Comédie·Romance

Maybe Someday (Maybe 1/2) – Colleen Hoover

couv2208031Caractéristiques : 

  • Auteur – Colleen Hoover
  • Editeur – Hugo Roman
  • Parution – 2015
  • Pages – 374
  • ISBN – 978-2755618426

4ème de couverture : 

À 22 ans, Sydney a tout pour être heureuse : des études passionnantes, le mec parfait, Hunter, et un superbe appartement en coloc avec sa meilleure amie Tori. Jusqu’au jour où elle apprend que ces deux êtres qui lui sont le plus chers lui cachent un secret impardonnable… Sydney décide alors de tout plaquer. Elle se rapproche de plus en plus de Ridge, son mystérieux voisin. Elle vibre lorsqu’il lui joue ses magnifiques mélodies à la guitare sur son balcon. Mais chacun a ses secrets, et Sydney va découvrir ceux de Ridge à ses dépens. Ensemble, ils vont comprendre que les sentiments qu’ils partagent ne leur laissent pas le choix dans leurs décisions.

Mon avis :

Celui là aussi, j’ai mis un moment avant de le lire. Il a tellement eu de succès que je voulais attendre que la vague passe un peu avant de me plonger dedans… Une lecture très agréable et addictive, même si ce n’est pas un coup de coeur !

Ce que j’aime beaucoup chez Colleen Hoover, c’est qu’elle a ce don pour faire des romances très classiques, et à la fois bourrée d’originalité ! Je pense notamment à Indécent qui, même avec une intrigue assez stéréotypée, est très originale par son rapport avec le monde du slam. Ici, on a un peu la même chose : une intrigue somme de toute proche de la banalité tant elle est classique, mais avec un traitement bougrement original !

C’est aussi pour ce genre de subtilité que je différencie intrigue et histoire. Pour moi, l’intrigue est le chemin suivi, et l’histoire, la décoration de ce même chemin. Moralité, on peut avoir un chemin identique, mais avec deux décorations complètement différentes !

Ici, une fois encore, Colleen Hoover nous plonge dans une romance palpitante et addictive, rythmée par le monde de la musique ; non plus sous l’angle du spectateur ou de l’oeuvre finie, mais sous l’angle de la création, et de la formation d’une musique, avec tout le travail que ça implique (écriture de parole, écriture de la mélodie, etc). Mais en plus de cet aspect que j’ai trouvé très intéressant, on est aussi plongé dans un nouveau monde : la surdité. Un des deux personnages principaux est sourd, et cela rajoute une dimension très sensuelle et tactile à l’oeuvre (ceux qui l’ont lu savent à quels passages je me réfère).

Et comme toujours, même si l’histoire est touchante, les mots de Colleen Hoover, aussi simple puisse être sa syntaxe parfois, arrivent à nous faire ressentir une palette d’émotion très étendue, pouvant aller du rire aux larmes, en passant par l’exaspération ou encore la colère parfois.

Ce qui m’a beaucoup touché aussi, c’est de m’être beaucoup retrouvé dans le personnage de Sydney face à certains éléments, notamment sa lutte contre les sentiments qui l’assaillent, et sa réaction face à certaines actions de Ridge, qui me rappellent beaucoup mes propres réactions.

J’ai beaucoup aimé les personnes, malgré le fait qu’ils soient assez bateau dans le genre.

Sydney tout d’abord. L’évolution même du personnage est assez intéressante, même si certaines choses sont extrêmement prévisibles.

J’ai littéralement adoré le personnage Ridge. Touchant, émouvant, et profondément humain. Sa particularité le rend encore plus attachant.

Pour ce qui est des personnages secondaires, ils sont tout aussi bons.

Comment parler de ce livre sans parler du travail sonore qui a aussi été mené ? En effet, Colleen Hoover a travaillé en collaboration avec Griffin Peterson pour réalisé les musiques écrites dans le livre ! J’ai toujours trouvé un peu frustrant de livre un livre comportant de chansons inventées par l’auteur, sans jamais pouvoir les écouter. Ici, l’auteure nous offre cette opportunité, et c’est magique. Dans cet album si je puis dire, vous pourrez retrouver :

  1. Living A Lie
  2. Something
  3. A Little Bit More
  4. Maybe Someday
  5. I’m In Trouble
  6. It’s You
  7. Hold On To You
  8. Let It Begin

J’ai beaucoup aimé Maybe Someday, qui est toute pilou-pilou et romantique, comme je l’avais imaginé, mais aussi It’s You qui est assez rythmée. Hold On To You m’a aussi beaucoup touchée, car bien plus mélancolique et douce, tout comme Let It Begin.

