Contemporain·Drame·Philosophie/Réflexion

Treize raisons – Jay Asher

couv11972806Caractéristiques :

  • Auteur – Jay Asher
  • Éditeur – Albin Michel
  • Parution – 2010
  • Pages – 284
  • ISBN – 978-2226195531

4ème de couverture :

Clay Jensen reçoit sept cassettes enregistrées par Hannah Baker avant qu’elle ne se suicide. Elle y parle de treize personnes qui ont, de près ou de loin, influé sur son geste. Et Clay en fait partie. D’abord effrayé, Clay écoute la jeune fille en se promenant au son de sa voix dans la ville endormie. Puis il découvre une Hannah inattendue qui lui dit à l’oreille que la vie est dans les détails. Une phrase, un sourire, une méchanceté ou un baiser et tout peut basculer…

Mon avis :

Même si ce livre est sorti il y a un petit moment maintenant, j’étais complètement passé à côté. C’est en regardant la série Netflix sortie il y a peu que j’ai découvert que le livre existait. Après voir littéralement dévoré la série (presque d’une traite), j’ai voulu lire le roman. Et bien pour une fois, j’ai préféré l’adaptation au livre.

Je ne ferai pas un article sur la différence entre le film et le livre, mais uniquement sur le livre.

Ce qui en fait sa force est bien évidemment à quel point il est cru, plus que le sujet en lui même. Ce n’est pas le premier livre sur le harcèlement scolaire que je lis, ni qui est édité, mais c’est le premier que je lis et qui est aussi cru, voire même par moment malsain. Comparé à Blacklistée de Cole Gibsen, 13 raisons pourrait paraître comme un thriller psychologique tellement il est puissant et intrusif.

Chaque chapitre correspond à la face d’une cassette, et on alterne entre le point de vue de Clay, et la narration d’Hannah. Chose assez éprouvante, car la narration globale est totalement hachée : dès qu’Hannah dit quelque chose, Clay va de son petit commentaire ou de son anecdote, nous donnant alors un autre point de vue sur une situation identique. Procédé extrêmement intéressant je trouve, car on voit alors les fautes de chaque personnage : ce que Hannah aurait pu faire, ce qu’elle a fait, ce que Clay n’a pas vu, etc.

Mais ce qui transforme ce roman dur en véritable page-turner, c’est à quel point il est malsain et cru dans ses démonstrations. Hannah n’hésite pas à utiliser le vocabulaire spécifique concernant ce qu’elle a vécu, et elle n’omet rien, même les détails les plus sordides. Contrairement à Clay qui veut la vérité, nous sommes nous, lecteurs, placés dans le rôle du voyeur, ce qui peut être extrêmement dérangeant.

Ce qui à mon goût, rend ce roman indispensable à lire (de même que la série), est sa justesse. Combien de fois me suis-je retrouvée dans le personnage d’Hannah ? Bien trop à mon goût. Ce qui m’a le plus chamboulé, ce n’est pas tellement ce qu’elle vit, et comment elle raconte, ô combien sa démarche est macabre et morbide, mais à quel point sur certains de ses ressentis, j’étais proche d’elle. L’auteur a réussi à se mettre dans la peau et surtout dans la tête d’une adolescente harcelée avec une facilité déconcertante, et le résultat n’est que plus vraisemblable.

Alors oui, Hannah a fait des erreurs fatales, des actes manqués qui auraient pu lui sauver la vie. Mais là est toute la puissance du roman : le personnage n’est pas parfait, mais est humain, à faire des erreurs et à penser non plus rationnellement, mais en suivant un seul fil : comment arrêter de souffrir ?

Vous l’aurez compris, ce livre est une pépite, bien qu’elle soit assez malsaine, et que certaines réflexions que fait Clay sont totalement déplacées à mon goût. Bien moins violent que la série, je conseillerais à ceux voulant découvrir cette histoire de commencer par le livre s’ils sont d’un naturel fragile et/ou sensible.

En bref, une roman percutant, cru et indispensable, véritable coup de pied dans la fourmilière, qui n’hésite pas à dénoncer la gravité que peut avoir le harcèlement scolaire à travers les yeux d’une victime qui ne s’en sort pas.

Citations :

Petit conseil. Quand vous touchez une fille, même pour rire, et qu’elle vous repousse… fichez-lui la paix. Stop. Ne la touchez plus. Nulle part. Votre contact la dégoût, un point c’est tout.


Quand une chanson vous fait pleurer, mais que vous n’avez plus envie de pleurer, vous cessez de l’écouter.
Mais échapper à soi-même, c’est impossible. On ne peut pas décider de ne plus se voir. De couper le son à l’intérieur de sa tête.


On en peut jamais retrouver les choses telles qu’elles étaient. Telles qu’on les croyait.
Nous n’avons… que le présent.

Ma note : 17.25/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 0.25/1.5

4 réflexions au sujet de « Treize raisons – Jay Asher »

  1. Alors que de base ce n’est absolument pas mon genre de lecture, je dois avouer que je l’ai dévoré et adoré ! J’ai vraiment été saisi par la plume de l’auteur pleine de sincérité et j’ai littéralement vécu ma lecture.

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    1. C’est le sentiment que j’ai eu aussi. Une lecture vraiment très intense et vivante malgré le dénouement connu dès le départ. Si tu n’as pas encore regardé la série, je te la conseille vivement en tout cas ! 😉

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