Dystopie·SF

Le Désert Rouge – J.E. Briffa

1595148496Caractéristiques :

  • Auteur – J.E. Briffa
  • Editeur – Auto-édité 
  • Parution – 2016
  • Pages – 209
  • ISBN – 978-2919764020

4ème de couverture : 

Au sein des grandes cités mobiles actionnées par la puissance de la vapeur, les hommes arpentent l’immense Désert Rouge.
Après le sabotage d’une cuve d’eau, le Baron Ambrose Walter Cappel, dirigeant la ville de Staerbury, charge son fils adoptif, Jak, de trouver les responsables. Il apparaît rapidement que le Culte de l’eau et Charles Denning, rival éternel d’Ambrose et dirigeant de la cité de Hayllonbury, ne sont pas étrangers à tout ça. Jak aura fort à faire lorsque les pirates de l’air attaqueront la ville à la rechercher de la célèbre boussole de Gerason, celle-là même qui conduit à la mythique Vallée Verte. Sans le savoir, Jak marche sur les traces de son passé…

Mon avis :

Aussi découvert via la plateforme SimPlement, j’avoue ne pas avoir été emballé pas le résumé… Jusqu’à ce qu’il soit mention de pirate, et de style steampunk. Là, je n’ai hésité, voulant découvrir ce style depuis un moment. J’ai bien fait : c’est un presque coup de coeur !

Alors pour ceux qui sont novices en les genre, le steampunk, qu’est-ce que c’est ? Je dirai qu’au niveau de l’ambiance, on est plus sur quelque chose de victorien, ou du moins dans un style historique qui ne date pas forcément d’hier, sans être trop ancien non plus. Et à cela, on y accole des objets mécaniques et finement travaillés. Un peu comme si durant la révolution industrielle, les hommes ne s’étaient pas concentrés sur l’électricité, mais sur le mécanique, la vapeur et le charbon. Ce qui donne une atmosphère très particulière, et assez explosive très agréable et qui rompt absolument tous les codes habituels.

Ce qui m’a énormément plu dans ce roman, c’est tout d’abords l’univers dépeint. En plus d’une uchronie (puisque le steampunk est, de base, un style uchronique), l’auteur nous livre une dystopie à la fois politique et environnementale. Un univers implacable, où l’immobilité vous vaut une mort certaine, avec des pirates et des magouilles politiques par dessus le marché… Que demander de plus ? J.E. Briffa mène sa barque avec brio, sur un rythme parfaitement maîtrisé. Chaque ralentissement arrive au moment opportun, tout comme les actions rapides sont immiscées au récit de manière subtile et judicieuse.

J’ai beaucoup aimé les personnages. Bien qu’ils ne soient pas extrêmement développés, et un peu cliché pour certains – je pense notamment à Walter, le fils à papa qui fait face à certaines réalité ; et à Margaret, la fille un peu gourde possédant une habileté peu commune à l’évanouissement intempestif -, ils sont tous extrêmement attachants. Deux personnages en particulier sont plus travaillés que les autres – Jak et Sirène -, ce qui donne une dimension peut être plus mature et aboutie au roman.

Je parlais tout à l’heure de dystopie environnementale… On est en plein dedans. Nous sommes placés dans un monde où le désert est le paysage admirable, et où le fantasme absolu est de trouvé la vallée verte, oasis pleine d’eau, de verdure et de paix. Cette quête à l’El Dorado est entaché par la vanité et l’ambition peu recommandable de certains hauts dirigeants, aboutissant dans le dernier tiers du roman à une véritable dystopie, avec un véritable message écologique. Message qui est d’autant plus important que notre planète se meurt pour quelques dollars en plus grâce l’or noir, le nucléaire, et l’envie de pouvoir des plus grands.

Et bien entendu, le tout est porté par un style très agréable, fluide et à la fois travaillé, qui arrive à nous transporter dans toutes les aventures possibles et imaginables.

