudes du peuple Aztèque (bibliographie disponible en fin d’ouvrage).

À la fin de l’ouvrage, on a aussi à disposition un lexique et index des mots spécifiques employés dans le roman, ce qui est vraiment très utile. Là-dessus, les connaissances de latin et de grec ancien ne peuvent pas venir aider.
Alors pourquoi que cela n’a que moyennement marché avec moi ? Tout simplement à cause d’une dissonance. Je m’explique. Le roman se déroule dans un monde extrêmement dur, violent, et impitoyable. Notre héroïne a 13 ans, et elle endure énormément de chose : kidnapping, torture, viol, séquestration… Et tout (ou presque) est mentionné et explicité. Un monde vraiment cruel, et dont on ne nous cache rien. Sauf que le traitement, le style, les attitudes des personnages, le rythme, correspond à 100% à un traitement digne d’un roman jeunesse ; c’est à dire beaucoup de dialogue, des explications assez naïves parfois, relativement peu de description, des actions très rapides qui restent en surface au lieu d’aller en profondeur… Et et c’est plus ce non-raccord entre le sujet et son traitement qui m’a posé problème tout au long de ma lecture.
Ce traitement jeunesse explique par la occasion de manichéisme trop présent, ainsi que le caractère trop lisse des personnages.

En bref, un bon roman avec beaucoup de potentiel, mais qui manque de cohérence entre le sujet choisi et son traitement.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 14.5/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 2.5/4
• Potentiel d’addiction – 2.75/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 1.25/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Coup de coeur·Historique·SF

Rouge Vertical (Les Temps Assassins 1/3) – Pierre Léauté

Capture d_écran 2016-08-15 à 23.42.01Caractéristiques : 

  • Auteur – Pierre Léauté
  • Editeur – Le peuple de Mü
  • Parution – 2016
  • Pages – 391
  • ISBN – 979-1092961577

4ème de couverture : 

La mort vous libère de tout.
Sauf de vos démons intérieurs.
Après une vie de trahisons, d’aventures et de défis, les flammes de l’enfer lui sont interdites.
Condamnée à errer sur Terre, Charlotte Backson va réapprendre son humanité et laisser derrière elle sa dernière incarnation, Milady de Winter.

Mon avis :

Un roman que je n’ai mis que bien trop de temps à lire. Une bonne briquette, mais… Wahou. C’est véritable coup de coeur !

Je pense très sincèrement que si on me demandait un résumé rapide de ce roman, je serai incapable d’en faire un, tant il est complexe et complet. Tout au long du roman, on suit Charlotte, une jeune femme vivant au XIVème siècle, qui découvre une chose étonnante et complètement surnaturelle : la mort n’a pas d’emprise sur elle. S’en suit une véritable épopée traversant les temps et les âges.

C’est une véritable roman de capes et d’épées, rythmées par des espaces temporels différents, tintés d’uchronie que nous livre Pierre Léauté. Que ce soit à travers le prisme de la vengeance, de l’apprentissage ou de la peur, nous suivons notre héroïne à travers ses aventures plus ou moins rocambolesque, mais toujours très touchantes, voire même dérangeante.

Ce qui est remarquable, c’est qu’on ne peut pas vraiment décrire Charlotte comme une héroïne, mais plutôt comme un anti-héros. Et c’est ce qui en fait, à mon sens, un personnage excellent et brillant d’humanité. Elle est complète, bonne et mauvaise à la fois, complexe, impitoyable comme douce… Un personnage que l’on adore suivre et dont on aime l’évolution progressive, bien que parfois, certaines claques auraient été bien mérité.

Tout au long de la lecture, j’ai du laisser de côté mes raisonnements logiques, et uniquement me fier à mon instinct et mes ressentis : une magnifique manière de nous plonger dans l’état d’esprit de Charlotte, en fuite pour sa vie.

En plus des personnages extrêmement travaillés et humains, ce roman est une véritable perle par son monde et sa mythologie. Je connais peu d’auteur qui arrive à livrer un monde aussi abouti et captivant, et Pierre Léauté fait parti de ces auteurs, auprès de Pierre Bottero et Victor Boissel. Quelle gifle ! Tout comme Charlotte, nous découvrons ce nouveau monde mystérieux et dangereux, où voyages dans temps se frottent au continuum espace-temps et aux fractales temporelles. Quelque chose me dit que le second tome va être explosif et encore plus fourni d’explication que ce premier tome !

