Dystopie·Fantasy/Fantastique·Philosophie/Réflexion

Red Queen (Red Queen 1/4) – Victoria Aveyard

couv16163936Caractéristiques : 

  • Auteur – Victoria Aveyard
  • Editeur – MSK
  • Parution – 2015
  • Pages – 444
  • ISBN – 978-0062362711

4ème de couverture : 

Dans le royaume de Norta, la couleur de votre sang décide du cours de votre existence. Sous l’égide de la famille royale, les Argents, doués de pouvoirs hors du commun, règnent sur les Rouges, simples mortels, qui servent d’esclaves ou de chair à canon.
Mare Barrow, une Rouge de dix-sept ans, tente de survivre dans une société qui la traite comme une moins que rien. Quand elle révèle sans le vouloir des pouvoirs extraordinaires et insoupçonnés, sa vie change du tout au tout. Enfermée dans le palais royal d’Archeon et promise à un prince argent, elle va devoir apprendre à déjouer les intrigues de la cour, à maîtriser un don qui la dépasse, et à reconnaître ses ennemis, pour faire valoir l’indépendance de son peuple.

Mon avis :

Lu dans le cadre d’une lecture commune pour le BookCrazyTeam’s BookClub (dont je suis la gérante avec Steven’s Books et Lecture Rousse), j’avoue avoir été assez surprise, mais malheureusement, pas qu’en bien.

Le style colle parfaitement à ce que l’on trouve un peu partout dans les livres de fantasy jeunesse ayant un rapport oppressant-oppressé en son sein : simple, un peu travaillé, percutant… Une recette pas très originale, mais qui fonctionne. Le grand plus cependant de ce style est qu’il colle parfaitement à l’humeur de notre héroïne, Mare. Quand elle ressens de la haine, le style est plus cassant, froid, impitoyable. Quand elle est tristounette, le style est plus lent, plus mélancolique… Un bon point !

L’intrigue est, quant à elle, assez intéressante. On suit en effet une trame clairement fantasy, mêlée à une intrigue politique (certes basique est assez naïve par sa simplicité) loin d’être inintéressante. Le traitement de ces intrigues est très bien fait, sauf sur un point que je trouve essentiel, mais j’y reviendrai plus tard.

L’histoire quant à elle… Wahou. Victoria Aveyard fait ici preuve d’une imagination absolument immense ! J’adore les univers imaginaires qu’on peut retrouver dans la fantasy ou dans le fantastique, et là, elle a touché juste ! Sans compter sur la richesse du monde (à laquelle on a un peu de mal à s’habituer au départ je l’avoue), l’histoire en elle-même est pleine de rebondissements, de suspens… D’autant plus que vu le thème de l’histoire, certains ont pu être dérangé par toute cette noirceur… Et pourtant, cette dernière donne un côté des plus réaliste à l’histoire. Tout n’est pas rose, dans une révolution, bien au contraire. Et cette chute… POUAAAAHHHHHH !! Une image sera plus parlante. Imaginez vous sur un toit, un train de lire. Vers la fin, première révélation : vous tombez, les fesses sur le bord du toit. Vous continuez votre lecture… Dernière révélation, explosion monumentale : vous tombez du toit. C’est exactement de cette manière là que je l’ai ressenti.

Au niveau des personnages… Je ne vais pas vous le cacher, j’ai fait le yoyo entre « Oh toi je t’aime bien ! » et « Oh mais quel con ! »….

Mare tout d’abords. J’avoue avoir eu un peu de mal avec elle au début, tout simplement parce qu’elle dégageait beaucoup de haine et de colère. Dans les autres livres du même genre, la haine du personnage arrive au fur et à mesure, elle n’est pas présente d’office dès les premières pages. De plus, pour quelqu’un qui se bat pour la liberté des siens et qui se pense ouverte d’esprit, je l’ai trouvé extrêmement étroite. Argent forcément égal à gros méchant pas beau vilain. Une vision manichéenne qui plusieurs fois, m’a donné des envies de meurtres. Mais derrière cela, Mare est aussi une ado qui n’hésite pas à tout faire pour offrir ce qu’il y a de mieux à sa famille, qui se sacrifie, et qui a une âme de battante. Surtout que, très honnêtement, cette haine qu’elle ressentait dès le départ, je ne la jugerai pas là dessus, tout simplement parce que j’éprouve la même quand je vois certains titres dans les journaux. Si elle m’a étonnée, c’est certainement parce qu’elle faisait écho à celle que je peux ressentir parfois.