En bref, un roman excellent, auquel je n’ai qu’un seul regret : qu’il n’y ait pas de suite.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 17/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 1.25/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Coup de coeur·Dystopie·Fantasy/Fantastique

La Faucheuse (1/?) – Neal Shusterman

couv4750269Caractéristiques : 

  • Auteur – Neal Shusterman
  • Éditeur – Collection R
  • Parution – 2017
  • Pages – 493
  • ISBN – 978-2221198674

4ème de couverture : 

Tu tueras.
Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation.
Tu accorderas une année d’immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.
Tu tueras la famille de ceux qui t’ont résisté.

Mon avis :

Dès que la Collection R avait commencé à faire de la pub pour ce roman, je savais que j’allais le vouloir : pressentiment intense que j’allais beaucoup aimé, et potentiellement avoir un coup de coeur… Et ce fut le cas ! Je remercie chaleureusement Julie, qui m’a offert ce livre (des bisous !).

Je ne m’attendais pas du tout à cela, je dois avouer. Que ce soit par le résumé, ou les très courts extraits diffusés, le (futur) lecteur reste dans un flou conséquent quant à l’intrigue et l’histoire même, au point qu’on se retrouve à n’absolument pas savoir à quelle sauce on va être mangé ! Ce qui n’est pas plus mal non : avoir un résumé très alléchant pour avoir une histoire fumeuse et décevant, ce n’est pas agréable.

Ici, on va donc suivre Citra et Rowan, deux adolescents comme il y en a tant, qui vont être repérés par l’Honorable Maître Faraday, un Faucheur, pour devenir apprentis. Va s’en suivre plusieurs péripétie plus que surprenante, nous emmenant dans un univers futuriste où le Cloud (devenu Thunderbird) a toute la puissance et toute la connaissance du monde.
Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce livre — en dehors de l’intrigue palpitante et des personnages attachants —, c’est tout le rapport avec l’humanité et le rapport à la mort, très exploité et pas d’une manière morbide. Même s’il est question de mise à mort, tout le livre est plongé dans une atmosphère de réflexion sur la mort, la vision que l’on en a actuellement, et la vision qu’il y a dans ce monde futuriste : que ce soit la peur de la mort, jusqu’à sa considération, et la considération de la vie dans un sens plus général, ce roman est à lire impérativement, car très instructeur, mais jamais moralisateur.

Sans compter cela, toute la dimension politique est absolument magistrale, très bien menée, et surtout, pleine de surprise.

En bref, un livre palpitant, émouvant, un brin philosophique, qui permettra aux grands comme au moins grands de passer un agréable moment, plein de surprise et de réflexion.

Citations :

Car le pouvoir est inexorablement infecté par la seule maladie qu’il nous reste encore. Un virus qu’on appelle la nature humaine.


Comment était-ce de croire en quelque chose qui nous transcende ? D’accepter l’imperfection et de tendre vers un idéal de tout ce que nous ne pourrions jamais être ? Cela devait être rassurant. Et effrayant. Cela permettait sûrement d’élever les esprits au-delà de considérations trop terre-à-terre, mais aussi de justifier toutes sortes de crimes et d’actes de vilénie. Je me demande souvent si la lumière apportée par la croyance surpassait l’obscurité que ses abus pouvaient apporter.


Il n’en dit pas davantage. Rowan trouva qu’il était plus terrifiant d’ignorer que de savoir.


– Et puis, je préfère voir défiler le paysage plutôt que de voyager dans un tunnel, dans un véhicule sans fenêtres. Je suis un être humain, pas une taupe.


– Je ressentais déjà suffisamment de joie dans ma vie sans qu’il soit besoin de me tabasser, répliqua Rowan.

Volta hocha la tête.

