Dystopie·Romance

Insoumise (Promise 2/3) – Ally Condie

45085440_10309370Caractéristiques : 

  • Auteur – Ally Condie
  • Éditeur – Gallimard
  • Parution – 2012
  • Pages – 400
  • ISBN – 978-2070634408

4ème de couverture : 

Cassia enfreint les règles de la Société et part à la recherche de Ky… Cassia a quitté la Société pour s’aventurer dans les Provinces Lointaines, à la recherche de Ky. Cette quête pousse Cassia à remettre en question presque tout ce qui lui est cher, en particulier lorsqu’elle découvre l’existence
d’une vie différente dans le Labyrinthe. Au milieu de cette frontière sauvage de grands canyons, Cassia et Ky se retrouvent enfin, mais un mouvement de rébellion est en marche. Une trahison et une visite inattendue de Xander, personnage clef du Soulèvement, changent à nouveau la donne…
Racontée alternativement par Cassia et Ky, cette suite de Promise les emmènera tous deux aux confins de la Société, où changements de camps et trahisons sèment leur parcours d’embûches.

Mon avis :

Petite envie de continuer cette série, dont le premier tome m’avait fait vibrer. Avec la fin de ce dernier, je m’attendais à quelque chose d’énorme dans le second. Et bien j’ai été assez surprise. D’après du mauvais côté, mais après réflexion et un carré de chocolat (bon, okay, il y en avait quatre), plutôt dans le bon sens, même si je reste assez perplexe.

Le style lui, est à cheval entre le 100% sans émotions comme au début du premier tome, et le 100% émotions comme à la fin de ce même premier tome. Une sorte de 50/50 qui peut paraître un peu too-much par moment je trouve, même si il reste toujours fluide et agréable. Je note cependant que le style est en accord avec l’histoire, qui est beaucoup plus posée et bien plus profonde que dans Promise. De ce fait, la narration et l’histoire en elle-même sont bien plus tranquille, et bien plus poétique.

L’intrigue, elle, est d’une banalité absolue, mais très bien menée. En fait, l’intrigue est une sorte de défi, quand on remet le tome dans son contexte : une série dystopique. Le tome est bien plus axé sur la psychologie des personnages, et comment ils vivent leur marche à travers le Labyrinthe pour trouver le Soulèvement, et non pas vraiment sur la lutte même contre la Société. Ce tome perd donc presque sa valeur dystopique qui était très présente et excellente dans le premier tome. C’est un pari extrêmement risqué ! Parce qu’avec un tome 1 comme nous avons eu, nous étions en mesure d’attendre un tome 2 explosifs. Et on nous donne à la place quelque de très calme, de reposant, avec peu de rebondissement, beaucoup de discours et de descriptions… C’est en cela que j’ai été un poil déçu par ce tome : je me faisais une idée de ce que j’allais avoir, qui n’était pas du tout en accords avec ce que j’ai eu.

L’histoire elle, est très intéressante, puisqu’elle prends des tournures psychologiques, parfois philosophiques, tout en gardant quelques accents de dystopie. Ce n’est pas désagréable, mais assez troublant.

Les personnages eux, ont je trouve, perdu de leurs saveurs. Par là j’entends qu’ils me paraissent beaucoup plus plats. Certes, l’histoire est plus tournée vers leurs façon d’agir, de penser… Mais on est très loin de la puissance de la fin du premier tome, laissant alors un goût un peu fade et brouillon sur la langue. Vraiment dommage. De plus, la narration ne se fait plus que du point de vu de Cassia, mais se fait aussi de celui de Ky. Cela aurait pu être une bonne idée si il n’y avait cette alternance continue, de Cassia-Ky-Cassia-Ky… Qui fait que l’on se perd vite.

La couverture… Toujours aussi design et révélatrice que la première !

Ce que je reprocherais à ce livre, c’est d’avoir prit un pari osé voir même suicidaire, pour donner aux lecteurs un roman qui est loin d’être abouti à mon goût. Trop de passages flous, trop de longueurs, trop peu d’action pour un livre de cette trempe, trop psychologie vague… Je suis pour l’expérimentation de nouveau style, de nouveau genre, mais quand on trouve une équation qui marche et rentre parfaitement dans le monde, je trouve inutile de tout changer de A à Z, en espérant diversifié un peu la lecture. La conséquence directe à cela est irrévocable : je me suis un ennuyée ferme jusqu’à la moitié du livre voir plus, malgré le fond psychologique que j’ai bien aimé, mais parfois beaucoup trop long et trop peu approfondi.

