Contemporain·Fantasy/Fantastique·Romance

Nos Mondes Superposés – Éloïse Grand

Capture d’écran 2018-08-10 à 12.54.23.pngCaractéristiques : 

  • Auteur – Éloïse Grand
  • Éditeur – Autoédité
  • Parution – 2017
  • Pages – 318
  • ISBN – 978-2-414126-52-1

4ème de couverture :

Comme toujours, mon esprit divague. Perdue au milieu de toutes les choses que je vois, je n’arrive plus à distinguer ce qui se trouve autour de moi. Toutes ces personnes traversant le réfectoire, ils ne savent même pas qu’ils ne voient en réalité que la moitié de ce qui les entoure réellement. Pour eux, il n’existe que notre monde. Mais la réalité est toute autre. Notre monde est superposé à un autre, qui s’est développé exactement de la même façon. Au bout de 20 ans d’existence, j’ai pu repérer quelques endroits différents, où l’un des deux mondes n’a pas été construit. Malheureusement pour moi, ces lieux ne sont que trop peu nombreux, et il m’est parfois difficile de cacher que je suis un peu différente des autres… Et cette différence… allait m’entraîner dans une sorte de cauchemar éveillé.

Mon avis : 

Du YA ! Cela faisait longtemps que je n’en avais pas lu. Mais je dois dire que celui-ci m’a quelque peu réconcilié avec le genre !

On va être très claire, je n’ai pas réussi à le lâcher. Je l’ai commencé en début de soirée, je l’ai terminé bien trop tard dans la nuit, le même jour. Un véritable page-turner ! Et ce n’est pas du au hasard, loin de là. Éloïse Grand, avec son style particulier bien qu’un peu trop scientifique parfois, arrive à nous faire voyager et vibrer… Et pour cause ! Sa maîtrise du rythme est excellente, de même que les procédés scénaristiques pour rendre son lectorat chèvre n’ont aucun secrets pour elle. C’est très simple, je réalisais le classique « Juste un chapitre… », avant d’avoir un magnifique clifhanger qui me poussait à lire la suite, jusqu’à terminer le roman.

En plus de pouvoir se vanter d’avoir une maîtrise du rythme à en faire pâlir certains auteurs édités dans de grandes maisons d’éditions, cette jeune autrice peut être fière de l’univers qu’elle a mis en place. La mythologie est énorme et magistralement bien agencée et mise en avant.

Je dois avouer qu’avec le résumé, je ne m’attendais pas du tout à ce traitement de l’intrigue. Et finalement, je suis bien contente de ce que j’ai lu : la version dans ma tête était moins bien.

Cependant, même si le style est agréable, riche, avec un monde très vaste et puissant, le roman comporte quelques petites faiblesses. Je note notamment des actions parfois trop rapides, ou au contraire qui se font trop attendre et viennent créer des perturbations rythmiques (la maniaque du rythme est de retour) ; de même, le style est parfois trop scientifique et trop « froid », par rapport à ce que l’on pourrait attendre.

Mais face à la richesse de l’intrigue, ces détails restent anecdotiques. D’autant plus que, contrairement à d’autres roman du même genre, l’autrice arrive à garder son suspens jusqu’à la fin.

En bref, un très bon premier roman d’une autrice à surveiller de près.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 17.25/20

  • Scénario –  3.75/4
  • Ecriture/Style – 3.25/4
  • Potentiel d’addiction – 3/3
  • Personnage – 1.5/2
  • Emotions – 1.25/2
  • Originalité/Créativité – 2/2
  • Suspens – 1.5/1.5
  • Humour – 1/1.5
Comédie·Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Historique

Le Chevalier du Temps Plié (Les aventures de Newton Poppleford 2/2) – Gordon Zola

couv17575953.jpgCaractéristiques :

  • Auteur – Gordon Zola
  • Éditeur – Le Léopard Démasqué
  • Parution – 2014
  • Pages – 428
  • ISBN – 978-2358310581

