Contemporain·Drame

Vénus – Jérémie Lahousse

couv46400073Caractéristiques : 

  • Auteur – Jérémie Lahousse
  • Editeur – Paulo-Ramand
  • Parution – 2016
  • Pages – 124
  • ISBN – 978-2754304856

4ème de couverture :

Décidément Jacqueline n’a pas de chance ! Elle se fait renvoyer de son travail et abandonner par son compagnon, et ce n’est pas la première fois. Un beau matin, elle reçoit une lettre dans laquelle se trouvent des analyses sanguines et un post-it. Elle aurait peut-être un cancer. Les tests cliniques confirment cette hypothèse et le médecin annonce à Jacqueline la couleur : ses prochains mois seront rythmés par des traitements de choc. La situation est délicate, mais la femme a du courage et décide de lutter de toutes ses forces contre ce monstre invisible qu’elle croit être la conséquence de blessures de son passé. Dans son malheur elle a de la chance : lors de sa première cure, elle rencontre un jeune chirurgien avec lequel elle noue des liens très particuliers.

Mon avis : 

Pour changer un peu des mondes imaginaires, ou torturés, j’avais besoin de me replonger dans le présent et dans notre réalité, tout en explorant un domaine à peu près connu. Une lecture sympathique, pour passer le temps, et de laquelle on peut tirer quelques enseignements.

Le thème principal de ce livre n’est pas des plus joyeux, mais le roman n’en devient pas pathos et triste pour autant : le cancer, et plus particulièrement, la leucémie. On suit tout au long de Vénus une femme qui perd tout, et apprend qu’elle est atteinte de cette dure maladie.

Nous suivons son combat, mais aussi son quotidien.

Il n’y a pas beaucoup à dire sur les actions, les personnages, car ils sont pas exceptionnels et mémorables, dans le sens où ce ne sont pas des héros dans le sens littéraire ou cinématographique, mais des héros dans le sens humains et réel du terme. Des personnages pouvant être Monsieur et Madame tout le monde, votre voisin, votre épicier, le tenancier du kebab du coin… Ou même vous ! Ce qui est un excellent point.

Deuxième très bon point : pour une fois, on lit un roman qui aborde le sujet du cancer, sans pathos, et d’un angle destiné aux adultes et non pas à un lectorat young-adult. J’étais curieuse de voir la différence entre les deux traitements, et c’est sans appel : la dimension adulte est peut être un peu moins émouvante, mais plus proche de réalité du terrain.

Et enfin, ce que j’ai le plus apprécié : on ne se concentre pas sur la souffrance du malade. Sur ce que vont vivre ses proches, ce qu’il ne va pas pouvoir faire… Mais bel et bien sur sa vie, son combat, mais surtout sur ce qu’il reste de vie au malade en dehors du cancer. C’est à dire des choses de la vie courante : retrouver des personnes perdues de vue, sortir, rire, aimer, avoir peur… Être humain.

Malheureusement, quelques bémols sont à noter, notamment un style parfois trop famillier et en décallage en comparaison de la situation, avec des scènes pas forcément des plus claires parfois.

En bref, un roman court, aussi doux que puissant, qui met l’accent sur une facette de la maladie trop peu mise en avant.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 13.75/20

• Scénario – 2.75/4
• Ecriture/Style – 2.5/4
• Potentiel d’addiction – 2/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.75/1.5

Contemporain·Drame·Philosophie/Réflexion

Treize raisons – Jay Asher

couv11972806Caractéristiques :

  • Auteur – Jay Asher
  • Éditeur – Albin Michel
  • Parution – 2010
  • Pages – 284
  • ISBN – 978-2226195531

4ème de couverture :

Clay Jensen reçoit sept cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui ont, de près ou de loin, influé sur son geste. Et Clay en fait partie. D’abord effrayé, Clay écoute la jeune fille en se promenant au son de sa voix dans la ville endormie. Puis il découvre une Hannah inattendue qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer…

Mon avis :

Même si ce livre est sorti il y a un petit moment maintenant, j’étais complètement passé à côté. C’est en regardant la série Netflix sortie il y a peu que j’ai découvert que le livre existait. Après voir littéralement dévoré la série (presque d’une traite), j’ai voulu lire le roman. Et bien pour une fois, j’ai préféré l’adaptation au livre.

