Coup de coeur·Drame·Roman/Polar Noir·Thriller

Transe – M.I.A.

cover-748.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – M.I.A.
  • Éditeur – Hélène Jacob
  • Parution – 2017
  • Pages – 490
  • ISBN – 978-2370115720

4ème de couverture :

Vous vous réveillez, le corps couvert de sang et l’esprit confus, dans un bâtiment abandonné, aux fenêtres condamnées et aux issues verrouillées.
Pourquoi vous trouvez-vous ici, quel est cet endroit et comment vous en échapper ?
Un ennemi invisible, qui semble rôder à proximité, vous laisse des messages et des indices mystérieux, en rapport avec votre passé. Pour survivre et comprendre les raisons de votre enlèvement, vous devez franchir les nombreuses zones qui vous séparent de la sortie, tout en élucidant les énigmes placées sur votre chemin.
À la frontière du roman et du jeu de rôle, « Transe » est un thriller où vos décisions influencent le déroulement de l’histoire et sa conclusion.
Parviendrez-vous à atteindre la dernière porte ?

Mon avis :

Vous connaissez mon amour pour les thrillers psychologiques. Vous savez que j’aime me mettre dans la peau des personnages qui rythment les romans. Alors imaginez ma joie quand on m’a proposé à la lecture ce roman dont vous êtes le héros… version adulte, en thriller psychologique. C’est un coup de coeur, et pas des moindres !

J’avoue, j’avais quelques réticences au départ. La seule expérience que j’ai jamais eu avec les livres de ce style était les livres dont on était le héros, mais que je lisais pour l’école en primaire, où pour avancer de chapitre en chapitre, il fallait résoudre des problèmes de maths ou de français… Autant dire que je ne savais pas trop à quelle sauce j’allais être mangée, aussi bien par le concept que par l’auteur.

Dès le départ, on est plongé dans une ambiance quelque peu angoissante : réveil au milieu d’un lieu qui nous est inconnu, délabré, sans se rappeler de rien, les vêtements ensanglantés d’une hémoglobine qui ne nous appartient pas. Joyeux n’est-ce pas ?
Au fil de nos décision, nous découvrons quel est ce lieu, les histoires qui y sont liées, et en quelque sorte aussi, la notre – enfin de Lindsay, notre projection dans le roman -.

Je ne saurais dire ce que j’ai ressenti pendant ma lecture, à part de l’étonnement, et une surprise très agréable. Le départ a été un peu laborieux pour moi qui n’ai pas l’habitude de ce type de roman à choix, mais très vite, j’ai été prise dans une spirale qui m’a littéralement empêchée de détourner mon attention du livre. J’avoue, en commençant ma lecture, je comptais m’arrêter dès ma première mort – me connaissant, je savais que ça risquait d’arriver -. Mais à ma première mort, je n’ai pas pu m’empêcher de rebrousser chemin, et de m’escagasser pendant près d’une heure à trouver la meilleure fin – après deux ou trois morts, certes, mais j’ai quand même réussi ! -.

Et là où le roman m’a surprise, c’est par sa cohérence et sa fluidité. J’avais peur que les raccords entre les chapitres ne soient pas tous parfaitement fluides – oui, selon le choix que l’on fait, cela impliquait une certaine suite, et j’avais peur d’avoir des faux raccords -, et ce ne fut absolument pas le cas : tout coulait de source. J’avais peur d’avoir un style bâclé, ou du moins peu travaillé, et ce ne fut absolument pas le cas, bien au contraire ! Riche, fluide, agréable à lire et très prenant, il nous plonge merveilleusement bien dans l’intrigue et l’ambiance pesante et horrifique de ce monde.

En bref, un roman excellent, qui est une très bonne mise en jambe dans l’univers des livres dont on est le héros, qui saura ravir à la fois les amateurs comme les habitués du genre !