En bref, un livre complet, touchant et émouvant au possible, et ô combien addictif ! Je vous le conseille très fortement.

Citations :

C’est fou comme lorsqu’on vient d’être embrassé par quelqu’un, on ressent à jamais une impression différente dès que ce quelqu’un ne vous embrasse plus. À l’instant où il vous lâche, c’est comme si on vous arrachait une partie de votre être.


Je ne suis pas d’accord, ses dons ne proviennent pas que du travail. Bon, ça doit aider, parce que le talent a besoin d’être éduqué pour s’épanouir.

Ma note : 17.25/20

• Scénario – 3.25/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 0.75/1.5
• Humour – 1/1.5

Comédie·Fantasy/Fantastique·Jeunesse

Les frontières de glace (La Quête d’Ewilan 2/3) – Pierre Bottero

couv3848240Caractéristiques : 

  • Auteur – Pierre Bottero 
  • Editeur – Rageot
  • Parution – 2003
  • Pages – 303
  • ISBN – 978-2700249279

4ème de couverture : 

En Gwendalavir, Ewilan et Salim partent avec leurs compagnons aux abords des Frontières de Glace pour libérer les Sentinelles garantes de la paix. Ils repoussent en chemin les attaques de guerriers cochons, d’ogres et de mercenaires du Chaos, résolus avec les Ts’liches à tuer Ewilan, mais se découvrent un peuple allié : les Faëls. Salim se lit d’amitié avec une marchombre aux pouvoirs fascinants, tandis qu’Ewilan assoit son autorité et affermit son Don.

Mon avis :

Même si c’est la troisième fois que je le lis, je ne m’en lasse toujours pas !

Le style de Bottero est toujours fidèle à lui-même : à la fois beau, extrêmement travaillé et parfois même poétique, il reste (relativement) accessible à la jeunesse, par le ton employé. Il arrive à être très froid et très dur, mais ici, une pointe d’un petit quelque chose rend l’atmosphère plus souple, et ce n’est pas plus mal.

L’intrigue, elle, est purement fantasy. Une quête, un périble, des ennemis, tout ça, tout ça… Vous voyez le topo ? Même si ça ne transpire pas l’originalité, Bottero arrive à en faire quelque chose de merveilleux, qui nous transporte très loin.

Pour ce qui est l’histoire, on peut dire qu’elle est pleine de rebondissements et de révélations plus ou moins grandes, nous ravissant toujours ! Quelques batailles, des tranches de rires, des leçons… Tout ce qu’on adore !

Les personnages, eux, sont approfondis, et certains se révèlent un peu plus…

Ewilan s’endurcie de plus en plus, et s’affirme, tant elle-même que son don. Même si parfois, elle m’a un peu agacée…

Salim en fait de même. Même s’il a toujours le mot pour rire, il est plus sage, plus posé…

Edwin… Ahhhh Edwin… On découvre que derrière cette carapace de muscle, d’armure et de sabre, se cache un homme sensible. Un peu bourru peut-être, mais sensible.

En bref, un très bon second tome !

Citations :

La vérité est qu’il n’y a pas de sens pour décrire ce qu’on imagine et donc pas de verbe pour en parler…


Sans plus tarder, il se dirigea vers Ellana.
– J’ai gaffé ? demanda Salim.
– Je crains que cela ne devienne une habitude ! commenta Bjorn sans aucune pitié.
– Je ne pouvais pas savoir… se justifia le garçon.
– Peut-être, mais une chose est sûre : si les différentes parties de ton corps faisaient la course, ta langue arriverait loin en tête, et ton cerveau largement en dernier.