Je ne ferai pas un article sur la différence entre le film et le livre, mais uniquement sur le livre.

Ce qui en fait sa force est bien évidemment à quel point il est cru, plus que le sujet en lui même. Ce n’est pas le premier livre sur le harcèlement scolaire que je lis, ni qui est édité, mais c’est le premier que je lis et qui est aussi cru, voire même par moment malsain. Comparé à Blacklistée de Cole Gibsen, 13 raisons pourrait paraître comme un thriller psychologique tellement il est puissant et intrusif.

Chaque chapitre correspond à la face d’une cassette, et on alterne entre le point de vue de Clay, et la narration d’Hannah. Chose assez éprouvante, car la narration globale est totalement hachée : dès qu’Hannah dit quelque chose, Clay va de son petit commentaire ou de son anecdote, nous donnant alors un autre point de vue sur une situation identique. Procédé extrêmement intéressant je trouve, car on voit alors les fautes de chaque personnage : ce que Hannah aurait pu faire, ce qu’elle a fait, ce que Clay n’a pas vu, etc.

Mais ce qui transforme ce roman dur en véritable page-turner, c’est à quel point il est malsain et cru dans ses démonstrations. Hannah n’hésite pas à utiliser le vocabulaire spécifique concernant ce qu’elle a vécu, et elle n’omet rien, même les détails les plus sordides. Contrairement à Clay qui veut la vérité, nous sommes nous, lecteurs, placés dans le rôle du voyeur, ce qui peut être extrêmement dérangeant.

Ce qui à mon goût, rend ce roman indispensable à lire (de même que la série), est sa justesse. Combien de fois me suis-je retrouvée dans le personnage d’Hannah ? Bien trop à mon goût. Ce qui m’a le plus chamboulé, ce n’est pas tellement ce qu’elle vit, et comment elle raconte, ô combien sa démarche est macabre et morbide, mais à quel point sur certains de ses ressentis, j’étais proche d’elle. L’auteur a réussi à se mettre dans la peau et surtout dans la tête d’une adolescente harcelée avec une facilité déconcertante, et le résultat n’est que plus vraisemblable.

Alors oui, Hannah a fait des erreurs fatales, des actes manqués qui auraient pu lui sauver la vie. Mais là est toute la puissance du roman : le personnage n’est pas parfait, mais est humain, à faire des erreurs et à penser non plus rationnellement, mais en suivant un seul fil : comment arrêter de souffrir ?

Vous l’aurez compris, ce livre est une pépite, bien qu’elle soit assez malsaine, et que certaines réflexions que fait Clay sont totalement déplacées à mon goût. Bien moins violent que la série, je conseillerais à ceux voulant découvrir cette histoire de commencer par le livre s’ils sont d’un naturel fragile et/ou sensible.

En bref, une roman percutant, cru et indispensable, véritable coup de pied dans la fourmilière, qui n’hésite pas à dénoncer la gravité que peut avoir le harcèlement scolaire à travers les yeux d’une victime qui ne s’en sort pas.

Citations :

Petit conseil. Quand vous touchez une fille, même pour rire, et qu’elle vous repousse… fichez-lui la paix. Stop. Ne la touchez plus. Nulle part. Votre contact la dégoût, un point c’est tout.


Quand une chanson vous fait pleurer, mais que vous n’avez plus envie de pleurer, vous cessez de l’écouter.
Mais échapper à soi-même, c’est impossible. On ne peut pas décider de ne plus se voir. De couper le son à l’intérieur de sa tête.


On en peut jamais retrouver les choses telles qu’elles étaient. Telles qu’on les croyait.
Nous n’avons… que le présent.