4ème de couverture :

Les héros du Jeu des 7 terreurs reviennent pour une nouvelle aventure ! Sur la piste du trésor de Richard Coeur de Lion, Lisbeth, Edgar et Farley Winter explorent les fonds marins des côtes siciliennes à la recherche d’une mystérieuse épave templière, La Reine de Tyr, afin de trouver ce qui pourrait sauver le jeune Paul gravement malade. Après un voyage dans le temps, Newton Poppleford se retrouve coincé au coeur de la IIIe Croisade.
Perdu en Terre sainte dans un Moyen Âge en pleine guerre, il usera d’un stratagème des plus ingénieux et étonnants pour s’en sortir.

Mon avis :

Un beau jeu de mot pour un beau roman !

Découvert lors du Livre Paris 2018, je suis très contente d’avoir laisser mon oeil trainer sur ce stand hauts en couleur qu’était celui des éditions du Léopard Démasqués. C’est un tome 2, mais il n’est pas nécessaire d’avoir lu le 1 pour le comprendre.

Le Chevalier du Temps Plié, en dehors d’un jeu de mot qui ne m’a pas laissé indifférente, c’est un roman fantastique, qui vient mêler à la fois technologie, voyage dans le temps, et bien entendu, histoire.

Nous suivons le jeune Newton, inventeur de génie, qui va se lancer dans une folle aventure. Chasse aux trésors, épave, course poursuite, angoisse… Le tout, sur un fond d’Histoire, avec un grand H, malgré les quelques libertés prises pour le scénario.

Ce roman m’a transporté. J’ai été tout de suite happée par le monde que met en place Gordon Zola. Riche, complet, bien construit, et surtout, qui s’emboîte bien. Rien de pire à mon sens qu’un roman traitant des voyages temporels qui n’arrivent pas à faire s’emboîter parfaitement et de manière fluide les évènements.

Saupoudré d’un humour très british à mon sens, la découverte des personnages est un véritable régal, même si certains sont peut être trop ancrés dans les clichés du genre fantastique.

J’ai eu tout de même quelques petites frayeurs, et même quelques regrets… J’aurais beau avoir eu un coup de coeur sur ce roman, certaines choses m’ont tout de même chiffonnée un peu.
Aussi fantastique soit l’histoire, aussi palpitante soit-elle, et aussi bien écrite soit-elle, j’ai trouvé qu’on mettait vraiment, vraiment beaucoup trop de temps à rentrer dans le vif du sujet, à savoir les voyages temporels. C’est un régal de voir la construction et les murs d’un édifice se construire sous ses yeux, mais je pense vraiment que certains auraient décrochés avant d’arriver dans le vif du sujet.
De même, même si ça reste très bien écrit, j’ai trouvé qu’il manquait peut être un peu de jeu au niveau des rythmes et des variations de style dans l’écriture, afin d’avoir un peu moins cette impression de plat que j’ai pu ressentir parfois.

Malgré ses petites choses, Le Chevalier du Temps Plié est un roman très travaillé dans sa construction, et qui ne peut mérité qu’une révérence.

En bref, un très bon roman fantastique pour petits et grands, un coup de coeur malgré une rythmique hésitante.

Citation :

Aucun relevé !

Ma note : 18,25/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1.25/1.5

Contemporain·Coup de coeur·Drame

Sans jamais te retourner – Tony Perraut

Capture d’écran 2018-06-29 à 17.41.24.pngCaractéristiques : 

  • Auteur – Tony Perraut
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2018
  • Pages – 54
  • ISBN – 978-1980725237

4ème de couverture :

Sans jamais te retourner, tu vas vivre cette journée.
Tu vas tout donner, tout penser, tout imaginer.
C’est dans cette forêt que tu vas comprendre la solitude,
C’est dans ce bus que tu vas ouvrir ton ressenti,
Mais tu connais l’issue de cette journée,
Tu sais que demain tu ne verras pas le soleil se lever.
Alors fonce gamin, va mourir.

