Contemporain·Fantasy/Fantastique·Romance

Nos Mondes Superposés – Éloïse Grand

Capture d’écran 2018-08-10 à 12.54.23.pngCaractéristiques : 

  • Auteur – Éloïse Grand
  • Éditeur – Autoédité
  • Parution – 2017
  • Pages – 318
  • ISBN – 978-2-414126-52-1

4ème de couverture :

Comme toujours, mon esprit divague. Perdue au milieu de toutes les choses que je vois, je n’arrive plus à distinguer ce qui se trouve autour de moi. Toutes ces personnes traversant le réfectoire, ils ne savent même pas qu’ils ne voient en réalité que la moitié de ce qui les entoure réellement. Pour eux, il n’existe que notre monde. Mais la réalité est toute autre. Notre monde est superposé à un autre, qui s’est développé exactement de la même façon. Au bout de 20 ans d’existence, j’ai pu repérer quelques endroits différents, où l’un des deux mondes n’a pas été construit. Malheureusement pour moi, ces lieux ne sont que trop peu nombreux, et il m’est parfois difficile de cacher que je suis un peu différente des autres… Et cette différence… allait m’entraîner dans une sorte de cauchemar éveillé.

Mon avis : 

Du YA ! Cela faisait longtemps que je n’en avais pas lu. Mais je dois dire que celui-ci m’a quelque peu réconcilié avec le genre !

On va être très claire, je n’ai pas réussi à le lâcher. Je l’ai commencé en début de soirée, je l’ai terminé bien trop tard dans la nuit, le même jour. Un véritable page-turner ! Et ce n’est pas du au hasard, loin de là. Éloïse Grand, avec son style particulier bien qu’un peu trop scientifique parfois, arrive à nous faire voyager et vibrer… Et pour cause ! Sa maîtrise du rythme est excellente, de même que les procédés scénaristiques pour rendre son lectorat chèvre n’ont aucun secrets pour elle. C’est très simple, je réalisais le classique « Juste un chapitre… », avant d’avoir un magnifique clifhanger qui me poussait à lire la suite, jusqu’à terminer le roman.

En plus de pouvoir se vanter d’avoir une maîtrise du rythme à en faire pâlir certains auteurs édités dans de grandes maisons d’éditions, cette jeune autrice peut être fière de l’univers qu’elle a mis en place. La mythologie est énorme et magistralement bien agencée et mise en avant.

Je dois avouer qu’avec le résumé, je ne m’attendais pas du tout à ce traitement de l’intrigue. Et finalement, je suis bien contente de ce que j’ai lu : la version dans ma tête était moins bien.

Cependant, même si le style est agréable, riche, avec un monde très vaste et puissant, le roman comporte quelques petites faiblesses. Je note notamment des actions parfois trop rapides, ou au contraire qui se font trop attendre et viennent créer des perturbations rythmiques (la maniaque du rythme est de retour) ; de même, le style est parfois trop scientifique et trop « froid », par rapport à ce que l’on pourrait attendre.

Mais face à la richesse de l’intrigue, ces détails restent anecdotiques. D’autant plus que, contrairement à d’autres roman du même genre, l’autrice arrive à garder son suspens jusqu’à la fin.

En bref, un très bon premier roman d’une autrice à surveiller de près.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 17.25/20

  • Scénario –  3.75/4
  • Ecriture/Style – 3.25/4
  • Potentiel d’addiction – 3/3
  • Personnage – 1.5/2
  • Emotions – 1.25/2
  • Originalité/Créativité – 2/2
  • Suspens – 1.5/1.5
  • Humour – 1/1.5
Contemporain·Coup de coeur·Drame

Sans jamais te retourner – Tony Perraut

Capture d’écran 2018-06-29 à 17.41.24.pngCaractéristiques : 

  • Auteur – Tony Perraut
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2018
  • Pages – 54
  • ISBN – 978-1980725237

4ème de couverture :

Sans jamais te retourner, tu vas vivre cette journée.
Tu vas tout donner, tout penser, tout imaginer.
C’est dans cette forêt que tu vas comprendre la solitude,
C’est dans ce bus que tu vas ouvrir ton ressenti,
Mais tu connais l’issue de cette journée,
Tu sais que demain tu ne verras pas le soleil se lever.
Alors fonce gamin, va mourir.