– Tu en ressentais un peu… mais seulement l’ombre de ce que tu pouvais éprouver. Sans la menace de la souffrance, one ne peut pas connaître la joie véritable. Au mieux, on ressent du plaisir.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1/1.5

Dystopie·Fantasy/Fantastique·Philosophie/Réflexion

Dissolution – Maxime Lacombe

couv67271281.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Maxime Lacombe
  • Editeur – Le Panthéon 
  • Parution – 2016
  • Pages – 402
  • ISBN – 978-2754732024

4ème de couverture : 

« La vie était injuste avec Nézoni. Elle lui avait donné une maladie : un croissant autour de l’œil, des lèvres noires en guise de bouche, une larme douloureusement noire à chaque réveil. Elle lui avait donné un physique androgyne qu’il haïssait. Alors pourquoi s’acharner à la rendre meilleure ? » Nézoni Médùnki est un ange dont l’impitoyable maladie parachève sa dépression. Mélancolique, raciste et cynique, il commente ironiquement le monde pétri de religion dans lequel il vit, non sans amertume. Quelque part, son histoire continue de s’écrire : il ne se doute pas que sa vie, pourtant proche de s’éteindre, s’apprête à basculer.

Mon avis :

Très sincèrement, j’attendais beaucoup de ce roman, vendu comme une dystopie fantasy, traitant à la fois du terrorisme et de la religion, vendu comme quelque chose d’explosif et palpitant. Comment dire… Raté ?

Tout d’abord, bien que l’idée générale soit excellente, le traitement choisi est extrêmement inégal, provoquant un déséquilibre plus que notoire — assez paradoxal pour un roman qui n’a de cesse de prôner l’équilibre et la justesse —. Ce déséquilibre est principalement porté par une seule chose, malheureusement essentielle : le rythme.

En effet, on peut facilement découper ce roman en trois partie distinctes : une première de mise en place de l’intrigue, du monde, et les premières péripéties ; une seconde correspondant à une sorte de road-trip fantasy et approfondissement du monde ; et une dernière sur les dernières actions, dénouement et anticipation sur le tome suivant. Jusque là, tout semple normal. Mais non ! La première et la dernière partie ont rythme extrêmement rapide, voire même trop rapide, qui nous donne très vite une sensation d’essoufflement et d’oppression : on n’arrive pas à respirer. En balance avec cela, on a une partie centrale, la plus importante et la plus conséquente qui est d’une lenteur absolument mortelle d’ennuie. Des passages beaucoup trop long, beaucoup trop lent, et qui ne servent que trop peu à l’intrigue : plusieurs passages étaient totalement inutiles et superflus, tout en venant totalement casser la lecture. Dommage.

Mais ce qui est d’autant plus dommage, c’est le raté total du sujet principal, à savoir la dystopie.

Quand on fait une dystopie, on le fait rarement sur un sujet facile : ici, la religion. J’étais vraiment très excitée et curieuse de lire une dystopie qui pour une fois, ne se focalise pas uniquement sur le côté politique mais sur le côté religieux, un sujet pour moi encore plus délicat. Je m’attendais à de grand débat entre le Bien et le Mal, la place de la religion, son fonctionnement, ses perversités, etc. Et je n’ai rien eu de tout cela, si ce n’est des ébauches trop fines et inexploitées.

De plus, dans une dystopie, j’attends un minimum d’argumentation et de maturité de la part des personnages, mais je n’ai rien eu de tel : aucune longue argumentation. D’autant plus que notre personnage principal est d’une médiocrité sans nom : constamment dans une mentalité de victime dépressive, aucune capacité d’argumentation… Comment peut-on avoir une argumentation solide et pousser un lecteur à la réflexion quand le personnage central a la capacité réflective d’une huître ? Donner un argument, se le faire contrer, en donner un autre, se le faire contrer à nouveau, et se refermer en insultant… Non, ça ne passe pas.

Vous l’aurez facilement compris, ce livre m’a fortement déçu après m’avoir vendu des espoirs énormes à travers un résumé plus qu’alléchant.

Malgré cela, je ne peux pas retirer à ce livre son monde fabuleux, avec une mythologie extrêmement complète, travaillée et très intéressante, de même qu’une chute qui me donne espoir en le prochain tome.

En bref, un livre qui m’a déçu, mais avec une chute qui me laisse croire que ce n’était qu’une mise en bouche, et que le second tome sera bien meilleur.

Citation :

Le Désordre, c’est le dieu Mao, c’est le Mal. Mais c‘est aussi et surtout la Nature. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas plus ignoble, sans-coeur et invincible qu’elle.
Avec la Nature, c’est marche ou crève. Si tu ne fais pas ce qu’elle veut, elle te zigouille et passe à un autre. Tu vis en son sein. Donc tu dois lui obéir.