Mon avis : 

Compliqué de parler de cette nouvelle tant elle a pu me marquer, me parler, mais aussi marquer quelque chose d’important.

Encore une fois, Tony Perraut nous en met plein les yeux… mais d’une manière qui diffère de l’habituelle. Dans un univers bien plus réel, bien plus palpable, nous suivons un homme dans sa dernière journée sur terre.

Habituée aux rythmes assez rapides et fous qu’impose l’auteur à ses textes à ses romans, je n’ai que pu être agréablement surprise de découvrir une toute autre facette de son talent littéraire. Un personnage des plus vraisemblable, au coeur de ses pensées et de ses émotions… Une première et une troisième personne qui se confondent et se réunissent, comme pour marquer l’état de perdition de notre personnage sans nom, comme pour le rendre universel : identité perdue sur des sentiments universels… Boom. Touché, comme diraient nos voisins anglophones.

Bien que parlant du sujet très dur qu’est le suicide, Tony Perraut arrive, du haut seulement de ses vingt-et-un ans, à être d’une maturité aussi bien littéraire que mentale hors norme. À la lecture de son dernier roman, Le Cri des Papillons, j’avais senti qu’il était sur le point de passer un cap dans son écriture et son aventure littéraire. Cette nouvelle vient confirmer mes soupçons : le cap a été passé, et pas qu’un peu ! Tony Perraut vient ici, à mon sens, nous vendre de la très bonne littérature qui a mon sens, dépasse et de loin ce qu’à pu faire Stephen King : plusieurs fois j’ai tenté King, avec plusieurs romans différents, dans différents styles, mondes, époques, années de parutions… Mais je n’ai jamais réussi à terminer ne serait-ce qu’une seule nouvelle. Celle de notre Tony, je l’ai dévorée, tout comme ces romans qui ne font que très rarement long feu.

En bref… Bravo. Une nouvelle excellente qui mérite à être lue, lue et relue. Un vrai coup de coeur.

Citations :

– Maman, je veux mourir.
Si seulement elle pouvait l’entendre, le comprendre, le ressentir. Si seulement elle pouvait voir ce poids sur mon coeur lorsque je me lève, lorsque je couche, lorsque je reste toute la journée allongé dans mon lit à pleurer dans l’espoir de faire mourir mon cerveau de désolation. Si seulement je pouvais offrir à cette mère ce qu’elle a toujours voulu, un fils vivant, un fils en vie.


Tu voulais seulement t’envoler, seulement te transformer en oiseau, seulement montrer au monde que tu pouvais mourir dignement en volant, montrer aux autres que l’homme ne peut voler, mais qu’il peut, avant de mourir, avoir encore cet espoir, ce dernier espoir qui pourrait sûrement lui donner envie d’aller mieux, de lui redonner confiance en lui, mais non, la vie est là et elle te rappelle que tu n’es pas un oiseau.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.25/1.5
• Humour – 0.25/1.5

Érotique·Coup de coeur·Philosophie/Réflexion

Anthologie polissonne, Petites histoires indécentes de la littérature – Alain Paraillous

Anthologie-polionne.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Alain Paraillous
  • Éditeur – De Borée
  • Parution – 2018
  • Pages – 275
  • ISBN – 978-2812922794

4ème de couverture :

La vie des grands écrivains est souvent plus passionnante encore que les romans qu’ils ont écrits. Pour la plupart d’entre eux, leur carrière amoureuse a été aussi foisonnante que leurs productions littéraires… George Sand, Madame de Staël : des croqueuses d’hommes ; Chateaubriand, Hugo, Stendhal : d’insatiables Dom Juan… Et ceux que l’on aurait cru bien sages : Vigny, Lamartine… de sacrés coquins également. Comme si les facultés créatrices de ces hommes et de ces femmes avaient été proportionnelles à leurs appétits sexuels. Ce livre pourrait être une histoire de la littérature française, du Moyen Age jusqu’à 1900, à ceci près que les biographies présentées avec humour à travers ces pages sont vues depuis ce que les grincheux pourraient appeler « le petit bout de la lorgnette ». Et si ces histoires polissonnes, savoureuses, pittoresques, étonnantes, affriolantes, étaient au coeur même de la création artistique ?