L’Amour est une clef qui ouvre la voie à tous les possibles.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 2.75/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 1.5/1.5

Comédie·Fantasy/Fantastique·Jeunesse

D’un monde à l’autre (La Quête d’Ewilan 1/3) – Pierre Bottero

couv19883932Caractéristiques : 

  • Auteur – Pierre Bottero 
  • Editeur – Rageot
  • Parution – 2003
  • Pages – 273
  • ISBN – 978-2700238938

4ème de couverture : 

Quand Camille vit le poids lourd qui fonçait droit sur elle, elle se figea au milieu de la chaussée. Son irrépressible curiosité l’empêcha de fermer les yeux et elle n’eut pas le temps de crier… Non, elle se retrouva couchée à plat ventre dans une forêt inconnue plantée d’arbres immenses. Te voici donc, Ewilan. Nous t’avons longtemps cherchée, mes frères et moi, afin d’achever ce qui avait été commencé, mais tu étais introuvable…

Mon avis :

Je ne pouvais pas concevoir ce blog sans LA saga phare de mon auteur favoris. Rien que pour vous (et pour moi aussi), je l’ai re-re-relu (oui, je l’ai lu trois fois en tout, et je m’amuse toujours autant !).

Le style de Bottero est toujours fidèle à lui même : extrêmement riche, percutant, émouvant, très chatoyant et coloré (tant d’un point de vue visuel qu’émotionnel), il arrive à nous faire voyager d’une manière que je trouve inédite. D’autant qu’ici, bien qu’encore complexe pour de la jeunesse je trouve, le style est beaucoup plus jeunesse que dans d’autre de ses livres, notamment la saga Le Pacte des Marchombres, beaucoup plus adulte.

L’intrigue est fantastique, dans le sens où on se trouve à la fois dans notre monde moderne, en France, et à la fois en le monde parallèle qu’est Gwendalavir. Camille – alias Ewilan – fait un peu le yo-yo entre les deux mondes dans ce premier tome (d’où le titre, D’un monde à l’autre). Sinon, on se trouve face à une trame de base de début de saga fantastique, avec mise en place du monde, les enjeux et problèmes, ainsi qu’une quête donnée aux héros. Du basique, mais qui fonctionne du tonnerre !

L’histoire est véritablement magique. On a l’impression d’être là-bas, en Gwendalavir, avec Camille et Salim. Mais ce qui en fait la force, c’est l’Imagination, cette dimension dans laquelle se fond Ewilan quand elle dessine. On a tellement l’impression d’y être ! D’autant que vu la manière dont notre Bottero national décrit l’Imagination, j’y vois, de manière très personnelle, une sorte de métaphore de l’imagination et du travail d’auteur quand il écrit. Devoir plonger dans l’Imagination pour créer, emprunter ses chemins – les Spires -, et s’y enfoncer de plus en plus loin… Aussi intéressant que féérique !

Les personnes sont tous uniques, complémentaires, et extrêmement attachants.

Ewilan – aka Camille – est extrêmement mature pour l’âge qu’elle est sensée avoir – 13 ans si je ne me trompe pas -. Parfaitement consciente de certaine chose, elle arrive à prendre des décisions plus ou moins difficiles. Mais elle reste tout de même une jeune adolescente, avec sa sensibilité et ses rêves, qui savent nous attendrir et nous donner envie de la câliner.

Salim est un véritable boute-en-train ! Toujours le mot pour rire et détendre un peu l’atmosphère au besoin, il sait cependant être sérieux quand besoin est. Surtout, ce qui le rend attachant, c’est cet humour bon-enfant et son manque d’attache à sa famille : une vie de liberté et d’amour s’ouvre à lui quand il décide de suivre Camille dans son périple.

Edwin peut paraître au départ très froid, mais très vite, on lui découvre, en plus de son âme de guerrier et de leader, une véritable sensibilité…

Bjorn… Le même que Salim, mais version chevalier ! Un véritable régal que d’avoir ces deux là réunis !

Et bien sûr, Ellana, que vous connaissez déjà via mes précédentes chroniques, au plus haut de sa forme, et toujours fidèle à elle-même ! Elle a l’air de s’entendre très bien avec Edwin d’ailleurs… À surveiller !

En bref, vous l’aurez compris, c’est un très bon premier tome qui ravira petits et grands, vous emportant dans un univers fantastique et magique !

Citations :

– […] Il y a des vérités qu’il est impossible de fuir !

