Ciné-Roman·Drame

Glissements progressifs du plaisir – Alain Robbe-Grillet

9782707300027Caractéristiques : 

  • Auteur – Alain Robbe-Grillet
  • Editeur – Minuit
  • Parution – 1974
  • Pages – 221
  • ISBN – 978-2707300027

4ème de couverture : 

Alice est accusée du meurtre de son amie Nora. L’avocate chargée de sa défense est troublée par son charme sensuel.

Mon avis :

Lu dans le cadre de mon cours de littérature sur le nouveau roman, je dois avouer que malgré la dimension glauque de l’oeuvre, j’ai été agréablement surprise !

Quelques précisions cependant : il s’agit d’un ciné-roman. Il est donc agrémenté de photographie prises lors du tournage du film de même nom (attention, ce ne sont pas des photos extraites du film !), et la narration est donc différente d’un roman traditionnel, car très axé sur l’image.

Le style est assez spécial. Il n’y a pas beaucoup de narration traditionnelle à proprement parlée, mais quand il y en a, le style est fluide. Comme dit précédemment, le livre entier est très tourné vers l’image et le cinéma. La majorité du temps, on a une description des plans, comme au cinéma. Beaucoup de description donc, avec des scènes qui, au premier abords, semblent s’enchaîner sans réelle logique.

L’intrigue est une intrigue plutôt axée policière, enquête, sans vraiment l’être. Pourquoi ? L’enquête est la base du texte, la culpabilité d’Alice aussi, mais on ne voit pas le déroulement de l’enquête. Jamais, ou qu’à des événements clefs, et seulement si Alice est comprise dedans directement.

L’histoire quant à elle, est extrêmement glauque, et une atmosphère lourde et morbide plane sur tout le texte. Nous sommes confronté à un texte qui exprime la vision du monde, et surtout, la notion de réalité : la Réalité, et la réalité que perçoit chaque être. Ainsi, alors que la Réalité est d’une banalité et d’une candeur sans nom, Alice, dans sa propre réalité, s’imagine dans un univers caractéristique du Marquis de Sade. D’où les photos à caractère BDSM présente à un moment donné.

Les personnages sont tous aussi intrigants les uns que les autres.

Alice, la présumé coupable du meurtre de Nora, sa petite-amie, est complètement psychopathe. Jusqu’à la fin du roman, on ne sait pas si elle est telle que tout le monde la vois (froide, distante, manipulatrice…) ou si elle est comme Nora la décrivait – que l’on a par paroles rapportées par Alice même – (docile, soumise, chaleureuse, naïve).

Les autres personnages ne sont que secondaires, car tout tourne autour d’Alice et de sa perception de la réalité.

En bref, un livre très intéressant et assez captivant, qui correspond à tous ceux qui veulent tenter le genre du ciné-roman.
ATTENTION : Ce livre n’est absolument pas adapté à de jeunes lecteurs ou à des lecteurs sensibles ! 

Citations :

– On m’a dit que vous étiez vous-même coupable d’un meurtre ?
– Pas coupable, accusée. C’est tout à fait différent. C’est même presque le contraire.

Ma note : 16.5/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5