Contemporain·Coup de coeur·Drame·Philosophie/Réflexion·Thriller

Je sais où tu es – Claire Kendal

couv60403836.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Claire Kendal
  • Editeur – France Loisir
  • Parution – 2015
  • Pages – 410
  • ISBN – 978-2226322838

4ème de couverture :

Un matin, Clarissa se réveille dans le lit d’un collègue, sans aucun souvenir de ce qui l’a menée là. Bientôt cet homme fait de sa vie un cauchemar. Espionnée, traquée, harcelée, Clarissa doit faire face à une obsession toujours plus menaçante. Saura-t-elle s’en échapper avant qu’il ne soit trop tard ?

Mon avis : 

Cela fait un moment maintenant que j’ai lu ce roman, et pourtant, quand je revois sa couverture et que les souvenirs remontent, je suis toujours aussi glacée parce la vraisemblance de l’intrigue, et surtout des situations et ressentis dépeints. Un coup de coeur pour un texte féministe qui traite d’un sujet encore tabou, et pourtant bien trop réel.

Ce roman suit une double trame : on suit à la fois Clarissa dans sa vie personnelle de jeune femme harcelée par un homme, ainsi que Clarisse dans son exercice de jury lors d’un procès pour viol et séquestration. Dans les deux cas, on n’en ressort pas indemne. Ça ne réveille pas toujours les mêmes émotions en nous : tantôt la peur, tantôt le dégoût… Ce livre a un réel potentiel d’ouverture, en cela qui peut permettre à un lectorat plutôt masculin de mieux appréhender le harcèlement de rue et le harcèlement sexuel ; mais aussi de faire écho auprès d’un lectorat féminin.

Dans les deux cas de figure (l’aspect procès et l’aspect vie personnelle de l’héroïne), je me suis sentie concernée : ces deux intrigues sont les faces d’une même médaille qu’est le harcèlement et l’objectivation des femmes. Mais le plus dur a été de lire le ressenti que pouvait avoir et que Clarissa avait, mais aussi de voir que les réactions des hommes et des autorités dans ce roman correspondent que trop bien à notre réalité.

Je ne vous cache pas que ce roman a été très dur à lire, entre mon hypersensibilité, et le fait de lire des situations que je peux vivre au quotidien…Ce n’a pas été une lecture facile, mais oh combien enrichissante et engagée. Sans le crier sur les toits, ce roman est une pépite qui, vulgairement dit, remet les barres sur les T et les points sur les i.
Effectivement, l’auteur n’hésite pas, à l’aide d’une plume agréable et fluide, de pointer du doigt des choses encore trop peu considérées : le harcèlement de rue, le harcèlement sexuel, l’objectivation des femmes, le sentiment que tout est dû (d’un point de vue sexuel) aux hommes de part leur sexe, la défaillance du système judiciaire dans les affaires d’harcèlement et de viol… Et c’est en ça que c’est un livre excellent : il montre de A, à Z, les cause, les conséquences, et surtout, les répercutions physiques et morales présentes chez les victimes.

En bref, un livre tabou, dur, glaçant, mais nécessaire. Un vrai coup de coeur.

Citations :

Les accusés disent nibards. Rowena dit nichons. Moi, je dis seins. Je ne sais pas ce toi tu dis. Je ne veux pas le savoir. Ce que je sais par contre, c’est ce que ces différences comptent.


Par où commencer pour démontrer la folie de ta lettre ? Tu n’entends donc pas ce que je te répète – non, non, et encore non – encore et encore ? Je crois qu’il t’est impossible de comprendre ; tu es prisonnier d’une forme délirante de raisonnement décalé, de sincérité terrifiante même.
As-tu inspecté mes CD et mes DVD quand tu étais chez moi ? Parce que tu as raison : j’adore ce ballet. Par contre je le détesterais à un point dont tu n’as pas idée si je devais le voir avec toi. De la part d’un autre homme, le geste aurait pu être romantique. Mais pas de ta part à toi. De la part de celui qui a utilisé ma plus vieille amie et l’a retournée contre moi. Venant de toi, ces billets sont une agression, pas un cadeau.


S’il y avait bien une chose que montraient ces peintures et poèmes romantiques, c’était le danger d’un vrai regard direct et décidé.

Ma note : 18.5/20

• Scénario – 4/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Contemporain·Philosophie/Réflexion·Poésie

L’espoir de la meute – Philippe Devos

cover-644.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Philippe Devos
  • Editeur – Atramenta
  • Parution – 2017
  • Pages – 108
  • ISBN – 978-9522739636

4ème de couverture :

La meute, c’est vous, c’est moi.

