Contemporain·Drame

Vénus – Jérémie Lahousse

couv46400073Caractéristiques : 

  • Auteur – Jérémie Lahousse
  • Editeur – Paulo-Ramand
  • Parution – 2016
  • Pages – 124
  • ISBN – 978-2754304856

4ème de couverture :

Décidément Jacqueline n’a pas de chance ! Elle se fait renvoyer de son travail et abandonner par son compagnon, et ce n’est pas la première fois. Un beau matin, elle reçoit une lettre dans laquelle se trouvent des analyses sanguines et un post-it. Elle aurait peut-être un cancer. Les tests cliniques confirment cette hypothèse et le médecin annonce à Jacqueline la couleur : ses prochains mois seront rythmés par des traitements de choc. La situation est délicate, mais la femme a du courage et décide de lutter de toutes ses forces contre ce monstre invisible qu’elle croit être la conséquence de blessures de son passé. Dans son malheur elle a de la chance : lors de sa première cure, elle rencontre un jeune chirurgien avec lequel elle noue des liens très particuliers.

Mon avis : 

Pour changer un peu des mondes imaginaires, ou torturés, j’avais besoin de me replonger dans le présent et dans notre réalité, tout en explorant un domaine à peu près connu. Une lecture sympathique, pour passer le temps, et de laquelle on peut tirer quelques enseignements.

Le thème principal de ce livre n’est pas des plus joyeux, mais le roman n’en devient pas pathos et triste pour autant : le cancer, et plus particulièrement, la leucémie. On suit tout au long de Vénus une femme qui perd tout, et apprend qu’elle est atteinte de cette dure maladie.

Nous suivons son combat, mais aussi son quotidien.

Il n’y a pas beaucoup à dire sur les actions, les personnages, car ils sont pas exceptionnels et mémorables, dans le sens où ce ne sont pas des héros dans le sens littéraire ou cinématographique, mais des héros dans le sens humains et réel du terme. Des personnages pouvant être Monsieur et Madame tout le monde, votre voisin, votre épicier, le tenancier du kebab du coin… Ou même vous ! Ce qui est un excellent point.

Deuxième très bon point : pour une fois, on lit un roman qui aborde le sujet du cancer, sans pathos, et d’un angle destiné aux adultes et non pas à un lectorat young-adult. J’étais curieuse de voir la différence entre les deux traitements, et c’est sans appel : la dimension adulte est peut être un peu moins émouvante, mais plus proche de réalité du terrain.

Et enfin, ce que j’ai le plus apprécié : on ne se concentre pas sur la souffrance du malade. Sur ce que vont vivre ses proches, ce qu’il ne va pas pouvoir faire… Mais bel et bien sur sa vie, son combat, mais surtout sur ce qu’il reste de vie au malade en dehors du cancer. C’est à dire des choses de la vie courante : retrouver des personnes perdues de vue, sortir, rire, aimer, avoir peur… Être humain.

Malheureusement, quelques bémols sont à noter, notamment un style parfois trop famillier et en décallage en comparaison de la situation, avec des scènes pas forcément des plus claires parfois.

En bref, un roman court, aussi doux que puissant, qui met l’accent sur une facette de la maladie trop peu mise en avant.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 13.75/20

• Scénario – 2.75/4
• Ecriture/Style – 2.5/4
• Potentiel d’addiction – 2/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.75/1.5

Drame·Thriller

La Résurrection (Extraction 2/2) – Tony Perraut

cover-280Caractéristiques : 

  • Auteur – Tony Perraut
  • Editeur – Auto-édité
  • Parution – 2017
  • Pages – 330
  • ASIN – B0722N7KD4

4ème de couverture :

Tu ressors d’un long cauchemar dans lequel tu t’étais volontairement endormi.
Tu te retrouves de nouveau seul.
Toujours cette peur dans le ventre, Un soir tu entends, venant d’un haut-parleur situé en haut de cette immense pièce une voix.
Tu ressens le moindre fragment de son ton,
Elle est là : 72 heures pour sortir, 72 heures pour comprendre la réalité du monde. Les démons ressortent.
Et le meurtre lui, se fera sans anticipation. Tuer pour survivre, survivre pour être tué.