Ma note : 17.25/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Contemporain·Drame·Roman/Polar Noir·Thriller

Je suis un monstre – Keren Nott

couv45711725.pngCaractéristiques : 

  • Auteur – Keren Nott
  • Éditeur – Underground
  • Parution – 2015
  • Pages – 350
  • ISBN – 979-1092387247

4ème de couverture : 

Je suis un monstre. C’est le nom qu’on me donne, l’étiquette qu’on me colle. Le mot qu’on me jette
à la figure chaque fois qu’on me voit. Et on me voit beaucoup, on me voit partout. Télé, radio, journaux, on ne parle plus que de moi.

On ne pense qu’à moi. Un monstre… étymologiquement, celui qu’on montre. Mon visage hante vos consciences. Peut-être bientôt sera-t-il présent dans le dictionnaire, parfaite illustration du mot cruauté. Ou du mot souffrance. Car les monstres naissent dans la douleur et de la douleur, c’est bien connu. Les psychanalystes diront que c’est la faute de Maman ou encore des jeux vidéo.

Ils se trompent. Tout est de votre faute. Pourrez-vous l’assumer ?

Mon avis : 

J’ai eu le plaisir de découvrir l’an dernier lors du salon du livre de Paris ce livre, loin d’être simple à lire, violent et percutant.

Vendu comme étant violent, et avec pour but de nous mettre dans la tête d’un psychopathe, d’une monstre, on peut dire que le contrat est rempli, même si j’aurais aimé avoir un développement peut-être plus poussé sur certaines données.

Le livre comment de la manière la plus appréciable — mais aussi la plus dangereuse — je trouve pour un livre du style thriller psychologique : dans la tête du personnage principal, ici un « monstre », avec des évocations de ses travers sans nous dire leur nature même, afin de provoquer chez nous, lecteurs, un sentiment intense de curiosité. S’enclenche ensuite un récit qui suit un fil chronologique, de la naissance et l’enfance de cet adolescent qui est notre héros, jusqu’à ses torts.

Plus que la cruauté et la barbarie décrite dans ce roman, ce que j’en tire surtout sont les messages que l’on peut avoir : qu’un individu n’est pas forcément mauvais à la naissance, mais que la société dans laquelle il évolue, ainsi que le contexte familial influe énormément sur les personnes que nous serons. Que nos fréquentations, bonnes comme mauvaises, influent énormément sur nous, et qu’il faut toujours être vigilant… Mais aussi et surtout : on ne peut pas revenir en arrière, et qu’il ne faut jamais se fier aux apparences.

Des pensées à l’acte, de l’individualité au groupe… Keren Nott fait, en quelques centaines de pages, le tour de tout ce qui peut pousser un être ordinaire à commettre l’irréparable, à commettre des choses horribles, que ce soit à cause de la colère, de la tristesse, ou de l’envie de se sentir vivant.

Seul bémol : je m’attendais à plus de passage trash et durs. Étant habituée à la prose et au ton très cru de Karine Giebel (auteure favoris de Keren Nott), j’ai trouvé ce roman un peu en de-ça, et n’a pas réussi à foncièrement me choquer, si ce n’est pour un ou deux passages.

En bref, un bon thriller psychologique, pour public averti cependant.

Citations :

Si j’étais mort ce jour-ci, qui vous aurait diverti au journal de vingt heures ? De qui parleriez-vous pendant la pause café ? Grâce à qui, à quoi, vous sentiriez-vous chanceux, heureux de votre petite existence sans relief ? Qui vous aurait appris la valeur de la vie ? C’est lorsqu’on se rend compte de son caractère instable et éphémère qu’on se met vraiment à l’aimer…


J’ai toujours détesté la télévision. Kurt et ma mère la laissaient gueuler toute la journée, et il ne s’y passait jamais rien d’intéressant, jamais rien d’intelligent. Des cris, des couleurs bigarrées, des personnages grossiers. Un concentré de conneries. Peut-être que seul un cerveau vide peut apprécier le petit écran et sa culture douteuse.


On peut croupir en taule tandis que nos bourreaux jouissent de leur petite vie, peinards.


