Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Romance·SF

Question de temps – E.R. Link

cover-514.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – E.R. Link
  • Editeur – Autoédition
  • Parution – 2016
  • Pages – 516
  • ISBN – 978-1-535353-74-8

4ème de couverture :

Dans l’archipel du Touraco, écrin de verdure au goût de paradis, Calixte Zygène de la Spirée rêve d’aventures tout en vivant de larcins. En cherchant à cacher son dernier trésor, volé au gouverneur en personne, il découvre un étrange boîtier qui le conduira jusqu’aux pirates de la baie et bien plus loin que ce qu’il n’aurait jamais pu imaginer. D’un vaisseau fantôme en passant par l’énigmatique sorcière des marais, il réveillera les mythes séculaires qui hantent les eaux de la Mer des Palmariales…

Mon avis :

Comment fait-elle ? Comment peut bien faire E.R. Link pour réussir à autant m’envoûter par ses textes, et me décrocher un coup de coeur à chacun de ses romans ? Comment !?

Vous l’aurez compris, une fois de plus, E.R. Link nous a offert une perle rare avec Question de temps, un long roman des plus aventuriers et comiques.

Tout au long du roman, nous allons suivre Calixte, jeune homme à l’humour et à la réparti fort développé, qui tente de s’en sortir dans une vie faite de magouille et de séduction. Vous vous doutez bien que cela fini forcément par louper à un moment donné et là, il nous entraîne dans un monde peuplé de pirate pas si féroce que ça, de quête au trésor… En bref, de flibusterie. Mais un peu air steampunk n’est jamais très loin…

C’est tout simplement addictif et excellent. En voyant le nombre de pages, je me suis d’abord dit que j’allais mettre plus de temps que prévu pour le lire. Un jour de plus par rapport à l’estimation. Comme dans tous ces romans, E.R. Link arrive à nous dépeindre un monde tout simplement merveilleux sans nous assommer de non de lieux, de roi, d’histoire… On rentre alors dans son imaginaire comme on rentre dans une piscine (du moins pour la majorité) : petit à petit et sans précipitation. Cela laisse au lecteur un tant fou pour s’adapter à ce nouvel univers et l’apprécier dans toutes ses subtilités.

Mais la plus grande prouesse reste pour moi le travail des personnages. Il n’y aucune fausse note, et c’est de plus en plus rare de nos jours. Tous les personnages sont hauts en couleur sans tourner dans le ridicule ou encore dans le pathos, et sont d’une vraisemblance à couper le souffle. Tous – ou presque – sont très attachants, ce qui rend la lecture, alliée avec un style aussi fluide que magnifique et ensorcelant, tout simplement et purement addictive. Un véritable page turner. Même les personnages détestables, ou qu’on pense qu’on n’aimera pas, on arrive à la fin du roman et étant triste de les quitter. Même cet idiot de Gros-Sac j’ai réussi à l’aimer pour dire !

Ce que j’ai énormément apprécié tout au long de l’ouvrage, c’est l’humour – anglais -. Cela faisait bien longtemps que je n’avais autant ris et souris grâce à un roman ! Entre humour absurde, comique de répétition, répartie cinglante et complètement décalée, et comique de situation, portés par des personnages extraordinaire, le mélange ne peut que bien fonctionner.

Encore et toujours, ce que j’ai adoré, c’est la triple romance. Aaaah… Enfin une romance qui n’est pas écrite à l’avance, où il y a un véritable suspens, de véritables interrogations… Et surtout où ce n’est pas platonique. Attention, il n’y a aucune scène érotique – à mon goût -, mais on est plongé dans une ambiance très sensuelle très agréable et grisante. Une véritable ode à l’amour sous toutes ses formes.

Je pourrais continuer sur des pages et des pages tellement j’ai aimé ce roman, tellement il m’a transporté, et faite vibrer… Des trois romans sur quatre de E.R. Link que j’ai lu, celui-ci et certainement mon petit chouchou, de même que l’auteure, qui se place dans mon top 3 de mes auteurs favoris, aux côtés de Pierre Bottero et de Karine Giebel.

