Drame·Philosophie/Réflexion·Roman/Polar Noir

Néant – Mickaël Parisi

neant-710410-250-400Caractéristiques : 

  • Auteur – Mickaël Parisi
  • Editeur – Autoédité
  • Parution – 2015
  • Pages – 321
  • ISBN – B018DBXGNU

4ème de couverture : 

Marlon est un jeune homme aux pensées suicidaires et anarchistes. Afin de quitter ce quotidien et ce monde qui ne lui convient pas, il ne trouve rien de mieux à faire que de rejoindre une organisation secrète lui permettant de se faire passer pour mort auprès de la société. Après avoir assisté à son propre enterrement, Marlon devra effectuer plusieurs tâches pour son organisation afin d’obtenir une somme d’argent suffisante pour recommencer une nouvelle vie ailleurs. Mais tout ne se passera pas comme prévu. Le seul espoir pour Marlon de s’en sortir semble être un détective privé sociopathe, alcoolique, obsédé sexuel et atteint de la maladie de Diogène. Comment Marlon va-t-il pouvoir s’en sortir sans laisser de plumes ?

Mon avis :

Je tiens à remercier chaudement de l’auteur de m’avoir ait confiance et proposé de lire son livre ! Malheureusement… Ça ne l’a pas fait avec moi.

Le style tout d’abords aurait pu être agréable et bon si seulement il n’était pas aussi vulgaire et répétitif. De trop nombreuses fois, de même expression reviennent, et la vulgarité omniprésente et exagérée ne laisse aucune place à un poil de littérature. Il n’est pas des plus fluides non plus – et déjà que l’histoire est dure, cette non fluidité n’arrange rien -. Il a pourtant le mérite de faire des comparaisons loin d’être bateau et classique, et c’est assez agréable.
Il y a cependant plusieurs coquilles qui piquent assez les yeux qu’il faudrait corriger.

Pour ce qui est de l’intrigue, du fond même de l’oeuvre, je ne peux dire que bravo. Le message que l’auteur cherche à faire passer et loin d’être anodin et futile. Secte, société de consommation, inhumanité à cause de l’appât du gain… Un très bon fond, sur intrigue de roman noir. Je n’ai qu’une chose à dire : je déçue que cet aussi bon fond soit aussi mal mis en avant, et complètement masqué par la vulgarité et tous les points négatifs (à mon grand damn…) présents.

L’histoire… J’en ai rarement vu d’aussi noire et malsaine. Mais vu le contexte, c’est parfaitement compréhensible et cohérent avec ce que veux faire passer l’auteur. Encore une fois le bémol majoritaire est la vulgarité, qui sappe tout, décridibilise tout… Utiliser le ressort du vulgaire pour rendre un passage plus cru, plus trash, c’est du vu et revu, mais ça marche. Mais pas ici, car il y a un juste milieu, un équilibre à avoir. Et malheureusement, l’équilibre est bien loin d’être là !

Les personnages sont tous exécrables.

Marlon, notre personnage principal. J’ai rarement vu aussi mauvais comme personnage. Hautain, moralisateur, fermé d’esprit, hypocrite… En clair, ce qu’on qualifie vulgairement de connard égocentrique. Ce qui m’a le plus fait criser je pense, fut de voir qu’il se permettait d’émettre un jugement sur des pans entier de population, de les mépriser pour leur attrait pour l’argent, alors que lui-même, accepte de faire des acte inhumains pour quelques billets vert. « Fais ce que je dis, pas ce que je fais. » résume à merveille ce personnage horrible.

Grant… Plus complexe pour lui. Vous prennez la personne la plus vulgaire que vous connaissez, et dites vous que ce n’est rien comparé à Grant. Il est d’une vulgarité absolument inouïe. Mais en dehors de cela, il est un fervant adepte du sarcasme et de l’ironie (certaines de ses répliques sont assez cultes quand même)… Mais – car il y a toujours un mais – il est complètement immonde. Raciste, prône le trafic d’armes, la prostitution… Un horrible personnage, acerbe et désagréable et, il faut le dire, est loin d’être sain d’esprit.

Les autres personnages sont tous lisses, plats, sans reliefs, et tous aussi désagréables les uns que les autres.

Au fond, qu’est-ce qui m’a dérangé dans ce livre, qui pourtant, avait toutes les clefs en main pour être une bombe atomique ? La vulgarité, l’irrespect, le non attachement aux personnages et la sensation d’aggression.

La vulgarité d’abords. Je veux bien qu’on soit vulgaire, et qu’un livre soit vulgaire, ce n’est pas ça qui me dérange. Mais quand j’ouvre un livre, ce n’est pas pour avoir l’impression de me retrouver dans la tête du caïd de la première banlieue défavorisée. Ce n’est pas non plus pour lire la description d’un monde – notre monde – à travers les yeux d’un dépressif égocentrique qui se pense meilleur que tout le monde alors qu’il est de ceux de la pire espèce. Il y a une manière d’aborder certaines choses, et ici, on est complètement passé à côté.

L’irrespect. Vulgarité, critique et jugement amène forcément à parler d’une partie de la société. Sauf qu’ici, je me mettais à chercher le respect. J’ai été notamment extrêmement affectée – pour ne pas dire choquée, et pour me choquer, il faut y aller – par la vision des femmes de Marlon (je parle bien ici de Marlon, et non de l’auteur !). Juste un petit extrait :

Pourquoi avoir du respect pour une génération de pétasses qui se font troncher et retroncher du matin au soir, et finiront malgré elles par se faire engrosser, accoucheront et allaiteront de futures trainées qui feront forcément la fierté de leurs ex-poufiasses de mater en se faisant péter le cul dès l’âge de treize piges, âge cela dit en passant où je jouais encore aux Pokémons. 