Il avait changé de physionomie, ôté son masque d’homme bien comme il faut, montré son vrai visage, celui d’un extrémiste. Et, comme tous les extrémistes, il était dangereux.


Ce que je veux dire par là, c’est qu’il existe entre ces gens une émulation sordide, comme une espèce d’accord tacite pour toujours aller vers le bas. Je suis idiot, mais c’est pas grave, les autres le sont aussi. Bah !


Quand malgré tous vos efforts, il y a toujours quelque chose qui tourne mal ; quand vous essayez d’obtenir un peu d’amour ou d’attention et qu’on vous crache dessus ; quand la vie se fout de votre gueule… ben on se tourne vers la mort.


Pourquoi on morfle ? Pourquoi on meurt à petit feu pendant que d’autres profitent de la vie ? On ne sait même pas ce que c’est la vie, nous. On n’en connaît que le froid, la peine, la faim, la peur… le sang et les larmes. Des trucs que certains ne peuvent même pas imaginer.
[…] Alors oui, on veut vous montrer… vous montrer ce que c’est que la peur, la faim, la peine et le froid !


Mais que pensez de certains hauts dirigeant faisant pleuvoir des bombes sur de blanches et anonymes âmes ? Vous criez haut et fort à la cruauté quand il s’agit de nous, mais qu’en est-il d’eux ? Ceux qui ont le pouvoir, ceux qui vous contrôlent telles des marionnettes creuses… On dirait que plus nous sommes grands, plus notre monstruosité se trouve amoindrie. La cruauté ne se résumerait en fin de compte qu’à un point de vue ? Curieux, n’est-ce pas ?

Ma note : 15.5/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Contemporain·Drame·Policier·Roman/Polar Noir·Thriller

Purgatoire des innocents – Karine Giebel

couv50638274Caractéristiques : 

  • Auteur – Karine Giebel
  • Editeur – Pocket
  • Parution – 2014
  • Pages – 635
  • ISBN – 978-2266246248

4ème de couverture : 

Je m’appelle Raphaël, je viens de passer 14 ans de ma vie derrière les barreaux. Avec mon frère, William, et deux autres complices, nous avons dérobé 30 millions d’euros de bijoux. Ç’aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang. Deux morts et un blessé grave. Le blessé, c’est mon frère. Alors, je dois chercher une planque sûre où Will pourra reprendre des forces.
« Je m’appelle Sandra. Je suis morte il y a longtemps dans une chambre sordide. Ou plutôt, quelque chose est né ce jour là… »
Je croyais avoir trouvé le refuge idéal. Je viens de mettre les pieds en enfer.
« Quelque chose qui parle et qui marche à ma place. Et son sourire est le plus abominable qui soit… »

Mon avis :

Je savais déjà un peu à quoi m’attendre avec ce roman, pour avoir déjà lu du Karine Giebel : je savais qu’elle ne faisait pas dans la dentelle, et que ses romans étaient assez noirs. D’autant plus que le peu d’avis que j’avais lu relevaient toujours la violence particulière de ce livre-ci. Encore une fois, Karine Giebel a réussi à me scotcher.

L’intrigue de base est vraiment excellente, bien qu’assez basique tout de même. Mais elle l’a tellement agrémenté d’histoires parallèles et transversales que lire ce livre, malgré son extrême violence, est un régal, rien que par la technicité littéraire.

Car oui, ce livre est d’une extrême violence. Bien que n’étant pas des plus sensible à cette dernière dans les livres, j’ai ici eu beaucoup de mal avec plusieurs scènes, et pour cause ! En plus d’avoir des sujets extrêmement dérangeants, les procédés mis en oeuvre sont tout aussi puissants, et nous immerge complètement dans l’histoire aussi tordue que psychopathe.

Mais que ce passe-t-il ? Principe de l’arroseur arrosé, avec des braqueurs, et un psychopathe. Autant vous dire que ce n’est pas du tout un livre facile à lire.
Je vous parlai tout à l’heure des procédés… Ellipses temporelles, non dit, sous-entendus… Tout ce qui compose un thriller psychologique très prenant et très éprouvant, où on a l’impression de ressentir chaque supplice que subissent les personnages. C’est pour dire ! Ce bébé fait 635 pages, et je l’ai pourtant fini en moins d’une semaine.