En bref, un roman qui vaut tout l’or du monde, et qui mérite un sincère merci et bravo.

Citations :

– Pourquoi un sablier ?

– Parce que nous ne maîtrisons jamais le temps, capitaine. Il s’écoule de façon linéaire. Il est compté pour ceux que nous abordons. Il est compté pour nous. Nous nous inscrivons inexorablement dans notre époque. Nous ne possédons que notre expérience passée et restons tournés vers un avenir incertain.

– Il nous échappe. Est-ce pour cela que vous lui avez donné des ailes ?

– C’est exact. Nous pouvons rester maîtres de nos choix, maîtres de nos vies. Le temps finit par avoir toujours raison de nous. On peut l’apprivoiser, jamais le dominer.


Elle balbutia, cherchant ses mots dans toutes les parties de son corps qu’elle maîtrisait encore. Hélas, les mains, les chevilles ou viscères n’étaient pas bonnes conseillères en terme de vocabulaire dans ce genre de situation.


Il la secouait comme un bananier.


L’amour vous rend aussi stupide qu’aveugle.


À force de viser le soleil, on finit par passer à côté de la lune. Il est vain de courir après des chimères. Il faut se satisfaire de ce que l’on possède et saisir sa chance lorsqu’elle passe à votre portée.

Ma note : 20/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1.5/1.5
(et si j’avais eu un bonus à ajouter, je l’aurais fait !)

Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Philosophie/Réflexion·Romance

Un Air de Liberté – E.R. Link

cover-344Caractéristiques : 

  • Auteur – E.R. Link
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2017
  • Pages – 230
  • ISBN – 978-1-535352-84-0

4ème de couverture :

Lorsqu’elle rencontre le beau Bryce, la jeune comtesse Carolyn Fabre des Aiglefins ne se doute pas à quel point sa vie va se trouver bouleversée.
Dans un royaume meurtri, qui aura assez de courage pour détrôner le cupide Lord Bertram de la Nuée d’Étourneaux et retrouver la princesse légitime dont la trace a été perdue pendant vingt ans ?

Une fantasy victorienne pour toutes celles et ceux qui rêvent d’amour et d’aventure.

Mon avis :

Retournons dans un univers complètement steampunk, mais cette fois-ci, avec la belle E.R.Link… C’est encore un coup de coeur pour moi !

Ce roman est une pure merveille. De l’amour, de l’aventure, de la passion, du mystère… Un cocktail explosif dans un monde fait d’imaginaire et de sentiments.

Un royaume aux mains d’un tyran, une princesse disparue… Vous faites le lien ?
Tout au long de ce roman, on va suivre le beau Bryce ainsi que la Comptesse Carolyn, à la recherche de la princesse du royaume, qui a disparu peu de temps après sa naissance, et peu avant le coup d’État.

Ce roman aborde énormément de thème, tel que la loyauté, l’amour, l’amitié, la volonté… Mais aussi la force et la motivation d’oser dire non, de se rebeller face à l’injustice et face à une politique tyrannique.

La force de ce roman réside à la fois dans les personnages, et dans leur vraisemblance. Dès les premières pages, les premiers mots, nous sommes complètement happés par cette atmosphère type XVIIème, XVIIIème, si typique des univers steampunk. Mais nous sommes aussi complètement ensorcelés par les personnages de Bryce et Caroline, à qui on s’attache très, très vite. S’en suit une flopée de personnages hauts en couleurs, tous plus attachants les uns que les autres.

Tout comme Les Compagnons de l’Arc-en-Ciel, Un Air de Liberté est une ode à l’amour et à la passion, avec plus de nuances ici. Amour passionnel d’un être aimé, mais aussi amour de la liberté, qui est le but ultime de tous les personnages : retrouver leur liberté. La liberté d’aimer, de vivre. Liberté d’être, tout simplement.

Un message que je trouve d’autant plus important au vu des temps que nous traversons. Aimez-vous. Aimons-nous. Arrêter d’avoir peur de l’autre. Se battre pour notre liberté, qu’on essaie de nous arracher sans même que l’on s’en aperçoive.