Ma note : 18.75/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 1.25/1.5

Comédie·Dystopie·Historique

Guerre aux Grands ! (Mort aux Grands ! 2/2) – Pierre Léauté

couv38608720Caractéristiques : 

  • Auteur – Pierre Léauté 
  • Editeur – Le Peuple de Mü
  • Parution – 2016
  • Pages – 152
  • ISBN – 979-1092961485

4ème de couverture : 

1939. Augustin Petit tient enfin les grands dans sa main et s’apprête à la refermer sur eux. Devenu Empereur des Français, il lance sa croisade ultime envers et contre tous… et surtout malgré l’équipe de bras cassés qui l’accompagne.

Des pyramides égyptiennes aux palais de Rome, rien ne pourra arrêter l’ascension du plus petit des grands hommes.

Mon avis :

Encore une fois, je remercie chaudement l’auteur de m’avoir envoyé ce second tome, que j’ai trouvé plus léger et déjanté que le premier !

Le style de Pierre Léauté ne change pas, à l’exception faite qu’il est un peu plus léger, et axé sur le comique dans ce tome-ci. J’ai presque envie de dire que c’est normal, étant donné qu’Augustin a réussi à accéder au pouvoir. Le ton change un peu donc.

La trame de fond est identique à celle du premier tome : une uchronie de base. Cette fois-ci, nous ne sommes plus dans la période 1918-1933/1935, mais dans la suivante, celle de l’avant/pendant/après Seconde Guerre Mondiale.

Pour ce qui est l’histoire même… Encore une fois, c’est une réussite ! Originale, drôle, mais qui parfois, reste sérieuse et soulève des questions loin d’être anodines, Pierre Léauté nous fait suivre son petit personnage, haut en couleur, pour notre plus grand plaisir à nous lecteur !

Les personnages… Les personnages… Déjà qu’ils étaient bons, ici, l’auteur a mis le paquet ! Nous suivons toujours les mêmes personnes, et l’accentuation de leurs traits comiques rajoutent une dimension absolument énorme !

Vous l’aurez compris, ce tome est très proche du premier, à ceci près qu’on ne se place pas au même endroit niveau temporel, et que le comique a été bien plus mis en avant que dans le premier tome. Une chronique très courte, mais que rajouter de plus ? Ah ! Oui : Augustin est vraiment entouré qu’une équipe de bras-cassés…

En bref, un tome 2 excellent, à la hauteur du premier ! Fou rire garanti !

Citations :

– Celui d’Ulysse, mon fils. L’Histoire ne se souvient jamais des colosses mais des bâtisseurs.


Vérités et fantasmes s’entremêlent parfois de noeuds si inextricables que les mensonges d’hier prennent étrangement vie.


Son cornet enfoncé dans l’oreille droite, le professeur Mogetty fronça les sourcils :
– Ah, ah ! Oui ! rigola le vieux fou, complètement hilare.
– Non, mais il a les fusibles qui se touchent le fossile ? se lamenta le haut gradé. Des bombes supersoniques maintenant ! Je vous préviens, moi, si on ne réagit pas tout de suite, autant plier les gaules et rentrer chez grand-mère !
L’éminent prix Nobel planta ses branches de lunettes dans ses écoutilles, l’air complètement hagard.
– Laissez tomber, fit l’Auvergnat, le pauvre à perdu la boule depuis que son laboratoire a été bombardé. Une armoire normande lui est tombée sur le ciboulot. Alors bon, on l’habille, on le sort, on lui a donné une petite chatte pour l’occuper, mais lui demandez pas le carré de l’hypothénuse, il est trop siphonné du bulbe pour s’en rappeler.


– Ah, mais pas besoin d’aller si loin pour refiler des gnons ! J’ai pas l’habitude de castagner du croulant, mais faudrait voir à pas trop me gonfler, hein !
L’Auvergnat reçut en guise de réponse une paire de pantoufles sur le coin de la figure.
– Celle-là, elle est pas venue d’Amérique !
Et comme un seul homme, touts les pécores de l’immeuble balancèrent à leur tour une pluie de tatanes sur mon président du Conseil. J’enfournai ma tête entre mes deux mains tandis que Lise m’enlaçait tendrement. Mais quel dieu avais-je offensé à ce point pour que tous les casse-burnes de la création s’entendent pour me les briser ?

