Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Philosophie/Réflexion

Fusion (Kaleb 3/3) – Myra Eljundir

41wzvbIIEoL._SX316_BO1,204,203,200_.jpgCaractéristiques :

  • Auteur – Myra Eljundir
  • Editeur – Robert Laffont 
  • Parution – 2013
  • Pages – 441
  • ISBN – 978-2221126844

4ème de couverture :

La prophétie du volcan prédit l’avènement d’une nouvelle ère, initiée par l’Elu… Or qui, de Kaleb, Abigail, le colonel Bergsson ou encore Mary-Ann bouleversera à jamais le destin des enfants du volcan ? Et si la mort est la clé, tous ne sont-ils pas des morts en sursis ? Seul le Livre du volcan peut apporter des réponses à Kaleb et lui permettre de survivre au volcan qu’il a réveillé. Mais le tenir entre ses mains peut se révéler plus destructeur que tout…

Mon avis :

Sortons quelque peu des auteurs auto-édités pour faire un tour du côté de Myra Eljundir, et plus particulièrement du dernier tome de sa sage phénomène Kaleb. Explosif, rythmé, et extrêmement surprenant ! Un coup de coeur pour moi, qui clôture une saga coup de coeur également.

Que dire ? La structure est machiavéliquement – oui, j’invente des mots – bien pensé et surtout mise en oeuvre, de sorte que l’on arrive à suivre plusieurs intrigues en même temps, sans jamais être perdu, et surtout, en pouvant tisser des liens entre les deux.
En effet, nous suivons en parallèle Kaleb, à la recherche à la fois de lui-même et d’Abigail, mais aussi sa lecture sur le Livre du Volcan. Nous alternons donc entre le récit de Kaleb, et celui présent dans le Livre du Volcan.

J’avais un peu peur que l’intrigue ne nous mène au final nulle part, que des questions nous resteraient sur le bout de la langue, et surtout, que la saga finisse dans un fiasco incohérent. Oh quelle joie de voir que ce ne fut en aucune façon le cas ! L’ensemble est cohérent, et surtout, complètement addictif !

J’ai énormément apprécié les points abordés par le Livre du Volcan, comme le traitement de la différence, les romances, et lutte et rébellion… Presque j’attendais les passages du Livre du Volcan avec plus d’impatience que les passages de Kaleb !

À travers tout ce mic-mac, se trouve une prophétie, fil conducteur de toute la saga. Et quelle fin ! Quelle chute ! Malheur. Je m’attendais à tout sauf à ça, et vraiment, n’essayez même pas de l’imaginer, vous n’y arriverez pas.

À noter tout de même le rythme lent du début qui pourrait en décourager certain. Je note tout de même que l’auteur a eu l’idée géniale de s’inclure dans sa propre histoire, et d’une manière très habile ! Du génie !

En bref, une livre fascinant, prenant, un coup de coeur pour terminer une saga en beauté !

Citations :

Il faut du temps parfois pour se défaire des absents. Le lien invisible qui nous unit encore à eux est plus solide qu’une lourde chaîne et seul le temps parvient à l’éroder suffisamment pour qu’il se rompe.


Il arrive que les peaux communiquent, que les âmes se parlent et se racontent, sans qu’aucun mot ait besoin de franchir les lèvres.


Le jour où nos secrets n’en seront plus, je perdrai ma liberté…


Mais traitez un enfant de monstre et il le deviendra. Cherchez à nuire à son aimée et le monstre vous dévorera.


– Mmm… Mais votre gastronomie et votre musique laissent tout de même à désirer…
Notre musique ?

– Oui… Pourquoi donc vous obstinez-vous à jouer de la cornemuse ? Cet instrument infâme me fait penser à un cochon qui se serait coincé les couilles dans une porte !
Morrigan éclate de rire, ravie de l’image qu’elle vient de trouver.


Un livre ne peut exister s’il n’est pas lu.
Une histoire ne peut devenir réelle tant qu’elle n’est pas partagée.