En bref, un roman dans un style steampunk aux messages aussi beau que nécessaire, sur des airs de littérature engagée pour la liberté, et pour l’amour.

Citations :

L’amour pouvait tout illuminer comme il pouvait aussi tout gâcher, sans demie mesure.

Ma note : 19.75/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1.25/1.5

Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Philosophie/Réflexion

Fusion (Kaleb 3/3) – Myra Eljundir

41wzvbIIEoL._SX316_BO1,204,203,200_.jpgCaractéristiques :

  • Auteur – Myra Eljundir
  • Editeur – Robert Laffont 
  • Parution – 2013
  • Pages – 441
  • ISBN – 978-2221126844

4ème de couverture :

La prophétie du volcan prédit l’avènement d’une nouvelle ère, initiée par l’Elu… Or qui, de Kaleb, Abigail, le colonel Bergsson ou encore Mary-Ann bouleversera à jamais le destin des enfants du volcan ? Et si la mort est la clé, tous ne sont-ils pas des morts en sursis ? Seul le Livre du volcan peut apporter des réponses à Kaleb et lui permettre de survivre au volcan qu’il a réveillé. Mais le tenir entre ses mains peut se révéler plus destructeur que tout…

Mon avis :

Sortons quelque peu des auteurs auto-édités pour faire un tour du côté de Myra Eljundir, et plus particulièrement du dernier tome de sa sage phénomène Kaleb. Explosif, rythmé, et extrêmement surprenant ! Un coup de coeur pour moi, qui clôture une saga coup de coeur également.

Que dire ? La structure est machiavéliquement – oui, j’invente des mots – bien pensé et surtout mise en oeuvre, de sorte que l’on arrive à suivre plusieurs intrigues en même temps, sans jamais être perdu, et surtout, en pouvant tisser des liens entre les deux.
En effet, nous suivons en parallèle Kaleb, à la recherche à la fois de lui-même et d’Abigail, mais aussi sa lecture sur le Livre du Volcan. Nous alternons donc entre le récit de Kaleb, et celui présent dans le Livre du Volcan.

J’avais un peu peur que l’intrigue ne nous mène au final nulle part, que des questions nous resteraient sur le bout de la langue, et surtout, que la saga finisse dans un fiasco incohérent. Oh quelle joie de voir que ce ne fut en aucune façon le cas ! L’ensemble est cohérent, et surtout, complètement addictif !

J’ai énormément apprécié les points abordés par le Livre du Volcan, comme le traitement de la différence, les romances, et lutte et rébellion… Presque j’attendais les passages du Livre du Volcan avec plus d’impatience que les passages de Kaleb !

À travers tout ce mic-mac, se trouve une prophétie, fil conducteur de toute la saga. Et quelle fin ! Quelle chute ! Malheur. Je m’attendais à tout sauf à ça, et vraiment, n’essayez même pas de l’imaginer, vous n’y arriverez pas.

À noter tout de même le rythme lent du début qui pourrait en décourager certain. Je note tout de même que l’auteur a eu l’idée géniale de s’inclure dans sa propre histoire, et d’une manière très habile ! Du génie !

En bref, une livre fascinant, prenant, un coup de coeur pour terminer une saga en beauté !

Citations :

Il faut du temps parfois pour se défaire des absents. Le lien invisible qui nous unit encore à eux est plus solide qu’une lourde chaîne et seul le temps parvient à l’éroder suffisamment pour qu’il se rompe.


Il arrive que les peaux communiquent, que les âmes se parlent et se racontent, sans qu’aucun mot ait besoin de franchir les lèvres.


Le jour où nos secrets n’en seront plus, je perdrai ma liberté…


Mais traitez un enfant de monstre et il le deviendra. Cherchez à nuire à son aimée et le monstre vous dévorera.


– Mmm… Mais votre gastronomie et votre musique laissent tout de même à désirer…
Notre musique ?

– Oui… Pourquoi donc vous obstinez-vous à jouer de la cornemuse ? Cet instrument infâme me fait penser à un cochon qui se serait coincé les couilles dans une porte !
Morrigan éclate de rire, ravie de l’image qu’elle vient de trouver.


