Comédie·Dystopie·Historique

Mort aux Grands ! (Mort aux Grands ! 1/2) – Pierre Léauté

couv17801329Caractéristiques : 

  • Auteur – Pierre Léauté 
  • Editeur – Le Peuple de Mü
  • Parution – 2015
  • Pages – 180
  • ISBN – 979-1092961393

4ème de couverture : 

1919. La Première Guerre mondiale s’achève enfin et la France doit reconnaître sa défaite face à l’Allemagne. Humiliée, ruinée, la population vit désormais sous le joug du grand Kaiser. Des cendres de la défaite va cependant s’élever un homme qui ne se résigne pas : le soldat Augustin Petit ! Lui seul a compris les raisons de la déroute. Lui seul en connaît les responsables. Lui seul a le courage de les désigner : les grands ! Voici poindre la terrible revanche du plus patriote des rase-moquettes. Vive les petits bruns ! Deuxième roman de Pierre Léauté, Mort aux grands ! est roman uchronique drôle et décalé qui n’oublie pas de nous faire réfléchir sur l’incroyable propension des peuples à choisir, parfois, les idées les plus stupides…

Mon avis :

Je tiens tout d’abords à remercier l’auteur qui a accepté de m’envoyer les deux tomes de sa série… Ce premier tome est tout simplement succulent !

Le style de Pierre Léauté est assez particulier, et très original ! Riche, il arrive à être à la fois complexe et extrêmement simple. Son petit côté old school nous prend aux trippes et nous plonge un peu plus dans cet univers datant de 1918 environ, tout en restant moderne. Une très belle découverte !

L’intrigue de Mort aux Grands ! est une base même d’uchronie. À mi-chemin entre l’imaginaire et les faits historiques avérés, l’auteur nous emmène dans une France post-première-guerre-mondiale qui a perdu la guerre, et où un petit brun émerge, avec des idées plus que radicale sur une certaine tranche de la population…

L’histoire est quant à elle menée d’une main de maître ! Tantôt comique, tantôt sérieuse, nous suivons avec délectation les aventures d’Augustin Petit. Fou rire sont au rendez-vous, vu l’équipe de bras-cassés qu’il se traîne ! Mais des frissons froids, de ceux qui vous glacent et vous remontent le long de la colonne vertébrale sont aussi à prévoir… Certains rapports, certains liens, clairement établis entre Augustin et un autre petit brun extrêmiste qui a marqué sont nombreux, et… Brrrr. J’en frissone encore.

Les personnages sont excellents !
Augustin, on va se le dire directement, un Hitler à la française, est aussi effrayant que ridicule. Car s’il est glaçant, déterminé et méchamment extrêmiste, son « ennemi » est fichtrement ridicule.
L’Auvergnat est tout aussi excellent : il brille par sa débilité.
Les autres personnages, plus secondaires, sont tout aussi travaillés.

En effet, Augustin Petit ne se bat pas contre le Gouvernement, contre les politiciens sans vergogne… Mais contre les grands ! Au départ, que je pensais que c’était les grands quand le sens personnes importantes… Mais non. Ce sont juste les grands de taille. Le livre est pavé de discours anti-grand, de lois visant à réduire la liberté des grands de taille… Ceux de plus de 1m75. Si on est plus petit, on est considéré comme ayant une « Taille réglementaire ». Ça m’a bien fait marrer ! Avec mon mètre 52, j’ai de la marge !

Mais le retournement, et ce qui rend le livre intéressant, c’est toute la propagande mise en place, et surtout, l’ouverture que cela donne. Je m’explique : on nous montre un monde identique au notre, avec la montée d’une pensée extrême contre une partie de la société… Et on voit le monde y adhérer, malgré le ridicule des idées. Une belle manière de montrer l’attrait des populations pour les régimes totalitaires.

En bref, un premier tome excellent, aussi drôle que glaçant et percutant !

Citations :

J’appelai mon chien Napoléon, car c’était un aboyeur de première. Petit et hargneux.


– Non, le véritable ennemi de la France a prospéré en son sein.
– Ah ? Qui ? s’étonnèrent les curieux.
– Les grandes perches ! assénai-je d’un coup à l’assistance médusée.


Des élections libres ! Pouah ! Je préférais autant assister au spectacle de Guignol. Là, au moins, je ne voyais pas les mains des marionnettistes guidant leurs pantins.


Pendant que j’étais à parader dans l’atmosphère feutrée de ses appartements, Joseph Gernot, grimé et méconnaissable, déversait sous mes ordres du pétrole sur la façade de notre quartier général.


Ce que j’allais vendre ?

La peur.


– Vous… Vous vous prenez pour l’Empereur ? balbutia l’avocat tremblant. Vous avez perdu la raison !
– Savez-vous ce qui sépare le fou du roi ? L’ambition.


En sortant de ma geôle sans fenêtres, Bonpoil me dévisagea comme chacun aurait dû le faire. Avec crainte.

Vous le sentez, ce frisson glacé ?


Mon ventre se mit alors à gargouiller. J’aurais donné tout l’or de Toulouse pour une tartine de confiture. Là-haut, dans le rangement le plus culminant de la cuisine se tapissaient les pots de mûre.
– Un tabouret, Monsieur ?
Je foudroyai mon chauffeur du regard.


– Tu es un idiot Raymond, tu ne vois pas plus loin que le bout de ton nez. Que fait un peuple dépourvu de tout, de pain, de viande ou même de confiture ?
– Il prend un tabouret ?
Je soufflai longuement.
– Tu es désespérant.

Vous l’entendez, ce fou rire ? xD


– Son malheur plutôt ! Dreusset se retourna, un poing accusateur brandi. Vous brûlez notre passé ! Pourquoi ne pas jeter aussi les peintures du Louvres au feu pendant que vous y êtes ?
Consterné, l’éditeur réalisa sa bévue et moi mon oubli.
– Oh merde.

Ma note : 18/20

• Scénario – 3.25/4
• Ecriture/Style – 3.75/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 1.75/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 0.75/1.5
• Humour – 1.5/1.5

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s