Bit-Lit·Comédie·Contemporain

Dead Time (Elvira Time 1/2) – Mathieu Guibé

couv65450399Caractéristiques : 

  • Auteur – Mathieu Guibé
  • Editeur – Le Chat Noir
  • Parution – 2014
  • Pages – 193
  • ISBN – 979-1090627468

4ème de couverture :

L’existence des vampires n’est plus un secret pour personne. Alors que le tout Hollywood les décrit comme les amants du siècle, notre bon vieux gouvernement des États-Unis a tranché. Chaque rejeton aux dents longues se verra proposer un choix : se référencer auprès des autorités et survivre comme un animal en cage ou rester libre et se faire traquer par des chasseurs de primes rémunérés par l’état. Perso, je préfère la deuxième solution. C’est beaucoup plus lucratif pour mes finances depuis que j’ai hérité de l’entreprise familiale. Le problème, c’est qu’à 17 ans, je suis encore enchainée au lycée et je dois concilier cours de math et exécutions sommaires. D’aucuns diront que j’ai la fâcheuse tendance à ramener plus de boulot au bahut que je ne rapporte de devoirs à la maison. C’est pas faux.

Alors voyez-vous, quand on doit gérer tous ces vampires attirés par le miasme hormonal émanant de mon école et qu’en plus, on s’appelle Elvira, la vie n’est pas simple.

Une ado qui se plaint de son calvaire quotidien ? Rien de neuf à l’horizon, me direz-vous. Mais croyez-moi, je sais garder les pieds sur terre. Ma vie aurait pu être bien pire : j’aurais pu être un de ces monstres et me retrouver du mauvais côté de mon pieu.

Mon avis :

Étant allée au petit dej’ organisé par le stand du Chat Noir sur le Salon du Livre, le dimanche matin, j’ai eu l’occasion de discuter un peu avec Lili Bouquine, qui m’a très chaleureusement conseillé ce livre… Et je ne suis pas déçue !

Le style de Mathieu Guibé arrive à mêler à la fois oralité, richesse, et fluidité. Sans parler de l’humour absolument tordant qui rythme une grosse partie des répliques et de l’intrigue. On est de suite immergé dans ce monde qui ressemble beaucoup au notre.

L’intrigue est très bien menée. Une base de bit-lit, sur un fond de moquerie, et tout une série de lien avec la culture populaire… Merveilleux ! Cela fait du bien pour une fois, d’avoir une histoire avec des vampires, un peu dans le style Buffy contre les vampires sans que ça soit sérieux à outrance, noir à volonté…

L’histoire est quant à elle très prometteuse. Déjà bien agencée, ce premier tome pose de très bonnes bases pour la suite de la série (qu’il me tarde de découvrir d’ailleurs). Mouvementé, émouvant, haletant et surprenant, Dead Time se dévore… Pas en une seule fois, mais presque !

Pour ce qui est des personnages, ils sont tous à la fois uniques, attachants, et hilarants !

Elvira, notre chasseuse de vampire officielle, brille par sa chaleur et sa grande sociabilité… Hem hem… En fait, c’est tout le contraire. On apprend au fil des pages à la connaître comme à la comprendre, à l’aimer comme elle est, sauvage et indépendante… J’ai beaucoup aimé ce personnage, bien plus humain qu’on ne le pense, et aussi assez comique par certaines de ses paroles.

Belinda, la cruche pas si cruche que ça, pleine de ressource et d’énergie… Qu’est-ce que j’ai pu rigoler grâce à elle !

Ludwig quant à lui, possède un véritable potentiel comique, notamment par son total décallage avec toute la bande. Mais extrêmement attachant comme un peu agaçant parfois, on l’aime quand même… Pourquoi ? Aucune idée !

Et enfin, Jericho… Présent et absent à la fois, solution et problème… Un personnage plein de mystère, qui m’a beaucoup touchée et émue.

En bref, un super roman pour passer un super moment ! Buffy n’a qu’à bien se tenir, Elvira est dans la place !