Mais surtout, c’est la dimension purement humaine qui est dérangeante dans ce roman, plus que les choses décrites elles-mêmes : comme à son habitude, Karine Giebel aime exploiter le côté sombre de l’être humain, ses failles les plus inavouables, et ce que l’instinct de survie peut pousser à faire, mais aussi ce que l’être humain est capable de faire à un autre être humain dans le seul but d’accomplir ses désirs. Là, est toute la puissance de Giebel : à travers des sujets extrêmement durs et tabous, elle va nous montrer le côté le plus dérageant de l’Humain.
De plus, elle ne va jouer non seulement sur les faiblesses typiquement humaine de ses personnages, mais sur les faiblesses de nous, pauvres lecteurs : l’empathie entre en jeu, ainsi que notre jugement, et les notions de Bien et de Mal, dans un huis-clos infernal. Huis-clos entre personnages, huis-clos entre le livre, et nous.

Je tiens à préciser que je ne conseille pas ce livre à tout le monde, qu’il faut être conscient de son contenu avant de se lancer. Au niveau des thématiques, sachez que vous allez vous retrouver avec : meurtre, séquestration, torture psychologique, torture physique, pédophilie, viol sur mineur, et j’en passe. Soyez prévenus.

En bref, un huis-clos éprouvant, violent, et épouvantablement addictif.

Citations :

D’un point de vul pénal, mieux vaut violer une femme que le coffre d’une banque. Prendre les armes pour prendre l’argent là où il se trouve, voilà un crime impardonnable aux yeux de la justice… Vraiment aveugle, aucun doute.


La douleur est une bonne compagne, fiston. Parce qu’elle est la plus fidèle qui soit.


Lui qui n’a pourtant jamais tué personne.
Jamais avec une arme à feu en tout cas.
Trop facile, trop banal. Trop vulgaire.
Toujours des lames tranchantes, des objects contondants, des cordes, ou à mains nues.
Il considère que les armes à feu sont réservées à ceux qui manquent d’imagination ou sont pressés. À ceux qui ne vénèrent pas l’acte de mise à mort.


« L’espoir fait vivre. »
Ce qui veut dire que le désespoir tue.


Elle a toujours préféré les mots aux chiffres. Tellement plus poétiques. Tellement plus beaux. Tellement plus généreux, riches et élégants. Tellement plus émouvants.
On ne déclare pas son amour avec des chiffres.
On n’appelle pas au secours avec des nombres.

Ma note : 18.25/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Érotique·Contemporain·Coup de coeur·Romance

Mine (Fight For Love 2/6) – Katy Evans

couv2292973Caractéristiques : 

  • Auteur – Katy Evans
  • Editeur – Hugo Roman
  • Parution – 2015
  • Pages – 358
  • ISBN – 978-2755617290

4ème de couverture : 

Je lui appartiens. Il m’appartient. Notre amour est brûlant, puissant, imparfait, et réel…

Brooke n’aurait jamais imaginé finir avec l’homme qui est le rêve de toutes les femmes. Mais tous les rêves ne finissent pas comme un conte de fées, et alors que Remington a besoin d’elle, Brooke découvre quelque chose qui va la forcer à quitter ses côtés. Avec la distance et les ténèbres entre eux, la seul chose qui lui reste est de se battre pour l’amour de l’homme qui est LE SIEN.

Mon avis :

J’avais eu un gros gros coup de coeur pour le premier tome, c’est donc sans aucune crainte que je m’étais lancée dans ce second tome. Et bien je l’ai préféré au premier tome ! Un autre coup de coeur, plus profond.

L’inconvénient de la plupart des livres érotiques sur le marché actuel, c’est que se sont presque tous les mêmes : seuls les prénoms des personnages et le nom de l’auteur change, mais en général, l’histoire, l’intrigue, le caractère des personnages sont identiques, ou très semblables d’un livre à l’autre. Heureusement, la saga Fight For Love (en tout cas, des tomes que j’en ai lu) ne rentrent pas dans cette catégorie, et en fait sa véritable originalité.

