Coup de coeur·Fantasy/Fantastique·Philosophie/Réflexion

Les Âmes croisées – Pierre Bottero

couv3611053Caractéristiques :

  • Auteur – Pierre Bottero 
  • Editeur – Rageot
  • Parution – 2010
  • Pages – 439
  • ISBN – 978-2700238778

4ème de couverture : 

Nawel vit à Jurilan, le royaume des douze cités. Aspirante comme ses amis Philla et Ergaïl, elle va choisir la caste correspondant à ses aspirations profondes pour le reste de sa vie. Tout indique qu’elle entrera, selon le désir de ses parents, chez les prestigieuses Robes Mages. Mais Nawel s’interroge sur sa place dans cette caste et sur la voie qu’elle doit suivre…

Mon avis :

Cela faisait un moment que je voulais me replonger dans un des univers de mon auteur favoris, à savoir Pierre Bottero… Et c’est un coup de coeur !

Ah… Est-ce vraiment nécessaire de parler et de s’étaler sur le style de Bottero ? Certainement un des meilleurs que j’ai pu lire. Riche et simple tout à la fois. Poétique et sobre. Puissant et calme… Un véritable plaisir à lire, une autoroute pour les émotions des lecteurs, et un baûme pour le coeur. Il n’y a que ces mots à lui, qui arrivent à me toucher au plus profond, et me rendre mon équilibre intérieur. À me rendre mon calme, dans les moments de trouble.

L’intrigue est assez simple, dans le sens où c’est une intrigue de fantasy, avec un monde totalement imaginaire, une personne qui se sent à part et décide de suivre son propre chemin, et de là en découlera de multiples choses… Un classique qui marche, et ici, mené d’une main experte.

L’histoire par contre… Du Bottero tout craché. Mystère, code, amitié, honneur, fidélité… Et un autre détail que je ne citerai pas pour ne pas spoiler.
Pour ceux qui sont des habitués de Bottero : vous remarquerez de fréquents et subtils clin d’oeil à d’autre de ses séries. Autant dire que mon petit cerveau n’a pas arrêté de formuler un milliard et demis de théories sur les origines de ce monde dépeint. Merveilleux. Juste… Merveilleux.
Et ce, jusqu’à l’ultime fin, où on percute, au point de me faire dire : « Putain, ce mec est un génie. »

Les personnages sont assez spéciaux, mais on s’attache très vite à eux.

Nawel. J’ai eu un peu de mal avec ce personnage au départ je l’avoue. Je la trouvais trop froide, trop hautaine… Puis on la voit évoler. Changer. Regretter. Avoir mal et avancer malgré ça… Et ça n’a pas de prix.

Anthor Pher… Ce que j’ai pu aimer ce personnage. Entraîneur et maître d’arme, il est dur, exigeant… Mais extrêmement protecteur envers ses élèves et amis. Sa description m’a faite penser à mon propre entraîneur de gladiature, et tout tombait tellement juste… J’en suis encore chamboulée.

Les autres personnages, plus secondaires, sont tous très agréables (pour la plupart), et plusieurs caractéristiques communes peuvent être établies entre eux et d’autres personnages d’autres séries de l’auteur.

Ce livre nous est vendu comme étant un one-shot. Mais nous, fan de du regretté Bottero, savons que c’est le premier tome d’une série qui ne verra jamais le jour. La fin, le rythme lent, le temps pris pour tout mettre en place… Mais nous n’aurons jamais la suite, et seul notre esprit et notre imagination pourrons faire le reste : Pierre Bottero nous a laissé une porte ouverte, à nous maintenant de l’emprunter.

En bref, un livre merveilleux, poignant, touchant à souhait… Une perle.

Citations :

– Tu as décidé que tu n’auras pas faim ? releva Ergaïl sans parvenir à dissimuler un sourire ironique. C’est possible, ça ?
– Bien sûr, rétorqua Nawel. Tout est possible quand on le veut vraiment.


– Le rêve est un joli chemin, jeune Hélianthas, mais il conduit souvent à une impasse.


– Qu’en sais-je ? Une fièvre maligne, une fièvre virale peut-être. Ou alors la pire de toutes, la fièvre des hommes.
– La fièvre des hommes ?
– Oui, cette fièvre qui monte à la tête de ceux qui possèdent le pouvoir et les conduit à commettre des atrocités sous couvert de justice, de paix, d’équilibre, d’honnêteté et autres grands mots. Cette fièvre terrible qui cause des ravages parmi les innocents. Uniquement parmi les innocents.

Et après, on va ranger cette saga, ainsi que Le Pacte des Marchombres dans du jeunesse… Young Adult serait plus approprié vu certains thèmes abordés et vu le vocabulaire et les tournures parfois complexes utilisées !


– Pourquoi alors me… me parler plutôt que… chercher à vous venger ?
La vieille femme lui lança un regard pareil à une lame de glace.
– Parce qu’offrir le savoir peut s’avérer la plus terrible des vengeances.


Vivre c’est se mettre en danger, réalisa-t-elle. De la même façon qu’apprendre à marcher c’est d’abord accepter l’idée de tomber.


– Le sage et le lâche ont en commun l’art de la fuite, avait-il commencé. Bien prétentieux celui qui se permet de les juger.


Écrire.
Non pas une lettre, ni même un journal intime.
Non. Simplement écrire. Comme on respire.
Pour vivre.


– Rien de ce qui a été dessiné ne peut être gommé, murmura-t-elle. Rien de ce qui a été écrit ne peut être effacé, rien de ce qui a été fait ne peut être oublié. Ou pardonné.


Ne pas accepter cette graine sombre qui a germé en moi et m’envahit jusqu’à éteindre mon futur.
Le hasard n’existe pas.
J’ai mal.
Et j’aime écrire.


– Un progrès dans un apprentissage, quel qu’il soit, s’accompagne toujours d’un progrès intérieur. Avancer dans sa vie n’a de sens que si l’on avance dans sa tête. Or je sens en t’observant manier l’épée, en te regardant bouger, respirer, je sens que ta progression intérieure bute contre un obstacle niché en toi. J’ignore sa nature, j’ignore si tu as conscience de sa présence, mais je sais qu’il est là parce que tu l’as laissé s’installer, se déployer en toi. Tant que tu n’auras pas découvert et franchi, ta progression sera freinée.


– […] Sais-tu que l’on se construit plus par les drames auxquels on survit que par les bonheurs que l’on vit ?


Avancer.
M’appuyer sur ce que j’ai vécu.
Sur ce que j’ai fait. Bien et mal.
Sur mes forces et mes faiblesses.
Mes joies et mes regrets.
Mes remords.
Avancer.


La difficulté d’un choix provient de notre incapacité à discerner ses répercutions au-delà du futur proche.

Ma note : 19.5/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1.25/1.5

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s