Ma note : 9.75/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 2.5/4
• Potentiel d’addiction – 0.5/3
• Personnage – 0.75/2
• Emotions – 0.25/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 0.75/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Dystopie·Fantasy/Fantastique·Philosophie/Réflexion

Rebelle du désert (Rebelle du désert 1/?) – Alwyn Hamilton

couv71659926Caractéristiques : 

  • Auteur – Alwyn Hamilton
  • Editeur – PKJ
  • Parution – 2016
  • Pages – 284
  • ISBN – 978-2266263375

4ème de couverture : 

Amani veut quitter sa ville, Dustwalk, qui se trouve dans le désert du Miraji, pour découvrir le reste du monde.
Sa rencontre avec Jin, un jeune homme recherché pour trahison, leur permet de fuir la ville et de traverser le désert où vivent des monstres surnaturels. Bientôt, Amani découvre le véritable rôle de Jin dans la guerre contre le Sultan et son fils.
Cette guerre va les rattraper…

Mon avis :

Je dois avouer que je ne m’attendais pas du tout à ça en ouvrant ce livre. Bien qu’un peu perplexe, je ne peux le nier, ce livre est merveilleux !

Le style de Alwyn Hamilton est assez spécial, puisque assez froid et distant, mais à la fois extrêmement personnel. On arrive très bien à sentir l’état d’esprit de notre Amani rien que par le style. Riche, fluide, rythmé… Mais aussi calme et posé par moment.

L’intrigue quant à elle est assez basique je trouve pour un roman de YA : une jeune femme qui ne se trouve pas à sa place dans un village, un monde dur, alors elle cherche par tous les moyens de fuir, s’échapper de son quotidien… Et fini par partir à l’aventure avec un homme. Assez basique, mais le monde quand lequel l’intrigue et l’histoire se déroule fait tout !

L’histoire est fabuleuse. Que ce soit le monde comme la mythologie en arrière fond, tout est extrêmement bien travaillé. Les descriptions du désert sont absolument magiques, tout comme les mythes et légendes de ce monde si dur envers les femmes…

La place de la femme dans ce roman, parlons en ! Je pense ne pas me tromper en qualifiant ce roman d’engagé auprès de la cause féminine. En plus de la recherche propre à Amani, une des charnières principales de cette oeuvre est la place de la femme. Véritable scène, ce roman n’hésite pas à montrer à quel point le monde peut être dur quand on est une femme. Mais je note surtout que ce qui est décrit reflète un peu trop bien (malheureusement…) notre réalité actuelle. Même si la femme s’émancipe de plus en plus et a de plus en plus de liberté, elle reste soumise à des diktats sociaux et à des préjugés infondés. Un livre indispensable à lire pour la jeunesse, afin de leur montrer l’absurdité d’une telle inégalité.

Les personnages sont quant à eux assez spéciaux, mais attachants tout de même !

Même si je n’ai pas toujours compris les motivations d’Amani et certaines de ses décisions, elle reste notre héroïne principale, et elle est pleine de valeurs, telle que la fidélité, l’envie de liberté et justice.

Jin quant à lui… Très mystérieux, et bougrement attendrissant !

En bref, un bon roman de YA dans un univers riche et original, portant de valeurs et un message puissant ! J’ai hâte de lire la suite !

Citations :

Jin leva son verre. « Peut-être ne suis-je qu’un pacifiste ? »
Je trinquais avec lui. « Tu as beaucoup d’armes pour un pacifiste. »


« – Tu sais, jusqu’à ce que je te rencontre, je ne croyais pas au destin », dit-il en inclinant la tête dans un profond soupir. « Puis je me suis dit que la coïncidence n’avait pas un sens de l’humour si cruel. »


– Tu es un vrai charmeur, on ne te l’a jamais dit ?
– Si, mais généralement on ne me le dit pas en levant les yeux au ciel.


