Je t’ai rêvé – Francesca Zappia

Caractéristiques :

  • Auteur – Francesca Zappia
  • Editeur – Robert Laffont (Collection R)
  • Parution – 2015
  • Pages – 442
  • ISBN – 978-2221190241

4ème de couverture :

Vous, les gens normaux, êtes tellement habitués à la réalité que vous n’envisagez pas qu’elle puisse être mise en doute. Et si vous n’étiez pas capables de faire la part des choses ? Jour après jour, elle se retrouve confrontée au même dilemme : le quotidien est-il réel ou modifié par son cerveau détraqué ? Dans l’incapacité de se fier à ses sens, à ses émotions ou même à ses souvenirs, mais armée d’une volonté farouche, Alex livre bataille contre sa schizophrénie. Grâce à son appareil photo, à une Boule Magique Numéro 8 et au soutien indéfectible de sa petite sœur, elle est bien décidée à rester saine d’esprit suffisamment longtemps pour aller à l’université. Plutôt optimiste quant au résultat, Alex croise la route de Miles, qu’elle était persuadée d’avoir imaginé de toutes pièces… Avant même qu’elle s’en rende compte, voilà que la jeune femme se fait des amis, va à des soirées, tombe amoureuse et goûte à tous les rites de passage de l’adolescence. Mais alors, comment faire la différence entre les tourments du passage à l’âge adulte et les affres de la maladie ? Tellement habituée à la folie, Alex n’est pas tout à fait prête à affronter la normalité. Jusqu’où peut-elle se faire confiance ? Et nous, jusqu’où pouvons-nous la croire ?

Mon avis :

J’ai lu ce roman bien après qu’il ait fait du bruit. Ceux qui me connaissent savent que j’ai tendance à fuir tout ce qui fait le buzz. Et le résultat est sans appel : je m’attendais à mieux. 

Le style est loin d’être mauvais, tout comme l’histoire en elle-même n’est pas mauvaise du tout. 

Durant tout le roman, nous suivons Alex, adolescente atteinte de schizophrénie, qui tente de vivre une vie classique d’adolescent classique. Sorties, amis, amour… Une histoire d’adolescent pour des adolescents. 

On ne peut cependant pas retirer au roman une chose fondamentale : son originalité. J’ai rarement vu des romans mettant en scène un personnage atteint d’une maladie mentale sans que le roman en question soit un thriller sanglant. Ici, Francesca Zappia s’efforce (en simplifiant énormément cependant) de montrer le possible quotidien d’une personne atteinte, ses doutes, ses angoisses et ses faiblesses.

Mais malgré quelques scènes mignonnes et à fort potentiel émotionnel, ce roman ne joue pas suffisamment la carte de l’originalité pour vraiment sortir du lot. Et c’est dommage, car l’autrice avait tout pour faire un roman exceptionnel : des personnages forts, une caractéristique plus que délicate, un thème central puissant… Et au final, le roman est à la limite de la banalité : Alex aura beau être schizophrène, pendant les trois quart du roman, on a plus l’impression que sa schizophrénie était plus un prétexte pour faire un personnage de roman young-adult pas comme les autres qu’une réelle volonté scénaristique et humaniste. 

De même, le sujet de la maladie est vraiment trop peu exploité et trop peu représentatif de la réalité. Si tous les schizophrènes se contentaient d’avoir seulement les désagréments qu’a Alex, ça se saurait. Il n’est rien dit sur la violence inouïe des crises, ni de tout le côté extrêmement sombre de la maladie. À croire que la schizophrénie, ce n’est que voir des choses que notre cerveau créé. Et bien non. Au risque de me répéter, mais quand on veut écrire un roman sur un sujet précis, qu’il soit historique, médical ou sociétal, la moindre des choses est de vraiment faire des recherches approfondies pour éviter de dire des âneries ou de minimiser les choses.

Au sortir de ma lecture, et malgré les larmes que j’ai pu versé et la poésie des mots de l’autrice, je me suis dit que c’était vraiment dommage de vouloir sortir des sentiers battus pour aussitôt y revenir. 

En bref, un roman qui avait tout pour être une véritable bombe mais qui, par conformisme, finit par n’être qu’un roman pour adolescent de plus.

Citations :

Les gens disent que les adolescents se croient immortels, et je suis d’accord. Mais il y aune différence entre se croire immortel et savoir qu’on peut survivre. Si on se croit immortel, on devient arrogant, parce qu’on pense qu’on mérite le meilleur. Survivre, c’est avoir connu le pire et être capable de continuer malgré tout. Ça veut dire faire des efforts pour obtenir ce que l’on veut, même si ça paraît impossible, même si tout se met en travers du chemin. Et une fois qu’on a survécu, on se remet. Et on vit.

– Tout les gens sont intéressants si on les observe assez longtemps.

– J’aime pas quand ta tête se casse.

Je savais qu’elle était suffisamment grande et intelligente pour savoir que ma tête ne s’était pas vraiment cassée, mais elle en parlait comme ça depuis toujours et ça n’avait aucune importance. Ça la rassurait peut être de penser qu’elle était cassée : au moins comme ça on pouvait la réparer.

Ma note : 15.5/20

  • Scénario –  3.5/4
  • Ecriture/Style – 3/4
  • Potentiel d’addiction – 2/3
  • Personnage – 2/2
  • Emotions – 2/2
  • Originalité/Créativité – 1/2
  • Suspens – 1.5/1.5
  • Humour – 0.5/1.5

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. J’ai lu ce roman il y a quelques années et j’avais adoré! J’avais beaucoup aimé l’héroïne! Mais il avait fait débat à sa sortie, pas mal de gens n’avais pas apprécié 🙂

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    1. Je fais parti de ces personnes qui n’ont pas beaucoup apprécié ^^’ Même s’il n’est pas foncièrement mauvais, je ne le trouve pas foncièrement bon non plus, et j’avoue avoir du mal à comprendre comment est-ce qu’il a pu faire autant de bruit (mais c’est pareil avec d’autres livres de la même trempe où leur succès est pour moi un grand mystère xD)

      Aimé par 1 personne

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