Mon avis :

Pour un premier roman du genre, je me devais de trouver quelque chose d’assez original et qui ne serait pas plat… Quoi de mieux d’une anthologie littéraire qui se passe sous la ceinture ?

Mais attention, rien de graveleux, bien au contraire ! Son auteur, ancien professeur de lettres, nous fait traverser les siècles de la littérature française, en nous exposant avec légèreté et dynamisme les dessous de nos grands auteurs. Et on peut dire que certains étaient plus que portés sur la chose !

Ce que j’ai particulièrement aimé dans cet ouvrage, c’est qu’il n’était pas qu’un catalogue de faits plus ou moins chauds sur les grands auteurs français, mais bel et bien un vrai travail de recherche, avec un vrai travail littéraire : est-ce la vie des auteurs qui leur inspirent leurs oeuvres, ou bien est-ce l’inverse ? Quels peuvent être les petits indices glissés dans ces oeuvres qui pourraient nous donner des éléments biographiques sur ces dits-auteurs ?
Mais plus que cela, l’auteur n’hésite pas à citer des morceaux de textes, nous faisant le plus souvent découvrir des textes inconnus, et même redécouvrir certains extraits sous un autre angle.

Je n’avais jamais lu d’anthologie avant, et après avoir lu celle là, je n’ai qu’une envie : en lire une autre !

En bref, un roman avec un réel intérêt littéraire, à lire par curiosité ou bien pour ajouter quelques faits plus croquant dans nos dissertations… Excellent, un coup de coeur !

Citations :

Changement et nouveauté, que de crimes ont été commis en vos noms !


Je veux mourir pour ta beauté, Maîtresse,
Pour ce bel oeil qui me prit à son hain,
Pour ce doux ris, ce baiser tout pleinement
D’ambre, et de musc, baiser d’une Déesse.

Je veux mourir pour cette blonde tresse,
Pour l’embonpoint de ce trop chaste sein,
Pour la vigueur de cette douce main
Qui tout d’un coup me guérit et me blesse.

Ronsard

 

Je te salue, ô merveille fente,
Qui vivement entre ces flancs reluis ;
Je te salue, ô bienheureux pertuis,
Qui rend une vie heureusement contente. […]
Ô petit trou, trou mignard, trou velu,
D’un poil follet mollement crespelu
Tous verts galants devraient, pour t’honorer,
À beaux genoux te venir adorer.
Tenant au poing leurs flambantes chandelles.

Ronsard

On est bien loin de Mignonne, allons voir si la rose… !


Ainsi, en ta première et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,
La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes

Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
Afin que, vif et mort, ton corps ne soit que roses.

Ronsard


Désireux de ne rien cacher au lecteur, Montaigne ne dissimule pas les pannes qui affectent la virilité au moment où celle-ci s’avère particulièrement indispensable : la faute à « l’indocile liverté de ce membre, défaillant si importunément lorsque nous en avons le plus besoin, refusant avec obstination nos sollicitations et mentales et manuelles. »


Le gong de la soixantaine enclenche le compte à rebours. Même si La Fontaine n’est pas, tant s’en faut, un pilier d’église, son époque est marquée par la crainte de Dieu et ce débauché commence à se faire du souci : l’heure n’est pas si lointaine où il va devoir s’expliquer là-haut, sur sa vie de patachon.