Ma note : 17.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 2.75/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1/1.5

Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Philosophie/Réflexion·Romance

Les Compagnons de l’Arc-en-Ciel – E.R. Link

cover-168Caractéristiques : 

  • Auteur – E.R. Link
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2009
  • Pages – 406
  • ISBN – 978-1535352475

4ème de couverture :

Et la Lumière découvrit l’Ombre. Et l’Ombre aima la Lumière…

Est-il possible encore de croire aux fées au XXIème siècle quand la science, la technologie, ont pris un pas important sur la magie ? Pourtant, même si beaucoup de choses ont évolué, il existe toujours, cachés quelque part dans nos rues encombrées,
un Petit Chaperon Rouge qui fuit un loup,
une Belle au Bois Dormant en sommeil dans un hôpital,
une Cendrillon désenchantée,
un Petit Poucet en lutte contre un ogre moderne et terrifiant,
un Riquet à la Houppe qui saura se faire aimer malgré sa laideur,
une Petite Sirène que la timidité aura rendue muette,
un Chat Botté malicieux qui prend sa vie en main,
et une Belle qui affrontera la Bête qui a ruiné sa vie.

Mon avis :

Par ce temps estival, comme une envie de fraîcheur, de gaité… De young-adult. Je me suis alors lancée à corps perdu dans cette lecture, sans savoir que j’avais une pépite entre les doigts… C’est un coup de coeur absolument magistral !

Les bémols sont trop peu nombreux. Les micro-rixes entre Stella et Horizon sont parfois agaçantes, mais on s’y fait, et fini même par les apprécier et les attendre.

Je ne sais trop par où commencer au niveau des bons points tant il y en a ! Le monde tout d’abords, et absolument magistral. La mythologie et l’histoire est posée dès les premiers chapitres, nous évitant une perdition peu recommandable. Même s’il peut paraître très guimauve voire même enfantin, ce n’est en aucune façon le cas, il est même assez mature, sans pour autant viré dans le noir, le grave, comme c’est un peu trop souvent le cas dans la fantasy adulte.

Mais ce qui est vraiment remarquable, en plus d’un début palpitant et d’une fin comme on les aime, c’est le corps même du roman, avec les huit ré-écriture de conte qu’elle contient. Vous allez sûrement me dire que des ré-écriture de conte, on commence à plus en pouvoir, principalement à cause de la mode lancée par la saga des Chroniques Lunaires. Je n’ai pas lu cette saga, mais je ne pense pas qu’elle soit aussi subtile que Les Compagnons de l’Arc-en-Ciel. Pour dire, il y a certains contes que je n’ai pas reconnu, et que je connaissais pourtant bien. Et c’est ça qui est magistral : on peut lire le roman à la fois d’un point de vue tout à fait basique, et apprécié ces histoires aux airs de conte de fée de notre enfance, comme on peut le lire du point de vue des contes, et apprécier le travail de ré-écriture.

Je crois que c’est la première fois que je lis un roman qui rentre aussi bien dans la case young-adult. On a une écriture mature, riche et très imagée, avec des moments bien plus léger, et des thématiques plus bateau, et passer au chapitre suivant à une thématique plus sombre, voire même tabou, qui nous exclu complètement du monde féérique et enfantin. Le tout, dans notre monde, avec des thématiques modernes et sensibles.

Mais surtout, surtout… Quel hymne à l’amour ! Huit contes, huit histoires où on palpite avec Stella, Horizon et leur bande pour ces personnages que l’on aide à être heureux. Huit preuves, à travers des horizons et des situations différentes, pour montrer que ce qui fait le bonheur d’une vie n’est jamais l’argent, la réussite, la gloire ou une carrière, mais l’amour.

En bref, un livre magnifique qui mérite de figurer auprès des plus grands, qui a su m’envouter et me faire voyager d’une manière peu commune. Un livre qu’on est pressé de finir, mais triste d’achevé… Un coup de coeur mémorable, une de mes plus belles lectures de l’année 2017 !

