Comédie·Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Historique

Le Chevalier du Temps Plié (Les aventures de Newton Poppleford 2/2) – Gordon Zola

couv17575953.jpgCaractéristiques :

  • Auteur – Gordon Zola
  • Éditeur – Le Léopard Démasqué
  • Parution – 2014
  • Pages – 428
  • ISBN – 978-2358310581

4ème de couverture :

Les héros du Jeu des 7 terreurs reviennent pour une nouvelle aventure ! Sur la piste du trésor de Richard Coeur de Lion, Lisbeth, Edgar et Farley Winter explorent les fonds marins des côtes siciliennes à la recherche d’une mystérieuse épave templière, La Reine de Tyr, afin de trouver ce qui pourrait sauver le jeune Paul gravement malade. Après un voyage dans le temps, Newton Poppleford se retrouve coincé au coeur de la IIIe Croisade.
Perdu en Terre sainte dans un Moyen Âge en pleine guerre, il usera d’un stratagème des plus ingénieux et étonnants pour s’en sortir.

Mon avis :

Un beau jeu de mot pour un beau roman !

Découvert lors du Livre Paris 2018, je suis très contente d’avoir laisser mon oeil trainer sur ce stand hauts en couleur qu’était celui des éditions du Léopard Démasqués. C’est un tome 2, mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu le 1 pour le comprendre.

Le Chevalier du Temps Plié, en dehors d’un jeu de mot qui ne m’a pas laissé indifférente, c’est un roman fantastique, qui vient mêler à la fois technologie, voyage dans le temps, et bien entendu, histoire.

Nous suivons le jeune Newton, inventeur de génie, qui va se lancer dans une folle aventure. Chasse aux trésors, épave, course poursuite, angoisse… Le tout, sur un fond d’Histoire, avec un grand H, malgré les quelques libertés prises pour le scénario.

Ce roman m’a transporté. J’ai été tout de suite happée par le monde que met en place Gordon Zola. Riche, complet, bien construit, et surtout, qui s’emboîte bien. Rien de pire à mon sens qu’un roman traitant des voyages temporels qui n’arrivent pas à faire s’emboîter parfaitement et de manière fluide les évènements.

Saupoudré d’un humour très british à mon sens, la découverte des personnages est un véritable régal, même si certains sont peut être trop ancrés dans les clichés du genre fantastique.

J’ai eu tout de même quelques petites frayeurs, et même quelques regrets… J’aurais beau avoir eu un coup de coeur sur ce roman, certaines choses m’ont tout de même chiffonnée un peu.
Aussi fantastique soit l’histoire, aussi palpitante soit-elle, et aussi bien écrite soit-elle, j’ai trouvé qu’on mettait vraiment, vraiment beaucoup trop de temps à rentrer dans le vif du sujet, à savoir les voyages temporels. C’est un régal de voir la construction et les murs d’un édifice se construire sous ses yeux, mais je pense vraiment que certains auraient décrochés avant d’arriver dans le vif du sujet.
De même, même si ça reste très bien écrit, j’ai trouvé qu’il manquait peut être un peu de jeu au niveau des rythmes et des variations de style dans l’écriture, afin d’avoir un peu moins cette impression de plat que j’ai pu ressentir parfois.

Malgré ses petites choses, Le Chevalier du Temps Plié est un roman très travaillé dans sa construction, et qui ne peut mérité qu’une révérence.

En bref, un très bon roman fantastique pour petits et grands, un coup de coeur malgré une rythmique hésitante.

Citation :

Aucun relevé !

Ma note : 18,25/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1.25/1.5

Contemporain·Coup de coeur·Drame

Sans jamais te retourner – Tony Perraut

Capture d’écran 2018-06-29 à 17.41.24.pngCaractéristiques : 

  • Auteur – Tony Perraut
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2018
  • Pages – 54
  • ISBN – 978-1980725237

4ème de couverture :

Sans jamais te retourner, tu vas vivre cette journée.
Tu vas tout donner, tout penser, tout imaginer.
C’est dans cette forêt que tu vas comprendre la solitude,
C’est dans ce bus que tu vas ouvrir ton ressenti,
Mais tu connais l’issue de cette journée,
Tu sais que demain tu ne verras pas le soleil se lever.
Alors fonce gamin, va mourir.

Mon avis : 

Compliqué de parler de cette nouvelle tant elle a pu me marquer, me parler, mais aussi marquer quelque chose d’important.

Encore une fois, Tony Perraut nous en met plein les yeux… mais d’une manière qui diffère de l’habituelle. Dans un univers bien plus réel, bien plus palpable, nous suivons un homme dans sa dernière journée sur terre.