Un livre ne peut exister s’il n’est pas lu.
Une histoire ne peut devenir réelle tant qu’elle n’est pas partagée.

Ma note : 17.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 2.75/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1/1.5

Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Philosophie/Réflexion·Romance

Les Compagnons de l’Arc-en-Ciel – E.R. Link

cover-168Caractéristiques : 

  • Auteur – E.R. Link
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2009
  • Pages – 406
  • ISBN – 978-1535352475

4ème de couverture :

Et la Lumière découvrit l’Ombre. Et l’Ombre aima la Lumière…

Est-il possible encore de croire aux fées au XXIème siècle quand la science, la technologie, ont pris un pas important sur la magie ? Pourtant, même si beaucoup de choses ont évolué, il existe toujours, cachés quelque part dans nos rues encombrées,
un Petit Chaperon Rouge qui fuit un loup,
une Belle au Bois Dormant en sommeil dans un hôpital,
une Cendrillon désenchantée,
un Petit Poucet en lutte contre un ogre moderne et terrifiant,
un Riquet à la Houppe qui saura se faire aimer malgré sa laideur,
une Petite Sirène que la timidité aura rendue muette,
un Chat Botté malicieux qui prend sa vie en main,
et une Belle qui affrontera la Bête qui a ruiné sa vie.

Mon avis :

Par ce temps estival, comme une envie de fraîcheur, de gaité… De young-adult. Je me suis alors lancée à corps perdu dans cette lecture, sans savoir que j’avais une pépite entre les doigts… C’est un coup de coeur absolument magistral !

Les bémols sont trop peu nombreux. Les micro-rixes entre Stella et Horizon sont parfois agaçantes, mais on s’y fait, et fini même par les apprécier et les attendre.

Je ne sais trop par où commencer au niveau des bons points tant il y en a ! Le monde tout d’abords, et absolument magistral. La mythologie et l’histoire est posée dès les premiers chapitres, nous évitant une perdition peu recommandable. Même s’il peut paraître très guimauve voire même enfantin, ce n’est en aucune façon le cas, il est même assez mature, sans pour autant viré dans le noir, le grave, comme c’est un peu trop souvent le cas dans la fantasy adulte.

Mais ce qui est vraiment remarquable, en plus d’un début palpitant et d’une fin comme on les aime, c’est le corps même du roman, avec les huit ré-écriture de conte qu’elle contient. Vous allez sûrement me dire que des ré-écriture de conte, on commence à plus en pouvoir, principalement à cause de la mode lancée par la saga des Chroniques Lunaires. Je n’ai pas lu cette saga, mais je ne pense pas qu’elle soit aussi subtile que Les Compagnons de l’Arc-en-Ciel. Pour dire, il y a certains contes que je n’ai pas reconnu, et que je connaissais pourtant bien. Et c’est ça qui est magistral : on peut lire le roman à la fois d’un point de vue tout à fait basique, et apprécié ces histoires aux airs de conte de fée de notre enfance, comme on peut le lire du point de vue des contes, et apprécier le travail de ré-écriture.

Je crois que c’est la première fois que je lis un roman qui rentre aussi bien dans la case young-adult. On a une écriture mature, riche et très imagée, avec des moments bien plus léger, et des thématiques plus bateau, et passer au chapitre suivant à une thématique plus sombre, voire même tabou, qui nous exclu complètement du monde féérique et enfantin. Le tout, dans notre monde, avec des thématiques modernes et sensibles.

Mais surtout, surtout… Quel hymne à l’amour ! Huit contes, huit histoires où on palpite avec Stella, Horizon et leur bande pour ces personnages que l’on aide à être heureux. Huit preuves, à travers des horizons et des situations différentes, pour montrer que ce qui fait le bonheur d’une vie n’est jamais l’argent, la réussite, la gloire ou une carrière, mais l’amour.

En bref, un livre magnifique qui mérite de figurer auprès des plus grands, qui a su m’envouter et me faire voyager d’une manière peu commune. Un livre qu’on est pressé de finir, mais triste d’achevé… Un coup de coeur mémorable, une de mes plus belles lectures de l’année 2017 !