Le feu est comme les balles. Il ne fait pas distinction entre le bien et le mal.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.25/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 1/1.5 
• Bonus « Féminisme » : +1pt

Comédie·Dystopie·Historique

Guerre aux Grands ! (Mort aux Grands ! 2/2) – Pierre Léauté

couv38608720Caractéristiques : 

  • Auteur – Pierre Léauté 
  • Editeur – Le Peuple de Mü
  • Parution – 2016
  • Pages – 152
  • ISBN – 979-1092961485

4ème de couverture : 

1939. Augustin Petit tient enfin les grands dans sa main et s’apprête à la refermer sur eux. Devenu Empereur des Français, il lance sa croisade ultime envers et contre tous… et surtout malgré l’équipe de bras cassés qui l’accompagne.

Des pyramides égyptiennes aux palais de Rome, rien ne pourra arrêter l’ascension du plus petit des grands hommes.

Mon avis :

Encore une fois, je remercie chaudement l’auteur de m’avoir envoyé ce second tome, que j’ai trouvé plus léger et déjanté que le premier !

Le style de Pierre Léauté ne change pas, à l’exception faite qu’il est un peu plus léger, et axé sur le comique dans ce tome-ci. J’ai presque envie de dire que c’est normal, étant donné qu’Augustin a réussi à accéder au pouvoir. Le ton change un peu donc.

La trame de fond est identique à celle du premier tome : une uchronie de base. Cette fois-ci, nous ne sommes plus dans la période 1918-1933/1935, mais dans la suivante, celle de l’avant/pendant/après Seconde Guerre Mondiale.

Pour ce qui est l’histoire même… Encore une fois, c’est une réussite ! Originale, drôle, mais qui parfois, reste sérieuse et soulève des questions loin d’être anodines, Pierre Léauté nous fait suivre son petit personnage, haut en couleur, pour notre plus grand plaisir à nous lecteur !

Les personnages… Les personnages… Déjà qu’ils étaient bons, ici, l’auteur a mis le paquet ! Nous suivons toujours les mêmes personnes, et l’accentuation de leurs traits comiques rajoutent une dimension absolument énorme !

Vous l’aurez compris, ce tome est très proche du premier, à ceci près qu’on ne se place pas au même endroit niveau temporel, et que le comique a été bien plus mis en avant que dans le premier tome. Une chronique très courte, mais que rajouter de plus ? Ah ! Oui : Augustin est vraiment entouré qu’une équipe de bras-cassés…

En bref, un tome 2 excellent, à la hauteur du premier ! Fou rire garanti !

Citations :

– Celui d’Ulysse, mon fils. L’Histoire ne se souvient jamais des colosses mais des bâtisseurs.


Vérités et fantasmes s’entremêlent parfois de noeuds si inextricables que les mensonges d’hier prennent étrangement vie.


Son cornet enfoncé dans l’oreille droite, le professeur Mogetty fronça les sourcils :
– Ah, ah ! Oui ! rigola le vieux fou, complètement hilare.
– Non, mais il a les fusibles qui se touchent le fossile ? se lamenta le haut gradé. Des bombes supersoniques maintenant ! Je vous préviens, moi, si on ne réagit pas tout de suite, autant plier les gaules et rentrer chez grand-mère !
L’éminent prix Nobel planta ses branches de lunettes dans ses écoutilles, l’air complètement hagard.
– Laissez tomber, fit l’Auvergnat, le pauvre à perdu la boule depuis que son laboratoire a été bombardé. Une armoire normande lui est tombée sur le ciboulot. Alors bon, on l’habille, on le sort, on lui a donné une petite chatte pour l’occuper, mais lui demandez pas le carré de l’hypothénuse, il est trop siphonné du bulbe pour s’en rappeler.


– Ah, mais pas besoin d’aller si loin pour refiler des gnons ! J’ai pas l’habitude de castagner du croulant, mais faudrait voir à pas trop me gonfler, hein !
L’Auvergnat reçut en guise de réponse une paire de pantoufles sur le coin de la figure.
– Celle-là, elle est pas venue d’Amérique !
Et comme un seul homme, touts les pécores de l’immeuble balancèrent à leur tour une pluie de tatanes sur mon président du Conseil. J’enfournai ma tête entre mes deux mains tandis que Lise m’enlaçait tendrement. Mais quel dieu avais-je offensé à ce point pour que tous les casse-burnes de la création s’entendent pour me les briser ?