D’autres peut-être, qui oseront cheminer à nos côtés à travers ces pages.

Quelques textes pour faire naître en nos cœurs un ailleurs, sublimer l’habitude, s’enivrer d’amertume, apprivoiser ses chimères…

Des landes de vers pour une échappée belle hors du temps et des cités stériles où l’homme moderne dérive parmi les ombres anonymes.

Des poèmes comme autant d’occasions de se retrouver.

Mon avis :

Changeons d’air. Prenons du recul face aux histoires en prose, avec leurs intrigues et leurs personnages, pour partir dans un monde plus subtil, mais pas pour autant moins accessible : je veux bien entendu parler du monde de la poésie, au travers de cette première chronique de recueil de poème ! Pas de coup de coeur, mais assurément un très bon et très beau moment passé dans cet univers.

L’avantage de la poésie à mon sens, c’est que l’on peut traiter tous les sujets d’une infinité de manière, des sujets les plus doux au plus durs. À travers son recueil L’espoir de la meute, Philippe Devos nous offre un panorama tout en finesse et émotions de notre monde actuel et de la nature humaine. Parfois généraliste, parfois très intimiste, d’autre fois cru et d’autre amant épris, ce recueil est complet et dépeint un tableau aussi sinistre que coloré : cruauté et paradoxe de l’homme, mais aussi expression des sentiments les plus nobles. Il pointe du doigt les sentiments et la douleur humaine, mais aussi les choses les plus abjectes que peut porter notre monde, avec parfois, une sévère critique de ce dernier.

Ce qui, pour moi, fait la force de ce recueil, c’est avant tout son accessibilité. Bien que certains poèmes soient plus ardus, ou qui méritent une deuxième lecture pour en appréhender totalement le sens et la puissance, la grande majorité des poèmes ici présentés sont d’une beauté sans nom, mais reste accessible. On est bien loin de ces poèmes que l’on a étudié au lycée, et dont il fallait plusieurs heures de travail pour capter une bribe de compréhension.

La force de la poésie réside dans le fait personne ne comprendra un poème de la même manière que son voisin. Personnellement, j’ai beaucoup aimé les poèmes suivants :

  1. Tu n’imagines pas
  2. Comment lui dire
  3. Anesthésié
  4. Cigüe

En bref, une recueil de nouvelles qui vous embarquera dans un monde à part et pourtant bien reconnaissable, qui saura jouer avec vos cordes intérieurs.

Citations :

Tu n’imagines pas
Ma lassitude
Pour ces combats qu’on nous impose
Ces vanités qui nous opposent


Déjà je suis de trop
Et mon coeur s’est enfui…
… je le suivrai bientôt.


Gisant sur mon divan l’esprit anesthésié
Le génie de l’écran s’empare de tout mon être
Tandis qu’autour de moi le temps semble arrêté


Je suis lasse de chagrin et pleine de résignation
Je murmure ton prénom et le vide me renvoie en écho
L’insupportable absence me vidant de mes larmes

Ma note (subjective) : 17/20

 

Contemporain·Coup de coeur·Philosophie/Réflexion

Alter-Ego, Au-delà des apparences – Sélène Derose

cover-372.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Sélène Derose
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2017
  • Pages – 343
  • ISBN – 978-2-956037-51-4

4ème de couverture :

Nous faisons partie de ce monde et ce monde fait partie de nous. Mais tout comme nous ne nous connaissons pas toujours nous-même, nous ne connaissons pas parfaitement le monde. »

Niya Clark, sérieuse et réservée, vient tout juste d’achever ses études supérieures avec une idée précise de son plan de vie. Mais tandis qu’un nouveau pan de celle-ci commence, et pas des moindres à ses yeux, un évènement va bouleverser son équilibre.
Tout au long de son périple pour le retrouver, Niya, en proie au doute, sera amenée malgré elle à remettre en question ses certitudes les plus profondes jusqu’à sa vision d’elle-même.

Déjà vu ou presque, pensez-vous ?
Pas sûr. Apprêtez-vous à progresser avec elle au-delà des apparences et de la vraisemblance…

Mon avis :

De retour avec encore une fois un roman tout droit sorti des entrailles de la plateforme SimPlement. J’avoue que le résumé m’intriguais pas mal, et que je ne savais pas trop à quoi m’attendre… Mais quelle fabuleuse surprise, c’est un coup de coeur, tout en douceur !