Habituée aux rythmes assez rapides et fous qu’impose l’auteur à ses textes à ses romans, je n’ai que pu être agréablement surprise de découvrir une toute autre facette de son talent littéraire. Un personnage des plus vraisemblable, au coeur de ses pensées et de ses émotions… Une première et une troisième personne qui se confondent et se réunissent, comme pour marquer l’état de perdition de notre personnage sans nom, comme pour le rendre universel : identité perdue sur des sentiments universels… Boom. Touché, comme diraient nos voisins anglophones.

Bien que parlant du sujet très dur qu’est le suicide, Tony Perraut arrive, du haut seulement de ses vingt-et-un ans, à être d’une maturité aussi bien littéraire que mentale hors norme. À la lecture de son dernier roman, Le Cri des Papillons, j’avais senti qu’il était sur le point de passer un cap dans son écriture et son aventure littéraire. Cette nouvelle vient confirmer mes soupçons : le cap a été passé, et pas qu’un peu ! Tony Perraut vient ici, à mon sens, nous vendre de la très bonne littérature qui a mon sens, dépasse et de loin ce qu’à pu faire Stephen King : plusieurs fois j’ai tenté King, avec plusieurs romans différents, dans différents styles, mondes, époques, années de parutions… Mais je n’ai jamais réussi à terminer ne serait-ce qu’une seule nouvelle. Celle de notre Tony, je l’ai dévorée, tout comme ces romans qui ne font que très rarement long feu.

En bref… Bravo. Une nouvelle excellente qui mérite à être lue, lue et relue. Un vrai coup de coeur.

Citations :

– Maman, je veux mourir.
Si seulement elle pouvait l’entendre, le comprendre, le ressentir. Si seulement elle pouvait voir ce poids sur mon coeur lorsque je me lève, lorsque je couche, lorsque je reste toute la journée allongé dans mon lit à pleurer dans l’espoir de faire mourir mon cerveau de désolation. Si seulement je pouvais offrir à cette mère ce qu’elle a toujours voulu, un fils vivant, un fils en vie.


Tu voulais seulement t’envoler, seulement te transformer en oiseau, seulement montrer au monde que tu pouvais mourir dignement en volant, montrer aux autres que l’homme ne peut voler, mais qu’il peut, avant de mourir, avoir encore cet espoir, ce dernier espoir qui pourrait sûrement lui donner envie d’aller mieux, de lui redonner confiance en lui, mais non, la vie est là et elle te rappelle que tu n’es pas un oiseau.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Érotique·Coup de coeur·Philosophie/Réflexion

Anthologie polissonne, Petites histoires indécentes de la littérature – Alain Paraillous

Anthologie-polionne.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Alain Paraillous
  • Éditeur – De Borée
  • Parution – 2018
  • Pages – 275
  • ISBN – 978-2812922794

4ème de couverture :

La vie des grands écrivains est souvent plus passionnante encore que les romans qu’ils ont écrits. Pour la plupart d’entre eux, leur carrière amoureuse a été aussi foisonnante que leurs productions littéraires… George Sand, Madame de Staël : des croqueuses d’hommes ; Chateaubriand, Hugo, Stendhal : d’insatiables Dom Juan… Et ceux que l’on aurait cru bien sages : Vigny, Lamartine… de sacrés coquins également. Comme si les facultés créatrices de ces hommes et de ces femmes avaient été proportionnelles à leurs appétits sexuels. Ce livre pourrait être une histoire de la littérature française, du Moyen Age jusqu’à 1900, à ceci près que les biographies présentées avec humour à travers ces pages sont vues depuis ce que les grincheux pourraient appeler « le petit bout de la lorgnette ». Et si ces histoires polissonnes, savoureuses, pittoresques, étonnantes, affriolantes, étaient au coeur même de la création artistique ?

Mon avis :

Pour un premier roman du genre, je me devais de trouver quelque chose d’assez original et qui ne serait pas plat… Quoi de mieux d’une anthologie littéraire qui se passe sous la ceinture ?

Mais attention, rien de graveleux, bien au contraire ! Son auteur, ancien professeur de lettres, nous fait traverser les siècles de la littérature française, en nous exposant avec légèreté et dynamisme les dessous de nos grands auteurs. Et on peut dire que certains étaient plus que portés sur la chose !

Ce que j’ai particulièrement aimé dans cet ouvrage, c’est qu’il n’était pas qu’un catalogue de faits plus ou moins chauds sur les grands auteurs français, mais bel et bien un vrai travail de recherche, avec un vrai travail littéraire : est-ce la vie des auteurs qui leur inspirent leurs oeuvres, ou bien est-ce l’inverse ? Quels peuvent être les petits indices glissés dans ces oeuvres qui pourraient nous donner des éléments biographiques sur ces dits-auteurs ?
Mais plus que cela, l’auteur n’hésite pas à citer des morceaux de textes, nous faisant le plus souvent découvrir des textes inconnus, et même redécouvrir certains extraits sous un autre angle.