Citations :

Le monde n’est pas toujours celui que l’on se crée.


– Le culte de la beauté ressemble à un commerce de boucherie. Je ne veux plus y penser.

– La célébrité, la beauté, Stella ! La richesse !

– Et tous les gens laids ? Qu’est-ce que la société en fait ? Il faut être belle pour chanter, belle pour danser, belle pour jouer la comédie. Il n’y a plus de place pour le talent. Tout est image. Tout est triché. La véritable richesse est celle de l’âme. Le reste n’est qu’artifice et illusion.


– Parfois, les trésors enfouis dans les abysses brillent davantage que ceux éclairés à la surface…


On a toujours besoin de connaître la langue de celui que l’on combat.


– Oui. Je t’aime, répondit-elle simplement.
À force se croiser, tôt ou tard, on finit par se rencontrer.

Ma note : 18.75/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 1/1.5

 

Coup de coeur·Historique·SF

Rouge Vertical (Les Temps Assassins 1/3) – Pierre Léauté

Capture d_écran 2016-08-15 à 23.42.01Caractéristiques : 

  • Auteur – Pierre Léauté
  • Editeur – Le peuple de Mü
  • Parution – 2016
  • Pages – 391
  • ISBN – 979-1092961577

4ème de couverture : 

La mort vous libère de tout.
Sauf de vos démons intérieurs.
Après une vie de trahisons, d’aventures et de défis, les flammes de l’enfer lui sont interdites.
Condamnée à errer sur Terre, Charlotte Backson va réapprendre son humanité et laisser derrière elle sa dernière incarnation, Milady de Winter.

Mon avis :

Un roman que je n’ai mis que bien trop de temps à lire. Une bonne briquette, mais… Wahou. C’est véritable coup de coeur !

Je pense très sincèrement que si on me demandait un résumé rapide de ce roman, je serai incapable d’en faire un, tant il est complexe et complet. Tout au long du roman, on suit Charlotte, une jeune femme vivant au XIVème siècle, qui découvre une chose étonnante et complètement surnaturelle : la mort n’a pas d’emprise sur elle. S’en suit une véritable épopée traversant les temps et les âges.

C’est une véritable roman de capes et d’épées, rythmées par des espaces temporels différents, tintés d’uchronie que nous livre Pierre Léauté. Que ce soit à travers le prisme de la vengeance, de l’apprentissage ou de la peur, nous suivons notre héroïne à travers ses aventures plus ou moins rocambolesque, mais toujours très touchantes, voire même dérangeante.

Ce qui est remarquable, c’est qu’on ne peut pas vraiment décrire Charlotte comme une héroïne, mais plutôt comme un anti-héros. Et c’est ce qui en fait, à mon sens, un personnage excellent et brillant d’humanité. Elle est complète, bonne et mauvaise à la fois, complexe, impitoyable comme douce… Un personnage que l’on adore suivre et dont on aime l’évolution progressive, bien que parfois, certaines claques auraient été bien mérité.

Tout au long de la lecture, j’ai du laisser de côté mes raisonnements logiques, et uniquement me fier à mon instinct et mes ressentis : une magnifique manière de nous plonger dans l’état d’esprit de Charlotte, en fuite pour sa vie.

En plus des personnages extrêmement travaillés et humains, ce roman est une véritable perle par son monde et sa mythologie. Je connais peu d’auteur qui arrive à livrer un monde aussi abouti et captivant, et Pierre Léauté fait parti de ces auteurs, auprès de Pierre Bottero et Victor Boissel. Quelle gifle ! Tout comme Charlotte, nous découvrons ce nouveau monde mystérieux et dangereux, où voyages dans temps se frottent au continuum espace-temps et aux fractales temporelles. Quelque chose me dit que le second tome va être explosif et encore plus fourni d’explication que ce premier tome !