Mon avis :

Vous aviez eu droit à la chronique du premier tome il y a peu, et je remercie l’auteur d’avoir placé sa confiance en moi une nouvelle fois pour lire le second tome en avant première (sortie le 27 juin)… Et bien je ne suis pas passée loin du coup de coeur !

Que d’amélioration ! Quand nous avions un premier tome un peu brouillon sur les bords et extrêmement confus, avec un rythme mal maîtrisé, et que nous avons là un second tome bien plus maîtrisé, plus mature, avec un rythme bien plus soigné… Je ne peux qu’applaudir.

Bien que l’on soit toujours dans la tête d’Ugo, ce pauvre homme pas très équilibré, on arrive à suivre ses délires, à les comprendre, les interpréter… C’est déjà beaucoup plus agréable pour nous, lecteurs, car nous sommes bien moins perdus, mais aussi pour le personnage lui-même qui, bien que déséquilibré, possède tout de même un semblant de cohérence et de solidité.

Il en est de même pour les thèmes abordés : meurtre, peur, blessure, courage, survie… Le tout, savamment arrangé, donnant alors un ensemble à la fois cohérent et qui sonne juste. Et c’est cela le plus important : dans le précédent tome, les thèmes étaient trop disparates, les liens entre eux trop fins pour donner un ensemble sur le bon ton. Ici, rien de cela.

Ce que j’ai vraiment trouvé intéressant, c’est à la fois le développement donné avec la trame de fond plus axé sur la famille et le passé, ainsi que la comparaison constante, lors des moments de folies ou d’adrénaline, avec un orchestre, une musique, le plus souvent classique. J’en viendrai même à me demander si cette saga ne serait pas – dans une certaine mesure – une métaphore d’un opéra ou d’un concerto. Oui, je vais loin.
En bref, une écriture bien plus travaillé et mature, sur un lit de suspens bien rythmé, à la chute du moins improbable. Chapeau !

Citations :

Parfois, les mots sont impossibles alors on ferme les yeux et on montre des images. Des images indescriptibles. Comme si elles étaient destinées uniquement à être imaginées et non révélées.


– Si ma vraie maman est l’étoile et mon papa l’univers, je veux être le rêve car sans lui les étoiles n’existent pas, elles ne sont que des planètes. Alors que dans nos rêves, elles sont brillantes et scintillent dans le ciel comme des milliers de mamans oubliées.


L’homme n’a pas de peur. Ah si, une seule, la vérité.


On n’arrête pas les bonnes choses, on les fait vivre à jamais.


– Tu ressens ? Il y a autant de battements de coeur actuellement que de jours que je veux passer avec toi.


Nous sommes ce que nous devons être.


Les étoiles paraissent heureuses et pourtant si tu regardes bien, elles sont mortes.


Je n’ai de rêve que celui où tu m’as dit je t’aime.

Ma note : 16.5/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 2.75/3
• Personnage – 1.5/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Drame·Fantasy/Fantastique·Thriller

Sur le seuil – Loïc Dossèbre

cover-236Caractéristiques :

  • Auteur – Loïc Dossèbre
  • Editeur – Auto-édité
  • Parution – 2017
  • Pages – 30 
  • ISBN – Non renseigné

4ème de couverture : 

Un visiteur étrange, chaque semaine – à la même heure –, frappe à la porte d’un vieil homme reclus dans son appartement. Celui-ci n’a pas le temps d’ouvrir que la chose, déjà, se volatilise. Il s’inquiète et au fil des jours sombre peu à peu dans la paranoïa…

Mon avis :

Si je vous dis : nouvelle, horreur, mystère… À quoi pensez-vous ? Si vous pensez au Horla de Maupassant, vous n’êtes pas loin ! Je parle ici de Sur le seuil, une nouvelle d’une trentaine de pages qui n’est pas passé loin du coup de coeur pour moi !

Un univers tout ce qu’il y a de plus banal, avec un personnage des plus insipide par sa neutralité… Mais tout bascule le jour où quelqu’un sonne à sa porte chaque semaine, exactement à la même heure…

Nous suivons donc ce personnage d’homme âgé, probablement retraité, vivant dans un immeuble peut fréquentable, qui va finir par sombrer dans la folie. Ce qui est extrêmement intéressant et poignant, ce n’est pas tellement ce qu’il lui arrive – bien que ce soit dramatique – mais plutôt comment est-ce qu’il réagit.
En effet, on voit ce bon vieux papy sombrer dans les méandres de son cerveau et de sa paranoïa, jusqu’à une certaine fatalité plus que tragique.

