Coup de coeur·Dystopie·Romance

Promise (Promise 1/3) – Ally Condie

couv60164880Caractéristiques :

  • Auteur – Ally Condie
  • Éditeur – Gallimard
  • Parution – 2011
  • Pages – 437
  • ISBN – 978-2070634385

4ème de couverture :

Cassia, 17 ans, vit dans une Société prétendument idéale qui dicte tout : les distractions, le travail, le lieu d’habitation, la nourriture, les vêtements, même la mort est programmée. Mais surtout, les Officiels organisent les mariages selon des critères de compatibilité idéale. Aussi, quand Cassia apprend qu’elle est promise à Xander, son meilleur ami depuis l’enfance, tout semble parfait ! Etrangement, c’est le visage d’un certain Ky qui apparaît sur le fichier numérique consacré à son Promis, avant que l’écran ne s’obscurcisse…
Une erreur, lui dit-on ? Car Ky est issu d’une classe inférieure et n’a pas le droit de se marier. Intriguée, Cassia cherche à mieux connaître ce garçon au passé mystérieux. Ky est un garçon sensible qui lui fait découvrir l’écriture, la création poétique…

Mon avis :

J’avais repéré ce tome au départ pour sa couverture, qui donnait déjà le ton de l’histoire. Rien qu’à la couverture : dystopie, enfermement, possible révolte. Ce qui est plutôt bien je trouve, étant donné qu’on limite le nombre de mauvaise surprise ! (Rien de pire qu’une couverture qui annonce le contraire du contenu…). Simple, épurée et très design… Un bon dès le départ !

Le style est, dans le déroulement, comparable à celui de Veronica Roth, bien que de meilleur qualité. Par déroulement, j’entends qu’il évolue au fil de l’histoire et des événements. Au départ, Cassia se fond totalement dans le moule fait par la Société. Elle ne se pose strictement aucunes questions. Tout est beau, tout est parfait… Mais plus tard dans le roman, le style se complexifie, se fait plus engagé… En même temps que les idées et l’attitude de Cassia. Roth a fait une chose comparable dans Divergente. Ce qui est trèèèèèèèèèès agréable.
Malgré ce très bon point, je trouve que le début est assez lent. Cassia se fond trop dans le moule. J’ai trouvé que son comportement pouvait être assimilé à celui que prend le personnage principal du célèbre ouvrage L’étranger d’Albert Camus : totalement déconnectée de sa vie, elle n’en est que spectatrice, bien isolée dans son monde et part son monde, bridée et soumise à la Société qui la contrôle. J’ai eu beaucoup de mal dans ma lecture à cause de cela. Je suis une partisane fervente des émotions fortes (non, je ne suis pas accro à l’adrénaline, ce n’est pas vrai), de coeur qui s’emballe pendant la lecture, aux mains qui tremblent dans un moment d’action, qui ne fait pas que lire, mais qui vit littéralement l’histoire, en même temps que les personnages. Sauf que là… Je ne ressentais rien du tout, à part de l’agacement. La phrase « Mais qu’est-ce qu’elle attend… Quand va-t-elle enfin se bouger !? » m’est trop souvent venue à l’esprit.
Bien heureusement, la deuxième partie du livre est bien mieux que la première ! Le style est beaucoup plus accéléré, Cassia est totalement paumée dans ses sentiments, elle ne sait plus où donner de la tête et surtout, est déchirée entre son coeur et sa raison : aimer le beau et énigmatique Ky, en défiant toutes lois, ou aimer le gentil et serviable Xander, son Promis, comme le voudrait la Société. Et cette facette là de l’histoire est très bien traitée. Par là, j’entends qu’il montre la réalité de la vie, et la difficulté que peuvent engendrer certain choix : suivre son âme, ou les règles ? Suivre la liberté, ou se conformer aux autres ? Ce livre a un aspect assez philosophique, montrant le dur choix et la limite entre la Liberté, et le Déterminisme. Pour moi qui passe mon bac de philo d’ici moins de 2 semaines, c’était vraiment une lecture très enrichissante.

Au niveau de la trame même de l’histoire, on reste dans un contexte classique de dystopie : un gouvernement qui cache trop de chose tout en montrant un aspect parfais, un peuple d’une passivité déconcertante, et forcément, un petit groupe qui vient mettre la pagaille, briser toutes les certitudes et ouvrir les esprits. De même, on peut faire plusieurs parallèle avec la série Hunger Games de Suzanne Collins.
• Le peuple accepte que toutes les personnes âgées de 17 ans soient promises d’office à quelqu’un, et devra faire sa vie avec, en étant simplement basée sur des statistiques. Les habitants de Panem acceptent passivement que leurs enfants soient « moissonnés » pour les Hunger Games annuels, parce que « C’est pour leur bien et maintenir la paix entre les Districts ».
•  Un triangle amoureux, entre ce qui est le mieux et ce que voudrait le coeur de l’héroïne.
•  Même héroïne qui veut partir à la rescousse de l’élu de son coeur, en délaissant celui qui a toujours été présent.

Plusieurs choses donc en communs.
Mais pour autant, Ally Condie fait preuve d’une véritable puissance, en accentuant son écriture sur ce tiraillement entre faire ce que l’on voudrait et ce que l’on doit faire, renforçant le côté oppresseur et monstrueux de cette Société.

Comme dit plus haut, j’aime beaucoup les livres qui ne me laissent pas tranquille dans mon rôle de lectrice. J’aime être dérangée par un livre. J’aime qu’il me fasse tourner en bourrique, sortir de mes gongs. Et bien je dois dire ce Promise a réussis, et haut la main ! Entre mon envie de baffer Cassia pour qu’elle se révolte, celle de la secouer comme un prunier pour qu’elle s’enfuie avec Ky avant qu’il ne soit trop tard, l’exaspération face à certaines de ses réactions, et surtout, la colère totale qui m’a prise vers la fin, on peut dire que cela n’a pas été une lecture calme !! Un moment particulier, sur la fin, m’a fait me lever, arpenter tout l’appartement trois fois (si si, trois fois !), en me passant la main dans les cheveux et répétant « C’est pour les faire oublier ! Les chiens ! C’est une pilule d’oublie… Oh putain les salauds ! ». Breeeeeeeef.

Le mauvais point notable serait ce début un peu trop mou, qui ne donne franchement pas envie de continuer. J’ai continué par curiosité et parce que j’avais lu de très bons avis, mais quelqu’un qui n’est pas très curieux ou patient pourrait se lasser très vite, et abandonner une pépite, simplement parce qu’elle est enfouie trop profondément.

Ma note : 16.75/20

• Scénario – 3.75/4
• Ecriture/Style – 3.5/4
• Potentiel d’addiction – 2.5/3
• Personnage – 1.75/2
• Créativité – 2/2
• Originalité – 1.25/1.5
• Suspens – 1/1.5
• Humour – 0.5/1.5
• Bonus « Pétage de plomb » – +0.5

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