Comédie·Fantasy/Fantastique

La théorie du bouclier (Le Prophétionnel 1/2) – Pierre Grimbert

couv44460602Caractéristiques : 

  • Auteur – Pierre Grimbert
  • Editeur – Octobre
  • Parution – 2006
  • Pages – 280
  • ISBN – 978-2915621150

4ème de couverture : 

Le royaume connaît une paix et un bonheur inégalés depuis des siècles, et il semble que cela doive durer encore de nombreuses années… C’est une véritable catastrophe ! Pour le bon chevalier Ulser de BriseCamail, en tout cas. Sa seule chance d’épouser la belle Migrene est d’accomplir un exploit ; mais les grands de ce monde n’ont aucune quête à lui confier ! Depuis a mort du dernier nécromancien, même les dragons évitent de dire un mot plus haut que l’autre. Les Horckques regardent pousser les patates, et les dieux chaotiques-mauvais se tapent une sieste récupératrice… Malgré tout décidé à agir, Ulser va demander conseil à une sorcière aux pouvoirs aussi grands que ses appétits politiquement incorrects. Il y aurait bien quelque chose à faire, oui… Un exploit formidable, peut-être… mais peut-on vraiment sauver le monde, quand celui-ci n’est pas en danger ?

Mon avis : 

Un livre que j’avais commencée enfant… Je n’avais pas dépassé les premiers chapitres, parce que je ne comprenais que la moitié (et encore) de ce qui été écrit, et que je sentais que beaucoup de choses m’échappaient… Plusieurs années plus tard, j’ai recommencé ma lecture… Oh mes dieux.

Le style est magistralement paradoxal. Très travaillé, très très riche, tant en figure de style qu’en vocabulaire… Mais qui ne se prend pas du tout au sérieux. Une narration faite sur le ton du récit épique, mais tellement tourné en dérision que l’on frôle la caricature… Absolument excellent ! Et c’est, en plus, sans compter sur l’humour excellent qui est apporté par l’auteur, qui enlève tout effet de lourdeur au récit. Il n’y a pas une page qui ne soit pas empreinte d’un humour bon enfant, ironique ou tordant.

L’intrigue est une intrigue des plus basiques. Un chevalier, des sorciers, une quête… La base de la base du roman de fantasy ou fantastique. Vive les prophéties et les quêtes sans queue ni tête !

Mais l’histoire… Il fallait avoir l’idée ! Pourquoi ? Nous sommes habitués à voir des pauvres chevaliers essuyer monts et vallées pour accomplir une quête ou déjouer le Destin via une prophétie… Mais alors inventer un chevalier qui va vouloir réalisé une prophétie avec treize ans d’avance, simplement pour montrer à une dame qu’il est un preux chevalier… Chapeau !

La puissance de ce livre réside dans deux choses : l’humour, et les personnages.
Des personnages débiles, on en a vu passé des centaines. Mais des aussi simplets et simples d’esprit comme Ulser… J’avoue que cela atteint des sommets encore inexplorés ! Ce type est tellement bête..! Mais terriblement attachant, car il ne se rend pas compte de sa bêtise. En parallèle, nous avons Mercédès et Roméo, un couple de sorciers qui meurt d’exaspération face à la bêtise chronique de leur ami… En ajoutant à leur tempérament bien trempé, on a une bonne tambouille ! Ajoutons ensuite Maline, l’amazone qui fait ici office de grosse bourrine qui ne connaît rien à la vie, et Escar, simple d’esprit et voleur de pacotille. Des caractères différents, attachant et divertissant. Génial !

Mais surtout, l’histoire entière est plongée dans une atmosphère pleine de sous-entendus… Assez coquins. Un enfant ou une personne encore innocente et ayant un esprit correctement placée ne comprendra pas forcément (voir même pas du tout pour en avoir fait l’expérience plus jeune) plusieurs scènes, pour ne pas dire la quasi-totalité du livre. C’est très plaisant, et surtout, à se tordre de rire quand on voit les réactions de Ulser et Maline, qui ne comprennent aucuns sous-entendus.

En bref, un roman qui se lit très facilement, très léger, bourré d’humour et rédigé d’une main de maître ! Il serait dommage de le conseiller à une personne trop jeune, qui passera à coup sûr à côté de tout ce qui donne le croustillant de cette oeuvre !