Citations :

La police ne sert à rien. Tout est fait pour que la victime ait l’air coupable. Quand je serai morte, ils diront que c’est dommage, mais qu’ils ne pouvaient rien faire avant. Parce qu’il se débrouille pour ne jamais laisser de marques. Parce qu’il n’y a pas de preuve. Juste ma parole. Et ça ne suffit pas.

Malheureux, mais vrai…

Ma note : 18.25/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Romance·SF

Question de temps – E.R. Link

cover-514.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – E.R. Link
  • Editeur – Autoédition
  • Parution – 2016
  • Pages – 516
  • ISBN – 978-1-535353-74-8

4ème de couverture :

Dans l’archipel du Touraco, écrin de verdure au goût de paradis, Calixte Zygène de la Spirée rêve d’aventures tout en vivant de larcins. En cherchant à cacher son dernier trésor, volé au gouverneur en personne, il découvre un étrange boîtier qui le conduira jusqu’aux pirates de la baie et bien plus loin que ce qu’il n’aurait jamais pu imaginer. D’un vaisseau fantôme en passant par l’énigmatique sorcière des marais, il réveillera les mythes séculaires qui hantent les eaux de la Mer des Palmariales…

Mon avis :

Comment fait-elle ? Comment peut bien faire E.R. Link pour réussir à autant m’envoûter par ses textes, et me décrocher un coup de coeur à chacun de ses romans ? Comment !?

Vous l’aurez compris, une fois de plus, E.R. Link nous a offert une perle rare avec Question de temps, un long roman des plus aventuriers et comiques.

Tout au long du roman, nous allons suivre Calixte, jeune homme à l’humour et à la réparti fort développé, qui tente de s’en sortir dans une vie faite de magouille et de séduction. Vous vous doutez bien que cela fini forcément par louper à un moment donné et là, il nous entraîne dans un monde peuplé de pirate pas si féroce que ça, de quête au trésor… En bref, de flibusterie. Mais un peu air steampunk n’est jamais très loin…

C’est tout simplement addictif et excellent. En voyant le nombre de pages, je me suis d’abord dit que j’allais mettre plus de temps que prévu pour le lire. Un jour de plus par rapport à l’estimation. Comme dans tous ces romans, E.R. Link arrive à nous dépeindre un monde tout simplement merveilleux sans nous assommer de non de lieux, de roi, d’histoire… On rentre alors dans son imaginaire comme on rentre dans une piscine (du moins pour la majorité) : petit à petit et sans précipitation. Cela laisse au lecteur un tant fou pour s’adapter à ce nouvel univers et l’apprécier dans toutes ses subtilités.

Mais la plus grande prouesse reste pour moi le travail des personnages. Il n’y aucune fausse note, et c’est de plus en plus rare de nos jours. Tous les personnages sont hauts en couleur sans tourner dans le ridicule ou encore dans le pathos, et sont d’une vraisemblance à couper le souffle. Tous – ou presque – sont très attachants, ce qui rend la lecture, alliée avec un style aussi fluide que magnifique et ensorcelant, tout simplement et purement addictive. Un véritable page turner. Même les personnages détestables, ou qu’on pense qu’on n’aimera pas, on arrive à la fin du roman et étant triste de les quitter. Même cet idiot de Gros-Sac j’ai réussi à l’aimer pour dire !

Ce que j’ai énormément apprécié tout au long de l’ouvrage, c’est l’humour – anglais -. Cela faisait bien longtemps que je n’avais autant ris et souris grâce à un roman ! Entre humour absurde, comique de répétition, répartie cinglante et complètement décalée, et comique de situation, portés par des personnages extraordinaire, le mélange ne peut que bien fonctionner.

Encore et toujours, ce que j’ai adoré, c’est la triple romance. Aaaah… Enfin une romance qui n’est pas écrite à l’avance, où il y a un véritable suspens, de véritables interrogations… Et surtout où ce n’est pas platonique. Attention, il n’y a aucune scène érotique – à mon goût -, mais on est plongé dans une ambiance très sensuelle très agréable et grisante. Une véritable ode à l’amour sous toutes ses formes.