Je connais mes défauts ; mais après tout, je pense
être pour vous encore un captif d’importance,
Car vous aimez la gloire et vous savez qu’un roi
Ne vous en peut assurer autant que moi.

« Un captif d’importance » ! Bigre, ce jour-là, le bon Corneille avait oublié d’être modeste, mais chacun sait que l’amour vous fait perdre la tête.
Las, rien n’y fit. Marquise ne vit du vieux soupirant que le « corps usé » et du « front ridé les replis jaunissants ». La coquine préférait les chairs plus fraîches, et resta inflexible. Blessé, le poète lui adressa ses fameuses Stances :

Marquise, si mon visage
À quelques traits un peu vieux,
Souvenez-vous qu’à mon âge,
Vous ne vaudrez guère mieux.

Rancunier en plus d’être modeste le Corneille !


Tournons nous plutôt vers du positif : il faut lire, ou relire Lamartine. Plus que jamais. Parce qu’il y a du sublime dans son oeuvre, et que notre époque en est si cruellement dépourvue.

 

Drame·Roman/Polar Noir·Thriller

Le cri des papillons – Tony Perraut

Capture d_écran 2018-05-25 à 18.45.45Caractéristiques : 

  • Auteur – Tony Perraut
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2018
  • Pages – 363
  • ISBN – 978-1973258919

4ème de couverture :

Je suis Myra Porter, à l’âge de 8 ans j’ai été enfermée dans cette cellule suite à la découverte de ma schizophrénie précoce. Quand la séquestration rime avec la maladie, la haine, la violence et le viol, je m’enferme dans mon monde, la cave aux papillons, un monde magique où la violence n’intervient qu’avec le cri, le cri des papillons. « Un papillon ne crie pas, il souffre en silence »

Mon avis : 

Que je suis contente de revenir avec un livre que j’ai aimé et qui m’a vraiment fait voyager, vous ne pouvez pas savoir à quel point !

En effet, parlons un peu du « Cri des Papillons », signé par Tony Perraut, un auteur auto-édité dont j’apprécie tout particulièrement l’univers, mais encore plus sa façon de nous raconter des histoires.

A mon sens, cet opus est le plus travaillé que l’auteur ait pu nous fournir, que ce soit d’un point de vue purement littéraire, que d’un point de vue humain et scénaristique.

Comme à son habitude, Tony Perraut nous plonge dans un univers très sombre, mais aussi déformé par l’esprit malade qui le regarde, et à travers qui nous vivons l’histoire.

De fait, nous suivons sur les 360 pages de ce roman Myra Porter qui, suite à la découverte de sa schizophrénie, vis un véritable enfer. Mais cet enfer est-il réel ? C’est la question que l’on se posera tout au long de la lecture.

Je ne vais pas le cacher, ce roman m’a soufflé. Même si j’ai fini par me douter de la révélation qui allait faire basculer le roman, elle a été ammené d’une manière tellement subtile et percutante à la fois que ça a été un véritable plaisir de la lire.

En plus d’être vraiment très bien écrit, dans un style à la fois fluide, précis et profondément humain, l’auteur a réalisé un très gros travail scénaristique afin de rendre son histoire crédible et prenante. C’est assez frustrant de vous en parler : je ne veux pas vous gâcher la lecture en vous donnant trop de piste !

Ce que je note surtout dans ce texte, c’est la maturité et le cap passé. Je m’explique : j’ai découvert cet auteur il y a quelques temps déjà à travers son premier roman qu’il avait écrit adolescent, puis sur la suite de ce texte. Dans ces deux-là, on sentait déjà une évolution littéraire. Mais dans cet opus-ci, c’est une véritable explosion, avec pas mal de prise de risque. La première ? Faire un personnage féminin torturée et violentée. Peu à pas de fausse note au niveau de son comportement (tout à fait crédible), et ce ne sont pas tous les auteurs masculins qui arrivent à en faire autant, surtout lorsqu’on évoque des thèmes comme la peur, l’amour, et les viols. La seconde, un schéma scénaristique subtil et précis.