Mon avis : 

Compliqué de parler de cette nouvelle tant elle a pu me marquer, me parler, mais aussi marquer quelque chose d’important.

Encore une fois, Tony Perraut nous en met plein les yeux… mais d’une manière qui diffère de l’habituelle. Dans un univers bien plus réel, bien plus palpable, nous suivons un homme dans sa dernière journée sur terre.

Habituée aux rythmes assez rapides et fous qu’impose l’auteur à ses textes à ses romans, je n’ai que pu être agréablement surprise de découvrir une toute autre facette de son talent littéraire. Un personnage des plus vraisemblable, au coeur de ses pensées et de ses émotions… Une première et une troisième personne qui se confondent et se réunissent, comme pour marquer l’état de perdition de notre personnage sans nom, comme pour le rendre universel : identité perdue sur des sentiments universels… Boom. Touché, comme diraient nos voisins anglophones.

Bien que parlant du sujet très dur qu’est le suicide, Tony Perraut arrive, du haut seulement de ses vingt-et-un ans, à être d’une maturité aussi bien littéraire que mentale hors norme. À la lecture de son dernier roman, Le Cri des Papillons, j’avais senti qu’il était sur le point de passer un cap dans son écriture et son aventure littéraire. Cette nouvelle vient confirmer mes soupçons : le cap a été passé, et pas qu’un peu ! Tony Perraut vient ici, à mon sens, nous vendre de la très bonne littérature qui a mon sens, dépasse et de loin ce qu’à pu faire Stephen King : plusieurs fois j’ai tenté King, avec plusieurs romans différents, dans différents styles, mondes, époques, années de parutions… Mais je n’ai jamais réussi à terminer ne serait-ce qu’une seule nouvelle. Celle de notre Tony, je l’ai dévorée, tout comme ces romans qui ne font que très rarement long feu.

En bref… Bravo. Une nouvelle excellente qui mérite à être lue, lue et relue. Un vrai coup de coeur.

Citations :

– Maman, je veux mourir.
Si seulement elle pouvait l’entendre, le comprendre, le ressentir. Si seulement elle pouvait voir ce poids sur mon coeur lorsque je me lève, lorsque je couche, lorsque je reste toute la journée allongé dans mon lit à pleurer dans l’espoir de faire mourir mon cerveau de désolation. Si seulement je pouvais offrir à cette mère ce qu’elle a toujours voulu, un fils vivant, un fils en vie.


Tu voulais seulement t’envoler, seulement te transformer en oiseau, seulement montrer au monde que tu pouvais mourir dignement en volant, montrer aux autres que l’homme ne peut voler, mais qu’il peut, avant de mourir, avoir encore cet espoir, ce dernier espoir qui pourrait sûrement lui donner envie d’aller mieux, de lui redonner confiance en lui, mais non, la vie est là et elle te rappelle que tu n’es pas un oiseau.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Contemporain·Poésie

L’année poétique – Frédéric Marcou

cover-524.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Frédéric Marcou
  • Editeur – Atramenta
  • Parution – 2012
  • Pages – 110
  • ASIN – B00A3FRIWU

4ème de couverture :

Une année au fil de la poésie, pour se laisser bercer et transporter par de simple mots.

Mon avis :

Comme vous le savez, je tente de diversifier au maximum mes lectures, et d’aller toucher des genres que je n’osais explorer auparavant, notamment la poésie. Et quoi de mieux pour commencer qu’un petit recueil aussi mignon, que bien écrit ?

Le style de Frédéric Marcou est assez spécial. Certain pourrait le qualifier de banal, pour ne pas dire sans intérêt… Mais ce ne fut pas mon cas. Même si on est loin des hautes sphères de Hugo ou de Rimbaud, le poète a ici son propre univers, son propre style… Et le plus important à mes yeux en poésie, un regard différent sur le monde et sa propre vie.

Le recueil ici n’est rythmé que par une seule chose : le coeur de son auteur. Pas de grande envolée sur un thème engagé, pas de figure de style ou de chose complexe à outrance… Seulement des mots, jetés là sur le papier, par un homme qui voit les choses d’un oeil de poète.

