Philosophie/Réflexion·Romance

Hernani – Victor Hugo

couv58011868Caractéristiques : 

  • Auteur – Victor Hugo
  • Editeur – Folio 
  • Parution – 1830
  • Pages – 143
  • ISBN – 978-2290075654

4ème de couverture : 

Bien qu’il soit voué à la vengeance, bien qu’elle soit promise au duc Gomez, Hernani et dota Sol s’aiment. L’intensité de cette passion déchire le coeur du héros. Parce que le père du roi d’Espagne a jadis tué le sien, Hernani s’est juré d’exécuter son fils, don Carlos. Unis et désunis par la même femme, les trois hommes devront choisir entre l’honneur et l’amour.

Mon avis :

Attention, je reviens aujourd’hui avec du théâtre ! Lu dans le cadre de mes cours de littérature, je suis très surprise : on a frôlé le coup de coeur !

Le style est ici particulier. Puisqu’il s’agit de théâtre, nous n’avons que des dialogues, sauf didascalies. Et quelles répliques ! Uniquement en vers, tous des alexandrins, il y a un véritable rythme et une ambiance de velour qui se dégage de ces mots. Loin d’être pompeux comme je l’ai pensé aux premiers abords, il est très soutenu et plein de figures de style… Je ne vais pas continuer, mais simplement tout résumer en une seule phrase : c’est du Victor Hugo.

L’intrigue est assez complexe et est régie par des choses qui peuvent être hors compréhension pour nous, non-contemportain de ce grand Hugo. L’honneur par exemple. L’honneur du père, de soi-même… Ce rapport à l’honneur fait que certains passages peuvent sembler totalement débiles et illogiques, mais une fois remis dans son contexte, parfaitement compréhensibles. Cette intrigue est mêlée à une autre, romantique (très fortement inspiré de Roméo et Juliette d’ailleurs…), et une dernière, politique sur fond de vengeance. Un truc bien noueux quoi, mais c’est un véritable régal lire, puisqu’énoncé de manière extrêmement limpide.

L’histoire est quant à elle, assez rocambolesque, et parfois, un peu tirée par les cheveux… Mais je reste persuadé que l’extrême fond de cette pièce est le fait que Dona Sol est désirée par trois hommes (rien que ça…) : Hernani, Don Ruy Gomez son oncle (ah de l’inceste, ben c’est du propre !) et Juan Carlos futur empereur (- Ah ben elle s’ennuie pas celle là ! – Tais toi !). Je ne mentionnerai pas la fin pour éviter tout spoil à ceux qui seraient intéressés, mais sâchez que la fin est rapide, trépidante, abrupte… Et elle nous laisse clairement sur le cul.

Pour ce qui est des personnages, on peut dire que notre bon vieux Victor Hugo s’est lâché !

Hernani. Bon, même si on sent que le gars oscille entre euphorie et dépression, il est emplie de courage et d’amour pour Dona Sol. Mais non pas un amour charnel, mais un amour profond, pur… Beau.

Dona Sol m’a assez surprise je dois le dire. Je pensais qu’elle allait avoir un rôle de parfaite petite femme soumise à tous les hommes… Et bien non ! Même si elle obéit, ce n’est jamais contre son coeur et ses valeurs. Et quand ça l’est, elle peut être déterminée et juste… Sublime. C’est le bon mot. Une femme extrêmement moderne dans un pièce sencée se dérouler dans la Catalogne du XVIème siècle.

Les autres personnages, un peu plus secondaires, sont tout aussi haut en couleurs et surprenants ! Mais vraiment, vraiment, surprenants.

Ce qui m’a fait de suite accrocher avec cette pièce de théâtre, en plus de style de l’auteur et de l’histoire, c’est surtout la manière dont c’est mis en forme. Car c’est tout simplement la première fois de ma vie que j’arrive à lire une pièce de théâtre sans m’ennuyer, à réussir à me la visualiser sans que ça soit brouillon. J’aurais été dans un roman avec beaucoup de dialogue, cela m’aurait fait exactement la même chose. Et bon sang ! Que ça fait du bien de pouvoir lire du théâtre sans se dire « Mouaif. Pas mal. Mais c’est quand même mieux le spectacle vivant. »

En bref, une pièce de théâtre surprenante que palpitante que je conseille chaudement à tous les amoureux du genre et à ceux voulant s’essayer à la lecture du théâtre !

Citations :

Ce que je veux de toi, ce n’est point faveurs vaines,
C’est l’âme de ton corps, c’est le sang de tes veines.
C’est tout ce qu’un poignard, furieux et vainqueur,
En y fouillant longtemps peut prendre au fond d’un coeur !
Va devant ! je te suis. Ma vengeance qui veille
Avec moi toujours marche et me parle à l’oreille !
Va ! je suis là, j’épie et j’écoute, et sans bruit
Mon pas cherche ton pas et le presse et le suit !
Le jour tu ne pourras, ô roi, tourner la tête,
Sans me voir immobile et sombre dans ta fête,
La nuit tu ne pourras touner les yeux, ô roi,
Sans voir mes yeux ardents luire derrière toi !


HERNANI – La vengeance est boiteuse, elle vient à pas lents,
Mais elle vient.


DONA SOL – Ami !
HERNANI – Non ! je dois t’être odieux ! Mais, écoute,
Dis moi : Je t’aime ! – Hélas ! rassure un coeur qui doute,
Dis-le-moi ! car souvent avec ce peu de mots
La bouche d’une femme a guéri bien des maux !

Ma note : 17.25/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.5/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 0.25/1.5

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