Bien plus comique que le premier tome…


– C’est pas la priorité, Suprême !
– Pour moi, si, me butai-je.
– Donnez-moi au moins une division.
– Non.
– Un bataillon, alors !
– N’insistez pas.
– Une patrouille, une toute petite patrouille, mendia mon président du Conseil désespéré.

Ça me rappelle un dialogue dans Astérix et Obélix Mission Cléopâtre ça… 
– Une gourde. Une gourdinette. Un bol alors. Une bolinette ! C’est un petit bol…

Ma note : 18.5/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 0.75/1.5
• Humour – 1.5/1.5
• Bonus « Fou rire » : +0.5 pt

Comédie·Dystopie·Historique

Mort aux Grands ! (Mort aux Grands ! 1/2) – Pierre Léauté

couv17801329Caractéristiques : 

  • Auteur – Pierre Léauté 
  • Editeur – Le Peuple de Mü
  • Parution – 2015
  • Pages – 180
  • ISBN – 979-1092961393

4ème de couverture : 

1919. La Première Guerre mondiale s’achève enfin et la France doit reconnaître sa défaite face à l’Allemagne. Humiliée, ruinée, la population vit désormais sous le joug du grand Kaiser. Des cendres de la défaite va cependant s’élever un homme qui ne se résigne pas : le soldat Augustin Petit ! Lui seul a compris les raisons de la déroute. Lui seul en connaît les responsables. Lui seul a le courage de les désigner : les grands ! Voici poindre la terrible revanche du plus patriote des rase-moquettes. Vive les petits bruns ! Deuxième roman de Pierre Léauté, Mort aux grands ! est roman uchronique drôle et décalé qui n’oublie pas de nous faire réfléchir sur l’incroyable propension des peuples à choisir, parfois, les idées les plus stupides…

Mon avis :

Je tiens tout d’abords à remercier l’auteur qui a accepté de m’envoyer les deux tomes de sa série… Ce premier tome est tout simplement succulent !

Le style de Pierre Léauté est assez particulier, et très original ! Riche, il arrive à être à la fois complexe et extrêmement simple. Son petit côté old school nous prend aux trippes et nous plonge un peu plus dans cet univers datant de 1918 environ, tout en restant moderne. Une très belle découverte !

L’intrigue de Mort aux Grands ! est une base même d’uchronie. À mi-chemin entre l’imaginaire et les faits historiques avérés, l’auteur nous emmène dans une France post-première-guerre-mondiale qui a perdu la guerre, et où un petit brun émerge, avec des idées plus que radicale sur une certaine tranche de la population…

L’histoire est quant à elle menée d’une main de maître ! Tantôt comique, tantôt sérieuse, nous suivons avec délectation les aventures d’Augustin Petit. Fou rire sont au rendez-vous, vu l’équipe de bras-cassés qu’il se traîne ! Mais des frissons froids, de ceux qui vous glacent et vous remontent le long de la colonne vertébrale sont aussi à prévoir… Certains rapports, certains liens, clairement établis entre Augustin et un autre petit brun extrêmiste qui a marqué sont nombreux, et… Brrrr. J’en frissone encore.

Les personnages sont excellents !
Augustin, on va se le dire directement, un Hitler à la française, est aussi effrayant que ridicule. Car s’il est glaçant, déterminé et méchamment extrêmiste, son « ennemi » est fichtrement ridicule.
L’Auvergnat est tout aussi excellent : il brille par sa débilité.
Les autres personnages, plus secondaires, sont tout aussi travaillés.

En effet, Augustin Petit ne se bat pas contre le Gouvernement, contre les politiciens sans vergogne… Mais contre les grands ! Au départ, que je pensais que c’était les grands quand le sens personnes importantes… Mais non. Ce sont juste les grands de taille. Le livre est pavé de discours anti-grand, de lois visant à réduire la liberté des grands de taille… Ceux de plus de 1m75. Si on est plus petit, on est considéré comme ayant une « Taille réglementaire ». Ça m’a bien fait marrer ! Avec mon mètre 52, j’ai de la marge !

