Drame·Historique·Philosophie/Réflexion

Antigone – Jean Anouilh

couv13292030Caractéristiques : 

  • Auteur – Jean Anouilh
  • Editeur – La Table Ronde
  • Parution – 1946
  • Pages – 123
  • ISBN – 978-2710381419

4ème de couverture : 

Antigone est la fille d’Œdipe et de Jocaste, souverains de Thèbes. Après le suicide de Jocaste et l’exil d’Œdipe, les deux frères d’Antigone, Étéocle et Polynice se sont entretués pour le trône de Thèbes. Créon, frère de Jocaste et – à ce titre – nouveau roi, a décidé de n’offrir de sépulture qu’à Étéocle et non à Polynice, qualifié de voyou et de traître. Il avertit par un édit que quiconque osera enterrer le corps du renégat sera puni de mort. Personne n’ose braver l’interdit et le cadavre de Polynice est abandonné à la chaleur et aux charognards.

Seule Antigone refuse cette situation. Malgré l’interdiction de son oncle, elle se rend plusieurs fois auprès du corps de son frère et tente de le recouvrir avec de la terre. Ismène, sa sœur, informée de sa décision, refuse de la suivre, craignant sa propre mort.

Très vite, Antigone est prise sur le fait par les gardes du roi. Créon est obligé d’appliquer la sentence de mort à Antigone.

Mon avis :

Lue dans le cadre de mes cours de littérature, je suis heureuse d’avoir re-découvert cette oeuvre, bien que je pense être à contre-courant total…

Le style d’Anouilh est extrêmement spécifique et unique. Alliant à la fois complexité et simplicité, il fait un mixe des registres. Le résultat n’est que bluffant : haut, mais personnel. Complexe, mais simple. Passionnant. Un véritable régal à lire, une mine d’or pour qui veut l’analyser.

L’intrigue d’Antigone est exactement la même que la pièce d’origine (je rappelle que l’Antigone d’Anouilh de 1944 n’est qu’une ré-écriture de l’Antigone de Sophocle datant 441 av. JC). Antigone se lève contre le pouvoir en place pour l’amour de son frère et le respect des dieux (à travers les rîtes funéraires). Mais attention ! Même si Anouilh a gardé l’intrigue politique, il a ajouté une intrigue bien plus touchante, une dimension plus enfantine, et ce, à travers le personnage de la Nourrice, mais j’y reviendrai.

L’histoire est exactement la même que dans le texte d’origine : Antigone, par amour pour son frère Polynice, tente de l’enterrer contre l’injonction de Créon, roi de Thèbes : le premier qui enterre Polynice sera mis à mort. La seule originalité réside dans la mise en place de l’intrigue dans un monde moderne (présence de café, chemise, etc), et à l’ajout du personnage de la Nourrice, qui n’existe pas dans la pièce d’origine.

Les personnages sont intéressants et tous uniques.

La Nourrice d’abords. Elle apparaît dès la première scène de la pièce. Elle pourrait paraître inutile mais toute la dimension « touchante » et « humaine » d’Antigone, c’est à elle qu’on la doit. Je vous laisse le loisir de trouver comment, car si je le fais moi, je vais repondre mon exposé xD.

Antigone. C’est là que je vais sûrement être à contre courant, mais je l’ai trouvé certes courageuse, dévouée, etc. Mais parfois, sa détermination correspondait plus à de la testarderie qu’à autre chose, son courage à un caprice d’enfant rebelle. Je sais qu’à certaine de ses répliques, je l’aurais volontiers baffé.

Créon. Je suis aussi à contre-courant avec lui. Il aura beau incarné le « méchant qui tue Antigone, condamnant alors son fils et sa femme », l’oppresseur, je l’ai trouvé extrêmement courageux et surtout humain. Il y a eut un choix difficile à faire, il l’a fait, même s’il ne lui plait pas. J’ai vraiment bien aimé ce personnage, contrairement à Antigone que j’ai trouvé parfois trop gamine, malgré son geste.

Comment parlé d’Antigone sans parler du contexte et des multiples interprétations qu’il y a eut ? Beaucoup y ont vu une métaphore de la France sous l’Occupation (rappelons qu’en 1944 et lors de la première représentation d’Antigone, la France était encore sous domination allemande). Antigone serait la Résistance, et Créon Vichy. Je vous laisse avec cette possible interprétation (à laquelle je ne crois pas personnellement) qui encore aujourd’hui, fait couler beaucoup d’encre.

En bref, une très bonne pièce de théâtre qui porte beaucoup de messages, mais qui reste accessible à tous.

Citations :

Ismène, se jette contre elle – Antigone ! Je t’en supplie ! C’est bon pour les hommes de croire aux idées et de mourir pour elles. Toi tu es une fille.
Antigone, les dents serrées – Une fille, oui. Ai-je assez pleuré d’être une fille !

Ma note : 15.5/20

• Scénario – 3.25/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.75/2
• Emotions – 1.5/2
• Originalité/Créativité – 1.25/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 0.25/1.5

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