Et bien sûr, tout cela porté par le style de Pierre Léauté qui m’a tout simplement bluffé. J’avais lu il y a quelques temps de cela son dyptique Guerre aux Grands !, où le style était bien plus simple, plus décontracté. Les Guillaume Musso et Marc Levy qui font les tops des ventes n’ont qu’à bien se tenir, la concurrence arrive, et elle va être extrêmement rude. Ici, l’auteur nous offre une prose des plus riches et complexe, sans qu’elle n’en soit lourde et imbuvable bien au contraire : tout est fluide, imagé, et puissant.

Le seul reproche que je pourrais faire à ce roman est la présence de quelques longueurs, mais qui servent de pause, donc, plutôt nécessaires.

En bref, un véritable coup de coeur pour un roman exceptionnel !

Citations :

– C’est seulement lorsque tout vous est arraché, quand rien de bon et de beau ne subsiste que l’on devient libre de faire tout ce que l’on veut, Charlotte.


– La prudence est mère de lâcheté, répliqua Abby Fierce […].


Il n’y a de destin que ce que vous en faites.

Ma note : 19.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Historique·SF

L’enfant maudit (Le Lion de Macédoine 1/4) – David Gemmel

couv19747100Caractéristiques : 

  • Auteur – David Gemmel
  • Editeur – Folio (Collection SF)
  • Parution – 2002
  • Pages – 403
  • ISBN – 978-2070421220

4ème de couverture : 

Il s’appelle Parménion, moitié spartiate, moitié macédonien et, dans le tissu de tous les avenirs possibles, la vieille Tamis a pressenti le rôle qu’il doit jouer contre l’Esprit du Chaos et l’avènement du Dieu Noir. Il sera le Lion de Macédoine et la Mort des Nations. Avant de devenir un strategos d’exception, il lui faudra cependant s’extraire de la haine et de l’humiliation que les jeunes Spartiates lui imposent, car il est un sang-mêlé. Mais quand Sparte et ses lois odieuses précipitent dans la mort Dérae, la seule femme qu’il ait jamais aimée, pour Parménion ne reste qu’un horizon celui de la vengeance… Sparte doit tomber !

Mon avis :

Un de mes livres favoris ! Que se passe-t-il quand on allie antiquité grecque, et prophétie ? Et bien cela donne la saga Le Lion de Macédoine ! Un véritable coup de coeur, à la fois pour la saga, mais aussi pour ce premier tome.

David Gemmel nous transporte dans un univers bien spécial : la Grèce Antique, à Sparte, quelques années avant le début de la guerre du Péloponnèse (qui, rappelons le, a opposé Sparte à Athènes, et s’est soldée par la victoire de Sparte). Nous suivons tout au long du roman Parménion, jeune métis mi-macédonien, mi-spartiate, de son adolescence jusqu’à l’âge d’environ trente ans, à travers ses aventures et déboires.

Amour, guerre, trahison, complot, libération… La vie du jeune Parménion est loin d’être simple et calme, bien au contraire. Maltraité par les autres Spartiates à cause de son métissage, son adolescence est parsemée de malheur et de douleur, qui lui forge un caractère d’acier. S’il a bien une passion – si je puis parler ainsi -, c’est la stratégie guerrière. Et c’est grâce à cela, qu’il arrivera à s’élever progressivement, et à devenir que ce l’histoire avec un grand H nous a livrer : Parménion, un des principaux généraux du roi Philippe II de Macédoine, et de son fils, Alexandre le Grand.

Véritable immersion dans le monde la Grèce Antique, ce livre est un bijoux : plutôt bien documenté pour ce qui est de la partie historique, la partie bien plus littéraire est un véritable régal pour tous : alliant à la fois histoire, aventure, amour interdit et fantastique, L’enfant maudit est une parfaite mise en bouche dans ce monde si particulier et quelque peu angoissant que nous dépeint David Gemmel, maître du fantastique/fantasy.
Il arrive à doser avec une subtilité aussi rare que précise le fantastique et l’imaginaire, nous donnant l’impression de lire un roman purement historique, mêlé à une part de rêve, ou de cauchemar, tout dépend du point de vue.