Et c’est en cela que j’ai trouvé le recueil intéressant. Beaucoup pense que la poésie n’est accessible qu’à une élite bien précise, ayant un vocabulaire riche et une aisance déconcertante avec les mots. Alors que c’est faux, et l’auteur nous le prouve bien : tout le peux écrire de la poésie, si tant est qu’il ait un regard poétique et une fibre poétique du monde.

D’un point de vue purement personnel, j’ai adoré lire ces poèmes du quotidien, ces vers sur la vie de tous les jours… J’aurais cependant aussi aimé avoir quelques poèmes un peu moins personnel et intrusif sur la vie de l’auteur, et en avoir un peu plus traitant de sujet extérieur, ou du moins qui n’ont pas tous un rapport direct avec la vie de l’auteur. J’ai eu parfois un peu trop l’impression que l’auteur écrivait uniquement pour lui, et non pas en vue de faire lire ces textes.

Niveau poèmes eux-même, j’ai eu une préférence pour :

  • J’aurais aimé
  • J’aurais appris
  • J’étais vieux
  • Petit poème

En bref, un recueil de poésie bien monté, qui aurait cependant mérité plus de poème moins intrusifs.

Citations :

Je sais aussi
Que, pour persévérer
Il faut avoir envie de continuer

Ma note : 16/20

6-9 ans·Album Jeunesse·Contemporain·Coup de coeur·Philosophie/Réflexion

La cour couleur – Jean-Marie Henry (Anthologie)

61cJFKH8IzL._SY385_BO1,204,203,200_.jpg

Caractéristiques : 

  • Auteur – Jean-Marie Henry (Anthologie) 
  • Illustrateur – Zaü
  • Editeur – Rue du Monde
  • Parution – 1998
  • Pages – 60
  • ISBN – 978-2912084033

4ème de couverture :

Cet album est une cour de récréation peuplée d’enfants venus des quatre coins du monde. Quarante poètes y
disent l’amitié, le rejet de la haine, le respect des différences, et l’ouverture aux autres.

Mon avis :

Article un peu spécial pour un livre spécial. À la fois destiné aux adultes et aux enfants, cet album jeunesse est une anthologie de poème contre le racisme.

Alors pourquoi destiné aux enfants ? Tout simplement parce qu’il est magnifiquement bien illustré, et que les poèmes et extraits de poèmes choisis sont assez faciles et accessible pour nos têtes blondes. Pourquoi pour les adultes aussi ? Cela reste de la poésie, sujette à plusieurs interprétations et réflexions plus poussées. D’autant que certains textes sont bien plus complexes que les autres.

3fds1.jpeg

Pourquoi je voulais en parler, ça, c’est plutôt la vraie question. Quand on pense album jeunesse ou livre pour enfant, on pense tout de suite à des histoires avec une intrigue, des personnages… Et on délaisse totalement tout un pan de la littérature jeunesse – et de la littérature tout court – qu’est la poésie. Par ce petit ouvrage, Rue du Monde permet aux plus jeunes de toucher du doigt la poésie, et la puissance des messages que peuvent porter un texte.

D’autant plus qu’il s’agit ici qu’une anthologie contre le racisme, qui pourra en plus, faire objet de discussion avec les parents, ou avec une classe.

En bref, une anthologie très bien faite, superbement illustrée, avec des textes puissants et accessibles, qui touchera petits et grands.

Citations :

Pleurez mes yeux pleurez et maudit soit le monde
L’enfant blanc et l’enfant noir ne feront plus la ronde.
L’enfant noir et l’enfant blanc
Ont tous les deux le sang
Rouge.
Pierre Osenat


Qui a vu le crapaud traverser la rue ?
C’est un tout petit homme : une poupée n’est pas plus minuscule.
Il se traîne sur les genoux, il a honte on dirait.
[…]
Personne n’a remarqué ce crapaud dans la rue.
Jadis, personne ne me remarquait dans la rue.
Maintenant, les enfants se moquent de mon étoile jaune.
Heureux crapaud… Tu n’as pas d’étoile jaune.
Max Jacob


Je t’ai vue, la dernière fois, dans le wagon encore ouvert,
Parmi le troupeau effaré, les visages des enfants juifs,
[…]
Au loin les monts bleuis vers nous semblaient geler
Et près d’eux, sur le ciel, crachaient les crématoires.
Isaïe Spiegel


