Le cri des papillons – Tony Perraut

Capture d_écran 2018-05-25 à 18.45.45Caractéristiques : 

  • Auteur – Tony Perraut
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2018
  • Pages – 363
  • ISBN – 978-1973258919

4ème de couverture :

Je suis Myra Porter, à l’âge de 8 ans j’ai été enfermée dans cette cellule suite à la découverte de ma schizophrénie précoce. Quand la séquestration rime avec la maladie, la haine, la violence et le viol, je m’enferme dans mon monde, la cave aux papillons, un monde magique où la violence n’intervient qu’avec le cri, le cri des papillons. « Un papillon ne crie pas, il souffre en silence »

Mon avis : 

Que je suis contente de revenir avec un livre que j’ai aimé et qui m’a vraiment fait voyager, vous ne pouvez pas savoir à quel point !

En effet, parlons un peu du « Cri des Papillons », signé par Tony Perraut, un auteur auto-édité dont j’apprécie tout particulièrement l’univers, mais encore plus sa façon de nous raconter des histoires.

A mon sens, cet opus est le plus travaillé que l’auteur ait pu nous fournir, que ce soit d’un point de vue purement littéraire, que d’un point de vue humain et scénaristique.

Comme à son habitude, Tony Perraut nous plonge dans un univers très sombre, mais aussi déformé par l’esprit malade qui le regarde, et à travers qui nous vivons l’histoire.

De fait, nous suivons sur les 360 pages de ce roman Myra Porter qui, suite à la découverte de sa schizophrénie, vis un véritable enfer. Mais cet enfer est-il réel ? C’est la question que l’on se posera tout au long de la lecture.

Je ne vais pas le cacher, ce roman m’a soufflé. Même si j’ai fini par me douter de la révélation qui allait faire basculer le roman, elle a été ammené d’une manière tellement subtile et percutante à la fois que ça a été un véritable plaisir de la lire.

En plus d’être vraiment très bien écrit, dans un style à la fois fluide, précis et profondément humain, l’auteur a réalisé un très gros travail scénaristique afin de rendre son histoire crédible et prenante. C’est assez frustrant de vous en parler : je ne veux pas vous gâcher la lecture en vous donnant trop de piste !

Ce que je note surtout dans ce texte, c’est la maturité et le cap passé. Je m’explique : j’ai découvert cet auteur il y a quelques temps déjà à travers son premier roman qu’il avait écrit adolescent, puis sur la suite de ce texte. Dans ces deux-là, on sentait déjà une évolution littéraire. Mais dans cet opus-ci, c’est une véritable explosion, avec pas mal de prise de risque. La première ? Faire un personnage féminin torturée et violentée. Peu à pas de fausse note au niveau de son comportement (tout à fait crédible), et ce ne sont pas tous les auteurs masculins qui arrivent à en faire autant, surtout lorsqu’on évoque des thèmes comme la peur, l’amour, et les viols. La seconde, un schéma scénaristique subtil et précis.

Et bien entendu, que serait ce roman sans la magnifique double métaphore qu’il renferme ? Je parle bien entendu de ces beaux papillons bleus. Pendant une grande partie de la narration, je me suis interrogée sur leur sens. Tout du long, je me suis posée des questions, pour que la révélation finale, la scène finale, vienne finalement me donner la réponse. Je vous laisserai le plaisir de la découvrir, la seule remarque que j’aurais à dire dessus : chapeau l’artiste !

En bref, une très bonne lecture qui n’est pas passée loin du coup de coeur, que je ne peux que vous conseiller. Attention cependant : certaines scènes sont très violentes et peuvent heurter la sensibilité de certains lecteurs. À ne pas mettre entre des mains trop sensibles ou innocentes.

Citations :

La réalité a un défaut, celui d’être étroitement liée au rêve. Quand les rêves mènent vicieusement au cauchemar, ça donne des moments horribles.


Ils sont si cruels tous avec leurs pulsions. […] Je sens l’humiliation reprendre le dessus, je sens la culpabilité d’être entrée dans cette maison, je sens cette odeur de soûlard arriver jusqu’à mon nez, je sens ses respirations s’intensifier, je sens ma vie de femme disparaître peu à peu. Les coups qui partent laissant cet homme en extase. Ils sont bien tous pareils avec leurs…

– Leurs pulsions. Dit-il en expirant intensément.


Je suis belle, il paraît. Je ne suis plutôt qu’une bête sexuelle pour lui, une fille qui ne ressent pas d’amour, qui ne cherche rien alors à quoi bon, il faut la violer ! Aller hop, c’est parti. Je voudrais juste exister. Ce n’est pas compliqué. Je veux juste qu’ils puissent comprendre que je suis une femme.


Je dois pourtant partir, partir loin, non pas géographiquement mais mentalement. Je n’ai pas le choix si je veux pouvoir m’en sortir. […] Ce que la femme redoute le plus dans la vie est finalement ma réalité. Je m’ordonne de ne plus pleurer pour avancer. Avancer, avancer jusqu’à tomber en ruine devant tant de délabrements.

Ma note : 17/20

  • Scénario –  4/4
  • Ecriture/Style – 3/4
  • Potentiel d’addiction – 2.75/3
  • Personnage – 2/2
  • Emotions – 1.5/2
  • Originalité/Créativité – 2/2
  • Suspens – 1.5/1.5
  • Humour – 0.25/1.5

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