Elle s’appelait Sarah – Tatiana de Rosnay

Caractéristiques :

  • Auteur – Tatiana de Rosnay
  • Editeur – Le Livre de Poche
  • Parution – 2007
  • Pages – 416
  • ISBN – 978-2253157526

4ème de couverture :

Paris 2002. Julia Jarmond, journaliste américaine, est chargée de couvrir la commémoration du Vél d’Hiv. Découvrant avec horreur le calvaire de ces familles juives qui furent déportées à Auschwitz, elle s’attache en particulier au destin de Sarah et mène l’enquête jusqu’au bout, au péril de ce qu’elle a de plus cher.

Paris 16 juillet 1942. A l’aube la police française fait irruption dans un appartement du Marais. Paniqué, le petit Michel se cache dans un placard. Pour le protéger, sa grande soeur l’enferme et emporte la clef, en lui promettant de revenir. Mais elle fait partie des quatre mille enfants raflés ce jour-là…

Mon avis :

Écrire pour dénoncer. Écrire pour instruire. Écrire pour prévenir… On n’écrit jamais pour rien.

Elle s’appelait Sarah est un roman dont j’entendais énormément parlé, et était très intéressée par cette période historique (les grandes guerres), c’est tout naturellement que je me suis lancée dans cette lecture. Rien n’aurait pu prédire et le coup le coeur, et la gifle que j’ai reçu. 

Dans cet ouvrage Tatiana de Rosnay s’attaque à un sujet à la fois complexe et surtout tabou encore en France : le rôle du gouvernement dans les déportations de juifs, et notamment la tristement célèbre rafle du Vel d’Hiv. 

Au travers d’une narration à double entrée, l’autrice nous offre sur un plateau deux histoires poignantes, reliées par un tragique évènement. 

D’un côté, nous avons Julia Jarmond, journaliste américaine vivant en France avec mari et enfant, qui doit couvrir la commémoration de la rafle du Vel D’Hiv. Nous voyons au fil de son périple journalistique à quel point le sujet est encore hyper sensible auprès qu’une grande partie de la population. Entre déni, embuche et mauvais souvenirs enfouis loin, très loin,Julia finira par croiser le chemin d’une certaine Sarah…

De l’autre côté, nous suivons la vie de Sarah, jeune fille juive des années 1940, qui a vécu la rafle. Déportation, camps, souffrance… L’autrice nous plonge dans une fiction poignante et cruelle, qui l’est d’autant plus quand on sait qu’une telle histoire a pu exister. 

Elle s’appelait Sarah n’est pas seulement un roman sur la rafle du Vel d’Hiv. C’est un véritable rappel de l’histoire, une mise garde contre les dangers des extrêmes. Un étalage de douleur historique et de mal-être présent pour la plupart, qui traduit à merveille une ode à la paix et à la tolérance. 

Inutile de préciser je pense que ce livre n’est pas à mettre entre toutes les mains. Vu le sujet, il faudrait, mais ce roman a une telle puissance émotionnelle que certaines scènes (bien que pas excessivement violente ni particulièrement dure) deviennent complexes à lire si tant est que l’on soit sensible. J’aurais beau aimer lire des romans trash, certaines scènes m’ont vraiment retournées l’estomac. Effet qui n’est qu’accentuer (pour ma part) car la victime principale est une enfant. 

En bref, un roman historique puissant, dur, mais ô combien indispensable. Un classique du genre à lire absolument. 

Citations : 

Pourquoi toute cette haine ? Elle n’avait jamais haï personne dans sa vie, à l’exception d’une institutrice. Cette maîtresse l’avait sévèrement punie parce qu’elle ne savait pas sa leçon. Elle essaya de se rappeler si elle avait été jusqu’à souhaiter sa mort. Oui, elle avait été jusque-là. Alors, c’était peut être ainsi que tout était arrivé. À force de détester des gens au point de vouloir leur mort.

« Victimes des nazis, encore une fois », marmonna Bamber. « On dirait qu’on a affaire, ici, à un cas pathologique d’amnésie. »

Nous restâmes tous les deux devant le monument, silencieux. Bamber avait pris quelques photos, mais à présent, il avait rangé son matériel. Le marbre noir ne mentionnait pas que la police française avait été seule responsable de la tenue du camp, et de tout ce qui s’était passé derrière les barbelés.

Comment se pouvait-il que des existences changent si radicalement, soient détruites et que les rues et les immeubles restent les mêmes ?

Qu’on imagine maintenant un homme privé non seulement des êtres qu’il aime, mais de sa maison, de ses habitudes, de ses vêtements, de tout enfin, littéralement de tout ce qu’il possède : ce sera un homme vide, réduit à la souffrance et au besoin, dénué de tout discernement, oublieux de toute dignité : car il n’est pas rare, quand on a tout perdu, de se perdre soi-même.

Malheur à celui qui rêve : le réveil est la pire des souffrances.

Ma note : 18/20

  • Scénario –  3.75/4
  • Ecriture/Style – 3.5/4
  • Potentiel d’addiction – 3/3
  • Personnage – 2/2
  • Emotions – 2/2
  • Originalité/Créativité – 2/2
  • Suspens – 1.5/1.5
  • Humour – 0.25/1.5

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