Ce n’est pas le nom qu’on vous donne qui compte, c’est celui auquel vous répondez. – W. C. Field

– Salut ! Comment tu t’appelles ? 

Certainement une des phrases les plus posées au monde. Une phrase qu’enfant, nous trouvions d’un naturel déconcertant. 

– Salut ! Je suis Océane. 

Je suis. Après lui, un prénom. Paul, Marthe, Lucie, Gabriel… Qu’importe. Je suis. 

Je suis, ou bien parfois, je m’appelle. Lancé au travers de lèvres innocentes, notre nom devient symbole de notre identité. Ce verbe être, si petit et si puissant, nous assimile au final, à quoi ? Un mot, petit ou bien grand lui aussi, qui n’a pas forcément de sens… Mais qui nous fait dire « C’est le mien ». 

Quel n’était pas notre trouble en rencontrant une personne portant le même prénom que nous ? N’avez-vous jamais ressenti cette étrange gêne, ce moment de flottement désagréable, où vous aviez l’impression que je est un autre ? Où ce que vous avez toujours considéré comme à vous, comme symbole de votre identité… n’est soudainement plus seulement à vous ? Cette impression d’être comme soudainement dépossédé de votre sève, parce qu’un autre répond à un appel que vous considérez comme votre. Que vous considérez comme vous

Première expérience désagréable. Mais loin d’être la pire. 

Quelle souffrance, quelle douleur, quand votre nom est associé à la noirceur et à l’horreur ? Marthe la salope. Paul le connard. Lucie? C’est une vraie chaudasse! Tu as entendu la dernière de Gabriel? C’est vraiment un bâtard ! Ce n’est pas que votre nom que l’on salit… Mais vous. 

Votre nom, votre identité… Ce même verbe être qui vous définissez enfant prend une autre tournure. Vous n’êtes plus Lucie. Vous êtes Lucie-la-chaudasse. Vous n’être plus Gabriel. Vous êtes Gabriel-le-bâtard. 

Comment réagir ? Comment surmonter cet affront, lorsque votre nom ne vous appartient plus ? 

Comme dans toute expérience, il n’y a que deux issues possibles : avancer, ou camper sur place. Passer outre, ou se laisser impressionner. Passer au travers des insultes et des quolibets, ou les laisser dominer notre vie. 

Ce que peuvent bien dire les autres, ça les regarde. Vous n’êtes en rien concerné. Vous êtes vous. Vous n’êtes pas un prénom. Vous n’êtes pas un attribut du sujet placé juste après un auxiliaire. Vous êtes vous. Un être fait de chair, de sang et de sentiment. Un être avec un cœur, doué d’empathie, et une raison, douée de logique et de réflexion. Vous êtes bien plus que seulement un nom… 

Ce n’est pas celui qu’on vous donne qui compte. Loin de là. Ce qui compte, le nom auquel vous acceptez de répondre. N’acceptez pas un nom parce qu’il est plus simple de fuir. N’acceptez pas un nom parce qu’il est plus facile d’abandonner que de se battre… N’acceptez pas un nom qui vous fait du mal. 

À trop s’identifier à un nom auquel on ne veut pas répondre, on finit par devenir ce qu’on n’a jamais voulu être. 

Vous êtes. Tout simplement. On nous donne un nom, parce que c’est plus facile… À défaut de pouvoir choisir le vôtre, choisissez au moins celui auquel vous acceptez de répondre. 

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