Nous suivons donc Niya, une jeune femme qui a tout pour être Madame tout le monde : sur le marché du travail, en collocation avec sa meilleure amie… Un petit accident pour débuter l’intrigue. Rien de bien folichon ou d’exceptionnel. C’est après que l’auteur déploie un univers tout à fait intriguant et différent de ce qu’on peut voir habituellement : la culture des Natifs d’Amériques.

À partir de cela, tout s’enchaîne avec une grâce et une fluidité peu commune, au point où on ne se rend même pas compte que l’on tourne les pages. Si je devais résumer ce roman en seul mot, je dirai douceur, que je pourrais étayer par harmonie. Tout au long de ma lecture, je me suis sentie comme bercée par les mots de Sélène Derose qu’elle manie à la perfection. Tout au long de ma lecture, je me suis sentie dans un petit cocon protecteur et douillet, duquel je ne voulais plus sortir. Comme si vous étiez dans un lieu doux, accueillant, et que le monde réel ne parvenait à vous que par flash flous ou murmure subtils. C’est une véritable impression de paix intérieur qui vient s’installer, au fur et à mesure de la lecture, même durant les passages plus tendus.

Ce qui m’a particulièrement plu, en plus de cette atmosphère feutrée et paisible, c’est cette thématique de la quête de soi, et de sa vérité profonde. Notre héroïne, prise dans ses doutes et les tumultes de sa vie de jeune femme, poursuit son chemin, entre rationalité et croyances anciennes, pour trouver une paix intérieure ainsi que sa vérité.
En plus d’être un coup de coeur, je sais que je relirai ce roman. Tout comme mon auteur favoris Pierre Bottero, ce roman a su faire vibrer les bonnes cordes à l’intérieur de moi, et a su m’apaiser sur certaine question que je me posais… C’est pour cela que je le range, en plus dans la catégorie coup de coeur, celle de ma littérature pansement.

En bref, un roman tout en mystère, en beauté, douceur, paix et harmonie, qui ne vous laissera pas indifférents.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 18.75/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

Contemporain·Drame·Roman/Polar Noir·Thriller

ALIENOR, l’origine de toutes les haines – Aurélien Grall

cover-203.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Aurélien Grall
  • Éditeur – Autoédité
  • Parution – 2014
  • Pages – 295
  • ISBN – 978-1520121062

4ème de couverture :

Alexia est encore petite fille lorsque des inconnus l’arrachent à sa famille pour la conduire dans une école privée, l’Académie Aliénor d’Aquitaine.

Le pensionnat d’élite est censé lui promettre le plus brillant des avenirs, bien loin de la misère qui l’a vue naître.

Mais les choses ne se passent pas comme prévu et la petite prend progressivement conscience, en compagnie de ses deux amies, Jade et Clarisse, qu’elles sont promises à de beaucoup plus sombres desseins…

Mon avis : 

De retour avec une lecture issue de l’auto-édition, ALIENOR aurait pu être un roman explosif aux intrigues fortes et complexes. Mais c’est un goût de frustration qu’il me laisse sur la langue.

Vous l’aurez compris, je suis assez mitigée sur ce roman. En effet, il y a des choses qui m’ont complètement emballées, et d’autres qui au contraire, m’ont plutôt refroidie.

Le premier défaut que j’y trouve, c’est un résumé qui ne correspond pas au contenu. Un résumé très – trop – évasif, et une mise en bouche dans un premier chapitre qui laisse sous entendre beaucoup de chose bien croustillante. Je n’avais qu’une seule hâte, me plonger à l’intérieur et voir comme l’auteur allait réussir à mener son plan à bien.
Sauf que cet espoir que j’avais est resté, au final, vain : nous avons un premier chapitre qui nous promet une suite toute en finesse, subtilité et manigance… Pour nous retrouver au final avec des explosions, des armes et des coups de feu partout. Je m’attendais à voir des jeunes femmes manipulant les hommes politiques, et grands du monde, afin de ramener la paix… Et au lieu de cela, j’ai eu des soldats assoiffées de sang, de véritable machine à tuer, qui exécutent des missions.
Sur le fond, je n’ai rien contre ce genre de roman. Ce qui me chiffonne plus, c’est d’avoir eu l’espoir d’un certain roman, que le premier chapitre nous vend allègrement, pour au final avoir son opposé. Un mauvais point donc, puisque je ressors frustrée et en quelque sorte, déçue.