Je n’avais jamais lu d’anthologie avant, et après avoir lu celle là, je n’ai qu’une envie : en lire une autre !

En bref, un roman avec un réel intérêt littéraire, à lire par curiosité ou bien pour ajouter quelques faits plus croquant dans nos dissertations… Excellent, un coup de coeur !

Citations :

Changement et nouveauté, que de crimes ont été commis en vos noms !


Je veux mourir pour ta beauté, Maîtresse,
Pour ce bel oeil qui me prit à son hain,
Pour ce doux ris, ce baiser tout pleinement
D’ambre, et de musc, baiser d’une Déesse.

Je veux mourir pour cette blonde tresse,
Pour l’embonpoint de ce trop chaste sein,
Pour la vigueur de cette douce main
Qui tout d’un coup me guérit et me blesse.

Ronsard

 

Je te salue, ô merveille fente,
Qui vivement entre ces flancs reluis ;
Je te salue, ô bienheureux pertuis,
Qui rend une vie heureusement contente. […]
Ô petit trou, trou mignard, trou velu,
D’un poil follet mollement crespelu
Tous verts galants devraient, pour t’honorer,
À beaux genoux te venir adorer.
Tenant au poing leurs flambantes chandelles.

Ronsard

On est bien loin de Mignonne, allons voir si la rose… !


Ainsi, en ta première et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,
La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes

Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que, vif et mort, ton corps ne soit que roses.

Ronsard


Désireux de ne rien cacher au lecteur, Montaigne ne dissimule pas les pannes qui affectent la virilité au moment où celle-ci s’avère particulièrement indispensable : la faute à « l’indocile liverté de ce membre, défaillant si importunément lorsque nous en avons le plus besoin, refusant avec obstination nos sollicitations et mentales et manuelles. »


Le gong de la soixantaine enclenche le compte à rebours. Même si La Fontaine n’est pas, tant s’en faut, un pilier d’église, son époque est marquée par la crainte de Dieu et ce débauché commence à se faire du souci : l’heure n’est pas si lointaine où il va devoir s’expliquer là-haut, sur sa vie de patachon.


Je connais mes défauts ; mais après tout, je pense
être pour vous encore un captif d’importance,
Car vous aimez la gloire et vous savez qu’un roi
Ne vous en peut assurer autant que moi.

« Un captif d’importance » ! Bigre, ce jour-là, le bon Corneille avait oublié d’être modeste, mais chacun sait que l’amour vous fait perdre la tête.
Las, rien n’y fit. Marquise ne vit du vieux soupirant que le « corps usé » et du « front ridé les replis jaunissants ». La coquine préférait les chairs plus fraîches, et resta inflexible. Blessé, le poète lui adressa ses fameuses Stances :

Marquise, si mon visage
À quelques traits un peu vieux,
Souvenez-vous qu’à mon âge,
Vous ne vaudrez guère mieux.

Rancunier en plus d’être modeste le Corneille !


Tournons nous plutôt vers du positif : il faut lire, ou relire Lamartine. Plus que jamais. Parce qu’il y a du sublime dans son oeuvre, et que notre époque en est si cruellement dépourvue.

 

6-9 ans·Album Jeunesse·Coup de coeur

La petite marchande de mots – Marie Tibi

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Caractéristiques : 

  • Auteur – Marie Tibi 
  • Illustrateur – Lili la Baleine
  • Parution – 2016
  • Pages – 36
  • ISBN – 979-1090466166

4ème de couverture : 

Les clients viennent nombreux dans la boutique de Rosalie Tricoli. Un musicien, un amoureux, un monsieur ronchon, une maman, un garnement… Toi aussi, tu cherches tes mots ? Pousse donc la porte de la petite marchande de mots, elle t’aidera à trouver celui qu’il te faut !

Mon avis :

Avec la période des fêtes qui approche à grands pas, j’avais envie de partager avec vous un album jeunesse qui est tout en douceur et en poésie : la petite marchande de mot.

Nous suivons notre petite marchande dans son quotidien. Son métier ? Vendre des mots. Que ce soit des mots d’amours, des mots d’adieux, ou pour les plus polissons, des gros mots, elle a toujours le mot juste.

Assez peu accessible pour les plus jeunes, il peut cependant pousser les plus âgés et les plus matures à avoir sur une réflexion sur le sens des mots, de la paroles, ainsi que leur importance. Une belle histoire, un premier pas à l’étrier de la littérature sans sa plus basique forme – le mot -, Marie Tibi nous emporte dans un torrent allégorique et poétique, accompagnée par les couleurs et les formes de Lili la Baleine, donnant un petit ouvrage, une petite perle, une petite merveille.