Mais ce que j’ai énormément apprécié dans cette nouvelle, c’est avant tout les ressemblances présentes avec Le Horla de Maupassant. Un style d’écriture qui peut s’en rapprocher par moment, un sujet commun, avec une évolution commune… Nous ne voyons pas simplement notre personnage principal tomber, nous tombons avec lui, la boule au ventre : avec cette nouvelle, on ne lit pas avec les yeux, mais avec les tripes.

En bref, une nouvelle excellente d’un auteur à surveiller de près.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 16.5/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.25/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Drame·Thriller

La naissance (Extraction 1/2) – Tony Perraut

cover-98Caractéristiques : 

  • Auteur – Tony Perraut
  • Éditeur – Auto-édité
  • Parution – 2017
  • Pages – 312
  • ISBN – 978-1520687100

4ème de couverture : 

Je suis Ugo, j’ai 25 ans. Un soir, je me suis réveillé. Je n’étais pas chez moi, j’étais chez eux. Une pièce de seulement cinq mètres carrés pour vivre, des envies de mourir. Ils me surveillent. Un soir, je gratte le mur, de longues heures. J’entends des bruits ! Ils sont là. Un trou apparaît. Eux, c’est elle. Scarlett, ma sœur. Rien n’est normal, tout est incontrôlable. La drogue, ils nous droguent. Des rêves hallucinatoires… Célia, mon amour, tu es morte il y a des mois. Je vais découvrir que nous avions une petite. Tu vas réapparaître, disparaître. Nous allons devoir sortir si nous ne voulons pas mourir. Mais avant ça, je vais devoir revivre mon passé. Je t’en supplie, aide-moi.

Mon avis :

Premier roman reçu via la plateforme SimPlement (que je conseille à tous les auteurs, blogueurs et éditeurs soit dit en passant), j’avoue être assez mitigé pour cette lecture. Il faut savoir que Tony Perraut est un auteur auto-édité (vous savez que je suis favorable à ces derniers).

Que dire de ce premier roman, pour le moins extrêmement spécial ! Tout d’abord, il est assez long, compte-tenu du contenu réel, ce qui peut être un frein pour beaucoup. Le speech de base est assez simple, et typique d’un thriller-psychologique comme on les aime : un homme enfermé depuis un moment pour on-ne-sait-quelle-raison, tente de s’échapper, mais son esprit décline…

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, j’ai été sur des montagnes russes avec ce roman, mais pas forcément de la bonne manière. Je m’explique. Le début est extrêmement prometteur, avec des phrases assez courte, nous donnant une impression d’enfermement et d’essoufflement assez conséquent : tout ce qu’il faut pour créer une ambiance tendu et oppressante. Toute la première partie est assez prenante, on a envie de savoir pourquoi ce pauvre Ugo se retrouve là. Puis il arrive un moment clef où on commence à en savoir plus et là…

On va dire que je n’ai pas vraiment compris ce qu’il s’est passé, mais la lecture est devenue complètement chaotique, sans queue ni tête. Dès que j’arrivais à trouver un fil conducteur, il disparaissait aussitôt au chapitre suivant. Et ce, durant toute la partie centrale de l’oeuvre. J’ai vraiment eu cette impression de perdition, et de non-sens total, et cela m’a quelque peu dérangé. Mais alors on se souvient de l’avant-propos de l’auteur, nous mettant en garde : « Il est possible pendant votre lecture que vous soyez perdus dans le cours de l’histoire. C’est totalement normal. Moi-même quand j’ai écrit cette histoire j’ai été totalement imprégné par mon personnage au point d’en écrire les moindres faits et gestes de son subconscient. » À partir de là, plusieurs réactions sont possibles : soit on s’enferme dans l’incompréhension, et on passe totalement à côté, soit on essaie de rentrer complètement dans le roman et de comprendre pourquoi Ugo est tellement torturé.

Bien heureusement, tout fini par s’éclairer sur la fin, bien qu’il reste encore quelques petites zones d’ombres.

