Faire taire son Juge Intérieur

N’avez-vous jamais entendu cette petite voix au fond de vous vous dire que vous n’y arriveriez pas ? Et puis, de toute façon, vous êtes un raté, pourquoi continuer à essayer ? N’avez-vous jamais entendu cette petite voix au fond de vous qui vous connaît mieux que vous-même, et qui aime à vous torturer à la moindre baisse de moral ?

Cette petite voix, tout le monde l’a connu, certains sont encore sous son joug. Don Miguel Ruiz, l’auteur des Quatre Accords Toltèque parle de Juge Intérieur, Jonathan Lehmann préfère parler de salope qu’il a dans la tête. Cette voix intérieure malfaisante est un de nos pires ennemis : comment réussir à s’en détacher ?

Reconnaître son Égo

Sun-Tzu dans son art de la guerre disait :

Connais-toi toi-même, connais ton ennemi, ta victoire ne sera jamais mise en danger.

Sun-Tzu, L’art de la guerre, X

Comment être efficace face à une chose que l’on ne connait pas ?

La première étape de la libération et de comprendre que son Juge Intérieur n’est qu’une partie de notre égo, la partie la plus critique de nous… Et non pas nous. Prendre conscience que notre Être et notre Égo ne sont pas une seule et même entité est un premier pas vers l’émancipation.

L’Égo est un faux moi, créé par l’identification inconsciente au mental.

Eckhart Tolle, Le pouvoir du moment présent

La seconde étape, plus complexe, réside en le fait de comprendre de quoi se nourrit cet Égo. Cette fois, c’est Eckhart Tolle qui nous apporte la réponse. Selon lui :

  • L’Égo n’existe que dans le passé et dans le futur
  • L’Égo essaie de maintenir le passé en vie à tout prix : après tout, sans votre passé, qui seriez-vous ?
  • L’Égo se projette dans le futur pour assurer sa survie, ainsi qu’une forme de relâchement et de satisfaction

S’il fallait résumer, on peut dire que notre Égo se nourrit des casseroles de notre passé, de notre futur, et de ce qu’elles contiennent (peur, doute, blessures émotionnelles, espoir, etc.).

Maintenant que nous savons de quel bois est fait notre Juge Intérieur et que nous avons pu l’en détacher de notre Être, nous pouvons commencer à agir pour lui donner moins de pouvoir.

La méditation et le moment présent

À force, on pourrait finir par croire que la méditation est la recette miracle à un peu tout… Mais force est de constater que la pratique de la méditation et la culture du moment présent sont des armes de destructions massives face aux soucis du quotidien.

Lorsqu’on médite, on s’ancre pleinement dans le moment présent, ou bien on se concentre sur une qualité, un ressenti. Là sont les clefs.

L’égo ne saurait survivre dans le moment présent, tout simplement parce qu’il n’a plus aucun point d’accroche : dans le présent, il n’y a que le présent et c’est tout. Les doutes et les peurs restent au placard pour laisser place à l’amour et la bienveillance du présent. S’ancrer le plus possible dans le moment présent, augmenter nos moments de présence permet à la fois de développer sa bienveillance envers le monde et envers soi… Mais aussi à faire taire le Juge Intérieur : comment pourrait-il parler dans un endroit où il n’existe pas ?

La méditation en pleine présence est donc un bon outil, de même que la méditation focalisée sur la bienveillance et l’acceptation de la souffrance. Le Juge Intérieur, par ses paroles implacables, nous fait souffrir, et c’est bien souvent le rejet de cette souffrance qui vient nous faire mal. Et si au lieu de refuser cette souffrance, on l’accueillait avec bienveillance ? Et si on laissait cette souffrance nous traverser et partir, comme un courant d’air ? Même si vous êtes sceptiques, qu’avez-vous à perdre à essayer ?

Exercice

Lorsque vous sentez une vague de douleur arriver (quelle que soit son origine), ne luttez pas contre elle, au contraire.

Vivez ce moment de douleur pleinement.

Laissez cette douleur vous traverser, laissez-là s’exprimer.

Juste, vivez-là.

Ne la jugez pas, ne renchérissez pas non plus en vous apitoyant.

Simplement, donnez corps à cette douleur avec bienveillance, sans chercher à la contraindre ou à l’endiguer.

Vous remarquerez bien vite que cette douleur s’estompera petit à petit, et jusqu’à n’être qu’un souvenir : la peur de souffrir ne fait qu’augmenter la souffrance en elle-même.

Éviter de faire des suppositions

Ne faites pas suppositions. Tel est le troisième accord toltèque, ô combien important si on souhaite faire taire cette salope qu’il y a dans notre tête.

L’Égo et notre Juge, on le sait, se nourrissent de nos peurs, de nos doutes, et de nos blessures. Prenons un exemple très concret qui vaudra mieux que de la théorie.