C’est sans compté sur toute la culture hellénique, stratégie et militaire : description de bataille, de choses du quotidien… Une véritable mine d’or.

En bref, un roman historique ambitieux et prenant, un coup de coeur pour moi !

Citations :

– […] Si tu souhaites cacher tes sentiments, il te faut commencer par te tromper toi-même. Lorsque tu regardes un ennemi haï, oblige-toi à croire qu’il s’agit de ton ami. De cette manière, tes traits s’adouciront et le sourire te viendra tout naturellement. N’essaye pas de masquer tes expression, car cela ne fait que clamer au monde entier que tu as quelque chose à cacher. Et quand tu le peux, enrobe les mensonges dans la vérité, car il s’agit là du meilleur déguisement qui soit.


– […] Des hommes bons meurent parfois sans que l’on s’en aperçoive et sans que l’on verse une larme pour eux, tandis que des tyrans sont accompagnés par des centaines de pleureuses jusqu’à leur dernière demeure. J’aime à penser que les dieux sont dotés d’un peu plus de discernement que les hommes.


– Que veux-tu que j’apprenne ? À ne pas tomber amoureux ?
– Non, car c’est impossible. Mais tu dois comprendre que l’amour est dangereux : il nous embrume l’esprit et nous cache la réalité. Pense à Hélène et Pâris. Troie est tombée par leur faute. Crois-tu vraiment que c’est ce qu’ils désiraient ? Non. Ils s’aimaient, c’est tout. Tu es l’un des hommes les plus intelligents et les plus intuitifs que je connaisse, et pourtant tu t’es comporté en sombre crétin. Si c’est là ce que l’amour apporte, je suis heureux de ne pas l’avoir connu.


Les amis ne se doivent jamais rien, et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’ils sont amis.


– Vous êtes vraiment cynique.
Le Thébain opina du chef.
– En effet. Mais c’est la leçon que la vie enseigne à ceux qui la traversent les yeux ouverts, non ? Tout s’achète, que ce soit à l’aide d’argent, de gloire ou de pouvoir.


– […] J’ai tenu bon, prêt à vendre chèrement ma peau. Mais je ne suis pas mort, et sais-tu pourquoi ? Parce que les dieux n’existent pas, et que toute prophétie peut être déformée pour délivrer le message que l’on souhaite entendre.


– Mieux vaut être pauvre et vivant que riche et mort, philosopha Mothac.
– Mais il vaut encore mieux être riche et vivant, lui fit remarquer Parménion.


– Mon ami, la force et la faiblesse sont bien souvent aussi proches que deux époux. Nous sommes forts car nous sommes fiers, mais nous sommes faibles car notre orgueil ne nous a jamais permis de grandir.

Ma note : 18.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.5/1.5

 

Coup de coeur·Dystopie·Fantasy/Fantastique

La Faucheuse (1/?) – Neal Shusterman

couv4750269Caractéristiques : 

  • Auteur – Neal Shusterman
  • Éditeur – Collection R
  • Parution – 2017
  • Pages – 493
  • ISBN – 978-2221198674

4ème de couverture : 

Tu tueras.
Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation.
Tu accorderas une année d’immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.
Tu tueras la famille de ceux qui t’ont résisté.

Mon avis :

Dès que la Collection R avait commencé à faire de la pub pour ce roman, je savais que j’allais le vouloir : pressentiment intense que j’allais beaucoup aimé, et potentiellement avoir un coup de coeur… Et ce fut le cas ! Je remercie chaleureusement Julie, qui m’a offert ce livre (des bisous !).

Je ne m’attendais pas du tout à cela, je dois avouer. Que ce soit par le résumé, ou les très courts extraits diffusés, le (futur) lecteur reste dans un flou conséquent quant à l’intrigue et l’histoire même, au point qu’on se retrouve à n’absolument pas savoir à quelle sauce on va être mangé ! Ce qui n’est pas plus mal non : avoir un résumé très alléchant pour avoir une histoire fumeuse et décevant, ce n’est pas agréable.