Citations :

Le monde n’est pas toujours celui que l’on se crée.


– Le culte de la beauté ressemble à un commerce de boucherie. Je ne veux plus y penser.

– La célébrité, la beauté, Stella ! La richesse !

– Et tous les gens laids ? Qu’est-ce que la société en fait ? Il faut être belle pour chanter, belle pour danser, belle pour jouer la comédie. Il n’y a plus de place pour le talent. Tout est image. Tout est triché. La véritable richesse est celle de l’âme. Le reste n’est qu’artifice et illusion.


– Parfois, les trésors enfouis dans les abysses brillent davantage que ceux éclairés à la surface…


On a toujours besoin de connaître la langue de celui que l’on combat.


– Oui. Je t’aime, répondit-elle simplement.
À force se croiser, tôt ou tard, on finit par se rencontrer.

Ma note : 18.75/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 1/1.5

 

Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Historique·SF

L’enfant maudit (Le Lion de Macédoine 1/4) – David Gemmel

couv19747100Caractéristiques : 

  • Auteur – David Gemmel
  • Editeur – Folio (Collection SF)
  • Parution – 2002
  • Pages – 403
  • ISBN – 978-2070421220

4ème de couverture : 

Il s’appelle Parménion, moitié spartiate, moitié macédonien et, dans le tissu de tous les avenirs possibles, la vieille Tamis a pressenti le rôle qu’il doit jouer contre l’Esprit du Chaos et l’avènement du Dieu Noir. Il sera le Lion de Macédoine et la Mort des Nations. Avant de devenir un strategos d’exception, il lui faudra cependant s’extraire de la haine et de l’humiliation que les jeunes Spartiates lui imposent, car il est un sang-mêlé. Mais quand Sparte et ses lois odieuses précipitent dans la mort Dérae, la seule femme qu’il ait jamais aimée, pour Parménion ne reste qu’un horizon celui de la vengeance… Sparte doit tomber !

Mon avis :

Un de mes livres favoris ! Que se passe-t-il quand on allie antiquité grecque, et prophétie ? Et bien cela donne la saga Le Lion de Macédoine ! Un véritable coup de coeur, à la fois pour la saga, mais aussi pour ce premier tome.

David Gemmel nous transporte dans un univers bien spécial : la Grèce Antique, à Sparte, quelques années avant le début de la guerre du Péloponnèse (qui, rappelons le, a opposé Sparte à Athènes, et s’est soldée par la victoire de Sparte). Nous suivons tout au long du roman Parménion, jeune métis mi-macédonien, mi-spartiate, de son adolescence jusqu’à l’âge d’environ trente ans, à travers ses aventures et déboires.

Amour, guerre, trahison, complot, libération… La vie du jeune Parménion est loin d’être simple et calme, bien au contraire. Maltraité par les autres Spartiates à cause de son métissage, son adolescence est parsemée de malheur et de douleur, qui lui forge un caractère d’acier. S’il a bien une passion – si je puis parler ainsi -, c’est la stratégie guerrière. Et c’est grâce à cela, qu’il arrivera à s’élever progressivement, et à devenir que ce l’histoire avec un grand H nous a livrer : Parménion, un des principaux généraux du roi Philippe II de Macédoine, et de son fils, Alexandre le Grand.

Véritable immersion dans le monde la Grèce Antique, ce livre est un bijoux : plutôt bien documenté pour ce qui est de la partie historique, la partie bien plus littéraire est un véritable régal pour tous : alliant à la fois histoire, aventure, amour interdit et fantastique, L’enfant maudit est une parfaite mise en bouche dans ce monde si particulier et quelque peu angoissant que nous dépeint David Gemmel, maître du fantastique/fantasy.
Il arrive à doser avec une subtilité aussi rare que précise le fantastique et l’imaginaire, nous donnant l’impression de lire un roman purement historique, mêlé à une part de rêve, ou de cauchemar, tout dépend du point de vue.

C’est sans compté sur toute la culture hellénique, stratégie et militaire : description de bataille, de choses du quotidien… Une véritable mine d’or.

En bref, un roman historique ambitieux et prenant, un coup de coeur pour moi !