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On passe par un peu tous les états : l’incompréhension, la curiosité, puis l’émerveillement, le rire… l’attendrissement, pour aboutir à la fin de la lecture à une sorte de transe, de paix intérieure.

C’est ce que j’appelle dans mon jargon, une littérature pansement. Qu’elle fasse passer un message ou non, la littérature pansement a un rôle bien propre : faire vibrer nos cordes intérieures, pour nous apporter une paix, un sentiment de bien-être qu’il pouvait nous manquer. Et c’est exactement ce que j’ai ressenti à la fin de ma lecture de ce jolie album, un petit sourire énigmatique sur les lèvres.

En bref, un très bel ouvrage, avec un jolie message aussi bien littéraire que bien-être, très jolie illustré.

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Citations :

– Comment être certain que c’est le mot de la fin ?
Rosalie lui murmure doucement en lui prenant la main :
– Les mots sont sans fin, c’est là qu’est leur force ! Ils sont innombrables, ils vivent pour toujours. Ils ont fait des déclarations de guerre et de paix, mais aussi d’amour. Ils fabriquent des chansons et des discours, des testaments et des romans.

Ma note : 17/20

Scénario – 4/4
Dessin – 4/4
Accessibilité – 2/3
Originalité/Créativité – 3/3
Multilecture – 2.25/3
Apprentissage – 1.75/3

Coup de coeur·Historique·Philosophie/Réflexion

Un ado nommé Rimbaud – Sophie Doudet

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  • Auteur – Sophie Doudet
  • Editeur – Scrineo
  • Parution – 2017
  • Pages – 260
  • ISBN – 978-2367405308

4ème de couverture :

En ce début de l’été 1870, Arthur brille au collège de Charleville, où il rafle un par un les prix d’excellence. Son avenir semble tout tracé. Sa mère imagine pour lui une vie paisible et convenable, une carrière sans panache et respectable. Mais Arthur étouffe et ne supporte pas cet horizon étriqué. Il rêve de Paris et de gloire : il veut être Poète !
Une année, douze mois fulgurants et quatre saisons colorées vont bouleverser son existence et l’arracher à l’enfance. Alors que la France est en guerre et que la révolution gronde, le bon élève se rebelle avec pour seules armes ses mots…
Et c’est ainsi qu’Arthur devient Rimbaud.

Mon avis :

Pendant mon stage en librairie, j’ai eu l’occasion de lire ce roman, bien avant sa sortie. Ayant déjà lu un livre au sujet de Rimbaud et l’ayant beaucoup aimé, je me suis lancée sans trop d’apriori… Et c’est un coup de coeur !

Contrairement à Absinthe de Gilles Bontoux que j’ai pu lire il y a quelques années, cet opus ce concentre plus sur le Rimbaud avant Verlaine, que sur leur relation en elle-même. C’est un fait extrêmement intéressant car pour une fois, on ne se concentre pas sur le scandale d’une relation homosexuelle, mais sur le scandale de la personnalité même de Rimbaud.

Car là où les deux romans se rejoignent, c’est bien sur ça : le génie de Rimbaud, allié à une personnalité extrêmement forte et indépendante.
On suit notre jeune Rimbaud dans l’année 1870, année qui, on peut le dire, a marqué sa vie. De jeune étudiant brillant, en passant par le jeune fougueux au poète en devenir, on suit Arthur dans l’année de ses 16 ans. Provocateur, arrogant, insolent, hautain… Brillant, majestueux, génial. Voilà qui est Rimbaud.
Chose extrêmement intéressante dans ce roman : puisque nous sommes dans la seizième année de Rimbaud, il est dépeint d’une manière encore un peu enfantine et rêveuse sur certain point. Au fil des chapitre, on le voit grandir, murir, perdre certaines de ses illusions et de ses rêves… Le garçon devenir homme. Même si, jusqu’au bout, malgré l’aigreur et la passion qui l’anime de plus en plus, Arthur reste un rêveur qui nous fait voyager et nous attendrit.
Pour reprendre le résumé : on voit Arthur devenir Rimbaud.

Plus qu’une biographie de Rimbaud, c’est une véritable épopée littéraire et humaine. Les chapitres sont parsemés d’extraits de poème de notre Arthur, de description sur sa vision de la poésie et de la littérature, parfois même sa critique sur la littérature et la poésie qui lui était contemporaine. Le tout, plongé dans une époque politiquement trouble, où la guerre civile – et la guerre tout court – fait rage (siège de Paris de 1870-1871, durant La Commune).
On sent que l’auteur a fait énormément de recherche afin de livrer un ouvrage, certes romancé de la réalité, au plus proche du vrai. C’est extrêmement agréable.

Véritable page-turner, il nous est impossible de lâcher le roman. Que ce soit par le style de l’auteur qui est très poétique et adapté à son histoire, ou par l’envoûtement que l’on ressent pour Rimbaud, la conséquence est la même : on a envie d’avancer dans le livre pour en avoir le fin mot, mais on a aucune envie de le terminer… Ce qui est, pour moi, la caractéristique d’un roman excellent.