Ce roman est vraiment spécial et puissant, mais mériterait à mon goût quelques autres relectures afin de le rendre encore mieux. Les personnages sont extrêmement intéressants, mais trop peu exploités et explorés. De fait, on a du mal à s’attacher à eux, malgré ce qu’ils vivent. Les dialogues sont parfois un peu trop enfantin, ou surfait, et s’apparenteraient plus à des discours de théâtre que de roman, ce qui détonne un peu avec l’ambiance générale. Mais le plus gros point négatif selon moi reste encore la partie centre, trop floue et dingue, mais surtout beaucoup trop longue. Quelques passages auraient pu être très facilement supprimés, allégeant alors un peu le tout, et surtout, le rendant très certainement un peu plus compréhensible pour les lecteurs les moins concentrés et assidus.

Mais pour un premier roman, je tire mon chapeau, c’est du bon boulot. Un auteur à surveiller.

En bref, un roman qui reste bon dans le fond, bien qu’il ne sorte pas vraiment de l’ordinaire, tout en manquant un peu de rigueur et de clareté.

Citations :

Il n’y a qu’en rêvant que l’on décroche les étoiles…


Tu n’as pas peur de l’avenir… Juste de faire des erreurs…

Ma note : 13/20

• Scénario – 2.75/4
• Ecriture/Style – 2.5/4
• Potentiel d’addiction – 1.5/3
• Personnage – 1/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Contemporain·Drame·Philosophie/Réflexion

Treize raisons – Jay Asher

couv11972806Caractéristiques :

  • Auteur – Jay Asher
  • Éditeur – Albin Michel
  • Parution – 2010
  • Pages – 284
  • ISBN – 978-2226195531

4ème de couverture :

Clay Jensen reçoit sept cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui ont, de près ou de loin, influé sur son geste. Et Clay en fait partie. D’abord effrayé, Clay écoute la jeune fille en se promenant au son de sa voix dans la ville endormie. Puis il découvre une Hannah inattendue qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer…

Mon avis :

Même si ce livre est sorti il y a un petit moment maintenant, j’étais complètement passé à côté. C’est en regardant la série Netflix sortie il y a peu que j’ai découvert que le livre existait. Après voir littéralement dévoré la série (presque d’une traite), j’ai voulu lire le roman. Et bien pour une fois, j’ai préféré l’adaptation au livre.

Je ne ferai pas un article sur la différence entre le film et le livre, mais uniquement sur le livre.

Ce qui en fait sa force est bien évidemment à quel point il est cru, plus que le sujet en lui même. Ce n’est pas le premier livre sur le harcèlement scolaire que je lis, ni qui est édité, mais c’est le premier que je lis et qui est aussi cru, voire même par moment malsain. Comparé à Blacklistée de Cole Gibsen, 13 raisons pourrait paraître comme un thriller psychologique tellement il est puissant et intrusif.

Chaque chapitre correspond à la face d’une cassette, et on alterne entre le point de vue de Clay, et la narration d’Hannah. Chose assez éprouvante, car la narration globale est totalement hachée : dès qu’Hannah dit quelque chose, Clay va de son petit commentaire ou de son anecdote, nous donnant alors un autre point de vue sur une situation identique. Procédé extrêmement intéressant je trouve, car on voit alors les fautes de chaque personnage : ce que Hannah aurait pu faire, ce qu’elle a fait, ce que Clay n’a pas vu, etc.

Mais ce qui transforme ce roman dur en véritable page-turner, c’est à quel point il est malsain et cru dans ses démonstrations. Hannah n’hésite pas à utiliser le vocabulaire spécifique concernant ce qu’elle a vécu, et elle n’omet rien, même les détails les plus sordides. Contrairement à Clay qui veut la vérité, nous sommes nous, lecteurs, placés dans le rôle du voyeur, ce qui peut être extrêmement dérangeant.

Ce qui à mon goût, rend ce roman indispensable à lire (de même que la série), est sa justesse. Combien de fois me suis-je retrouvée dans le personnage d’Hannah ? Bien trop à mon goût. Ce qui m’a le plus chamboulé, ce n’est pas tellement ce qu’elle vit, et comment elle raconte, ô combien sa démarche est macabre et morbide, mais à quel point sur certains de ses ressentis, j’étais proche d’elle. L’auteur a réussi à se mettre dans la peau et surtout dans la tête d’une adolescente harcelée avec une facilité déconcertante, et le résultat n’est que plus vraisemblable.