Et bien sûr, tout cela porté par le style de Pierre Léauté qui m’a tout simplement bluffé. J’avais lu il y a quelques temps de cela son dyptique Guerre aux Grands !, où le style était bien plus simple, plus décontracté. Les Guillaume Musso et Marc Levy qui font les tops des ventes n’ont qu’à bien se tenir, la concurrence arrive, et elle va être extrêmement rude. Ici, l’auteur nous offre une prose des plus riches et complexe, sans qu’elle n’en soit lourde et imbuvable bien au contraire : tout est fluide, imagé, et puissant.

Le seul reproche que je pourrais faire à ce roman est la présence de quelques longueurs, mais qui servent de pause, donc, plutôt nécessaires.

En bref, un véritable coup de coeur pour un roman exceptionnel !

Citations :

– C’est seulement lorsque tout vous est arraché, quand rien de bon et de beau ne subsiste que l’on devient libre de faire tout ce que l’on veut, Charlotte.


– La prudence est mère de lâcheté, répliqua Abby Fierce […].


Il n’y a de destin que ce que vous en faites.

Ma note : 19.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Historique·SF

L’enfant maudit (Le Lion de Macédoine 1/4) – David Gemmel

couv19747100Caractéristiques : 

  • Auteur – David Gemmel
  • Editeur – Folio (Collection SF)
  • Parution – 2002
  • Pages – 403
  • ISBN – 978-2070421220

4ème de couverture : 

Il s’appelle Parménion, moitié spartiate, moitié macédonien et, dans le tissu de tous les avenirs possibles, la vieille Tamis a pressenti le rôle qu’il doit jouer contre l’Esprit du Chaos et l’avènement du Dieu Noir. Il sera le Lion de Macédoine et la Mort des Nations. Avant de devenir un strategos d’exception, il lui faudra cependant s’extraire de la haine et de l’humiliation que les jeunes Spartiates lui imposent, car il est un sang-mêlé. Mais quand Sparte et ses lois odieuses précipitent dans la mort Dérae, la seule femme qu’il ait jamais aimée, pour Parménion ne reste qu’un horizon celui de la vengeance… Sparte doit tomber !

Mon avis :

Un de mes livres favoris ! Que se passe-t-il quand on allie antiquité grecque, et prophétie ? Et bien cela donne la saga Le Lion de Macédoine ! Un véritable coup de coeur, à la fois pour la saga, mais aussi pour ce premier tome.

David Gemmel nous transporte dans un univers bien spécial : la Grèce Antique, à Sparte, quelques années avant le début de la guerre du Péloponnèse (qui, rappelons le, a opposé Sparte à Athènes, et s’est soldée par la victoire de Sparte). Nous suivons tout au long du roman Parménion, jeune métis mi-macédonien, mi-spartiate, de son adolescence jusqu’à l’âge d’environ trente ans, à travers ses aventures et déboires.

Amour, guerre, trahison, complot, libération… La vie du jeune Parménion est loin d’être simple et calme, bien au contraire. Maltraité par les autres Spartiates à cause de son métissage, son adolescence est parsemée de malheur et de douleur, qui lui forge un caractère d’acier. S’il a bien une passion – si je puis parler ainsi -, c’est la stratégie guerrière. Et c’est grâce à cela, qu’il arrivera à s’élever progressivement, et à devenir que ce l’histoire avec un grand H nous a livrer : Parménion, un des principaux généraux du roi Philippe II de Macédoine, et de son fils, Alexandre le Grand.

Véritable immersion dans le monde la Grèce Antique, ce livre est un bijoux : plutôt bien documenté pour ce qui est de la partie historique, la partie bien plus littéraire est un véritable régal pour tous : alliant à la fois histoire, aventure, amour interdit et fantastique, L’enfant maudit est une parfaite mise en bouche dans ce monde si particulier et quelque peu angoissant que nous dépeint David Gemmel, maître du fantastique/fantasy.
Il arrive à doser avec une subtilité aussi rare que précise le fantastique et l’imaginaire, nous donnant l’impression de lire un roman purement historique, mêlé à une part de rêve, ou de cauchemar, tout dépend du point de vue.

