De l’autre côté du mur, Intégrale – Agnès Marot

Caractéristiques :

  • Auteur – Agnès Marot
  • Editeur – Links
  • Parution – 2017 (texte original 2013 et 2015)
  • Pages – 425
  • ISBN – 979-1097434021

4ème de couverture :

Pour Sibel qui se consacre entièrement à la danse, le quotidien est un perpétuel ballet. Pourtant, tout bascule le jour où son lien à l’Art est coupé : on l’isole de ses sœurs, on lui refuse l’existence qu’elle aime tant dans cette communauté composée exclusivement de femmes. En tâtonnant pour retrouver tout ce qu’elle a perdu, elle entend des rumeurs, découvre des secrets propres à bouleverser sa conception du monde. Mais alors, si la vie n’est qu’un immense théâtre, pour qui Sibel danse-t-elle ? Et surtout, que se trame-t-il en coulisse ? Peut-être cet étranger au sourire narquois qui se définit comme un « homme » et ne lui parle que de Science pourra-t-il lui apporter des réponses. L’aidera-t-il à franchir l’enceinte qui délimite l’univers qu’elle a toujours connu ? 

Mon avis :

Quoi de mieux qu’une dystopie – aux premiers abords – très stéréotypées pour mieux détruire ces dits-stéréotypes ? C’est ce que fait Agnès Marot, et avec brio. 

Avant toute chose, il faut savoir que cette édition est composé du titre De l’autre côté du mur et de son préquel Notes pour un monde meilleur. Je traiterai des deux dans cet article.

Dans le premier, nous suivons Sibel, une jeune danseuse vivant en harmonie totale avec son Don (que l’on pourrait facilement considérer comme de l’hypersensibilité sous certains angles) au sein d’une communauté constituée uniquement de femmes, aux jardins ceint d’un mur infranchissable. Au sein de cette communauté, les jeunes femmes ne sont dirigées depuis leur plus tendre enfance que vers une seule chose : leur Art, et leur ouverture aux autres Arts. Rien que part cette brève description, il est aisé de comprendre que le monde décrit par l’autrice est loin d’être simple, et que la partie sera finement jouée.

En effet, Sibel tombe très vite dans la désillusion et fonce hors de son Eden, pour se confronter à la réalité : l’arrière de l’Eden. De là, s’en suit une véritable épopée tant philosophique qu’humaniste, qui ne prônera que la paix, la liberté et l’égalité.

De manière à la fois subtile est belle, Agnès Marot nous plonge dans un monde aussi manichéen que contrasté et ce, au travers de différentes oppositions : l’Art contre la Science, les Femmes contre les Hommes, le Bien contre le Mal, l’asservissement contre la liberté, la guerre contre la paix, le passé contre le l’avenir… Le tout, mêlé dans une construction complexe est magnifique à découvrir.

Bien évidemment, l’autrice ne lésine pas sur les sentiments et surtout, sur l’exploitation d’un fait réel mais très peu connu (et reconnu) dans nos sociétés : l’hypersensibilité. La manière dont elle décrit les Arts, et plus encore ce que ressentent les personnes qui les pratiquent sont d’une beauté indescriptible, et ne décrivent que trop bien ce qu’un hypersensible peut ressentir en pratiquant quelque chose de similaire.

Un véritable lutte pour la la liberté, teintée d’une romance qui, pour une fois dans les dystopies, ne vient pas prendre le pas sur l’intrigue et les valeurs de l’ouvrage.

Pour ce qui est son préquel, je ne saurais décrire à quel point il est bon. Nous avons les réponses aux questions laissées en suspend dans le tome initial, mais aussi la genèse de ce monde. Ce qui est fort, c’est qu’Agnès Marot n’hésite pas à détruire le coeur de son lecteur pour porter son l’intrigue là où elle le souhaite, tout en le réconfortant à l’aide de son style poétique, à la limite de l’onirique.

En bref, un roman excellent au préquel des plus succulents, à consommer sans modération ! Un coup de coeur !

Citations :

Un baiser est la plus sûre façon de se taire en disant tout. 

En supprimant la violence et la peine, nous avons aussi tué la tendresse, l’amour et les joies simples de la liberté. 

Même si on ne connait pas son nom, le besoin de liberté se tapit toujours quelque part, au fond de nos coeurs. 

Ça ne sert à rien de travailler autant si on passe à côté de sa vie. 

L’art de la littérature consiste à trouver le mot juste pour susciter des émotions devant la beauté du langage. La langue doit être aussi mélodieuse que les notes sur lesquelles tu danses, et elle ravira ton esprit aussi bien que ton coeur. C’est l’art qui permet de manipuler le plus facilement le puissant pouvoir de l’imagination, mais aussi de la raison.

Moi qui commençais à apprécier les contacts, je réalise que ce n’est valable que pour ceux que j’ai acceptés comme des amis, des compagnons, ou quand le geste s’accompagne de tendresse. Ce toucher-ci n’a rien d’affectueux : il est glacial, un véritable combat à lui seul. Je dois lutter de toutes mes forces pour ne pas m’écarter. Chaque mèche qui frôle ma paume me salit jusqu’au fond du coeur.

Ma note : 19/20

  • Scénario –  4/4
  • Ecriture/Style – 3.75/4
  • Potentiel d’addiction – 3/3
  • Personnage – 2/2
  • Emotions – 2/2
  • Originalité/Créativité – 2/2
  • Suspens – 1.5/1.5
  • Humour – 0.75/1.5

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