Dystopie·SF

Possession (Possession 1/3) – Elana Johnson

couv54514744Caractéristiques :

  • Auteur – Elana Johnson
  • Éditeur – Michel Lafon
  • Parution – 2011
  • Pages – 392
  • ISBN – 979-1022401050

4ème de couverture :

Dans le monde de Violette, personne n’imagine transgresser les règles des Penseurs. Eux seuls décident des lois et ont le pouvoir d’influencer les esprits. Mais Violette refuse de se soumettre. Alors qu’un soir de couvre-feu elle rend secrètement visite à Zenn, celui qu’elle aime depuis toujours, elle est envoyée en prison. Là-bas, elle fait la connaissance de Jag, un membre actif des Rebelles. Elle va vite comprendre que ce jeune homme aussi mystérieux qu’irrésistible peut la conduire vers de nouveaux horizons affranchis de l’emprise des Penseurs. Mais elle découvre également le prix de la liberté. Violette saura t-elle affronter la vérité sur les siens ?

Mon avis :

Ce livre fait parti de mon craquage pendant la semaine d’exam. Avant ma lecture, je suis allé traîner sur Internet et d’autres blogs, et j’ai vu des avis très très partagés, allant du très mauvais à de l’excellent. C’était donc l’occasion rêver de me faire mon propre avis sur la question !

Tout d’abord, le style. Simple, direct, cru par moment, un brin d’humour… Un bon style. Même s’il ne remporterait pas un prix littéraire, il reste tout de même agréable à lire, même si quelques répétitions et tournures maladroites viennent mettre un peu de lourdeur dans le récit. En point de vue interne au personnage principal (V alias Vi alias Violette), on est plongé dans ses doutes et ses états d’âmes, propre à une adolescente de quinze ans… Dans un monde dystopique.

L’intrigue maintenant. On voit, et on sens, que c’est le premier livre de l’auteur. Je m’explique. On est plongé dans un monde qui paraît assez complexe dès le départ, sans vraiment d’explications. On nous donne une quantité d’informations sur le monde absolument énorme, et tout s’enchaîne… On peut très vite être paumé, encore l’AS, la Tech, les Penseurs… De plus, Vi et Jag se déplacent beaucoup, mais tout reste assez flou. Une carte en début de roman aurait pu nous aider je pense. De plus, les enchaînements entre les lieux, les actions sont très maladroites, voir inexistantes par endroit, le lecteur peut vite être dépassé par les événements et ne plus comprendre grand chose. Parfois, cela donne l’impression que l’auteur s’est relu, à corriger des choses, mais a oublié de repasser à certains endroits dans sa relecture (en tant qu’aspirante écrivain, c’est quelque chose d’assez fréquent, et qui peut entraîner des contradictions plus ou moins grandes). C’est réellement dommage, parce que l’intrigue en elle même a un réel potentiel, et une touche d’originalité que je cherche de plus en plus dans le méandre des dystopies toutes identiques depuis les vagues Hunger Games et Divergent.

Les personnages quand à eux… J’ai été un poil déçue. Tout d’abords, parce que Violette est paumée dans ses sentiments, et ne prends pas la peine de se poser un putain d’instant pour réfléchir posément à tout cela. Alors que c’est la première que j’aurais personnellement faite. Son personnage aurait été plus travaillé, cela aurait été bien, mais il est trop peu travaillé pour en faire un personnage attachant et vraiment profond. De même pour Jag et Zenn, qui sont coincés respectivement dans le rôle de l’amoureux passionné et rebelle, et celui de l’amoureux fleur bleue et tout gentil. Sans plus. Tout a été aplati, et c’est pas tip top. Même si, je l’avoue, le rebondissement final m’a fait monté les larmes aux yeux, mais cela aurait pu tellement plus intense ! En fait, les personnages m’ont frustrés, parce que j’ai vu un potentiel énorme, mais non exploité.