Bien plus comique que le premier tome…


– C’est pas la priorité, Suprême !
– Pour moi, si, me butai-je.
– Donnez-moi au moins une division.
– Non.
– Un bataillon, alors !
– N’insistez pas.
– Une patrouille, une toute petite patrouille, mendia mon président du Conseil désespéré.

Ça me rappelle un dialogue dans Astérix et Obélix Mission Cléopâtre ça… 
– Une gourde. Une gourdinette. Un bol alors. Une bolinette ! C’est un petit bol…

Ma note : 18.5/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 0.75/1.5
• Humour – 1.5/1.5
• Bonus « Fou rire » : +0.5 pt

Dystopie·Romance·SF

Forget Tomorrow (Forget Tomorrow 1/2) – Pintip Dunn

couv42446549-1Caractéristiques : 

  • Auteur – Pintip Dunn
  • Editeur – Lumen
  • Parution – 2016
  • Pages – 430
  • ISBN – 978-2371020641

4ème de couverture : 

Imaginez un monde où votre avenir a déjà été fixé… par votre futur moi !

Callie vient d’avoir dix-sept ans et, comme tous ses camarades de classe, attend avec impatience le précieux « souvenir », envoyé par son moi futur, qui l’aidera à se glisser dans la peau de la femme qu’elle est destinée à devenir. Athlète de haut niveau… Scientifique de renom… Politique de premier plan… Ou, dans le cas de Callie, tueuse.

Car dans son rêve, elle se voit assassiner Jessa, sa jeune sœur adorée… qu’elle passe pourtant ses journées à protéger des autorités, car l’enfant a le pouvoir caché de prédire l’avenir proche ! Avant même de comprendre ce qui lui arrive, Callie est arrêtée et internée dans les Limbes – une prison réservée à tous ceux qui sont destinés à enfreindre la loi. Avec l’aide inattendue de Logan, un vieil ami qui a cessé, cinq ans auparavant, de lui parler du jour au lendemain, elle va tenter de déclencher une série d’événements capables d’altérer son destin.

Lorsque l’avenir semble tout tracé, le combat est-il perdu d’avance ? Dans la veine de Minority Report, Forget Tomorrow est le premier tome d’une dystopie haletante, dont l’héroïne va devoir trouver un moyen infaillible de protéger sa sœur de la plus grande des menaces : elle-même…

Mon avis :

Ce livre, je l’avais déjà repéré quelques mois avant sa sortie, pour sa couverture absolument sublime et son résumé plus qu’accrocheur. Alors au Salon du Livre, quand je l’ai vu sur l’étallage, je n’ai pas hésité, et j’ai foncé… Et beaucoup aimé !

Le style de Pintip Dunn est extrêmement particulier, car très fluide et assez riche. Puis… Il y a ce petit quelque chose, que l’on sent, que l’on ressent, mais qu’on est incapable de nommer. Ce n’est pas à la hauteur de ce qu’arrive à faire Pierre Bottero, mais c’est dans la même veine. L’auteur joue aussi beaucoup avec le rythme, et n’hésite pas à souvent en changer. C’est assez surprenant et déroutant, mais agréable après coup.

L’intrigue même de l’histoire repose, une fois encore, sur de la dystopie. On en fait un peu une overdose en ce moment, mais cette fois-ci, elle n’est pas du tout abordé de la même manière que dans d’autre ouvrage, dans le sens où cette fois, nos héros se battent à la fois contre un régime véreux, mais à la fois contre une entitée abstraite : le Destin. Immédiatement, j’ai pensé aux Moires. Et le traitement de cette donnée et de cette lutte contre le Destin est extrêmement bien menée, très subtile et puissante à fois, donnant à l’oeuvre globale une dimension supplémentaire qui fait défaut aux autres romans du même genre.

