Effets d’emprises (Les récits Sélénites 2/3) – Sélène Derose

Effets-d-emprises_selene-derose_couverture.jpgCaractéristiques : 

  • Auteur – Sélène Derose
  • Éditeur – Autoédition
  • Parution – 2018
  • Pages – 75
  • ASIN – B07HYZX9KP

4ème de couverture :

De la journaliste avide à l’enfant innocent, du village enclavé dans une sinistre forêt à l’immense cité aux mœurs sournoises, en passant une maison décrépie mangée par le lierre, une brume dont il faut se méfier au crépuscule, de sombres époques et leurs légendes captivantes, inquiétantes, se déploient comme l’obscurité sans lumière dans Effets d’Emprises.

Mon avis :

Je remercie avant toute chose l’autrice qui m’a permis de découvrir son recueil en avant-première, afin que je puisse vous en parler.

Contrairement à son premier recueil « Quêtes d’ombre et de lumière », Sélène Derose nous plonge dans un univers bien plus angoissant et noir, à la limite de l’horreur parfois. Constitué de quatre nouvelles et d’un bonus, ce recueil n’est pas à prendre à légère et surtout, déconseillé aux personnes trop sensibles : même en étant une habituée du genre, certaines nouvelles m’ont complètement retournées.

Même si toutes les autres sont de très bonne qualité, la première est la pièce maîtresse de cet ensemble, celle que j’ai préféré. Sélène y traite à la fois les questions de curiosité, d’héritage macabre, mais aussi les pratiques occultes, au travers des yeux d’une journaliste spécialisée dans les faits divers paranormaux et d’une mine « hantée ». Le rythme est parfaitement maîtrisé, de même que les mots employés. Même en lisant ce texte dans un endroit lumineux et avec une musique enjouée en arrière fond (de la kizomba, si certains sont curieux…), cette nouvelle m’a donné des frissons. Pour une fois, je suis bien contente de ne pas l’avoir lu seule, dans mon lit et dans le noir ! Je n’aurais pas fermé l’oeil de la nuit.

La seconde nouvelle est plus floue encore, bien que belle dans le message et les intentions. Je ne l’ai pas comprise tout de suite, il m’a fallut une seconde lecture et quelques questions à l’autrice afin de la déchiffrer correctement. En ressort surtout son cadre : la guerre. On suit un jeune qui, par une mauvaise décision, va déclencher une chaîne de malheur. Bien mal acquis ne profite jamais. Toute aussi horrifique que la précédente par instant, elle est cependant plus profonde au niveau du message, et pousse vraiment son lecteur à la réflexion, à la fois humaine et historique, avec notamment la question des « profiteurs de guerre » qui est soulevée.

La troisième fait aussi partie de mes favorites. Très inspirée de la colonisation (sans précision géographique particulière), Sélène Derose nous décrit l’horreur de cette pratique au travers des yeux d’un enfant particulier, mais plus encore, au travers d’images hautes en couleur et de symbole. Presque une ode à l’humanité et à la nature, cette nouvelle est forte par ses représentations et ses images, renforcées par une narration à la limite du conte.

La dernière nouvelle, elle, se centre plus sur les pêchés capitaux en eux-même, le mal à sa racine selon les croyances chrétiennes. Une belle opposition est faite entre le Paradis et l’Enfer par deux lieux différents, mais aussi entre vertu et vice. On va suivre un jeune homme qui tente de sauver son frère dont il voit la flamme de vie s’amenuiser progressivement, alors que sur son chemin, les premiers vices vont le tenter. La fin n’en est que plus édifiante.

Pour terminer, le bonus. Bien plus actuel que les trois dernières nouvelles, Sélène Derose boucle la boucle en traitant de nouveau la curiosité, mais aussi de la bêtise, au travers d’une jeune femme imprudente dans un musée des plus effrayants.

Là encore, Sélène Derose fait fort. Bien qu’à la lecture, on puisse se dire que ces nouvelles ne sont reliées que dans l’horreur et la noirceur, ce n’est absolument pas le cas. Dès la quatrième nouvelle, on comprend que, tout comme dans son premier recueil, les nouvelles forment une gradation dans l’horreur et dans la noirceur.
La première, une horreur paranormale, mystique, en laquelle on croit ou non, avec un malheur qui se déclenche par un trop plein de curiosité, mais aussi d’orgueil. La seconde, une horreur toujours versant dans le paranormal, mais dénonçant surtout une certaine avarice. Mais là encore, on reste sur les conséquences de ces déboires. La troisième est bien plus centré sur la colère, mais cette fois-ci, la balance entre le vice et ses conséquences est équilibrée. La quatrième est bien plus focalisée sur le vice en lui-même, les conséquences étant presque anecdotique, en traitant plus en avant la luxure, la gourmandise, mais aussi l’envie. Enfin, dans le bonus, bien que lécher, l’acédie est exploitée.

En plus de nous livrer une interprétations des sept péchés capitaux (surenchérit avec des symboliques occultes dissimulés ça-et-là dans le texte), Sélène Derose nous livre une gradation dans l’abstraction de ces péchés. Elle débute par une nouvelle exploitant seulement les conséquences des pêchés capitaux, pour terminer sur une quatrième nouvelle qui exploite directement les péchés capitaux et non plus tellement leurs conséquences. Ces analyses ne vient que confimer et valider le titre qui, de prime abord, pouvait sembler abstrait : Effets d’emprises. Le tout, bien entendu, dans un style à la fois fluide, riche, rythmé et surtout, adapté à l’histoire.

En bref, un recueil tout aussi excellent que le précédent, malgré une nouvelle plus difficile à la compréhension que les autres.

Citations :

Aucun relevé !

Ma note : 17.5/20

  • Scénario – 3.75/4
  • Ecriture/Style – 3.5/4
  • Potentiel d’addiction – 2.75/3
  • Personnage – 1.75/2
  • Emotions – 2/2
  • Originalité/Créativité – 2/2
  • Suspens – 1.5/1.5
  • Humour – 0.25/1.5

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