Je pourrais continuer sur des pages et des pages tellement j’ai aimé ce roman, tellement il m’a transporté, et faite vibrer… Des trois romans sur quatre de E.R. Link que j’ai lu, celui-ci et certainement mon petit chouchou, de même que l’auteure, qui se place dans mon top 3 de mes auteurs favoris, aux côtés de Pierre Bottero et de Karine Giebel.

En bref, un roman qui vaut tout l’or du monde, et qui mérite un sincère merci et bravo.

Citations :

– Pourquoi un sablier ?

– Parce que nous ne maîtrisons jamais le temps, capitaine. Il s’écoule de façon linéaire. Il est compté pour ceux que nous abordons. Il est compté pour nous. Nous nous inscrivons inexorablement dans notre époque. Nous ne possédons que notre expérience passée et restons tournés vers un avenir incertain.

– Il nous échappe. Est-ce pour cela que vous lui avez donné des ailes ?

– C’est exact. Nous pouvons rester maîtres de nos choix, maîtres de nos vies. Le temps finit par avoir toujours raison de nous. On peut l’apprivoiser, jamais le dominer.


Elle balbutia, cherchant ses mots dans toutes les parties de son corps qu’elle maîtrisait encore. Hélas, les mains, les chevilles ou viscères n’étaient pas bonnes conseillères en terme de vocabulaire dans ce genre de situation.


Il la secouait comme un bananier.


L’amour vous rend aussi stupide qu’aveugle.


À force de viser le soleil, on finit par passer à côté de la lune. Il est vain de courir après des chimères. Il faut se satisfaire de ce que l’on possède et saisir sa chance lorsqu’elle passe à votre portée.

Ma note : 20/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1.5/1.5
(et si j’avais eu un bonus à ajouter, je l’aurais fait !)

6-9 ans·Album Jeunesse·Contemporain·Coup de coeur·Philosophie/Réflexion

La cour couleur – Jean-Marie Henry (Anthologie)

61cJFKH8IzL._SY385_BO1,204,203,200_.jpg

Caractéristiques : 

  • Auteur – Jean-Marie Henry (Anthologie) 
  • Illustrateur – Zaü
  • Editeur – Rue du Monde
  • Parution – 1998
  • Pages – 60
  • ISBN – 978-2912084033

4ème de couverture :

Cet album est une cour de récréation peuplée d’enfants venus des quatre coins du monde. Quarante poètes y
disent l’amitié, le rejet de la haine, le respect des différences, et l’ouverture aux autres.

Mon avis :

Article un peu spécial pour un livre spécial. À la fois destiné aux adultes et aux enfants, cet album jeunesse est une anthologie de poème contre le racisme.

Alors pourquoi destiné aux enfants ? Tout simplement parce qu’il est magnifiquement bien illustré, et que les poèmes et extraits de poèmes choisis sont assez faciles et accessible pour nos têtes blondes. Pourquoi pour les adultes aussi ? Cela reste de la poésie, sujette à plusieurs interprétations et réflexions plus poussées. D’autant que certains textes sont bien plus complexes que les autres.

3fds1.jpeg

Pourquoi je voulais en parler, ça, c’est plutôt la vraie question. Quand on pense album jeunesse ou livre pour enfant, on pense tout de suite à des histoires avec une intrigue, des personnages… Et on délaisse totalement tout un pan de la littérature jeunesse – et de la littérature tout court – qu’est la poésie. Par ce petit ouvrage, Rue du Monde permet aux plus jeunes de toucher du doigt la poésie, et la puissance des messages que peuvent porter un texte.

D’autant plus qu’il s’agit ici qu’une anthologie contre le racisme, qui pourra en plus, faire objet de discussion avec les parents, ou avec une classe.

En bref, une anthologie très bien faite, superbement illustrée, avec des textes puissants et accessibles, qui touchera petits et grands.