Citations :

– C’est pour ? demanda-t-elle soudain, avec une hostilité manifeste.
– Une quête, bredouilla le bon chevalier, intimidé par tant d’assurance. Je cherche à…
– Vous avez rendez-vous ? coupa-t-elle d’un ton revêche.
– Euh bien, heu… non.
– Foutripaille ! s’emporta la sorcière. ‘Faut prendre rendez-vous ! ‘Savez pas lire, peut-être ? La pancarte c’est pour les trolls ?
– C’est que… c’est extrêmement urgent, s’excusa le chevalier.
– On est tout le temps dérangé ! poursuivit la fuit, sans l’écouter. C’est la troisième fois en même pas deux ans ! Vous croyez que c’est une vie, pour moi ? Vous pensez qu’une sorcière n’a pas droit à sa tranquillité comme tout le monde ?
– Heu… La question demande réflexion, bredouilla Ulser. Et… pour prendre rendez-vous, comment puis-je ?…
– Oh ! s’exclama la sorcière, subitement apaisée.


Vous n’imaginez pas l’énergie que les gens peuvent déployer quand il s’agit de détruire quelque chose.


– D’un point de vue pure stratégique, il serait peut-être souhaitable de gagner Carnavalum par la route, avança-t-il en levant son noble index.
– Si on fait ça, moi, j’arrête ! prévint la sorcière.
– Ce serait beaucoup trop long, refusa l’enchanteur. Et pas forcément moins dangereux ! Il nous faudrait traverser les marais du Suicide, la forêt de l’Agonie, les montagnes du Grand Saut, le désert du Râle Interminable et les steppes de l’Au-revoir-mes-frères… Ajoutez à cela le passage par les terres des horckque et le fait que les dragons de safran sont en période de ponte… Ceci dit, cette prophétie est la vôtre, et je ne voudrais surtout pas vous influencer sur vos choix.
– Le cromlech sera très bien, assura le chevalier, soudain pâle comme un vampire anémique.


Le résultat ne fut pas long à attendre : moins de cinq minutes plus tard, un gnome se jetait sur l’objet, coupait les cordons et prenait la fuite sur ses petites jambes. User le suivit du regard jusqu’à le voir disparaître au bout de la rue… Il se tourna alors vers ses compagnons médusés.
– Et maintenant ? Que fait-on ?
Il dut répéter sa question, les sorciers étant trop occupés à le dévisager avec des yeux rond pour l’écouter. Roméo finit par s’ébrouer et se masser les paupières, tandis que Mercédès poussait des soupirs interminables.
– On va réessayer, enchaîna l’enchanteur. Je vous confie la mienne ; tâcher de la surveiller ! Tout ce qu’on vous demande, c’est d’attraper le voleur.
– Ah ! Je me disais aussi… C’était plutôt étrange comme plan…

(fou rire pendant plus de 10 minutes montre en main après la lecture de ce passage)


– D’accord, d’accord… À moi. Quel est le point commun entre un nain et une pièce d’un sou ?
(…)
– Le nain et la pièce sont tous deux sortis des profondeurs de la terre. Le nain, parce qu’il y a son logis, et la pièce, parce qu’elle a été fondue à partir de minerai…
– Perdu ! S’esclaffa le spectre. Leur point commun, c’est qu’ils finissent tous les deux par rouler un jour sous la table !


– VOUS, commanda-t-il d’une voix caverneuse ; ÊTES-VOUS LÀ POUR ME VOLER MES BOULETS ?
– SOYEZ ASSURÉ QUE NON ! répondit Roméo le plus fort possible.
– On en a déjà bien assez avec nous, rajouta Mercédès, lorgnant sur ses compagnons.

Ma note : 19.75/20

• Scénario – 3/4
• Ecriture/Style – 4/4
• Potentiel d’addiction – 3/3
• Personnage – 2/2
• Emotions – 2/2
• Originalité/Créativité – 1.75/2
• Suspens – 1.5/1.5
• Humour – 1.5/1.5
• Bonus « Humour tordant » : +0.5pt
• Bonus « Ravi de la crèche » : +0.5pt

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