La fin, elle, m’a vraiment déçue. A la fin de chaque livre que je lis, je pousse toujours un petit soupir… Preuve que le livre m’a vraiment beaucoup plu, le dernier petit souffle de la dernière phrase, et qui me fait passer du monde imaginaire à la vie réelle. Je n’ai pas eu ce souffle. La fin s’arrête en plein milieu d’un chapitre. La coupure est tellement nette que j’ai cru qu’il me manquait un morceau de chapitre… Mais en fait non.

En bref, un livre dont j’attendais beaucoup et qui m’a donné peu. Le pire, c’est ce sentiment de trahison et de frustration. Trahison, parce que l’auteure nous sert le deuxième tome d’une dystopie, où l’angle de la dystopie est presque entièrement effacé. Frustration, parce qu’avec ce qu’Ally Condie peut faire, sait faire, elle nous sert un livre que je qualifierais presque de brouillon. Trop de longueurs, trop peu d’action. Il aurait été préférable de condenser ce tome en quatre ou six chapitres à raccrocher au début d’une suite plus active. Vraiment dommage. Mais relevons tout de même que la poésie et la grâce empreigne ce tome.

Citations :

L’eau glacée m’arrive aux genoux. La tête du garçon roule en arrière. Ses yeux ouverts fixent le ciel. Il est mort, il ne voit rien. Mais moi, oui.


« C’est une chanson. » Je me répète ça à chaque fois. Les détonations font les basses ; les cris, les voix de soprano ; ma peur, celle du ténor. Tout cela forme une musique.


Parce qu’on ne peut pas toujours choisir ce qu’on garde. Mais on peut choisir la façon dont on s’en sépare.


Parce que, quand on aime, c’est trop tard. On ne peut pas faire machine arrière. Ky occupe toutes mes pensées, emplit tout mon coeur, je sens sa paume chaude dans mes mains vides. Je dois tout faire pour le retrouver. Mon amour pour lui m’a donné des ailes et, maintenant, il faut que j’aie la force de les remuer.


– On ne peut pas tuer une rivière. On ne peut pas tuer ce qui est en perpétuel mouvement, qui se transforme en permanence.


J’avais fini mon histoire, j’allais lui en dire plus… Quand elle m’a demandé la couleur de mes yeux. A cet instant précis, j’ai réalisé que l’amour pouvait être une forme de rébellion – plus dangereuse encore que les autres.


L’amour a différentes nuances. La façon dont j’aimais Cassia lorsque je pensais qu’elle ne m’aimerait jamais. La façon dont je l’aimais sur la Colline. La façon dont je l’aime maintenant qu’elle est venue jusqu’ici pour me retrouver. C’est différent. Plus profond. Déjà, avant, je pensait l’aimer et la désirer, mais tout en avançant dans le canyon, je réalise que mon amour a pris une tout autre nuance. Peut-être même une tout autre couleur.


L’oubli permet d’alléger les souffrances un instant, mais le retour à la réalité n’en est que plus pénible.


– Ma mère peignait avec de l’eau, et mon père jouait avec le feu.


C’est cruel de faire ça. Car une fois qu’on connaît l’histoire de quelqu’un, on le connaît vraiment. Et on peut lui faire du mal.


Avec Xander, je pourrais faire ce dont j’ai toujours rêvé.
Alors qu’avec Ky, je fais ce dont je n’aurais jamais osé rêver.


L’amour rend possible l’impossible.


En regardant Ky, Eli et Hunter, je pense à toutes les blessures invisibles qui nous font souffrir. Dans notre coeur, notre tête, notre chair. Et malgré tout, nous sommes toujours debout. Qu’est-ce qui nous fait tenir ?


On ne peut pas toujours marquer comme on le souhaiterait le moment de la séparation – si douloureuse qu’elle soit.


Je ne savais pas ce qu’il y avait en lui non plus. Je pensais le connaître, mais les gens sont tortueux et profonds, comme des rivières. Ils gardent leur forme tout en se laissant creuser par le temps, comme la pierre.

Ma note : 11,25/20

• Scénario – 2.75/4
• Ecriture/Style – 3/4
• Potentiel d’addiction – 1.5/3
• Personnage – 1/2
• Emotions – 1/2
• Originalité/Créativité – 1/2
• Suspens – 0.5/1.5
• Humour – 0.5/1.5

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