Citations :

Pleurez mes yeux pleurez et maudit soit le monde
L’enfant blanc et l’enfant noir ne feront plus la ronde.
L’enfant noir et l’enfant blanc
Ont tous les deux le sang
Rouge.
Pierre Osenat


Qui a vu le crapaud traverser la rue ?
C’est un tout petit homme : une poupée n’est pas plus minuscule.
Il se traîne sur les genoux, il a honte on dirait.
[…]
Personne n’a remarqué ce crapaud dans la rue.
Jadis, personne ne me remarquait dans la rue.
Maintenant, les enfants se moquent de mon étoile jaune.
Heureux crapaud… Tu n’as pas d’étoile jaune.
Max Jacob


Je t’ai vue, la dernière fois, dans le wagon encore ouvert,
Parmi le troupeau effaré, les visages des enfants juifs,
[…]
Au loin les monts bleuis vers nous semblaient geler
Et près d’eux, sur le ciel, crachaient les crématoires.
Isaïe Spiegel


Il vous appartient de vivre
Comme on assemble les roses
[…]
Mais il n’y a pas de roses
Dans un jardin sans amour.
Jean Rousselot


TOI
Qui que tu sois !
Je te suis bien plus proche qu’étranger.
Andrée Chedid


– Il y a cinq continents.
– Je ne suis pas doué.
– Pour quoi ?
– Pour les divisions.
Eugène Guillevic


J’ai regardé au loin
J’ai vu quelque chose qui bougeait
Je me suis approché
J’ai vu un animal
Je me suis encore approché
J’ai vu un homme
Je me suis encore rapproché
Et j’ai vu que c’était mon frère.
Proverbe tibétain

Ma note : 17/20

  • Scénario – 2/4
  • Dessin – 3.5/4
  • Accessibilité – 1/3
  • Originalité/Créativité – 2.5/3
  • Multilecture – 3/3
  • Apprentissage – 3/3
  • Bonus « Humanité » : +2pt
Érotique·Contemporain·Coup de coeur·Romance

Remy (Fight for love 3/6) – Katy Evans

couv35884285.gif.jpegCaractéristiques : 

  • Auteur – Katy Evans
  • Editeur – Hugo Roman
  • Parution – 2013
  • Pages – 316
  • ISBN – 978-2266251648

4ème de couverture :

Remy  » Riptide  » Tate a deux passions. Le ring – où il règne en champion de la ligue Underground – et le lit de Brooke Dumas, la femme pour laquelle il pourrait donner sa vie. À la veille de leur mariage, Remy se remémore les premiers instants de leur rencontre. Évidente. Foudroyante. Instantanément torride. Les zones d’ombre qu’à son contact, il a appris à contrôler… Le désir, la passion, tout ce qui, entre elle et lui, a semblé d’instinct incontournable. Son plus grand combat.

Mon avis : 

J’ai toujours l’impression de faire faire le yoyo temporel à mes lecteurs… Comme vous le savez, je lis énormément de choses diverses et variées, et il est temps que je me consacre au troisième tome d’une saga coup de coeur… Et qui a été un coup de coeur.

Vous savez l’amour que je porte pour cette saga romantico-érotique. Comme beaucoup dans le même, l’auteur a décidé d’éclairer plus particulièrement un des personnages principaux en lui offrant un tome… Ici, c’est le personnage de Remington Tate lui-même que l’on apprend à connaître en profondeur, car c’est à travers ses yeux que l’on va vivre une intrigue… que l’on connait déjà ! Tout comme E.L. James l’a fait avec son quatrième opus Grey, Katy Evans nous offre les moments clefs, les moments forts des deux premiers tomes, ainsi que l’évolution post-second-tome à travers le regard de Remington – bien que quelques rares passages soient sous le point de vue de Brooke -.