Citations :

– Tu es sûre ?
– En tout cas, les deux trous qu’il s’apprêtait à faire dans ton cou, c’était pas pour faire des courants d’air, apparemment à ce niveau-là, t’es déjà bien dotée, dis-je en lui faisant une pichenette sur le front.


– T’as beau réussir à te faufiler derrière un ou deux vampires, ma mignonne, si tu te méfies pas, c’est peut-être moi qui vais me glisser dans ton dos pour te planter un pieu.
Le rire gras de ces camarades durait depuis une demi fraction de seconde que déjà Marvin s’effondrait à genoux, les deux mains sur le paquet, à la recherche de sa fierté égarée. Le petit Ludwig, au milieu de ses taches de rousseur, me dévisageait avec deux gros yeux de chouette.
– Ben quoi ? On m’a toujours appris à désarmer son agresseur en premier lieu. C’est bien lui qui a mentionné un pieu, non ?
– Je te l’accorde, mais on pourrait débattre de la notion d’agresseur dans ce cas précis.


Un bref instant de consternation figea notre attention sur le glaviot mousseux qui dégoulinait au milieu de sa paume. Même moi, je m’accordais à dire que c’était dégueulasse, mais ma spontanéité et ma délicatesse se faisaient la tronche depuis quelques années.


Pendant une fraction de seconde, son regard se brisa. J’avais le tact d’un dinosaure unijambiste parfois et malgré tout, je réussissais à mettre le pied dans le plat.


Seulement voilà, à manier des bouts de bois pointus, mes connaissances en électronique frôlaient le néant. Essayer d’en comprendre l’installation était pour moi comme essayer de comprendre les intrications amoureuses dans Vampire Diaries, ou n’importe quelle série de ce genre qui devient rapidement un joyeux bordel échangiste.


– Mais pense aussi à l’aspect charisme, on ne sait jamais, si un jour on adapte tes aventures en BD !
– Pourquoi pas en roman pendant que tu y es ? Qui serait assez fou pour lire ça ?


– Tu peux pas me sortir de là ?
– Oh, oui, je vais utiliser ma super immatérialité pour défaire tes liens.
– Mais en te concentrant bien, tu n’arrives pas à manipuler les objets physiques ?
– Tu veux peut-être que j’appelle Beetlejuice aussi ?

Ma note : 17.5/20

• Scénario – 3.25/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 1.5/1.5

Bit-Lit·Comédie

Rage de dents (Maeve Regan 1/5) – Marika Gallman

couv16691678Caractéristiques :

  • Auteur – Marika Gallman
  • Editeur – Milady
  • Parution – 2011
  • Pages – 397
  • ISBN – 978-2811207854

4ème de couverture : 

Avant, ma vie était simple : l’université si j’en avais envie, les hommes quand j’en avais envie. Et je n’avais aucun problème qu’un barman ne puisse m’aider à résoudre.
Mais là, depuis un moment, rien ne va plus.
Le type sexy qui me draguait a rendu son déjeuner quand on a voulu concrétiser.
J’ai cassé le nez du copain de ma meilleure amie, et elle ne l’a pas très bien pris. Lui non plus, d’ailleurs.
Ensuite, je me suis mise à faire des cauchemars.
Et tout ça, c’était avant qu’une bande de vampires décide de redécorer mon appart et qu’un colosse me kidnappe.
Quand je vous dis que ce n’est pas ma semaine…

Mon avis :

Pour Halloween, quoi de mieux qu’un livre de vampire ? Une lecture bit-lit qui m’a ravie, et beaucoup étonnée !

Le style est extrêmement fluide. Tantôt proche de la littérature, tantôt plus proche du langage oral, il fait très bien le yoyo entre les deux modes, donnant au livre un aspect plus convivial et réel (quoi de plus réel qu’une jeune femme qui jure comme un charetier dès qu’elle a un souci ? On fait tous ça…. TOUS). L’humour est omniprésent, ce qui m’a valu de bonnes tranches de rire. Un style résolument moderne, très agréable et qui colle bien au style de la bit-lit je trouve, et qui arrive à rester correct (on ne tombe pas dans quelque chose d’aussi peu fourni que le style de E.L. James par exemple…).