En bref, un livre merveilleux qui nous embarque pour mieux nous retourner et nous émerveiller, qui ravira les petits, les grands, comme les amoureux de la littérature et de la poésie.

Citations :

Est-ce cela grandir ? Perdre ses illusions et faire le deuil de ses rêves ?


Fasciné, Arthur se dit que la nature ne sait décidément pas fabriquer du noir. Elle y ajoute toujours de discrètes nuances colorées. Il n’y a vraiment que les hommes pour savoir donner à leur existence la teinte mate du deuil.

Ma note : 18.75/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.75/1.5

Coup de coeur·Drame·Historique·Philosophie/Réflexion

Notre Dame de Paris – Victor Hugo

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  • Auteur – Victor Hugo
  • Editeur – Pocket
  • Parution – 1831
  • Pages – 636
  • ISBN – 978-2266240000

4ème de couverture :

Dans le Paris du XVe siècle, une jeune et superbe gitane appelée Esméralda danse sur le parvis de Notre Dame. Sa beauté bouleverse l’archidiacre de Notre-Dame, Claude Frollo, qui tente de l’enlever avec l’aide de son sonneur de cloches, le malformé Quasimodo. Esmeralda est sauvée par une escouade d’archers, commandée par le capitaine de la garde Phoebus de Châteaupers…

Mon avis :

Il faut que je vous recontextualise. Alors que j’étais en pleine insomnie, je trainais sur YouTube, jusqu’aux méandres, et j’ai trouvé une vidéo faisant une comparaison entre la version québécoise et la version française des chansons Disney. Là, le vidéaste fait la comparaison avec une chanson extraite du Bossu de Notre Dame. Forcément, ça m’a donné envie de le revoir. Mais aussi de revoir la comédie musicale (celle de 1999, s’il vous plait)… Et par extension, d’enfin lire le roman d’où tout cela est tiré. Soit, comment lire un classique de la littérature française par l’impulsion d’un Disney.

Plus sérieusement, je me demande encore ce qui a pu me freiner autant de temps. La taille certainement (plus de 630 pages en taille -2… ça refroidit). Mais le résultat est là : je comprends mieux pourquoi Victor Hugo est aussi populaire, et surtout, considéré comme un des plus grands écrivains français. Je préfère prévenir : cette chronique risque d’être longue. Très longue.

Tout d’abord, l’univers. Sans surprise, pas vraiment de fantaisie de ce côté là, nous sommes dans notre univers. Mais l’auteur a réalisé un véritable travail de titan afin de nous offrir la vision du Paris de 1482 la plus précise, mais aussi la plus juste possible, au point que l’on peut élever son texte au rang de roman historique. Nom de rue, description de façade, variante de nom selon la zone et l’époque, courant artistique, modification et reconstruction… Tout y passe. Le détail est notamment apporté aux pièces importantes du puzzle parisien, à savoir la salle du Palais de Justice (utilisée dans les premiers chapitres pour le mystère le jour de la fête des Fous), la cathédrale de Notre Dame, ainsi que la cour des Miracles, et d’autres bâtiments un peu plus annexes. Bien que ce soit les passages que j’ai le moins aimé dans le roman (l’architecture et l’urbanisme surtout, avec moi, ça fait deux), j’ai énormément aimé le souci de l’auteur pour nous plonger le plus justement possible dans ce vieux Paris.

Autre passage qui pourrait poser problème mais que j’ai énormément aimé, sont les passages bien plus philosophiques, voire même de commentaire. Je pense notamment à ce chapitre entièrement dédié à la relation entre architecture et littérature, avec une métaphore filée de l’architecture comme phrase d’avant la littérature imprimée, et la révolution sociale profonde qu’a provoqué l’invention de l’imprimerie par Güttenberg. C’est, à vrai dire, dans ce chapitre que j’ai perçu pour la première fois le génie de Victor Hugo.

Chose particulièrement appréciable est le souci apporté aux personnages. Tous les personnages. Du plus insignifiant au plus important, en passant par les personnages secondaires. De fait, on s’attache assez vite à tous, de manière très forte malgré les pulsions qu’il nous font avoir (pitié, dégoût, envie, émerveillement…). De manière générale, ils ont tous au minimum un chapitre – plus ou moins imposant, ils n’ont pas tous des chapitres de 30 pages – afin de bien les introduire et les approfondir par la suite. C’est comme ça que j’ai fini par mépriser Phoebus, avoir envie de baffer Esmeralda, et aimer Claude Frollo, au point d’en faire mon personnage favoris du roman. Tout est en nuance, en évolution… Les personnages ne sont pas figés, ils sont tous en constant mouvement tant physique que psychologique, et c’est un diamant à voir et à lire. Sans compter tous les chapitres descriptifs sur ce qu’ils aiment et les animent, permettant de les rapprocher encore plus de nous.