Citations :

– […] Si tu souhaites cacher tes sentiments, il te faut commencer par te tromper toi-même. Lorsque tu regardes un ennemi haï, oblige-toi à croire qu’il s’agit de ton ami. De cette manière, tes traits s’adouciront et le sourire te viendra tout naturellement. N’essaye pas de masquer tes expression, car cela ne fait que clamer au monde entier que tu as quelque chose à cacher. Et quand tu le peux, enrobe les mensonges dans la vérité, car il s’agit là du meilleur déguisement qui soit.


– […] Des hommes bons meurent parfois sans que l’on s’en aperçoive et sans que l’on verse une larme pour eux, tandis que des tyrans sont accompagnés par des centaines de pleureuses jusqu’à leur dernière demeure. J’aime à penser que les dieux sont dotés d’un peu plus de discernement que les hommes.


– Que veux-tu que j’apprenne ? À ne pas tomber amoureux ?
– Non, car c’est impossible. Mais tu dois comprendre que l’amour est dangereux : il nous embrume l’esprit et nous cache la réalité. Pense à Hélène et Pâris. Troie est tombée par leur faute. Crois-tu vraiment que c’est ce qu’ils désiraient ? Non. Ils s’aimaient, c’est tout. Tu es l’un des hommes les plus intelligents et les plus intuitifs que je connaisse, et pourtant tu t’es comporté en sombre crétin. Si c’est là ce que l’amour apporte, je suis heureux de ne pas l’avoir connu.


Les amis ne se doivent jamais rien, et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils sont amis.


– Vous êtes vraiment cynique.
Le Thébain opina du chef.
– En effet. Mais c’est la leçon que la vie enseigne à ceux qui la traversent les yeux ouverts, non ? Tout s’achète, que ce soit à l’aide d’argent, de gloire ou de pouvoir.


– […] J’ai tenu bon, prêt à vendre chèrement ma peau. Mais je ne suis pas mort, et sais-tu pourquoi ? Parce que les dieux n’existent pas, et que toute prophétie peut être déformée pour délivrer le message que l’on souhaite entendre.


– Mieux vaut être pauvre et vivant que riche et mort, philosopha Mothac.
– Mais il vaut encore mieux être riche et vivant, lui fit remarquer Parménion.


– Mon ami, la force et la faiblesse sont bien souvent aussi proches que deux époux. Nous sommes forts car nous sommes fiers, mais nous sommes faibles car notre orgueil ne nous a jamais permis de grandir.

Ma note : 18.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.5/1.5

 

Drame·Fantasy/Fantastique·Thriller

Sur le seuil – Loïc Dossèbre

cover-236Caractéristiques :

  • Auteur – Loïc Dossèbre
  • Editeur – Auto-édité
  • Parution – 2017
  • Pages – 30 
  • ISBN – Non renseigné

4ème de couverture : 

Un visiteur étrange, chaque semaine – à la même heure –, frappe à la porte d’un vieil homme reclus dans son appartement. Celui-ci n’a pas le temps d’ouvrir que la chose, déjà, se volatilise. Il s’inquiète et au fil des jours sombre peu à peu dans la paranoïa…

Mon avis :

Si je vous dis : nouvelle, horreur, mystère… À quoi pensez-vous ? Si vous pensez au Horla de Maupassant, vous n’êtes pas loin ! Je parle ici de Sur le seuil, une nouvelle d’une trentaine de pages qui n’est pas passé loin du coup de coeur pour moi !

Un univers tout ce qu’il y a de plus banal, avec un personnage des plus insipide par sa neutralité… Mais tout bascule le jour où quelqu’un sonne à sa porte chaque semaine, exactement à la même heure…

Nous suivons donc ce personnage d’homme âgé, probablement retraité, vivant dans un immeuble peut fréquentable, qui va finir par sombrer dans la folie. Ce qui est extrêmement intéressant et poignant, ce n’est pas tellement ce qu’il lui arrive – bien que ce soit dramatique – mais plutôt comment est-ce qu’il réagit.
En effet, on voit ce bon vieux papy sombrer dans les méandres de son cerveau et de sa paranoïa, jusqu’à une certaine fatalité plus que tragique.