Autre point qui m’a dérangé : le style. En plus de ne pas le trouver des plus réguliers – tantôt très voire trop simpliste, tantôt bien trop alambiqué à mon goût -, je l’ai trouvé relativement terne, pour ne pas dire creux. Les émotions que j’ai pu ressentir étaient plus lié à ma sensibilité de lectrice qu’au pouvoir des mots employés. Et je trouve cela d’autant plus dommage que l’histoire était une véritable mine d’or à exploiter.

La dernière chose qui m’a dérangé a été le rythme du roman. Je l’ai trouvé un peu trop linéaire, et sans véritable variations qui auraient pu donner à l’oeuvre une dimension plus angoissante ou plus effréné pour les moments d’actions pures. Certains passages (notamment celui du passage des épreuves de la course d’obstacle) revient bien trop souvent et vient très vite lasser, tout comme je n’ai pas eu l’impression d’avoir eu de pause narrative, ou d’accélération.

Un style peu adapté, un rythme mal maîtrisé, des espoirs non satisfaits… Ce roman aurait pu être un flop total, s’il n’avait pas eu son plus gros point fort : son originalité.

Même s’il aurait mérité plus de travail de relecture, de ré-écriture et un potentiel suivi éditorial pour le mener au plus haut de son potentiel, je retiens surtout le potentiel qu’il contient, et ce qu’il pourra devenir avec du travail et des années supplémentaires. Parce que les idées sont bonnes, et elles sont là. Il ne manque plus qu’une meilleure mise en page.
J’ai bien une certitude quant à cet auteur et à ce roman : les deux, une fois mûrs et à point, seront de vraies pépites. Le roman est sorti en 2014, et je suis certaine que l’auteur n’a pu que s’améliorer depuis.

En bref, si vous êtes amoureux d’actions et d’intrigue rapides, foncez !

Citations :


Pas de relevé !

Ma note : 12.5/20

• Scénario – 3.25/4
• Ecriture/Style – 2/4
• Potentiel d’addiction – 2/3
• Personnage – 0.75/2
• Emotions – 1/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Contemporain·Philosophie/Réflexion

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA – Romain Puértolas

couv7948656.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Romain Puértolas
  • Editeur – La Dilettante
  • Parution – 2012
  • Pages – 252
  • ISBN – 978-2253179900

4ème de couverture :

IKEA. Ou comment un banal et innocent mot de quatre lettres, prononcé à mi-voix dans un taxi à Roissy Charles de Gaulle, peut vite devenir le début d’une rocambolesque et hilarante aventure. De la crise européenne au régime post-Kadhafiste libyen, un voyage inattendu, riche en quiproquos et rebondissements, ballotera, dans une armoire, un arnaqueur professionnel sur le chemin de la rédemption et de l’amour.

Mon avis :

On va jouer l’ambivalence aujourd’hui, et les extrêmes. Passé du rire aux larmes, de la joie à la morosité, de la légèreté à la gravité.

Une couverture aux couleurs de la grande marque suédoise, un personnage venant d’Inde, un titre plus que loufoque… Ce roman a tout, de l’extérieur, pour être un livre de détente totale sur le bord de la piscine ou bien à la plage, sans prise de tête. Et pourtant…

On va donc suivre notre héros au nom imprononçable (Ajatashatru, à prononcer Attache-ta-charrue quoi qu’il arrive) qui vient d’Inde sur Paris afin d’acheter le dernier lit à clou de la marque IKEA. Arnaqueur professionnel, par un malencontreux hasard, il se retrouve coincé dans une armoire IKEA… Il va alors enchaîner les embrouilles et les rencontres les plus improbables, jusqu’au dénouement.

Un début hilarant, qui m’a valu plusieurs fou rire, pour au fil des pages, laisser voir en transparence un thème encore tabou actuellement : l’immigration clandestine, et le sort des clandestins arrêtés aux frontières. Le roman a plusieurs lectures possibles. Pendant que notre indien aussi sec qu’un arbre marche, au fil de son voyage, sur le chemin de la rédemption et de l’amour, on suit aussi plusieurs tableaux sociaux-culturels.
La question de l’immigration est omniprésente, et traité de manière parfois subtile, parfois directe… Et parfois cruelle d’une vérité que beaucoup ignore, sciemment ou non.
Le tout, porté par une plume qui sait à la fois être légère et dure.

En bref, un roman agréable, pas si léger qu’il n’y paraît, mais qui fait parti des classiques modernes à lire.