C’est sans compté sur toute la culture hellénique, stratégie et militaire : description de bataille, de choses du quotidien… Une véritable mine d’or.

En bref, un roman historique ambitieux et prenant, un coup de coeur pour moi !

Citations :

– […] Si tu souhaites cacher tes sentiments, il te faut commencer par te tromper toi-même. Lorsque tu regardes un ennemi haï, oblige-toi à croire qu’il s’agit de ton ami. De cette manière, tes traits s’adouciront et le sourire te viendra tout naturellement. N’essaye pas de masquer tes expression, car cela ne fait que clamer au monde entier que tu as quelque chose à cacher. Et quand tu le peux, enrobe les mensonges dans la vérité, car il s’agit là du meilleur déguisement qui soit.


– […] Des hommes bons meurent parfois sans que l’on s’en aperçoive et sans que l’on verse une larme pour eux, tandis que des tyrans sont accompagnés par des centaines de pleureuses jusqu’à leur dernière demeure. J’aime à penser que les dieux sont dotés d’un peu plus de discernement que les hommes.


– Que veux-tu que j’apprenne ? À ne pas tomber amoureux ?
– Non, car c’est impossible. Mais tu dois comprendre que l’amour est dangereux : il nous embrume l’esprit et nous cache la réalité. Pense à Hélène et Pâris. Troie est tombée par leur faute. Crois-tu vraiment que c’est ce qu’ils désiraient ? Non. Ils s’aimaient, c’est tout. Tu es l’un des hommes les plus intelligents et les plus intuitifs que je connaisse, et pourtant tu t’es comporté en sombre crétin. Si c’est là ce que l’amour apporte, je suis heureux de ne pas l’avoir connu.


Les amis ne se doivent jamais rien, et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils sont amis.


– Vous êtes vraiment cynique.
Le Thébain opina du chef.
– En effet. Mais c’est la leçon que la vie enseigne à ceux qui la traversent les yeux ouverts, non ? Tout s’achète, que ce soit à l’aide d’argent, de gloire ou de pouvoir.


– […] J’ai tenu bon, prêt à vendre chèrement ma peau. Mais je ne suis pas mort, et sais-tu pourquoi ? Parce que les dieux n’existent pas, et que toute prophétie peut être déformée pour délivrer le message que l’on souhaite entendre.


– Mieux vaut être pauvre et vivant que riche et mort, philosopha Mothac.
– Mais il vaut encore mieux être riche et vivant, lui fit remarquer Parménion.


– Mon ami, la force et la faiblesse sont bien souvent aussi proches que deux époux. Nous sommes forts car nous sommes fiers, mais nous sommes faibles car notre orgueil ne nous a jamais permis de grandir.

Ma note : 18.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.5/1.5

 

Historique·Jeunesse·Policier

Le signe de Dédale – Florence Brémier

couv24769553Caractéristiques : 

  • Auteur – Florence Brémier
  • Éditeur – Oskar
  • Parution – 2013
  • Pages – 213
  • ISBN – 979-1021403420

4ème de couverture : 

Athènes, 438 avant J-C : Nikolidès, jeune orphelin dégourdi, préfère son apprentissage chez Marcidon, le potier, aux cours de Lycomède, son maître d’école. Un jour, Marcidon est enlevé et son atelier dévasté. Que cherchaient ses ravisseurs ? Le dévidoir fabriqué par Dédale des siècles auparavant, qui a servi à Thésée pour dérouler le fil d’Ariane, et qui conduirait au trésor de Dédale… Nikolidès découvre deux fragments du dévidoir, enterrés chez Marcidon.
Convaincu qu’il doit réunir les trois fragments épars du dévidoir pour remonter jusqu’aux ravisseurs du maître potier, le jeune garçon mène l’enquête, assisté de Graséis, sa camarade de classe, et du célèbre sculpteur Phidias.

