Drame·Romance

Hiroshima mon amour – Marguerite Duras

c_hiroshima-mon-amour_7158Caractéristiques : 

  • Auteur – Marguerite Duras 
  • Editeur – Folio
  • Parution – 1972
  • Pages – 176
  • ISBN – 978-2070360093

4ème de couverture : 

Au cours du tournage d’une coproduction sur la paix, une comédienne française noue une relation éphémère mais passionnée avec un Japonais. Sur cette mince intrigue, Duras est chargée par Alain Resnais d’élaborer le scénario et les dialogues d’un film, Hiroshima mon amour, titre étrange et poétique malgré la référence évidente aux atrocités de la guerre. Avec un art de l’ellipse parfaitement maîtrisé, Duras orchestre une danse sensuelle entre deux personnages qui luttent contre le temps. Lui refuse d’admettre que les atrocités d’Hiroshima ont eu lieu, Elle se tait sur son passé ; pourtant, ces fantômes ressurgissent en fragments, lambeaux d’un passé qui se superposent au moment présent. Les corps des amants se confondent peu à peu et Hiroshima se fond dans Nevers, cadre de la jeunesse de l’actrice marquée par l’opprobre parce qu’elle a aimé un jeune Allemand durant la guerre. Les gros plans sur les corps amoureux sont entrecoupés de scènes de foule et de détails d’une crudité sordide, comme si l’horreur devait, elle aussi et malgré tous les films sur la paix, lutter contre le déni pour se faire entendre.

Mon avis : 

Lu dans le cadre de mon cours de littérature sur le nouveau roman, ce fut une lecture agréable, malgré quelques détails dérangeants.

Le style du Duras est assez particulier. Déjà, ce n’est que dans les appendices (petites partie présentes en fin d’ouvrage) que l’on peut, je pense, voir réellement le style de Duras dans le sens où on l’entends. Ce dernier n’est pas forcément des plus fluide, mais il est puissant, implacable. Dommage qu’il ne transmette pas autant de sentiments qu’il le pourrait. Dans tout le roman, dont la présentation est faite à la manière d’une pièce de théâtre, avec des interventions auctoriales en guise de didascalies, qui n’en sont pas vraiment… Gros mixe entre une pièce de théâtre, et un roman, qui est assez intrigant au premier abords, mais qui se trouve être une chose très intéressante. Ne pas rentrer dans le moule peu parfois être une très bonne chose.

L’intrigue, elle, est relativement simple, dans le sens où elle repose, en tout et pour tout, sur une relation entre deux amants. Bien que les tenants et les aboutissants soient bien plus profonds que ça… J’en reviendrais plus bas dans la chronique.

L’histoire est assez complexe tout en paraissant simple. Car ici, les personnages incarnent plus leur propre histoire ainsi que les lieux où ils ont vécus ces histoires, plutôt que leur propre personnalité.

Les personnages, qui sont au nombre de deux, sont assez complexes. Tout d’abords, ils n’ont pas de noms.

Elle, plus tard appelée par le nom de famille de l’actrice qui incarnera son rôle dans le film du même nom d’Alain Resnais, reste tout au long du roman très mystérieuse sur son passé. On sent qu’elle a vécu un truc dur, que l’on apprend que bien plus tard. En somme, elle vit toujours dans son passé, en tentant de l’oublier : chose qu’elle avait réussi, jusqu’à sa rencontre avec le Japonais.

Lui, japonais, survivant d’Hiroshima, peine à oublier cet événement. Il apparaît comme dominant au début du roman, pour finalement devenir totalement secondaire face à Elle, qui prend toute la place et toute l’intrigue.

La fondement même de ce roman repose, je pense, sur le rapport entre l’oubli et la mémoire. Le fait d’accepter et de vivre avec un événement traumatisant. Riva, qui avait oublié une partie de son passé pour ne plus souffrir, se prend un retour de bâton énorme quand elle rencontre le japonais. Ce dernier, tente d’oublier Hiroshima. Je ne sais pas si je suis vraiment clair, c’est quelque chose d’assez complexe… Vive les cours de littérature !

Le seul bémol que je pourrais donner à ce roman, est qu’il est trop mou, pas assez rythmé. Moralité, on se retrouve vite à s’ennuyer… Dommage.

En bref, un livre qui rentre bien dans le moule du nouveau roman, qui peut faire office d’une bonne initiation à ce genre. Je le conseille cependant à des lecteurs aguéris, car la lecture et la compréhension sont assez complexes.

Citations :

Il faut éviter de penser à ces difficultés que présente le monde, quelquefois. Sans ça, il deviendrait tout à fait irrespirable.


Tu me fais du bien.
Tu me tues.
Tu me fais du bien.
J’ai le temps.
Je t’en prie.
Dévore-moi.


C’est comme l’intelligence, la folie, tu sais. On ne peut pas l’expliquer. Tout comme l’intelligence. Elle vous arrive dessus, elle vous remplit et alors on la comprend. Mais, quand elle vous quitte, on ne peut plus comprendre du tout.

Ma note : 11,25/20

• Scénario – 2.75/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 1/3
• Personnage – 1.5/2
• Emotions – 0.5/2
• Originalité/Créativité – 1/2
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 0.5/1.5

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