En effet, si on exposait dans le premier tome une histoire érotico-romantique, le second tome nous propose une histoire romantico-érotique. Et oui, il y a une différence. Laquelle ? Tout ne repose pas sur le sexe. De fait, on a une histoire bien plus plausible, où certes, on a toujours une dieu du sexe, mais l’acte en lui-même n’est pas surfait : nous avons droit à des scènes intimes au sein d’un couple solide, et non pas du sexe pour du sexe, du sexe pour meubler. C’est vraiment quelque chose d’extrêmement appréciable et agréable.

Tout comme j’ai beaucoup aimé voir dans ce roman un couple, un vrai, avec des hauts, des bas, des crises de jalousie… En lisant quelques chroniques sur ce tome, j’ai pu voir que certains n’avaient pas aimé le comportement de Brooke, la jugeant trop jalouse et possessive, voire immature. Mais pour moi en tout cas, il n’en n’est rien. Des réactions peut être exagérée parfois, mais cela reste rare, mais ses moments de jalousies et de possessivités n’ont rien d’anormaux.

Comme toujours, nous avons un Remington absolument orgasmique de romantisme et de testostérone. Enfin, dans un roman de cette trempe, nous avons droit à un homme viril ET sensible, tout juste ce qu’il faut. Et non pas une pâte molle sans forme ou une brique.
Sachez aussi qu’il y a un évènement en particulier qui est pour moi de l’ordre du jamais vu dans les romans de ce style !

En bref, un excellent second tome, qui nous décrit non pas la vie d’un couple de chaud lapin, mais une vie de couple, tout simplement.

Citations :

Chaque jour, chaque nuit, il me tient le plus près possible de lui et me répète que je suis à lui. Mais il n’a pas conscience qu’à chaque fois qu’il dit ça, il dit aussi qu’il est à moi. On ne peut pas posséder vraiment quelque chose qui ne nous possède pas en retour, pas même une voiture.


C’est tellement agréable d’écouter une chanson que l’on comprend. Ou qui nous comprend. Ça fait prendre conscience que nos sentiments sont humains, normaux, même si on aimerait parfois ne pas les avoir.


Le coeur est un muscle. Pendant une vie entière il va battre des milliards de fois. J’ai appris à mes dépens qu’on ne pouvait plus courir avec un ligament déchiré, mais qu’en revanche, même si votre coeur est brisé en mille morceaux, vous pouvez toujours aimer de tout votre être. Tout votre misérable et vulnérable être…

Ma note : 16.75/20

• Scénario – 3.25/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Contemporain·Coup de coeur·Drame·Philosophie/Réflexion

Samedi 14 novembre – Vincent Villeminot

couv20137135Caractéristiques : 

  • Auteur – Vincent Villeminot
  • Editeur – Sarbacane
  • Parution – 2016
  • Pages – 216
  • ISBN – 978-2848659220

4ème de couverture : 

Le vendredi 13 novembre, B. était à une terrasse. Il a vu les tueurs tirer. Le lendemain, en quittant l’hôpital, il croise un homme dans le métro… Il le reconnaît : c’est l’un d’eux. Alors, sans avoir décidé ce qu’il va faire, il le suit.

Mon avis :

Reçu dans le cadre de l’Explo’Book, je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec ce roman, qui traite d’un sujet encore tabou et douloureux pour beaucoup : les attentats terroristes, en particulier les fusillades du 13 novembre 2015. C’est un petit coup de coeur pour moi.

C’est un roman très court, mais très éprouvant. Non pas sur le thème en lui-même, bien que cela joue, mais sur le traitement apporté : monté comme une pièce de théâtre, divisé en acte et entracte, le roman prend alors une dimension bien plus vivante, poussant alors le lecteur non pas à lire une histoire, mais à voir une pièce de vie, comme s’il était dans un théâtre. Les coupures sont aux moments clefs, les entractes édifiants et relevant différentes réalités, apportant un véritable éclairage sur les évènements.