L’histoire est quant à elle, assez originale, dans le sens où son rythme change beaucoup entre les chapitres, et dans les chapitres eux-mêmes. Mais globalement, on peut diviser le livre en trois parties : le début, le milieu, et la fin. Très original n’est-ce pas ? Pourquoi ce découpage ? Tout simplement parce que comparé au milieu du roman – malgré quelques accélérations – à tendance plus lente, le début et la fin ont un rythme bien plus rapide.
Ce qui peut être assez gênant, parfois, je l’avoue. Certains passages manquent un peu trop de punch et d’énergie, pour ne pas créer de baisse de régime.

Pour ce qui est des personnages, j’avoue être assez mitigée.

Callie tout à d’abords. Autant elle est pleine de force, de courage, et de détermination pour sauver sa soeur, aider la communauté… Mais autant parfois, un bon coup de pied là où je pense ne serait pas de trop !

Logan… C’est la même chose. J’aurais très bien pu avoir un crush de lectrice pour lui si son seul but n’était pas d’autant plaire à son frère pour se faire pardonner. Ça frôle le pathétique parfois.

C’est exactement la même chose pour tous les autres personnages, qui inspirent pour la grande majorité plus la pitié que l’affection.

Comment parler de ce livre sans prévenir que vos émotions feront le yoyo ? Un véritable ascenceur émotionnel !

En bref, un très bon roman qui se lit vite et sans possibilité de le poser avant la fin ! Dommage que les personnages ne soient pas plus attachants…

Citations :

Ce n’est pas facile de se battre contre le Destin. Ça demande une volonté et une force hors du commun. Mais c’est possible.


C’est dans la variété que l’on trouve tous les arômes de la vie.


Le temps efface la douleur, mais pas les blessures. Pas tout à fait.


Je pensais que dans ce monde, rien ne pouvait vaincre l’amour. À présent, je sais qu’il existe des forces supérieures.


Mais je sais que les larmes sont comme l’eau qui goutte dans une grotte. Elles semblent insignifiantes, et pourtant, au fil des ans, la douleur qu’elles expriment vous change en pierre, aussi sûrement que les gouttes créent les stalactites.


Qu’est-ce qu’une vie où tu redoutes ton futur à chaque instant ? Ce n’est pas ce que j’appelle vivre !

Ma note : 16.25/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Comédie·Dystopie·Historique

Mort aux Grands ! (Mort aux Grands ! 1/2) – Pierre Léauté

couv17801329Caractéristiques : 

  • Auteur – Pierre Léauté 
  • Editeur – Le Peuple de Mü
  • Parution – 2015
  • Pages – 180
  • ISBN – 979-1092961393

4ème de couverture : 

1919. La Première Guerre mondiale s’achève enfin et la France doit reconnaître sa défaite face à l’Allemagne. Humiliée, ruinée, la population vit désormais sous le joug du grand Kaiser. Des cendres de la défaite va cependant s’élever un homme qui ne se résigne pas : le soldat Augustin Petit ! Lui seul a compris les raisons de la déroute. Lui seul en connaît les responsables. Lui seul a le courage de les désigner : les grands ! Voici poindre la terrible revanche du plus patriote des rase-moquettes. Vive les petits bruns ! Deuxième roman de Pierre Léauté, Mort aux grands ! est roman uchronique drôle et décalé qui n’oublie pas de nous faire réfléchir sur l’incroyable propension des peuples à choisir, parfois, les idées les plus stupides…

Mon avis :

Je tiens tout d’abords à remercier l’auteur qui a accepté de m’envoyer les deux tomes de sa série… Ce premier tome est tout simplement succulent !

Le style de Pierre Léauté est assez particulier, et très original ! Riche, il arrive à être à la fois complexe et extrêmement simple. Son petit côté old school nous prend aux trippes et nous plonge un peu plus dans cet univers datant de 1918 environ, tout en restant moderne. Une très belle découverte !