Il vous appartient de vivre
Comme on assemble les roses
[…]
Mais il n’y a pas de roses
Dans un jardin sans amour.
Jean Rousselot


TOI
Qui que tu sois !
Je te suis bien plus proche qu’étranger.
Andrée Chedid


– Il y a cinq continents.
– Je ne suis pas doué.
– Pour quoi ?
– Pour les divisions.
Eugène Guillevic


J’ai regardé au loin
J’ai vu quelque chose qui bougeait
Je me suis approché
J’ai vu un animal
Je me suis encore approché
J’ai vu un homme
Je me suis encore rapproché
Et j’ai vu que c’était mon frère.
Proverbe tibétain

Ma note : 17/20

  • Scénario – 2/4
  • Dessin – 3.5/4
  • Accessibilité – 1/3
  • Originalité/Créativité – 2.5/3
  • Multilecture – 3/3
  • Apprentissage – 3/3
  • Bonus « Humanité » : +2pt
Érotique·Contemporain·Coup de coeur·Romance

Remy (Fight for love 3/6) – Katy Evans

couv35884285.gif.jpegCaractéristiques : 

  • Auteur – Katy Evans
  • Editeur – Hugo Roman
  • Parution – 2013
  • Pages – 316
  • ISBN – 978-2266251648

4ème de couverture :

Remy  » Riptide  » Tate a deux passions. Le ring – où il règne en champion de la ligue Underground – et le lit de Brooke Dumas, la femme pour laquelle il pourrait donner sa vie. À la veille de leur mariage, Remy se remémore les premiers instants de leur rencontre. Évidente. Foudroyante. Instantanément torride. Les zones d’ombre qu’à son contact, il a appris à contrôler… Le désir, la passion, tout ce qui, entre elle et lui, a semblé d’instinct incontournable. Son plus grand combat.

Mon avis : 

J’ai toujours l’impression de faire faire le yoyo temporel à mes lecteurs… Comme vous le savez, je lis énormément de choses diverses et variées, et il est temps que je me consacre au troisième tome d’une saga coup de coeur… Et qui a été un coup de coeur.

Vous savez l’amour que je porte pour cette saga romantico-érotique. Comme beaucoup dans le même, l’auteur a décidé d’éclairer plus particulièrement un des personnages principaux en lui offrant un tome… Ici, c’est le personnage de Remington Tate lui-même que l’on apprend à connaître en profondeur, car c’est à travers ses yeux que l’on va vivre une intrigue… que l’on connait déjà ! Tout comme E.L. James l’a fait avec son quatrième opus Grey, Katy Evans nous offre les moments clefs, les moments forts des deux premiers tomes, ainsi que l’évolution post-second-tome à travers le regard de Remington – bien que quelques rares passages soient sous le point de vue de Brooke -.

Je ne vais pas vous le cacher, c’est un pur régal. Si certaines (et certains, je ne vous oublie pas messieurs !) n’ont pas aimé le côté bestial et homme des cavernes de Remy, ils n’aimeront pas ce roman. Mais pour celles et ceux qui, au contraire, on aimé la saga en partie grâce à la sauvagerie de ce combattant, je peux vous garantir que on plane sur un nuage fait de gant de boxe et de sensualité. Au lieu de découvrir une bête assoiffée de sexe et de chaleur, on apprend à découvrir un être fait de muscle, certes, mais avant tout un être sensible, qui peur, qui a froid, qui aime tendrement une femme.

Ce qui frappe le plus dans ce roman, c’est sa véracité sur le genre humain. On peut être sensuel, avec un grand appétit sexuel, et être par la même occasion capable de la plus grande des mièvrerie. On peut être bestial et violent par moment, comme être capable de la plus grande des douceurs par d’autres. C’est cette dualité là qu’à voulu explorer l’auteur, et elle l’a fait avec talent.

De plus, cela permet de lever certaines zones d’ombres sur le comportement de ce cher Remington dans les tomes précédents.
Et, encore une fois, ce roman a en lui quelques notes de féminisme. Car une fois de plus, même si on parle de roman érotique, avec des scènes explicites, en aucun cas Brooke, au même titre qu’Anastasia, n’a été une fois soumise à l’homme qui partage sa vie. Car depuis le début, c’est elle qui mène la barque et Remington, tout comme Christian Grey, est complètement dépendant de cette femme qui est venue bouleverser sa vie et ses sens.