Je ne vais pas vous le cacher, c’est un pur régal. Si certaines (et certains, je ne vous oublie pas messieurs !) n’ont pas aimé le côté bestial et homme des cavernes de Remy, ils n’aimeront pas ce roman. Mais pour celles et ceux qui, au contraire, on aimé la saga en partie grâce à la sauvagerie de ce combattant, je peux vous garantir que on plane sur un nuage fait de gant de boxe et de sensualité. Au lieu de découvrir une bête assoiffée de sexe et de chaleur, on apprend à découvrir un être fait de muscle, certes, mais avant tout un être sensible, qui peur, qui a froid, qui aime tendrement une femme.

Ce qui frappe le plus dans ce roman, c’est sa véracité sur le genre humain. On peut être sensuel, avec un grand appétit sexuel, et être par la même occasion capable de la plus grande des mièvrerie. On peut être bestial et violent par moment, comme être capable de la plus grande des douceurs par d’autres. C’est cette dualité là qu’à voulu explorer l’auteur, et elle l’a fait avec talent.

De plus, cela permet de lever certaines zones d’ombres sur le comportement de ce cher Remington dans les tomes précédents.
Et, encore une fois, ce roman a en lui quelques notes de féminisme. Car une fois de plus, même si on parle de roman érotique, avec des scènes explicites, en aucun cas Brooke, au même titre qu’Anastasia, n’a été une fois soumise à l’homme qui partage sa vie. Car depuis le début, c’est elle qui mène la barque et Remington, tout comme Christian Grey, est complètement dépendant de cette femme qui est venue bouleverser sa vie et ses sens.

En bref, un roman excellent, dans la parfaite continuité des deux premiers, qui ravira les fans de la série en attendant la suite !

Citations :

Le coeur est un muscle. Pendant une vie entière il va battre des milliards de fois. J’ai appris à mes dépens qu’on ne pouvait plus courir avec un ligament déchiré, mais qu’en revanche, même si votre coeur est brisé en mille morceaux, vous pouvez toujours aimer de tout votre être.


Il y a des choses dont on est certain. Pour lesquelles on jurerait sur sa vie. Des chose qu’on sait, tout simplement. On sait que la chaleur du feu brûle. Que l’eau épanche la soif. Elle, elle fait partie de ces choses : la certitude la plus évidente de ma vie.

Ma note : 16.5/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 1/1.5

2-5 ans·6-9 ans·Album Jeunesse·Coup de coeur·Philosophie/Réflexion

Plage réservée ! – Sophie Lescaut

Plage-reservee.jpg

Caractéristiques : 

  • Auteur – Sophie Lescaut
  • Illustrateur – Sophie Lescaut
  • Editeur – Le Grand Jardin
  • Parution – 2017
  • Pages – 26
  • ISBN – 979-1096688050

4ème de couverture :

Une grande famille d’ornithorynques aux personnalités touchantes se met en route pour aller à la plage. Une fois arrivée, la petite troupe se voit refuser l’entrée pour cause d’interdiction des animaux à becs.
Repli vers une autre plage où l’accès leur est refusé pour des raisons tout aussi absurdes. Mais ils ne se découragent pas…

Mon avis :

Partons à la plage avec la famille Ornithorynque !

IMG_4033.JPGQuel album merveilleux ! En plus de faire passer de beaux messages et d’être comique, il est accessible pour une fourchette d’âge très large, et est bien illustré. Que demander de plus ?

Dans ce petit album, nous suivons donc la famille ornithorynque qui va à la plage… Et se voit refuser l’accès car la place est interdite pour les animaux à bec. Mécontent, ils cherchent une autre plage, où l’accès leur également refusé pour une raison tout aussi absurde… Jusqu’à la chute finale, quelque peu moralisatrice, mais oh combien efficace.

IMG_4032.JPG

Car si ce livre met en avant les différences, il met aussi et énormément en avant un phénomène de société immense et mauvais : le racisme. Qu’il soit banalisé ou non, par leur différence, ils sont pas accepté pour un moment de détente en famille, et font face à l’hostilité des autres animaux.