Mon avis : 

Si je vous dis antiquité, jeunesse, et aventure, vous pensez à quoi ? Raté, ce n’était pas Percy Jackson, mais Le signe de Dédale, un petit livre jeunesse, très bien mené et renseigné !

J’ai pu rencontrer l’auteure au Salon du Delta Noir (édition 2016) sur Port Saint Louis du Rhône, et la couverture m’a tout de suite accroché l’oeil, et ensuite le titre a attisé ma curiosité. Je me suis laissé tenté et je n’ai vraiment pas été déçue !

Comme dans tout roman jeunesse (et j’entends par jeunesse qui est VRAIMENT dédié à la jeunesse, et non pas un livre classé dans jeunesse pour mieux le vendre), les actions vont vite, et on ne s’attarde pas sur de longue description qui pourrait faire décrocher les lecteurs les plus impatients. Si ça peut déranger certains lecteurs plus âgés, les plus jeunes seront conquis !

S’il y a bien une chose qui est excellente dans ce roman, c’est que l’auteur ne prend pas les jeunes pour des débiles. Je ne compte plus le nombre de roman jeunesse où le style était infantilisant au possible, réduisant les jeunes à de pauvres créatures écervelées et incapables de comprendre ou d’apprécier la moindre beauté littéraire. Ici, ce n’est pas le cas : même si le style est assez simple, Florence Brémier ne lésine pas sur les images et métaphores, sur les procédés littéraires, qui donne à ce roman une dimension bien moins enfantine.

D’autant plus qu’elle n’hésite pas à aborder des thématiques assez dures pour les plus jeunes. Je crois vraiment que c’est la première fois que je lis un roman jeunesse ou il y a autant de morts, autant de corruption, et où on a vraiment l’impression que notre héros Nikolidès n’arrivera jamais à se débarrasser de tous ses assaillants. On va même jusqu’à avoir quelques passages que je pourrais qualifier inspirée de Karine Giebel : de très courts passages, peignant un portrait d’un homme emprisonné on ne sait où, dépérissant.

Le tout bien sur, avec des thématiques plus que basique pour un roman jeunesse : une recherche, de l’amitié, de l’aventure, etc, sur paysage antique ! Nous sommes effectivement placés en plein Athènes du Vème siècle av. JC. Le rapport à la mythologie et aux mythes grecs (et plus particulièrement ici le mythe de Dédale, inventeur de génie et créateur du Labyrinthe dans lequel le roi Minos enferma le Minotaure) est donc omniprésent et exploité sous toutes les coutures possibles.

En bref, un roman jeunesse très agréable et rapide à lire, avec un travail éditorial sur le roman papier absolument remarquable (petit, mignon, agréable, tout jolie-beau), qui ravira petits et moins petits !

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 18.25/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1/1.5

Érotique·Historique·Romance

L’Art d’aimer – Ovide

couv38287278Caractéristiques : 

  • Auteur – Ovide
  • Editeur – Belles Lettres
  • Parution – 1 ap. JC
  • Pages – 89
  • ISBN – 978-2251011196

4ème de couverture :

La séduction : un art subtil, un rite mis à l’honneur pendant la Renaissance avec les cours d’amour, mais déjà chanté par Ovide. La femme étant libre de ses sens et de ses sentiments, comment la conquérir ? Où tendre ses filets ? Compliments, promesses, larmes, baisers, hardiesse… Toutes les armes sont bonnes. Celle que l’on aime une fois séduite, comment la retenir ? Au terme d’un jeu dont le prix est le plaisir, l’amant raffiné a plus d’une corde à son arc… Quant à la femme, il lui appartient de garder son éternel féminin, ce qui n’est pas le plus facile… Au-delà de l’artifice, l’art doit gouverner l’amour. Un art dans lequel Ovide est passé maître.

Mon avis :

Remontons un peu (beaucoup) le temps jusqu’à la Rome Antique, et retrouvons un des plus sulfureux auteurs de son temps : Ovide. Auteur des Métamorphoses et des Tristes, exilé pour une raison mystérieuse par l’empereur Auguste, ses oeuvres sont connues et reconnues à travers l’espace et le temps, inspirant peintres et sculpteurs. Mais on entend assez peu parler d’une de ses première oeuvres, L’art d’aimer, que l’on pourrait apparenter à un La drague pour les Nuls de notre temps. Un véritable régal à lire !