En bref, un roman excellent, dans la parfaite continuité des deux premiers, qui ravira les fans de la série en attendant la suite !

Citations :

Le coeur est un muscle. Pendant une vie entière il va battre des milliards de fois. J’ai appris à mes dépens qu’on ne pouvait plus courir avec un ligament déchiré, mais qu’en revanche, même si votre coeur est brisé en mille morceaux, vous pouvez toujours aimer de tout votre être.


Il y a des choses dont on est certain. Pour lesquelles on jurerait sur sa vie. Des chose qu’on sait, tout simplement. On sait que la chaleur du feu brûle. Que l’eau épanche la soif. Elle, elle fait partie de ces choses : la certitude la plus évidente de ma vie.

Ma note : 16.5/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 1/1.5

Contemporain·Coup de coeur·Drame·Philosophie/Réflexion·Thriller

Je sais où tu es – Claire Kendal

couv60403836.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Claire Kendal
  • Editeur – France Loisir
  • Parution – 2015
  • Pages – 410
  • ISBN – 978-2226322838

4ème de couverture :

Un matin, Clarissa se réveille dans le lit d’un collègue, sans aucun souvenir de ce qui l’a menée là. Bientôt cet homme fait de sa vie un cauchemar. Espionnée, traquée, harcelée, Clarissa doit faire face à une obsession toujours plus menaçante. Saura-t-elle s’en échapper avant qu’il ne soit trop tard ?

Mon avis : 

Cela fait un moment maintenant que j’ai lu ce roman, et pourtant, quand je revois sa couverture et que les souvenirs remontent, je suis toujours aussi glacée parce la vraisemblance de l’intrigue, et surtout des situations et ressentis dépeints. Un coup de coeur pour un texte féministe qui traite d’un sujet encore tabou, et pourtant bien trop réel.

Ce roman suit une double trame : on suit à la fois Clarissa dans sa vie personnelle de jeune femme harcelée par un homme, ainsi que Clarisse dans son exercice de jury lors d’un procès pour viol et séquestration. Dans les deux cas, on n’en ressort pas indemne. Ça ne réveille pas toujours les mêmes émotions en nous : tantôt la peur, tantôt le dégoût… Ce livre a un réel potentiel d’ouverture, en cela qui peut permettre à un lectorat plutôt masculin de mieux appréhender le harcèlement de rue et le harcèlement sexuel ; mais aussi de faire écho auprès d’un lectorat féminin.

Dans les deux cas de figure (l’aspect procès et l’aspect vie personnelle de l’héroïne), je me suis sentie concernée : ces deux intrigues sont les faces d’une même médaille qu’est le harcèlement et l’objectivation des femmes. Mais le plus dur a été de lire le ressenti que pouvait avoir et que Clarissa avait, mais aussi de voir que les réactions des hommes et des autorités dans ce roman correspondent que trop bien à notre réalité.

Je ne vous cache pas que ce roman a été très dur à lire, entre mon hypersensibilité, et le fait de lire des situations que je peux vivre au quotidien…Ce n’a pas été une lecture facile, mais oh combien enrichissante et engagée. Sans le crier sur les toits, ce roman est une pépite qui, vulgairement dit, remet les barres sur les T et les points sur les i.
Effectivement, l’auteur n’hésite pas, à l’aide d’une plume agréable et fluide, de pointer du doigt des choses encore trop peu considérées : le harcèlement de rue, le harcèlement sexuel, l’objectivation des femmes, le sentiment que tout est dû (d’un point de vue sexuel) aux hommes de part leur sexe, la défaillance du système judiciaire dans les affaires d’harcèlement et de viol… Et c’est en ça que c’est un livre excellent : il montre de A, à Z, les cause, les conséquences, et surtout, les répercutions physiques et morales présentes chez les victimes.

En bref, un livre tabou, dur, glaçant, mais nécessaire. Un vrai coup de coeur.

Citations :

Les accusés disent nibards. Rowena dit nichons. Moi, je dis seins. Je ne sais pas ce toi tu dis. Je ne veux pas le savoir. Ce que je sais par contre, c’est ce que ces différences comptent.