Citations :

« Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie. » Sur le coup, l’enfant n’avait pas compris. « Cela signifie tout simplement, lui avait alors expliqué l’homme, que des choses qui sont banales pour moi peuvent sembler de la magie pour toi, tout dépend du degré de technologie de la société dans laquelle du évolues. »


Et souvent, la nostalgie des siens rendait pauvre et insipide même le plus prodigieux des paysages.


Et puis, ce n’était pas la peur des coups qui tordait les entrailles, non, car sur cette rive-là de la Méditerranée, on ne frappait pas, c’était la peur d’être renvoyé dans le pays d’où l’on venait, ou pire encore, dans un pays que l’on ne connaissait pas, parce que les Blancs s’n foutaient pas mal vers où ils vous balançaient, l’important pour eux étant de ne plus vous avoir chez eux. Un Noir, ça fait vite désordre.

Ma note : 16.75/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.5/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.75/1.5

Contemporain·Drame

Vénus – Jérémie Lahousse

couv46400073Caractéristiques : 

  • Auteur – Jérémie Lahousse
  • Editeur – Paulo-Ramand
  • Parution – 2016
  • Pages – 124
  • ISBN – 978-2754304856

4ème de couverture :

Décidément Jacqueline n’a pas de chance ! Elle se fait renvoyer de son travail et abandonner par son compagnon, et ce n’est pas la première fois. Un beau matin, elle reçoit une lettre dans laquelle se trouvent des analyses sanguines et un post-it. Elle aurait peut-être un cancer. Les tests cliniques confirment cette hypothèse et le médecin annonce à Jacqueline la couleur : ses prochains mois seront rythmés par des traitements de choc. La situation est délicate, mais la femme a du courage et décide de lutter de toutes ses forces contre ce monstre invisible qu’elle croit être la conséquence de blessures de son passé. Dans son malheur elle a de la chance : lors de sa première cure, elle rencontre un jeune chirurgien avec lequel elle noue des liens très particuliers.

Mon avis : 

Pour changer un peu des mondes imaginaires, ou torturés, j’avais besoin de me replonger dans le présent et dans notre réalité, tout en explorant un domaine à peu près connu. Une lecture sympathique, pour passer le temps, et de laquelle on peut tirer quelques enseignements.

Le thème principal de ce livre n’est pas des plus joyeux, mais le roman n’en devient pas pathos et triste pour autant : le cancer, et plus particulièrement, la leucémie. On suit tout au long de Vénus une femme qui perd tout, et apprend qu’elle est atteinte de cette dure maladie.

Nous suivons son combat, mais aussi son quotidien.

Il n’y a pas beaucoup à dire sur les actions, les personnages, car ils sont pas exceptionnels et mémorables, dans le sens où ce ne sont pas des héros dans le sens littéraire ou cinématographique, mais des héros dans le sens humains et réel du terme. Des personnages pouvant être Monsieur et Madame tout le monde, votre voisin, votre épicier, le tenancier du kebab du coin… Ou même vous ! Ce qui est un excellent point.

Deuxième très bon point : pour une fois, on lit un roman qui aborde le sujet du cancer, sans pathos, et d’un angle destiné aux adultes et non pas à un lectorat young-adult. J’étais curieuse de voir la différence entre les deux traitements, et c’est sans appel : la dimension adulte est peut être un peu moins émouvante, mais plus proche de réalité du terrain.

Et enfin, ce que j’ai le plus apprécié : on ne se concentre pas sur la souffrance du malade. Sur ce que vont vivre ses proches, ce qu’il ne va pas pouvoir faire… Mais bel et bien sur sa vie, son combat, mais surtout sur ce qu’il reste de vie au malade en dehors du cancer. C’est à dire des choses de la vie courante : retrouver des personnes perdues de vue, sortir, rire, aimer, avoir peur… Être humain.

Malheureusement, quelques bémols sont à noter, notamment un style parfois trop famillier et en décallage en comparaison de la situation, avec des scènes pas forcément des plus claires parfois.

