Vivre/Mourir – Tony Perraut & Matthieu Elhacoumo

couv46370028.jpgCaractéristiques : 

  • Auteurs – Tony Perraut & Matthieu Elhacoumo
  • Editeur – Autoédition
  • Parution – 2018
  • Pages – 48
  • ISBN – 978-1983323676

4ème de couverture :

Il est vivre.
Je suis mourir.

Il est Matthieu Elhacoumo.
Je suis Tony Perraut.

Une nouvelle écrite à deux où l’art est omniprésent, la mort, la vie, l’envie et cette amitié.

C’est un texte court, dur, douloureux.

Nous allons danser, ensemble.
Peindre, dans le noir.

Nous allons, ensemble, lecteurs, vivre une expérience de lecture unique.

Mon avis :

Je suis une habituée des nouvelles, que ce soit en lecture comme en écriture. Mais celle-ci a un parfum d’innovation non négligeable. Bien qu’il doit en exister d’autres, c’est une première pour moi : une nouvelle à quatre mains. Deux auteurs dans une même histoire, tendant vers un même but, muent par la même passion. Je dois dire que j’avais beaucoup de crainte en commençant ce texte mais, au final, j’ai été plus que surprise, et dans le bon sens du terme.

Une de mes craintes principales, en dehors de la cohérence de l’histoire, était d’avoir des styles trop disparates, et des identités d’auteurs trop fortes qui seraient entrer en concurrence l’une envers l’autre, détruisant l’équilibre vers lequel tendait le texte. Force a été de constater que cette difficulté immense a été surmontée avec brio ! Je ne connais pas du tout l’oeuvre de Matthieu Elhacoumo alors que je connais celle de Tony Perraut… et pendant une bonne partie du texte, je me suis demandée qui écrivait quoi. Au final, j’ai bien pu identifier le style de Tony, assez caractéristique et reconnaissable quand on connait un peu son travail. Mais cette scission entre les deux auteurs est tellement subtile, tellement suave, qu’un lecteur non averti ou étourdi pourrait croire que l’entièreté du texte a été écrit par une seule personne. Et ça, c’est vraiment un bon point, et la preuve d’une collaboration parfaitement réussi : les deux auteurs arrivent à la fois à se démarquer et à se confondre.

Autre fait remarquable dans ce texte et, cette fois, bien plus rare : le choix de la narration. les deux compères n’ont pas opté pour une narration externe ou omnisciente, mais pour une narration interne et surtout, une narration qui implique totalement le lecteur, à chaque instant, avec l’utilisation bien marquée de la deuxième personne du singulier. Très déstabilisant au début, ce procédé à du moins le mérite de faire entrer le lecteur dans le coeur du texte et ce, d’une manière aussi express que brutale. Ce choix est loin d’être anodin, car il n’est pas fixe. En effet, si en début de nouvelle, on pense que les auteurs nous parle et s’adresse à nous, mais plus en avance dans l’histoire, et plus on se pose des questions quant au véritable destinataire de ces apostrophes : le lectorat, ou bien l’autre auteur ? La fin nous donne autant de réponse qu’elle nous en pose. Un choix audacieux dans tous les cas, parfaitement exploité et mené.

Le sujet de la nouvelle est aussi limpide que glaçant. On ne sort pas beaucoup de l’univers très sombre de Tony Perraut, mais on sent tout de même une très forte évolution dans sa manière d’écrire et d’amener les choses, de même qu’une forte notion autobiographique. Douleur, déchirement, trahison… Autant de sentiments humains connus et reconnus de tous, mis en scène dans une pièce macabre et ténébreuse. Les deux auteurs ont réussi le pari d’écrire sur le plus noir de l’humain, d’écrire la Douleur avec un grand D, dans un rythme maîtrisé et parfaitement adapté.

En bref, une nouvelle à quatre main parfaitement menée de A à Z, ayant fait un parti pris littéraire aussi audacieux que réussi. Bravo !

Citations :

« Tu n’as pas honte, non, car dans le noir tout est possible, même les choses les plus abjectes. »


« Vivre ou mourir ? Je préfèrerais mourir. Car vivre encore, c’est payer le tribut d’une honte mortelle. Vivre, c’est accepter d’endurer un mal aussi cruel que celui que ta main a osé porter. Vivre, c’est mourir. »

Ma note : 18.5/20

  • Scénario – 3.75/4
  • Ecriture/Style – 4/4
  • Potentiel d’addiction – 3/3
  • Personnage – 2/2
  • Emotions – 2/2
  • Originalité/Créativité – 2/2
  • Suspens – 1.5/1.5
  • Humour – 0.25/1.5

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