Mais ce que j’ai énormément apprécié dans cette nouvelle, c’est avant tout les ressemblances présentes avec Le Horla de Maupassant. Un style d’écriture qui peut s’en rapprocher par moment, un sujet commun, avec une évolution commune… Nous ne voyons pas simplement notre personnage principal tomber, nous tombons avec lui, la boule au ventre : avec cette nouvelle, on ne lit pas avec les yeux, mais avec les tripes.

En bref, une nouvelle excellente d’un auteur à surveiller de près.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 16.5/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.25/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Fantasy/Fantastique

La mission de l’ambassadeur (Les Chroniques du Magicien Noir 1/3) – Trudi Canavan

couv18025763Caractéristiques : 

  • Auteur – Trudi Canavan
  • Éditeur – Milady
  • Parution – 2011
  • Pages – 572
  • ISBN – 978-2811210199

4ème de couverture : 

La Magicienne Noire Sonéa est confrontée à de sérieux ennuis. Tandis qu’elle ne peut rien pour porter secours à son unique fils en danger, elle doit aider son viel ami Céry dont la famille vient d’être assassinée. Depuis trop longtemps, quelqu’un élimine les Voleurs en utilisant la magie. De deux choses l’une : ou un membre de la Guilde joue les justiciers, ou il y a une fois de plus un renégat en liberté dans les rues d’Imardin. Mais ce renégat-là maîtrise ses pouvoirs à la perfection et surtout, il est prêt à s’en servir pour tuer.

Mon avis :

Cela faisait quelques temps maintenant que j’entendais parler de cette auteure. Alors quand j’ai eu l’occasion de lire un de ses romans, je n’ai pas hésité une seule seconde : on n’est pas passé près du coup de coeur !

Ce qu’il faut savoir avant tout, c’est que la saga des Chroniques du Magicien Noir fait suite à la Trilogie du Magicien Noir d’un point de vue temporel. Au début, j’avais un peu peur que ne pas réussir à rentrer dans l’histoire, ayant raté la première saga… Et bien pas du tout, et c’est vraiment un excellent point : même si on sens qu’il y a eu quelque chose avant et que tout ne nous est pas expliqué, on arrive assez facilement à rentrer dans le monde dépeint ainsi que le contexte de notre intrigue.
La seule chose que j’ai trouvé regrettable ici, a été la lenteur du début : les éléments de l’intrigue de la nouvelle série doivent se mettre en place, et cela a pris un peu trop de temps à mon goût.

S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas retirer à ce roman, c’est bien la richesse de son univers : très richement pourvu, la mythologie et l’histoire de ce monde sont très complètes, en prenant en compte énormément de chose, pouvant aller de l’histoire aux moeurs, en passant par la géo-politique.

Et c’est un aspect d’autant plus important qu’il est un des pivots central de notre intrigue ! Car oui, le résumé de ce roman ne fait pas honneur à son contenu : nous suivons en parallèle deux intrigues. Une première, avec pour personnage principal Lorkin, fils de la sorcière noire Sonéa, avec pour fil conducteur la géo-politique du Sachaka, ainsi que l’Histoire entre cette contrée et Imardin. Dans une seconde, on retrouve Céry, un voleur cherchant à se venger d’un affront. Quête qui tourne vite à la chasse à la renégate, nous poussant alors à voir la Guilde ainsi que la géo-politique d’Imardin de plus près.

D’autant plus qu’il y a, via les intrigues secondaires, tout un discours axé sur la liberté et le féminisme qui sont à prendre en compte, et qui peuvent très facilement nous pousser à nous interroger sur notre société actuelle.

En bref, un très bon premier tome que j’ai beaucoup aimé. Je lirai le tome 2 sans aucune hésitation !

Citations :

Ce n’était pas le pouvoir qu’ils détenaient qui faisait d’eux des barbares, mais le fait qu’ils en usaient pour imposer leur volonté aux plus faibles qu’eux-mêmes.

Ma note : 16.5/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.5/2
• Emotions – 1.25/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1/1.5