Et bien entendu, que serait ce roman sans la magnifique double métaphore qu’il renferme ? Je parle bien entendu de ces beaux papillons bleus. Pendant une grande partie de la narration, je me suis interrogée sur leur sens. Tout du long, je me suis posée des questions, pour que la révélation finale, la scène finale, vienne finalement me donner la réponse. Je vous laisserai le plaisir de la découvrir, la seule remarque que j’aurais à dire dessus : chapeau l’artiste !

En bref, une très bonne lecture qui n’est pas passée loin du coup de coeur, que je ne peux que vous conseiller. Attention cependant : certaines scènes sont très violentes et peuvent heurter la sensibilité de certains lecteurs. À ne pas mettre entre des mains trop sensibles ou innocentes.

Citations :

La réalité a un défaut, celui d’être étroitement liée au rêve. Quand les rêves mènent vicieusement au cauchemar, ça donne des moments horribles.


Ils sont si cruels tous avec leurs pulsions. […] Je sens l’humiliation reprendre le dessus, je sens la culpabilité d’être entrée dans cette maison, je sens cette odeur de soûlard arriver jusqu’à mon nez, je sens ses respirations s’intensifier, je sens ma vie de femme disparaître peu à peu. Les coups qui partent laissant cet homme en extase. Ils sont bien tous pareils avec leurs…

– Leurs pulsions. Dit-il en expirant intensément.


Je suis belle, il paraît. Je ne suis plutôt qu’une bête sexuelle pour lui, une fille qui ne ressent pas d’amour, qui ne cherche rien alors à quoi bon, il faut la violer ! Aller hop, c’est parti. Je voudrais juste exister. Ce n’est pas compliqué. Je veux juste qu’ils puissent comprendre que je suis une femme.


Je dois pourtant partir, partir loin, non pas géographiquement mais mentalement. Je n’ai pas le choix si je veux pouvoir m’en sortir. […] Ce que la femme redoute le plus dans la vie est finalement ma réalité. Je m’ordonne de ne plus pleurer pour avancer. Avancer, avancer jusqu’à tomber en ruine devant tant de délabrements.

Ma note : 17/20

  • Scénario –  4/4
  • Ecriture/Style – 3/4
  • Potentiel d’addiction – 2.75/3
  • Personnage – 2/2
  • Emotions – 1.5/2
  • Originalité/Créativité – 2/2
  • Suspens – 1.5/1.5
  • Humour – 0.25/1.5
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Du Sang sur les Blés – Loïc Dossèbre

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  • Auteur – Loïc Dossèbre
  • Éditeur – Autoédité 
  • Parution – 2017
  • Pages – 30
  • ISBN – Non renseigné

Résumé :

Lorsqu’un prêtre s’éprend d’une jeune fille, les paroissiens restent silencieux. Et l’horreur se glisse dans ce petit village du XIXe siècle, jusqu’à ce que survienne l’inéluctable, jusqu’à ce que le sang coule.

Mon avis :

J’adore les nouvelles, surtout quand elles sont bien écrites, et c’est le cas de celle-ci !

Loïc Dossèbre nous livre encore une fois une nouvelle palpitante et surtout, extrêmement prenante et bien rythmée, dans un univers bien particulier.

Remontons le temps, direction le XIXème siècle, dans une petite bourgade. Nous suivons le père Maxence, en tout point honorable, si on ne chipote pas sur les détails. Il aurait beau être Père, il en reste non pas moins humain, et une certaine Ismérie lui retourne complètement la tête, au point de commettre des fautes pour le moins très loin d’être catholiques.

Que dire de cette nouvelle à part qu’elle est excellente ? Riche, rythmée, avec une histoire prenante portée par une plume des plus travaillée et personnelle… je n’ai rien à redire face à cette nouvelle qui a été un véritable coup de coeur pour moi.