Même si les siècles ont passé, certains conseils peuvent encore faire sens (et encore plus si on enlève toute la misogynie possible). Il faut savoir que l’ouvrage n’est pas bien gros, et se subdivise en trois parties : les deux premières dédiées aux hommes — à savoir comment réussir à séduire la femme que vous voulez, suivi de comment la garder —, et une dernière dédiées aux femmes, avec des conseils similaires. Mais il y a des petites parties qui nous, lecteurs contemporains, peuvent nous faire bien rire : j’avoue avoir ri jaune en lisant les parties qu’on pourrait nommer « Comment tromper à souhait sans se perdre prendre ? ».

Mais ce qui est remarquable, ce sont les arguments et conseils prodigué : que ce soit du lieu où aller pour faire des rencontres à que faire si on échoue dans notre quête de l’amour, en passant par quelle attitude avoir pour séduire un homme/une femme, cet ouvrage est un vrai mode d’emploi ! Jusque dans les détails les plus intimes et les plus grivois : sous forme de métaphore, Ovide n’hésite pas à prodiguer des conseils pour sous la couette !

En bref, un petit ouvrage très intéressant à lire, qu’il faut avoir lu, ne serait-ce que pour sa culture latine et sa culture personnelle.

Citations :

Mais, si tu as à coeur de conserver l’amour de ta maîtresse, fais en sorte qu’elle te croie émerveiller de ses charmes. (…) Est-elle brillante d’or : dis-lui qu’à tes yeux l’or a moins d’éclat que ses charmes. Si elle endosse les fourrures d’hiver, approuve ces fourrures ; si elle s’offre à tes yeux vêtue d’une légère tunique : « Vous m’enflammez », crieras-tu, mais prie-la, d’une voix timide, de prendre garde au froid.


Elles réparent par la toilette les outrages du temps, et parviennent, à force de soins, à déguiser leurs années. Elles sauront à ton gré, par mille attitudes diverses, varier les plaisirs de Vénus : nulle peinture voluptueuse n’offre plus de diversité.


Le plaisir qu’on m’accorde par devoir cesse pour moi d’être un plaisir, et je dispense ma maîtresse de tout devoir envers moi. Qu’il m’est doux d’entendre sa voix émue exprimer la joie qu’elle éprouve, et me prier de ralentir ma course pour prolonger son bonheur !


Si tu veux m’en croire, ne te hâte pas trop d’atteindre le terme du plaisir ; mais sache, par d’habiles retards, y arriver doucement. Lorsque tu auras trouvé la place la plus sensible, qu’une sotte pudeur ne vienne pas arrêter ta main.
Tu verras alors ses yeux briller d’une tremblante clarté, semblable aux rayons du soleil reflétés par le miroir des ondes. Puis viendront les plaintes mêlées d’un tendre murmure, les doux gémissements, et ses paroles, agaçantes qui stimulent l’amour. Mais, pilote maladroit, ne vas pas, déployant trop de voiles, laisser la maîtresse en arrière ; ne souffre pas non plus qu’elle te devance : voguez de concert vers le port. La volupté est au comble lorsque, vaincus par elle, l’amante et l’amant succombent en même temps.


Cependant il est peu de visages sans défauts : cachez ces défauts avec soin, et autant que possible dissimulez les imperfections de votre corps. Si vous êtes petite, asseyez-vous, de peur qu’étant debout on ne vous croie assise.


Fussiez-vous laide, vous paraîtrez belle à des yeux troublés par le vin, et la nuit jettera son voile sur vos imperfections.


Que chaque femme apprenne donc à se connaître, et se présente aux amoureux combats dans l’attitude la plus favorable. La même posture ne convient pas à toutes. Ce quelle qui brille par les attraits du visage, s’étende sur le dos ; que celle qui s’enorgueillit de sa croupe élégante, en offre à nos yeux toutes les richesses.

Ma note : 15.5/20

• Scénario – 2/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 1.25/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 1.25/1.5

Bonus « Enseignement » : +1 pt

Bonus « Témoignage d’une civilisation antique » : +1pt