Par où commencer pour démontrer la folie de ta lettre ? Tu n’entends donc pas ce que je te répète – non, non, et encore non – encore et encore ? Je crois qu’il t’est impossible de comprendre ; tu es prisonnier d’une forme délirante de raisonnement décalé, de sincérité terrifiante même.
As-tu inspecté mes CD et mes DVD quand tu étais chez moi ? Parce que tu as raison : j’adore ce ballet. Par contre je le détesterais à un point dont tu n’as pas idée si je devais le voir avec toi. De la part d’un autre homme, le geste aurait pu être romantique. Mais pas de ta part à toi. De la part de celui qui a utilisé ma plus vieille amie et l’a retournée contre moi. Venant de toi, ces billets sont une agression, pas un cadeau.


S’il y avait bien une chose que montraient ces peintures et poèmes romantiques, c’était le danger d’un vrai regard direct et décidé.

Ma note : 18.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Contemporain·Philosophie/Réflexion·Poésie

L’espoir de la meute – Philippe Devos

cover-644.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Philippe Devos
  • Editeur – Atramenta
  • Parution – 2017
  • Pages – 108
  • ISBN – 978-9522739636

4ème de couverture :

La meute, c’est vous, c’est moi.

D’autres peut-être, qui oseront cheminer à nos côtés à travers ces pages.

Quelques textes pour faire naître en nos cœurs un ailleurs, sublimer l’habitude, s’enivrer d’amertume, apprivoiser ses chimères…

Des landes de vers pour une échappée belle hors du temps et des cités stériles où l’homme moderne dérive parmi les ombres anonymes.

Des poèmes comme autant d’occasions de se retrouver.

Mon avis :

Changeons d’air. Prenons du recul face aux histoires en prose, avec leurs intrigues et leurs personnages, pour partir dans un monde plus subtil, mais pas pour autant moins accessible : je veux bien entendu parler du monde de la poésie, au travers de cette première chronique de recueil de poème ! Pas de coup de coeur, mais assurément un très bon et très beau moment passé dans cet univers.

L’avantage de la poésie à mon sens, c’est que l’on peut traiter tous les sujets d’une infinité de manière, des sujets les plus doux au plus durs. À travers son recueil L’espoir de la meute, Philippe Devos nous offre un panorama tout en finesse et émotions de notre monde actuel et de la nature humaine. Parfois généraliste, parfois très intimiste, d’autre fois cru et d’autre amant épris, ce recueil est complet et dépeint un tableau aussi sinistre que coloré : cruauté et paradoxe de l’homme, mais aussi expression des sentiments les plus nobles. Il pointe du doigt les sentiments et la douleur humaine, mais aussi les choses les plus abjectes que peut porter notre monde, avec parfois, une sévère critique de ce dernier.

Ce qui, pour moi, fait la force de ce recueil, c’est avant tout son accessibilité. Bien que certains poèmes soient plus ardus, ou qui méritent une deuxième lecture pour en appréhender totalement le sens et la puissance, la grande majorité des poèmes ici présentés sont d’une beauté sans nom, mais reste accessible. On est bien loin de ces poèmes que l’on a étudié au lycée, et dont il fallait plusieurs heures de travail pour capter une bribe de compréhension.

La force de la poésie réside dans le fait personne ne comprendra un poème de la même manière que son voisin. Personnellement, j’ai beaucoup aimé les poèmes suivants :

  1. Tu n’imagines pas
  2. Comment lui dire
  3. Anesthésié
  4. Cigüe

En bref, une recueil de nouvelles qui vous embarquera dans un monde à part et pourtant bien reconnaissable, qui saura jouer avec vos cordes intérieurs.

Citations :

Tu n’imagines pas
Ma lassitude
Pour ces combats qu’on nous impose
Ces vanités qui nous opposent


Déjà je suis de trop
Et mon coeur s’est enfui…
… je le suivrai bientôt.


Gisant sur mon divan l’esprit anesthésié
Le génie de l’écran s’empare de tout mon être
Tandis qu’autour de moi le temps semble arrêté


Je suis lasse de chagrin et pleine de résignation
Je murmure ton prénom et le vide me renvoie en écho
L’insupportable absence me vidant de mes larmes

Ma note (subjective) : 17/20