C’est de cette sensation d’agression dont je parlais plus haut. Je ne pense pas qu’un lecteur, quel qu’il soit, n’apprécierait d’ouvrir un livre et de s’y sentir agresser, rabaisser, et traîner dans la boue. Et c’est pourtant l’impression que j’ai eu à bien des moments, et je suis sûre que là où je ne me suis pas sentie agressée, ça sera le cas pour d’autres.
Pour ce qui est de l’attachement des personnages, comment s’attacher à une ordure de la pire espèce ? Impossible pour moi.

Avec tout ce condensé de mauvais points, de choses choquantes et horribles, je me demande si ce n’était pas le but de l’auteur. Faire un livre horrible, désagréable, dans le but de faire réagir. C’est vraiment une question qui se pose, et qui fait sens. En tout cas, si c’était bien le but Mickaël Parisi, je ne peux lui dire qu’une chose : beau boulot ! Mission réussie ! Mais je reste persuadée que ce n’est pas la meilleure manière qui soit pour faire réagir.

En bref, un livre que je n’ai pas du tout apprécié malgré le très bon fond et le message puissante de l’oeuvre. Ceux qui aiment les romans noirs seront aux anges !

Citations : 

Il est dit, par la pensée commune, que se suicider c’est être lâche. Alors comment peut-on définir une personne qui désire fortement mettre fin à ses jours, mais qui finalement est trop lâche pour se foutre en l’air ? Je suis donc quelqu’un de trop lâche pour être complètement lâche.


Je n’étais pas non plus prêt à souffrir pour vivre. L’indécision me laissait en vie, par défaut.


– Le Christ a échoué, Marlon. Vous combattez le néant.


– C’est cette société des apparences qui me tue.
Il se gratta la tête.
– Vous parlez de la superficialité, Marlon. De la société des apparences. Pourtant pour prendre un simple exemple, je vois une marque sur votre polo. Pourquoi ?
– J’entre dans la ronde.
– Jugez-vous une personne à ce qu’elle porte ?
– Je mentirais si je disais le contraire.
– Alors n’êtes-vous pas quelque part entré dans la matrice à votre tour en jouant le jeu des apparences de l’allure extérieur, Marlon ? Est-il raisonnable de blâmer notre société alors que vous aussi, êtes enfermé dans le temps du paraître ?
L’enfoiré m’avait cloué, pourtant je n’avais rien d’un Christ.


Qui étais-je ?
J’étais l’esclave du paraître dans une génération qui fait l’apologie du néant.


– Te dénoncer ? Voyons ! Quelle idée ! Et à qui ? La loi c’est moi, jeune merde. Puis qu’est-ce qui est bien ou mal, mon gars ? La frontière entre bien et mal est aussi mince que… toi. Bordel, t’es maigre comme un jockey. Tu l’as garé où ton cheval ?


La façon dont l’homme traite la femme, il le paie le jour où il verra des larmes sur les joues de sa fille.


– Logique communautaire. C’est le même principe que quand tu vas sur Google et que tu tapes le nom d’un sportif, d’un chanteur ou d’un acteur et qu’il est marqué en suggestions « musulman » à côté du nom tapé. Genre « Michaël Jackson musulman », « Nagui musulman », « Bob l’Éponge musulman »…
– Il est musulman Bob l’Éponge ?
J’avais envie d’ouvrir la portière et de sauter.


L’habit ne fait pas le moine, mais permet de rentrer au monastère.


– Merci Dany. Tu peux disposer. J’adore voir les entrailles sur le bitumes, ça a un petit côté Pop Art pas négligeable.


Nous étions à 90km/h en pleine agglomération. Cela me faisait vaguement penser qu’au Maroc, les gens avaient 30 points sur leurs permis de conduire. Dans le cas de Grant, il bousillerait son permis Marocain en moins d’une semaine.


J’avais un très mauvais pressentiment. Mauvais pressentiment confirmé en quelques secondes. Il tenait quelque chose à la main mais cela ne ressemblait pas à Sylvain. Ni à un porte-monnaie d’ailleurs. Il traversa le parking d’un air déterminé, puis fit tinter la porte d’entrée. Dès que la porte se referma, Grant me montra du pouce la voiture, visible à travers la vitre de l’entrée. Il tenait… une grenade.
– MARLON ! VOITURE ! FISSA PRESTO ! ISAAC VA FAIRE SA LOI !!!

NB : Sylvain, c’est le petit nom du révolver de Grant. Issac, c’est la grenade.


Ce n’est pas parce que tu ne vois pas certaines choses qu’elles n’existent pas.


– Au fil du temps, j’ai perdu progressivement la foi. La première raison fut la multitude d’attentats qui frappa ce pays. Voir des gens tuer pour Dieu. Au nom de Dieu. Après moults réflexions, j’ai compris que je gâchais ma vie pour Dieu.


– Je vous remercie, mais un tel massacre était-il… nécessaire ?
– Mais qu’attendais-tu d’autre de moi, Marion ? Je suis Français de père et de mère, par conséquent je descendant d’un peuple qui a eu pour grande passion de décapiter les rois. Alors excuse-moi de seulement perpétuer les traditions…

NB : Marion, c’est le petit nom que donne Grant à Marlon.


J’ai hypothéqué l’amour contre des chimères parce que cette société a imposé l’argent comme seul maître.

Ma note : 7.75/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 1/4
• Potentiel d’addiction – 1/3
• Personnage – 0.25/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 1.25/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 0.75/1.5
• Malus « Agression » : -1pt
• Malus « Vulgarité excessive et injustifée » : -0.5pt

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