En bref, un roman court, aussi doux que puissant, qui met l’accent sur une facette de la maladie trop peu mise en avant.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 13.75/20

• Scénario – 2.75/4
• Ecriture/Style – 2.5/4
• Potentiel d’addiction – 2/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.75/1.5

Contemporain·Drame·Philosophie/Réflexion

Treize raisons – Jay Asher

couv11972806Caractéristiques :

  • Auteur – Jay Asher
  • Éditeur – Albin Michel
  • Parution – 2010
  • Pages – 284
  • ISBN – 978-2226195531

4ème de couverture :

Clay Jensen reçoit sept cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui ont, de près ou de loin, influé sur son geste. Et Clay en fait partie. D’abord effrayé, Clay écoute la jeune fille en se promenant au son de sa voix dans la ville endormie. Puis il découvre une Hannah inattendue qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer…

Mon avis :

Même si ce livre est sorti il y a un petit moment maintenant, j’étais complètement passé à côté. C’est en regardant la série Netflix sortie il y a peu que j’ai découvert que le livre existait. Après voir littéralement dévoré la série (presque d’une traite), j’ai voulu lire le roman. Et bien pour une fois, j’ai préféré l’adaptation au livre.

Je ne ferai pas un article sur la différence entre le film et le livre, mais uniquement sur le livre.

Ce qui en fait sa force est bien évidemment à quel point il est cru, plus que le sujet en lui même. Ce n’est pas le premier livre sur le harcèlement scolaire que je lis, ni qui est édité, mais c’est le premier que je lis et qui est aussi cru, voire même par moment malsain. Comparé à Blacklistée de Cole Gibsen, 13 raisons pourrait paraître comme un thriller psychologique tellement il est puissant et intrusif.

Chaque chapitre correspond à la face d’une cassette, et on alterne entre le point de vue de Clay, et la narration d’Hannah. Chose assez éprouvante, car la narration globale est totalement hachée : dès qu’Hannah dit quelque chose, Clay va de son petit commentaire ou de son anecdote, nous donnant alors un autre point de vue sur une situation identique. Procédé extrêmement intéressant je trouve, car on voit alors les fautes de chaque personnage : ce que Hannah aurait pu faire, ce qu’elle a fait, ce que Clay n’a pas vu, etc.

Mais ce qui transforme ce roman dur en véritable page-turner, c’est à quel point il est malsain et cru dans ses démonstrations. Hannah n’hésite pas à utiliser le vocabulaire spécifique concernant ce qu’elle a vécu, et elle n’omet rien, même les détails les plus sordides. Contrairement à Clay qui veut la vérité, nous sommes nous, lecteurs, placés dans le rôle du voyeur, ce qui peut être extrêmement dérangeant.

Ce qui à mon goût, rend ce roman indispensable à lire (de même que la série), est sa justesse. Combien de fois me suis-je retrouvée dans le personnage d’Hannah ? Bien trop à mon goût. Ce qui m’a le plus chamboulé, ce n’est pas tellement ce qu’elle vit, et comment elle raconte, ô combien sa démarche est macabre et morbide, mais à quel point sur certains de ses ressentis, j’étais proche d’elle. L’auteur a réussi à se mettre dans la peau et surtout dans la tête d’une adolescente harcelée avec une facilité déconcertante, et le résultat n’est que plus vraisemblable.

Alors oui, Hannah a fait des erreurs fatales, des actes manqués qui auraient pu lui sauver la vie. Mais là est toute la puissance du roman : le personnage n’est pas parfait, mais est humain, à faire des erreurs et à penser non plus rationnellement, mais en suivant un seul fil : comment arrêter de souffrir ?

Vous l’aurez compris, ce livre est une pépite, bien qu’elle soit assez malsaine, et que certaines réflexions que fait Clay sont totalement déplacées à mon goût. Bien moins violent que la série, je conseillerais à ceux voulant découvrir cette histoire de commencer par le livre s’ils sont d’un naturel fragile et/ou sensible.

En bref, une roman percutant, cru et indispensable, véritable coup de pied dans la fourmilière, qui n’hésite pas à dénoncer la gravité que peut avoir le harcèlement scolaire à travers les yeux d’une victime qui ne s’en sort pas.

Citations :

Petit conseil. Quand vous touchez une fille, même pour rire, et qu’elle vous repousse… fichez-lui la paix. Stop. Ne la touchez plus. Nulle part. Votre contact la dégoût, un point c’est tout.


Quand une chanson vous fait pleurer, mais que vous n’avez plus envie de pleurer, vous cessez de l’écouter.
Mais échapper à soi-même, c’est impossible. On ne peut pas décider de ne plus se voir. De couper le son à l’intérieur de sa tête.


On en peut jamais retrouver les choses telles qu’elles étaient. Telles qu’on les croyait.
Nous n’avons… que le présent.

Ma note : 17.25/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 0.25/1.5