Alors oui, Hannah a fait des erreurs fatales, des actes manqués qui auraient pu lui sauver la vie. Mais là est toute la puissance du roman : le personnage n’est pas parfait, mais est humain, à faire des erreurs et à penser non plus rationnellement, mais en suivant un seul fil : comment arrêter de souffrir ?

Vous l’aurez compris, ce livre est une pépite, bien qu’elle soit assez malsaine, et que certaines réflexions que fait Clay sont totalement déplacées à mon goût. Bien moins violent que la série, je conseillerais à ceux voulant découvrir cette histoire de commencer par le livre s’ils sont d’un naturel fragile et/ou sensible.

En bref, une roman percutant, cru et indispensable, véritable coup de pied dans la fourmilière, qui n’hésite pas à dénoncer la gravité que peut avoir le harcèlement scolaire à travers les yeux d’une victime qui ne s’en sort pas.

Citations :

Petit conseil. Quand vous touchez une fille, même pour rire, et qu’elle vous repousse… fichez-lui la paix. Stop. Ne la touchez plus. Nulle part. Votre contact la dégoût, un point c’est tout.


Quand une chanson vous fait pleurer, mais que vous n’avez plus envie de pleurer, vous cessez de l’écouter.
Mais échapper à soi-même, c’est impossible. On ne peut pas décider de ne plus se voir. De couper le son à l’intérieur de sa tête.


On en peut jamais retrouver les choses telles qu’elles étaient. Telles qu’on les croyait.
Nous n’avons… que le présent.

Ma note : 17.25/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Contemporain·Drame·Roman/Polar Noir·Thriller

Je suis un monstre – Keren Nott

couv45711725.pngCaractéristiques : 

  • Auteur – Keren Nott
  • Éditeur – Underground
  • Parution – 2015
  • Pages – 350
  • ISBN – 979-1092387247

4ème de couverture : 

Je suis un monstre. C’est le nom qu’on me donne, l’étiquette qu’on me colle. Le mot qu’on me jette
à la figure chaque fois qu’on me voit. Et on me voit beaucoup, on me voit partout. Télé, radio, journaux, on ne parle plus que de moi.

On ne pense qu’à moi. Un monstre… étymologiquement, celui qu’on montre. Mon visage hante vos consciences. Peut-être bientôt sera-t-il présent dans le dictionnaire, parfaite illustration du mot cruauté. Ou du mot souffrance. Car les monstres naissent dans la douleur et de la douleur, c’est bien connu. Les psychanalystes diront que c’est la faute de Maman ou encore des jeux vidéo.

Ils se trompent. Tout est de votre faute. Pourrez-vous l’assumer ?

Mon avis : 

J’ai eu le plaisir de découvrir l’an dernier lors du salon du livre de Paris ce livre, loin d’être simple à lire, violent et percutant.

Vendu comme étant violent, et avec pour but de nous mettre dans la tête d’un psychopathe, d’une monstre, on peut dire que le contrat est rempli, même si j’aurais aimé avoir un développement peut-être plus poussé sur certaines données.

Le livre comment de la manière la plus appréciable — mais aussi la plus dangereuse — je trouve pour un livre du style thriller psychologique : dans la tête du personnage principal, ici un « monstre », avec des évocations de ses travers sans nous dire leur nature même, afin de provoquer chez nous, lecteurs, un sentiment intense de curiosité. S’enclenche ensuite un récit qui suit un fil chronologique, de la naissance et l’enfance de cet adolescent qui est notre héros, jusqu’à ses torts.

Plus que la cruauté et la barbarie décrite dans ce roman, ce que j’en tire surtout sont les messages que l’on peut avoir : qu’un individu n’est pas forcément mauvais à la naissance, mais que la société dans laquelle il évolue, ainsi que le contexte familial influe énormément sur les personnes que nous serons. Que nos fréquentations, bonnes comme mauvaises, influent énormément sur nous, et qu’il faut toujours être vigilant… Mais aussi et surtout : on ne peut pas revenir en arrière, et qu’il ne faut jamais se fier aux apparences.