Mais le retournement, et ce qui rend le livre intéressant, c’est toute la propagande mise en place, et surtout, l’ouverture que cela donne. Je m’explique : on nous montre un monde identique au notre, avec la montée d’une pensée extrême contre une partie de la société… Et on voit le monde y adhérer, malgré le ridicule des idées. Une belle manière de montrer l’attrait des populations pour les régimes totalitaires.

En bref, un premier tome excellent, aussi drôle que glaçant et percutant !

Citations :

J’appelai mon chien Napoléon, car c’était un aboyeur de première. Petit et hargneux.


– Non, le véritable ennemi de la France a prospéré en son sein.
– Ah ? Qui ? s’étonnèrent les curieux.
– Les grandes perches ! assénai-je d’un coup à l’assistance médusée.


Des élections libres ! Pouah ! Je préférais autant assister au spectacle de Guignol. Là, au moins, je ne voyais pas les mains des marionnettistes guidant leurs pantins.


Pendant que j’étais à parader dans l’atmosphère feutrée de ses appartements, Joseph Gernot, grimé et méconnaissable, déversait sous mes ordres du pétrole sur la façade de notre quartier général.


Ce que j’allais vendre ?

La peur.


– Vous… Vous vous prenez pour l’Empereur ? balbutia l’avocat tremblant. Vous avez perdu la raison !
– Savez-vous ce qui sépare le fou du roi ? L’ambition.


En sortant de ma geôle sans fenêtres, Bonpoil me dévisagea comme chacun aurait dû le faire. Avec crainte.

Vous le sentez, ce frisson glacé ?


Mon ventre se mit alors à gargouiller. J’aurais donné tout l’or de Toulouse pour une tartine de confiture. Là-haut, dans le rangement le plus culminant de la cuisine se tapissaient les pots de mûre.
– Un tabouret, Monsieur ?
Je foudroyai mon chauffeur du regard.


– Tu es un idiot Raymond, tu ne vois pas plus loin que le bout de ton nez. Que fait un peuple dépourvu de tout, de pain, de viande ou même de confiture ?
– Il prend un tabouret ?
Je soufflai longuement.
– Tu es désespérant.

Vous l’entendez, ce fou rire ? xD


– Son malheur plutôt ! Dreusset se retourna, un poing accusateur brandi. Vous brûlez notre passé ! Pourquoi ne pas jeter aussi les peintures du Louvres au feu pendant que vous y êtes ?
Consterné, l’éditeur réalisa sa bévue et moi mon oubli.
– Oh merde.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.25/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 0.75/1.5
• Humour – 1.5/1.5

Comédie

On purge Bébé ! – Georges Feydeau

couv63444850Caractéristiques : 

  • Auteur – Georges Feydeau
  • Editeur – Hatier
  • Parution – 1910
  • Pages – 126
  • ISBN – 978-2218944819

4ème de couverture : 

Un fabricant de pots de chambre rêve de décrocher le marché du siècle : fournir les armées ! Les stratagèmes pour conclure l’affaire lui réservent bien des surprises. Tout cela parce que bébé refuse d’aller sur le pot.

Mon avis :

Lecture faite dans le cadre de mes cours de littérature sur le théâtre, j’avoue être partie avec un mauvais pressentiment… Pour finalement être comblée !

Le style de Feydeau est très particulier, bourré d’humour, mais aussi de ce petit quelque chose qui fait que cet humour, bien que potache, a une certaine classe, et un naturel absolument époustoufflant ! On a réellement l’impression d’assister à une scène familiale comme il a dû y en avoir des centaines, et non pas un discours de théâtre. De ce fait, le quatrième mur, ce fameux quatrième mur qui me pose tant de difficulté, est presque totalement effacé, et ce n’est que mieux.

Pour ce qui est de l’intrigue, on est sur de l’humour pur et dur. Rien de vraiment philosophique à mon avis (ou bien je suis passée à côté), de trop trop profond… Juste une bonne tranche de rire !

L’histoire est banale à souhait, mais tellement hilarante ! Un vrai régal ! Des personnes qui n’auraient jamais dûes se rencontrer se rencontre, d’autres n’ont de cesse de s’engueuler… HILARANT !

Les personnages sont tous uniques et extrêmement comiques :

Follavoine, le mari, est d’une mauvaise foi absolue ! Mais c’est tellement drôle ! Lui qui est dans le commerce de porcelaine et tente de décrocher un contrat pour de la porcelaine pour pot de chambre, s’offusque d’un seau d’eaux sales… Hilarant je vous dis !