Et là, je vous entends venir : et l’histoire alors ? Et bien l’histoire n’est pas diamant, mais bien plus que ça. Une pure serendibite (une pierre bien plus précieuse et cher qu’un diamant au charme bien plus complexe). Si je devais la résumé en un seul mot, je ne dirai pas amour, je ne dirai pas tragédie, mais je dirai bien pire que cela : fatalité. Le roman est divisé en deux parties. Une première, plus introductive et narrative qui prépare le terrain à la Fortune et à la Fatalité, et une seconde, qui laisse la Fatalité prendre une forme presque humaine tant elle est cruelle et froide. Dans une première partie, on se focalise sur un personnage et une rumeur qui nous semble inutile, mais qui vient nous arracher le coeur et quelques larmes, quelques chapitres avant la fin. On nous fait un portrait élogieux et irréprochable de notre archidiacre Frollo pour mieux le démonter et le détruire sous tous les aspects possibles durant tout le roman. Du génie. Il n’y a pas d’autres mots pour désigner cela.

Ajoutons à cela la montée en puissance tant du rythme que de la Fatalité au fur et à mesure que les pages se tournent, les envolées lyriques, les discours et monologues enflammés à vous en donner envie de les dire à haute-voix, de non pas les lire, mais les jouer et les vivre… On abouti à un roman complet, complexe, qui est un véritable bijoux malgré les quelques passages plus techniques.

Autre petit détail qui m’a beaucoup surprise : l’humour. Même dans les moments les plus tragiques, à travers certains personnages (notamment celui de Gringoire et de Djali), l’auteur arrive à insérer des doses d’humours succulentes et tordantes, à la limite de l’humour anglais, qui viennent faire du bien et sourire.

Même si j’en meurt d’envie, je vous parlerai pas plus en avant des caractères de Phoebus, Frollo Esmeralda, tout simplement parce que je vous spoilerai, et que je m’en voudrais éternellement de vous spoiler un tel chef-d’oeuvre. Mais je vous ferai – je pense – sur mon blog secondaire (ou bien sur celui-ci je ne sais pas encore) un article comparatif entre le roman, le Disney et la comédie musicale.

En bref, un chef-d’oeuvre, une perle, un diamant, une serendibite à l’état pur, qui mérite d’être lu et apprécié. Un véritable coup de coeur comme on en a rarement.

Citations :

– Cela suffit, reprit Trouillefou sans le laisser achever. Tu vas être pendu. Chose toute simple, messieurs les honnêtes bourgeois ! comme vous traitez les nôtres chez vous, nous traitons les vôtres chez nous. La loi que vous faites aux truands, les truands vous la font. C’est votre faute si elle est méchante.


– Savez-vous ce que c’est que l’amitié ? demanda-t-il.
– Oui, répondit l’égyptienne. C’est être frère et soeur, deux âmes qui se touchent sans se confondre, les deux doigts de la main.
– Et l’amour ? poursuivit Gringoire.
– Oh ! l’amour ! dit-elle, et sa voix tremblait, et son oeil rayonnait. C’est être deux et n’être qu’un. Un homme et une femme qui se fondent en un ange. C’est le ciel.


Il s’aperçut qu’il y avait autre chose dans le monde que les spéculations de la Sorbonne et les vers d’Homère, que l’homme avait besoin d’affections, que la vie sans tendresse et sans amour n’était qu’un rouage sec, criard et déchirant.


Alors commença entre le médecin et l’archidiacre un de ces prologues congratulateurs qui précédaient à cette époque, selon l’usage, toute conversation entre savants et qui ne les empêchaient pas de se détester le plus cordialement du monde. Au reste, il en est encore de même aujourd’hui, toute bouche de savant qui complimente un autre savant est un vase de fiel emmiellé.


– […] Votre tête est bien grise ! On ne sort de la caverne qu’avec des cheveux blancs, mais on n’y entre qu’avec des cheveux noirs. La science sait bien toute seule creuser, flétrir et dessécher les faces humaines.


– Hélas ! Hélas ! les petites choses viennent à bout des grandes ; une dent triomphe d’une masse. Le rat du Nil tue le crocodile, l’espadon tue la baleine, le livre tuera l’édifice !


Sous ce rapport, la vague formule de l’archidiacre avait un second sens ; elle signifiait qu’un art allait détrôner un autre art. Elle voulait dire : L’imprimerie tuera l’architecture.


