La servante écarlate (La servante écarlate 1/2) – Margaret Atwood

Caractéristiques :

  • Auteur – Margaret Atwood
  • Editeur – Robert Laffont
  • Parution – 1985
  • Pages – 521
  • ISBN – 978-2221203323

4ème de couverture :

Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l’Ordre a été restauré. L’Etat, avec le soutien de sa milice d’Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d’un Evangile revisité. Dans cette société régie par l’oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L’une d’elle raconte son quotidien de douleur, d’angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d’une vie révolue, d’un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. Une œuvre d’une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur présent.

Mon avis :

Ayant déjà fait un carton lors de sa première sortie en 1985 dans les pays anglophone, c’est en 2017 que La servante écarlate connait une véritable explosion de popularité lors de la sortie de la série éponyme. Cette explosion n’en a été que plus retentissante qu’elle allait de paire avec le lancement du mouvement féministe Me too et la révélation de certaines affaires concernant notamment le réalisateur Harvey Weinstein.

Pourquoi autant de retentissement ? Dans un monde régit par le patriarcat, ce roman ne pouvait que faire échos. En effet, l’intrigue de La servante écarlate se déroule dans un monde où le patriarcat est poussé à l’extrême. Dans cet univers, une caste de femme (nommée les servantes écarlates) intègre des familles importantes afin de les aider à avoir une descendance. Leurs libertés sont quasiment nulles, la répression est très importante… Et l’amour quasiment prohibé.

J’ai rarement lu un roman aussi glaçant que celui-ci. Toutes les notions de sexualité, de sensualité, et de liberté sont mises à mal dans un monde hautement totalitaire… et pourtant, pas si éloigné que ça du notre. C’est ce qui est le plus glaçant. Pas tant la violence de l’intrigue, les mots prononcés, les actes décrits… mais leurs vraisemblances, leur point d’ancrage dans notre monde qui est déjà bien réel.

Malgré le thème abordé qui me touche et m’intéresse, je ne peux pas dire que j’ai apprécié ma lecture pour autant. Et ce, pour une raison très simple : le rythme. L’ouvrage est très bien écrit, les messages sont nobles et l’intrigue très bien montée et maîtrisée… Mais le rythme est catastrophique. Les moments qui auraient eu besoin d’une accélération sont restés plats, ceux qui auraient eu besoin d’un rythme plus lent était trop rapides… Et ce qui a vraiment tué mon plaisir, la fin. L’autrice aurait décidé de terminer son roman entre 3 et 6 paragraphes avant la fin actuelle, cela aurait été parfait. Mais avec la fin actuelle, j’ai plus eu l’image d’un torchon mouillé s’écrasant au sol qu’autre chose.

Je m’attendais vraiment à adorer ce roman. J’ai beaucoup aimé sa manière de traiter le sujet de la féminité et du rapport au corps, mais je n’ai vraiment pas aimé le traitement du rythme… Et c’est vraiment dommage.

En bref, un roman fort et indispensable mais qui, faut d’un rythme mieux maîtrise, n’a pas su me toucher autant que je l’aurais souhaité.

Citations :

Ce n’est pas la fuite qu’ils craignent. Nous n’irions pas loin. Ce sont ces autres évasions, celles que l’on peut ouvrir en soi-même, si l’on dispose d’un objet tranchant.

Peut-être l’ennuie est-il érotique, pour les hommes, quand il est figuré par des femmes.

Mais j’ai tort, personne ne meurt d’être privé de rapports sexuels. C’est du manque d’amour que nous mourrons.

Mais s’il se trouve que vous êtes un homme, quelque part dans l’avenir, et que vous avez survécu jusque-là, surtout n’oubliez jamais ceci : vous ne serez jamais soumis à la tentation de croire que vous devez pardonner comme une femme se doit de le faire. C’est difficile d’y résister, croyez-moi. Mais souvenez-vous que le pardon est aussi un pouvoir. Le mendier est un pouvoir, le refuser ou l’accorder est aussi un pouvoir, peut-être le plus grand de tous. Il se peut que rien de tout ceci n’ait à voir avec l’autorité. Il se peut qu’il ne s’agisse pas vraiment de savoir qui peut posséder qui, qui peut faire quoi à qui et s’en tirer indemne, même s’il y a eu mort. Il se peut qu’il ne s’agisse pas de savoir qui a le droit de s’asseoir et qui doit être à genoux, ou debout, ou couchée, jambes écartées et ouvertes. Peut-être s’agit)il de savoir qui peut faire quoi à qui, et être pardonné. N’allez pas me dire que cela revient au même.

De temps en temps nous changeons d’itinéraire ; rien ne l’interdit, pourvu que nous restions à l’intérieur des barrières. Un rat dans un labyrinthe est libre d’aller où il veut, à condition qu’il reste dans le labyrinthe.

Alors il m’a embrassé comme si, puisque j’avais dit cela, les pouvaient redevenir normales. Mais quelque chose, un équilibre, s’était déréglé. Je me sentais ratatinée, et quand il m’a entourée de ses bras et m’a serrée, j’étais aussi petite qu’une poupée. Je sentais l’acte d’amour se dérouler sans moi. J’ai pensé, cela lui est égal. Celui lui est tout à fait égal. Peut-être même est-ce que cela lui plaît. Nous ne sommes plus l’un à l’autre, c’est fini. Maintenant je suis à lui. Indigne. Injuste. Inexact. Mais c’est ce qui s’est passé.

Ne laissez pas les salauds vous tyranniser.

On ne peut pas commander à ses sentiments, disait un jour Moira, mais on peut commander à son comportement.

C’est une des choses qu’ils font. Ils vous forcent à tuer, à l’intérieur de vous-même.

Mieux ne veut jamais dire mieux pour tout le monde, dit-il. Cela veut toujours dire pire, pour certains.

Comme le savait les architectes de Gilead, si l’on veut instituer un système totalitaire efficace, ou n’importe quel système, d’ailleurs, il est nécessaire d’offrir certains bénéfices et libertés à tout le moins à une poignée de privilégiés, en échange de ceux que l’on abolit.

Comme le savent tous les historiens, l’histoire est une immensité obscure, qui résonne d’échos.

Ma note : 14.75/20

  • Scénario –  3.75/4
  • Ecriture/Style – 2.5/4
  • Potentiel d’addiction – 2/3
  • Personnage – 1.5/2
  • Emotions – 1.25/2
  • Originalité/Créativité – 2/2
  • Suspens – 1.5/1.5
  • Humour – 0.25/1.5

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