Julie, sa femme, est tout aussi comique que son mari… À ceci près qu’elle crisante à souhait. Nous connaissons tous une personne qui nous agace au plus haut point, mais que l’on tolère, même si on souffle quand elle parle trop. Cette personne, c’est Julie. Ses confrontations avec son mari, mais son entêtement à purger Bébé la rendent fichtrement ridicule.

Il en va de même avec les autres personnages, tous bourrés d’humour et de particularités qui les rendent succulants.

En bref, une pièce de théâtre de boulevard qui mérite d’être connue, lue et relue tant elle est bonne, fraîche, et revigorante ! Le rire sera au rendez-vous, et garanti sans prise de tête !

Citations :

Follavoine – Là-bas, monsieur Chouilloux ! (Chouilloux fait mine d’y aller. Follavoine le retenant.) Non, restez ici, mais regardez là-bas ! (Au moment de lancer son vase.) Suivez-moi bien ! (Le balançant pour lui donner de l’élan) Une !… deux !… trois !… (Lançant le vase et pendant sa trajectoire.) Hop ! Voilà.
(Au moment même où il dit « voilà ! » le vase tombe et se brise ; les deux personnages restent un instant bouche bée, comme stupéfiés.)
Chouilloux, décrivant un demi-cercle autour de Follavoine toujours figé et se trouvant ainsi, face à lui, légèrement au-dessus et à droite, et, parlant, face au public – C’est cassé !
Follavoine – Hein ?
Chouilloux – C’est cassé !
Follavoine – Ah ! oui, c’est… C’est cassé.
Chouilloux, qui est remonté jusqu’à la porte. – Il n’y a pas !… ça n’est pas un effet d’optique.
Follavoine, qui est remonté également. – Non ! non ! C’est bien cassé ! C’est curieux ! Je ne comprends pas ! Car, enfin, je vous jure, c’est la première fois que ça lui arrive.

Ma note : 18/20

• Scénario – 2.75/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 1.5/1.5

Bit-Lit·Comédie·Contemporain

Dead Time (Elvira Time 1/2) – Mathieu Guibé

couv65450399Caractéristiques : 

  • Auteur – Mathieu Guibé
  • Editeur – Le Chat Noir
  • Parution – 2014
  • Pages – 193
  • ISBN – 979-1090627468

4ème de couverture :

L’existence des vampires n’est plus un secret pour personne. Alors que le tout Hollywood les décrit comme les amants du siècle, notre bon vieux gouvernement des États-Unis a tranché. Chaque rejeton aux dents longues se verra proposer un choix : se référencer auprès des autorités et survivre comme un animal en cage ou rester libre et se faire traquer par des chasseurs de primes rémunérés par l’état. Perso, je préfère la deuxième solution. C’est beaucoup plus lucratif pour mes finances depuis que j’ai hérité de l’entreprise familiale. Le problème, c’est qu’à 17 ans, je suis encore enchainée au lycée et je dois concilier cours de math et exécutions sommaires. D’aucuns diront que j’ai la fâcheuse tendance à ramener plus de boulot au bahut que je ne rapporte de devoirs à la maison. C’est pas faux.

Alors voyez-vous, quand on doit gérer tous ces vampires attirés par le miasme hormonal émanant de mon école et qu’en plus, on s’appelle Elvira, la vie n’est pas simple.

Une ado qui se plaint de son calvaire quotidien ? Rien de neuf à l’horizon, me direz-vous. Mais croyez-moi, je sais garder les pieds sur terre. Ma vie aurait pu être bien pire : j’aurais pu être un de ces monstres et me retrouver du mauvais côté de mon pieu.

Mon avis :

Étant allée au petit dej’ organisé par le stand du Chat Noir sur le Salon du Livre, le dimanche matin, j’ai eu l’occasion de discuter un peu avec Lili Bouquine, qui m’a très chaleureusement conseillé ce livre… Et je ne suis pas déçue !

Le style de Mathieu Guibé arrive à mêler à la fois oralité, richesse, et fluidité. Sans parler de l’humour absolument tordant qui rythme une grosse partie des répliques et de l’intrigue. On est de suite immergé dans ce monde qui ressemble beaucoup au notre.