On retrouvera sur les trois soeurs aînées, l’architecture hindoue, l’architecture égyptienne, l’architecture romane, le même symbole : c’est-à-dire la théocratie, la caste, l’unité, le dogme, le mythe, Dieu ; et pour les soeurs cadettes, l’architecture phénicienne, l’architecture grecque, l’architecture gothique, quelle que soit du reste la diversité de forme inhérente à leur nature, la même signification aussi : c’est-à-dire la liberté, le peuple, l’homme.


De gauloise, d’européenne, d’indigène, elle devient grecque et romaine, de vraie et de moderne, pseudo-antique. C’est cette décadence qu’on appelle renaissance.


Cependant, du moment où l’architecture n’est plus qu’un art comme un autre, dès qu’elle n’est plus l’art total, l’art souverain, l’art tyran, elle n’a plus la force de retenir les autres arts. Ils s’émancipent donc, brisent le joug de l’architecte, et s’en vont chacun de leur côté. Chacun d’eux gagne à ce divorce. L’isolement grandit tout. La sculpture devient statuaire, l’imagerie devient peinture, le canon devient musique.


Ainsi, pour résumer ce que nous avons dit jusqu’ici d’une façon nécessairement incomplète et tronquée, le genre humain a deux livres, deux registres, deux testaments, la maçonnerie et l’imprimerie, la bible de pierre et la bible de papier. Sans doute, quand on contemple ces deux bibles si largement ouvertes dans les siècles, il est permis de regretter la majesté visible de l’écriture de granit, ces gigantesques alphabets formulés en colonnades, en pylônes, en obélisques, ces espèces de montagnes humaines qui couvrent le monde et le passé depuis la pyramide jusqu’au clocher, de Chéops à Strasbourg. Il faut relire le passé sur ces pages de marbre. Il faut admirer et refeuilleter sans cesse le livre écrit par l’architecture ; mais il ne faut pas nier la grandeur de l’édifice qu’élève à son tour l’imprimerie.


Où les femmes sont honorées, les divinités sont réjouies ; où elles sont méprisées, il est inutile de prier Dieu. La bouche d’une femme est constamment pure ; c’est une eau courante, c’est un rayon de soleil. Le nom d’une femme doit être agréable, doux, imaginaire ; finir par des voyelles longues, et ressembler à des mots de bénédictions.


– Ah çà, cria l’écolier en regardant tour à tour son frère et les alambics du fourneau, tout est donc cornu ici, les idées et les bouteilles !
– Jehan, vous êtes sur une pente bien glissante. Savez-vous où vous allez ?
– Au cabaret, dit Jehan.
– Le cabaret mène au pilori.
– C’est une lanterne comme une autre, et c’est peut-être avec celle-là que Diogène eût trouvé son homme.
– Le pilori mène à la potence.
– La potence est une balance qui a un homme à un bout et toute la terre à l’autre. Il est beau d’être l’homme.
– La potence mène à l’enfer.
– C’est un gros feu.
– Jehan, Jehan, la fin sera mauvaise.
– Le commencement aura été bon.


– S’il plaît à messieurs, nous procéderons à l’interrogatoire de la chèvre.


Pierrat tourna la poignée du cric, le brodequin se resserra, et la malheureuse poussa un de ces horribles cris qui n’ont d’orthographe dans aucune langue humaine.


– Oh ! misérable ! qui êtes-vous ? que vous ai-je fait ? vous me haïssez donc bien ? Hélas ! qu’avez-vous contre moi ?
– Je t’aime ! cria le prêtre.
Ses larmes s’arrêtèrent subitement. Elle le regarda avec un regard d’idiot. Lui était tombé à genoux et la couvait d’un oeil de flamme.
– Entends-tu ? je t’aime ! cria-t-il encore.
– Quel amour ! dit la malheureuse en frémissant.
Il reprit :
– L’amour d’un damné.


– Oh ! dit le prêtre, jeune fille, aie pitié de moi ! Tu te crois malheureuse, hélas ! hélas ! tu ne sais pas ce que c’est que le malheur. Oh ! aimer une femme ! être prêtre ! être haï ! l’aimer de toutes les fureurs de son âme, sentir qu’on donnerait pour le moindre de ses sourires sont sang, ses entrailles, sa renommée, son salut, l’immortalité et l’éternité, cette vie et l’autre ; regretter de ne pas êtres roi, génie, empereur, archange, dieu, pour lui mettre un plus grand esclave sous les pieds ; l’étreindre nuit et jour de ses rêves et de ses pensées ; et la voir amoureuse d’une livrée de soldat !

Putain, que c’est beau.


– […] Grâce ! si tu viens de l’enfer, j’y vais avec toi. J’ai tout fait pour cela. L’enfer où tu seras, c’est mon paradis, ta vue est plus charmante que celle de Dieu !