Des pensées à l’acte, de l’individualité au groupe… Keren Nott fait, en quelques centaines de pages, le tour de tout ce qui peut pousser un être ordinaire à commettre l’irréparable, à commettre des choses horribles, que ce soit à cause de la colère, de la tristesse, ou de l’envie de se sentir vivant.

Seul bémol : je m’attendais à plus de passage trash et durs. Étant habituée à la prose et au ton très cru de Karine Giebel (auteure favoris de Keren Nott), j’ai trouvé ce roman un peu en de-ça, et n’a pas réussi à foncièrement me choquer, si ce n’est pour un ou deux passages.

En bref, un bon thriller psychologique, pour public averti cependant.

Citations :

Si j’étais mort ce jour-ci, qui vous aurait diverti au journal de vingt heures ? De qui parleriez-vous pendant la pause café ? Grâce à qui, à quoi, vous sentiriez-vous chanceux, heureux de votre petite existence sans relief ? Qui vous aurait appris la valeur de la vie ? C’est lorsqu’on se rend compte de son caractère instable et éphémère qu’on se met vraiment à l’aimer…


J’ai toujours détesté la télévision. Kurt et ma mère la laissaient gueuler toute la journée, et il ne s’y passait jamais rien d’intéressant, jamais rien d’intelligent. Des cris, des couleurs bigarrées, des personnages grossiers. Un concentré de conneries. Peut-être que seul un cerveau vide peut apprécier le petit écran et sa culture douteuse.


On peut croupir en taule tandis que nos bourreaux jouissent de leur petite vie, peinards.


Il avait changé de physionomie, ôté son masque d’homme bien comme il faut, montré son vrai visage, celui d’un extrémiste. Et, comme tous les extrémistes, il était dangereux.


Ce que je veux dire par là, c’est qu’il existe entre ces gens une émulation sordide, comme une espèce d’accord tacite pour toujours aller vers le bas. Je suis idiot, mais c’est pas grave, les autres le sont aussi. Bah !


Quand malgré tous vos efforts, il y a toujours quelque chose qui tourne mal ; quand vous essayez d’obtenir un peu d’amour ou d’attention et qu’on vous crache dessus ; quand la vie se fout de votre gueule… ben on se tourne vers la mort.


Pourquoi on morfle ? Pourquoi on meurt à petit feu pendant que d’autres profitent de la vie ? On ne sait même pas ce que c’est la vie, nous. On n’en connaît que le froid, la peine, la faim, la peur… le sang et les larmes. Des trucs que certains ne peuvent même pas imaginer.
[…] Alors oui, on veut vous montrer… vous montrer ce que c’est que la peur, la faim, la peine et le froid !


Mais que pensez de certains hauts dirigeant faisant pleuvoir des bombes sur de blanches et anonymes âmes ? Vous criez haut et fort à la cruauté quand il s’agit de nous, mais qu’en est-il d’eux ? Ceux qui ont le pouvoir, ceux qui vous contrôlent telles des marionnettes creuses… On dirait que plus nous sommes grands, plus notre monstruosité se trouve amoindrie. La cruauté ne se résumerait en fin de compte qu’à un point de vue ? Curieux, n’est-ce pas ?

Ma note : 15.5/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Contemporain·Drame·Policier·Roman/Polar Noir·Thriller

Purgatoire des innocents – Karine Giebel

couv50638274Caractéristiques : 

  • Auteur – Karine Giebel
  • Editeur – Pocket
  • Parution – 2014
  • Pages – 635
  • ISBN – 978-2266246248

4ème de couverture : 

Je m’appelle Raphaël, je viens de passer 14 ans de ma vie derrière les barreaux. Avec mon frère, William, et deux autres complices, nous avons dérobé 30 millions d’euros de bijoux. Ç’aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang. Deux morts et un blessé grave. Le blessé, c’est mon frère. Alors, je dois chercher une planque sûre où Will pourra reprendre des forces.
« Je m’appelle Sandra. Je suis morte il y a longtemps dans une chambre sordide. Ou plutôt, quelque chose est né ce jour là… »
Je croyais avoir trouvé le refuge idéal. Je viens de mettre les pieds en enfer.
« Quelque chose qui parle et qui marche à ma place. Et son sourire est le plus abominable qui soit… »

Mon avis :

Je savais déjà un peu à quoi m’attendre avec ce roman, pour avoir déjà lu du Karine Giebel : je savais qu’elle ne faisait pas dans la dentelle, et que ses romans étaient assez noirs. D’autant plus que le peu d’avis que j’avais lu relevaient toujours la violence particulière de ce livre-ci. Encore une fois, Karine Giebel a réussi à me scotcher.

