Érotique·Historique·Romance

L’Art d’aimer – Ovide

couv38287278Caractéristiques : 

  • Auteur – Ovide
  • Editeur – Belles Lettres
  • Parution – 1 ap. JC
  • Pages – 89
  • ISBN – 978-2251011196

4ème de couverture :

La séduction : un art subtil, un rite mis à l’honneur pendant la Renaissance avec les cours d’amour, mais déjà chanté par Ovide. La femme étant libre de ses sens et de ses sentiments, comment la conquérir ? Où tendre ses filets ? Compliments, promesses, larmes, baisers, hardiesse… Toutes les armes sont bonnes. Celle que l’on aime une fois séduite, comment la retenir ? Au terme d’un jeu dont le prix est le plaisir, l’amant raffiné a plus d’une corde à son arc… Quant à la femme, il lui appartient de garder son éternel féminin, ce qui n’est pas le plus facile… Au-delà de l’artifice, l’art doit gouverner l’amour. Un art dans lequel Ovide est passé maître.

Mon avis :

Remontons un peu (beaucoup) le temps jusqu’à la Rome Antique, et retrouvons un des plus sulfureux auteurs de son temps : Ovide. Auteur des Métamorphoses et des Tristes, exilé pour une raison mystérieuse par l’empereur Auguste, ses oeuvres sont connues et reconnues à travers l’espace et le temps, inspirant peintres et sculpteurs. Mais on entend assez peu parler d’une de ses première oeuvres, L’art d’aimer, que l’on pourrait apparenter à un La drague pour les Nuls de notre temps. Un véritable régal à lire !

Même si les siècles ont passé, certains conseils peuvent encore faire sens (et encore plus si on enlève toute la misogynie possible). Il faut savoir que l’ouvrage n’est pas bien gros, et se subdivise en trois parties : les deux premières dédiées aux hommes — à savoir comment réussir à séduire la femme que vous voulez, suivi de comment la garder —, et une dernière dédiées aux femmes, avec des conseils similaires. Mais il y a des petites parties qui nous, lecteurs contemporains, peuvent nous faire bien rire : j’avoue avoir ri jaune en lisant les parties qu’on pourrait nommer « Comment tromper à souhait sans se perdre prendre ? ».

Mais ce qui est remarquable, ce sont les arguments et conseils prodigué : que ce soit du lieu où aller pour faire des rencontres à que faire si on échoue dans notre quête de l’amour, en passant par quelle attitude avoir pour séduire un homme/une femme, cet ouvrage est un vrai mode d’emploi ! Jusque dans les détails les plus intimes et les plus grivois : sous forme de métaphore, Ovide n’hésite pas à prodiguer des conseils pour sous la couette !

En bref, un petit ouvrage très intéressant à lire, qu’il faut avoir lu, ne serait-ce que pour sa culture latine et sa culture personnelle.

Citations :

Mais, si tu as à coeur de conserver l’amour de ta maîtresse, fais en sorte qu’elle te croie émerveiller de ses charmes. (…) Est-elle brillante d’or : dis-lui qu’à tes yeux l’or a moins d’éclat que ses charmes. Si elle endosse les fourrures d’hiver, approuve ces fourrures ; si elle s’offre à tes yeux vêtue d’une légère tunique : « Vous m’enflammez », crieras-tu, mais prie-la, d’une voix timide, de prendre garde au froid.


Elles réparent par la toilette les outrages du temps, et parviennent, à force de soins, à déguiser leurs années. Elles sauront à ton gré, par mille attitudes diverses, varier les plaisirs de Vénus : nulle peinture voluptueuse n’offre plus de diversité.


Le plaisir qu’on m’accorde par devoir cesse pour moi d’être un plaisir, et je dispense ma maîtresse de tout devoir envers moi. Qu’il m’est doux d’entendre sa voix émue exprimer la joie qu’elle éprouve, et me prier de ralentir ma course pour prolonger son bonheur !


Si tu veux m’en croire, ne te hâte pas trop d’atteindre le terme du plaisir ; mais sache, par d’habiles retards, y arriver doucement. Lorsque tu auras trouvé la place la plus sensible, qu’une sotte pudeur ne vienne pas arrêter ta main.
Tu verras alors ses yeux briller d’une tremblante clarté, semblable aux rayons du soleil reflétés par le miroir des ondes. Puis viendront les plaintes mêlées d’un tendre murmure, les doux gémissements, et ses paroles, agaçantes qui stimulent l’amour. Mais, pilote maladroit, ne vas pas, déployant trop de voiles, laisser la maîtresse en arrière ; ne souffre pas non plus qu’elle te devance : voguez de concert vers le port. La volupté est au comble lorsque, vaincus par elle, l’amante et l’amant succombent en même temps.


Cependant il est peu de visages sans défauts : cachez ces défauts avec soin, et autant que possible dissimulez les imperfections de votre corps. Si vous êtes petite, asseyez-vous, de peur qu’étant debout on ne vous croie assise.


Fussiez-vous laide, vous paraîtrez belle à des yeux troublés par le vin, et la nuit jettera son voile sur vos imperfections.


Que chaque femme apprenne donc à se connaître, et se présente aux amoureux combats dans l’attitude la plus favorable. La même posture ne convient pas à toutes. Ce quelle qui brille par les attraits du visage, s’étende sur le dos ; que celle qui s’enorgueillit de sa croupe élégante, en offre à nos yeux toutes les richesses.

Ma note : 15.5/20

• Scénario – 2/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 1.25/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 1.25/1.5

Bonus « Enseignement » : +1 pt

Bonus « Témoignage d’une civilisation antique » : +1pt

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