IMG_4034.JPG

En plus de montrer à quel point les arguments des personnes racistes peuvent être ridicule, l’auteur m

 

et aussi en avant les répercutions que cela peut avoir sur le comportement et les sentiments des victimes… Et c’est excellent. Rien n’est choquant, et les messages passent avec une finesse exemplaire, accessible et compréhensible pour tous.

Allié à ce point de force, l’album se pare d’un humour à la limite de l’humour anglais – que j’apprécie énormément – et qui vient rajouter des notes aux couleurs d’innocence dans cette histoire peu commune.

En bref, un album jeunesse à lire à tout prix, pour les petits comme pour les grands !

Ma note : 19.25/20

  • Scénario – 4/4
  • Dessin – 3.75/4
  • Accessibilité – 3/3
  • Originalité/Créativité – 3/3
  • Multilecture – 3/3
  • Apprentissage – 2.5/3
2-5 ans·Album Jeunesse·Comédie·Coup de coeur

La petite grenouille qui avait mal aux oreilles – Voutch

couv29729482.png.jpeg

Caractéristiques : 

  • Auteur – Voutch
  • Illustrateur – Voutch
  • Editeur – Circonflexe
  • Parution – 2006
  • Pages – 30
  • ISBN – 978-2878334913

4ème de couverture :

La petite grenouille a un problème avec ses oreilles. Docteurs et spécialistes
se succèdent mais, houyouyouye, ça ne s’arrange pas tellement, et même pas du tout.

Mon avis :

Je pense que vous l’aurez compris, hors partenariat, pour ce qui est des albums jeunesse, je ne vous propose en chronique que ceux qui m’ont vraiment plu, pour ne pas dire uniquement mes coups de coeur. C’est donc tout naturellement que je vous propose l’article de ce best-seller des albums jeunesse : La petite grenouille qui avait mal aux oreilles.

Ce que j’ai pu rire en lisant ce petit album jeunesse ! Ce que j’ai pu rire en écoutant quelqu’un me raconter cette histoire ! Et surtout, ce que j’ai pu rire en lisant moi-même cette histoire à des enfants…

IMG_3857

Dans ce petit ouvrage, on va suivre le périple d’une pauvre petite grenouille qui a mal aux oreilles. Sauf que comme pour nous, pauvre humain, elle est reconduite de spécialistes et spécialistes, tous plus exubérants et aux noms les plus tordus les uns que les autres ! La chute est pour le moins plus qu’inattendu, et donnera à nos petites têtes blondes quelques leçons d’anatomie…

Ce qui est vraiment très intéressant, et qui déclenche le rire, c’est le ridicule de la situation, et la peine que l’on a pour ce petit batracien qui, on suppose, se frappe l’otite du siècle. Fou rire garanti, d’autant que cet album mettra la prononciation et l’articulation du conteur à rude épreuve !

En bref, un petit album jeunesse tout en douceur et en rire, qui ravira les petits et fera sourire les grands !

Citations :

– J’espère que vous au moins, Monsieur le piedratrocioguolologistre*, vous pourrez faire quelque chose pour mes pauvres oreilles parce qu’elles me font mal, houyouyouye !

– Hélas, ma pauvre petite ! Mon oreilloscope à micro-résonnance électro-cabalistique vient juste de tomber en panne et, sans cet appareil, je ne peux rien faire !

*à la place de pédiatrobatraciologiste (ou un truc dans le genre)

Ma note : 16.5/20

  • Scénario – 4/4
  • Dessin – 3/4
  • Accessibilité – 2.5/3
  • Originalité/Créativité – 3/3
  • Multilecture – 1.5/3
  • Apprentissage – 2.5/3
Contemporain·Coup de coeur·Drame·Philosophie/Réflexion·Thriller

Je sais où tu es – Claire Kendal

couv60403836.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Claire Kendal
  • Editeur – France Loisir
  • Parution – 2015
  • Pages – 410
  • ISBN – 978-2226322838

4ème de couverture :

Un matin, Clarissa se réveille dans le lit d’un collègue, sans aucun souvenir de ce qui l’a menée là. Bientôt cet homme fait de sa vie un cauchemar. Espionnée, traquée, harcelée, Clarissa doit faire face à une obsession toujours plus menaçante. Saura-t-elle s’en échapper avant qu’il ne soit trop tard ?