Cal… Ah là là, ce que j’ai pu faire le yoyo avec ce personnage… Oscillant de « Oh il est parfait !! » à « Ouais. Non en fait il est comme son père. ». Un personnage qui, malgré ses défauts qui n’en sont pas réellement, est extrêmement attachant, et que j’ai beaucoup apprécié.

Maven. Dès le départ je l’ai bien aimé, et c’est le personnage qui m’a le plus surpris !

Ce livre aurait très bien pu être un coup de coeur s’il n’avait pas été si manichéen et, en quelque sorte, naïf. Cependant, il y a une chose qui vraiment froissée et faite complètement sortir de mes gongs. Un mot, une notion, est employée dans tout le roman, à tord. Vous allez dire que je chipote, mais sur des notions aussi sérieuse (certains diront grave), nous devons chipoter !

Le mot terroriste et la notion même de terrorisme, sont employés pour désigné des actes de guerilla, de Résistance. Il a clairement une méprise face à la définition même de ce terme. Un petit cours de vocabulaire s’impose. Un terroriste voudra implanter son idéologie (trop souvent religieuse) par la force, en s’attaquant aux civils, en instaurant un climat de terreur (terreur, terroriste…). Les résistants (ou guerilleros), eux, se battent pour leur liberté, pour un retour à l’équilibre. S’ils attaquent, se sont seulement les forces militaires, ou les sièges, les pôles stratégiques d’un gouvernement (lieux, personnes, etc…). Si on suit la définition donné de terrorisme dans Red Queen, les héros Résistants de la Seconde Guerre Mondiale, seraient des terroristes. Et vous savez comme moi que ce n’est absolument pas le cas.

D’autant plus que, mal lu, on pourrait penser que ce livre est une apologie romantique au terrorisme…

J’ai trouvé cette erreur de vocabulaire, cette méprise, tellement aberrante et inadmissible que je suis allée chercher dans le livre en VO pour voir si ce n’était pas une erreur de traduction. Mais ce n’est pas le cas.

Même si le discours que je tiens maintenant sors un peu de ce que je fais d’ordinaire, je me devais d’en parler. Avec les événements de 2015 et le monde dans lequel on évolue, je ne pouvais pas sciemment ne pas en parler. L’un se fait exploser pour une religion, l’autre se bat pour survivre. L’un veut imposer une idée par la force, l’autre veut recouvrer sa Liberté dont il est privé. Une différence fondamentale, qu’il fallait que je mette en avant. Par les temps qui cours, et surtout pour un livre destiné aux adolescents (principalement), il est important de poser les bons mots sur les bonnes notions. Je n’ai pas pour habitude de m’attaquer aux auteurs… Mais ici, Victoria Aveyard a clairement fait une erreur monumentale, à la limite du pardonnable. Pour moi, c’est inadmissible qu’une auteure arrive à se faire publier avec une telle bourde (qui implique bien plus qu’une méprise sur la notion du temps) dans son texte.

En bref, un livre que j’ai, malgré ses défauts, apprécié. Je lirai la suite afin d’avoir le fin de mot de l’histoire, mais je pars tout de même avec réserve.

Citations :

– Pour connaître quelqu’un, il faut connaître ses peurs.


– Et si vous aviez tort ? Et si Norta n’était que la première étape ? Le changement que les autres attendent ? Personne ne sait à quoi peut mener la liberté.

Ma note : 13.5/20

• Scénario – 3.5/4
• Ecriture/Style – 3.25/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 1.25/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 0.75/1.5
• Humour – 0.25/1.5
• Malus « Méprise inadmissible » : -2pt

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