L’intrigue de base est vraiment excellente, bien qu’assez basique tout de même. Mais elle l’a tellement agrémenté d’histoires parallèles et transversales que lire ce livre, malgré son extrême violence, est un régal, rien que par la technicité littéraire.

Car oui, ce livre est d’une extrême violence. Bien que n’étant pas des plus sensible à cette dernière dans les livres, j’ai ici eu beaucoup de mal avec plusieurs scènes, et pour cause ! En plus d’avoir des sujets extrêmement dérangeants, les procédés mis en oeuvre sont tout aussi puissants, et nous immerge complètement dans l’histoire aussi tordue que psychopathe.

Mais que ce passe-t-il ? Principe de l’arroseur arrosé, avec des braqueurs, et un psychopathe. Autant vous dire que ce n’est pas du tout un livre facile à lire.
Je vous parlai tout à l’heure des procédés… Ellipses temporelles, non dit, sous-entendus… Tout ce qui compose un thriller psychologique très prenant et très éprouvant, où on a l’impression de ressentir chaque supplice que subissent les personnages. C’est pour dire ! Ce bébé fait 635 pages, et je l’ai pourtant fini en moins d’une semaine.

Mais surtout, c’est la dimension purement humaine qui est dérangeante dans ce roman, plus que les choses décrites elles-mêmes : comme à son habitude, Karine Giebel aime exploiter le côté sombre de l’être humain, ses failles les plus inavouables, et ce que l’instinct de survie peut pousser à faire, mais aussi ce que l’être humain est capable de faire à un autre être humain dans le seul but d’accomplir ses désirs. Là, est toute la puissance de Giebel : à travers des sujets extrêmement durs et tabous, elle va nous montrer le côté le plus dérageant de l’Humain.
De plus, elle ne va jouer non seulement sur les faiblesses typiquement humaine de ses personnages, mais sur les faiblesses de nous, pauvres lecteurs : l’empathie entre en jeu, ainsi que notre jugement, et les notions de Bien et de Mal, dans un huis-clos infernal. Huis-clos entre personnages, huis-clos entre le livre, et nous.

Je tiens à préciser que je ne conseille pas ce livre à tout le monde, qu’il faut être conscient de son contenu avant de se lancer. Au niveau des thématiques, sachez que vous allez vous retrouver avec : meurtre, séquestration, torture psychologique, torture physique, pédophilie, viol sur mineur, et j’en passe. Soyez prévenus.

En bref, un huis-clos éprouvant, violent, et épouvantablement addictif.

Citations :

D’un point de vul pénal, mieux vaut violer une femme que le coffre d’une banque. Prendre les armes pour prendre l’argent là où il se trouve, voilà un crime impardonnable aux yeux de la justice… Vraiment aveugle, aucun doute.


La douleur est une bonne compagne, fiston. Parce qu’elle est la plus fidèle qui soit.


Lui qui n’a pourtant jamais tué personne.
Jamais avec une arme à feu en tout cas.
Trop facile, trop banal. Trop vulgaire.
Toujours des lames tranchantes, des objects contondants, des cordes, ou à mains nues.
Il considère que les armes à feu sont réservées à ceux qui manquent d’imagination ou sont pressés. À ceux qui ne vénèrent pas l’acte de mise à mort.


« L’espoir fait vivre. »
Ce qui veut dire que le désespoir tue.


Elle a toujours préféré les mots aux chiffres. Tellement plus poétiques. Tellement plus beaux. Tellement plus généreux, riches et élégants. Tellement plus émouvants.
On ne déclare pas son amour avec des chiffres.
On n’appelle pas au secours avec des nombres.

Ma note : 18.25/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5