La malheureuse s’était jetée sur ce soulier, sa consolation et son désespoir depuis tant d’années, et ses entrailles se déchiraient en sanglots comme le premier jours. Car pour une mère qui a perdu son enfant, c’est toujours le premier jour. Cette douleur-là ne vieillit pas. Les habits de deuil ont beau s’user et blanchir : le coeur reste noir.

Il aura malheureusement l’occasion de vivre cette expérience en 1843, lors de la mort de fille Léopoldine.


C’est que l’amour est comme un arbre, il pousse de lui-même, jette profondément ses racines dans tout notre être, et continue souvent de verdoyer sur un coeur en ruines.

Ma note : 18.75/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.75/1.5

Coup de coeur·Drame·Roman/Polar Noir·Thriller

Transe – M.I.A.

cover-748.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – M.I.A.
  • Éditeur – Hélène Jacob
  • Parution – 2017
  • Pages – 490
  • ISBN – 978-2370115720

4ème de couverture :

Vous vous réveillez, le corps couvert de sang et l’esprit confus, dans un bâtiment abandonné, aux fenêtres condamnées et aux issues verrouillées.
Pourquoi vous trouvez-vous ici, quel est cet endroit et comment vous en échapper ?
Un ennemi invisible, qui semble rôder à proximité, vous laisse des messages et des indices mystérieux, en rapport avec votre passé. Pour survivre et comprendre les raisons de votre enlèvement, vous devez franchir les nombreuses zones qui vous séparent de la sortie, tout en élucidant les énigmes placées sur votre chemin.
À la frontière du roman et du jeu de rôle, « Transe » est un thriller où vos décisions influencent le déroulement de l’histoire et sa conclusion.
Parviendrez-vous à atteindre la dernière porte ?

Mon avis :

Vous connaissez mon amour pour les thrillers psychologiques. Vous savez que j’aime me mettre dans la peau des personnages qui rythment les romans. Alors imaginez ma joie quand on m’a proposé à la lecture ce roman dont vous êtes le héros… version adulte, en thriller psychologique. C’est un coup de coeur, et pas des moindres !

J’avoue, j’avais quelques réticences au départ. La seule expérience que j’ai jamais eu avec les livres de ce style était les livres dont on était le héros, mais que je lisais pour l’école en primaire, où pour avancer de chapitre en chapitre, il fallait résoudre des problèmes de maths ou de français… Autant dire que je ne savais pas trop à quelle sauce j’allais être mangée, aussi bien par le concept que par l’auteur.

Dès le départ, on est plongé dans une ambiance quelque peu angoissante : réveil au milieu d’un lieu qui nous est inconnu, délabré, sans se rappeler de rien, les vêtements ensanglantés d’une hémoglobine qui ne nous appartient pas. Joyeux n’est-ce pas ?
Au fil de nos décision, nous découvrons quel est ce lieu, les histoires qui y sont liées, et en quelque sorte aussi, la notre – enfin de Lindsay, notre projection dans le roman -.

Je ne saurais dire ce que j’ai ressenti pendant ma lecture, à part de l’étonnement, et une surprise très agréable. Le départ a été un peu laborieux pour moi qui n’ai pas l’habitude de ce type de roman à choix, mais très vite, j’ai été prise dans une spirale qui m’a littéralement empêchée de détourner mon attention du livre. J’avoue, en commençant ma lecture, je comptais m’arrêter dès ma première mort – me connaissant, je savais que ça risquait d’arriver -. Mais à ma première mort, je n’ai pas pu m’empêcher de rebrousser chemin, et de m’escagasser pendant près d’une heure à trouver la meilleure fin – après deux ou trois morts, certes, mais j’ai quand même réussi ! -.

Et là où le roman m’a surprise, c’est par sa cohérence et sa fluidité. J’avais peur que les raccords entre les chapitres ne soient pas tous parfaitement fluides – oui, selon le choix que l’on fait, cela impliquait une certaine suite, et j’avais peur d’avoir des faux raccords -, et ce ne fut absolument pas le cas : tout coulait de source. J’avais peur d’avoir un style bâclé, ou du moins peu travaillé, et ce ne fut absolument pas le cas, bien au contraire ! Riche, fluide, agréable à lire et très prenant, il nous plonge merveilleusement bien dans l’intrigue et l’ambiance pesante et horrifique de ce monde.

En bref, un roman excellent, qui est une très bonne mise en jambe dans l’univers des livres dont on est le héros, qui saura ravir à la fois les amateurs comme les habitués du genre !

Citations :

La police ne sert à rien. Tout est fait pour que la victime ait l’air coupable. Quand je serai morte, ils diront que c’est dommage, mais qu’ils ne pouvaient rien faire avant. Parce qu’il se débrouille pour ne jamais laisser de marques. Parce qu’il n’y a pas de preuve. Juste ma parole. Et ça ne suffit pas.

Malheureux, mais vrai…

Ma note : 18.25/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5