Mon avis : 

Cela fait un moment maintenant que j’ai lu ce roman, et pourtant, quand je revois sa couverture et que les souvenirs remontent, je suis toujours aussi glacée parce la vraisemblance de l’intrigue, et surtout des situations et ressentis dépeints. Un coup de coeur pour un texte féministe qui traite d’un sujet encore tabou, et pourtant bien trop réel.

Ce roman suit une double trame : on suit à la fois Clarissa dans sa vie personnelle de jeune femme harcelée par un homme, ainsi que Clarisse dans son exercice de jury lors d’un procès pour viol et séquestration. Dans les deux cas, on n’en ressort pas indemne. Ça ne réveille pas toujours les mêmes émotions en nous : tantôt la peur, tantôt le dégoût… Ce livre a un réel potentiel d’ouverture, en cela qui peut permettre à un lectorat plutôt masculin de mieux appréhender le harcèlement de rue et le harcèlement sexuel ; mais aussi de faire écho auprès d’un lectorat féminin.

Dans les deux cas de figure (l’aspect procès et l’aspect vie personnelle de l’héroïne), je me suis sentie concernée : ces deux intrigues sont les faces d’une même médaille qu’est le harcèlement et l’objectivation des femmes. Mais le plus dur a été de lire le ressenti que pouvait avoir et que Clarissa avait, mais aussi de voir que les réactions des hommes et des autorités dans ce roman correspondent que trop bien à notre réalité.

Je ne vous cache pas que ce roman a été très dur à lire, entre mon hypersensibilité, et le fait de lire des situations que je peux vivre au quotidien…Ce n’a pas été une lecture facile, mais oh combien enrichissante et engagée. Sans le crier sur les toits, ce roman est une pépite qui, vulgairement dit, remet les barres sur les T et les points sur les i.
Effectivement, l’auteur n’hésite pas, à l’aide d’une plume agréable et fluide, de pointer du doigt des choses encore trop peu considérées : le harcèlement de rue, le harcèlement sexuel, l’objectivation des femmes, le sentiment que tout est dû (d’un point de vue sexuel) aux hommes de part leur sexe, la défaillance du système judiciaire dans les affaires d’harcèlement et de viol… Et c’est en ça que c’est un livre excellent : il montre de A, à Z, les cause, les conséquences, et surtout, les répercutions physiques et morales présentes chez les victimes.

En bref, un livre tabou, dur, glaçant, mais nécessaire. Un vrai coup de coeur.

Citations :

Les accusés disent nibards. Rowena dit nichons. Moi, je dis seins. Je ne sais pas ce toi tu dis. Je ne veux pas le savoir. Ce que je sais par contre, c’est ce que ces différences comptent.


Par où commencer pour démontrer la folie de ta lettre ? Tu n’entends donc pas ce que je te répète – non, non, et encore non – encore et encore ? Je crois qu’il t’est impossible de comprendre ; tu es prisonnier d’une forme délirante de raisonnement décalé, de sincérité terrifiante même.
As-tu inspecté mes CD et mes DVD quand tu étais chez moi ? Parce que tu as raison : j’adore ce ballet. Par contre je le détesterais à un point dont tu n’as pas idée si je devais le voir avec toi. De la part d’un autre homme, le geste aurait pu être romantique. Mais pas de ta part à toi. De la part de celui qui a utilisé ma plus vieille amie et l’a retournée contre moi. Venant de toi, ces billets sont une agression, pas un cadeau.


S’il y avait bien une chose que montraient ces peintures et poèmes romantiques, c’était le danger d’un vrai regard direct et décidé.

Ma note : 18.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5