Situation n°1

Vous avez un rendez-vous de prévu avec un très bon ami. Vous avez attendu ce rendez-vous toute la semaine : cela fait longtemps que vous n’avez pas vu votre ami. La veille du rendez-vous, votre ami vous envoie un message : il s’excuse, mais il ne pourra pas venir à votre rendez-vous, parce qu’un autre s’est mis à la place.

Vous êtes déçu, triste… Et votre Juge Intérieur prend le relais : il annule pour un autre rendez-vous ? Votre ami a donc si peu de respect et de considération pour vous que vous passer après d’autres personnes, alors qu’il avait déjà un engagement avec vous ? C’est vraiment moche. Dans le fond, s’il fait ça, c’est que vous n’êtes pas si importante pour lui. Pourtant lui, il est très important pour vous. Comme quoi les choses ne changent jamais : vous serez toujours la cinquième roue du carrosse, la personne qu’on décommande et qu’on laisse de côté si une meilleure solution se présente. Parce que vous n’êtes rien.

→ Vous finissez votre journée triste, en colère, vous avez envoyé un message bien salé à votre ami pour lui dire ce que vous ressentez, et vous vous trouvez minable. Votre Juge Intérieur a gagné : à travers une supposition (l’autre rendez-vous est pour voir quelqu’un d’autre, un autre ami), le Juge Intérieur a vu une opportunité de venir vous faire mal en touchant à vos blessures émotionnelles et sur vos peurs.

Situation n°2

Vous avez un rendez-vous de prévu avec un très bon ami. Vous avez attendu ce rendez-vous toute la semaine : cela fait longtemps que vous n’avez pas vu votre ami. La veille du rendez-vous, votre ami vous envoie un message : il s’excuse, mais il ne pourra pas venir à votre rendez-vous, parce qu’un autre s’est mis à la place.

Vous êtes triste… Mais vous vous dites que tout de même, avec tout ce que vous avez traversé avec cet ami, s’il vient à décommander pour un autre rendez-vous, c’est que ça doit être important. Vous faites part de votre déception à votre ami, et lui demandez par la même occasion de quel type de rendez-vous il s’agit. La réponse est claire : il a réussi à avoir un rendez-vous chez un kinésithérapeute pour son genou douloureux après une chute à ski. Il aurait préféré que cela tombe à un autre moment.

→ Même si vous auriez préféré voir votre ami, vous savez que c’est pour un rendez-vous médical. Vous êtes rassurée : cela n’a rien à voir avec vous, et vous savez que votre ami aurait préféré être avec vous plutôt que dans un cabinet médical. En évitant de faire une supposition, vous avez fermé la porte à votre Juge Intérieur.

En bref : éviter au maximum de faire des suppositions.

Faire de son mieux

Faites-vous vraiment de votre mieux au quotidien ? Que ce soit pour vos projets personnels, pour maintenir vos relations, etc. ? Bien souvent on pense que c’est le cas, mais lorsqu’on se penche un peu plus sur la question, on se rend bien compte que ce n’est pas le cas.

Faire de son mieux au quotidien ne veut pas dire faire de l’exceptionnel : cela veut simplement dire faire du mieux que l’on puisse pour ne rien regretter. Si vous aviez prévu un dimanche après-midi de courir cinq kilomètres, mais que vous n’avez pu en faire que trois parce que les mojitos de la veille vous tapent toujours sur le cerveau, ce n’est pas grave : vous avez fait de votre mieux au vu de votre état physique, et c’est tout ce qui compte.

Le Juge Intérieur se nourrit de nos doutes, mais aussi de nos actes manqués et de notre culpabilité : en faisant de notre mieux, en sachant que nous n’avons rien à nous reprocher, comment le Juge Intérieur pourrait s’exprimer ? Il ne le peut tout simplement pas.

Un travail au quotidien

Ce serait que vous mentir que vous dire qu’avec ces quatre éléments, votre Juge Intérieur vous laissera en paix. Ne plus lui laisser avoir de prise sur nous est un véritable travail à faire au quotidien, et ça ne se réglera pas quelques jours.

Il y a des jours, des semaines voire même des mois où tout ira bien, où votre Juge Intérieur ne vous parlera plus. Puis il arrivera un coup dur, ou simplement un coup de fatigue… et il vous tombera dessus.

Tous les conseils plus haut sont importants, mais le plus important est celui-ci : si vous commencez à vous aventurer sur le chemin de la reconstruction personnelle et de la confiance en soi, n’abandonnez pas. Ne vous abandonnez pas. C’est la pire chose que vous pourriez faire pour votre paix intérieure et votre harmonie.

Faire taire son Juge Intérieur est une véritable quête personnelle, semée de forêt maléfique et de dragon méchant… Mais c’est une quête qui vaut la peine d’être menée. Pour vous.

Courage à vous si vous êtes dans cette démarche. Croyez en vous, avancez coûte que coûte… Et n’ayez pas honte si un jour, vous laissez votre Juge gagné. Il aura gagné une bataille, mais pas la guerre.

Si vous êtes dans cette démarche, et que vous ressentez l’envie ou le besoin d’en parler, ma boîte mail vous est ouverte : herissonbookineur@gmail.com

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