L’intrigue est elle assez basique. Une jeune femme humaine. Des vampires. Un passsé flou. Des révélations… Vous voyez le topo ? Et bien voilà ! Une recette prise et reprise, mais qui marche bien, si l’histoire est intéressante… Et c’est le cas.

L’histoire est bien plus compliquée que l’intrigue. Passé houleux, révélations à moitié dites, présence de sorcière, ou de shaman ou… Enfin d’un truc avec des pouvoirs qui pas totalement une sorcière mais quand même. Menée d’une main légère, l’histoire avance tranquillement, avant de s’accélérée subitement.

Les personnages sont absoluments géniaux, même s’il y en a que j’aurais volontier tarté.

Maeve, l’héroïne à travers qui nous vivons l’histoire (on est enfermé dans sa tête), est une véritable boule de nerf. On va simplement dire qu’elle a un caractère de cochon allié à un tempérament explosif ( – Un peu comme toi quoi… – Socrate tais-toi ! Maudit hérisson !). Ce qui donne des dialogues intérieurs absolument géniaux, pleins d’ironies et de sarcasmes, que je trouve très proche de la réalité. Qui n’a jamais fait semblant d’écouter quelqu’un, en le pourrissant de tous les noms intérieurement ? Un personnage que j’ai beaucoup aimé.

Lukas, le personnage masculin principal en quelque sorte. Vampire, bien foutu, et trèèès attiré par Maeve. J’ai vraiment a-do-ré ce personnage là. Sarcastique, ironique, faussement méchant, mais en réalité blessé… Il m’a un peu fait penser à un mélange entre Dr. House et Damon Salvatore, le tout façon vampire. Génial.

Tara, la Miss-Parfaite en apparence. J’ai su apprécier ce personnage, parce que c’est tout simplement un personnage qu’on ne peut pas détester tant il est mignon, gentil…
Dans la catégorie « Personnage à emplatrer au plus vite », j’ai nominé…

Elliot. Le soit disant meilleur ami qui n’hésite pas à dire à Maeve que cette dernière la dégoute et n’a plus aucun respect pour elle. Le soit disant meilleur ami qui l’abandonne. Ce mec représente pour moi le gars frustré d’avoir été rangé dans la friendzone (parce qu’il y a été mis dedans, on l’apprend dans le livre). J’avoue que s’il venait à mourir… Bref. Peut-être dans les prochains tomes.

Walter. Menteur et manipulateur pour « protéger » sa petite-fille, Maeve. Comment dire que ça m’énerve ? Si tu veux la protéger, apprends-lui à se défendre, pas à fuir ! Bref…

Et enfin, Brianne. Tout simplement parce que je ne peux pas me la saquer. Elle est du même accabit qu’Elliot, la friendzone en moins.

Le point négatif de ce livre serait sa longueur à démarrer. Pendant les cent premières pages environ, on sent que tout se met en place, mais on ne rentre vraiment dans le vif du sujet qu’après ces cent premières pages… Et c’est dommage. La mise en place est un peu trop longue et pas assez mouvementée à mon goût. Fort heureusement, il devient complètement addictif une fois ce cap passé. Pour dire, j’ai lu les cent premières pages en environ une semaine, et les 300 pages restantes… Mea culpa, en une après-midi (et soirée aussi).

En bref, un livre qui s’est révélé meilleur que ce à quoi je m’attendais, et dont j’ai hâte de découvrir la suite !

Citations :

Elle avait toujours ce fichu regard de biche. Je n’étais pas violente envers les animaux, mais elle, j’en aurais volontiers fait du civet.


– Si tu penses que je vais croire une seconde ce que tu me racontes, tu te fourres le doigt dans l’oeil, et tellement loin que tu t’encules tout seul.

(très poétique n’est-ce pas ?)


S’il n’y avait que les imbéciles qui ne changeaient pas d’avis, je serais fière de lui prouver que j’étais la reine des connes.

(j’adore *.* Je vais la ressortir un jour)


Les sentiments affaiblissent. Ils font ressortir les failles. Ils tuent lentement.

Ma note : 17.25/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1.5/1.5