La poupée aux yeux de verre – Tony Perraut

Caractéristiques :

  • Auteur – Tony Perraut
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2018
  • Pages – 212
  • ISBN – 978-1728754437

4ème de couverture :

Fabriquée en 1815 en Angleterre, après une vie d’ombre et de mystères, elle trouve désormais refuge chez un auteur. Après plusieurs nuits de confessions, il a commencé à écrire son histoire, parfois impossible à mettre en mots tellement l’horreur était insupportable. Il a quand même essayé de retranscrire au mieux ses mémoires.Bienvenue dans la tête d’une poupée.

Mon avis :

Un histoire qui traverse les décennies. Entre ces histoires, rien de particulier… Sauf une poupée aux yeux de verres au nom des plus glaçant, témoignant de son passé douloureux : Mortifère. 

Dans cet OS, Tony Perraut nous livre un roman aussi glaçant que terrifiant. Au travers trois histoires qui n’en sont en fait que deux, nous suivons cette pauvre Mortifère, poupée de cire et aux yeux de verre, dans ses pensées et ses actions… Mais aussi dans celles de ses propriétaires. 

Bien que le roman soit prenant et émouvant, il comporte bien trop d’erreurs basiques qui viennent troubler le lecteur lors de sa lecture. Cela ne concerne heureusement pas tout le roman, mais quelques parties importantes qui font que, finalement, l’ouvrage nous laisse plus une impression de flou et d’inabouti plutôt qu’un sentiment bien précis.

Lors des parties concernant la petite Marie, jeune fille des années 40, le style est magnifiquement glaçant. Froid et implacable, on suit avec effroi une courte partie de la vie de cet enfant avec une seule question en tête : mais que va lui faire Mortifère ? 

Les choses se gâtent plus lorsqu’on aborde la partie concernant les deux jumelles, Ruth et Rose. Le problème ne réside pas dans l’histoire en elle-même qui est tout simplement brillante, mais dans la narration employée. 

En effet, l’auteur, alors qu’il utilisait une narration à la troisième personne du singulier pour les parties concernant Marie, opte plutôt pour une narration à la première personne du singulier dans pas mal de passage concernant Rose… Mais aussi pour d’autre concernant Mortifère elle-même. De fait, le résultat est sans appel : en avançant dans les chapitres, sans marque distinctives entre les deux narratrices, il est parfois impossible de savoir qui parle, qui de Rose ou de Mortifère s’adresse à nous. Selon les chapitres, on finit par comprendre avec le contexte, mais ça ne devrait pas être nécessaire. D’autant plus qu’à certains moment, des morceaux de narration sont en italiques, et désignent tantôt les pensées de Rose, tantôt celle de Mortifère, tantôt un rêve, tantôt…

Une erreur des plus basiques mais pourtant fatale : elle vient rendre un flou un roman qui ne l’aurait pas été si écrit et relu avec plus de vigueur. Ce type d’erreur ne vient malheureusement que d’une seule chose : un manque de relecture et de ré-écriture, étape pourtant essentiel dans la construction d’un projet. 

Mais cet aspect ne vient que très peu perturber la potentiel émotionnel de ce roman. Le lecteur oscille facilement entre la peur et la peine, l’angoisse et la tristesse… 

Mais avant tout, ce roman parle du manque. Du manque d’amour, du manque de présence… De l’abandon. Avec des mots poignants et forts, l’auteur nous livre une partie de lui au travers de cette poupée de cire maudite que les décennies et les siècles ne cessent de torturer. 

En bref, un roman avec beaucoup de potentiel, malheureusement atténué par un manque cruel de relecture et de clarté. 

Citations : 

Mais rien ne s’oublie, tout reste tapi bien au fond de nous, prêt à bondir à la moindre image, odeur ou même texture.

Je crois qu’il n’y a pas pire que de se sentir oublié, quitté sans raison, à cause d’une pulsion ou d’un simple détachement, c’est comment mourir tout en restant toujours vivant. Tu vois ton corps tomber, tu vois ta vie s’effondrer, mais tu n’as personne, personne pour te relever. Tu sombres dans un océan qui n’a de terres que celles que tu imagines, rien à l’horizon, tu penses que tu vas mourir, tu ne le penses pas, tu le sais. Tu sais qu’il sera trop tard, que lorsque l’on va te retrouver, tu seras dans l’eau, flottant comme le ferait une bouée, ou pire, mangée par diverses espèces marines.

Ce ne sont pas les rêves qui font peur, mais le retour à la réalité.

Ma note : 13.75/20

  • Scénario –  3.75/4
  • Ecriture/Style – 3.5/4
  • Potentiel d’addiction – 2.5/3
  • Personnages – 2/2
  • Emotions – 2/2
  • Originalité/Créativité – 1.5/2
  • Suspens – 1.25/1.5
  • Humour – 0.25/1.5
  • Malus « Manque de relecture » : -1pt
  • Malus « Manque de ré-écriture » : -2pts

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