Ici, on va donc suivre Citra et Rowan, deux adolescents comme il y en a tant, qui vont être repérés par l’Honorable Maître Faraday, un Faucheur, pour devenir apprentis. Va s’en suivre plusieurs péripétie plus que surprenante, nous emmenant dans un univers futuriste où le Cloud (devenu Thunderbird) a toute la puissance et toute la connaissance du monde.
Ce que j’ai beaucoup aimé dans ce livre — en dehors de l’intrigue palpitante et des personnages attachants —, c’est tout le rapport avec l’humanité et le rapport à la mort, très exploité et pas d’une manière morbide. Même s’il est question de mise à mort, tout le livre est plongé dans une atmosphère de réflexion sur la mort, la vision que l’on en a actuellement, et la vision qu’il y a dans ce monde futuriste : que ce soit la peur de la mort, jusqu’à sa considération, et la considération de la vie dans un sens plus général, ce roman est à lire impérativement, car très instructeur, mais jamais moralisateur.

Sans compter cela, toute la dimension politique est absolument magistrale, très bien menée, et surtout, pleine de surprise.

En bref, un livre palpitant, émouvant, un brin philosophique, qui permettra aux grands comme au moins grands de passer un agréable moment, plein de surprise et de réflexion.

Citations :

Car le pouvoir est inexorablement infecté par la seule maladie qu’il nous reste encore. Un virus qu’on appelle la nature humaine.


Comment était-ce de croire en quelque chose qui nous transcende ? D’accepter l’imperfection et de tendre vers un idéal de tout ce que nous ne pourrions jamais être ? Cela devait être rassurant. Et effrayant. Cela permettait sûrement d’élever les esprits au-delà de considérations trop terre-à-terre, mais aussi de justifier toutes sortes de crimes et d’actes de vilénie. Je me demande souvent si la lumière apportée par la croyance surpassait l’obscurité que ses abus pouvaient apporter.


Il n’en dit pas davantage. Rowan trouva qu’il était plus terrifiant d’ignorer que de savoir.


– Et puis, je préfère voir défiler le paysage plutôt que de voyager dans un tunnel, dans un véhicule sans fenêtres. Je suis un être humain, pas une taupe.


– Je ressentais déjà suffisamment de joie dans ma vie sans qu’il soit besoin de me tabasser, répliqua Rowan.

Volta hocha la tête.

– Tu en ressentais un peu… mais seulement l’ombre de ce que tu pouvais éprouver. Sans la menace de la souffrance, one ne peut pas connaître la joie véritable. Au mieux, on ressent du plaisir.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1/1.5

Érotique·Contemporain·Coup de coeur·Romance

Mine (Fight For Love 2/6) – Katy Evans

couv2292973Caractéristiques : 

  • Auteur – Katy Evans
  • Editeur – Hugo Roman
  • Parution – 2015
  • Pages – 358
  • ISBN – 978-2755617290

4ème de couverture : 

Je lui appartiens. Il m’appartient. Notre amour est brûlant, puissant, imparfait, et réel…

Brooke n’aurait jamais imaginé finir avec l’homme qui est le rêve de toutes les femmes. Mais tous les rêves ne finissent pas comme un conte de fées, et alors que Remington a besoin d’elle, Brooke découvre quelque chose qui va la forcer à quitter ses côtés. Avec la distance et les ténèbres entre eux, la seul chose qui lui reste est de se battre pour l’amour de l’homme qui est LE SIEN.

Mon avis :

J’avais eu un gros gros coup de coeur pour le premier tome, c’est donc sans aucune crainte que je m’étais lancée dans ce second tome. Et bien je l’ai préféré au premier tome ! Un autre coup de coeur, plus profond.