L’intrigue est très bien menée. Une base de bit-lit, sur un fond de moquerie, et tout une série de lien avec la culture populaire… Merveilleux ! Cela fait du bien pour une fois, d’avoir une histoire avec des vampires, un peu dans le style Buffy contre les vampires sans que ça soit sérieux à outrance, noir à volonté…

L’histoire est quant à elle très prometteuse. Déjà bien agencée, ce premier tome pose de très bonnes bases pour la suite de la série (qu’il me tarde de découvrir d’ailleurs). Mouvementé, émouvant, haletant et surprenant, Dead Time se dévore… Pas en une seule fois, mais presque !

Pour ce qui est des personnages, ils sont tous à la fois uniques, attachants, et hilarants !

Elvira, notre chasseuse de vampire officielle, brille par sa chaleur et sa grande sociabilité… Hem hem… En fait, c’est tout le contraire. On apprend au fil des pages à la connaître comme à la comprendre, à l’aimer comme elle est, sauvage et indépendante… J’ai beaucoup aimé ce personnage, bien plus humain qu’on ne le pense, et aussi assez comique par certaines de ses paroles.

Belinda, la cruche pas si cruche que ça, pleine de ressource et d’énergie… Qu’est-ce que j’ai pu rigoler grâce à elle !

Ludwig quant à lui, possède un véritable potentiel comique, notamment par son total décallage avec toute la bande. Mais extrêmement attachant comme un peu agaçant parfois, on l’aime quand même… Pourquoi ? Aucune idée !

Et enfin, Jericho… Présent et absent à la fois, solution et problème… Un personnage plein de mystère, qui m’a beaucoup touchée et émue.

En bref, un super roman pour passer un super moment ! Buffy n’a qu’à bien se tenir, Elvira est dans la place !

Citations :

– Tu es sûre ?
– En tout cas, les deux trous qu’il s’apprêtait à faire dans ton cou, c’était pas pour faire des courants d’air, apparemment à ce niveau-là, t’es déjà bien dotée, dis-je en lui faisant une pichenette sur le front.


– T’as beau réussir à te faufiler derrière un ou deux vampires, ma mignonne, si tu te méfies pas, c’est peut-être moi qui vais me glisser dans ton dos pour te planter un pieu.
Le rire gras de ces camarades durait depuis une demi fraction de seconde que déjà Marvin s’effondrait à genoux, les deux mains sur le paquet, à la recherche de sa fierté égarée. Le petit Ludwig, au milieu de ses taches de rousseur, me dévisageait avec deux gros yeux de chouette.
– Ben quoi ? On m’a toujours appris à désarmer son agresseur en premier lieu. C’est bien lui qui a mentionné un pieu, non ?
– Je te l’accorde, mais on pourrait débattre de la notion d’agresseur dans ce cas précis.


Un bref instant de consternation figea notre attention sur le glaviot mousseux qui dégoulinait au milieu de sa paume. Même moi, je m’accordais à dire que c’était dégueulasse, mais ma spontanéité et ma délicatesse se faisaient la tronche depuis quelques années.


Pendant une fraction de seconde, son regard se brisa. J’avais le tact d’un dinosaure unijambiste parfois et malgré tout, je réussissais à mettre le pied dans le plat.


Seulement voilà, à manier des bouts de bois pointus, mes connaissances en électronique frôlaient le néant. Essayer d’en comprendre l’installation était pour moi comme essayer de comprendre les intrications amoureuses dans Vampire Diaries, ou n’importe quelle série de ce genre qui devient rapidement un joyeux bordel échangiste.


– Mais pense aussi à l’aspect charisme, on ne sait jamais, si un jour on adapte tes aventures en BD !
– Pourquoi pas en roman pendant que tu y es ? Qui serait assez fou pour lire ça ?


– Tu peux pas me sortir de là ?
– Oh, oui, je vais utiliser ma super immatérialité pour défaire tes liens.
– Mais en te concentrant bien, tu n’arrives pas à manipuler les objets physiques ?
– Tu veux peut-être que j’appelle Beetlejuice aussi ?

Ma note : 17.5/20

• Scénario – 3.25/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 1.5/1.5