Mais il y deux choses dans ce livre qui m’ont vraiment beaucoup plu. Le fond philosophique et humain, et la couverture. Tout au long du livre, Violette mène un combat contre les Penseurs, contre son gouvernement qui tente de contrôler l’esprit des citoyens pour les rendre plus responsables, comme s’ils n’étaient pas assez intelligents pour entendre par eux même la voix de la raison. La motivation principale de Vi ? La Liberté. Le roman entier peut aussi être une métaphore simplifiée de la Seconde Guerre Mondiale, mettant en avant le dur choix entre Résister, et Collaborer, avec toujours cette notion de liberté et de contrôle en arrière fond. Ce qui relève considérablement le niveau du livre. Pour beaucoup, la Liberté est associée aux oiseaux, parce qu’ils peuvent voler et aller où bon leur semble. L’action de voler est donc associée à la Liberté même. Et qu’avons nous en couverture ? Un papillon, gelé dans la glace. En plus d’être très esthétique, le message est clair : la Liberté est emprisonnée. Fort non ?

En somme, un livre qui a un potentiel inexploité, ce qui rend le tout un peu confus, voir brouillon, mais une fois que le monde est mis au clair dans notre esprit, la lecture est agréable et révélatrice de sens cachés non négligeable. A voir comment tout cela évolue dans la suite de la série !

Citations :

– Hé ça va ?
Jag me saisit par épaules et me fit pivoter vers lui. J’enfouis mon visage baigné de larmes au creux de son cou. Il me serra contre lui, comme le faisait Zenn pour me consoler quand la Terra s’arrêtait de tourner et que j’avais besoin qu’on m’affirme que la vie continuait.


Mon père était libre. Une fois de plus, je me demandais s’il était de mon côté. Moi, je ne voulais être ni Loyale, ni Rebelle, seulement libre. L’étiquette n’avait aucune importance.
Ainsi va la nature humaine, toujours en lutte pour la liberté.


– Qu’est-ce que c’est, un « Collier » ?
Un éclair de panique, vite éteint, passa dans ses yeux.
– Pace t’a appelée comme ça ?
– Oui. D’ailleurs, c’est quoi cette histoire de Pace ? Pourquoi ne m’as-tu pas parlé de lui ? Vous aviez dû bien rigoler tous les deux pendant que je me décarcassais pour filer d’ici et que je me coltinais le Chauve ! Oh ! et…
– Tu as pleuré ?
Je ne relevais pas.
-… et puis j’ai flingué l’Aigle avec un autre gardien, et aussi ton frère – il est charmant, entre parenthèse ! Sans parler de cette cochonnerie de mouchard dont je ne pourrai apparemment me débarrasser que si je trouve…
– Attends une minute… Tu trouves Pace charmant ?
Je l’avais fait exprès, juste pour voir sa réaction.
-… Gavin, alors que j’ignore de qui il s’agit. J’ai des armes pleins les poches, tu te rends compte ! Comme si on se préparait à une guerre ! A condition qu’on…
– Gavin ? Alors comme ça, tu trouves Pace charmant ?
-… puisse sortir d’ici avant que mon père débarque et nous envoie dans un camp de rééducation à Liberté pour le restant de nos jours !


– La liberté est facile à confisquer, conclut le Chauve.
Il avait raison. La liberté, ça se muselait.


– Tu es injuste, reprit-il un peu plus tard. Si je n’ai pas le droit de te contrôler, alors toi non plus !
Je gloussai.
– Oui, mais moi, je ne me suis jamais servie de mon esprit pour ça. Juste de mon corps !
– C’est pire !


L’espèce humaine a toujours méprisé les plus faible, s’imaginant qu’ignorer les problèmes les ferait disparaître d’eux-même.

Ma note : 12.5/20

• Scénario – 2.75/4
• Ecriture/Style – 2.75/4
• Potentiel d’addiction – 2/3
• Personnage – 0.5/2
• Emotions – 0.5/2
• Originalité/Créativité – 2/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 1.5/1.5

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