L’inconvénient de la plupart des livres érotiques sur le marché actuel, c’est que se sont presque tous les mêmes : seuls les prénoms des personnages et le nom de l’auteur change, mais en général, l’histoire, l’intrigue, le caractère des personnages sont identiques, ou très semblables d’un livre à l’autre. Heureusement, la saga Fight For Love (en tout cas, des tomes que j’en ai lu) ne rentrent pas dans cette catégorie, et en fait sa véritable originalité.

En effet, si on exposait dans le premier tome une histoire érotico-romantique, le second tome nous propose une histoire romantico-érotique. Et oui, il y a une différence. Laquelle ? Tout ne repose pas sur le sexe. De fait, on a une histoire bien plus plausible, où certes, on a toujours une dieu du sexe, mais l’acte en lui-même n’est pas surfait : nous avons droit à des scènes intimes au sein d’un couple solide, et non pas du sexe pour du sexe, du sexe pour meubler. C’est vraiment quelque chose d’extrêmement appréciable et agréable.

Tout comme j’ai beaucoup aimé voir dans ce roman un couple, un vrai, avec des hauts, des bas, des crises de jalousie… En lisant quelques chroniques sur ce tome, j’ai pu voir que certains n’avaient pas aimé le comportement de Brooke, la jugeant trop jalouse et possessive, voire immature. Mais pour moi en tout cas, il n’en n’est rien. Des réactions peut être exagérée parfois, mais cela reste rare, mais ses moments de jalousies et de possessivités n’ont rien d’anormaux.

Comme toujours, nous avons un Remington absolument orgasmique de romantisme et de testostérone. Enfin, dans un roman de cette trempe, nous avons droit à un homme viril ET sensible, tout juste ce qu’il faut. Et non pas une pâte molle sans forme ou une brique.
Sachez aussi qu’il y a un évènement en particulier qui est pour moi de l’ordre du jamais vu dans les romans de ce style !

En bref, un excellent second tome, qui nous décrit non pas la vie d’un couple de chaud lapin, mais une vie de couple, tout simplement.

Citations :

Chaque jour, chaque nuit, il me tient le plus près possible de lui et me répète que je suis à lui. Mais il n’a pas conscience qu’à chaque fois qu’il dit ça, il dit aussi qu’il est à moi. On ne peut pas posséder vraiment quelque chose qui ne nous possède pas en retour, pas même une voiture.


C’est tellement agréable d’écouter une chanson que l’on comprend. Ou qui nous comprend. Ça fait prendre conscience que nos sentiments sont humains, normaux, même si on aimerait parfois ne pas les avoir.


Le coeur est un muscle. Pendant une vie entière il va battre des milliards de fois. J’ai appris à mes dépens qu’on ne pouvait plus courir avec un ligament déchiré, mais qu’en revanche, même si votre coeur est brisé en mille morceaux, vous pouvez toujours aimer de tout votre être. Tout votre misérable et vulnérable être…

Ma note : 16.75/20

• Scénario – 3.25/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Contemporain·Coup de coeur·Drame·Philosophie/Réflexion

Samedi 14 novembre – Vincent Villeminot

couv20137135Caractéristiques : 

  • Auteur – Vincent Villeminot
  • Editeur – Sarbacane
  • Parution – 2016
  • Pages – 216
  • ISBN – 978-2848659220

4ème de couverture : 

Le vendredi 13 novembre, B. était à une terrasse. Il a vu les tueurs tirer. Le lendemain, en quittant l’hôpital, il croise un homme dans le métro… Il le reconnaît : c’est l’un d’eux. Alors, sans avoir décidé ce qu’il va faire, il le suit.

Mon avis :

Reçu dans le cadre de l’Explo’Book, je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce roman, qui traite d’un sujet encore tabou et douloureux pour beaucoup : les attentats terroristes, en particulier les fusillades du 13 novembre 2015. C’est un petit coup de coeur pour moi.