Mais deux choses sont édifiantes pour moi et font la force et la violence de ce roman.

D’abords, le style extrêmement percutant. Des phrases très, très courtes, extrêmement rythmées, dures. On a très souvent l’impression d’être touché par des balles, tant le rythme est puissant. Chose très bouleversante et éprouvante.

Ensuite, les scènes de violences. Les évènements en eux-mêmes ne sont pas décrit, ou uniquement pas allusions et ressentis brefs. Les scènes violentes sont celles qui suivent : le sentiment de détresse, de devenir fou, les scènes de tortures, etc… Qui ont été pour moi vraiment très difficiles à lire, même si elles ne relèvent pas d’un haut registre d’horreur.

À travers tout ce petit roman, nous avons vraiment une véritable palette de sentiment éprouvés face aux attentats, allant de la peur, à la haine, en passant par l’angoisse. Dans les entractes, l’auteur nous décrit brièvement la vie de certains habitants de quartiers, d’amis, de familles après les attentats, montrant alors la pluralité des réactions sans en condamner aucune ; bien qu’il fasse une allusion directe à la montée des extrêmes (et principale de Marine Le Pen et du FN, clairement cités dans le texte) et le danger que cela représente.

Mais ce que j’ai particulièrement apprécié fut son discours poussant à l’espoir et à l’ouverture à l’autre : la fin est pleine d’espoir, et dans tout un troisième tiers du roman, l’auteur s’efforce, de manière subtile, à désamorcer une bombe : celle de l’amalgame. En le personnage très fort de Layla, Vincent Villeminot montre très clairement la différence entre musulman et extrémiste radical, le danger de l’amalgame… Un message aussi fort qu’important en les temps troublés que nous traversons, que ce soit sur notre propre territoire que de l’autre côté de l’Atlantique.

En bref, un roman court émouvant, percutant, mais nécessaire à mon goût.

Citations :

Aurait-il fallu qu’ils s’aiment plus fort que la mort ? Plus fort que les autres haïssent, avec la même folie, la même intolérance ?
Si puissamment qu’ils auraient pu aller jusqu’à mourir pour ça ?


Il retourna son visage sous l’eau. Elle coula sur ses yeux, son nez, sa bouche.
Il vit le monde à travers, flou.
Se noyer. De l’air.
Suffoquer jusqu’à se sentir respirer, douloureusement. Vivre.


En une fraction, une révélation (un dévoilement), il se dit que l’essence de la pornographie, c’est ça : le spectacle de la violence. La soumission. Qu’on puisse lui infliger ce qu’on a en tête à la fille. Qu’elle se soumette, qu’elle soit profanée. Impuissante.


« – Des explications, il y en a. Mais pas d’excuses… »

« – Comme ces autres petits cons, a-t-il dit, qui partent faire le jihad. Ils n’ont pas d’excuses, il ne faut pas leur en trouver. C’est pas parce qu’on te baise que tu dois baiser l’autre. Haïr l’autre. Tuer l’autre et jouir de ce pouvoir… »
Puis, Pierre est mort sous les balles des petits cons.


Mais ceux qui l’ont perdu, pour Benjamin, son père, sa mère, pour les vivants, ceux qui restent en bas, ça ne fait aucune différence. Presque aucune.
Qu’ils y croient ou n’y croient pas, ils l’ont perdu.


« Comment tu la regardes… »
Comment tu la regardes, la mer ? La vie qui vient et reflue, nous traverse, puis se retire ? Comment tu la regardes ? Et vers où ? Vers quel horizon – quelle ligne de fuite ?