L’intrigue de Mort aux Grands ! est une base même d’uchronie. À mi-chemin entre l’imaginaire et les faits historiques avérés, l’auteur nous emmène dans une France post-première-guerre-mondiale qui a perdu la guerre, et où un petit brun émerge, avec des idées plus que radicale sur une certaine tranche de la population…

L’histoire est quant à elle menée d’une main de maître ! Tantôt comique, tantôt sérieuse, nous suivons avec délectation les aventures d’Augustin Petit. Fou rire sont au rendez-vous, vu l’équipe de bras-cassés qu’il se traîne ! Mais des frissons froids, de ceux qui vous glacent et vous remontent le long de la colonne vertébrale sont aussi à prévoir… Certains rapports, certains liens, clairement établis entre Augustin et un autre petit brun extrêmiste qui a marqué sont nombreux, et… Brrrr. J’en frissone encore.

Les personnages sont excellents !
Augustin, on va se le dire directement, un Hitler à la française, est aussi effrayant que ridicule. Car s’il est glaçant, déterminé et méchamment extrêmiste, son « ennemi » est fichtrement ridicule.
L’Auvergnat est tout aussi excellent : il brille par sa débilité.
Les autres personnages, plus secondaires, sont tout aussi travaillés.

En effet, Augustin Petit ne se bat pas contre le Gouvernement, contre les politiciens sans vergogne… Mais contre les grands ! Au départ, que je pensais que c’était les grands quand le sens personnes importantes… Mais non. Ce sont juste les grands de taille. Le livre est pavé de discours anti-grand, de lois visant à réduire la liberté des grands de taille… Ceux de plus de 1m75. Si on est plus petit, on est considéré comme ayant une « Taille réglementaire ». Ça m’a bien fait marrer ! Avec mon mètre 52, j’ai de la marge !

Mais le retournement, et ce qui rend le livre intéressant, c’est toute la propagande mise en place, et surtout, l’ouverture que cela donne. Je m’explique : on nous montre un monde identique au notre, avec la montée d’une pensée extrême contre une partie de la société… Et on voit le monde y adhérer, malgré le ridicule des idées. Une belle manière de montrer l’attrait des populations pour les régimes totalitaires.

En bref, un premier tome excellent, aussi drôle que glaçant et percutant !

Citations :

J’appelai mon chien Napoléon, car c’était un aboyeur de première. Petit et hargneux.


– Non, le véritable ennemi de la France a prospéré en son sein.
– Ah ? Qui ? s’étonnèrent les curieux.
– Les grandes perches ! assénai-je d’un coup à l’assistance médusée.


Des élections libres ! Pouah ! Je préférais autant assister au spectacle de Guignol. Là, au moins, je ne voyais pas les mains des marionnettistes guidant leurs pantins.


Pendant que j’étais à parader dans l’atmosphère feutrée de ses appartements, Joseph Gernot, grimé et méconnaissable, déversait sous mes ordres du pétrole sur la façade de notre quartier général.


Ce que j’allais vendre ?

La peur.


– Vous… Vous vous prenez pour l’Empereur ? balbutia l’avocat tremblant. Vous avez perdu la raison !
– Savez-vous ce qui sépare le fou du roi ? L’ambition.


En sortant de ma geôle sans fenêtres, Bonpoil me dévisagea comme chacun aurait dû le faire. Avec crainte.

Vous le sentez, ce frisson glacé ?


Mon ventre se mit alors à gargouiller. J’aurais donné tout l’or de Toulouse pour une tartine de confiture. Là-haut, dans le rangement le plus culminant de la cuisine se tapissaient les pots de mûre.
– Un tabouret, Monsieur ?
Je foudroyai mon chauffeur du regard.


– Tu es un idiot Raymond, tu ne vois pas plus loin que le bout de ton nez. Que fait un peuple dépourvu de tout, de pain, de viande ou même de confiture ?
– Il prend un tabouret ?
Je soufflai longuement.
– Tu es désespérant.

Vous l’entendez, ce fou rire ? xD


– Son malheur plutôt ! Dreusset se retourna, un poing accusateur brandi. Vous brûlez notre passé ! Pourquoi ne pas jeter aussi les peintures du Louvres au feu pendant que vous y êtes ?
Consterné, l’éditeur réalisa sa bévue et moi mon oubli.
– Oh merde.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.25/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 0.75/1.5
• Humour – 1.5/1.5