On ressent presque toutes les émotions de nos personnages : l’envie de Maxence, suivi de sa descente aux Enfers, et ses pulsions malsaines ; la candeur d’Ismérie, couplé avec sa peur, mais aussi son courage… C’est magnifiquement bien mené, bien emmené… et surtout très bien écrit.

Bien que possédant assez peu d’humour, la nouvelle se démarque par son style, mais aussi par son originalité, et la créativité que l’auteur a pu mettre en place, notamment concernant la chute, que je n’avais absolument pas vu venir, même si j’avais une sorte de pressentiment durant ma lecture.

Loïc Dossèbre ne m’a jamais déçu jusqu’à présent, et j’espère qu’il en sera encore ainsi pour ses prochaines textes !

En bref, un coup de coeur pour une nouvelle rondement menée et que je considère comme proche de la perfection.

Citation :

Se justifier, c’est bon pour ceux dont le talent ne va pas de soi.

Ma note : 18.25/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

6-9 ans·Album Jeunesse·Coup de coeur

La petite marchande de mots – Marie Tibi

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Caractéristiques : 

  • Auteur – Marie Tibi 
  • Illustrateur – Lili la Baleine
  • Parution – 2016
  • Pages – 36
  • ISBN – 979-1090466166

4ème de couverture : 

Les clients viennent nombreux dans la boutique de Rosalie Tricoli. Un musicien, un amoureux, un monsieur ronchon, une maman, un garnement… Toi aussi, tu cherches tes mots ? Pousse donc la porte de la petite marchande de mots, elle t’aidera à trouver celui qu’il te faut !

Mon avis :

Avec la période des fêtes qui approche à grands pas, j’avais envie de partager avec vous un album jeunesse qui est tout en douceur et en poésie : la petite marchande de mot.

Nous suivons notre petite marchande dans son quotidien. Son métier ? Vendre des mots. Que ce soit des mots d’amours, des mots d’adieux, ou pour les plus polissons, des gros mots, elle a toujours le mot juste.

Assez peu accessible pour les plus jeunes, il peut cependant pousser les plus âgés et les plus matures à avoir sur une réflexion sur le sens des mots, de la paroles, ainsi que leur importance. Une belle histoire, un premier pas à l’étrier de la littérature sans sa plus basique forme – le mot -, Marie Tibi nous emporte dans un torrent allégorique et poétique, accompagnée par les couleurs et les formes de Lili la Baleine, donnant un petit ouvrage, une petite perle, une petite merveille.

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On passe par un peu tous les états : l’incompréhension, la curiosité, puis l’émerveillement, le rire… l’attendrissement, pour aboutir à la fin de la lecture à une sorte de transe, de paix intérieure.

C’est ce que j’appelle dans mon jargon, une littérature pansement. Qu’elle fasse passer un message ou non, la littérature pansement a un rôle bien propre : faire vibrer nos cordes intérieures, pour nous apporter une paix, un sentiment de bien-être qu’il pouvait nous manquer. Et c’est exactement ce que j’ai ressenti à la fin de ma lecture de ce jolie album, un petit sourire énigmatique sur les lèvres.

En bref, un très bel ouvrage, avec un jolie message aussi bien littéraire que bien-être, très jolie illustré.

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Citations :

– Comment être certain que c’est le mot de la fin ?
Rosalie lui murmure doucement en lui prenant la main :
– Les mots sont sans fin, c’est là qu’est leur force ! Ils sont innombrables, ils vivent pour toujours. Ils ont fait des déclarations de guerre et de paix, mais aussi d’amour. Ils fabriquent des chansons et des discours, des testaments et des romans.

Ma note : 17/20

Scénario – 4/4
Dessin – 4/4
Accessibilité – 2/3
Originalité/Créativité – 3/3
Multilecture – 2.25/3
Apprentissage – 1.75/3