Ma note : 17/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Contemporain·Drame·Romance

Loin de tout (Loin de tout 1/2) – J.A. Redmerski

couv44198553Caractéristiques : 

  • Auteur – J.A. Redmerski 
  • Editeur – Milady 
  • Parution – 2013
  • Pages – 479
  • ISBN – 978-2811212483

4ème de couverture : 

Après avoir perdu son premier amour dans un accident, Camryn, 20 ans, plaque tout pour partir à l’aventure. C’est alors qu’elle rencontre Andrew, qui n’a pas été épargné par la vie lui non plus. Camryn a beau s’être juré de ne plus jamais tomber amoureuse, l’amour se révèle à elle sous de multiples facettes au cours de ce voyage. Un road trip improvisé qui marque le début d’une nouvelle existence exaltante. Mais l’insaisissable Andrew cache un secret qui peut les lier à jamais ou les détruire pour toujours…

Mon avis :

J’entendais tellement parler de ce roman, et je voyais sa couverture passer tellement souvent que j’ai fini par craquer et l’acheter, pour savoir un peu de quoi il en retournait. Malgré un début assez long, j’ai passé un bon moment de lecture !

Comme je l’ai dit, le début est un peu longuet. Le temps que tout soit mis en place, avec l’intrigue, les personnages… On prend entre 100 et 150 pages, et c’est parfois un peu trop. Mais l’avantage est qu’une fois que l’histoire est vraiment lancée, il n’y a plus aucun problème : le rythme est excellent, à la fois doux et trépidant, il arrive nous faire ressentir et à nous faire voir des choses différentes et diverses.

Pendant ma lecture, je me suis souvent demandée pourquoi est-ce que ce livre avait eu un succès pareil, alors qu’il n’est, à première vue, qu’une romance de plus. Mais la chose qui, selon moi, lui donne son originalité et sa puissance émotionnelle, c’est sa noirceur omniprésente. Je m’explique.

Nous savons dès le départ que notre héroïne, Camryn, a perdu son précédent petit ami dans un accident qui la hante encore. Tout au long du roman et au contact d’Andrew, on la voit évoluer dans son deuil, on la voit lutter face à ses propres démons et ses propres émotions. Pour ce qui est d’Andrew, à partir d’un certain moment, un malaise s’installe. On sent que quelque chose ne va pas, et que ce n’est pas juste un problème de pellicule.

C’est cette noirceur, cette avancée face à la mort et au deuil et le mystère d’Andrew qui confère au roman un petit quelque chose d’inquiétant, un sentiment de précipitation et dernière action, qui le rend unique.

Une thématique est centrale ici : le deuil, la souffrance, et nos réactions face à la douleur. Ça sort de l’ordinaire et des romances mielleuses où tout est beau et tout mignon. Ici, à chaque page, on est confronté à la dure réalité de deux héros en épreuve de deuil ou qui sont confrontés à la mort d’une manière ou d’une autre, avec des discussions loin d’être simplette, et des punchlines qui font réfléchir.

Le style de l’auteur est en parfait adéquation avec cette atmosphère un peu sombre qu’elle veut dépeindre, tout comme elle arrive à nous faire ressentir une palette d’émotion magistrale et très puissante. Je l’avoue, j’ai sangloté sur la fin, tant c’était poignant.

En bref, une romance qui sort de l’ordinaire, et qui vous fera sortir les mouchoirs !

Citations :

En vérité, ça n’a presque rien à voir. La dépression est l’une des formes les plus crues de la douleur, et je ferais tout pour être capable de ressentir de nouveau une émotion. N’importe laquelle. Une douleur normale vous fait souffrir, mais une douleur si puissante qu’elle vous empêche d’éprouver quoi que ce soit d’autre ? Vous avez l’impression de perdre la tête.


La vie prend toujours une autre tournure quand on perd un être aimé. Et, quoi qu’il advienne, on ne peut pas s’y préparer.


– Souffrir, c’est souffrir, ma belle. (Chaque fois qu’il m’appelle « ma belle », je l’entends mieux que n’importe quelle autre de ses paroles.) Ce n’est pas parce que les problèmes de quelqu’un sont moins traumatisants que ceux d’un autre qu’il n’a pas le droit de souffrir autant.


Les coïncidences ne sont que la version conformiste du destin.


Les meilleurs amis, peu importe ce qu’ils font, ne vous blessent autant que parce qu’ils sont, justement, vos meilleurs amis.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.5/1.5