C’est un roman très court, mais très éprouvant. Non pas sur le thème en lui-même, bien que cela joue, mais sur le traitement apporté : monté comme une pièce de théâtre, divisé en acte et entracte, le roman prend alors une dimension bien plus vivante, poussant alors le lecteur non pas à lire une histoire, mais à voir une pièce de vie, comme s’il était dans un théâtre. Les coupures sont aux moments clefs, les entractes édifiants et relevant différentes réalités, apportant un véritable éclairage sur les évènements.

Mais deux choses sont édifiantes pour moi et font la force et la violence de ce roman.

D’abords, le style extrêmement percutant. Des phrases très, très courtes, extrêmement rythmées, dures. On a très souvent l’impression d’être touché par des balles, tant le rythme est puissant. Chose très bouleversante et éprouvante.

Ensuite, les scènes de violences. Les évènements en eux-mêmes ne sont pas décrit, ou uniquement pas allusions et ressentis brefs. Les scènes violentes sont celles qui suivent : le sentiment de détresse, de devenir fou, les scènes de tortures, etc… Qui ont été pour moi vraiment très difficiles à lire, même si elles ne relèvent pas d’un haut registre d’horreur.

À travers tout ce petit roman, nous avons vraiment une véritable palette de sentiment éprouvés face aux attentats, allant de la peur, à la haine, en passant par l’angoisse. Dans les entractes, l’auteur nous décrit brièvement la vie de certains habitants de quartiers, d’amis, de familles après les attentats, montrant alors la pluralité des réactions sans en condamner aucune ; bien qu’il fasse une allusion directe à la montée des extrêmes (et principale de Marine Le Pen et du FN, clairement cités dans le texte) et le danger que cela représente.

Mais ce que j’ai particulièrement apprécié fut son discours poussant à l’espoir et à l’ouverture à l’autre : la fin est pleine d’espoir, et dans tout un troisième tiers du roman, l’auteur s’efforce, de manière subtile, à désamorcer une bombe : celle de l’amalgame. En le personnage très fort de Layla, Vincent Villeminot montre très clairement la différence entre musulman et extrémiste radical, le danger de l’amalgame… Un message aussi fort qu’important en les temps troublés que nous traversons, que ce soit sur notre propre territoire que de l’autre côté de l’Atlantique.

En bref, un roman court émouvant, percutant, mais nécessaire à mon goût.

Citations :

Aurait-il fallu qu’ils s’aiment plus fort que la mort ? Plus fort que les autres haïssent, avec la même folie, la même intolérance ?
Si puissamment qu’ils auraient pu aller jusqu’à mourir pour ça ?


Il retourna son visage sous l’eau. Elle coula sur ses yeux, son nez, sa bouche.
Il vit le monde à travers, flou.
Se noyer. De l’air.
Suffoquer jusqu’à se sentir respirer, douloureusement. Vivre.


En une fraction, une révélation (un dévoilement), il se dit que l’essence de la pornographie, c’est ça : le spectacle de la violence. La soumission. Qu’on puisse lui infliger ce qu’on a en tête à la fille. Qu’elle se soumette, qu’elle soit profanée. Impuissante.


« – Des explications, il y en a. Mais pas d’excuses… »

« – Comme ces autres petits cons, a-t-il dit, qui partent faire le jihad. Ils n’ont pas d’excuses, il ne faut pas leur en trouver. C’est pas parce qu’on te baise que tu dois baiser l’autre. Haïr l’autre. Tuer l’autre et jouir de ce pouvoir… »
Puis, Pierre est mort sous les balles des petits cons.


Mais ceux qui l’ont perdu, pour Benjamin, son père, sa mère, pour les vivants, ceux qui restent en bas, ça ne fait aucune différence. Presque aucune.
Qu’ils y croient ou n’y croient pas, ils l’ont perdu.


« Comment tu la regardes… »
Comment tu la regardes, la mer ? La vie qui vient et reflue, nous traverse, puis se retire ? Comment tu la regardes ? Et vers où ? Vers quel horizon – quelle ligne de fuite ?

Ma note : 17/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.25/1.5